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Full text of "Chronique de Michel le Syrien, t. 3 (translation)"

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- 97.KiH.1980 



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S - NOV 1997 
— m 1999 



■ NOV 1999 

NOv 70fi0 



^ NOV 2001 

3 \m tm 



CHRONIQUE 



DE 



MICHEL LE SYRIEN 



ÎMP. ORIENTALE A. BUADIN ET C'^, ANGERS 



>o o o * — 



CHRONIQUE 



DE 



MICHEL LE SYRIEN 

PATRIARCHE JACOBITE D'ANTIOCHE 

(II66-II99) 
Éditée pour la première fois et traduite eu français 



PAR 



J.-B. CHABOT 



Ouvrage publié avec l'encouragement et sous le patronage de 
C Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 



TOME HZ 



• ♦^ • 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1905 






5^ 



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-V 



'OU 




LIVRE XII 

Ayec l'aide de la vertu divine qui a perfectionné les Douze saints Apôtres, 

NOUS COMMENÇONS ' LE DOUZIÈME LlVHE DE LA CHRONIQUE, QUI COMMENCE À l'aN 

1088 DES Grecs, qui est l'an 157 de l'empire des Arabes, qui sont les Taiyayê, 
l'an 6260 DEPUIS Adam, c'est-à-dire depuis le commencement du monde, et l'an 
758 depuis Notre-Seigneur. 

CHAPITRE [I"J. — De V époque du commencement du règne de Léon, {empereur) 
des Romains^ et de Mahdt, [roi) des Taiyayê, à laquelle le saint patriarche et 
martyr Mar Georgius sortit de prison. 

En l'au 1088, Léon, fils de Constantinus, commença à régner sur les Romains. 
La même année, 25 jours plus tard, Mahdî, fils d'Abou Dja'far, commença à 
régner sur les Taiyayê. L'un et l'autre libérèrent tous les prisonniers qui 
avaient été enfermés par leurs pères. 

Mahdî ouvrit les trésors de son père et distribua ses richesses, comme avec 
le van, non-seulement à ses troupes, mais aussi aux femmes, ses concubines; 
car il était débauché et adonné aux voluptés. Il était aussi porté vers la magie, la 
divination, les sortilèges, et il fit réunir des livres de magie et de divination. C'est 
pourquoi Léon, empereur des Romains, lui envoya le livre intitulé lanès et 
lambrès, qui renferme toute la magie des Égyptiens, et tout ce qu'ils faisaient 
à rencontre de Moïse. 

En l'an 1090, Mahdî vint à Alep, et les Tanoukayé sortirent à sa rencontre; 
[479] ils habitaient sous destentesdansles environs d'AlepMl vit qu'ils montaient 
des chevaux arabes, et étaient richement parés. Alors quelqu'un lui dit : « Tous 
ces gens sont chrétiens ». 11 fut enflammé de colère et leur ordonna de se faire 
musulmans. Il les y contraignit par les tortures, et les hommes apostasièrent au 
nombre d'environ cinq mille : les femmes se sauvèrent, et jusqu'à présent il 
s'en trouve dans les églises d'Occident. Un homme vénérable d'entre eux, 
appelé Leith', souffrit le martyre. 

Mahdî se porta sur le territoire des Romains, et fixa son camp sur le fleuve 
Pyramus, dans la région de la ville d'Arabissus. 

Il envoya son fils Haroun saccager le Beît Roumayê ; pour lui, il s'empara de 
la Syrie, et se rendit à .lérusalem pour prier; son fils, après s'être emparé d'une 
forteresse appelée Semalus', se livra au pillage et s'éloigna. 

1. Lire : ^*;»m. — 2. Lire ainsi d'après Bar Hébr. (p. 127), lài- u»,.»»a, au lieu de i£^. Ar. ; 
là^- ^|.oaio 1-9 ^(i» |aiU> tfS>-. — 3. BH : ^^.. — 4. Tb S/ifiaXoCo? xâuTpov (Theopu., ad ann, 772). 
■Cf. Hist. du Bas-Emp., t. XII, p. 315, n. 7. 

m 



1/ 



2 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

En l'an 1092' des Grecs, les Taiyayê pénétrèrent dans la région d'Éphèse, et 
firent captifs environ sept mille hommes. L'empereur Léon, de son côté, en- 
voya une armée qui emmena en captivité les Syriens orthodoxes, et les établit 
en Thrace '. 

Un des écrivains chalcédoniens dit que cet empereur Léon détestait les 
images et ne permettait aucunement de les vénérer, et qu'il adhérait aux Or- 
thodoxes, comme son père^ 

En l'an 1092, Léon mourut, et son fils Gonstantinus* commença à régner. 
Gomme c'était un enfant de 12 ans, sa mère, Irène", gouvernait, et était procla- 
mée avec lui. 

En l'an 1094, Mahdî envoya son fils [480] Haroun, avec deux généraux, dans 
le pays des Romains. "Abd el-Malik' assiégea Nacolée': son armée fut taillée en 
pièces et il s'enfuit couvert de honte. Bournikê' livra bataille et tua dix mille 
Romains. Haroun se dirigea vers la ville impériale. Les Romains usèrent de 
ruse et enfermèrent les faiyayê près du fleuve Sangarius^, entre la montagne 
d'un côté et les eaux de l'autre; lesfaiyayê furent dans une grande angoisse. Ils 
demandèrent la paix; Irène, selon l'esprit féminin, y consentit : on fît une trêve 
de trois ans, et les faiyayê sortirent de leur difficulté'". 

L'année suivante, 'Alî" bâtit la ville de Hadeth. 

En l'an 109.5, mourut Mahdî*^. Son fils, Mousa^^ [commença à régner]'*, pen- 
dant deux ans. 

En l'an 1097, les Romains s'avancèrent avec une armée considérable et par- 
vinrent jusqu'à la ville de Iladeth, qui avait été nouvellement bâtie par les 
faiyayê, sur la frontière'^. Ses habitants s'enfuirent et elle demeura déserte. 
Les Romains détruisirent alors totalement ses murs, et démolirent tout ce qui 
y avait élé construit. 

Au mois de tamouz (juilL), mourut Mousa, (roi) des Taiyayê *^ ; et après lui ré- 
gna son frère, Haroun, surnommé Rasîd'^. 



1. Lire : '^■^\ (BH). — 2, Thkopu., ad ann. 770. — 3. Cf. Hist. du Bas-Emp., 1. LXV, § xui. — 
4. Constautin VI Porphyrogénète. — 5. >-l.;.| (BH). — 6. Il faut peut-être lire "Abd el-Kebir. 
Cf. Theoph., ann. 773, 774; Weil, Gesch. d. Chai., Il, 99. — 7. NctxôXeia. Le général qui assié- 
gea cette place est appelé tôv Bouvoaôv par Théophanes, l. c. ; cf. Weil, op. cit., p. 100 n. 1. — 

8 Tbv Bojpvi/e (Thhoph.); l'araLe a la même leçon que notre ms. : Burnsi. — 9. im.j^l» (BH). 

10. Cf. Hisl. du Bas-Emp., 1. LXVI, § vi; Geseh. d. Chai., II, 101, n. 2. — 11. Fils de Soleiman, 

gouverneur de Mésopotamie et de Qennésrin en Syrie. Hist. du Bas-Emp., t. XII, p. 338, n. 1. 

12. Le 22 mofiarram de l'an 169 Hég. ; 3 août 785. — 13. Abou Mohammed Mousa al-Hadi, — 
14. La construction de la phrase exige le mot >^', omis par le copiste. — 15. En Cilicie; cf. op. 
cit. t. XII, p. 351, a. 4. — 16. Selon les auteurs arabes, le 14 réby second de l'an 170; 15 sept. 
73g 17 Le « Juste », surnom qui lui avait été donné par son père. 



LIVRE XII. CHAP. I 



A l'époque où Mahdî commença h 
régner sur les Taiyayê, il envoya un 
homme nommé Mohtasîb pour détruire 
les églises qui avaient été bâties du 
temps des Taiyayê ; et il ordonna de 
vendre les esclaves chrétiens. Beaucoup 
d'églises furent démolies ; et les esclaves 
s'enfuirent. 

L'église des Chalcédoniens, h Alep, 
fut détruite. 

Il excita aussi une persécution contre 
les Manichéens en tous lieux*. Beaucoup 
de Taiyayê furent convaincus de cette 
hérésie, et lurent mis à mort parce 
qu'ils n'y renoncèrent pas. 

On détruisit un endroit appelé Pa- 
dana Rabta, qui était tout rempli de Ma- 
nichéens ; des chrétiens furent pris pour 
avoir été injustement accusés de cette 
hérésie. Un persan dénonça aussi quel- 
ques personnes de la famille des Gou- 
mayê, et elles furent prises; le motif 
(de la vengeance) de ce persan était 
qu'elles ne lui avaient pas donné le lo- 
gement dans leur maison située au vil- 
lage de Hînan ; il en fut irrité, et quand 
il vit, à Bagdad, [479] qu'on excitait 
(une persécution) contre les Mani- 
chéens, il dénonça les gens des Gou- 
mayê, comme étant manichéens. Huit 
des principaux d'entre eux furent em- 
menés et jetés en prison. Après de 
nombreux tourments, trois moururent 
en prison, et les cinq autres furent dé- 
livrés et sortirent, grâce au Seigneur 
qui les sauva. 



Après neuf années d'emprisonnement 
du patriarche Georgius, à Bagdad, 
Mahdî, fils d'Abou Dja'far, commença à 
régner et relâcha les prisonniers. Le 
patriarche sortit avec eux. Mahdî lui in- 
terdit d'exercer le patriarcat et de s'in- 
tituler patriarche. Le bienheureux 
s'étant rendu à Tagrit, y fut accueilli 
comme un ange de Dieu; il fut ainsi 
reçu en traversant Mossoul et toutes 
les villes du Djézireh, et fut partout 
traité avec honneur. Il parvint à An- 
tioche. 11 y ordonna dix évêques, en 
cette année; il chassa ceux de David* 
et en créa d'autres à leur place. Il en 
laissa cependant quelques-uns, faisant 
les concessions qu'exigeait la situation 
du moment. 

Il excommunia et chassa Plotinus, 
qui avait été établi par Sandalaya, et fit 
retourner Conslantinus à Samosate'. 
Quelque temps après, quand Constan- 
tinus mourut, les habitants de Samosate 
lui demandèrent Plotinus, [479] et il 
le leur renvoya. 

Après que le patriai'che eut passé 
deux ans à parcourir et à soutenir les 
églises, des calomniateurs l'accusèrent 
près de 'Alî', émir du Djézireh, comme 
ayant foulé aux pieds les ordres du roi. 
Irrité, ("Alî) le fit amener de Harran à 
Callinice. Avant qu'il ne parût en pré- 
sence de l'émir, Theodosius, l'évêque 
qui avait chassé Sandalaya', entra et 
calma l'ardeur de la colère de l'éinir. 11 
1 ui démontra qu'on accusait faussement 



1. Cf. El-Macin, Ilistoria Saracenica, ad ann. 166. 

2. Cf. tome II, p. 529. — 3. Cf. tome II, p. 521. — 4. Cf. ci-dessus, p. 2, n. 11. — 5. Lorsqu'il 
•se présenta à Harran pour introniser 'Abdanî ; cf. tome II, p. 525. 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 1095, vint la sauterelle ailée, 
qu'on appelle « kalbaita ' ». Tout le 
Djézireh en fut rempli ; après avoir dé- 
vasté le froment, l'orge et tous les lé- 
gumes, elle déposa ses œufs dans tout 
le pays, dans les plaines et dans les 
montagnes, et après être restée un mois 
en terre, sa progéniture sortit, se mit à 
ramper et à couvrir la terre. Elle s'atta- 
chait à tout, montait sur les murs, les 
parois, les cloisons, entrait même dans 
les maisons par les fenêtres et les 
portes ; le sol et le plafond en étaient 
couverts, ainsi que les outres, les tapis, 
les tables, les vases; quand elle entrait 
dansunemaisonparle côtédusud, elleen 
sortaitpar lecôtéduuord, marchant tou- 
jours devant elle ; quand elle passait sur 
le toit ou sur les briques des maisons, 
elle marchait comme sur une surface 
plane, sans être arrêtée. Elle dévorait 
tout ce qu'elle rencontrait : les herbes et 
les arbres, les étoffes de laine et les vê- 
tements des hommes. Elle se répandit 
surtout à Édesse, à Saroug, à Rês Kêphâ. 
Quand elle eut épuisé tout ce qu'elle 
trouva dans la région du Djézireh, elle 
se traça en quelque sorte une route et 
passa en Occident où elle détruisit toutes 
les céréales. Elle dévora ensuite les 
vignes, les arbres et toute espèce de 
plantations; personne ne peut [480] ra- 
conter ce cruel fléau que j'ai vu moi- 
même'. Gloire au Seigneur de l'Univers ! 
 la suite de ce dur fléau, pendant les 



le patriarche. Quand le bienheureux 
entra, et quand l'émir lui exposa les 
griefs (dont il était accusé), il fit admira- 
blement son apologie et fut très bien 
accueilli, surtout que Theodosius qui 
interprétait (ses paroles) en arabe, et 
qui était très bien vu de l'érair, faisait 
l'éloge du patriarche, disant que c'était 
un homme bon et saint, et que ceux 
qui l'accusaient d'avoir imposé des 
charges et des tributs aux églises 
n'étaient pas véridiques. L'émir ayant 
été apaisé par de semblables discours, 
le patriarche se retira victorieux, et dès 
lors, il gouverna sans crainte l'Église 
de Dieu, jusqu'à la fin de sa vie. 

A Alexandrie, le patriarche fut 
Maiana ', pendant 9 ans* ; — puis Iwan- 
nis. 

En l'an 1095, les Edesséniens se sé- 
parèrent de Zacharias leur métropoli- 
tain, pour plusieurs motifs, mais prin- 
cipalement parce qu'ils lui disaient de 
reprendre son frère Siméon, à cause de 
sa mauvaise conduite, et qu'il n'en fai- 
sait rien. C'est pourquoi le patriarche 
Georgius lui ordonna de quitter la ville ; 
et il n'y fut plus reçu. 

En l'an 1096, au mois de 'iyar, Geor- 
gius rassembla un synode, au sujet de 
[480] Jean de Tagrit que les Tagritains 
accusaient d'actions honteuses. Celui- 
ci disait : « Ils mentent ». C'est pour- 
quoi le patriarche envoya avec lui quatre 
évèques pour faire là une enquête sur 



1 C'est-à-dire « canine ». — 2. C'est Denys de Tell-Mahrê qui parle ainsi. 

3. Mina ou Mennas. — 4. Ms. : « 40 ans •> (de même dans la vers, arabe); il faut lire •^ au lieu 
de :». Cf. Benaudot, ffist. pair. Alex., p. 241; El-Macin, Hist. sarac, Irad. d'Erpenius, p. 126,. 
142. Jean fut élu en la première année du règne de Mousa. 



LIVRE Xn. GHAP. II 5 

trois années qui suivirent, [il y eut une son affaire, et ils devaient le confir- 

famine causée] ' par la cherté du pain, mer s'il était trouvé innocent. Quand ils 

du vin, de l'huile, et de toute sorte de parvinrent au pays de Balàd, Jean Kiou- 

légumes. naya abandonna les évoques, s'enfuit 

au couvent de Mar Mattai, et osa or- 
donner trois évèques qui seraient ses 
soutiens, et résisteraient au patriarche. Les évêques (délégués), voyant son audace, le 
déposèrent ainsi que ceux qu'il avait ordonnés. 

Alors le patriarche ordonna comme métropolitain de Tagrit Mar Joseph. 

11 ordonna pour Edesse Zacharias, du couvent de Qartamîn' ; mais celui-ci fut aussi 
chassé' par les perturbateurs qui étaient à Edesse. — Fin de ces trois récits. 



CHAPITRE [II] qui expose quand et comment surgit dans l'Église la querelle 
au sujet de l'expression « panem caelestem frangimus. » 

Plusieurs blâment le patriarche Cyriacus comme ayant été le principe de la querelle 
qui s'éleva dans l'Église au sujet de la formule : panem cselestem frangimus ; mais ils 
ne sont pas dans le vrai, car dès le temps du patriarche Georgius, il y eut des doutes 
à ce sujet. La lettre du bienheureux Georgius à Gouria, diacre de la famille Na'ar, 
d'Edesse, en témoigne; elle s'exprime ainsi : 

« Puisque ta sollicitude, ô fils bien-aimé, m'a écrit (pour savoir) quand cette expres- 
sion a commencé, d'où elle est venue, quand elle a été réprouvée, et depuis quelle 
époque on a commencé à être troublé par elle; je te dirai ceci : 

;< Notre Seigneur, notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ nous a livré trois 
sacrements : le sacrement du saint Baptême, le sacrement du Sacrifice de son corps 
et de son sang, et enfin le sacrement de l'Ordination de la consécration des fonc- 
tions sacerdotales. Pour chacun de ces sacrements il a institué un symbole; pour 
celui du Baptême : le souffle qu'il souffla sur le visage des Apôtres, en disant*; 
« Recevez le Saint-Esprit; si vous remettez les péchés a quelqu'un, ils lui seront 
remis ; si vous les retenez, ils seront retenus. » Et c'est pourquoi ceux qui con- 
sacrent les eaux pour le Baptême, soit évêques, soit prêtres, soufflent sur ces eaux, de 
manière que le mystère de ce souffle divin s'accomplisse en elles et qu'elles reçoivent 
l'Esprit-Saint pour la régénération spirituelle. — Dans le sacrement du ministère 
de son corps et de sou sang; il prit le pain de ses saintes mains, le bénit, le rompit, 
et le donna à ses saints Apôtres ; (ce que fait aussi le prêtre) ^ dans la prière qui 



1. Ajouter ici les mots : U-iU U^^ tow (BH), omis par le copiste; Ar : ^ea L\iL i.^l.'wiw ,»o. 
— 2. Il succédait à un é.v. du même nom; cf. p. 4. — 3. Lire : ow y4)^\. — 4. Joh., xx, 23. — 5. Un 
copiste paraît avoir omis ici ces mots ou une phrase analogue; ils manquent aussi dans la vers. ar. 



'6 CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

vient après .S'fl«c/?/s, Sanctus; de manière que le prodige qu'a accompli le Christ 
qui était la vertu toute puissante de Dieu, s'accomplit encore maintenant dans la 
consécration mystérieuse qui se fait présentement par des (hommes) faibles. — Et 
quand il nous livra le sacrement de l'Ordination, Luc dit, à la fin [481] de son 
Évangile \ qu'il éleva les mains et bénit ses disciples au moment de son ascension. 
Et pareillement, cette sainte tradition s'accomplit dans les saintes Églises, sur la 
tête de tous ceux qui s'approchent du sacerdoce, soit évéques, soit prêtres, soit 
diacres; de sorte qu'ici encore, le même mystère accompli par la droite de Dieu le 
Père, qui est Jésus-Christ lui-même, l'est aussi par nos mains pécheresses. Trou- 
bler ces règles, introduire de nous-mêmes des innovations', créer d'autres tradi- 
tions, est en dehors de toutes ces divines institutions sacramentelles. En effet il 
n'est pas permis de souffler après la dernière prière qui suit la première insufflation 
à laquelle appartient le mystère; ni pareillement d'élever les mains sur ceux qui 
doivent être consacrés, après la dernière prière qui suit l'imposition des mains qui se 
fait après l'élévation des mains. Et de même que souffler une seconde fois dans le 
Baptême est en dehors du mystère institué par notre Sauveur; de même, recom- 
mencer la dernière prière sur la parcelle consacrée, est une institution étrangère. 
Car il n'est pas écrit dans l'Évangile : il bénit et rompit, et ensuite il bénit et 
rompit derechef, puis il donna 'd ses disciples. Cela, en effet, ne convenait pas à la 
vertu toute puissante. 

« Quant à ce que tu as demandé : « Quand (cette coutume) est-elle entrée dans 
« l'Église? » Je n'en sais rien. « Quand a t-elle été réprouvée? » Je le sais. Depuis 
toujours et pour toujours. L'Esprit-Saint a fait en sorte que ce sacrement, le corps et 
le sang de Dieu le Verbe, fût accompli par deux hommes saints et inspirés de Dieu: 
par Jacques le premier évêque, et par Marc l'Évangéliste. Les Égyptiens et toute 
la province d'Alexandrie affirment que cette expression : panem cœlestem frangimus 
in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, n'a jamais existé dans la liturgie de Marc' 
fils et disciple de Pierre, le chef de tous les divins Apôtres, de qui il a appris la pré- 
dication divine et l'Évangile, et reçu tous les sacrements. Tous les Grecs, et tout 
d'abord les saints docteurs qui ont fait des liturgies selon la tradition de Varche- 
vêque Jacques : soit Basilius, soit Gregorius, soit Timotheus, soit Severus, attestent 
pareillement que cette expression paneYn cœlestem frangimus, in nomine Patris et 
Filii et Spiritus sancti, ne se trouve pas dans la liturgie de l'apôtre Jacques; elle n'a 
été transmise par eux, en effet, dans aucun de vos exemplaires, et elle n'existe dans 
aucun des exemplaires grecs. Il est évident que, puisqu'elle n'est ni dans la sienne ni 
dans les leurs, elle a été réprouvée " depuis toujours et pour toujours, 

(( Cependant, pour moi, je n'ai imposé à personne de règle à son sujet : soit celle de 
la dire, soit celle de ne pas la dire. Non pas que j'ignore qu'il ne convient pas de la 

1. Luc, XXIV, 50. — 2. Le texte est altéré; l'Arabe semble avoir lu : R,- (li, (U>o, et traduit • 
\j^ ^ »,^ 11^ ^^,j ^lo, — 3. Lire : ItsAaua, 



LIVRE XII. CHAP. II 7 

dire; mais pour ne pas donner occasion aux perturbateurs et à ceux qui ne se préoc- 
cupent pas de l'édification de l'Église mais bien de sa ruine, de soutenir leur dessein 
dans l'amour de la domination et d'en prendre prétexte pour causer un schisme et 
tromper les simples. Malheur h nous, s'il y a dans notre confession un pain descendu 
du ciel qui n'est pas le Fils et le Verbe de Dieu ; et si nous le rompons au nom du Père 
et du Fils et du Saint-Esprit, nous avons là un auti-e fils qui n'est pas le pain descendu 
du ciel. » 

Et un peu plus loin : « Tu demandais dans ta lettre comment elle était entrée dans 
l'Eglise ? )) Deux traditions ont cours relativement à ce mystère : l'une sainte, et 
l'autre éloignée de toute sainteté. Comme les saints Apôtres avaient défini que 
dans les saints jours de jeûne on n'offrirait pas l'oblation, excepté le samedi et le 
dimanche, ils prescrivirent qu'on signerait le calice tous les ^autres jours de toutes 
les semaines de jeûne, afin que le peuple reçût la communion au moment du soir, 
et que quand le prêtre le signerait il dirait : « Le calice d'action de grâces est 
signé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », et alors il y jette la parcelle 
propitiatoire qui le consacre. Telle est la tradition sainte qui consacre le calice non 
consacré, qui le déclare un calice de louange, qui ne répète aucune des choses 
dites par notre Sauveur et dans lesquelles on reconnaît sa divinité, et qui ne répond 
d'aucune façon aux apparences de son incarnation. 

(( L'autre tradition, qui n'est pas sainte, est celle qu'a introduite l'impie Diodorus, 
l'ennemi de la vérité [482] et l'adversaire du Christ. La voici. Il fait, comme il la 
nomme, une oblation, qui n'est pas un rapprochement ' mais un éloignement de Dieu, 
et il y dit : « L'Agneau de Dieu est immolé devant la Trinité sainte ». — Je dis que 
ceux qui ont introduit l'usage de dire (la formule) : Panem cselestem frangimus in 
nomine Palris, et Filii, et Spiritus sancti étaient ses partisans. Je sais qu'elle a été 
dite par des gens simples, qui étaient aussi éloignés de l'opinion de Diodorus que 
le ciel est éloigné de la terre ; mais si quelqu'un l'examine, la signification estla même. 
Qu'est, en effet, l'Agneau de Dieu, sinon le pain vivant descendu du ciel ? Et cela est 
attesté parle saint Baptiste qui a confesse cette expression: « Voici l'Agneau de Dieu 
qui enlève le péché du monde ' ». 

Et un peu plus loin: « Mais, comme je l'ai dit auparavant, quand on compare les 
deux expressions^ celle qui dit : « Immolatur Agnus Dei coram Trinitate sancta et 
celle qui dit : « Frangitur partis cselestis in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, 
on ne trouve entre elles aucune divergence. Mais Diodorus, dans son esprit per- 
vers, divise le Christ. Ceux-ci l'ont introduite, par rusticité, d'après la consi- 
gnation du calice ; mais dans la consignation du calice, elle est employée correcte- 
ment, puisqu'elle consacre le calice non consacré ; ici elle n'est pas employée correc- 
tement, puisque « panem [cœlestem]' frangimus » s'applique (à celui)' qui est le Fils 

1. Le même verbe, en syriaque, signifie « offrir » et « approcher ». — 2. Joa., i, 29. — 3. Sup- 
pléé d'après l'Ar. — 4. Quelques mots ont pu être omis ici par un copiste ; l'Ar. a la même leçon. 



8 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

même et le Verbe du Père, et signifie qu'il est rompu au nom du Père, et du Fils et 
du Saint-Esprit. Elle place ce pain céleste hors du Père et du Fils et du Saint-Esprit; 
de même qu'en disant : Un tel est baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint- 
Esprit; de même quand on dit que le pain céleste est rompu au nom du Père, et du 
Fils et du Saint-Esprit, on considère ce pain céleste comme une chose différente du 
Père, du Fils, et du Saint-Esprit. 

« Mais pour moi, je n'ai dit à personne qu'il fallait la réciter ou ne pas la réciter, 
pour ne point fournir de prétexte à ceux qui ont soif de diviser l'Église, dans leur 
audace. » Et le reste de la lettre. — Fin. 



CHAPITRE [111]. — De V époque du commencement du règne de Haroun, roi des 
Taiyayê, et de Constantinus, empereur des Romains. De la mort du patriarche 
Georgius. De ceux qui lui succédèrent dans l'Église des Orthodoxes, et des 
autres événements qui survinrent à cette époque et sont consignés par écrit. 

Quand Haroun, roi des Taiyayê, commença à régner, il envoya "A[b]d el- 
Malik' rebâtir Hadeth. Celui-ci rassembla deux mille chariots ; les églises qui 
se trouvaient à l'occident du Sanga* furent démolies, et avec leurs pierres on 
rebâtit le mur. La grande église de Kaisoum fut détruite avec les 15 temples 
qui se trouvaient là. 

Au mois d'éloul (sept.), [483] Maléouf' (?}, pénétra dans le Beit Roumayê, et 
en ramena de nombreux captifs ; ensuite Soleiman, émir de Hadeth, vint à son 
tour, pilla et fit des captifs. 

Au mois de sebat (févr.), Ayoub, son fils, envahit le rivage de la mer et 
commit un grand pillage. 

En l'an 1104, il y eut une guerre entre les Qaisayé et les Yamanayê*, dans la 
région occidentale. Elle commença en Palestine et se décida à Emèse. Beau- 
coup de gens des deux partis furent tués. 

La même année, 'Abd el-Malik envahit de nouveau le pays des Romains : il y 
fit des captifs nombreux et le quitta. Son fils, 'Abd er-Rahman y pénétra à son 
tour et assiégea une forteresse, en Cappadoce, appelée Rabasah\ Quatre cents ' 
hommes y périrent de soif, après quoi, on livra la forteresse ; les Taiyayê, en 



1. "Abd el-Malik ibn Salih. — 2. Même leçon dans BH, et en plusieurs passages. — 3. Même 
leçon dans la vers, arabe. — 4. Cf. Gesch. der Chai., II, 147. — 5. Cf. Hist. du Bas-Emp., XII, 
p. 357, n. 3. La ville appelée ici « Rabasah » (même, leçon dans BH) paraît être celle que Théo- 
phanes appelle xb xauTpbv ©ïjêaffav (ann. 786); la vraie leçon serait alors ovmaï, — 6. Ms. : « 9 »; 
lire L (BH) au lieu de ^. 



LIVRE XII. CHAP. III 



ayant pris possession, en tirèrent des captifs, de l'or et quantité de choses 

précieuses. 

A cette époque, Constantinus, empereur des Romains, scandalisé par Elpi- 
di^us], patrice de Sicile, parcequ'ilavait péché avec (l'impératrice) sa mère, voulut 
lui faire crever les yeux. Le patrice s'enfuit chez les Taiyayê, et l'empereur 
ordonna que sa mère ne fût plus appelée impératrice. Il imposa (cette règle) 
avec serment à toute la chancellerie', etil fit emprisonner les enfants et la femme 

d'Elpidius^ 

Elpidius qui se proclamait empereur des Romains, jura aux Taiyayê de leur 
livrer l'île de Sicile. Il s'engagea par serment vis-à-vis de l'émir Soleiman, et 
celui-ci prit quarante mille hommes et s'en alla avec Elpidius, après avoir juré 
de s'emparer de tout le pays des Romains. Quand ils arrivèrent dans la contrée 
de Simison', [484] ils furent pris par l'hiver, et quatre mille d'entre eux 
périrent. Dans leur embarras, ils eurent recours aux Romains. Les Romains 
montrèrent delà philanthropie et ne maltraitèrent point les faiyayè, qui sortirent 
de cet endroit au mois de kanoun it (janv.). Beaucoup des notables parmi eux 
avaient les pieds pourris parla neige. Moi-même*, j'ai vu environ quatre cents 
d'entre eux (àÉdesse'). 

Ensuite Constantinus refit la paix avec sa mère, Irène, et ordonna de la pro- 
clamer de nouveau impératrice. Elle fut proclamée en tous lieux, excepté chez 
le peuple des Arméniaques% qui ne consentirent pas à la proclamer, à cause 
des serments qu'ils avaient jurés ; l'empereur les fit cruellement massacrer. 

L'empereur ajouta encore à la multitude de ses actions déréglées, et foula 
aux pieds les usages chrétiens ; il brava la honte, et prit une seconde femme 
alors que la première vivait encore : et il devint méprisable aux yeux de tout le 
peuple'. 

En l'an 1100 un harouraya* nommé En l'an 1097, les Edesséniens se sé- 

Walîd' réunit 5 mille hommes et vint à parèrent de nouveau de leur évêque, Za- 

Nisibe. Il tuarémir,pillales marchands, charias, qui était du monastère de Qar- 

et exigea de chaque chrétien 5 zouzê. tamîn. Tous les clercs et les notables 

Les Taiyayê tremblaient devant lui; car lui résistèrent, au contraire de la foule, 

il circulait dans les pays et massacrait Ils firent connaître la chose au patriar- 

les Taiyayê. Après que Walîd eut triom- che Georgius, et celui-ci le chassa de 

phé des troupes de 'Abd el-Malik, la ville. 



1. TâÇiç. — 2. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXVI, § v, xxvi. — 3. Bar Hébr. : ^ûisa^U, Samsoun. — 
4. Denys de Tell Mahrê. — 5. Ces deux mots sont donnés par Bar Hébr. — 6. 'Api^EViaxo! ; cf. Hist. 
du Bas-Emp., LXVI, § xxviir-xxxi. — 7. Ihid., § xxxv. 11 répudia Marie et épousa Théodote. 

8. Lire t Cîo^., de la secte des Harourites. — 9. Walîd ibn Tarif. 

2 



111. 



10 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[483] et rendu les roules désertes faute 
de voyageurs, Yézîd' s'avança, engagea 
le combat avec lui et le tua. 

L'année suivante, le roi Haroun monta 
de Bagdad et vint à Callinice pour s'y 
fixer. Il bâtit des édifices pour les habi- 
tants et ses officiers; et Rafiqah devint 
une seconde Babylone. Il y fit aussi ame- 
ner ° deux canaux pour l'irriguer : l'un de 
l'Euphrate et l'autre de Saroug. II acheta 
les eaux des villages de Saroug à leurs 
propriétaires, leur creusa un lit nou- 
veau, les fit descendre, et fit sur leurs 
rives de nombreux jardins'. 

En l'an 1108, Haroun, roi des Tai- 
yayê, se porta vers le Beît Roumayê. 
Lorsqu'il passa par Edesse, des traîtres 
se présentèrent pour accuser les chré- 
tiens (disant) : « Ils sont des espions ; 
l'empereur des Romains vient chaque 
année prier dans leur église », et ils 
lui demandèrent de faire démolir la 
grande église, et d'empêcher de son- 
ner' la cloche. Le roi dit à Yahya^ son 
conseiller : « Que te semble-t-il de cette 
accusation? » Celui-ci répondit avec sa- 
gesse : « Il ne convient pas de la rece- 
voir ». Et aussitôt les traîtres furent 
chassés et même punis. 

A cette époque', ainsi que d'autres 
l'ont écrit, un homme de la région de 
Thrace, en creusant en un certain lieu, 
trouva un sarcophage dans lequel était 
un mort, et sur lequel était écrit : « Le 
Christ doit naître d'une Vierge ; et 



Le bienheureux Georgius s'étant mis 
en route tomba malade, et quand il par- 
vint au pays de Claudia [483] sa maladie 
s'aggrava. C'est pourquoi il monta au 
couvent de Mar Bar Çauma où il termina 
sa course; il mourut en l'an 1101 des 
Grecs. Son saint corps fut déposé en ce 
lieu. 

Au mois de hazîran (juin) de la même 
année, le synode des évêques se réunit 
à Badaya-ze'ourta, dans la plaine de 
Harran, et ils firent choix de Joseph, 
de Goubba Barraya. Quand celui ci ar- 
riva, en voyant sa belle prestance, ils se 
réjouirent en lui; mais quand ils goû- 
tèrent son langage, ils le trouvèrent 
barbare, et voulurent le renvoyer à son 
couvent. Il y eut un schisme à son sujet, 
parmi les évêques : les uns l'accla- 
maient'', les autres n'en voulaient pas. A 
la fin, craignant les habitants de son mo- 
nastère qui étaient amis de la dispute, 
ils l'ordonnèrent de force. 

Quand Joseph eut été ordonné, sur 
les instances de Zacharias d'Édesse, il 
prit celui ci et vint pour réconcilier les 
habitants avec lui. Tandis qu'ils se trou- 
vaient dans le temple de Mar Qozma, 
qui est hors de la ville, les Édesséniens 
vinrent près d'eux. Ils discutèrent lon- 
guement, mais les Édesséniens ne cé- 
dèrent pas au patriarche et n'acceptèrent 
pas Zacharias. Le patriarche partit de 
là irrité, et n'entra pas dans leur ville. 
Comme il descendait à Bagdad pour 



1. Yézîd ibn Mouzid. Cf. Gesck. d. Chai., II, 147. — 2. Lire : «i9| (BU). _ 3. Ua.,t3, U«m« 
(BH). — 4. Lire : >»tuûj. Littéralement « que le sémantron soit frappé ». — 5. Yahya ibn Khalid ibn 
Barmaq. — 6. Cf. Theoph., ad ann. 773. 

7. Peut-être faut-Il lire v^a ; les uns « le voulaient » (?). 



LIVRE XII. CHAP. III • 11 

moi, dès maintenant, je crois; le so- recevoir son diplôme, sur les instances, 

leil ne me reverra pas avant' que ne des évêques, il donna à Jean la permis- 

soit accompli ce que j'ai dit. » — Fin. sion de gouverner Mabboug; car, jus- 

qu'à ce moment, Jean visitait seulement 
le pays, et il y avait un autre évêque pour la ville. 

Le patriarche Joseph, après avoir accompli son voyage h Bagdad, visita les églises 
d'Orient et mourut dans le monastère de Mar Atounos, qui est situé au dessus de Tell 
Besmai », au mois de kanoun ii [404] de l'an 1103. Il avait ordonné un évêque; 
Anthimus, pour Ba'lbek. 

En l'an 1104 des Grecs, les évêques se réunirent h Harran, et le 15 de 'ab (août), 
ils ordonnèrent patriarche Cyriacus, du monastère de Bîzôna : un homme éloquent 
et saint dans son corps et dans son âme. Ayant été vivement pressé par Zacharias, 
il prit celui ci avec lui et vint à Edesse, où il fut reçu comme un ange de Dieu : il entra 
dans la ville en grande pompe, et fut très aimé de tout le monde jusqu'au moment 
où il mit en avant l'affaire de Zacharias. Alors, ils lui montrèrent de la déso- 
béissance; le patriarche se donna beaucoup de peine avec eux, mais les Edesseniens 
n'acceptèrent point Zacharias. A la fin, le patriarche fit un partage et donna à 
Zacharias quatre districts' du diocèse qu'il visiterait pendant sa vie et qui devaient 
être réunis au diocèse après sa mort. Les Edesseniens se mirent d'accord là-dessus 
avec le patriarche et lui donnèrent leur consentement pour qu'il choisît* et leur 
ordonnât comme évêque qui il voudrait. Il partit de là, et bientôt après, il leur 
ordonna Basili[us] de Qennésrê. 

Cyriacus, voyant que ses affaires prospéraient et qu'il avait réglé beaucoup de 
choses en maître dans l'Église, sans faire de mauvaise rencontre, pensa que tout 
réussirait pareillement, et il voulut supprimer dans lÉglise la formule : panem 
cselestem frangimas . C'est pourquoi il prescrivait aux prêtres qu'il ordonnait de ne 
pas la réciter. Il ne considéra point comment Georgius l'avait tolérée et ne l'avait 
pas retranchée pour que l'Eglise ne soit pas divisée. Comme on commença à 
s'agiter à ce propos, il réunit un synode à Beit Botîn, dans le diocèse de Harran, en 
l'an 1106. Après avoir examiné l'affaire, ils décrétèrent que chacun en userait selon 
son gré, et que ceux qui ne la disaient pas ne devaient point se scandaliser de ceux 
qui la disaient. Ensuite, ils établirent 40 canons' au sujet des réformes que le 
patriarche renouvela dans ce synode. 

Mais il y avait des évêques qui lui étaient secrètement opposés. L'un d'eux était 
Severus de Samosate, qui, depuis son élection, n'était pas en bons termes avec lui. 
Le patriarche était aussi irrité contre lui et il se dirigea vers son diocèse, pour y 
corriger les erreurs qui s'y étaient introduites par la négligence de Severus. Severus 

1 . Lire ; a , 

2. Lire : u viy^ I. (BH). — 3. «Xiiiaxa. — 4. Lire : i=^^. — 5. Ils nous sont parvenus dans diverses 
collections. Cl. Duval., Litt. syr.^-ç. 182, 



12 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

disait : « Il s'en va poussé par la passion, afin de trouver un prétexte, » Quand le 
patriarche s'y rendit, on ne lui ouvrit point la porte de l'église. Ayant montré le 
diplôme du roi au gouverneur, celui-ci la lui fit ouvrir. Le patriarche monta à l'am- 
bou et excommunia Severus ; puis il passa de village en village, anathématisant 
Severus. Alors Severus réunit des évêques, des prêtres^ des moines et le peuple, et 
il se rendit près du patriarche, à son couvent. Il reçut l'absolution et la paix fut 
rétablie. 



CHAPITRE [IV]. — De l'époque à laquelle l'empereur Constantinus tomba, avec 
sa mère, et à laquelle Nicephorus commença â régner. De ce que fit à cette 
époque Haroun, roi des Taiyayê. Du trésor qui fut découvert à Édesse. Du 
trouble causé au patriarche Cyriacus par les moines ; de l'union qu'il fit avec 
les Juliatiistes, et qui fut ensuite rompue. 

[•48S] Tandis que Constantinus, contempteur de la loi, était méprisé par tout 
le monde, lesTaiyayé pillaient de plus en plus les pays des Romains, et il n'y 
avait personne pour leur résister; c'est pourquoi les Romains songèrent à le 
priver de l'empire. Pour lui, loin de s'abstenir des choses odieuses, il ajoutait 
encore à la débauche. Il s'emparait des filles des grands et les souillait honteu- 
sement. 

Étant parti en guerre contre les Bulgares, il s'avança jusqu'en Thrace : et là, 
il s'abandonna à l'ivrognerie et à la débauche. Alors, les princes firent savoir 
toutes ces choses à sa mère et elle leur promit de le faire cesser. A son retour, 
elle lui fit crever les yeux. Il devint aveugle, et elle régna seule. Elle établit 
comme premier ministre et archipatrice l'eunuque Aetius. 

Quand les Taiyayê envahirent le Beit Roumayê, Aetius les vainquit. L'année 
suivante, les "Taiyayê firent une nouvelle invasion et furent victorieux. Alors les 
Romains voulurent faire régner sur eux Nicephorus, le Logothète, cappado- 
cien. Quand Irène apprit cela, elle ordonna de lui faire crever les yeux. Aetius 
le cacha. Il voulut régner lui-même, et demanda à Irène de lui donner la cou- 
ronne : comme elle ne la lui donna pas, il en fut irrité. Elle-même fit connaître 
au patrice Nicetas le dessein d'Aetius. Nicetas et le patriarche tinrent conseil 
[486] avec le Sénat, et tous furent d'avis de faire régner Nicephorus*. 

Il commença à régner en l'an 1114. 

Il tenait en grand honneur l'impératrice Irène et l'eunuque Aetius. Or, ceux- 
ci se disposèrent à le faire massacrer par quelques moines. Leur projet ayant 



1. Tout ce qui précède est naturellement à moSifier d'après l'histoire byzantine. 



LIVRE XII. CHAP. IV 



13 



été dévoilé, Irène fut envoyée en exil à Athènes', où elle mourut religieuse. 
L'empereur ne fit point de mal aux moines, et il paya à Aetius la dette qu'il 
avait contractée vis-à-vis de lui'. 

Haroun, roi des Taiyayê, bâtissait à cette époque, dans la Petite Arménie , 
près de Mélitène, une ville qu'il appela Zoubatra. Tandis qu'il y était occupé ', 
Stauracius fit une invasion dans la région du Péloponèse, qui était depuis 
longtemps aux mains des 'Taiyayê*. Il le soumit aux Romains, y établit une gar- 
nison et revint, ramenant captive une nombreuse foule de faiyayê, des trou- 
peaux et des bandes de chevaux et de chameaux. 



[483] A propos du trésor qui fut dé- 
couvert h Édesse, Denys de Tell Mahrê 
dit : « Nous avons rappelé dans le se- 
cond livre que la femme du Reçaphéen '' 
avait enfoui un trésor lorsque Kosrau 
ordonna de la faire descendre dans le 
Beit Parsayê. La maison où avait été 
caché ce trésor, qui appartenait à la 
famille des Reçaphayê^ passa par une 
certaine succession à celle des Tell- 
mahrayê ; par une femme de cette famille 
qui entra dans celle des Goumayô, elle 
échut à Silvestros, qui fut enfanté par 
cette femme à un Goumaya. Celui-ci la 
laissa en héritage à ses fils avec le reste 
de sa fortune. Or, ces enfants étaient 
débauchés et dissipèrent la fortune. Ils 
imaginèrent (alors) de creuser la terre 
dans leurs demeures,parce qu'ils avaient 
entendu dire qu'un trésor y était ca- 
ché. Quand ils l'eurent trouvé, comme 
ils étaient des jeunes gens déréglés, ils 
ne surent pas eu user sagement et firent 



[485] En l'an 1109, le patriarche Cy- 
riacus réunit un synode, eu vue de faire 
l'union avec les Julianistes. A ce synode 
était venu Gabriel, leur chef. Gabriel 
lui-même reconnut la stupidité des dog- 
mes de Julianus, et accepta de confesser 
comme nous, lui et ses compagnons. 
Toutefois, il leur répugnait de proclamer 
saint Severus, bien qu'ils acceptassent 
ses écrits contre Julianus, et ils ne voulu- 
rent pas non plus consentir à anathéma- 
tlsernommément Julianus. Le patriarche 
passa sur ces choses, et se conduisit 
selon les circonstances, espérant qu'on 
corrigerait avec le temps tout ce qui 
était défectueux. 

Au sujet du patriarcat, ils définirent 
que Gabriel dirigerait les Julianistes et 
serait proclamé dans nos églises, de 
même que Cyriacus dans les leurs, et 
que quand l'un des deux mourrait, celui 
qui survivraitdeviendraitlechefde toute 
l'Eglise. Cyriacus offrit l'oblation et fit 



l. Sic ms. et BH. En réalité à Mitylène, dans l'île de Lesbos. — 2. Le mot lacu. signifiant debi- 
tum ou amor, selon la vocalisation, la phrase est ambiguë ; littéralement : « Aetio retribuit debitiim 
(ou caritatem) sicut fecit ei ». D'après le contexte : il l'épargna parce qu'il l'avait caché (cf. ci-dessus , 
p. 12). — 3. BH : >*^*.^; mais la leçon du ms. "^«>^ peut être conservée ; cf. ar. Ji*,. — 4. En réa- 
lité, l'expédition du Péloponèse fut dirigée contre les Bulgares sous le règne d'Irène; cf. Theoph., 
ad ann, 775. — 5. Cf. tome II, p. 380. 



14 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



paraître encore plus de luxe, avec des 
chevaux et des chiens pour la chasse, 
Haroun, roi des Taiyayê, l'apprit, et en- 
voya se saisir d'eux; il les fit emprison- 
ner à Gallinice. Il envoya son eunuque' 
à ÉdessCj et celui-ci prit tout ce qu'il 
trouva de choses princières vendues par 
eux. Il y avait parmi elles des sortes de 
serpents et de scorpions d'argent, pleins 
de^Y^P'O"''' Les misérables pensèrent que 
c'était de la poussière et le répandirent 
à terre, puis ils vendirent l'argent; et la 
chose fut (ensuite) reconnue. 

L'eunuque s'empara de leurs femmes 
légitimes, de leur vieille mère et de tout 
ce qui restait. Il prit des vases [486] d'or et 
d'argent, des plats, des milîzê*, des di- 
nars romains. Ensuite illes enferma cha- 
cun séparément, et il emprisonna leur 
sœur, qui était vierge, dans la maison 
d'un chalcédonien ; celui-ci la plaça dans 
le grenier, au-dessus de quatre étages, et 
posta des persans pour la garder. La 
jeune fille veillait, craignaut qu'ils n'en- 
trassent pour la violer ; ayant entendu 
un bruit de pas, elle invoqua Dieu, se 
cacha le visage dans son voile, et se jeta 
par la fenêtre. On la trouva dans la rue, 
et le lendemain la bienheureuse mourut. 
La crainte s'empara de l'eunuque, et Ha- 
roun lui-même fut affligé de sa mort; il 
fit sortir ses frères de prison, leur fit 
rendre le cinquième de ce que l'eunuque 
avait apporté, et les renvoya. 



communier Gabriel et ses compagnons, 
et, le lendemain, Gabriel offrit à son tour 
l'oblation*. 

Comme quelques-uns de nos évo- 
ques murmuraient contre le patriarche, 
par passion, à cause de l'union qu'il 
avait faite, il rassembla de nouveau un 
synode. Gabriel y vint. Les évêques lui 
demandaient d'anathéiiiatiser Julianus ; 
mais le patriarche les blâmait en disant : 
« Nous ne devons pas user envers eux 
d'une telle rigueur. Nous avons [486] des 
exemples de cette conduite chez les 
anciens pasteurs de l'Eglise. » Les évê- 
ques prirent alors Gabriel à part et exi- 
gèrent de lui qu'il anathématisât Julia- 
nus et reçût Severus. Gabriel répondit : 
(( Sachez^, mes frères, que si ce n'était 
que je ne me suis pas détourné complè- 
tement de Julianus, je n'aurais pas en- 
traîné le peuple qui m'est soumis h vous 
faire sa soumission. Maintenant, si c'est 
moi seul que vous avez en vue : j'anathé- 
matise Julianus ; si ce sont eux tous, sa- 
chez que la plupart*, par ignorance ou 
par une coutume invétérée, refuseront 
de l'anathématiser nommément. Si vous 
voulez les y contraindre, ils retourne- 
ront au schisme, et l'union que nous 
avons faite sera détruite. » Il leur parla 
longuement sans les convaincre; maip 
lis disaient : « Anathématise Julianus à 
l'ambon ». Gabriel discerna leurs pas- 
sions; il se levaj secoua ses vêtements 



1. l&>;tt, ici et plus bas, au lieu de la forme UoMiea qu'on rencontre seulement p. 486, 1. 24, dans 
ce récit, BH traduit partout (aiSûjoI. — 2, Cf. tome II, p. 523. — 3. Même leçon dans BH, Les 
lexiques ne donnent pas le sens de ce mot, qui ne s'est pas encore rencontré ailleurs, 

4. Ce pacte nous a été conservé dans le ms. add. 17145 du British Muséum. 5. as,», 

6. I|.» \^ » a».j; les points en marge du texte indiquent que les lignes doivent être transposées. 



LIVRE XII. GHAP. V 15 

sur eux et dit ; « J'ai reconnu maintenant que la rigueur que vous montrez n'est pas 
en Dieu ni pour Dieu, mais vient de votre jalousie vis-à-vis de votre chef, pour em- 
pêcher le bien de s'accomplir par ses mains. Dès lors, Dieu vous demandera compte' 
du sang de tout ce peuple dont vous empêchez maintenant le salut. » 

Et ainsi fut anéantie l'union de ces Julianistes, à cette époque, par la jalousie des 
évéques, et surtout par l'opération de l'ennemi spirituel : que Dieu anéantisse et fasse 
cesser ses ruses dans tous les rangs des Orthodoxes. Amen! — Ce récit est fini, 

CHAPITRE [Vj. — De Vépoque du commencement du règne de Nicephorus, 
[empereur) des Romains, et de Haroun Basid, {roi) des Taiyayê. Commencement 
du schisme des Goubbayê contre le patriarche Cyriacus. Prodige qui eut lieu à 
Mabboug, et autres événements qui se passèrent à celle époque. 

Au mois de tesrînii(nov.) de l'an 1114, Nicephorus commença à régner sur les 
Romains : homme vigoureux et capable de gouverner. On disait que sa famille 
était de la race des 'Taîyayé. [487] Un yéménite nommé Djabalah aurait régné 
sur les Yéménites chrétiens, et quand Mohammed invita les faiyayô à embrasser 
l'islamisme, Djabalah et ses compagnons se firent musulmans par l'intermédiaire 
de 'Omar, fils de Khattâb. Quand le roi se rendit à laQa'ba, Djabalah y alla avec 
lui. Quand ils approchèrent autour de leur temple, quelqu'un marcha sur le pied 
de Djabalah. Celui-ci se détourna, frappa au visage le Fazaréen' et lui brisa le 
nez. Cet homme fit connaître la chose à "Omar, et "Omar dit à Djabalah : « Ou 
bien calme le Fazaréen et qu'il te laisse tranquille, ou bien livre-lui ton visage 
qu'il te brise le nez ». Djabalah répondit : « Comment un prince comme moi per- 
mettrait-il à un plébéien de le frapper? » — 'Omar reprit : « Quoique tu sois plus 
honorable que lui dans l'empire, tu es cependant son égal dans la religion ». 

— Djabalah dit : « Laisse-moi jusqu'au matin pour me décider à l'une des deux 
choses », — Et pendant la nuit Djabalah et ses compagnons s'enfuirent dans le 
Beit Roumayê, en Cappadoce, et redevinrent chrétiens. De ce Djabalah descen- 
dait Nicephorus qui régna alors. 

Quand 'Abd el-Malik, qui était chargé de faire la guerre aux Romains, apprit 
que Nicephorus régnait, il appela le romain Elpidius, celui qui avait livré la 
Sicile aux faiyayê, et lui demanda : « Fais-moi connaître qui tu as laissé dans 
le Beit Roumayê, qui soit apte à régner ». — Celui-ci répondit : « Il y a là un 
homme riche, de la race des empereurs, un tel !» — Il reprit : « Et qui encore ? » 

— Et il dit : « Il y a un autre homme, adonné au jeûne [488] et à la prière, intelli- 



1. Littér, : B a cervicibus vestris exiget sanguinem... » 

2. Homme de la tribu de ijKs. BH ; UjlP, orthographe préférable. 



16 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

gent, du nom de Nicepho[rus] » . — 'Abd el-Malik ' dit ; « C'est celui qui règne ! » 
— Et quand Elpidius apprit que Nicephorus régnait, il dit à 'Abd el-Malik : 
« Si Nicephorus règne, rejette loin de toi ce vêtement de soie que tu portes, 
revêts une armure et prépare-toi à la guerre ». — Tel que l'avait décrit Elpidi[us] 
ainsi parut Nicephorus j car dans Tempire des Romains, depuis que les Taiyayè 
avaient commencé à régner, personne (ne s'était montré) ' aussi courageux et 
aussi brillant que lui à la guerre. 

Il envoya une lettre à Haroun ' qui en fut troublé ; et ils se préparèrent à la 
guerre. Haroun conduisit ses troupes et envahit le pays des Romains. Nice- 
phorus vint avec ses armées. Ils campèrent pendant deux mois, parlant et 
écoutant, par des messagers et des lettres, et à la fin ils firent la paix : chacun 
s'en retourna dans son pays, et ils s'envoyèrent mutuellement des dons et des 
présents; même les armées et les peuples se mélangèrent et firent du com- 
merce. 

En l'an 1115, l'armée des Romains s'avança en Cilicie et y fit des captif; ils 
pillèrent ensuite la région de Mopsueste et d'Anazarbon * ; ils atteignirent les fai- 
yayê qui étaient à Tarse et les emmenèrent en captivité. — Quand Haroun apprit 
ces choses, en Perse, il fut très irrité; il revint à Callinice, et au mois de nisan 
(avril) il s'empara d'Héraclée', Nicephorus s'avança pour lui livrer bataille. 
Haroun, en voyant la nombreuse armée des Romains, prit peur et demanda la 
paix. Il livra tous les Romains [489] qui étaient dans son empire. Nicephorus 
consentit à faire la paix, et Haroun lui fit présent de toutes les tentes sous 
lesquelles il résidait, avec leur ornementation*. 

En cette année, Haroun bâtit une ville au-dessus de Callinice, et l'appela 
Héraclée, à cause d'une femme qu'il avait prise de la famille d'Heraclius. Beau- 
coup d'ouvriers furent rassemblés et ils y bâtissaient des édifices élevés. Comme 
le peuple était tourmenté par la famine, à cause de la bâtisse de la ville, le roi 
ouvrit ses trésors et ordonna de donner largement le salaire, et il fit distribuer 
les richesses qu'il avait réunies. 

Nicephorus, empereur des Romains, étant tranquille du côté des faiyayé, fit 
rebâtir Ancyre et d'autres lieux; car de son temps les faiyayé s'étaient emparés 
de Tyane et d'Héraclée''. 

Un des écrivains chalcédoniens accuse ce Nicephorus de beaucoup de choses. 

Haroun, roi des "Taiyayè, voulant descendre en Perse, ouvrit ses trésors, il 



1. Ms. : 'Abdallah; même leçon dans l'Ar. — 2. Lacune d'un mot dans le ms.; suppl, ..(-tl ou 
J^l. — 3. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXVII, § ix. — 4. Ms. : Anazarmon ; BH : laipt. — 5. Proba- 
blement le m 'HpaxXéw; xâ(7Tpov de Théophanes (ann. 798). — 6. Le rdcit de ces événements est fort 
confus et les rôles sont souvent intervertis. La campagne fut désastreuse pour les Romains. Cf. Hist. 
du Bas-Emp,, LXVII, § xr, xiv, xv. — 7. Cf. op. cit., et Theoph., ad ann. 797. 



LIVRE XII. GHAP. V 



17 



les traversa, et voulut connaître la quantité de sa richesse. Il se trouva que son 
argent surpassait celui qu'avait rassemblé Abou Dja'far de 10.500.000 milliers* 
de zouzê. Il se réjouit de sa grande richesse, et fléchit trois fois les genoux 
dans chaque chambre en l'honneur de son Dieu. 

Gomme il descendait contre un rebelle, il désigna pour lui succéder dans 
l'empire, Mohammed, son fils aîné, et après lui Mâmoun, et ensuite Qasim. 
Cela fut cause de la perturbation de leur empire. Il fit régner Mohammed à 
Bagdad et Qasim en Syrie, et il fit descendre Mâmoun avec lui [490] dans le 
Khorasan. Il fit cadeau 'à celui-ci des dix millions d'argent en compensation de 
l'empire qu'il avait donné à Mohammed. 

Il parvint à Tous, ville du Khorasan, et il y tua le rebelle. Là mourut Haroun 
Rasîd lui-même, en l'an 1120, après avoir régné 23 ans^ 

Nicephorus, empereur des Romains, marcha contre les Bulgares : il fut vic- 
torieux et en tua un grand nombre. Il parvint jusqu'à leur capitale, s'en empara 
et la dévasta*. Sa sauvagerie alla à ce point qu'il fit apporter leurs petits enfants, 
les fit étendre à terre et fit passer dessus des rouleaux à battre le grain. 

En cette année 1122, Nicephor[us] fut tué par un Romain =. 



Le 23 de hazîran (juin) de cette an- 
née^, il y eut un grand tremblement de 
terre à Mopsueste : son mur s'écroula 
et la plupart de ses maisons furent ren- 
versées, ainsi que trois villages de la 
région . [487] Le cours du fleuve 
Gihon, qui passe a proximité de cette 
ville, fut arrêté pendant environ six 
heures, et les barques se trouvèrent 
sur le sol. 

Il y eut aussi des sauterelles en cette 
année : elles détruisirent toute espèce 
de récoltes dans tout le pays. 

A cette époque, il y eut à Rome, une 



Le premier motif de la révolte des 
Goubbayê fut celui-ci : Bacchus, leur 
évêque, qui était aussi celui des Cyr- 
rhestiens, se conduisait avec relâche- 
ment etfaisaithypocritement'' acception 
de personnes [487] dans (l'application 
des) lois apostoliques. Après l'avoir 
maintes fois réprimandé et excom- 
munié, Cyriacus, sur les instances des 
évêques, le déposa. Il garda la bles- 
sure dans son cœur, et il faisait en 
sorte que les prêtres de son pays réci- 
tassent continuellement la formule : 
panem cselestem, comme pour vexer le 



1. Le mot « milliers » est aussi répété dans la vers. ar. ; on voudrait lire « 10.500.000 zouzê ». 
— 2. ,1*., — 3. Le 3 djoumadi second, 193 Hég. (23 mars 809). — 4. Je pense que l'auteur fait 
allusion à la prétendue victoire que l'empereur fit annoncer à Cple par un mensonge officiel 
(Theoph., ann. 801), plutôt qu'aux maigres succès du début de sa dernière campagne dans laquelle 
il perdit la vie {ibid., ann. 803), — 5. U avait été l'objet d'une tentative d'assassinat, mais il périt 
dans la guerre contre les Bulgares (25 juill. 811), Cf. Hist. du Bas-Emp., LXVII, § xxv, xxx. 

6. Probablement 1114 (803). — 7. Suppléer ainsi d'après la vers, ar, : «Ult-«i.l=. 

111. 3 



18 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



grande sédition. Ils se coalisèrent 
contre leur patriarche Adrianus et lui 
crevèrent les yeux, mais [pas"]' complè- 
tement : parce que celui qui fut chargé 
de les lui crever usa de miséricorde'; 
alors il se retira chez les Francs, car à 
cette époque Rome était sous la domi- 
nation des Francs. 

A cette époque, il y avait' un homme 
qui était païen de religion, Qoreisite 
d'origine ', et s'appelait Rouhai. Comme 
sa maison était voisine de l'église des 
chrétiens, constamment, dès qu'il enten- 
dait la voix de la prière, il se penchait 
dans [l'église"] et, au moment du sacri- 
fice divin et mystérieux, il jetait des bou- 
lettes de terre sur le prêtre pour le mo- 
lester*. Un jour qu'il regardait, selon 
son habitude, Dieu, qui connaît toute 
chose avant qu'elle n'existe, eut pitié 
de lui, et, au lieu du pain et du vin du 
sacrifice, il vit un agneau immolé et ta- 
ché de sang au milieu de la patène. 
Emu par cette vision, il descendit près 
du prêtre pour s'assurer de ce qui 
avait lieu. Ayant regardé attentivement, 
il vit pareillement l'agneau, dépecé en 
parties, placé sur la patène et laissant 
couler le sang. Le prêtre ne comprit 
rien jusqu'à ce qu'il eût appris de cet 
homme ce qu^il avait vu. Alors [488] il lui 
expliqua les saints mystères. Celui-ci 
abandonna sa maison, s'en alla à un mo- 
nastère et reçut le baptême. Quand la 



patriarche. Quand arriva le moment de 
sa mort, il convoqua les prêtres et les 
notables de l'endroit et les adjura de ne 
jamais retrancher l'expression panem 
i;œZesïe/w, de ne jamais recevoir d'évêques 
s'ils n'étaient pris dans leur monastère, 
et il ajouta : « Rien ne m'afflige, si ce 
n'est devoir que ce petit Garaméen ' qui 
gouverne le pays l'a divisé en deux prin- 
cipautés, et fait disparaître l'expres- 
sion panem cselestem. » Or, il parlait 
du patriarche Cyriacus. 

Après la mort de Bacchus, Xenaias, 
son disciple, se rendit près du patriarche 
avec d'autres gens de Goubba Barraya, 
qui lui offrirent un âne et une besace', 
selon l'usage qui a cours dans l'Eglise, 
et lui demandèrent de leur ordonner 
Xenaias pour évêque. II répondit : « Il 
n'est pas juste que ces pays soient déte- 
nus comme un héritage par ce couvent. 
Nous vous ordonnerons quelqu'un d'un 
autre endroit, et quelqu'un de chez vous 
pour un autre diocèse ». Voyant qu'il 
ne faisait pas leur volonté, ils allèrent 
trouver les Cyrrhestiens : ils agitèrent 
le pays et disposèrent les laïcs à la ré- 
volte. Ceux-ci, à cause de leur orgueil et 
de l'opulence de leurs richesses, firent 
facilement la volonté des moines ; ils 
décidèrent de ne pas recevoir un évêque 
sinon du monastère de Goubba Barraya, 
et de ne pas permettre [488] que leur 
pays fût divisé en deux. 



1. La négation omise par un copiste est requise par le contexte. — 2. Ce traitement fut infligé 
au pape Léon (III), à l'instigation des parents d'Adrien son prédécesseur (772-795), Cf. Tbeoph,, 
anu. 789. ^ 3. A Mabboug. — 4. Bar Ilébr. l'appelle traître, ou apostat. — 5. Lacune d'un mot 
dans le nis. — 6. Lire : iiOii«î^». 

7. C.-à.-d. originaire du Beit Garmai. — 8. Bar Hébr. ajoute : « et une verge ». 



LIVRE XII. CHAP. V 



19 



nouvelle en parvint au roi Haroun, il le 
fit venir et le questionna. Celui-ci fit 
courageusement connaître et proclama 
la vision qu'il avait reçue de Dieu, et 
(déclara) qu'il n'abandonnerait pas le 
christianisme m6me si on l'accablait de 
tortures. On le chargea de chaînes, et 
il fut emprisonné pendant deux ans. 
Après qu'on lui eut fait subir des tour- 
ments, Haroun le fit appeler de nouveau 
et lui promit de grands honneurs s'il 
voulait renier le Christ. Il n'y consentit 
point. Sur l'ordre du roi, on lui coupa 
la tête avec le glaive, et on la mit sur un 
piquet sur le mur de Rafiqah. Tout le 
monde put voir une lumière, venant du 
ciel, qui reposait sur elle. Alors, un 
chrétien l'enleva pendant la nuit et 
l'emporta en Perse, dans sa ville. 

A cette époque, il y eut des sauterelles 
pendant trois ans : elles déposèrent 
leurs œufs et se reproduisirent, Elles 
ravagèrent tous les pays de Mésopota- 
mie ; une grande famine sévit, et des 
calamités furent causées, plus encore 
que par la famine^ par les impôts et les 
tributs, et par la rareté de l'argent qui 
avait été réuni dans le trésor royal. 

En l'an 1119, la famine s'aggrava da- 
vantage, et Dieu envoya des bêtes qui 
arrachaient les morts des tombeaux elles 
dévoraient. Elles s'attaquaient même aux 
vivants, et quand des femmes ou des en- 
fants sortaient, afin de cueillir de l'herbe 
pour manger, ces bêtes les attaquaient, 
les dévoraient et les faisaient périr. 

A propos de la construction du coû- 



Cyriacusleur écrivit un avertissement 
et une admonition pour qu'ils crai- 
gnissent Dieu et reçussent celui qu'il 
envoyait. Mais ils ne le reçurent 
point; ils répondirent, dans leur obsti- 
nation, ces gens dont les Ecritures 
disent» qu'ils sont rassasiés de pain' » : 
« Nous ne recevrons personne à moins 
que tu ordonnes Xenaias ; sinon, nous ne 
voulons point d'évêque. » Outre que le 
patriarche était d'un tempérament ar- 
dent et voulait accomplir sa volonté, 
Jean d'Alep et Theodosius de Séleucie 
l'engagaient à ne pas céder etl'excitaient 
à leur ordonner un évêque promptement 
et malgré eux. Et en vérité, je dois dire 
qu'il y eut ici une erreur et une faute qui 
ne convenait point à la prudence de ces 
vénérables (évêques). Quand il leur eut 
ordonné Salomon, moine du monastère 
de Mar Jacques de Cyrrhus, le mal s"en- 
llamma davantage. Personne ne re- 
çut l'évêque, excepté à Goubrîn et Tar- 
mana'; et les Cyrrhestiens firent cesser 
chez eux la proclamation' du patriarche. 

Tous les rebelles et les évêques qui 
avaient été déposés de l'épiscopat se 
réunirent et allèrent trouver Haroun, 
roi des "Taiyayê, dans la prairie de Da- 
beq, au moment où il se disposait à en- 
vahir le pays des Romains. Ils lui écri- 
virent une supplique* inique, ainsi 
conçue : « Nous faisons savoir à l'émir 
protégé (de Dieu), que ce Cyriacus, qui 
s'intitule patriarche, a été établi notre 
chef sans notre consentement; il a un 
diplôme, et nous opprime par de lourdes 
exactions; il est l'ennemi du roi et 



1, Cf. Prov., XXX, 22 ; Jérém,, xliv, 17. — • 2. Je crois qu'il faut lire Visoit, bien que l'Ar. porte 
comme notre ms. ^p^saH, Trmîzd. — 3. Ils effacèrent son nom des diptyques. — 4. ôvaspopa. 



20 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



cent de Mar Hanania. — En l'an 1104, 
le patriarche Cyriacus ordonna évêque 
[489] de Mardê et Kephar Touta un 
homme nommé Hanania, du monastère 
de Mar Mattai situé dans le mont 
Elpheph, c'est-à-dire « des Milliers « 
de cénobites et de moines qui se trou- 
vaient dans la montagne. 

Dans la chronique composée par un 
nestorien du nom de Denahîsô', dans 
ses histoires ecclésiastiques, au X" livre, 
chapitre xvii°, il parle ainsi de Hanania, 
évêque des Sévériens, qui fonda à cette 
époque un couvent dans la montagne de 
Mardê : 

« L'évêque jacobite de Mardê et de 
Kephar Touta, dans le pays de Djézireh, 
s'appelait Hanania.. Il était riche et 
abondamment pourvu des biens du 
monde. Il possédait l'amour des étran- 
gers. II était du monastère de Mar Mat- 
tai, qui est sur le mont Elpheph. Il 
trouva, dans le voisinage de Mardê, une 
forteresse bâtie en pierres de taille du 
temps des Romains. Il l'acheta et en 
fit un couvent ; il y planta des vignes et 
des oliviers. Il donna de l'or en quantité 
aux gouverneurs, et fit taire par sa sa- 
gesse la colère de ses détracteurs. Il 
éleva en cet endroit une église et un 
autel ; il réunit de nombreux moines, 
dont il prit très grand soin sous tous 
rapports. Il ne fit point cela pour la 
gloire mensongère mais en vue de la 
récompense d'en haut. Ce monastère a 
été appelé jusqu'à ce jour (monastère) 
de Mar IjLanania, qui est dans la mon- 
tagne de Mardê ». — Fin. 



de tous les musulmans. Il se bâtit des 
églises dans le pays des Romains; il 
fait passer des lettres aux Romains, et 
il ne consent pas à demeurer dans le 
lieu où tu es : mais quand tu viens en 
Orient, il s'en va en Occident. » Quand 
la lettre eut été lue, un édit parut, or- 
donnant de détruire les églises de la 
région de Tagra, et toute église nou- 
velle; et le roi envoya chercher Cyria- 
cus, pour qu'on l'amenât ignominieuse- 
ment. 

Mais le Seigneur eut pitié et ne per- 
mit pas que le saint patriarche fût mal- 
mené par les mains des impies. Theo- 
dosius de Séleucie se rendit sur une 
monture rapide à Callinice et dirigea 
le patriarche et les évêques par une 
autre route ; et ils arrivèrent à Goubrîn. 
Quand le roi sortit de Iladeth pour 
venir à Goubrîn, le patriarche vint à sa 
rencontre à côté de la route. Quand il 
lui souhaita du bien, on fit connaître 
au roi que c'était le patriarche dont il 
avait confié l'affaire à Isma'îl fils de 
Çalih', son secrétaire, qui connaissait le 
patriarche et l'aimait, afin qu'il fît une 
enquête sur les accusations que les 
moines avaient portées contre lui. 
Quand le patriarche entra avec les 
moines et les évêques de son parti, la 
troupe de Caïphe arriva. Outre plusieurs 
choses, ils attestaieat même que le pa- 
triarche avait tué un évêque et ils l'inju- 
riaient, l'outrageaient, le méprisaient. 
Quand Isma'îl connut leur perversité, il 
ordonna de les chasser. 

A propos de Siméon, du monastère 



1. De même chez Bar Hébr. ; dans VHist. saracenica, trad., p. 155 : Isma'il ibn Sabih. 



LIVRE XII. GHAP. VI 21 

de Goubba Barraya, qui était devenu évêque des Arabes et qui avait été tué, tandis 
qu'il circulait avec ses disciples, par une troupe de brigands qui tomba sur eux, ils 
disaient que le patriarche avait payé les Taiyayê qui les massacrèrent. 

Bar Matar, qui avait été envoyé pour dévaster [490] les églises, commit des choses 
horribles non seulement à Tagra, mais encore dans les villages (du district) d'Antioche 
et à Jérusalem. Il démolit des églises anciennes, et notre église à Jérusalem. Il en re- 
tira un grand profit. Tout le monde maudissait les Goubbayê qui furent la cause de 
cette ruine. 

Ces choses arrivèrent en l'an 1118. Le patriarche s'en alla habiter dans son cou- 
vent qui était situé à Callinice. 



CHAPITRE [VI]. — De la division qui eut lieu dans le royaume des Taiyayê 
après la mari de Haroun, et de la division qui eut lieu à la même époque dans 
l'empire des Romains, après la mort de Nicephorus. De la division qui s'éleva 
au sujet du patriarche Cyriacus. 

Quand Haroun Rasîd mourut, la construction de la ville d'HéracIée cessa. Son 
fils, Mohammed, surnommé Amîn, commença à régner, et fit transporter, de 
Callinice à Bagdad, les trésors de son père; et aussi l'argent de Mâmoun, et sa 
famille', parce que Mâmoun régnait dans le Khorasan. Mohammed tomba dans la 
débauche et l'intempérance, et négligea les affaires de l'empire. Mais Mâmoun, 
qui était très instruit dans le Livre et la Loi, se conduisait très bien. 

En l'an 1121' Mohammed et Mâmoun commencèrent à se combattre mutuelle- 
ment. Le commencement du mal vint de Mohammed qui voulut annuler le tes- 
tament de son père et faire régner son fils après soi, au lieu de son frère. Il ne 
donna pas non plus à son frère l'argent que son père lui avait attribué ; mais il 
s'attira toute l'antipathie de son frère. Ensuite, il l'envoya chercher astucieuse- 
ment afin de s'emparer de lui; mais celui-ci, connaissant [491] son astuce, ne 
vint point. Après cela, ils en vinrent à se faire la guerre l'un l'autre. 

Alors, beaucoup de rebelles parurent dans leurs pays. Un certain 'Amrou'' 
qui était emprisonné à Callinice, à cause d'un meurtre' qu'il avait commis à 
Samosate, ayant obtenu un cheval et un glaive, tua le gardien et ceux qui étaient 
présents, coupa les chaînes de sa prison, monta sur le cheval, et s'enfuit à Samo- 
sate où il massacra l'émir qui l'avait fait emprisonner ; il pilla les marchands et, 
partant avec ceux qui s'étaient attachés à lui, il s'en alla en Palestine, où ils se 
mirent à brigander, à tuer et à piller. Quand Mohammed envoya Soleiman'^ à 



1. o,I.a*)|lo (BH). ~ 2. Ms. : 1021 ; lire : \ss>\. — 3. BH : ;-^. — 4. BH ; « de meurtres ». — 
5, Soleiman ibn Mansour; cf. Gesch. der Chai., II, 187. 



22 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Émèse, à Damas et dans la région de Palestine, 'Amrou se présenta à sa ren- 
contre et détruisit sa troupe; Soleiman revint à Bagdad couvert de honte. 

Alors, le rebelle Naçr', qui était en Arménie, ayant entendu parler de 'Amrou, 
vint se joindre à lui, et ils se mirent à ruiner le monde. 

Mohammed donna des présents à ses soldats et mit à leur tête "Alî', et les 
envoya combattre son frère Mâmoun. Mâmoun envoya ses troupes avec Hartama' 
et Tahîr' contre les troupes de son frère Mohammed. Tahîr arriva le premier, 
avec quatre mille hommes, et rencontra 'Alî qui en avait trente mille avec 
lui. 'Alî fut vaincu et prit la fuite ; ses troupes furent massacrées. Beaucoup de 
ses soldats se noyèrent dans le fleuve du Balik, à côté duquel eut lieu la 
bataille. Les troupes de Tahîr prirent beaucoup d'or, d'argent et de vêtements". 

Naçr, le rebelle, passa dans le Djézireh. Il y fit des captifs et du butin. L'émir 
du Djézireh, Khormîza' (?) vint à sa rencontre, frappa et massacra sa troupe; 
et Naçr s'enfuit. 

Mais quand Mohammed apprit que ses troupes avaient été vaincues, il fut 
pris de crainte, et appela près de lui l'émir du Djézireh, Khormîza (?). Celui-ci s'y 
rendit. Naçr et 'Amrou, les rebelles, l'apprirent, ils se réunirent et passè- 
rent dans le Djézireh ; et, sans pitié, ils massacrèrent, pillèrent, outragèrent 
les femmes mariées, les vierges et les enfants. Ils recueillirent les richesses de 
ces pays ^ [492] et vinrent à Harran et à Édesse ; ils brûlèrent les villages^ les 
églises et les monastères. 

Quand leur troupe* arriva à Haran et pendant qu'ils en faisaient le siège, 
les Taiyayè d'Édesse, ennemis des chrétiens, écrivirent à Naçr et 'Amrou que si 
on envoyait quelqu'un pour détruire le ciborium de l'église des chrétiens, ceux- 
ci donneraient tout leur or pour sauver leur église. Et comme le mur d'Édesse 
n'avait pas été rebâti, depuis qu'il avait été démoli par Abou Dja'far : les Édes- 
séniens craignirent beaucoup, parce qu'il n'y avait personne qui pût les sauver. 
Alors, laissant de côté tous les efforts, ils tournèrent leurs regards vers celui 
qui habite dans les cieux ; ils décrétèrent un jeûne, et se tinrent en prières. 
Alors, le Seigneur « qui est proche et exauce quiconque l'invoque en vérité' », 
inspira à Yahya" fils de Sa'îd, d'aller trouver Naçr et 'Amrou, les rebelles. 
Il leur conseilla de s'éloigner". Ceux-ci acceptèrent le conseil de ce vieillard ; 
car le Seigneur le voulut (ainsi). Les Édesséniens donnèrent cinq mille zouzê 
pour leur délivrance. 

Ces choses arrivèrent en Tan 1123. 



1. Naçr ibn àebet. — 2. 'Alî ibn Isa. — 3. Hartama ibn Ayan. — 4. Tahîr ibn Hosein. 5. Cf. 

Gesch. der Chai., II, 182. — f!. Plus bas : iM^iias^ mais l'Ar. a U^ioiaa dans les deux passages. 

7. UoUI ^. — 8. Lire : IL- (vers. ar. : ;:LDa:>^). _ 9. Cf. Ps. cxliv, 18. — 10. Lire : U»»-; BH : 
ov.»^*. — 11. BH : ^a-4)ji. 



LIVRE XII. CHAP. VI 



23 



En cette année', les mois d'hiver fu- 
rent très tempérés, il y eut une pluie 
modérée, et en tous lieux les semen- 
ces et les récoltes de toute sorte se 
développèrent. A la fin du mois de 
kanoun ii (janv.), le vent du nord souf- 
fla pendant huit jours, et tout fut des- 
séché comme par le feu; il n^y eut abso- 
lument rien cette année-là, ni céréales, 
ni vendange, ni fruits, principalement 
en Assyrie et en Mésopotamie. 

A cette époque eut lieu la dévastation 
du monastère' de Qennésrîn, de cette 
manière : un nommé Rabîa', des affidés 
de Naçr ', de Gisra sur l'Euphrate, leva 
le drapeau* (de la rébellion) et des com- 
pagnons se joignirent à lui. Il vint au 
monastère de Qennésrin : et comme il 
ne se trouva personne pour lui donner 
quelque chose pour sa rançon, il per- 
mit à ses compagnons de le piller et de 
l'incendier, avec sa magnifique église 
qui n'avait pas sa pareille. Ils brûlèrent 
aussi l'église de Papôtre Thomas, située 
au-dessus, dans le rocher, ainsi que 
toute la forteresse. |^49i] Ensuite, les 
Goubbayè qui étaient dans son voisi- 
nage se rassemblèrent, enlevèrent les 
bois et les portes et achevèrent de dé- 
truire complètement le monastère. Ce 
couvent fut le premier brûlé dans l'em- 
pire des Taiyayè. 

Alorsdanstout l'Occident, en Egypte, 
en Afrique, parurent des rebelles et des 
chefs de brigands ; les biens des chré- 
tiens furent pris par les Yamanayê, les 



Le patriarche Cyriacus voyant que 
l'évèque qu'il avait ordonné pour les 
Cyrrhestiens n'était pas accepté réunit 
trente évêques et s'en alla à Goubrîn.Ils 
écrivirent des lettres invitant à la paix, 
et envoyèrent quatre évêques au village 
de Halîph^, où les moines de Goubba 
Barraya étaient assemblés. Ceux-ci sor- 
tirent contre les évêques, semblables à 
des loups arabes, avec des injures et à 
coups de pierres; les évêques purent à 
peine leur échapper. Le patriarche, 
voyant leur malice, alla trouver l'émir du 
lieu ; celui-ci fit rassembler ces moines 
perturbateurs, et le patriarche en en- 
ferma quarante dans le couvent. Alors 
quelques-uns des notables Cyrrhestiens 
s'assemblèrent, vinrent trouver le pa- 
triarche, reçurent sa bénédiction, et 
promirent que les moines feraient la 
paix, pourvu toutefois qu'on laissât 
sortir ceux qui étaient emprisonnés. Le 
patriarche fit sur eux la prière d'absolu- 
tion et les congédia avec les moines. 
Quand ils furent de retour dans leurs 
villages, ils renièrent leurs promesses, fu- 
rent travaillés par Satan, et se rangèrent 
[491] à l'avis deMattai deKephar Touta. 
Ils méprisèrent les lois de l'Eglise, et 
par l'intermédiaire de Job, qui avait été 
déposé, et de Jean de Kôkta, qui avait 
été chassé par le patriarche Georgius, 
ils osèrent faire deux évêques : Gabriel 
de Goubba Barraya pour Goulia, et 
Theophanes ', du monastère d'Eusebo- 
na, pour Koumît, village des Tanoukayê. 



1. Yraisemblablemeut 1121 (810). — 2. Ms. : « des moines n. — 3. J'interprète ainsi le mot 
« iiaçraya ». — 4. pàvSov. 

5. Même leçon dans la vers. ar. ; le lieu parait être celui que Bar Hébr. appelle >ii2 ou ^^*. {Clir. 
eoel., I, 339). — 6. ^'îol^'^o. 



24 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

'Aqoulayê, les Gannawayê (?), les Solei- Quand les évêques qui étaient à Gou- 

manayê, qui causaient en tous lieux la brîn apprirent cela, ils demandèrent à 

ruine des chrétiens. l'émir d'envoyer de tous côtés et de 

faire amener quiconque s'était trouvé 
dans cette assemblée. Jean de Kôkta fut pris avec quelques moines. 

Malgré les avertissements des évêques, ils ne se tinrent pas tranquilles, mais ils 
pevsévérèïent dans leur audace contve le palriarche. Ils lui faisaient même entendre 
des paroles odieuses et impies. Alors ils les excommunièrent, tandis que Philoxenus 
de Nisibe, qui devait se joindre h eux quelque temps après, lacérait leurs insignes ' (?) . 

Exemplaire de V excommunication des Goubbayê. — Au nom de notre Seigneur, 
Dieu et Sauveur Jésus-Christ; le saint synode s'est réuni en l'an 1119, à Goubrîn, 
place forte des Cyrrhestiens, à propos des affaires survenues dans l'Eglise; et, tandis 
que nous étions occupés à les traiter selon la loi de l'Eglise, des hommes coupables, 
criminels et pernicieux se sont tout à coup élevés contre Dieu et sa sainte Eglise et 
ont laissé paraître leurs honteuses passions. L'impur Job, autrefois évêque de 
Mopsueste, qui avait été auparavant convaincu de meurtre et d'ivrognerie, s'en alla, 
accepta d'être collecteur de l'impôt'; il opprima son diocèse par l'exaction; il foula 
aux pieds les ordres du patriarche, et tourna en dérision les saints mystères; — et 
avec lui Jean, de Kôkta, ce séducteur dont la résidence n'est pas connue et qui ne doit 
pas être compté parmi les évêques; ils tinrent ensemble un conseil impie, comme 
Dathan et Abîram qui s'élevèrent contre Moïse', ils s'insurgèrent comme ceux-ci 
contre le souverain pontificat et contre le saint synode de Goubrîn; ils amenèrent des 
hommes pervers : Gabriel, Theodotus et Theophanes, et les ordonnèrent évêques, 
[492] comme une assemblée d'hommes souillés. Dès lors^ notre synode, avec le sou- 
verain prêtre Jésus-Christ et la phalange des Apôtres, a prononcé la déposition de 
Job, de Jean, de Gabriel, de Theodotus, de Xenaias, de Mattai, de Siméon, de Theo- 
phanes ; et il a défini, par la parole vivante de Dieu devant laquelle tremblent les 
armées des ténèbres et toute créature, que Dieu ne les reconnaît pas parmi les évoques 
ou les prêtres ni au nombre des chrétiens, mais qu'ils sont excommuniés et que 
personne ne peut les recevoir sans être condamné. >> 

« Cyriacus, par la miséricorde de Dieu, patriarche du siège apostolique d'Antioche, 
j'ai prononcé la déposition de tel et tel » — ceux qui sont indiqués. Jean de Germa- 
nicia, Lazarus d'Aurim, et les autres évêques signèrent de même. 

Après que le synode se fut séparé, Abraham, moine de Qartamîn, vint trouver le 
patriarcbe an monastère du Pilier, sollicita sa prière et demanda le pardon pouv 
son frère Siméon de Goubba Barraya. Il blâmait et réprimandait son frère qu'il vou- 

1. Le seus du mot la* est incertain ; il se dit d'une chose qui peut être déchirée et recousue ; et. 
Thés, syr., col. 4021. — 2. Le mot l^.^û■= se retrouve encore plus bas (texte, p. 516, 1. 4) avec le 
seus d'impôt; l'ar. traduit, ici et là, («■•>^ « capitation », ce qui parait justilié par le contexte, — 
3. Cf. Num., XVI. 



LIVRE XII. CHAP. VII 25 

lait aller réprimer' et amener près du patriarche. Celui-ci lui promit (le pardon), le 
munit du viatique de la prière et le laissa partir. Comme il s'y rendait, il rencontra 
Matlai de Kephar Touta ; par les flatteries et la philanthropie Abraham oublia ses 
promesses et se joignit au rebelle. Ces évèques, qui avaient été déposés deux fois, 
■se réunirent et le firent honteusement leur patriarche; dès lors leur secte fut 
affermie, et ils devinrent une épine pour l'Eglise. Ce misérable commença par créer 
de prétendus évêques, sans diocèse, qui circulaient et disaient : « Nous com- 
battons en faveur de l'expression joa/zem cœlestem », et qui appelaient le patriarche 
« un hérétique uni aux Julianistes ». Ils scandalisaient^ les fidèles, car la formule 
panem cœlestem avait coutume d'être récitée dans les églises de Syrie, de Mésopo- 
tamie et d'Assyrie. Ils circulèrent (dans ces régions), mais ils se rendirent aussi à 
Alexandrie et en Egypte, et s'efforcèrent d'exciter un schisme entre Marcus et Cy- 
riacus. Quand Cyriacus en eut connaissance^ il envoya une lettre au pape Marcus 
«t lui fit connaître toute l'affaire'. Quand Marcus l'eut apprise, il ordonna de chasser 
ces moines, rassembla les évêques et anathématisa Abraham, ceux qui l'avaient 
ordonné, et tous les Goubbayê. 



CHAPITRE [VII]. — Sur Vépoque des guerres civiles des Taiyayê, et des 
rebelles. Du meurtre de deux empereurs des Romains. De la reconstruction des 
murs d'Édesse, de Kaisoum et de Samosate. De la lutte et de la résistance contre 
le patriarche Cyriacus, qui furent continuées par les rebelles excommuniés. 

A celte époque, en l'an 1124, plusieurs rebelles, à l'exemple de 'Amr' et de 
Naçr, parurent dans l'empire des Taiyayê. — Naçr et "Amr montèrent à Tar- 
se kyana°, à Beît Zabîrajê, à Bâmarayê, à "Tispha"^, pillant et incendiant. Ils par- 
vinrent au village de Hadik' et trouvèrent dans un petit couvent, situé hors de 
^e village, un bienheureux reclus auquel ils demandèrent tout ce qu'il avait. 
Celui-ci leur jeta [493] tout ce qui lui appartenait et ce qui appartenait à 
d'autres. Alors, ils mirent le feu et firent brûler le reclus et sa cellule. 

'Amr alla à Samosate et rebâtit la forteresse où il se fixa. Naçr alla à Saroug 
^t la fit sa tributaire. Toutes les fois qu'il montait à cheval, il appelait à haute 
voix une troupe d'hommes qui se réunissaient près de lui. 

Et tandis que ces choses et des choses semblables se passaient dans l'empire 
des Taiyayê, il en était de même dans l'empire des Romains. 

A cette époque, après que Stauraci[us], fils de Nicephorus, eut régné cinq 

1. Littér. : « souffleter ». — 2. ^^a». — 3. Cette lettre est conservée en arabe (Assemani, Bibl. 
■or., II, 117). 

4. Ainsi dans notre ms. (au lieu de 'Amrou) et dans BH. — 5. BH ; li»aa6;:g^ (et de même dans 
Ja vers. ar.}. — 6, Omis dans BH. — 7. Même leçon dans la vers. ar. ; BH : ».,-, 

III. 4 



26 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

mois, les Bulgares vinrent à la ville impériale, pour lui faire la guerre. Quand 
ils livrèrent bataille, l'empereur fut blessé à la cuisse, la plaie s'enfl amma et 
quand elle s'ouvrit, il mourut'. Quelques-uns disent que sa sœur Procopia, fille 
de Nicephorus, l'empoisonna, pour faire régner son mari, Michel', qui régna 
en effet. Les Bulgares vinrent aussi contre ce dernier jusqu'à la ville impériale, 
et l'empereur Michel ne s'avança point contre eux à la guerre; alors, le patrice 
Léon fut pris de zèle ' ; il sortit combattre les Bulgares, les vainquit et tua leur 
roi. Alors, les Romains déposèrent' Michel et firent régner sur eux Léon\ 

Quand Léon commença à régner, il expulsa Michel du palais, lui fit raser la 
tête, l'enferma dans un couvent, et fit mutiler^ ses fils. 

Léon fit la paix avec les Bulgares, en leur abandonnant le marais pour lequel 
ils combattaient. Ce Léon était d'Armeniacos\ Il régna sept ans et demi; en- 
suite, il fut mis à mort par un autre Michel ' qui régna après lui. 

Mohammed, roi des faiyayê, en apprenant les choses lamentables accomplies 
en Mésopotamie et en Occident par les rebelles, envoya Hosein', et fit sortir 
'Abd el-Malik*" de prison, pour marcher contre eux. A cette nouvelle, les 
rebelles se modérèrent un peu. 'Abd el-Malik agit en homme intelligent; il 
fit inviter les rebelles à la paix : mais il avait d'autres desseins. Il ordonna aux 
forgerons de faire une quantité de chaînes*' de fer pour les jeter dans les 
liens et les envoyer à Bagdad. Tandis que des propositions de paix s'échan- 
geaient entre 'Abd el-Malik et Naçr et 'Amr*^ un Taiyayê étant venu à passer 
par Callinice, un Persan le vit, et reconnut que le cheval qu'il montait 
[494] était celui de son père qui avait été tué par les Taiyayê à Saroug. Pour ce 
motif, les Persans se réunirent et engagèrent le combat avec les "Taiyayê ; et il 
y eut parmi eux un grand carnage. Alors, les rebelles 'Amr et Naçr, mirent le 
feu au faubourg entre Rafiqâ et Callinice, et incendièrent le monastère de la 
Colonne; puis ils prirent la fuite. 

En voyant ces choses, Hosein partit pour Bagdad, se plaindre de 'Abd el- 
Malik ; mais 'Abd el-Malik mourut subitement à Callinice. 

En l'an 1123, le 14 de 'iyar, il y eut une éclipse totale de soleil, depuis laneu- 
vième jusqu'à la onzième heure, et l'obscurité fut aussi profonde que la nuit ; 
on vit les étoiles, et les gens allumèrent les flambeaux. Le soleil reparut ensuite 
pendant environ une heure. 

1. 11 avait été blessé dans la bataille où son père perdit la vie; cf. Hist. du Bas-Emp,, LXVII^ 
§ XXXI, xxxviir. — 2. Michel Rhangabê ; cf. op. cit., § xxxiv. — 3. Lire : \u^ ^\ (BH). — 4. oj*. — 
5. Léon V l'Arménien. La victoire de Léon sur les Bulgares est postérieure à son avènement au trône ; 
Cf. Hist. du Bas-Emp., LXVII, § ii ; LXVIII, § vu, vni. — 6. Les fît eunuques ; cf. op. cit., LXVII, 
S Lv. — 7. Il était arménien d'origine, et avait commandé le thème des Arméniaques. Cf. op. cit., 
t. XII, p. 405, n. 4. — 8. Michel II, le Bègue; cf. op. cit., LXVIII, j xxiv-xxvi. — 9. Hosein ibn 
"Alî ibn Isa. — 10. 'Abd el-Malik ibn Salih. — 11. Sens d'après l'Ar. : ^oollao. — 12. Ms. : « Omar » 



LIVRE XII. CHAP. VII 27 

Quand les rebelles apprirent que 'Abd el-Malik était mort, ils partirent de 
nouveau faire des captifs, piller et s'emparer des pays. Alors 'Amr fit rebâtir le 
mur de Samosate par une armée de pauvres chrétiens. Abou Sok Gannawaya' 
rebâtit le mur d'Édesse avec l'argent qu'il perçut sur les Edesseniens ; il ras- 
sembla les Gannawayê qui étaient à Tiépha, et les fit habiter à Edesse avec les 
chrétiens, dans les maisons de ceux-ci. Naçr s'empara de Rés-Kêphâ, de Saroug, 
de Kaisoum ; et il fit bâtir trois murs autour de Kaisoum. 

La reconstruction des murs d'Édesse, de Samosate et de Kaisoum, du temps 
des Taiyayê, eut lieu en l'an 1125 des Grecs, et bientôt après les murs^ de 
Samosate et de Kaisoum furent détruits '. 

Alors, 'Abdallah fils de Hisam', occupa Harran, et après lui Ibrahim. 'Amr' 
s'empara de Telia; Habib' de Rés'ayna ; 'Abdallah s'empara de Mardè, et 'Abbas 
de Cyrrhus. 'Othman régna sur Qennésrîn, Antioche et Apamée. Tâbît' qui 
avait reçu le gouvernement de la Cilicie de Mohammed, établit des portes aux 
défilés', et y constitua des gardes, de sorte que le pays de Cilicie devint un 
port de salut pour tous ceux qui étaient persécutés et misérables. 

Ensuite, le roi Mohammed envoya 'Abdallah' comme émir dans le Djézireh; 
«t les rebelles s'allièrent pour le combattre. Celui-ci agit avec eux en prévari- 
cateur; il les renvoya en paix, et les laissa chacun dans le pays dont il s'était 
emparé. Il ouvrit les trésors du roi [49S] qui étaient à Rafiqa et en prit pour lui- 
même les richesses. 

Après cela, les rebelles se coalisèrent de nouveau contre Harran, et l'atta- 
quèrent pour s'en emparer et la piller; mais ils ne purent (la prendre), et ils 
s'en retournèrent. 

Hosein étant descendu à Bagdad et s'étant mis à se plaindre de 'Abd el- 
Malik, ses paroles ne furent pas écoutées : il commença à songer à la révolte. 

Après que les Goubbayê eurent été déposés et chassés de l'Eglise avec Abraham, 
qu ils avaient ordonné patriarche, il y eut une nouvelle opposition contre le patriarche 
Cyriacus de la part des Tagrilains. Ces Tagritains s'étaient plaints plusieurs fois de 
Siméon, leur métropolitain, et le patriarche n'avait pas accueilli leurs paroles, soit 
qu'il [ne] voulût pas [493] noircir l'honneur d'un siège comme celui-là, ainsi que 
quelques-uns l'ont pensé, soit qu'il fit acception de personne à l'égard de Siméon 
parce que celui-ci était son disciple, comme l'ont dit ceux qui se posaient en adver- 
saires du patriarche et le méprisaient, car il le leur avait ordonné malgré eux, par ruse. 



1. Sic ms, et ar. ; BH : '^ <i=', var. >»»*. — 2. Lire : l?a*. — 3. Cette plirase est écrite à l'encre 
rouge dans le ms. — 4. Ms. et BH : Haèîm; cf. t. II, p. 490 n. 1. — 5. BH ;>ai. ; ms. : 'Omar. — 
6. BH : cuscu., Hobeih. — 7. 0sêi6 (Theoph.) Tabit ibn Naçr ibn Mallk; cf. Hisl. du Bas-Emp., 
t. XII, p. 462, n. 1. - 8. xlsidoOpai. — 9. Probablement 'Abdallah ibn Homeid. 



28 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Après qu'il eut été vivement pressé par les Tagritains^ le patriarche dit à Siniéon 
de s'éloigner d'eux et de venir à son couvent, jusqu'à ce qu'ils fussent pacifiés. Mais 
quand il lui donna cet ordre, (Siméon) ne sorlit pas, et s'insurgea contre son maître ; 
celui-ci se disposa à l'excommunier. A peine alors consentit-il à partir. Les fidèles 
liirenl troublés et divisés en deux partis : les uns blâmaient Siméon et le patriarche, 
son maître, à cause de lui; les autres louaient Siméon, et blâmaient le patriarche de 
l'avoir fait partir : de sorte que le patriarche était méprisé des deux côtés. — Le mal 
s'étant développé, cinq évêques vinrent trouver le patriarche, afin qu'il réunît un 
synode pour examiner l'affaire. Quand le synode fut assemblé, les Tagrltalns s'y ren- 
dirent, amis et ennemis, et ils portèrent contre Siméon des accusations infâmes dont 
j'omets de conserver le souvenir aux générations futures. Les Tagritains en vinrent 
jusqu'aux coups et aux meurtres. Les preuves ayant été apportées, tous les évêquesv 
furent scandalisés a cause de Siméon : mais le patriarche ne permettait pas qu'il fût 
déposé. 

Il y eut aussi des troubles à propos de Theodosius, qu'il avait ordonné pour Edesse. 
Il avait quitté cette ville et était venu près du patriarche pour soutenir Siméon : mais 
son aide ne fut d'aucune utilité. Quand ils virent que rien ne pouvait lui être utile, 
sur leur conseil, Siméon se retira dans son monastère et fit un libelle d'abdication . 
Pareillement, Philoxenus de Nislbe fut accusé, et le synode ne l'admit pas dans 
son sein, et il lui arriva la même chose qu'à Siméon dont il avait cherché à amener 
la déposition. 

Ensuite, le patriarche revenait avec Theodosius, en vue de le réconcilier avec les 
Edessénlens. Ils étaient parvenus ensemble à Callinice, quand les Taiyayê vinrent 
assiéger cette ville, et ils furent réduits à une grande famine'. Après être sortis de 
là, ils se rendirent à Edesse, et le patriarche fit la paix entre les Edessénlens et 
Theodosius. 

Le patriarche s'occupa ensuite de faire la paix entre Siméon et les Orientaux. Il 
persuada à Siméon de visiter [494] les évêques qui l'avaient rejeté et d'obtenir 
d'eux l'assurance que, s'il lui était possible de se réconcilier avec ses diocésains, ils ne 
blâmeraient point son retour. Après en avoir séduit plusieurs et avoir obtenu leur 
signature, 11 vint près du patriarche qui le prit avec lui pour aller le rétablir sur son 
siège. Siméon partit le premier, et le patriarche alla après lui jusqu'à Circesium, Là, 
il reçut un messager qui lui annonça la mort de Siméon. Le patriarche et les Orien- 
taux furent soulagés. Quant aux choses que les gens de son monastère disaient lui 
être arrivées au moment de sa mort, je m'abstiens, pour la sainte religion, d'en consi- 
gner le souvenir dans un livre. 

Le patriarche Cyriacus descendit à Tagrit et il y ordonna Baslli[us], de la ville de 
13alad, qui était occupé dans les jugements séculiers et était même au tribunal* et 



1. Cf. ci dessous, p. 30. — 2. Lire : (-«J-^Mja»? = Sixauriipiov; cf. texte, p. 507, 1. 3, 



LIVRE XII. CHAP. VIII 29 

dans la perception des douanes. Le patriarche pensait qu'un tel homme pourrait 
résister et obvier aux agissements des Orientaux, et pour ce motif il l'ordonna. 

Après que le siège de l'Orientent été séparé de celui d'Anlioche,h cause du meurtre 
de Babai (Baboui'), il demeura quelque temps sans direction, Jusqu'à l'époque de 
Garmai', qui fut ordonné pour Atôr et Ninive, par Christophorus, (patriarche) des 
Arméniens, qui lui donna le pouvoir d'ordonner des évêques, comme autrefois le 
catholicos du Beit Parsayê. Lorsque les Orientaux se réunirent au siège d'Antioche, 
du temps du patriarche Athanasius et de Christophorus, métropolitain d'Atôr, le 
patriarche Mar Athanasius confirma Chistophorus métropolitain d'Atôr, mais il 
ordonna pour Tagrit Marouta, auquel il donna la préséance sur Christophorus, 
métropolitain d'Atôr. Ainsi allaient les affaires de leur contrée : le métropolitain de 
Tagrit dirigeait toutes les affaires épiscopales, et celui de Mossoul avait seulement 
le titre de métropolitain. 

Ce Basili[us] avait la maladie de l'orgueil; il suscita des difficultés aux gens de 
Mossoul parce qu'ils proclamaient métropolitain Daniel, leur évêque, selon la coutume . 
Dès lors, les moines de Mar Mattai et tous les évêques fsortis) de ce couvent s'insur- 
gèrent contre Basili[us], et en même temps contre le patriarche, parce qu'il le soute- 
nait et cherchait à supprimer l'honneur de leur couvent. Mossoul fut divisée en 
deux partis : les uns soutenaient les Matthéens et Daniel, les autres les démolissaient , 
avançaient d'odieuses accusations contre Daniel et demandaient que sa cause fût 
examinée. Il en résulta [49o] qu'ils se déchirèrent mutuellement, furent emprisonnés 
par le prince et condamnés à l'amende. Le patriarche Cyriacus anathématisa les 
Matthéens et leurs évêques, et les Matthéens avec leurs évêques (sortis) du couvent 
eurent l'audace d'anathématiser le patriarche et Basili[us]. — Ce récit est terminé 
ainsi que celui qui le précède. 

CHAPITRE [VIII]. — De l'époque des rebelles qui se multiplièrent dans V empire 
des Taiyayê; du meurtre du roi Mohammed ; du meurtre de Léon, empereur des 
Romains. De la résistance contrele patriarche Cyriacus, et de la mort de celui- 
ci, qui survint ci cette époque. Delà secte qui prit naissance, à Harran, d'un 
chalcédonien nommé Theodoricus Pygla' (?) et qui fut anéantie après avoir été 
dévoilée par Nonnus, archidiacre de Nisibe, homme éloquent de cette époque. 

Hosein, général des 'faiyayé, méditant de se révoltercontre le roi Mohammed, 
disait aux Persans : « Mohammed est le soutien des Taiyayê » ; il se constitua une 
escorte parmi ces Persans et ils se jetèrent sur Mohammed, lui mirent les fers 
et l'emprisonnèrent. Hosein sortit, prit place sur le pont de Bagdad et invita 

1. Cf. t. II, p. 43i, n, 3. — 2. Cf. t. II, p. 417, n, 1. — 3. Ms. « Pvgla ». Je n'ai pu identifier ce 
personoage. La vocalisation est incertaine. Arabe : '^i^'^. Peut-être ^ûyeXXo; (?). 



30 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

les troupes à accepter 'Abdallah'. Quand Mohammed eut été enfermé, il envoya 
dire avec serment à Hosein qu'il ne demandait pas l'empire, mais qu'on lui 
accordât seulement sa vie et sa fortune. En entendant cela, les Persans furent 
pris de remords, se disant : Il a été traité injustement. Ils se réunirent prompte- 
ment, le délivrèrent et le replacèrent sur son trône. Hosein fut saisi de terreur • 
mais Mohammed jura : « Je ne lui tiendrai pas compte " de la faute. » H alla le 
trouver et lui donna son anneau, pour l'établir ministre de son royaume. Hosein 
supposa que c'était une ruse, et il se sauva près de Hartama'. Mohammed lui 
envoya de nouveaux serments, mais Hosein ne se laissa pas convaincre; Mo- 
hammed lui livra bataille et le tua. 

Les Taiyayê rebelles pensèrent que s'ils s'emparaient de la ville de Rafiqâ, 
les Persans ne resteraient pas [496] dans le Djézireh. Ils poussèrent Naçr et tous 
les rebelles à prendre tous les Qaisayé, et à s'y rendre. Quand ils arrivèrent, ils 
logèrent à Callinice, dans les maisons des chrétiens, qu'ils molestèrent par 
l'énormité des dépenses. H y avait à Rafîqâ, comme gouverneur, Daoud, fils de 
'Lsa*. Comme ils assiégeaient la ville, les gens de l'intérieur lapidaient ceux 
du dehors avec les pierres des béliers et des mangonneaux. Cyriacus. le patri- 
arche, et Theodosius» d'Édesse y étaient enfermés. Comme ils étaient* accablés 
par la famine, ils mangeaient du pain de riz et de légumes. Ensuite, on fît une 
paix qui n'en était pas une : les 'Aqouléens restaient maîtres de Callinice et 
les Persans de Rafîqâ. 

En cette année, Mâmoun, voyant qu'un grand nombre (de sujets) étaient 
divisés à propos de son frère Mohammed, envoya les généraux Hartama efTahîr 
pour soumettre les pays à Mâmoun. Quand ils arrivèrent à Bagdad, les citoyens 
se partagèrent en deux parties, et le trouble" régna dans toute la ville. Ils péné- 
traient même dans le trésor royal et pillaient l'or et les vêtements; parfois 
aussi ils se combattaient mutuellement et s'arrachaient le butin. Comme il 
n'y a point de pierres à Bagdad, pas plus que dans le Beit Aramayê\ ils en 
vinrent à briser les colonnes qu'ils tirèrent des églises, pour les jeter dans les 

mangonneaux. Mohammedenvoyantceschoses.envoya demandera Har[tajma de 
jurer qu'il lui laisserait sa vie et ses biens. Celui-ci en fit le serment; [497] fahir 
l'apprit et en fut irrité. Il établit des gardes qui arrêtèrent le roi Mohammed, 
pendant la nuit, au moment où il s'enfuyait sur une barque. Le roi se jeta à l'eau' 
et se sauva à la nage; il se cacha dans la maison d'un marchand de coton. Il y 
fut découvert et fut massacré. Sa tête fut placée au bout d'une lance et prome- 
née par la ville. Ces choses arrivèrent en l'an 1124*. 



1. -Abdallah al-Mâmoun. — 2. o*- ; même leçon dans BH. — 3. Hartama iba 'Ayan. - 4. Ms. 
« Daqôd Bar 'Isa »; mais il faut corriger ainsi; cf. Gesch. der Chai., II, 190. — 5. u^o^oU; cf! 
p. 28. — 6. 7tepi6leia. _ 7. Ms. : « Arménayê ... - 8. Ms. : « 1114 ,>; BH : 198 Hég. La mort' du 
khalife est généralement fixée au 26 moharram (26 sept. 813). 



LIVRE XII. CHAP. VIII 31 

A cette époque les Gannawayô Moqçaifa et Rabîb' occupaient Mérlba, et appe- 
santissaient leur joug sur les pauvres. Alors arriva Naçr qui s'empara de Mérîba 
et les fît périr. 

Naçr et "Abbas marchèrent contre les Tanoukayê qui campaient le long du 
fleuve Covaïc, qui est près dAlep, et s'y étaient fait une ville ; elle n'avait point de 
murs à cause de sa grandeur et de son étendue, mais elle était très riche par la 
multitude de ses ressources et de ses marchands. Les gens [d'Alep]^ n'avaient 
pu s'emparer d'eux. Le combat des Qaisayé dura environ dix jours, au bout 
desquels les Tanoukayê faiblirent. Pendant la nuit, ils partirent, hommes et 
femmes, pour Qennésrîn, sans que les Qaisayé ni les Alépins s'en aperçussent, et 
abandonnèrent leurs maisons et de grands campements* pleins de richesses. Le& 
Qaisayé et les Alépins y pénétrèrent, les dévastèrent, les pillèrent, et elles sont 
demeurées en ruines jusqu'à ce jour. Il était juste que ce peuple qui, pour un 
petit avantage, avait abandonné sa foi, abandonnât de même sa fortune et partît 
misérablement, nu et sans chaussure. 

Comme Hartama témoigna du regret du meurtre de Mohammed, M'âmoun le 
fit amener dans le Khorasan, et là le fit mettre à mort. Mâmoun établit à sa place, 
comme général, Hasan*. Les compagnons de Hartama furent pris d'émulation, 
ils entrèrent au bain et y massacrèrent celui qui avait tué Hartama. Mâmoun les 
fit tous crucifier. 

En l'an 1126, fahir arriva avec quatre mille (hommes) [498] à Callinice. 
Les chrétiens se réjouirent et les rebelles furent déconcertés. Quelques-uns 
furent enclins à la soumission et lui livrèrent les pays. Naçr ne se soumit pas, 
mais commença par tuer un des préfets et deux cents hommes. Quand le général 
Mohammed ' apprit cela, il passa l'Euphrate et vint à la rencontre de Naçr. Mais 
comme il n'attendit pas que l'armée fût reposée pour engagerla bataille, elle fut 
taillée en pièces, et lui-même fut tué avec un grand nombre (de ses hommes). 
Quand celte défaite fut connue de 'Isa«, il commença à faire massacrer les 
rebelles et à les accabler de tourments, fahir lui mandait de ne pas les maltrai- 
ter; mais il n'y consentait point. Tandis que Tahîr allait pour se battre avec les 
faij'^ayê, Naçr s'avança tout à coup, avec vingt hommes seulement, et se jeta 
sur luLfahir put à peine s'échapper, et les deux hommes qui l'avaient fait 
sauver furent tués. Les Persans ayant rencontré le camp des faiyayê commen- 
cèrent à massacrer ceux-ci sans pitié, fahîr qui ne prenait point plaisir au mas- 
sacre se mit à déchirer ses vêtements et les jeta devant lui. Et ainsi cessa la 
guerre civile parmi les Sarrasins, en ces jours-là. 



1, Ar. : '^■^io la^fû»; le secoud nom est mutilé dans notre ms. — 2. Lire : :i%- u-i..= ; d'après 
l'arabe. — 3, xâurpa. — 4. Hasan ibn Sahl. — 5. Mohammed ibn Dja'far Alamiri (cf. Gesch. der 
Chai., II, 201, n. 3). — 6. 'Isa ibn Mohammed ibn Abi Khaled. 



32 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 1125, un chalcédonien d'Édes- 
se, nommé Theodoricus et surnommé 
Pygla qui avait été pendant peu de 
temps évêque deHarran,et qui avait été 
déposé par leur patriarche Theodore- 
tus',à cause des accusations portées con- 
tre lui, se mit à parcourir les pays et à 
pervertir la conscience de quelques-uns 
des Chalcédoniens et des Orthodoxes. 
Il propagea la doctrine de Maximus et 
ajouta même à l'impiété de celui-ci. 
Ayant remarqué que la définition de 
Chalcédoine n'était pas conséquente avec 
elle-même (en disant) que le Christ 
devait être proclamé en deux natures 
et une seule hypostase après l'union, il 
se mit à enseigner que la nature est dif- 
férente de l'hypostase, et que la divinité 
est différente du Père, du Fils ou de 
l'Esprit, et que les natures génériques 
de la divinité et de l'humanité s'étaient 
unies dans l'hypostase du Verbe 

Quand 11 vit que les Chalcédoniens 
n'acceptaient pas cette doctrine, il cher- 
cha à parcourir rOccident et induisit 
en erreur beaucoup de gens simples 
parmi les Maximinites. II alla à Alexan- 
drie, et comme il était un sophiste et 
disputait par ses arguments contre les 
païens, comme il connaissait la langue 
sarrazine, [496] il faisait l'admiration des 
gens simples ; mais comme il ne réussit 
pas à Alexandrie, il partit pour l'Armé- 
nie. Il arriva près de Asôd', le patrice, 



En ces années, le monde était plongé 
dans une multitude d'épreuves, et les en- 
fants de l'Église respiraient un peu. Mais 
la troupe des partisans d'Abîram, c'est- 
à-dire d'Abraham', qui avait été ordonné 
patriarche par les rebelles, ne laissait 
point de repos au patriarche Mar Cyria- 
cus. Ils recevaient tout meurtrier, adul- 
tère, impudique qui était chassé de 
l'Eglise; ils permettaient aux prêtres 
bigames* d'exercer le ministère et ac- 
cordaient aux prêtres et aux diacres de 
prendre deux femmes; ils circulaient et 
trompaient les gens simples ; ils sédui- 
sirent, à Bosra, le reste des Tanoukayê. 

Or, les attaques des Orientaux contre 
le patriarche avaient redoublé, ainsi que 
nous l'avons exposé dans le chapitre 
précédent, etaprèsles nombreuses luttes 
qu'il eut h soutenir contre les Orientaux, 
il fut contraint de confirmer comme mé- 
tropolitain Daniel de Mossoul. Il fit une 
charte ainsi conçue : 

Charte écrite aux Orientaux par le 
patriarche Cyriacus et les èvêques qui 
étaient avec lui. — « Cyriacus, par la 
miséricorde de Dieu, patriarche du siège 
apostolique d'Antioche de Syrie, et les 
vénérables évêques qui sont avec moi, 
étant assemblés à Mossoul, au sujet du 
dissentiment [496] survenu entre les 
habitants du couvent de Mar Mattai, les 
évêques, les congrégations qui dépen- 
dent d'eux dans cette ville de Mossoul 



1. Patriarche catholique d'Antioche (795-812); cf. Oriens christ., II, 746. — 2. '< Âsutius Sembati 
filius cognomento Mesagher (i. e. carnivorus) » 804-823. Chr. de Samuel d'Ani, Milan, 1818, p. 62. 

3. Jeu de mots avec allusion au rebelle de la Bible {Num., xvi); cf. ci-dessus, p. 24. — 4. Au sens 
du droit canonique des Grecs, qui ne permet pas d'ordonner diacre ou prêtre celui qui a été marié 
deux fois, ni au diacre ou au prêtre devenu veuf après son ordination de prendre une seconde femme. 



LIVRE XII. CHAP. Vlil 



33 



et dès la première rencontre, ille sédui- 
sit et se le rendit favorable '. 

Le patriarche Gyriacus envoya alors 
Nonnus', archidiacre de Nisibe, pour 
démasquer ses sentiments hérétiques^ 
afin qu'il ne trompât pas les Armé- 
niens. Quand Nonnus arriva, il vit que 
Asôd inclinait vers l'hérésie de Pygla. 
Asôd pensait que Nonnus , un jeune 
homme, ne pourrait discuter ni même 
paraître en sa présence, à cause de la 
renommée» de cet homme. Et quand 
Nonnus demandait à discuter, Pygla 
s'y refusait, sous prétexte qu'il n'était 
pas digne d'un évêque de discuter avec 
un jeune homme; parce qu'il craignait 
d'être démasqué. Gependantil y fut con- 
traint par Asôd. Dès la première séance 
Pygla fut démoli; à la seconde rencon- 
tre, il resta sans pouvoir répliquer et 
succomba ; et il fut démontré qu'il 
n'avait pas lu l'Écriture, ni étudié la 
sagesse des saints, mais seulement la 
doctrine des sophistes. Il se leva et 
sortit couvert de confusion. Sur lui 
s'accomplit la parole prophétique qui 
dit* de In .Synagogue : « De même que 
tu as été confondue par l'Egypte, de 
même tu seras confondue par l'Assyrie». 
Quand Pygla se fut enfui de l'Arménie, 
le patrice Asôd et ses enfants retinrent 
chez eux, en honneur , l'archidiacre Non- 
nus, et ils étaient très familiers avec lui. 
Ce sage ne délivra pas seulement de cette 
hérésie et de celle des diophysites Asôd 
[497] et ses enfants, et par eux tous les 
Arméniens, mais aussi de celle de Julia- 



et dans la contrée (d'une part), et la 
congrégation des Tagritains de Mossoul 
(d'autre part), pour différents motifs 
qui avaient été cause d'un schisme entre 
eux, au mois de 'ab (août) de l'an 1128 
des Grecs; 

« Désireux de procurer la paix et la 
concorde, nous avons examiné les rai- 
sons des deux partis; nous avons né- 
gligé celles qui ne méritaient pas d'être 
prises en considération ; nous en avons 
accepté une partie, etnousavonsdécrété, 
pour l'honneur delà paix et sa stabilité : 

« Comme la congréatation des Tas;ri- 
tains portait des accusations contre 
l'évèque Mar Daniel, et demandait que 
dès lors l'affaire soit discutée, tandis 
que ceux du couvent et la congrégation 
qui était avec eux disaient : Nous ne 
consentirons jamais à ce qu'il soit mis 
en jugement, ni à ce que ces accusa- 
tions soient jamais discutées; 

« Pour l'honneur de la paix, qu'il soit 
proclamé comme métropolitain dans 
l'église des Tagritains qui est à Mos- 
soul et dans tout son diocèse, bien 
qu'il soit dépendant du siège hono- 
rable et primatial de Tagrit, comme 
tous les autres évèques des diocèses 
orientaux, et il ne lui est pas permis 
de s'attribuer quelque chose de ce qui 
appartient au dit siège, h cause de ce 
titre de métropolitain. 

« De même, il n'est pas permis au 
métropolitain de Tagrit, à cause de 
sa primauté, de faire quelque chose dans 
un des diocèses de la contrée orientale 



1. Lire : i^ii'. — 2. Sur ce personnage, cf. R. V)vval. Liit. syr., p. 390; Wright. Sjr, Lit., 
p. 205. Une partie de ses œuvres est conservée au Brit. Mus. (add. ms., 14594). — 3. ûitôXii4'iç. — 
4. Jeb., Il, 36. 

III. 5 



:34 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



nus, le phîinlasiaste, par laquelle un 
grand nombre d'entre eux avaient été 
pervertis après l'union qu'avaient faite 
Athanasius et le catholicos Iwannis'. 

A cette époque, le paganisme recom- 
mença à se montrer à Harran, après avoir 
été détruit du temps des empereurs 
chrétiens et du temps des faiyayê. — Un 
homme nomme Ibrahim, qoreisite, reçut 
un présent des païens qui existaient en 
secret h Ilarran, le nid du paganisme, 
car « Haranayê » est synonyme de 
« païens » ; et il leur permit d'accomplir 
ouvertement leurs mystères. Ceux qui se 
dissimulaient, comme nous l'avons dit, 
pour accomplir en secret l'impureté de 
leurs honteux mystères, arrivèrent main- 
tenant à une telle audace qu'ils prome- 
naient par toutes les rues un bœuf orné 
de vêtements précieux, couronné de 
fleurs de roses et de myrte, ayant des 
clochettes aux cornes, et suivi de joueurs 
de flûtes; et ils l'offraient ainsi en sacri- 
fice à leurs dieux. 

En cette année 1128, au mois de 'ab 
(août), dans lequel mourut le patriarche 
Mar Cyriacus, ily eutun grand et très ter- 
rible tremblement de terre : les monta- 
gnes se fendirent, les sources tarirent. 
A Agoursa', [408] village de la région 
de Claudia, une grande montagne tomba 
dans l'Euphrate, l^obstrua et suspendit 
son cours pendant un jour entier. A Te- 
ma'în' la source fut tarie, et en plusieurs 
endroits des sources abondantes jailli- 
rent. — Fin. 

sont ici définies. Quiconque provoquera des 



sans l'assentiment de l'évèque auquel 
en appartient l'administration ; le métro- 
politain de Tagrit ne peut ordonner un 
évêque [407] pour l'un des sièges qui 
dépendent de lui, sans l'assentiment de 
l'évèque du couvent de Mar Mattai et de 
tous les évêques de cette province, selon 
la vigueur des canons de l'Eglise. Les 
évêques doivent le reconnaître comme 
leur Père, chef et primat. Quand il les 
convoque, ils doivent obéir, et ne jamais 
rien faire de contraire à sa volonté, ni 
lui-même faire quelque chose sans leur 
adhésion. Lorsque quelque raison l'obli- 
gera de venir chez l'un d'eux, il devra 
être reçu avec l'honneur qui lui est dû. 
« Nous avons prescrit h Mar Daniel de 
ne garder aucun souvenir de la faute de 
quelqu'un de la congrégation des Tagri- 
tains, et de ne rien rechercher de ce qui 
s'est passé dans le temps du schisme ; à 
moins qu'il ne s'agisse d'un délit dont 
l'auteur ne peut éviter d'être condam- 
né : par exemple, si quelqu'un a répu- 
dié sa femme et en a pris une autre, ou 
s'il a pris une seconde femme outre la 
première, ou s'il a enlevé la femme d'un 
autre, ou s'il a commis l'adultère et la 
fornication, ou s'il a tué. 

<> Nous avons réglé et prescrit ces 
choses pour la stabilité de la paix, chère 
h Dieu, et pour la dignité' qui convient 
au siège de Pierre. C'est pourquoi nous 
ordonnons qu'ellessoicntobservées dili- 
gemment par les deux partis, par l'auto- 
rité de la parole de Dieu, Que personne 
n'ose abolir une seule des choses qui 
contestations sera excommunié hors des 



1. Cf. tome H, p. 4y2. — 2. Agoursa vient du grec «ypoi: ; 1 ar. a traduit ; icj-Al i,jj j. — 
3. Ar. : ,^i, Temanin. — 4. aOôcVTÎa. 



LIVRE XII. GHAP. IX 35 

édifices sacrés, jusqu'à ce qu'il ait fait pénitence, ainsi que quiconque oserait en 
appeler des juges ecclésiastiques à ceux du dehors, c'est-à-dire aux princes temporels, n 

Quand ces choses eurent été écrites [497] et définies, les partis ne firent pas pour 
cela la paix. 

Et tandis que le patriarche Cyriacus était engagé dans cette lutte, sa dernière 
heure arriva. Il mourut à Mossoul, le 19 de'ab (août) de l'an 1128. On fit descendre 
son saint corps dans une barque sur le fleuve (du Tigre) jusqu'à Tagrit, sa ville pa- 
ternelle. Il administra le patriarcat pendant 24 ans, et ordonna 93 évêques. 11 ne 
prit jamais d'or ni d'argent, pendant tout le temps de son principat; il était pur de 
corps et d'esprit et faisait de nombreux prodiges; il était zélé et austère. A cause de 
sa grande vigilance pour l'observation des règles apostoliques, il fut constamment 
en lutte avec les transgresseurs de la loi et coula ses jours dans l'amertume. On a 
de lui un volume de doctrine et un autre de lettres admirables '. 



CHAPITRE [IX]. — De répoque de Mâmoun, roi des Taiyayê. Du meurtre de Léon, 
empereur des Romains, sur lesquels^ régna Midiel. A cette époque, un nouveau 
synode d'évêques s' assembla à Callinice, à propos de l'expression « panem 
ciBlestem ", et dans ce synode le patriarche Denys, le chroniqueur, fut 
ordonné. 

Tandis que les gens de Bagdad ne cessaient de combattre entre eux, Hasan 
qui avait été envoyé par Mâmoun, s'éloigna de la sédition et s'en alla se fixer à 
'Aqoula. Les Qoreisites et les gens de Bagdad, voyant que l'empire était sur le 
point d'échapper à Hasîm', que Mâmoun était éloigné, Tahîr dans le Djézireh et 
Hasan à 'Aqoula, amenèrent Ibrahim, fils de Mahdî, et le firent régner. En 
apprenant cela, Hasan se prépara à la guerre avec les gens de Bagdad*. 

Quand Tahîr [499] apprit, à Callinice, que Ibrahim régnait, il s'attacha les 
rebelles, les uns par des présents, les autres en leur donnant l'autorité sur 
les pays. II établit à Harran le qoreisite Ibrahim, qui donna aux païens la per- 
mission de sacrifier publiquement^. A Edesse, il établit 'Abd al-'Alâ, qui accabla 
d'impôts les Édesséniens. Quand il convoitait l'un de leurs villages, il multi- 
pliait les charges de ce village au point qu'ils étaient contraints de le vendre, et 
il le prenait à vil prix. Il se mit en tête de chasser les Édesséniens de la ville et 
d'y établir les Soleimanites, gens de sa tribu. Pour ce motif, une foule nom- 
breuse s'étant réunie et étant allée le trouver pour se plaindre de ce qu'ils avaient 
à subir de la part de ceux qui logeaient dans leurs maisons, à la ville et dans les 
villages, il leur répondit : « Qu'avez-vous à vous plaindre de nous, ô chrétiens! 

l. Cf. Wright, Sjriac Literatiire, p. 166. — 2. Lire ; ^coo», — 3. Aux Hasimites ; cf. Hist. sarac, 
trad., p. 157. — 4. Cf. Ge.ich. der Clial., Il, p. 219-221. — 5. Cf. ci-dessus, p. 34. 



36 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Du temps des Romains, vous dévoriez cette terre, et nos ancêtres erraient par 
le désert aride, par le froid ou la chaleur qui dessèche ou qui brûle, faisant paître 
les chameaux ou les moutons; et maintenant que nous avons enlevé cette terre 
aux Romains avec notre glaive, pourquoi faites-vous difficulté de nous l'aban- 
donner et d'y être étrangers? Levez-vous et sortez de ma présence; supportez 
votre condition. Payez le tribut et restez tranquilles. « Et les Édesséniens 
sortirent dans l'affliction. 

Tahîr, de son côté, détournait les yeux des maux que causaient les rebelles. Il 
bâtit un mur entre Callinice [oOO] et Rafîqâ, et se fortifia ; il s'adonna ' à la lec- 
ture, l'interprétation, la familiarité des philosophes. — [Ceci] en l'an 1127*. 

Quand les rebelles virent que 'l'ahîr les laissait tranquilles, ils pensèrent 
qu'il avait peur, et ils commirent alors de plus grands pillages, non seulement 
sur les chrétiens mais même sur les ïaiyayè. Alors les Taiyayè s'insurgèrent 
contre les déprédateurs et les chassèrent. iNaçr et 'Abbas s^associèrent et mar- 
chèrent contre 'Othman à Hîra. Celui-ci réunit des (hommes) nombreux, et ils 
ne purent se jeter sur lui. Alors 'Othman se rendit près de Tahîr pour le presser 
de faire la guerre aux rebelles ou de lui donner une armée avec laquelle il irait 
à leur rencontre. Mais fahir le tenait en suspens et faisait connaître ses inten- 
tions à Naçr et à 'Abbas. Tahîr retardait la pacification de ces contrées de peur 
de recevoir l'ordre de partir en Egypte. 'Othman, ayant compris la chose, 
écrivit à Mâmoun au sujet de Tahîr, disant qu'il était devenu le complice des 
rebelles. Son messager fut pris. Quand "Othman sut que ses lettres avaient été 
saisies, et que son inimitié à l'égard de fahir, et aussi à l'égard de Naçr et de 
'Abbas, était devenue manifeste, il rassembla lui-même des rebelles et se mit à 
voler et à piller. Dionysius dit : « Comme 'Othman avait de l'affection pour moi 
et m'honorait, je le blâmai amicalement et je lui dis : k Comment toi, qui es âgé 
et intelligent, te mets-tu à piller et à dévaster? » Il me fit alors connaître routes 
ces choses. » 

Pendant ce temps l'empire des Romains était aussi dans l'agitation. En l'an 
1132, le général Michel s'insurgea contre l'empereur Léon et le tua; et lui-même 
commença à régner. De même que Léon avait agi à l'égard de Michel, son pré- 
décesseur, qu'il avait tyranniquement chassé de l'empire, de même fut-il traité 
par ce Michel, qui était d'Amorium% et qui lui enleva lempire et la vie'. 

Quand le rebelle Naçr apprit que Mâmoun, roi des faiyayê, se disposait à 
venir à Bagdad, il appela son secrétaire, un chrétien instruit, [SOI] et il fit écrire 
une lettre au patrice Emmanuel", comme s'il voulait s'allier' aux Romains. En 



1. u)»l.| (BH). — 2. D'après la ponctuation, cette date se rattache à ce qui précède. — 3. Lire : 
l«iû.v>| ^>. — 4. Cf. Ilist. du Bas-Emp.^ LVIII, § xxv, xxvi. — 5. Mavoui^X; cf. op. cit., t. XIII, p. 2, 
n. 3 et p. 84, n. 2. — fi. Plus littéralement : « entrer en relation avec ... » 



LIVKE XII. CHAP. IX 



37 



l'apprenant, l'empereur Michel envoya des ambassadeurs. Ceux-ci arrivèrent à 
Kaisoum. Naçr étant alors à Saroug l'apprit, rassembla les rebelles et le leur 
annonça, en se glorifiant de la venue des envoyés des Romains. Ces (rebelles) 
furent remplis de colère ; ils disaient : « Tu veux donc irriter Dieu et te faire 
apostat? » Par de tels propos, ils remplirent son âme d'amertume, de sorte qu'il 
envoya faire massacrer les ambassadeurs des Romains. Sur les Romains 
s'accomplit ce proverbe des paysans : « Celui qui cherche quelque chose qu'il 
n'a pas perdu, trouve quelque chose qui ne lui est pas agréable ». 

A cette époque survint du trouble parmi les Romains, à cause d'un homme 
nommé Thomas. Celui-ci, dès le temps de Haroun, disait de lui-même qu'il était 
fils de Constantinus, et il lui avait demandé de lui donner une armée pour aller 
s'emparer de l'empire. Quoique Haroun ait négligé de le faire, il le traitait cepen- 
avec honneur comme le fils de l'empereur. Quand Haroun fut mort, Mâmoun 
l'appela etl'envoya avec une armée, soit pour s'emparer de l'empire des Romains 
et le lui livrer (ensuite), soit pour les troubler par la guerre. Ce Thomas était un 
magicien et prétendait avoir des visions. Il alla assiéger la ville impériale et la 
mit dans les angoisses pendant six mois. L'empereur Michel, étant réduit aux 
abois, promit le retour aux "Taiyaj^ê prisonniers, s'ils voulaient combattre le 
rebelle. Les Taiyayê sortirent avec les Romains et ils vainquirent les troupes 
du rebelle : celui-ci s'enfuit en une certaine forteresse '; ils le poursuivirent, le 
prirent, lui coupèrent les mains et les pieds et le fixèrent au bout d'une lance. 
Telle fut la fin de [302] Thomas, fils de Môsmàr". L'empereur revint sur sa pro- 
messe et ne relâcha pas les Taiyayê, 



Lorsque "Tahir, général de Mâmoun, 
poursuivait les rebelles, les chrétiens 
pensèrent avoir quelque soulagement; 
mais au contraire il augmenta l'impôt, 
et il maltraita les habitants de Saroug et 
d'Edesse, jusqu'au moment où ses com- 
pagnons formèrent le projet de le tuer, 
parce qu'il leur refusait ce qui leur reve- 
nait. Ayant eu connaissance île la chose, 
il se précipita du mur pendant la nuit et 
s'enfuit à Callinice. Au matin, quand 
ses compagnons s'en aperçurent, ils re- 



Après la pieuse mort du bienheureux 
patriarche Cyriacus, les Goubbayê et 
les Cyrrhestiens se réunirent, vinrent 
trouver Abîram et lui dirent : « Jusqu'à 
quand demeurerons-nous sous les ana- 
thèmes et serons-nous séparés de l'E- 
glise? Nous sommes entrés dans le 
schisme avec vous à propos de l'ex- 
pression panem cœlestem. Puisque le 
patriarche qui voulait l'enlever a été 
enlevé, nous voulons revenir à l'Eglise 
et faire disparaître les anathèmes portés 



1. Andrinople. — 2. L'histoire de Thomas est longuement racontée dans les auteurs byzantins; 
cf. Hist. du Bas-Emp., LXVIII, § xxx-xl, et spécialement t. XIII, p. 44, n. 2. 



38 



CHRONIQUE DE M[CHEL LE vSYRIEN 



doutèrent [499] que Naçr ne les attei- 
gnît, et ils s'enfuirent eux aussi. Les 
Édesséniens furent ainsi libérés de 
lourds prélèvements. 

Tandis que les Persans s'enfuyaient 
et pillaient tout ce qui se trouvait devant 
eux, le châtiment les atteignit. Nacr et 
ses compagnons fondirent sur eux et, 
cinquante par cinquante ou cent par 
cent, ils s'emparaient d'eux, et après 
leur avoir enlevé toute leur richesse, ils 
les égorgeaient comme des moutons. 

Bientôt, Naçr et ses compagnons 
montèrent à Edesse pour piller; ils di- 
rigèrent contre cette ville une violente 
attaque. Tous les Édesséniens montèrent 
sur le mur, et les femmes elles-mêmes 
montaient des pierres sur le mur [et de 
l'eau pour désaltérer les]' combattants, 
et ceux qui ne pouvaient pas monter 
sur le mur étaient prosternés dans la 
prière; « et j'étais un de ceux-là », dit 
Denys de Tell Mahrê. « Nous demandions 
que les Persans l'emportassent sur les 
Taiyayê, et que les rebelles ne s'empa- 
rassent pas de la ville. Le Seigneur fut 
miséricordieux ; 'Amr, un des rebelles, 
fut transpercé, et ils s'en retournèrent 
couverts de confusion ». 

Tandis que ces deux aspics, Naçr et 
"Abbas, dominaient dans la région oc- 
cidentale et infligeaient des maux aux 
hommes, ils s'excitèrent mutuellement 
à boire du vin, chacun se vantant d'y 
être le plus fort. Naçr frappa de la bou- 
teille' la tète de 'Açim ; celui-ci alla 
trouver son père ; ils rassemblèrent 



contre nous par la Syrie et l'Egypte' ». 
Alors le maudit Abîram [499] et ses 
compagnons leur répondirent astucieu- 
sement : « Nous aussi, nous avons été 
frappés et méprisés à cause de notre 
zèle en votre faveur, afin que l'expres- 
sion panem aelestem ne soit pas abo- 
lie de notre temps. Cyriacus, vous le 
savez, était non-seulement tombé dans 
l'hérésie de Julianus, mais niait encore 
la Trinité, puisqu'il ne permettait pas 
de la mentionner dans la fraction 
de l'Eucharistie. Cependant, attendons 
jusqu'à ce que quelqu'un ait été mis à 
la tête des évêques. S'ils établissent 
quelqu'un qui récite la formule, ne 
fût-ce qu'une seule fois : que je sois 
anathème devant la Trinité, si je n'a- 
bandonne pas cette dignité, pour de- 
meurer dans la retraite! Et vous, chré- 
tiens, ne me reconnaissez plus si je 
m'intitule (votre) chef. » — Le misé- 
rable pensait que les évêques ne crée- 
raient pas un autre chef que lui-même, 
tant qu'il vivrait, ou, s'ils en faisaient 
un autre, qu'il y aurait une division 
parmi eux et qu'ils demeureraient dans 
le schisme ; car il avait un parti puis- 
sant d'auxiliaires. Pendant toute l'année 
il resta tranquille, dans la feinte (?) et la 
dissimulation*, et calma l'empressement 
des chrétiens par de semblables paroles. 
Les évêques, voyant que TEglise d'Oc- 
cident était troublée par les Goubbayê, 
et l'Orient, d'autre part, par Basilius de 
Tagrit et les Matthéens, se donnèrent 
mutuellement rendez-vous à Callinice, 



1. Lacune de deux mots; suppléer : Uoa\ (-- mo (BH). — 2. SIoty);. 
3. Cf. ci-dessus, p. 25, 1. l,"). — 4, >a2^.M» (BH). 



LIVRli XII. CHAP. IX 39 

leurs troupes et vinrent ;i la rencontre Tahîr les ayant engagés à s assembler 

deNaçrj mais Naçr prévalut contre eux près de lui, par prudence. Quarantc- 

el en tua plusieurs. Ensuite [SOO] ils se cinq évêques vinrent, et ceux qui ne 

soumirent à lui. vinrentpas envoyèrent leur adhéiion, au 

Tandis qu'Açbag occupait Samosate mois de hazîran (juin) de l'an 1129. 

et y était fixé, son cousin ' s'insurgea Abîram vint avec une troupe de moines, 

contre lui, le massacra avec les gens de et ils logèrent à l'hôtellerie'. Ils envoyè- 

sa maison, et régna lui-même sur cette rent trouver les évêques, et discutèrent 

villcj h l'exemple des autres rebelles^ au sujet de la [ormule panem caelestem. 

[800] Et comme il se trouvait des 
évêques qui l'approuvaient, ils con- 
vinrent entre eux que celui qui voudrait 
la réciter n'en serait point empêché, et que personne ne dirait rien à celui qui ne 
voudrait pas la réciter. Ils opérèrent la réconciliation entre Basilius de Tagrlt et les 
évoques Matthéens. 

Copie de la charte du synode. — <( Le saint synode qui s'est assemblé dans la ville 
de Callinice, de tous les pays soumis au siège apostolique d'Antioche, a défini ces 
choses : 

« En l'an 1129, au mois de hazîran (juin), nous nous réunîmes, par le Dieu tout puis- 
sant, et, selon l'harmonie de la règle ecclésiastique, nous tînmes un synode, et nous 
nous instruisîmes les uns les autres, convenablement et apostoliquement, des causes 
productrices des querelles et des troubles qui, jusqu'à présent, séparent les uns des 
autres les membres de l'Eglise et ont rempli de division toute ville, tout pays et toute 
famille des fidèles. Nous avons discerné prudemment, nous avons jugé et reconnu 
distinctement, avec unanimité et dans une même pensée spirituelle, que notre paix 
n'était disparue pour d'autre motif que les vaines querelles et les opinions déréglées, 
au sujet de l'expression panem cœlestem. Les amateurs de disputes ont fait de ce qui 
est notre vie et le souffle qui vivifie l'âme, la cause de la perturbation, puisant en cela 
un objet pour leur malice. Afin de rassembler dans un même esprit et d'unir dans le 
corps du Christ lous les membres qui ont été diversement séparés de la sainte Eglise, 
il nous a paru bon à tous, dans un même accord et dans la même inspiration indubi- 
table de l'esprit, qui doit procurer le remède aux membres blessés, (de décider) que : 
maintenant et désormais, en aucune façon, nous ne pourrions nous molester ou nous 
quereller Jcs uns les autres. Selon le précepte et la loi apostoliques, nous aussi, nous 
affirmons et définissons que chacun doit persévérer dans sa propre conscience et l'édi- 
fication de ses collègues ; et aussi conformément à la parole apostolique qui dit ' : « Que 



1. Littér. : ^< le fils de soq oncle patecael ■> ; mais celte expression pourrait aussi être un aom 
propre ; Bar Dadah. 

2. itav^o/sïo-/. — 3, Cf. Philip., ir, 4. 



40 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

chacun ne se préoccupe pas seulement de lui-même, mais de son compagnon; pensez 
de vous-mêmes la même chose que de vos frères, » Puisque nous ne voulons pas que 
quelqu'un résiste ou s'oppose aux choses qu'en conscience nous avons jugées bonnes, 
h propos de cette formule, [SOI], nous éviterons nous-mêmes de résister ou' de nous 
opposer à celles qu'il jugerait autrement. 

« C'est pourquoi nous définissons, par la parole vivante, donnée par Notre-Sei- 
gneur à ses saints Apôtres, que maintenant et désormais personne ne doit se que- 
reller avec son frère à propos de la formule panem cmlestem ; car il est permis ou de 
la dire ou de ne pas la dire, de sorte qu'en aucune façon l'un des partis [ne]' peut 
être blâmé. Mais, ainsi qu'il a paru bon à nos saints Pères, qui ont dirigé avant nous 
l'Église de Dieu et qui se sont faits tout à tous pour les gagner tous', qui ont 
dirigé et apaisé prudemment et consciencieusement les troubles survenus à ce 
propos de leur temps; de même, à nous aussi*, il a paru bon d'user du même 
sentiment, attendu que nous sommes les enfants de leur excellente piété, et 
que leur conduite paraît avoir été l'œuvre de l'Esprit-Saint lui-même. Qui- 
conque, par conséquent, élèvera des contestations à ce sujet, méprisant la défi- 
nition de nos saints Pères et ce qu'il a paru bon à Notre Bassesse de définir : si c'est 
un évêque, il sera dépouillé et privé de la dignité pontificale, écarté* et rejeté de notre 
assemblée; si c'est un prêtre ou un diacre, il sera déposé et perdra son office; si 
c'est un moine ou un séculier, il sera étranger à la participation des mystères et h la 
communion avec les fidèles. Nous accroissons par là la réglementation des canons 
ecclésiastiques en imitant la philanthropie de Dieu, et selon la conduite de nos Pères : 
nous avons réglé, statué et défini; car nous savons très bien tous que, depuis les 
premiers temps, l'Église de Dieu marcha ainsi dans un même accord, sans dispute : 
alors que les uns récitaient et les autres ne récitaient pas (cette formule), sans 
jamais se quereller ou se blâmer mutuellement pour cela, jusqu'à notre époque. 

« Nous avons en outre défini que tous les écrits rédigés à propos de cette formule 
qui statuaient simplement qu'elle devait être maintenue, ou simplement qu'elle 
devait être abolie, doivent être jetés au feu; attendu qu'il n'est permis à personne 
d'écrire quelque chose à ce sujet, puisque nous n'avons pas trouvé que les anciens 
aient fait quelque chose à ce propos. Et nous avons défini ces choses, sans avoir le 
moindre doute que le « pain céleste » ne soit réellement * et véritablement le corps 
sacré du Fils de Dieu que nous prenons des saints autels sacerdotaux ; mais nous 
confessons tous cela; et nous plaçons sous l'anathème quiconque ne confesse pas 
avec nous que le « pain céleste », que nous prenons des autels, est (le corps du Fils 
de Dieu), selon l'enseignement du saint patriarche Severus. Nous anathématisons 
aussi quiconque dit que ce n'est pas le corps de la personne du Verbe-Dieu, qu'il 



1. Lire : ol (et non ooi), cf. p. 500, 1. pénult. — 2. Le contexte exige manifestement la négation 
omise par un copiste. — 3. Cf. I Cor., ix, 22. — 4. ^o. — 5. Lire : l*^io. — 6. Ii>3. 



LIVRE XII. GHAP. X 41 

a pris de Marie [S02] et qui a été (offert en) oblatioii sur la croix, et quiconque dit 
que ce n'est pas pour satisfaire h la communion de plusieurs qu'il est rompu, mais 
« à raison du sacrifice' messianique. » 

(( En confirmation, nous avons signé, nous tous évêqucs, le décret* c'est-à-dire 
l'adhésion commune. » 

La lettre d'Elias de Harran à ce patriarche Dionysius est conçue dans le même 
sens ; et il convient que ces deux opinions soient examinées dans un examen dili- 
gent et sincère. 



CHAPITRE [X], qui expose les choses qui ont encore été définies dans ce 

synode de Callinice. 

Quand les choses que nous avons rapportées ci-dessus eurent été accomplies, le len- 
demain, un des anciens prit place au milieu et dit : « La cause de ce saint synode était 
de nous choisir un chef et de nous occuper ensuite des autres aflTaires. Cependant, il a 
plu à notre assemblée de régler tout d'abord les affaires ecclésiastiques, et nous y avons 
consacré quarante jours sans qu'il y ait eu de division ou de trouble parmi nous, avec 
le secours de Dieu, Maintenant, il convient de résoudre l'autre affaire qui est le prin- 
cipe de tous nos biens; il faut enlever de notre esprit toute pensée terrestre et basse, 
ou qui aurait l'air d'une acception de personne. Si tous vous jugez la chose oppor- 
tune, imposons-nous un jeûne et une abstinence de trois jours, et adonnons-nous h la 
prière nuit et jour, suppliant Dieu de préparer h son Eglise celui qu'il sait devoir la 
diriger dans la perfection et la sainteté ; car s'il est là où deux ou trois sont réunis en 
son nom', à combien plus forte raison, sera-t-il au milieu d'eux, là où quarante-cinq 
sont réunis en son nom ! >' 

Le conseil du vénérable ayant plu à toute l'assemblée, ifs jeûnèrent pendant trois 
jours, dans les veilles et la prière. Ensuite, ils siégèrent à leurs rangs et jugèrent qu'une 
consultation générale devait avoir lieu, pour que chacun dise ce qu'il pensait, qui 
lui était venu à l'esprit pendant ces jours de prière, et qui, dans son couvent, paraissait 
apte (pour le patriarcat). Plusieurs déclarèrent que dans leurs couvents personne ne 
paraissait apte à cette fonction; d'autres rappelèrent certains personnages célèbres, 
entre autres Mar Atounos, le docteur et commentateur. A la fin, révêque Theodorus, 
du monastère de Mar Jacques de Kaisoum, se leva et dit : « Si vous le permettez, ô 
Pères, je parlerai. » Et il dit : » Un moine du monastère de Qenné.srê est venu 
chez nous; et il est chez nous depuis deux ans, et nous avons expérimenté qu'il est 
apte à cette fonction. » En parlant, il ouvrit la porte aux autres évêqucs dont les sen- 
timents lui étaient favorables, et chacun d'eux rendit témoignage. Il parut alors oppor- 
tun à tout le synode que les évèques entrassent devant l'autel et fissent l'élection. 

1. Lire: |1.q.,»-.3», d'après l'ar. : i.«:<i*»*-'l Â^i -JU — 2. Iîaatt3.ia9 iJ/T|j)!5(i.a. — 3. Matth., xviii, 20. 
m. ' " 6 



42 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Lorsqu'ils se tinrent devant la table de vie, aprèsavoir pris conseil les uns des autres, 
ils tombèrent tous d'accord sur Dionysius, moine du couvent de Qennésrîn. — Ils 
firent l'acte d'adhésion, qu'ils signèrent tous, en ces termes : 

« Quand, par un mouvement de l'Esprit-Saint, ce religieux et pacifique synode fut 
réuni, attendant du même Esprit-Saint que toutes les choses qui y furent agitées re- 
çoivent une heureuse solution, nous fûmes tous unanimement d'accord, et par l'opé- 
ration du même Esprit-Saint, nous élûmes, nous acceptâmes et nous résolûmes d'or- 
donner pour notre chef, aprèa le Dieu tout-puissant, comme patriarche du siège 
apostolique d'Antioche, Mar Dionysius, frère du couvent de Mar Jean Bar Aphtonia. 
A cela nous avons tous consenti, avec la croix sainte, et nous avons signé : 

« Basilius, métropolitain de Tagrit ; j'ai consenti à cette élection divine, et j'ai 
signé. » — De même : Barhadbesabba, de Marga ; — Jean, de Germanicia ; — Anasta- 
s[ius], de Damas, par les mains de Theodosius d'Edesse ; — Georgi[us], de Qennésrîn, 
par son visiteur ; — et les autres successivement. 

Quand ils eurent tous signé, ils désignèrent cinq évêques pour aller le chercher, 
avec Thomas, archidiacre deNlsibe, et quelques moines. 

Quand Abîram et les Goubbayé surent que le synode s'était choisi un chef et avait fait 
la paix au sujet do la £ormu\e panem cœlestem, le misérable vit que l'espoir qu'il nourris- 
sait était déçu. Alors, il fut pris de colère ; il rassembla ses compagnons et dit : « Voyez 
[SOS] ce qu'ont fait les évêques; ils se sont choisi un chef dans un couvent et une ville 
qui a fiiit disparaître la formule panem cœlestem. Mais voici que je vous enjoins, par 
la parole de Dieu, si je meurs, de ne pas laisser ensevelir mon corps avant d'avoir 
établi un autre chef à ma place, et de ne pas faire la paix avec eux. » Les moines lui 
répondirent : c Tel n'était pas ton engagement ; car tu as dit : S'il y a un patriarche qui 
prononce la formule, ne fût-ce qu'une seule fois, je ne serai plus appelé chef, mais tous 
nous adhérerons à lui. Attends donc jusqu'à ce que le chef soit établi et nous verrons 
son intention. » — Cet impie anathématisa ces moines et partit avec les religieux qui 
étaient attachés à lui; ils allèrent chez les Cyrrhestiens, pour affermir leur mensonge 
parmi les misérables de cet endroit. Ceux des Goubbayé qui ne l'avaient pas suivi 
vinrent au synode et demandèrent l'absolution. 

Ici, Dionysius (lui-même) parle en ces termes : 

« Depuis le commencement du livre jusqu'ici je poursuivais ce récit des événements 
allègrement et j'écrivais les histoires librement; et je n'ai loué ou blâmé personne 
par partialité; maintenant que j'en suis arrivé à ce chapitre, je préférerais garder le 
silence et je voudrais qu'un autre écrivain racontât ce qui concerne Ma Bassesse. Si donc 
il se trouve quelqu'un qui connaisse ce qui me concerne aussi bien que moi, et qui 
racontera sans crainte, les erreurs, les faiblesses et l'insuffisance que je porte en moi- 
même, qui dévoilera mes opprobres et mes bonnes actions, si toutefois elles méritent 
d'être louées : que celui-là raconte et non pas moi ! Mais, comme il n'y a personne qui con- 
naisse aussi bien que moi ce qui me concerne, la chose m'incombe. Et comme j'estime 
la vérité plus que la value gloire, je rappellerai les uns et les autres, tout en évitant la 



LIVRE Xlf. GHAP. X 43 

louange pour ne pas parnître, aux yeux de ceux qui aiment le blâme, célébrer mes 
propres œuvres. 

« Pour moi, j'étais le moindre et le plus vil des hommes, et je ne sais comment les 
vénérables Pères ont été prévenus, pour ne pas dire trompés, dans leur opinion sur 
moi; mais dans la simplicité de leur conscience, ils se sont laissé entraîner par des 
rapports étrangers. 

« Ayant su de plusieurs comment j'envisageais cette affaire, — car ils avaient l'ex- 
périence et la preuve de mon sentiment, puisque le (patriarche), de vénérable mé- 
moire, m'ayant appelé par deux fois, pour être ordonné évoque, je m'étais enfui d'un 
lieu dans un autre, — ils pensèrent qu'en apprenant la nouvelle je prendrais la fuite. 
Ils envoyèrent donc d'avance deux moines courageux au monastère de Mar Jacques, 
dans lequel j'habitais, parce que le couvent de Qennésrîn était dispersé. Ceux-ci arri- 
vèrent près de moi pendant la nuit et s'emparèrent de ma personne. Je fus stupéfait, et 
comme il n'y avait pas moyen de fuir, je gardai le silence et me tus. Je fus gardé, 
comme un malfaiteur, jusqu'à l'arrivée des évêques. Ayant pleuré et m'étant prosterné 
devant eux, ils se montrèrent pour moi durs et sans pitié; et ainsi, de ma chère soli- 
tude, je fus emmené malgré ma résistance au milieu du synode. J'eus beau pleurer, 
dévoiler mes péchés, exposer ma faiblesse et mon incapacité, ils m'ordonnèrent de 
force, et disaient que le jugement de Dieu atteint quiconque résiste ou se révolte. 
A la fin, on ne put les empêcher de se lever de leurs sièges et de s'agenouiller devant 
Ma Bassesse. Dès lors, je fus plongé dans une mer obscure, sans espoir d'échapper ; 
car je considérais le pontificat comme difficile à accepter, non seulement pour moi, 
misérable et faible, mais même pour ceux qui sont parvenus au sommet de la vertu. 
Il était dangereux de persister dans le refus. Ils m'ordonnèrent donc diacre le ven- 
dredi, dans le monastère de la Colonne, et prêtre le samedi, dans le couvent de Mar 
Zakai; et le dimanche, premier de 'ab (août) de l'an 1129, ils me promurent à l'ordre 
parfait du souverain pontificat, dans l'église catholique de la ville de Callinice, et me 
firent héritier et successeur du trône (patriarcal), comme ils disaient, moi qui n'étais 
pas digne (de dénouer) * les courroies des chaussures! — Je prends Dieu h témoin que 
non seulement je n'étais pas atteint par la passion de l'ambition du pouvoir, mais que 
même la pensée, qui a coutume de pousser bien des gens à ce désir, n'était jamais 
venue h mon esprit. 

« Et puisque tu m'as demandé, ô Iwannis% fils bien-aimé, de t'écrire l'histoire des 
événements qui se sont accomplis de notre temps, le moment est venu, plaçant en Dieu 
notre confiance, de parler des choses auxquelles nous nous sommes trouvé mêlé 
après notre élection, dans les affaires ecclésiastiques et aussi dans celles du monde et de 
la politique. 

(( En acceptant le siège ÏJ304] du patriarche Cyriacus, j'acceptai aussi en même 



1. Suppléer lui» ; cf. I.uc, ui, 16. L'omission est aussi dans Bar Hébréus. — 2. Jean de Dara. 



44 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

temps la lutte incessante avec les Goubbayê : une épine pour ma chair, un aiguillon 
pour mes os, afin que je sois souffleté continuellement pour que je ne m'enorgueillisse 
pas de la sublimité du don'. 

« Quand le synode fut dissous, je me préoccupai des schismes des églises. J'appelai 
dix évèques choisis et je montai au bourg^ de Bail, Balas. Je fis dire aux Goubbayê de 
venir faire la paix. Ils répondirent : a Si on ne confirme pas la Normale pane m cœles- 
tem, et si vous ne la dites pas constamment, nous ne viendrons pas. » Ayant perdu tout 
espoir avec les Goubbayê, nous partîmes chez les Cyrrhestiens. Les prêtres, les 
diacres et le peuple de l'endroit s'assemblèrent à Cyrrhus, et nous leur adressâmes des 
paroles de paix. Quand ils apprirent que nous n'interdisions pas de réciter la formule 
panem cœleslem, ils revinrent à nous. AbÎTam et ses compagnons, en voyant que les 
gens du pays s'étaient corrigés, devinrent furieux de colère : ils vinrent anathématiser 
ces gens simples pour qu'ils ne demeurassent pas dans la ville ; et plusieurs se laissè- 
rent entraîner imprudemment. De Cyrrhus, nous nous dirigeâmes vers Anlioche, au 
mois de tesrîn (oct.) de l'année 1131'. — Quand la lettre du synode fut lue à Antioche, 
les évoques s'avancèrent et accomplirent la cérémonie de l'intronisation. 

Lettre de recommandation *. — « Aux vrais fidèles, nos bieu-aimés en Notre-Seigneur , 
aux prêtres^ aux diacres, et h tout le peuple aimant le Christ qui habite dans la grande 
ville d'Antioche et dans sa région ; le saint synode assemblé dans l'Esprit-Saint, dans 
la ville de Callinice : à vous tous, paix abondante et miséricorde par le Christ notre 
Sauveur à tous ! 

« Puisque, nos bien-aimés, nous et vous, au milieu des nombreuses difficultés 
qu'engendre le temps présent, nous avons été privés et destitués^ de la direction 
du grand et illustre pilote du monde, Mar Cyriacus, qui a reçu un domicile avec les 
saints, oii il attend de Dieu la juste récompense de ses labeurs en échange desquels, 
au jour du jugement, les délices de la contemplation de la Trinité sainte lui seront 
attribuées avec les vénérables qui l'ont précédé; il ne nous a pas paru convenable de 
nous montrer négligents, ou de considérer une autre afTaire comme plus importante, 
ou de nous occuper d'une autre chose quelconque que de choisir tous ensemble, avec 
l'aide de l'Esprit-Saint, pour son successeur et pour chef de la sainte Église, celui 
qui paraissait le plus digne de cette fonction, parmi tous ceux du moment présent. 
Il convenait, en effet, puisque Moïse a été enlevé* et a été honoré par Dieu et dissi- 
mule, puisque Elie a été ravi au ciel sur un char, que Dieu établisse ii leur place pour 
la racede Jacob, c'est-à-dire d'Israël spirituel, un héritier qui, pour ainsi dire, divise 
régulièrement la Terre promise aux douze tribus, fasse périr et détruise par ses pro- 
diges la multitude des Chananéens, prescrive l'attachement à toutes les lois et 



1. Cf. II Cor,, xit, 7. — 2. -/KiCTTpov. — 3. Ou aurait pu songer à lire '^ol (1130) au lieu de Uo | 
(1131), mais la ver. ar. coiilirme la leçon de notre ms. — 4. <yj(jzoi.xiy.r\. — 5. I.iltér. : « faits orphe- 
lins ». — 6. ^X;^'■I. 



LIVRE XII. GHAP. XI 45 

procure leur accomplissement, nourrisse le peuple opprimé avec le pain abondant 
venu du ciel, en réalité et non en figure, en distribuant au peuple des fidèles le corps 
de l'un de la Trinité, Dieu le Verbe. 

« Tel nous a paru être, et tel est réellement, par rélectlon de l'Esprit-Saint, Sa Béa- 
titude le patriarche Mar Dionysius. vis h-vis duquel tous les choix et opinions relatifs à 
d'autres ont été couverts de confusion et ont fait briller sa perfection et la modestie de 
sa conduite, et l'excellence de ses mœurs, et la pureté de ses actions, et son amour des 
labeurs en faveur des dogmes divins. Nous l'avons donc tous choisi avec unanimité, par 
l'opération de l'Esprit-Saint et, par le moyen de votre primauté, nous avons déclaré 
qu'il serait notre chef et celui de toute notre Eglise orthodoxe. Nous avons célébré 
une véritable fête d'allégresse et de joie, avec toute notre sainte Église qui se trouvait 
dans l'endroit, et qui, en se délectant, en se réjouissant, en tressaillant d'allégresse 
dans sa conscience ', a donné l'exemple à celles de tous les autres endroits, par son 
accord et sa parfaite soumission en toute chose. 

« Pour vous, vous vous réjouirez avec nous d'un pareil bienfait, et vous montrerez, 
étant les premiers, une parfaite soumission à votre pasteur ou plutôt au pasteur de 
toute l'Eglise de Dieu; vous lui ferez un parfait accueil, vous l'embrasserez h deux 
bras, vous ferez paraître en tout la parfaite régularité et l'éclat' de votre Ville de 
Dieu'. Soyez un admirable exemple pour toutes les autres, afin que grâce à vous 
nous obtenions que, par l'intermédiaire de ce Père [oOo] saint des pasteurs de toutes 
[les églises duj* Christ Dieu, nos prières à tous arrivent jusqu'au* Père tout-puissant 
qui nous a concédé une si grande faveur et une pareille bénédiction, au moyeu de 
laquelle nous obtiendrons sa familiarité et mériterons les biens éternels et la vie 
immortelle, par la grâce de son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et de son 
Esprit-Saint, pour la gloire de Dieu le Père. Amen! ». — Et à la fin tous les évoques 
signèrent. 



CHAPITRE XI. — Des choses qui arrivèrent encore du temps de Mâmoun, dans 
l'empire des Taiyayê, et pareillement dans celui des Romains, du temps de 
r empereur Michel. Des choses quise passèrent dans l'Eglise au commencement 
du pontificat de Mar Dionysius. 

En Fan 1130, Mâmoun, roi des Taiyayô, se rendit du Khorasan à Bagdad ; car 
il avait entendu dire que son oncle Ibrahim avait commencé à régner ; il avait 
aussi appris les combats et les divisions des citoyens de Bagdad, et que Hasan 

t. Il faut peut-être restituer : U^-i' « dans sou pasteur ». — 2. xaTaTcao-cc. — 3. ©eôttoXci;, titre par- 
ticulier de la ville d'Anlioche. — 4. Suppléer : i \L,.>. (vers. ar.). — .'). Les mots « Ctirist-Dieu » 
répétés ici, sont à supprimer ; l'arabe dit : « jusqu'au Dieu tout-puissant ». 



46 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

résidait à 'Aqoula et Tahîr à Rafîqâ, sans homme'. Et quand Mâmoun arriva 
les gens de Bagdad abandonnèrent Ibrahim, vinrent trouver Mâmoun et le 
firent monter sur le trône de ses pères. Ibrahim s'enfuit et se cacha. Tahîr de 
son côté monta trouver Mâmoun et fut bien accueilli. 

En l'an 1132, Mâmoun envoya Tahîr dans le Khorasan, comme gouverneur- 
car il avait grande confiance en lui. Quand Tahîr fut parti, Mâmoun fit venir 
'Abdallah, son fils,l'éleva en dignité et l'établit à la place de son père. Il ordon- 
na à Yahya' (?) de résider dans le Djézireh. 

Alors, les rebelles devinrent plus puissants. Naçr acheta le bourg de Beit 
Balas, rassembla son armée et descendit vers le fleuve qui est près de Callinice 
et qu'on appelle Hânî, 'Isa sortit avec les paysans. Naçr les tua tous, et s'em- 
para des villages, les pilla et y fit des captifs. Mâmoun en apprenant cela fut 
troublé. Il envoya Sabîb S soldat vaillant, avec sept [306] mille hommes d'élite à 
la rencontre de Naçr. Naçr, en l'apprenant, fut pris de peur et envoya des ambassa- 
deurs et des lettres au roi Mâmoun. Il témoignait de sa soumission et le roi lui 
répondit : « Si c'est sincèrement, viens fouler mes tapis, et je t'honorerai ». Mais 
lui s'exeusait auprès du roi. Alors Sabîb se prépara au combat. Naçr divisa son 
armée en trois corps et ne permit pas aux Persans d'amener des vivres. Quand 
ils furent opprimés par la famine, ils engagèrent le combat. Beaucoup d'hommes 
succombèrent des deux côtés. Les Taîyayê tournèrent le dos, et les Persans se 
mirent à piller les paysans, mangeant, buvant, se réjouissant' et raillant ceux 
qui étaient à l'intérieur du mur. Tandis que les Persans étaient transportés d'or- 
gueil, Naçr revint sur eux, et les Persans pris de terreur furent taillés en pièces. 
Sabîb voyant qu'il ne pouvait rien contre les Arabes, voulut aller à Antioche 
et ramener l'or apporté d'Egypte du temps de Hâroun. Ils s'avancèrent secrè- 
tement pendant la nuit; mais Naçr en eut connaissance et les devança; après 
avoir tué environ trois mille d'entre eux, ils leur criaient par derrière : « Jetez 
vos armes, et allez-vous-en où' vous voudrez. » Ces malheureux jetèrent leurs 
armes, et alors ils les prirent tous. Après cela, ils se mirent à la poursuite de 
Ôabîb et le rejoignirent. En voyant cela, les Persans furent pris de peur. Naçr 
criait en disant : « A quiconque passera [S07] de mon côté, je donnerai un cheval 
et mille dinars. » Et plusieurs étant passés, Sabîb s'enfuit avec un petit nombre 
(d'hommes) et se rendit à Bagdad dans la confusion qu'il méritait, car il n'em- 
pêchait pas ses troupes de maltraiter les malheureux. Naçr et ses troupes arabes 
s'emparèrent des Persans, et tuèrent aussi les transfuges qui étaient passés chez 
eux et ceux qui avaient jeté leur armes. 

Naçr, en revenant de la guerre contre Sabîb, entendit parler des Yéménites" 



1. Même leçon dans la vers. ar. — 2. Restitution douteuse ; l'ar. a également une leçon incertaine : 
iA>^^, — 3. Lire : 'a.a* (BH) comme plus bas. — 4. Lire : ^■ -l^^^ ^ae. — 5. ;^.^. — 6. Lire : Llluo». 



LIVRE XII. GHAP. XI 



47 



qui étaient à Mabboug, qui avaient envahi et pillé les villages situés sur le 
fleuve Soùgra; les Taiyayê appellent ce fleuve Sadjour'. Ils se cachèrent en em- 
buscade, et quand chacun fut sorti pour son travail, Naçr et sa troupe tombèrent 
sur eux et se mirent à tuer les femmes et tous ceux qu'ils rencontrèrent'. Comme 
beaucoup de fellahs et de pauvres montèrent au monastère de Bôrîm^, Naçr y 
mit le feu et une partie d'entre eux furent brûlés : d'autres se précipitèrent et se 
brisèrent en tombant : ils eurent la tête coupée par le glaive. Une multitude de 
pauvres périt de cette manière. Après avoir coupé toutes les têtes, ils les 
emportèrent avec eux à Saroug. 



A cette époque l'émir Ibrahim, de 
Harran, prenant le frais sur sa grande 
coupole, vit des maisons neuves, et il 
interrogea les échansons qui étaient 
avec lui : « Ces maisons neuves et blan- 
ches, à qui sont-elles? » Ceux-ci, qui 
étaient des païens, lui dirent : « Ce 
sont les églises des chrétiens qui les 
ont bâties de ton temps; et pour cela, 
beaucoup de musulmans sont scanda- 
lisés à cause de toi, parce que tu les 
as laissé bâtir ce qui n'était pas bâti 
du temps des Romains- et ils disent 
que tu as reçu un présent. » Aussitôt, 
il se mit en colère et ordonna la des- 
truction des églises nouvelles; et avant 
le coucher du soleil, il fit détruire le 
sanctuaire de notre église catholique a 
Harran, et celle de la Mère de Dieu, 
qui était à Qoubbê , et une partie du 
temple de Mar Georgius, et d'autres 
temples parmi ceux des Chalcédoniens, 
des Juifs et des Nestoriens. Alors 
toutes les confessions se mirent à 
supplier Dieu d'avoir pitié d'elles, et 
dans la nuit, Dieu changea les dispo- 



En l'an 1130, au mois de nisan (avr.), 
mourut Mar Marcus, pape d'Alexandrie, 
neuf mois après l'ordination de Mar 
Dionysius; Jacques fut établi à sa place. 

En l'an 1131, Mar Dionysius partit 
d'Antioche, avec les vénérables (évo- 
ques), pour la Mésopotamie, et de là pour 
Bagdad, afin d'obtenir deMâmoun le di- 
plôme, selon l'usage des patriarches ses 
prédécesseurs, fahir, du temps et par 
les soins duquel avait été rassemblé le 
synode qui ordonna le patriarche, leur 
procura le diplôme. 

Or, comme l'écrit le patriarche lui- 
même : « Basilirusj de Tagrit, à la suite 
de la discorde entre lui et les Matthé- 
ens, parce qu'il n'avait pas été élevé 
dans le couvent parmi les moines, mais 
avait été appelé du dehors*, s'enor- 
gueillit en lui-même, et songea à se ré- 
volter contre nous et à faire révolter la 
région orientale contre le siège d'An- 
tioche. A l'exemple du maudit Bar 
Çauma de Nisibe, Basili[us] médita de 
se faire catholicos. Comme il ne le put 
du temps de Cyriacus, parce que celui-ci 



1. BH : li^ «;» û'w '''^^*°' — 2. Ainsi d'après l'arabe : ••iii.ta oto^;^ ^ "^So tmiJS>,o. — 3. Même 
leçon dans BH. 

4, Littér. : ex foro, diins tous les sens du mot latin. 



48 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



sitions de l'émir; il vint à résipiscence; 
au matin, il appela les chrétiens et 
leur dit de rebâtir ce qui avait été dé- 
moli. Et en peu de jours, ils rebâtirent 
tout ce qui avait été détruit. 

La même année, il y eut disette de 
pluie, et la récolte manqua ; il en résulta 
la cherté du blé, du vin et de l'huile. 

[S06] A cette époque, Basili[us] de 
Tagrit, qui était un homme orgueil- 
leux, vaniteux, sans modération dans sa 
conduite, ne s'élevait pas seulement 
au-dessus des chrétiens, mais même 
parfois vexait les païens de Tagrit; l'ad- 
ministration des églises ne lui suffisait 
pas, mais il se préoccupait de l'admi- 
nistration publique, qui ne le regardait 
pas, de la fréquentation des princes, et 
même de la perception de l'impôt '. II en 
vint à imposer le tribut aux musulmans. 
Quand ils virent son orgueil, ils se sou- 
levèrent contre lui, et ils maltraitaient 
tout le peuple à cause de lui. Dans 
leur zèle, ils tuèrent ^ les porcs dans 
les rues. Basilius ne se tint pas tran- 
quille: mais il prit quelques person- 
nes avec lui et descendit h Bagdad 
pour se plaindre des musulmans. 
Ceux-ci descendirent h sa suite, arri- 
vèrent et entrèrent les premiers ; ils 
écrivirent une pétition ' de plainte 
contre les chrétiens, au sujet des sé- 
mantra, des croix, du vin et des porcs 
« qui entraient dans la mosquée » ; ils 
attestèrent que Basili[us], le métropo- 
litain, et 'Abdoun, un notable, « ont ou- 



était de Tagrit*, de nos jours il tenta 
et eut l'espoir, par l'intermédiaire des 
Tagritains,[S06] de réaliser (son projet). 
Il commença pal- leur inspirer de la 
haine contre moi; il disait aux Tagri- 
tains : « Ce patriarche est votre en- 
nemi » ; aux évêques il disait : « Jusqu'à 
quand serons-nous soumis aux Occiden- 
taux, qui nous donnent des ordres et 
prennent l'argent que nous recueillons? 
Pourquoi ne sommes-nous pas indé- 
pendants nous et notre siège, comme 
celui d'Egypte, puisque nous sommes 
égaux en dignité ?» — Mais le Seigneur 
ne permit pas que son dessein s'accom- 
plît. 

« Comme les Tagritains nous aimaient 
beaucoup, ils nous avaient écrit h Bag- 
dad, de venir célébrer la fête chez eux; 
mais lui disait que les évêques ne nous 
le permettraient pas, parce qu'ils l'a- 
vaient invité à aller consacrer le chrê- 
me' dans leurs pays. Il nous écrivait : 
(( Ce n'est pas le moment de venir 
à Tagrit, car nous sommes opprimés 
par la violence cruelle des princes. » 
Nous qui connaissions sa malice, nous 
abandonnâmes la route de Mossoul et 
nous montâmes par celle de l'Euphrate 
à la ville de Circesium, et après la con- 
sécration du chrême et la célébration 
des fêtes, nous montâmes par les villa- 
ges du Habôra et nous parvînmes à Ni- 
sibe, à Dara, et à Kephar Touta, ville 
de Mésopotamie. 

Xenaias de Goubba Barraya, qui avait 



1. I>e texte paraît altéré; ar. : oUj.^o iUiv3;.S^ u9o ■ X)^!lJS^ u"^ >3,oSil.=o. — 2. Lire : ....ûï>^ 
l-Do-»3». — 3. àvaçopâ, 
4. Comp., p. 35, I. 7. — 5, nûpov. 



LIVRE XII. CHAP. XI 



49 



tragé leur prophète ». Alors parut un 
décret' pour l'abolition des lois des 
chrétiens et l'arrestation de .Basili[usj 
et de 'Abdoun. 

Tandis que Basilius prit la fuite, 
'Abdoun* se montra jusqu'au bout 
comme un véritable martyr du Christ. Le 
roi Mâmoun voulut l'amener à se faire 
musulman par la flatterie et par la pro- 
messe des présents, des honneurs, des 
dignités, mais il ne put y parvenir; il 
usa alors des menaces et des tourments, 
et après sept mois de prison, après 
[S07] avoir subi des tortures, 'Abdoun 
fut couronné par le glaive au milieu de 
la foule • dans le tribunal*^ et il fut sus- 
pendu au gibet. Combien de prodiges 
et de miracles s'accomplirent à son cou- 
ronnement, cela surpasse la narration. 

Basili[usj qui menaçait les "Taiyayê de 
les expulser de leurs maisons, ne put 
jamais rentrer à Tagrit; et tandis qu'il 
voulait se révolter contre le siège d'An- 
tioche, il fut exilé de son propre siège ' ; 
«t, ce qui est encore plus digne d'admi- 
ration, cela arriva sans qu'on y mît la 
main. 



commencé par se révolter contre l'E- 
glise, parce qu'il n'avait pas été ordonné 
comme successeur de Bacchus, son 
maître, se voyant déçu dans ce qu'il 
attendait du synode de Callinice, parce 
qu'il avait reçu l'épiscopal d'Abîram, 
et voyant d'autre part que leur couvent 
était méprisé, vint malgré celui-ci nous 
trouver pour faire la paix, et quand nous 
[S07] leur eûmes accordé de dire la for- 
ïaxile panem cœlesîe/n, il se mit aussitôt, 
avec ses compagnons', à anathématiser 
Abîram et toute sa troupe, (et à jurer) 
qu'ils ne s'uniraient jamais à lui. Nous 
leur donnâmes l'absolution, et nous les 
fîmes participer aux mystères dans l'es- 
poir de convertir les schismatiques. 

Or, "Othman, des Thomâmayê ' (?), 
qui avait soumis la Cœlé-Syrie, Émèse 
et la Phénicie, monta vers l'Euphrate, 
au couvent de Qennésrê, et vit l'incendie 
du temple merveilleux qu'il admira quoi- 
qu'il fût en ruines. Nous allâmes le sa- 
luer et nous lui demandâmes (la per- 
mission) de le rebâtir. Il nous accueillit 
avec joie; il nous donna un diplôme 
pour sa reconstruction et des lettres 



pour les chefs, afin qu'ils nous aidas- 
sent en tout ce que nous ferions dans nos églises et nos monastères. 

Nous lui fîmes savoir que le monastère d'Euseboua, dans la région d'Antioche, 
était la résidence du patriarche depuis le temps de Cyriacus, et que les moines sui- 
vaient Abîram, et il écrivit à l'émir d'Occident d'en chasser les partisans d'Abîram 
et de nous le livrer. Et ainsi il fut remis entre nos mains, après qu'ils eurent volé les 
livres et les objets précieux qui s'y trouvaient. 

5m/' le rebelle Abîram. — Il descendit à Bagdad en l'an 1139, et rapporta un di- 
plôme pour être créé patriarche. 'Abdallah, fils de Tahîr, le punit plusieurs fois et 
le blâma de sa rébellion. 



1. anô^autt, — 2, Le ms, a ici la variante « 'Abdani ». — 3. ojjXoç. — 4, SixaijT^piov. — 5. oi.ao»aaJi,. 
6. uotoï.3^0 cw ^Ojb. — 7, Litt. : « fils des Tmômya », ar. ; ,^a>o£&N ^| j cf. ci-dessous, p. 53, n. 1. 
III. 1 



50 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

La même année, un synode de quarante évoques se réunit avec le patriarche Mar 
Dionysius [dans le monastère]' d'Asphoulos ', à côté de Rés'ayna, au sujet de Phi- 
loxenus de Nisibe, qui était privé de son siège. Ses accusateurs étaient Nonnus, archi- 
diacre de Nisibe, et Abou Raita' de Tagrit, hommes éloquents et sages'. Philoxeaus, 
ayant été convoqué au synode n'y vint pas, mais s'en retourna sans permission à Ni- 
sibe. Alors le synode anathématisa Abîram et Philoxenus; et ces deux (évêques) dé- 
posés s'associèrent. 



CHAPITRE [XII]. — De V époque du commencement du règne de Theophilus, 
empereur des Romains \ du succès du roi des Taiyayê, Mâmoun, qui est 'Abd- 
allah. De la réhellion d'Abiram, et de la victoire de Mar Dionysius . 

En l'an 1140, mourut Michel^, [308] empereur des Romains, et Theophilus 
régna. Les Bulgares se soumirent à lui, ainsi que les Arabes Khourdanayê. 

Les Khourdanayê étaient des brigands, païens de religion. Ils avaient chez 
eux la tradition, d'après un oracle de leurs ancêtres, qu'un roi nommé Mahdl 
devait sortir d'eux, « qui conduirait' les peuples à la foi en lui »; et ils le 
proclamaient Dieu; il devait transmettre son empire à un autre, et ainsi de 
suite, à perpétuité. «Quand ceux qui croient en lui meurent, ils ressuscitent 
après quarante jours et viennent vers leur famille ; ensuite ils s'en vont dans 
un endroit secret ». 

Or, à cette époque, apparut ce Mahdî qui était attendu, fjn voile était jeté 
sur son visage ; parfois il se disait le Christ, parfois l'Esprit-Saint. Chaque 
jour la foule et la richesse croissaient autour de lui. De nombreuses troupes 
s'assemblèrent près de lui, de toutes les tribus, en vue de piller et de faire des 
captifs. Il fixa son domicile dans les montagnes abruptes du pays des Qarda- 
wayê. La terreur de cet homme régna dans le Djézireh et l'Arménie; et il 
ravagea le Beit Zabdai et le Tour 'Abdîn. Pour eux, tous les peuples étaient éga- 
lement bons à massacrer. Ils étaient Mages dans leur culte, mais ils regar- 
daient comme étranger quiconque ne considérait pas Mahdî comme dieu. Le 
roi Mâmoun lui-même trembla devant lui. Quand ils s'avancèrent pour piller le 
couvent de Qartamîn et les villages qui l'environnent, Hisan fut rempli de 
zèle, parce qu'il était bien disposé envers les chrétiens; il tomba tout à coup 
sur eux, et les Khourdanayê furent mis en pièces et s'enfuirent. Celui qu'ils 
avaient divinisé fut contraint, ayant le visage découvert, de fuir devant Hasan. 



1. Suppléer: I;»,» (vers. ar.). — 2. Cf., tome II, p. 513, n. 6. — 3. Même leçon dans l'ar. — 
5. Le l'"' cet. 829. —6. Mahdi signifie « conducteur, directeur ». 



LIVRE XII. CHAP. XII 51 

II se sauva avec un petit nombre d'hommes d ans le pays d'Ishaq, fils d'Asôd'. 
Ishaq s'empara de lui et l'enchaîna. Quand les Khourdanayê' virent que leur roi 
était prisonnier, ils s'assemblèrent et fondirent pendant la nuit sur la tente 
d'Ishaq. Ishaq s'empressa de couper la tête de Mahdî. Il prit sa tête, une partie 
de sa fortune, sa famille, et s'enfuit : quand ils entrèrent, ils ne trouvèrent que 
le cadavre de Mahdî. 

Peu de temps après, Ishaq étant allé avec sa troupe à la guerre avec les 
Taiyayê, [809] les Khourdanayê tendirent des embûches à sa famille et à ses 
enfants. Une femme païenne le fit savoir dans le village. Un moine, frère 
de la femme d'Ishaq et une grande partie du peuple entrèrent dans la forte- 
resse. Les Khourdanayê arrivèrent et tuèrent ceux qu'ils trouvèrent; et ils com- 
battirent et attaquèrent à coups de pierres ceux qui étaient dans la forteresse. 
Ils pénétrèrent dans les maisons. Or, leur espoir était dans la prière de ce 
pieux moine, qui implorait la miséricorde du Christ en se prosternant et en 
portant dans ses mains les reliques des saints. Il était excité à la prière par 
sa sœur fidèle. Celle-ci jeta devant le Seigneur son petit enfant qui tétait 
encore, en disant : « O Christ, du moins à cause de cet enfant dans lequel 
demeure l'innocence' baptismale, secours tes serviteurs. » Quand les Khour- 
danayê furent sur le point d'entrer, parce que la porte de la citadelle était 
brûlée, un autre moine prit une lance, à l'exemple de Phinéès*, se précipita 
lui-même du mur, se trouva' près du chef des Khourdanayê, et, avec l'aide de 
Dieu, le transperça et le tua, sans qu'ils aient pu faire aucun mal à ce moine. 
Le soir arriva. Toute la nuit, ils se tinrent debout^ et veillèrent. La pieuse 
femme d'Ishaq était résolue à se livrer elle-même à la mort pour ne pas 
tomber aux mains des païens ; [elle entra] dans le magasin d'armes et prit 
un glaive doré, afin qu'ils la mettent à mort à cause de son éclat, et elle était 
disposée à sortir et à périr dès le matin. Mais le Seigneur, « qui est proche 
de celui qui l'invoque en vérité' », fit en sorte que les Khourdanayê aban- 
donnassent l'attaque contre la forteresse, comme si elle était déjà entre 
leurs mains, et courussent piller ceux qui étaient dispersés dans le pays 
avant qu'ils ne prissent la fuite. Tandis qu'ils s'attardaient au pillage, Ishaq 
apprit la nouvelle, et il envoya des piétons qui entrèrent dans la citadelle, et 
quand les insensés revinrent, ils rencontrèrent des jeunes gens dont les glaives 
étaient soutenus (?) par la prière ; le lendemain, Ishaq arriva avec une forte 
armée ; comme les Khourdanayê étaient appliqués à l'attaque de la citadelle, ils 



1. Cf. ci-dessus, p. 32. — 2. Ms. (fautivement) : Khourdianê. — 3. Lacune d'un mot dans le ms. ; il 
ne reste que la première lettre, suppléer ; ll-wo^ H> ; littér. : baptême « sans souillure ». — 4. Cf. 
IVuin., XXV, 7-8. — 5. BH : i.^*S « dirigea « son glaive vers le chef, etc. — 6. ,j«»d. — 7. Ps. cxliv, 
18. 



52 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

n'entendirent pas la voix de leurs sentinelles. Quand ils furent atteints, ils tour- 
nèrent le dos pour la fuite ; ils furent enveloppés par la neige, et ainsi ils 
furent tous massacrés et périrent. Telle fut la fin de Mahdî et de ceux qui 
étaient avec lui. 

Ensuite, ils eurent pour chef, Haroun, que 'Alî* tua, et après lui, Bâbek, un 
bouvier. Celui-ci alla chercher du secours près de Theophilus, empereur des 
Romains'. 

Après cela, Mâmoun, ayant appris ce que Naçr avait fait à l'égard de Sabîb, 
appela 'Abdallah fils de Tahîr, et lui promit honneur et dignité, comme Pharaon 
à Joseph. Ayant reçu l'autorité, 'Abdallah prit 20 mille (hommes) et arriva à Gal- 
linice en l'an 11.34. Tous les chefs des Persans se soumirent à lui. Quand le re- 
belle Naçr apprit que 'Abdallah agis sait avec calme et modération, il pensa que 
cela provenait de la faiblesse. Il excita ses compagnons à se porter à la rencontre 
de "Abdallah avant qu'il ne s'avançât lui-même contre eux. Quand ils arrivèrent 
sur le fleuve Habôra, 'Abdallah s'avança contre eux avec 12 mille hommes. 
Lorsque (les Persans) marchaient à leur poursuite dans quelque endroit, 
les Taiyayê [310J s'enfuyaient dans un autre. Un jour on les voyait dans la plaine 
de Harran, le lendemain dans les environs de Callinice. 'Abdallah [voyant] ' que 
Naçr ne se laissait point prendre à la poursuite, s'efforça de l'amener dans les 
lieux de son repaire : à Saroug et à Kaisoum, ses propres villes. Il monta donc à 
Balas. Ceux qui étaient sur le mur se mirent à le tourner en dérision; il défendit 
de leur répondre. Il envoya en avant le général 'Ozeir qui rencontra Naçr auprès 
du village de Çarîn, et tua quarante des "Taiyayê. La crainte s'empara de ceux- 
ci. Il prit dans un combat la citadelle de Naçr, dans laquelle étaient ses provi- 
sions; il envoya les 300 (hommes) qui y étaient cachés à la prison de Rafïqa. 

Et 'Abdallah vint à Saroug : il contraignait les habitants à recueillir le blé et 
la paille nécessaires à son armée pendant qu'elle assiégerait Kaisoum. Tout le 
Djézireh et l'Occident furent dans une oppression telle qu'ils demandaient la 
mort. Ils étaient tellement pressés qu'ils moissonnaient avant le temps le 
froment, l'orge et les autres céréales, les battaient et les livraient. Naçr circu- 
lait, massacrait les moissonneurs et incendiait tout ce qui se trouvait. 

Quand 'Abdallah vit et apprit les calamités que causait Naçr, il engagea une 
grande attaque contre la forteresse de Balas. Gomme les 'Taiyayê étaient atteints 
par le jet des pierres, ils contraignirent les chrétiens à monter sur le mur, à 
pleurer et à se lamenter, afin que 'Abdallah sache que les chrétiens, et non pas 
les faiyayè, étaient lapidés. Gomme l'émir était miséricordieux, il ordonna de 
[ne plus]* lancer de pierres dans la ville pour que les chrétiens ne soient pas 



1. Probablement 'Alî ibn Hisam {Gesch. der Chai., II, 238). — 2. Cf. Gesck. der Chai., II, 235- 
240. — 3. Suppléer !»- ,">, — 4. Lire : ^»^»l U«; BH : ^js,»i'll». 



LIVRE XII. CHAP. XII 53 

atteints, mais de creuser sous le mur; par le moyen d'une mine, ils percèrent 
le mur et s'emparère it (de la ville) ; ils prirent les rebelles, les chargèrent de 
fers et les envoyèrent à Bagdad. Quand 'Othman, fils de Thomama', qui occu- 
pait Qennésrin, la Gœlé-Syrie, Émèse et la Phénicie, apprit cela, il fît sa sou- 
mission à 'Abdallah qui l'accueillit pacifiquement. 

Le maudit Naçr circulait dans les environs de Saroug, tuant les Persans et 
les chrétiens. Il prit et mit à mort "Obeidallah, général des Persans. {'Abdallah) 
Bar Tahir en fut affligé et s'apprêta à assiéger Kaisoum, la citadelle' de Naçr. 
Quand celui-ci en eut connaissance, il écrivit et adressa une lettre promettant la 
soumission ; et il envoya ses enfants comme otages. 'Abdallah répondit : « S'il 
ne vient pas lui-même, je ne lui accorderai pas la paix ». Et au mois de tesrîn 
(oct.) de l'an 1135, 'Abdallah mit le siège devant Kaisoum. Ils bâtirent des mai- 
sons comme pour l'hiver. Ils dressèrent des machines' qui lançaient des pierres 
(pesant) chacune la charge d'un âne. Kaisoum avait cinq murs et un fossé. Naçr 
ordonna aux femmes chrétiennes de monter sur le mur, portant leurs petits 
enfants, pleurant et suppliant qu'on ne les lapidât pas. 'Abdallah, en entendant 
leur clameur, ordonna de ne pas lancer de pierres au milieu de la ville, mais 
de frapper lé mur. 

Ensuite, quand iNaçr vit que tous les rebelles, ses compagnons, s'étaient 
soumis [SU] à l'émir, il ouvrit la porte de la ville, et envoya ses trois fils avec 
200 charges de farine, 300 charges ' de chameau d'orge, 500 moutons, 10 mulets, 
10 esclaves, 3 concubines et 3 eunuques, de l'argent et de l'or, des présents 
pour tous les notables, lui faisant dire : « Reçois mon présent; que mes enfants 
restent près de toi jusqu'au matin, et alors je viendrai moi même. » — Ayant 
accepté ses présents, 'Abdallah donna ordre aux jeunes gens en disant ; « Ren- 
trez dans votre famille, pour qu'on ne soit pas inquiet à votre sujet ». Au temps 
du matin, Naçr sortit; de loin, il descendit de sa monture et marcha (à pied); 
s'étant approché, il se prosterna et baisa le pied et la main (d'Abdallah). Alors 
l'émir descendit de sa monture; ils s'assirent tous les deux et causèrent 
ensemble un certain temps en secret. Alors l'émir permit à Naçr de rentrer 
dans la ville, à la condition qu'après 25 jours, il irait le trouver à Gallinice. 
'Abdallah, dans sa droiture, le crut; il ordonna à ses troupes de vendre tout ce 
qu'elles avaient préparé pour l'hiver, et les gens de Kaisoum sortirent comme 
ils voulurent. Quand 'Abdallah fut parti, Naçr se mit à rebâtir et à fortifier Kai- 
soum. 'Abdallah fit connaître la soumission de Naçr à Mâmoun qui s'en réjouit. 

'Abdallah vint à Samosate*. Le rebelle qui s'y trouvait chercha à se sauver. 



1. Cf. ci-dessus, p. 49, n. 7 ; ici l'arabe porte : ^Ut »?l. — 2. Littér. : « maison de rébellion ». — 
3. ■/«pâxwpi.ï. — 4. La lettre numérale douteuse dans le ms. est un » (=: 300, BH). — 5. Barhébr. 
ajoute : «avec Mançour, fils de Naçr », 



54 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

L'émir en ayant eu connaissance s'empara du rebelle Yâ'as' (?) et l'envoya 
chargé de chaînes à la prison de Rafîqa. 

A cette époque^ Tahir mourut dans le Khorasan. Le roi envoya le fils cadet' 
de Tahîr pour occuper la place de son père, et il écrivit à 'Abdallah une lettre 
de condoléances ; il disait : « Puisque Naçr est soumis, va en Egypte et pacifie 
cette région. » Mais le roi Mâmoun changea de résolution*, car Naçr se révolta 
de nouveau, et quand 'Abdallah lui écrivit de veni r près de lui, il répondit : « Je 
suis prêt à combattre contre toi; quant à mon fils Mançour, non-seulement en- 
ferme-le à Bagdad, mais fais-le rôtir au feu et mange-le. » — Alors 'Abdallah fit 
connaître ces choses à Mâmoun. Le roi s'irrita et il menaça de mort 'Abdal- 
lah pour avoir relâché Naçr quand il était tombé entre ses mains. 

Alors 'Abdallah s'empressa d'aller assiéger Kaisoum pour la seconde fois. Il y 
eut une grande oppression dans tous les pays, parce qu'on obligeait les habitants 
à apporter les vivres au camp ; et ce fut un moment de famine et de disette de 
toute sorte de choses, et en tous lieux. 'Abdallah mit le siège contre Kaisoum 
au mois de 'ab (août). Avant de commencer l'attaque, le général 'Isa, s'appro- 
cha du mur et dit : « Naçr! moi 'Isa, qui te parle, j'ai commis beaucoup plus 
de méfaits que toi, et quand ja suis revenu le roi miséricordieux m'a accueilli 
avec empressement. Sors donc trouver l'émir, dont tu as expérimenté la clé- 
mence. Je m'en porte garant. » Naçr répondit : « Ces paroles n'entrent pas 
dans mes oreilles; car il n'y a pas plus d'accord entre moi et vous qu'entre 
loups et brebis. » — Alors eut lieu un combat acharné. La majeure partie du 
peuple qui était dans la ville [S12] fut tuée par les pierres. Naçr ne permettait à 
personne de pleurer les morts : mais ils les enfouissaient comme des chiens. 
Quiconque détournait son visage du combat ou descendait du mur avait la tête 
tranchée par le glaive. Quand le.combat s'aggrava et quand le mur extérieur fut 
ouvert, Naçr fit monter les femmes sur le mur, portant leurs enfants et pous- 
sant des cris. 'Abdallah, en entendant leur clameur, fit cesser le combat. Les 
troupes bâtirent des maisons pour l'hiver. Naçr, en voyant que la famine s'ag- 
gravait dans la ville, au point que les hommes mangeaient la chair des ânes et 
des autres animaux, et que la tête d'un âne se vendait dix zouzê, comprit qu'il 
ne lui restait plus d'espoir, et chercha à s'enfuir sans y parvenir ; il fit demander 
à 'Abdallah de le recevoir; celui-ci répondit : « Bien que tu ne le mérites pas, 
cependant, à cause du cri des malheureux : envoie tes deux fils et quarante 
hommes que je confère avec eux. » Quand ils arrivèrent, il leur dit : « Vous serez 
otages, et nous cesserons l'attaque, jusqu'à ce que la réponse du roi soit arri- 
vée ! » . Ceux-ci répondirent lugubrement : « Fais tout ce que Dieu te montrera. » 



1. Même leçon dans l'arabe. — 2, Ann. 209 Hég. — 3. Moliammed. — 4. Littér. : « frappa sur l'ar- 
rière du navire ». Arabe : ^oseUo yW^ lU» ovL3a&. p| v.a ^; cf. ci-dessous, p. 95, n. 4. 



LIVRE XII. GHAP. XII 



55 



Or, la réponse du roi arriva : « « Quand Naçr et ses compagnons viendront 
trouver 'Abdallah, il pourra faire à leur égard tout ce qu'il voudra. » Alors 
Naçr sortit simplement: il demanda seulement des gardes pour le protéger 
jusqu'à son arrivée. 

Quand Naçr arriva près de 'Abdallah, il lui demanda Kaisoum, mais 'Abd- 
allah ne le lui accorda pas. On cria des deux côtés : « Dieu est grand », à 
cause de la délivrance qui eut lieu. Ensuite la famille de Naçr fut envoyée au 
petit village' qu'il avait bâti à Saroug, près de la ville antique qui s'appelait 
Dimîtîr ' et que Sennachérib avait détruite, en faisant porter les briques de son 
mur sur les épaules de ses habitants et les faisant jeter dans l'Euphrate, comme 
il avait juré de le faire, quoiqu'elle fût éloignée de l'Euphrate de douze milles. 

11 y avait autrefois 4 villes à Saroug : Dîraîtîr dont nous avons parlé, Batnan, 
celle qui s'appelait Hedtad'Ariawata', et Haura dans laquelle Mar Jacques' était 
périodeute avant d'être ordonné évêque, et qu'on appelle aujourd'hui Hesna de 
Bar Nouna. 

Ensuite, l'émir ordonna de démolir les murs de Kaisoum. Naçr et ses com- 
pagnons furent confiés à des gardiens qui les emmenèrent' montés sur des 
mulets \ 

Cette délivrance arriva au mois d'adar (mars) de l'an 1136. Le Djézireh et 
l'Occident avaient été tourmentés par les rebelles pendant 14 ans, jusqu'à ce 
que cet 'Abdallah, homme pacifique, eût entièrement rétabli la paix. — Fin des 
histoires royales. 



A cette époque, échoua un grand poi s- 
son [SOS] dans la mer de Cilicie. Sa 
longueur était de quarante coudées, et 
il était encore plus gros que long ; il pa - 
raissait comme un animal ou comme un 
rocher. Les gens du pays se réunirent, 
dépecèrent^ sa chair, la firent cuire et 
la mangèrent. Ils en transportèrent une 
partie à Antioche, « et nous-même, dit 
Dionysius^ nous vîmes là plus de qua- 



A cette époque, l'émir 'Abdallah vint 
[o08] à Callinice. 

Abîram et sa troupe de rebelles ar- 
rivèrent et allèrent le trouver pour en 
obtenir un diplôme. Le patriarche Mar 
Dionysius vint aussi en cet endroit. 

Le patriarche étant entré le premier , 
l'émir l'interrogea sur Abîram et sa 
troupe. Le patriarche lui fit connaître 
leur rébellion contre le patriarche Cy- 



1. Ces deux mots pourraient être un nom propre : Kephar Ze'ôr; cf. Wright, Cat. of syr. MSS., 
714 a. — 2. La vocalisation est dans le ms.; transcription littérale de Aïi|j.iitï)p, probablement pour 
AYiiAYiTpiâç. — S.Littéral. ; La Neuve des Lions. — 4. Jacques de Saroug ; cf. t. II, p. 161. — 5. Le 
mot est mutilé dans le ms. ; compléter : .„^^oa>(, — 6. Le texte désigne ces animaux par deux mots 
ordinairement regardés comme synonymes, et dont nous ne pouvons marquer la différence. 

7. ^ocoâ^o. 



56 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

rante vases de sa cervelle et autant des riacus et le reste de leurs actions, et 

prunelles de ses yeux '; et ils s'en ser- leur intention d'obtenir un diplôme 

vaient comme de l'huile d'olive pour l'é- pour troubler les pays, parce qu'il n'y 

clairage et la cuisine ». — Fin de ce petit avait personne qui les acceptât. Ensuite, 

chapitre comme un court récit récréatif*. l'émir ordonna d'introduire le miséra- 

ble, et il lui demanda : <> Qu'es-tu ?» — 
Il répondit : « (Je suis) patriarche; comme celui-ci ne l'était pas réellement je me 
suis opposé à lui ». Et il exposa la question de la formule*. 

Alors (l'émir) interrogea le patriarche : « Qu'est-ce que cette parole? » — Le pa- 
triarche répondit : « Cette formule dont ils prennent prétexte et qui sert de voile à 
l'ambition du pouvoir pour lequel ils luttent, est une parole de l'Évangile. Bien que 
nous nous en servions nécessairement dans nos prières, cependant nous n'employons 
pas continuellement tout l'Evangile ; mais parfois nous le lisonsdans l'Eglise, parfois 
nous l'expliquons au peuple, et parfois nous mélangeons à nos prières quelques-unes 
de ses paroles, comme vous faites vous-mêmes; quand on vous présente votre Livre, 
vous ne le lisez pas tout entier dans vos prières; mais quand celui qu'on appelle 
a îmàm » se tient pour prier devant plusieurs. Il prend la partie qu'il veut du Livre 
et la récite au commencement de sa prière, et personne de ceux qui prient derrière 
lui ne dit : [509] « Ne lis pas celte parole, mais cette autre », comme osent le faire 
ces audacieux qui troublent l'Église. 

Quand je lui eus raconté toute l'histoire, en langue sarr asine, le Seigneur me fit 
trouver grâce à ses yeux. Il ordonna à celui qui se tenait h sa tète : « Sors! demande 
aux chrétiens qui se tiennent dehors qui est leur chef. » Des milliers, en effet, étaient 
réunis à la porte. Quand (l'olficier) sortit et parla à haute voix, ceux-ci s'écrièrent : 
Abîrâm n'est pas notre chef; il n'est pas même chrétien! » — « Et à notre sujet, dit 
le chroniqueur, ils prononcèrent beaucoup de choses que nous n'avons pas écrites. » 

L'émir 'Abdallah, en voyant cela, et voyant en outre le diplôme provenant de 
fahir, son père, regarda durement Abîrâm et lui dit : « Je vois que tu es un homme 
menteur et un séducteur, et que l'autorité appartient à ce patriarche. » Et il or- 
donna de le dépouiller sur le champ de son btrouna'' ; Il le réprimanda et lui dit : 
« Que je n'entende plus dire que tu as revêtu le biroiina ou que tu tiens la crosse 
à la main, ou que tu t'intitules patriarche; mais va-t-en et reste tranquille ; et dis- 
perse les moines qui sont avec toi. Et si j'apprends de nouveau que tu circules dang 
les villes, ton sang sera sur ta tète! » 

Quand Abîrâm et ses compagnons eurent été congédiés comme il convenait à 
leur impiété, le Seigneur permit, à cause de nos péchés, que l'Église fût encore affli- 



1. Ar. : w-o^ pl|3 ^. — 2. Cette clausule est omise dans l'arabe. 

3. La formule ^«ne/n eselestem frangimus ; cf. ci-dessus, p. 5. — 4. « Vestis pontiiicia »; sorte 
de chape. Cf. Thés, syr., col. 521 ; et Bar Hebr., Chron. eccL, I, 355, n. 2. 



LIVRE XII. CHAP. XII 57 

gée pendant quelque temps. Les rebelles relevèrent la tête pour le motif que voici : 

Xenaias, qui avait été ordonné par Abîrâm, était venu nous trouver, et avait reçu 
l'absolution'; [SlOjil retourna ensuite, avec ses compagnons, à leur vomissement, à 
l'instigation de Bar Çauma, surnommé Theodosi[us], de Calllnice, qui dans la per- 
versité de son esprit avait été offensé de la conversion des Goubbayê, et ne cessait 
d'exciter la discorde, comme (jadis) lui-même et d'autres avaient mis obstacle à l'u- 
nion que le patriarche Cyriacus fit avec les Julianistes '. De même que Theodosius 
avait vexé Gabriel, jusqu'à ce que celui-ci retournât en arrière, de même fit-il 
maintenant à l'égard de Xenaias. Il le tourna eu dérision et le couvrit d'opprobres, 
si bien que celui-ci appela Abîrâm à son couvent, lui remit le diplôme de Goubba 
Barraya, lui donna les frais (de voyage) et envoya Siméon, son frère', h Bagdad pour 
lui obtenir un écrit. Les Alides', en voj-ant le diplôme de 'Alî, fils d'Abou Taleb, 
l'aidèrent et obtinrent un diplôme pour Abîrâm, afin qu'il pût circuler par les villes. 

Quand le moine' Siméon revint de la contrée de Bagdad avec le diplôme qu'il 
apportait à Abîrâm, son frère, celui-ci réunit un troupeau de moines pour aller 
trouver l'émir 'Abdallah. On nous envoya chercher et nous vînmes d'Antioche. Quand 
je fus entré en présence de l'émir, il ordonna d'introduire leur troupe. Quand l'émir 
vit la kûusîta^ sur sa tête, il le regarda durement, avec colère, et lui dit : « Pourquoi 
as-tu transgressé notre défense et revêtu le bîrouna ?» — Celui ci répondit: « Ceci 
est la kousîta de la tête, et non pas le bîrouna ». — L'émir me demanda s'il en était 
ainsi ; et il lut satisfait parce que je confirmai (la parole de) ce misérable. Quand nous 
[SU] prétendîmes que le diplôme n'était pas authentique, ceux-ci dirent : « Il est 
authentique ». Et nous demandâmes qu'il ne fût pas mis à exécution. Quand l'émir 
les eut longuement réprimandés, nous fûmes congédiés jusqu'à ce qu'il eût envoyé 
chercher un édit pour l'annulation de ce diplôme. 

Au bout de vingt jours il nous arriva une lettre du roi Mâmoun pour 'Abdallah, de 
cette teneur : « Les chrétiens nous ont fait parvenir une pétition^ se plaignant 
d' Abîrâm qui s'est proclamé patriarche, tandis que leur chef est Dionysius. Con- 
voque les Jacobites de cette région, et confirme l'autorité sur eux à celui qu'ils 
acceptent, et tu soutiendras celui qui est le véritable (patriarche) dans les choses qui 
conviennent et ne blessent pas la justice. » 

L'émiT me permit d'entrer et laissa Abîrâm dehors. Il me dit : « Je te donne 
l'écrit qui annule le diplôme d'Abîram; qu'il soit sous ton obéissance. Et excommu- 
nie quiconque te résistera! » Il appela son hâdjib' et lui dit : « Prends le patriarche 



1. Cf. p. 49. — 2. Cf. p. 14. — 3. Frère d'Abraham ; cf. p. 24. — 4. BH : .^Sû. ^j,. — 5. « CucuHus 
in forma spherica compactus sine quo patriarchae Jacobitarum domo exire nefas est >>. Thés, syr., 
col. 1781. — 6. Ou peut-être : (originaire) « de Dara », si le mot n'est pas altéré; (ar. : >.jlil,"S\); 
mais on trouve la même expression appliquée à un autre Siméon (ci-dessous, p. 92, n. 3); le nôtre 
était moine de Goubba Barraya (cf. p. 24), — 7. àva<popo(. — 8. ,_«>*.L. « chambellan, janissaire ». 
III 8 



58 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

par la main, et sors dehors ; appelle Abîram et ses compagnons, et livre-les entre ses 
mains; qu'il les juge comme il voudra. » Il sortit donc dehors, où se tenaient des 
milliers de chrétiens et de païens; il nous fit asseoir sur son coussin, et il appela les 
révoltés et leur dit : « L'émir vous ordonne d'être soumis au patriarche, qui pourra 
vous juger, vous excommunier, vous chasser. » Il ordonna à Abîram de se proster- 
ner devant moi, et se tournant vers moi, il (me) dit: « Voici que je le livre entre tes 
mains : traite-le comme tu voudras. » 

J'espérais qu'il ordonnerait qu'ils fussent frappés [«>12] et que leurs insignes' 
fussent déchirés. 

Je considérai ce qui était opportun et je commençai à les admonester : « Mainte- 
nant que vous avez été livrés entre mes mains, faites monter la crainte de Dieu dans 
vos cœurs; faites cesser le schisme de l'Eglise, et allez-vous en chacun dans son 
pays. )) J'ordonnai' d'enlever la koustla de la tête d'Abîram, en signe qu'il était 
dépouillé de l'autorité qu'il s'était attribuée par la rébellion. Ils sortirent couverts 
de honte et s'en allèrent à Cyrrhus*. Ils répandaient la nouvelle : « L'émir nous a 
reçus et nous a donné la permission d'ordonner des évoques », et par des inventions 
de cette espèce ils troublaient les villageois dépourvus de bon sens. Quand nous 
l'apprînaes, nous prîmes un diplôme d^ l'émir et des lettres pour les préfets et nous 
nous rendîmes à Goubrîn, dans la région de Cyrrhus \ Quand le préfet de l'endroit 
eut lu la lettre de l'émir, il envoya avec empressement chercher Abîram et ses com- 
pagnons, enchaînés comme des voleurs. Il me demanda : « Que veux-tu que je leur 
fasse?» J'insinuai qu'il fallait les souffleter un peu en présence des villageois qui 
étaient attachés à eux. Tandis que je siégeais près du préfet j'ordonnai de dépouiller* 
(de leurs insignes) Abîram, Çeliba et Noah qui s'intitulaient évêques. Quand nous 
eûmes exposé leur imposture devant tout le monde, je dis au geôlier de les envoyer 
en prison. Comme les villageois se mirent à murmurer, le préfet donna ordre aux 
Persans, et ils les chassèrent à coups de bâton. Ils se dispersèrent dans leurs villages. 

Trois jours après le préfet quitta Goubrîn; nous lui dîmes de les envoyer dans 
[S13] la prison d'Alep. Ensuite, le geôlier d'Alep nous fit appeler, parce qu'ils se 
plaignaient d'être opprimés. Ils étaient soutenus par les Chalcédoniens d'Alep, qui 
se réjouissaient de notre brisement. Mais quand nous eûmes exposé l'affaire au chef 
de l'endroit il les fit remettre en prison. 

Nous les laissâmes pendant 20 jours, afin que les Occidentaux eussent connaissance 
de leur abjection. Alors ils envoyèrent des intercesseurs près de nous, (affirmant) 
qu'ils ne s'élèveraient plus jamais contre nous et souscriraient à tout ce que nous 



"Note makgikale : « Les Taijayê l'appellent Kourîs; elle est dans la région de Gargar, à proxi- 
mité du fleuve de Kabtai ». 

1. Lire : ^w— a». ; cf. ci-dessus, p. 24 n. 1 (arabe : >ooil|3). — 2. Lire : I.,û3. — 3. Ms. : Cyria- 
cus (!). — 4. Littér. : « de dénuder ». 



LIVRE Xn. CHAP. XIII 59 

exigerions. Nous les reçûmes. Ensuite l'émir de l'endroit écrivit et prit à témoin 
contre eux des Qoreisites. Ils prononcèrent l'anathème contre eux-mêmes (jurant) 
qu'ils n'entreraient plus dans la Cyrrhestique et n'exciteraient plus de trouble. 

Alors l'Église fut quelque temps dans le calme sans être molestée par les rebelles. 
Quand l'émir 'Abdallah fut envoyé en Egypte, les rebelles revinrent sur leurs ser- 
ments et retournèrent dans la Cyrrhestique; mais ils ne purent de nouveau exciter 
des troubles. — Fin de ce qui concerne le patriarche . 



CHAPITRE [XIII]. — De la ruine que causèrent aussi les rebelles dans le pays 
d^ Egypte du temps de Mâmoun, roi des Taiyayê. De ce qui arriva à Baçra, à 
celte époque. Du décret porté contre l'Eglise, à propos duquel Dionysius 
descendit en Egypte. 

Au moment où Naçr et ses compagnons se révoltèrent en Syrie, le pays 
d'Egypte fut aussi perverti par des rebelles. 

Alors, deux hommes, Sarî et Gaurî, s'en emparèrent et, après avoir amassé 
de l'or comme des pierres, ils se mirent à percevoir le tribut. Quand ils mou- 
furent, leurs enfants s'établirent : 'Obeid, fils de Sârî, sur Fostat et tout le pays 
méridional, et Ahmed, fils de Gaurî, sur la partie septentrionale de l'Egypte. 
Alexandrie fut aussi occupée par un peuple venu du pays d'Andalousie'. 

Quand 'Abdallah, fils de Tahir parvint à 'Aris, en l'an 1137, Ahmed sortit le 
trouver et traita pour ses possessions. Son père, Gaurî, avait réuni de l'or au 
point d'en faire des lingots qu'il enfouissait ; il dit à ^es proches : « Je suis 
confus en présence de la terre de lui confier tant d'or! » 

Le fils de Sarî, qui était encore plus riche, dont la ville était fortifiée, et qui 
possédait 80 mille (esclaves), la plupart Maures', sortit à sa rencontre. Quand 
'Abdallah l'apprit, il eut peur, [314] parce que ses armées l'avaient quitté en 
Palestine. Il lui adressa trois vieillards pour parler de la paix. Bar Sarî répondit 
avec orgueil et dit : « Je suis le sujet du roi et son gardien ' ; pour toi, choisis 
une des trois choses : Ou envoie quelqu'un de ta part pour percevoir le tribut 
de l'Egypte, dont je serai le gardien ; ou prends des informations sur le tribut 
que je percevrai et enverrai moi-même, sans que tu entres ici ; ou prépare-toi 
à la guerre. » 

"Abdallah resta en place jusqu'à ce que ses troupes d'Occident et du Djézireh 
fussent arrivées. Quand elles furent réunies, ils commencèrent à entrer, atta- 
quant et étant attaqués par Bar Sarî. Au mois de nisan (avril), ils mirent le 



1. BH : iMii^.il u-V.a. Cf. Gesch. der Chai., II, 231 et suiv. ; Renaudot, Hi.it. patr. Alex., p. 252, 
268, — 2. C.-à-d. « noirs ». — 3. Son trésorier. 



60 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

siège contre Foslat. 'Obeid, voyant que la guerre s'aggravait et que les routes 
étaient fermées' pour introduire des vivres par mer ou par terre, envoya dire à 
'Abdallah : « Je veux, ô émir, que le bienfait de la paix vienne de moi et non par 
l'intermédiaire d'autres. C'est pourquoi je sortirai demain. » L'émir répondit : 
« Puisque tu as agi ainsi, je te promets qu'avec ta famille, toute ta fortune te 
sera conservée ». A l'instant même, Bar Sarî se rendit près de 'Abdallah et fit 
la paix. Ils mangèrent et burent (ensemble). 

Quand les gens de l'Andalousie s'emparèrent d'Alexandrie, ils en expul- 
sèrent tous les Chrétiens et les Juifs, et ils s'établirent dans leurs maisons. 
'Abdallah leur manda de lui envoyer dix hommes pour qu'il établisse l'un 
d'eux comme leur chef. Ceux-ci envoyèrent [S13] de leurs inférieurs. Il les 
chassa et ordonna que tel et tel vinssent. Comme ils n'y consentirent pas, il 
mit le siège contre cette ville au mois d'adar (mars) de l'an 1138; il entoura la 
citadelle, car toute la ville était déjà en ruines. Il ne restait plus, de tous côtés, 
que des traces des divers lieux, des temples illustres et des maisons, et 
quelques habitations humaines les entouraient comme quelques villages. Après 
avoir été opprimés par la famine et le combat pendant neuf mois, ils sortirent 
et vinrent faire leur soumission. Ils demandèrent à acheter les maisons et à s'y 
fixer; et comme les chrétiens n'y consentirent pas, ils s'en allèrent dans leur 
pays. 'Abdallah envoya cinquante d'entre eux avec leur famille à Gallinice. 

Après avoir soumis toute l'Egypte, 'Abdallah conçut le projet de soumettre 
l'Afrique. Il envoya prendre quatre-vingts hommes qui venaient de la Ka'ba'. 
Ceux-ci écrivirent à leurs compagnons de venir trouver l'émir qui leur établi- 
rait un chef. Quand les Africains virent que leurs compagnons se trouvaient 
bien et apprirent les bienfaits de Bar fahir à l'égard de tout le monde, ils 
vinrent le trouver : il leur établit pour chefs deux des hommes équitables 
d'entre eux, et il emmena les autres avec lui près du roi Mâmoun. 

Il partit pour Callinice en l'année 1139, et il établit ceux qu'il avait emmenés 
à Anazarbon, qui est en Cilicie. — Fin. 

Quand Mâmoun apprit que Naçr était La démolition des églises des chré- 
pris, 11 se réjouit et eut bon espoir. tiens commença par Tagrit, ainsi que 
Ensuite tous les rebelles lui furent en- nous l'avons montré dans le récit con- 
voyés, avec Naçr, à Bagdad. sacré à Basilius '. La calamité s'étendit 

Quoique Naçr fût un tyran, il aimait dans le Djézireh et dans tout l'Occident, 

cependant les chrétiens, et il accablait Ensuite, aussi en cette année 1136, 

sans pitié de toute espèce de tributs nous fûmes abandonnés (de Dieu) à 



1. ^iiiZ.', — 2. Du pèlerinage de La Mecque. 
3. Cf. ci-dessus, p. 48. 



LIVRE XII. CHAP. XIII 



61 



ceux d'entre les chrétiens qui aposta- 
siaieut; il disait : d Pourvu que vous me 
donniez le tribut, chacun est libre de 
choisir la confession qu'il veut » ; et 
plusieurs retournèrent des mosquées 
aux églises. Celui qui osait violenter 
une femme avait la tête coupée : il fit 
mettre à mort plusieurs de ses compa- 
gnons pour ce motif. 

'Abdallah partit pour les régions 
occidentales, laissant à sa place sou 
frère Mohammed. Il occupa pacifique- 
ment les lieux de la Palestine. Il soumit 
le rebelle Hasan, qui était à Tyr. Il lui 
imposa comme règle de ne pas sortir de 
son camp; mais comme celui-ci trans- 
gressa ce pacte, il le fit tuer; puis il 
descendit à Jérusalem. Il pria dans les 
lieux honorables qu'ils ont en cette ville, 
et parcourut les endroits où résida 
Notre-Seigneur le Christ. [S14] Ensuite 
il descendit en Egypte. 

En l'année 1136, le zèle s'empara des 
gens de Baçra ; environ trente mille 
d'entre eux sortirent sur des navires et 
descendirent vers le pays du Bahrain 
pour en tuer les habitants, à cause de 
leur tyrannie et de leur piraterie sur 
mer; car ils ne laissaient point les mar- 
chands ou les navires de l'Inde, de la 
Chine, de la Perse, venir à Baçra et à 
Bagdad. Lorsqu'ils arrivèrent par mer 
au continent, les gens du Bahrain les 
aperçurent et s'enfuirent avec leurs 
objets précieux dans une des îles de la 
mer. Cette île avait un gué qui permet- 
tait d'y pénétrer ; route par laquelle 



cause de nos péchés, et le Calomniateur 
excita la guerre contre nous, pour la 
démolition des églises. 

Yaqdan avait à Edesse un scribe 
chalcédonien qui s'appelait Walîd. Il 
détestait les chrétiens. Quand ils se 
plaignirent de lui à Yaqdan, celui-ci 
l'honora encore davantage à cause des 
maux qu'il lui apprenait à infliger aux 
chrétiens. Les Edesséniens ne le sup- 
portèrent pas et descendirent en Egypte, 
près de l'émir 'Abdallah, pour se plain- 
dre de ces deux hommes. Quand Walîd 
vit que sa chute était proche, il fit en 
sorte que Yaqdan démolît leurs églises. 
Il écrivit au chef de Callinice pour 
exciter sa colère contre les Edesséniens 
et contre Theodos[ius] leur métropo- 
litain. Ce chef, qui était aussi ennemi 
des chrétiens, présenta les (lettres) à 
l'émir Mohammed'. Ce dernier, qui était 
un jeune homme, se laissa prendre aux 
paroles du juge. Il ordonna [314] de 
démolir tout édifice nouveau, et on dé- 
molit l'église des XL Martyrs, le dia~ 
conicon et la sacristie de la Grande 
église, le petit atrium septentrional du 
baptistère, la basilique et le reste des 
constructions de Theodosi[us]. Ils dé- 
truisirent aussi le monastère de femmes 
des Chalcédoniens et leur église, et ils 
bâtirent une mosquée dans le tetrapylon 
qui se trouvait devant l'église Ancienne, 
lieu qu'onappelait Beit Sabta •, où se réu- 
nissaient les anciens et les notables 
après l'office du matin, discutant et rai- 
sonnant (sur des sujets tirés) des livres 



I. Frère de 'Abdallah ibn fahîr. — 2. Litt. « maison du sabbat « ; peut-être une ancienne syna- 
gogue. 



62 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



aucun étranger ne pouvait s'avancer. 
Lorsque les gens de Baçra voulurent 
s'avancer contre eux, ne le connaissant 
pas, ils tombèrent dans la profondeur 
des eaux. Quand les gens du Bahrain 
virent cela, ils sortirent sur des barques 
et firent noyer tous ces trente mille 
habitants de Baçra. 

A cette époque, le roi Mâmoun apprit 
que les Qoreisites, gens de sa tribu, 
méditaient une révolte contre lui. 11 
s'empara de leurs quatre chefs, les jeta 
en prison, et les fit charger de chaînes. 
Comme ils avaient perdu tout espoir de 
vivre, ils formèrent le complot, avec 
quelques autres, de mettre le feu au 
grand faubourg appelé Karka, de sorte 
que quand Mâmoun sortirait, à l'endroit 
où était le feu, ils enverraient des 
hommes pour le tuer. Mâmoun ayant 
eu connaissance de leur projet' sortit 
pendant la nuit avec quelques [ol'o] 
hommes, se rendit à la prison, tua les 
Qoreisites et revint à son palais. Au 
matin, il fit suspendre leurs cadavres h 
la potence, et la terreur s'empara de 
tout le monde; et Mâmoun fut considéré' 
par ses troupes comme s'absténant de 
meurtre non par faiblesse, mais par 
clémence. 

Ibrahim, oncle du roi, fut aussi pris ; 
le roi, voyant qu'il était vieux, le laissa 
en vie '. Celui-ci avait appris leur mu- 
sique'; il achetait des jeunes gens et 
des jeunes filles, les instruisait et les 



ecclésiastiques et profanes, jusqu'au 
moment da repas. Ce lieu qui fut dé- 
moli était surmonté d'une coupole. 

En outre, les citoyens d'Edesse furent 
requis de livrer leurs esclaves, pour 
qu'ils se fassent musulmans. 

Les Taiyayê de Harran, en voyant ces 
choses, furent portés à démolir l'église 
et à molester les chrétiens. 

Quand nous reçûmes ces nouvelles, à 
Nisibe, sans tarder nous prîmes quel- 
ques évêques et nous partîmes pour 
l'Egypte, vers l'émir 'Abdallah. Nous 
et les évêques, nous montâmes sur un 
navire à Joppé. Theodosi[us] et d'autres 
firent route par terre. Les vagues s'éle- 
vèrent et les flots de la mer se soule- 
vèrent ; les navires étaient sur le point 
d'être submergés, et la tempête devint 
si violente que nous perdîmes tout 
espoir de vivre. Après deux jours, nous 
fûmes jetés dans le port de la ville de 
Tanisis''. Quand les habitants apprirent 
qui nous étions, ils vinrent à notre 
rencontre au nombre de plus de trente 
mille. Cette ville est comme une île, 
environnée [S13] d'un lac formé par 
l'inondation du Nil et par la grande mer 
Adriatique ; les eaux tiennent lieu de 
mur à la ville. Ils vinrent à nous sur 
des barques. Ils se bousculaient mu- 
tuellement pour recevoir la bénédiction . 
Et comme du matin jusqu'au soir nous 
avions pu à grand'peine nous approcher 
du rivage de la ville, à cause de la 



1. liio^ai. — 2. ^oïL'. — 3. Cf. Gesch. der Chai., II, 220 suiv.; Ilist. saracenica, trad., p. 172. 
— 4. BH : Ucoie-^. 

5. Sic vas. et Barhébr. ; et non pas Tanis. Cf. QuatremÈre, Mémoires géographiques et hist. sur 
l'Egypte, Paris, 1809, t. I, p. 288 et suiv. 



LIVRE XII. CHAP. XIII 63 

revendait mille ou deux mille dariques, bousculade, la troupe de la ville arriva, 

et il vivait (ainsi). — Fin. qui frappait le peuple à coups de bâton, 

et nous conduisit en liberté dans l'église , 
Jacques, pape d'Alexandrie*, et les 
évêques vinrent nous trouver, Ils se réjouissaient et disaient: « On n'a plus revu de 
patriarche en Egypte depuis Mar Severus ». Alors nous lui rappelâmes la venue 
d'Athanasius le Chamelier et l'union qu'il fit avec Anastas[ius] après le schisme de 
Petrusetde Damianus*. Nous reconnûmes que, n'ayant point souci de la connaissance 
des livres, les conventions' étaient tombées en désuétude chez eux. Jacques était riche 
en œuvres excellentes, bien qu'il fût peu capable pour la parole et l'administration. 

Nous nous attardâmes dans les villes qui sont sur la rive du fleuve, parce qu'ils ne 
nous laissaient pas (partir) avant que nous ayons consacré, et que nous les ayons fait 
participer aux mystères. Les Egyptiens tenaient beaucoup à les recevoir des mains 
du patriarche. Par suite de notre retard, Theodosi[us] nous précéda et parla à l'émir 
de nous et de la tempête de la mer. Quand nous parvînmes au camp des Persans, et 
quand j'entrai près de lui, il me blâma d'avoir fait route par mer « étant âgé, dit-il, et 
revêtu d'une pareille dignité » ; car j'étais fort honoré [S16] par lui. Il dit : c Qui 
t'obligeait de venir en Egypte ; tu pouvais, par lettre, me faire connaître ce que tu 
désirais, d'autant plus que ton frère, qui était le principal intéressé*, venait. Je lui 
répondis : « Ce métropolitain, ô prince, (est venu) pour son propre compte et pour ce 
qu'Édesse a souffert' ; (mais comme cela)^ s'étend en tous pays, c'est moi qui suis le 
plus affligé et le plus opprimé, quand nos églises sont détruites et quand nos lois sont 
abolies. » — Et comme le moment de notre visite chez lui était la nuit, parce qu'il 
était tout le jour occupé dans les combats, nous lui parlâmes longuement des choses 
utiles, et je lui présentai l'ambassade du Djézirehetde l'Occident et leurs récrimina- 
tions contre ses préfets. 

Je lui racontai l'histoire lamentable de Tanisis^, ville d'Egypte. Bien qu'elle ait 
une population nombreuse et des églises, nous n'avons jamais vu une misère comme 
celle de ses habitants. Quand nous demandâmes d'où (elle provenait), ils nous répon- 
dirent : « Notre ville est entourée d'eau, et nous n'avons ni récolte ni autre ressource; 
nous ne pouvons avoir de troupeaux ; les eaux que nous buvons viennent de loin et 
nous les achetons quatre zouzê la cruche ; notre travail consiste dans le lin que nos 
femmes filent, et que nous tissons; le prix que nous recevons journellement des mar- 
chands de vêtements est d'un demi zouza par jour. Et quoique notre travail ne suffise 



1. Cf. Hisl. pair. Alex., p. 270. — 2. Cf. tome II, p. 381 et suiv. — 3. Malgré la leçon concordante 
du ms. et de Barhébr., j'incline à lire t-a-j/.. — 4. Littér. : « le maître de la chose ». — .5. Lire: 
È>»-; ar. : ^sà^lt ucn^.^ 4 ci^ai^o. — G. Les mots suppléés manquent aussi dans l'arabe. — 7. Le 
ms. a ici « Tanis » ; mais le contexte (confirmé par la leçon de Barhébr.) exige qu'on lise « Tanisis », 
comme plus haut. 



64 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

pas pour le pain de notre bouche, quand nous sommes taxés pour le tribut, nous 
sommes obligés de donner chacun cinq dinars ; nous sommes frappés et jetés en 
prison et on nous contraint de donner nos fils et nos filles en gage, pour travailler 
comme esclaves, deux ans par dinar ; et si c'est une fille ou une femme, et s'il arrive 
qu'elle enfante chez eux, ils nous font jurer que nous ne les inquiéterons pas à 
ce sujet. 11 arrive aussi qu'avant que le moment de la libération de la femme de 
quelqu'un soit venu, un nouveau tribut est imposé, « Et ils me demandèrent, ô émir, 
de te faire connaître leur situation, pour que tu aies pitié d'eux. » Alors l'émir 
ordonna que, selon la loi du Djézireh, ils donneraient comme tribut', 48 zouzê pour 
les plus aisés, 24 pour les moyens et 12 pour les pauvres, lorsqu'on percevrait sur 
eux la capitation. 

Il nous écrivit un édit pour que tout ce qui avait été démoli à Edesse fût rebâti^ 
et pour qu'on ne démolisse jamais nulle part une église. 

Il écrivit de sa propre main à son frère Mohammed, en ces termes : « Je pense, ôtoi, 
que ce n'est pas Dieu qui t'a amené chez nous du Khorasan '; car mon camp est rempli 
d'évèques et de bienheureux moines qui se plaignent de toi. Ils invoquent Dieu, en se 
plaignant de l'injustice qu'ils ont soufferte de ta part, par la démolition de leurs églises, 
surtout le patriarche et son frère, le métropolitain d'Edesse. Je sais que tu es un 
jeune homme sans expérience, et quant à ceux qui t'ont trompé pour te mettre en lutte 
avec les chrétiens, ne t'y laisse pas prendre ; je sais que ce n'est point pour te faire 
avancer près de Dieu qu'il t'ont poussé à cela, mais pour accomplir leur dessein ». Et 
après d'autres choses, il lui défendait de nous molester. Comme il nous donna cette 
lettre, le métropolitain Theodosius n'eut pas de patience qu'il ne l'eût fait ouvrir 
par un secrétaire ; il en prit une copie et refit le cachet. Quand elle arriva, Mohammed 
donna des ordres et fit cesser la tempête; les prisonniers furent libérés. — Cette 
délivrance eut lieu en l'an 1137. 

Au bout de cinq mois, Yaqdan, à l'instigation duquel avait eu lieu la destruction 
des églises, monta avec une armée dans le pays des Romains; il y fut tué, ainsi que 
toute l'armée qui était avec lui, et son iniquité retomba sur sa tête'. — Fin. 



CHAPITRE [XIV], qui est tout entier consacré aux événements ecclésiastiques. 
Rébellion de Philoxenus de Nisibe et de Lazarus de Bagdad, à propos des- 
quels le patriarche Mar Dionysius descendit à Bagdad, et rencontra Mâ- 
moun, roi des Taiyayê, comme il l'écrit lui-même très exactement, en ces 
termes : 

Parlons maintenant de la guerre que le Calomniateur suscita contre nous en l'an 
1139, afin que nous ne cessions pas de nous sanctifier dans la souffrance pour 

1, It^iaa; cf. ci-dessus, p. 24, n. 2. — 2. Cf. p. 54, n. 3. — 3. Ar. : 'oi^mIoi <^>i. 'ovmL| oîdIo. 



LIVRE XII. CITAP. XIV 65 

l'Église, comme les autres saints nos prédécesseurs, lorsque des hommes insensés 
devinrent enragés par la maladie de l'ambition, par exemple, Sergius Zakounaya 
contre Severus Bar Maska', Denha de Tagrit contre [ul7] Julianus et Athanasius', 
Isaac contre Iwannis', Jean et David contre Georgi[us] '% Abiram contre Cyriacus^ 
Tandis que ceux-ci, dévorés par l'ambition du pouvoir, osèrent déchirer l'Église, de 
notre temps'', Dieu ne permit pas qu'il y eût des schismes parmi nous, par le fait 
de l'hérésie, mais il nous affligea par les résistances et les murmures des diocèses 
contre leurs évoques et par des accusations odieuses qui sont inconvenantes pour des 
pontifes'. 

A cause des accusations honteuses qui nous avaient été présentées contre lui 
par l'archidiacre Nonnus, homme vertueux et estimé", nous avions jadis interdit h 
Philoxcnus de Nisibe de rentrer à Nisibe avant d'avoir été jugé. Nous différâmes son 
examen pendant six ans, dans l'espoir que Dieu procurerait la solution et l'issue 
qu'il lui plairait, pour éviter que, par cet examen, la sainte Eglise ne soit tournée en 
dérision à cause de lui. Comme il ne cessa d'exciter du trouble et de jeter la division 
dans cette ville, nous réunîmes 40 évêques à Rés'ayna et nous prononçâmes sa dépo- 
sition. Alors il méprisa les jugements de Dieu. 11 s'en alla, avec ses partisans, près 
des Cyrrliestiens, et attira à lui Abîram et ses compagnons, dont Philoxenus avait lui- 
même lacéré les insignes' dans le synode réuni par Cyriacus à Goubrin; et ils trans- 
férèrent Abîram h l'église de Nisibe, bien qu'il fût anathématisé par les patriarches 
Cyriacus, Marcus et Jacques, et par les évêques de Syrie et d'Egypte. Dès lors 
rÉglise de Nisibe fut divisée en deux factions. 

A cette époque parut un édit de Mâmoun, (déclarant) que si dix hommes d'une 
confession quelconque se réunissaient et voulaient se donner un chef, personne ne 
devait les en empêcher. Or, « quand les chefs se multiplient parmi nous, nous nous 
affaiblissons, et ils prévalent contre nous'"». Et pour cela nous descendîmes près de 
lui, pour l'abolition de cette loi, qui avait été étendue h toutes les sectes, à propos 
de la division des Juifs au sujet du Prince de l'exil. Ceux de Tibériade avaient in- 
stitué un homme nommé David, et ceux de Babylone un homme nommé Daniel, de la 
secte des Ananiens, qui méprisaient le sabbat et observaient le mercredi. Leur 
affaire ayant été portée devant Mâmoun, il ordonna que chaque parti prît pour chef 
qui il voudrait. 

Quand nous arrivâmes à la ville royale, avant que nous entrassions près du roi, 
le Calomniateur excita en cet endroit une perturbation beaucoup plus funeste que 
celle des Nisibiens : (je veux dire) les accusations qui furent portées devant nous 

1. Cf. tome II, p. 458. — 2. Cf. tome II, p. 514. — 3. Cf. tome II, p. 523. — 4. Cf. tome II, p. 525. — 
5. Cf. ci-dessus, p. 32. — 6. ^=>3. — 7. Wova i«*«;:i^. — 8. Cf. ci-dessus, p. 33. — 9. Lire : ^««-.-•=* ; 
cl. ci-dessus, p. 24, n. 1. — 10. Ce passage paraît être uoe citation (biblique?) que je n'ai pas su 
retrouver. 

m. 9 



66 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

contre Lazarus de Badgad, les mêmes qui nous avaient été apportées à Antioche 
deux ans auparavant. Nous n'avions point favorisé les accusateurs, dans l'espoir 
qu'ils se calmeraient. Ils nous obligèrent de le convoquer à un examen, et les 
blâmes portés contre lui furent reconnus fondés. Nous fûmes réduit h prononcer sa 
déposition; ce que nous n'avions jamais songé à faire avant de monter à Tagrit, où 
l'examen aurait dû se faire, au lieu d'exposer notre dignité à la risée dans une ville 
comme celle ci. Comme l'église de Bagdad était déchirée par la division, leur 
affaire vint jusqu'au roi, et on nous imputa toute cette perturbation dans la sup- 
plique' des partisans de Lazarus. Mais le roi pacifique ayant appris que nous ve- 
nions vers lui, portant avec nous des présents à lui offrir, sa colère fut un peu calmée . 
Après quelque temps, il nous permit d'entrer. On fit rester au loin les évoques 
qui étaient avec nous, et il ne permit qu'à moi seul d'approcher de lui, tandis qu'il 
était h cheval et se promenait dans le jardin. Après m'avoir tendu sa main droite, 
selon l'usage royal de la donner en signe d'honneur à ceux qui viennent d'entrer, il 
m'interrogea : « Que dis-tu? Comment vont vos affaires? » — Je lui répondis : « Nous 
demeurons dans la prospérité de la paix, grâce à toi, comme disait Paul à Félix'^ et 
de nombreux avantages sont arrivés à notre peuple sous ton gouvernement. C'est 
pourquoi, non seulement nous te rendons grâces, ô illustre parmi les rois, mais nous 
offrons des prières pour la prolongation de ta vie. » Ensuite, il m'ordonna de parler. 
Comme j'étais persuadé qu'une pétition lui avait été présentée h propos de l'affaire de 
Lazarus, je voulus prendre de là l'occasion de parler', et je dis : « Nous n'avons pas 
rassemblé et amené les évêqnes à ta porte pour un autre motif que pour te présen- 
ter nos salutations et nos prières. Et quand nous eûmes passé une journée dans celte 
ville, il arriva que son évêque fut accusé près de nous par quelques-uns de ses 
diocésains. 11 fut examiné et condamné par des témoins véridiques, et nous le 
déposâmes de sa dignité; mais il lS18] a entraîné quelques hommes audacieux et il 
nous résiste. Il ose même dire : « Le roi a ordonné que si quelqu'un a dix partisans 
« dont il est le chef, personne ne doit s'opposer à lui » ; chose incroyable, car elle 
s'écarte de la justice du roi ; mais nous mériterions le châtiment si nous admet- 
tions quelqu'un qui ose calomnier le roi. » — Celui-ci répondit : « Ce décret est 
émané de moi auparavant, à propos des Juifs; car vous n'avez pas besoin, vous, 
que nous vous établissions un prince, puisque vous êtes soumis à notre 
principauté. » — Je dis : ;< O roi juste! où est la rectitude de vos jugements? quand un 
semblable décret a-t-il été porté par un roi comme toi? Ta Sagesse sait qu'il y a des 
promesses et des pactes entre nous et vous, et des écrits confirmés par la signature 
et les sceaux des rois qui ont pris les villes et par lesquels nous avons été soumis 
h vous; si vous transgressez les conventions qui ont été établies et ne permettez 



1. àvacpopâ. — 2. Cf. Act. Ap,, xxiv, 2. — 3. Littér. : «de cette hypothèse m'ouvrir la porte pour 
discourir », 



LIVRE XII. GHAP. XIV 67 

pas que nos lois subsistent et notre mutuelle autorité, nous sommes lésés par vous, 
toutes nos affaires sont bouleversées et nous sommes réduits à tomber dans les 
luttes les uns avec les autres, et vous n'êtes pas nos juges! » — Je dis ces paroles en 
m indignant et en agitant les mains devant lui, comme quelqu'un qui se dispute 
avec son compagnon pour partager le butin, et lui-même élevait la voix, discutant 
comme avec un égal; mais il ne fut point offensé de la liberté que je montrais vis- 
à-vis de lui. — Après cela, il m'interrogea sur le jugement de Lazarus, qui avait 
été déposé, et sur le motif pour lequel je l'avais chassé. Quand je lui eus raconté 
toute l'affaire, il me fit connaître les plaintes portées contre moi par lui et par ses 
compagnons. A la fin, il dit : « Vous nous troublez et vous nous molestez beau- 
coup, ô chrétiens ! et surtout vous autres Jacobites, encore que nous négligions' 
les plaintes que vous nous présentez les uns contre les autres; mais, va-t'en* pour 
aujourd'hui, et reviens un autre jour. » — Nos évêques et ses soldats furent éton- 
nés de la liberté que j'avais laissé paraître, quand le Seigneur me donna la force, 
et de la patience de ce roi pacifique. 

Après dix jours nous dîmes à Lazarus mardanaya», qui se tenait devant le roi, 
de lui rappeler sa promesse. Quand il la lui rappela, il trouva là Yahia, fils 
d'Aktem, leur juge suprême'. Le roi dit : « Qu'il vienne demain matin, et avec lui les 
légistes qu'on appelle jurisconsultes '. » — Au matin, j'entrai seul près de lui, et 
la plupart des évêques restèrent aux portes. Je le trouvai assis sur son siège, avec 
les savants et les juges de Bagdad, chacun à son rang. Je saluai ° et je m'inclinai 
vers lui. Il m'ordonna de m'asseoir en face de lui. Il me dit : « Je t'ai vu, ô pa- 
triarche, nous accuser d injustice à propos du décret porté à votre sujet; et pour cela 
j'ai rassemblé les légistes, afin de causer avec toi en leur présence ». — Ensuite, 
il se tourna vers le plus ancien et dit : « Que vous semble-t-il? Devons-nous con- 
firmer les chefs établis par les Chrétiens, alors que la royauté nous appartient, ou 
bien, selon la loi édictée par moi à leur sujet et au sujet des Juifs, doivent-ils res- 
ter tranquilles en gardant la parfaite soumission qu'ils nous doivent, goûtant la 
paix dont ils jouissent par notre puissance, alors que personne ne les contraint de 
changer leur croyance et leurs usages, et nous serons leurs juges lorsqu'ils com- 
mettront un délit? » — ■ Quand ils eurent entendu cette question et la réponse qui y 
était astucieusement renfermée, ils répondirent ; « Quel autre est comme toi versé 
dans les jugements, ou qui peut émettre un jugement plus juste que celui-ci ?» — 
Pour moi, quand j'entendis la sentence des vieillards de Suzanne, je ne leur répon- 
dis rien, mais je dis à Mâmoun : « Je voudrais, si tu me le permets, parler de tout 
le mystère des chrétiens, » Et comme il me le permit, je dis : « Notre foi se mani- 



1. ,x.Mov», — 2, «ï^aI. — 3. Ce mot, dont la lecture est garaatie par Bar Hébr., désigne proba- 
blement une fonction, plutôt que l'origine. — 4. Le « juge des juges » ; cf. Gesch, der Chai., II, 289, 
— 5. \^à. — 6. Lire : £>»i;>» ; le ms. porte : <> ils saluèrent ». 



68 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

festa tout d'abord dans le monde par l'enseignement du Christ, qui nous arracha à 
l'idolâtrie. Quand il eut accompli sa mission et fut sur le point de s'élever au ciel, 
il appela ses disciples et leur ordonna de prêcher la foi en lui; par des signes et des 
prodiges ces disciples entraînèrent à peu près tous les hommes à cette confession. 
Considérant qu'ils étaient mortels, ils songèrent à transmettre à d'autres, avant leur 
mort', la présidence de ceux qu'ils avaient convertis. Ils divisèrent la terre habitée 
[olOj en quatre parties, et ils établirent pour chacune d'elles un chef qu'ils appe- 
lèrent « patriarche », et ils fixèrent leurs sièges dans les grandes villes : à Rome, 
à Alexandrie, à Constantinople, à Antioche. Ceux-ci ordonnèrent des évêques, et, à 
chaque (groupe de) dix évêques, ils préposèrent l'un d'eux qu'ils appelèrent « métro- 
politain » ; ils lui donnèrent le pouvoir, quand un des évêques placés sous sa juri- 
diction viendrait à mourir, d'en établir un autre à sa place. Aux évêques, ils don- 
nèrent le pouvoir d'établir des prêtres, des diacres et les autres ordres ecclésiastiques 
inférieurs à ceux-ci. C'est pourquoi, l'autorité du patriarche s'étend sur les évêques, 
les prêtres et les diacres, et nul de ceux qui sont soumis au patriarche ne peut lui 
résister, ni enfreindre un de ses ordres, ni le juger sur ce qu il fait, h moins qu'il n'ait 
failli et péché contre la foi. Alors les trois patriarches doivent se réunir et le 
juger. Cette loi a eu cours jusqu'aujourd'hui, et aucun des rois, depuis le temps du 
Christ jusqu'à ce jour, n'a changé nos usages; bien plus, les rois des 'Taiyayê et tes 
pères défunts ont reconnu notre autorité et nous donnaient même un diplôme. Et 
toi aussi pareillement, tu m'en as donné un au commencement de ton règne ; car tu 
marches dans la justice. Et maintenant, ô roi, qu'une loi nouvelle ne soit pas inno- 
vée à notre égard; car il n'existe pas de roi sage, raisonnable et magnanime comme 
toi. Quant aux plaintes portées contre moi par un évêque insensé qui a été déposé, 
sache, ô roi, que c'est la coutume de ceux qui sont mauvais parmi les chrétiens, 
quand ils sont déposés, de nous accuser de la sorte; comme ils savent que, d'après 
nos lois, ils ne peuvent rien, ils courent et viennent vers vous, et, par d'iniques 
calomnies, ils nous accusent près de vous d'être les ennemis des musulmans, de 
mépriser votre prophète, et d'autres choses honteuses et dignes de mort. » — Et je 
racontai l'histoire de David de Dara vis-à-vis de Georgi[us], (celle) des Goubbayê et 
d'Abîram vis-à-vis de Cyriacus, et je terminai le discours de telle sorte qu'il n'ac- 
cueillît pas les accusations (portées) contre nous. 

Le roi répondit : « Nous avons appris ce qu'ont fait (nos) prédécesseurs à votre 
égard. Nous avons aussi le pouvoir de faire ce qui convient. Mais pourquoi, vous 
autres chrétiens, êtes-vous plus affligés de cet édit que toutes les autres confes- 
sions? » — Je répondis : « Les autres en sont aussi exaspérés, et ils espèrent que, 
par ma démarche, ils seront également délivrés de cette loi. Mais notre autorité 
est diiférente de celle des Mages et des Juifs : car ceux-ci appellent « rois » leurs 



1. ^OV»'û». 



LIVRE XII. CtlAP. XIV 69 

chefs, et leur autorité se transmet par héritage. Ils paient le tribut à leur chef: chose 
qui n'a jamais eu lieu chez nous. Or, il y a une triple principauté en ce monde : 
naturelle, dis-je, contrainte et volontaire. Naturelle : comme celle du père, chef de 
ses enfants, ou du mari, chef de sa femme ; et quant à celle-ci, tous les hommes sont 
égaux; contrainte : soit accordée par Dieu, soit établie par la crainte du glaive, 
comme la royauté temporelle qui vous appartient en réalité, et par métaphore à 
ceux qui prélèvent les taxes et les impôts, qui vous sont soumis et vous présentent 
des dons : et celui qui se tient à leur tête doit s'en occuper par amour des richesses. 
Chez nous, la principauté résulte du consentement et du choix volontaire de la com- 
munauté, et nous la tenons pour un sacerdoce et non pour un principat : c'est ce que 
vous appelez « imamat' ». De même que l'imam prie le premier et exhorte à faire le 
bien, de même, le patriarche et les évoques se tiennent à notre tète et prient, 
excitent à observer la loi, et décernent les châtiments contre les délinquants : non 
pas les coups ou la mort, comme vous faites vous mômes, mais la déposition de son 
ordre s'il s'agit d'un évéque ou d'un prêtre, et s'il s'agit d'un séculier, il est chassé de 
l'Église. Nous ne ressemblons donc pas, ô roi, aux Gentils, et le dommage qui nous 
est causé par la destruction de notre principauté ne s'arrête pas à la richesse, mais 
atteint notre foi elle-même. Il nous est interdit par Dieu et nous ne nous préoccu- 
pons pas de partager l'autorité avec vous, mais d'empêcher nos lois d'être méprisées, 
(ce qui aurait lieu) s'il était accordé que quiconque le désire peut devenir chef. » 

Le roi dit alors : « Nous ne vous empêchons pas de déposer le délinquant, ni de 
récarter de son rang ; mais nous ne vous accordons pas (le pouvoir) de chasser de 
l'Eglise, ni d'exclure de la prière. » 

Il ordonna à son scribe de lire l'écrit du juge de Mossoul. Quand il commença 
[320] à lire, le roi se tourna vers moi et me dit ; « Ecoute, patriarche, et vois combien 
nous sommées patient à votre égard. » — Je ne pus m'empêcher de dire : « roi 
protégé (de Dieu) ! depuis des Jours, les gens de Mossoul sont à ta porte pour se 
plaindre de leur juge, qui les traite fort injustement ; si tu le permets : ils entreront, et 
tu entendras leurs plaintes. » — Et comme je m'efforçais de les faire introduire, il 
me dit : « Tu suffis h parler pour eux. » — Alors je dis : « Les Mossuliens disent qu'ils 
ont livré volontairement leur ville aux 'Taiyayê, et que celui qui s'en est emparé leur 
a promis par traité que leur église ne serait pas renversée, et que leurs lois ne 
seraient pas abolies ; or, ce juge a dévasté leur grande église et a fait cesser leurs 
lois. » — Alors le roi donna ordre à Yahia, chef des juges : « Si les Mossuliens 
démontrent devant toi que leur ville a été prise pacifiquement, permets-leur de gar- 
der les lois qui leur ont été concédées par celui qui l'a prise'. » 

Et il dit à notre sujet : « Il ne convient pas de nous occuper de vous. Cependant 
nous décrétons ceci : Si quelqu'un des évêques qui sont sous ta juridiction se 



I, Lire ; ov*.».l, i.UI. — 2. ov-^S». 



70 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

révolte contre toi, et s'il arrive du trouble à cause de lui, nous ordonnons que les 
biens de son église restent entre tes mains, et qu'il n'ait plus aucune administration 
dans ses églises, excepté qu'il y entre pour prier. » Et il ordonna à Ishaq, un des 
juges : « Vois; s'il est établi que Lazarus est soumis au patriarche, accomplis sa 
décision à son égard, et empêche Lazarus et ses compagnons d'exciter du trouble. » 
Et nous nous retirâmes ainsi d'auprès de lui. Il n'y avait personne qui m'aidât, 
sinon rEsprit(-Saint) qui conseille ceux qui soutiennent la lutte pour le Christ. Il 
était difficile pour lui, qui était roi, de s'avouer vaincu; mais nous apprîmes, après 
notre sortie, que nos paroles avaient été bien accueillies par lui. Les jurisconsultes 
disaient au peuple assemblé dehors : « Le discours de votre chef a plu au roi et à 
nous: Hous avons loué son courage; c'est pourquoi, attachez-vous à lui' et honorez- 
le, car nous n'avons jamais vu un chrétien aussi énergique que lui dans son apolo- 
gie ». — Ces choses eurent lieu au mois d'adar (mars) de l'an 1140. 



CHAPITRE [XV]. — Sur divers événements qui eurent lieu du temps des trois 
empereurs Romains dont les noms sont consignés dans les précédents cha- 
pitres; et sur la suite des événements ecclésiastiques, que le patriarche Dionysius 
a disposés très exactement dans son livre. 

J'ai été informé, dit le patriarche Dionysius, par un homme intelligent, de 
la ville impériale des Romains, dont la vie se prolongea sous les quatre empe- 
reurs, et qui était exactement au courant des récits qui les concernent ; il disait 
ce que nous avons rapporté nous-même plus haut ', à propos de Stauraci[us] : 
outre qu'il fut blessé à la cuisse par les Bulgares, il fut encore blessé d'un poison 
mortel par sa sœur Procopia, qui voulait, par le meurtre de son frère, assurer 
l'empire à Michel, son époux. Celui-ci ayant obtenu criminellement l'empire ne 
prospéra pas : les princes des Romains redoutèrent les filets de son astuce et 
étaient disposés à le tuer, parce qu'il dispersait l'or des trésors de leur empire. 
Michel, ayant eu connaissance du complot, s'ingénia pour sauver sa vie de la 
mort. 

Quand le stratège Léon revint victorieux de la guerre contre les Bulgares, 
l'empereur Michel sortit lui-môme à sa rencontre ; il avait pris avec lui la cou- 
ronne. Lorsqu'ils se rencontrèrent, Léon descendit de son cheval pour se pros- 
terner devant l'empereur; l'empereur descendit aussi lui-même et plaça la cou- 
ronne sur la tête de Léon en disant : « Reçois l'empire dont tu es digne », et il 
fléchit le genou devant lui et le vénéra; il ajouta et dit : « Tant que tu brilleras 
ainsi par la victoire, la couronne t'appartient. » — Gela plut aux Romains, et 



1. It*| o»3 o»a-l ; littér. ; « tenez-le par la main ». — 2. Cf. ci-dessus, p. 26. 



LIVRE XII. GHAP. XV 71 

Léon prit place sur le trône impérial'. Michel et sa femme rasèrent leurs têtes 
et se firent moines; [o21] les Romains mutilèrent leurs quatre enfants' : deux 
moururent et deux vécurent. 

Quand Léon commença à régner, et apprit que le patriarche qui était à Gon- 
stantinople avait renouvelé l'hérésie de l'adoration des images', il s'opposa à lui*. 
— Ce misérable' disait : « Il ne convient pas d'honorer les images des saints non 
plus que la Groix, car la Groix n'est pas supérieure aux images*. » Et il en vint à 
être si impie qu'il ne distinguait plus entre l'adoration rendue au nom de Dieu 
et à celui d'un homme \ et si quelqu'un suspendait la croix à son cou, il devait 
nécessairement y joindre une image. 

Tandis que l'empereur était en lutte avec le patriarche, une autre aberration 
survint chez les Romains. Il y avait dans la ville impériale une grande colonne, 
depuis les générations anciennes ; à cause de son excessive hauteur, personne 
ne pouvait s'élever jusqu'à son sommet. Il y avait sur son sommet une image d'ai- 
rain, ayant sur sa tête une couronne j et ils l'appelaient k Augustus Caesar ». Les 
Romains prétendaient, d'après leurs augures, que si la couronne qui était sur 
la tête de la statue était renversée la peste surviendrait dans la ville. Or, il arriva, 
à cette époque, que la couronne fut renversée. Il se trouva à peine un homme 
qui fût capable, par son adresse, d'y monter'. Le patriarche lui dit : « Prends 
avec toi ces médailles que je te donne; que personne ne le sache, et quand tu 
auras redressé la couronne, en descendant tu les montreras et tu diras qu'elles 
se trouvaient près de la statue. » : Il voulait par là prouver que l'adoration des 
images était ancienne chez les Romains. Quand cet homme descendit et mon- 
tra les images, l'empereur lui demanda s'il les avait vraiment trouvées près 
d'Augustus. Il dit qu'il les avait réellement trouvées là. L'empereur continua 
à l'interroger : « Étaient-elles exposées à l'air ou cachées dans quelque enve- 
loppe? » Il répondit: « Elles étaient exposées à l'air ». L'empereur ordonna 
de répandre de l'eau sur elles, et aussitôt les effigies disparurent, et il ne resta 
rien sur les faces. Alors, le mensonge fut dévoilé, et cet homme confessa que 



1. II est intéressant de voir comment ces événements étaient défigurés par les récits oraux des 
contemporains. Pour la suite des faits, cf. Hist. du Bas-Emp., LXVII, § li, lu. — 2. Ceci parait 
devoir s'entendre des enfants de Léon; cf. op. cif.,LXVIII, §xxvi. — 3. Les Orientaux, qui ont tou- 
jours honoré les images, ne s'expliquent la persécution iconoclaste qu'en supposant que les parti- 
sans des images voulaient qu'on les adorât et qu'on leur rendît le même culte qu'à la divinité. — 

4. Sur la persécution iconoclaste sous le règne de Léon, cf. Hist. du Bas-Emp., LXYIII, § x-xx. 

5. Le patriarche catholique Nicéphore. —6. C'est au contraire l'argument qu'on invoquait en faveur 
des images : s'il n'est pas permis d'honorer les images des saints, pourquoi honorer la croix qui 
n'est qu'une image? — 7. Entre le culte rendu à Dieu (XaTpéia) et l'honneur rendu aux Saints 
(SoyXiia). C'était l'opinion inexacte des Orientaux, cf. n. 3. — 8. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXIX, 
§ xxxur. Il s'agit de la statue équestre de Justinien sur la place de l'Augustéon. 



72 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

le patriarche lui avait appris (à faire cela). Sur l'ordre de l'empereur Léon, ce 
patriarche fut jeté en exil, et on établit à sa place TJieodotus', 

Dès lors, Tenjpereur Léon sévit avec véhémence contre les adorateurs des 
images : il fît tuer et massacrer beaucoup de notables des Romains'. 

Les grands, voyant qu'il était disposé à les faire tous périr, songèrent à se 
soulever contre lui et à le tuer pour établir Michel'. Léon, en ayant eu connais- 
sance, envoya se saisir de Michel qu'il fit mettre aux fers et emprisonner. Il était 
disposé à le faire tuer le Vendredi-saint ; mais (l'impératrice) sa femme demanda 
qu'il ne fût pas mis à mort ce jour-là. Michel, ayant appris la chose, fit dire aux 
chefs ses complices : « Si vous ne pouvez pas me trouver un moyen de salut, 
je ferai savoir que vous êtes mes associés dans le complot contre l'empe- 
reur ». [322] Les chefs furent effrayés; ils se jetèrent sur l'empereur Léon et 
le tuèrent, tandis qu'il se tenait au milieu du sanctuaire, après qu'il eut régné 
sept ans et demi*. 

Ils firent sortir Michel de prison et le firent régner sur eux. Celui-ci était 
d'origine juive, de la ville d'Amorium'; son grand-père s'était fait chrétien. 
Quand il eut régné quatre ans, sa femme Thécla mourut; alors, il fit sortir du 
monastère la fille de la fille de Constantinus", et la prit pour femme. Et comme 
ceux qui se sont mariés deux fois ne peuvent régner sur les Romains\ ils pla- 
cèrent la couronne sur la tête de son fils Theophilus. Michel vécut encore 
quatre autres années après l'inauguration de son fils; mais il ne portait plus la 
couronne, et ne siégeait plus sur le trône impérial. Quant au fils qui lui naquit, 
celle qui l'avait enfanté réfléchissant' que « tout en étant la petite-fille" de l'im- 
pératrice Irène, elle nourrissait un fils de race juive et corrompait la souche im- 
périale », elle fit périr astucieusement son fils. Après la mort de Michel, elle rasa 
de nouveau sa tête et rentra au couvent. — C'est ainsi que régna Theophilus. 

S'il est vrai que saint Jean (Chrysostôme) interprétant la parabole de Lazare fut 
acacé en voyant que le discours sur ce sujet se prolongeait, de sorte qu'il dit*": 
« Voici quatre jours que nous vous parlons sur la parabole de Lazare », alors qu'il 
s'agissait d'un homme que l'Evangile déclare juste et prédestiné au sein d'Abraham, 
comment ne serait-il pas fastidieux pour nous de prolonger le discours sur celui qui 
lui ressemble par le nom, mais non par les œuvres, si ce n'était que nous parlons de 
lui, non parce qu'il mérite que nous nous fatiguions à son propos, mais pour exposer 
comment le roi donna ordre à notre sujet et ne causa aucun mal à l'Eglise, par la 



1. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXVIII, § xviii. — 2. Ihid., g xx. — 3. Michel II le Bègue. — 4. Sur 
cette révolution, voir op. cit., LXVIII, § xxiii-xxv. — 5. Op. cit., § xxvii. — 6. Euphrosyne, fille de 
Constantin Porphyrogénète et de Marie ; cf. op. cit., LXVIII, § xlix. — 7. Opinion des Orientaux; cf. 
t. II, p. 518. — 8. Lire: ^.li ; BH : Ûu4,. — 9. BH : »!.;= tp.— 10. Cf. Pair. Gr.,t. XL VIII, 1017. 



LIVRE Xir. GHAP. XVI 73 

bonté de Dieu. Pour nous, nous ordonnâmes un autre évêque à Bagdad, à la place 
de Lazarus, et l'église de cet endroit fut unie'. 

Au mois de tesrin (oct.) de l'an 1141, nous partîmes de Bagdad. A Tagrit, les 
[S21] habitants nous contraignirent de nous arrêter et de les délivrer de Basilius. Ils 
l'accusaient de beaucoup de choses; et même, après avoir été chassé par les païens, 
il les troublait par ses lettres, et les excitait à la haine les uns contre les autres et 
contre nous. Nous voulions tenir une assemblée à son sujet h Mossoul ou à Balad, 
quand nous apprîmes qu'il était malade dans le couvent, (situé) hors de Balad, qu'on 
appelle des 'Anîqayè. Nous lui envoyâmes trois évoques qui le trouvèrent atteint du 
mal du cancer^ ayant tout un côté du visage dévoré, puant, les joues* décharnées. 
Ils le considérèrent de loin, à cause de l'odeur fétide. Il répondit en balbutiant, de 
dessous le voile qui était étendu sur son visage : « Allez dire aux évêqucs que je vais 
bien, et que je viendrai prochainement près d'eux. » Et lorsqu'ils demandèrent à 
voir son visage, il ne le leur permit pas. Quand ils nous eurent rapporté toutes ces 
choses, nous fûmes stupéfaits de voir qu'il n'abandannait pas son orgueil, même au 
moment de sa mort, et ne s''humiliait pas sous la main puissante de Dieu. 

Un jour après, il quitta la vie. Nous ensevelîmes son corps, et ce fut une joie pour 
ses ennemis, surtout pour tous les Orientaux, qui furent délivrés des querelles qu'il 
fomentait parmi eux. Sa mort nous procura aussi la paix à nous-même, car nous étions 
fort tourmenté (craignant) qu'il ne séparât de nous les Orientaux [«>22] par sa calom- 
nie'. Alors, nous appelâmes Daniel, du monastère de Blr-Qoum, et nous l'ordon- 
nâmes métropolitain de Tagrit, — Pour nous, nous partîmes pour la Syrie, au mois 
de kanoun i^'^ (déc.) de l'année 1141. 

En cette année mourut Mar Jacques, pape d'Alexandrie, et Mar Siméon prit sa 
place; celui-ci mourut après avoir exercé le patriarcat seulement pendant six mois, 
et Mar Joseph fut ordonné patriarche '. — Fin. 



CHAPITRE [XVI]. — De l'époque à laquelle l'empereur des Romains, Theophi- 
lus, envahit la Petite Arménie et engagea la guerre avec les Taiyayê. Des 
événements ecclésiastiques qui eurent lieu à cette époque. Du faux Antéchrist 
représenté par un insensé qui eut quelque célébrité et fut ensuite démasqué^. 

Theophilus, empereur des Romains, en voyant que les Bulgares avaient fait 
leur soumission, et que les Khourdanayê s'étaient séparés des Taiyayê et 
étaient venus se réfugier près de lui, pensa qu'avec leur concours il pourrait 



1. Lire : ij»-!.) ; le ms. porte : « fut renouvelée » • et l'ar. de même. — 2. Littéral. : « la chair des 
dents ». — 3. Ou « par son orgueil» (?). — 4. Cf. Renaudot, Hist, patr. Alex., p. 273, 277. 
5. 11 n'y a rien dans ce chapitre qui réponde à cette mention. 

m. iO 



74 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEiN 

écraser les Arabes. — Il s'avança dans le pays des Taiyayé, et mit le siège 
contre Zoupatra '. Ils appliquèrent des échelles et montèrent, tuant et se fai- 
sant tuer, et s'emparèrent de la ville. Quand les Romains et les Barbares qui 
étaient avec eux s'en furent rendus maîtres, ils massacrèrent sans pitié les 
hommes, les femmes et les enfants. Ils dépouillaient très cruellement les 
femmes qu'ils emmenaient nues en captivité. Après avoir pillé la ville, ils l'in- 
cendièrent et s'en allèrent. Les Taiyayè vinrent la rebâtir. 

L'année suivante', le patrice Manuel se révolta contre l'empereur Theophi- 
lus; il vint trouver Mâmoun, roi des Taiyayé, et le détermina à entrer dans le 
pays des Romains. 

Quand (le roi) vint à Harran", il empêcha la destruction de deux églises, et 
défendit qu'en aucun endroit une église fût démolie sans sa permission. Ayant 
entendu parler de la magnificence de l'église d'Edesse, [623] il alla la voir. Il 
interrogea l'évêque : « Quel est le revenu de cet édifice? » On lui apprit que la 
plus grande partie de ce (revenu) était absorbée par le tribut qui lui était 
imposé, et le roi ordonna que les hôtelleries, les boutiques et autres bâtiments 
analogues ne paieraient pas le tribut. Ce décret parut pour tout le Djézireh; 
mais bientôt après les Taiyayé l'abolirent. 

Mâmoun envahit le Beit Roumayé au mois de haziran (juin) ; il s'empara de 
quatre forteresses en Cappadoce, et retourna hiverner à Damas. 

Au mois de 'iyar (mai) de l'année 1142, il pénétra de nouveau dans le Beit 
Roumayé; il assiégea la forteresse de Loulon*, dont il ne put s'emparer, et 
revint à Kaisoum. Là, le patriarche Dionysius le rencontra. 

Ayant appris que l'Egypte s'était révoltée, il alla à Damas, en l'an 1143, et il 
envoya deux généraux, Khaïr* et Aphsin, pour reconquérir l'Egypte. 

Il apprit que la forteresse de Loulon avait été prise par 'Odjeif\ à qui les 
habitants, opprimés par la famine, s'étaient livrés par un traité de paix. 

A cette époque, le patrice Emmanuel abandonna les faiyayé et retourna près 
de Theophilus, empereur des Romains; Mâmoun en l'apprenant jura : « J'en- 
trerai*, et je soumettrai les Romains! ». — Theophilus l'apprit et fut effrayé; 



1. Les Syriens écrivent indistinctement Zouhatra et Zoupatra. Su^oitéTpaç, ZarrsTpov, chez les auteurs 
byzantins. Noter qu'il s'agit ici d'une première prise de la ville; comp. ci-dessous, p. 88-89; la con- 
fusion entre les deux événements a été cause de nombreuses erreurs chronologiques; voir la note 
suivante. Cf. Hist. du Bas-Emp., t. XIII, p. 135, n. 2. — 2. Sur la fuite de Manuel, cf. Hist. du 
Bas-Emp,, LXIX, § xvir, xviii, et pour la date, Gesch. der Chai,, II, 297, n. 1. Si l'on ajoute foi à 
notre auteur, quicite sans doute Denys de TelL-nahrê, contemporain des événements, on doit ad- 
mettre la date de 829. — 3. Selon El-Macin, en 830 (trad., p. 174). — 4. AoûXov (Cedren.); cf. Hist. 

du Bas-Emp,, t. XIII, p. 91, n. 8, 9. — 5. j->.». — 6. 'Odjeif ibn 'Anbasa. — 7. Notre auteur emploie 
indistinctement les formes Manuel et Emmanuel. — 8. \>\ ^Ik, 



LIVRE XII. CHAP. XVI 75 

il envoya trouver Mâmoun pour traiter de la paix et donner le tribut. Mâmoun 
répondit : « Je ferai la paix à condition que vous vous soumettrez à moi^ que je 
régnerai sur vous et que vous paierez un tribut chaque année, quelle que soit 
sa quantité, car je ne discute pas sur la plus ou moins grande quantité' ». 
[6M] Quand l'empereur des Romains vit la réponse du roi des Taiyayê, qui res- 
semblait à celle de Nahas l'ammonite ^ il garda le silence et ne répondit plus. 

Mâmoun alla en Gilicie. Un Romain, [qui disait' être] de la race impériale, vint 
le trouver et lui demanda de le faire régner. Mâmoun accueillit les paroles' de 
cet imposteur. Il ordonna à Job ^, patriarche des Chalcédoniens d'Antioche, de 
le sacrer empereur, car il avait entendu dire qu'un empereur n'était point 
établi sans le patriarche. Après avoir récité sur lui les prières, il lui mit une 
couronne dont l'or et les pierres précieuses valaient trois mille dinars. Quand 
les gens de Constantinople l'apprirent, les évoques s'assemblèrent et excom- 
munièrent le misérable Job leur coreligionnaire. Celui qui avait commencé à 
régner ne prospéra pas, car personne ne vint à lui. Après être demeuré 
deux ans dans le camp des Taiyayê, il se fit musulman, à l'instigation d'Abou 
Ishaq', blasphéma le Christ et profana les mystères des Chrétiens''. 

Mâmoun s'empara de plusieurs forteresses dans le Beit Roumayê, pacifique- 
ment et par des présents abondants, et, au mois d'éloul (sept.), il revint pour 
hiverner dans la région de Kaisoum. Il donna l'ordre de démolir le mur de 
Gyrrhus, de Qennésrîn, et de toutes les forteresses qui étaient dans toute la 
Syrie et la Mésopotamie. 

Depuis le commencement de l'année 1144 (oct. 832) jusqu'au mois d'adar 
(mars 833), le roi Mâmoun était campé à Sâlous', et les hommes eurent à subir 
de nombreuses afflictions à cause des réquisitions de blé et de paille qu'ils de- 
vaient apporter au camp ; et la plus grande partie de ce qui fut rassemblé se 
gâta par l'humidité de la pluie et de la neige. 

Quand le roi Mâmoun fut prêt à envahir de nouveau le Beit [323] Roumayê, 
il commença à réunir des troupeaux de chameaux, et une foule de maux 
pesèrent sur les propriétaires de ces animaux. A cause de la quantité d'afflic- 
tions qu'il fit passer sur les hommes, Mâmoun était maudit de tout le monde. 
Son fils 'Abbas' établit que dans la perception, le tribut des pays serait donné 



1. Littéralement : « de magnitudine aut parvitate litem non moveo ». — 2. I Beg., xi, 2. — 
3. Suppl. ; î»lj (BH). — 4. U.». — 5. « Anno 1° chalifatus Al Mamunis constitutus lob patriarcha 
Antiochenus, qui annos 31 sedit » (Euttchii, Ann., éd. Pococke, II, 428). Cf. Or. Christ., II, 747. 
6. Cedrenus rapporte la même chose de Thomas, dont il a été parlé plus haut (p. 37); cf. Pair. 
Grseca, t. CXXI, col. 961. — 7. Frère et successeur de Mâmoun. — 8. « Eodem anno (217 H. — 832) 
abiit Almamon Salusum » (El-Mactn, trad., p. 175). Ms. : Sâl'as ; lire >ao&i.[ta -^ ar. |j»JL 
(Yaqout, s. p.). — 9. Il avait été nommé gouverneur de ]a Mésopotamie en 828 (El-Macik, 
Hist. sarac.,, trad., p. 173). 



76 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



par les préfets, et chacun, à raison de ce qu'il l'augmentait, obtenait de faire 
comme il voulait'. 

Au mois de 'iyar (mai), Mâmoun entra dans le Beit Roumayêj il réunit des 
ouvriers pour rebâtir Tyane, qui avait été détruite par les Taiyayê. 

Mâmoun tomba malade et mourut au mois de tamouz (juill.)' de Tan 1144. — 
Fin. 



Le patriarche Dlonysius dit' : Bien 
des fois quand nous voulons parler du 
pays d'Occident nous employons le nom 
de Syrie, et celui de Mésopotamie ou 
Beît Nahrîn* quand nous faisons men- 
tion du Djézireh. Et nous voyons des 
gens simples qui n'observent pas cela, 
mais qui appellent le pays de Mésopota- 
mie « Syrie proprement dite », et sur- 
nomment ceux qui habitent à l'occident 
de l'Euphrate « Syriens » par métaphore 
(seulement). 

C'est pourquoi, nous devons faire sa- 
voir que le nom de Syrie est un nom 
générique qui se divise en deux espèces. 
On appelle proprement Syriens ceux qui 
habitent dans la région à l'occident de 
l'Euphrate, laquelle s'étend en longueur 
depuis le mont Amanus, qui est au nord 
d'Antioche, jusqu'aux confins de la ré- 
gion de Palestine, vers le sud; et en lar- 
geur, depuis la mer jusqu'au fleuve de 
l'Euphrate. Pourquoi a-t-elle été appelée 
Syrie? Apprenez-le. 



En cette année 1141, tandis que Mâ- 
moun, roi des Taiyayê, était à Kaisoum, 
Mar Dionysius vint vers lui pour le ren- 
contrer ; et comme le roi partit précipi- 
tamment pour Damas, le patriarche s'y 
rendit aussi avec lui. Là, par l'intermé- 
diaire de Lazarus mardanaya*, les pré- 
sents, c'est-à-dire les «via, qu'il avait 
amenés, furent acceptés. 

Le roi manda au patriarche" : « Reste 
ici, pour venir avec nous en Egypte; car 
nous voulons que tu ailles comme am- 
bassadeur près des Biamayê', dans l'E- 
gypte inférieure, afin qu'ils se détour- 
nent de la rébellion qu'ils ont manifestée 
et reviennent h la soumission. » 

Au mois de sebat (févr.)', le roi entra 
en Egypte, et le patriarche Mar Diony- 
sius y entra avec lui, pour la seconde 
fois, nomme 11 l'écrit lui-même en di- 
sant : 

Quand nous parvînmes à la ville de 
Farma\ [^823] première de l'Egypte, le 
roi me fit appeler par Fadhl, directeur 



1. Ije sens paraît être que les préfets furent chargés de la perception de l'impôt, sous leur propre 
responsabilité, et s'appliquèrent à l'accroître pour se faire bien voir du prince. — 2. Selon les au- 
teurs arabes, le jeudi 19 redjeb de l'an 218 (7 août 833). 

3. Cité dans la compilation publiée par Rahmani, Chronicon civile et ecclesiasiicuin (1904), p. 58. 
— 4. Traduction syriaque du grec; littér. : inter flumina. 

5. Cf. ci-dessus, p. 67, n. 3. — 6. Ce n'est pas à l'occasion de sa visite en 1141 (830) que Denys 
fut emmené en Egypte, mais deux ans plus tard, cf. ci-après n. 8. — 7. Sur ce peuple, cf. Quatke- 
MÈUE, Recherches sur la langue et la littéral, de l'Egypte, Paris, 1808, p. 173 et suiv, — 8. Année 
1143(832) d'après El-Mactn (trad., p. 174); cf. ci-dessous, p. 79. — 9. L'antique Péluse. 



LIVRE XII. GHAP. XVI 



77 



Du temps [S23] où les Israélites étaient 
fixés en Egypte, deux frères parurent 
dans cette contrée. L'un d'eux s'appelait 
Syros, et l'autre Cilikos. Comme cha- 
cun d'eux était possédé de l'ambition 
du pouvoir, ils en vinrent à se querel- 
ler. Alors, Cilikos s'en alla avec ses 
troupes dans la région située au-delà' 
du mont Amanus, qu'on appelle aujour- 
d'hui Montagne Noire', et régna en ce 
pays qui fut surnommé de son nom : 
Cilicie'. Syros s'empara de la région si- 
tuée à l'occident de l'Euphrate, et elle 
fut surnommée de son nom : Syrie. En- 
suite, elle fut partagée en plusieurs 
royaumes. 

J'ai voulu dire cela, parce que quel- 
ques-uns disent : « Il n'y a point eu 
de roi des Syriens ». Mais quand les 
Israélites furent entrés dans la Terre 
promise et formèrent un royaume dis- 
tinct, et quand les Tyrlens (formaient) 
aussi un royaume particulier, les Idu- 
méens qui régnèrent à Damas étaient 
appelés rois des Syriens, comme nous 
le trouvons dans les Ecritures selon la 
version des Septante. Il est écrit au 
livre des Rois ainsi* : « Bar Hadad, roi 
de Syrie, rassembla ses troupes et monta 
contre Samarie »; et encore' : « Les 
serviteurs du roi de Syrie lui dirent : 
« Le Dieu d'Israël est le Dieu des mon- 
tagnes et non pas le dieu des profon- 
deurs » El encore* : « Le roi d'Israël 
dit à ses serviteurs : ne savez-vous pas 



des affaires royales Quand j'entrai, il 
me tendit la main, selon l'usage, et me 
dit : « Tu as appris, ô patriarche, la ré- 
volte des chrétiens égyptiens qu'on ap- 
pelle Biamayê. Il ne leur suffit pas de la 
première dévastation qu'ils ont subie'. 
Et si ce n'était que je suis miséricordieux 
et que je ne médite pas le massacre', je 
ne leur enverrais pas un homme comme 
toi. Mais, prends les évêques qui sont 
avec toi et des évêques égyptiens, et va 
les trouver; traite avec eux h condition 
qu'ils livrent les rebelles et qu'ils vien- 
nent avec l'armée où je voudrai, et je les 
ferai habiter là; sinon, je les ferai périr 
par le glaive. » Quand je lui eus longue- 
ment parlé de soumission et de les lais- 
ser dans leur pays, il répondit : « Non ! 
qu'ils sortent ou qu'ils soient mis à 
mort. » Et aussitôt, il ordonna que le 
patriarche d'Egypte vînt avec moi. Nous 
allâmes par eau, et huit jours après, le 
patriarche Joseph vint nous trouver, 
pour entrer avec nous. 

Aussitôt nous descendîmes dans le 
Basrout^, qui est le canton des Biamayê. 
Nous les trouvâmes réunis et protégés 
dans une île environnée de tous côtés 
par les eaux, les joncs et les roseaux. 
Alors leurs chefs sortirent près de nous . 
Quand nous les blâmâmes de la révolte 
et des massacres qu'ils avaient faits, ils 
en rejetèrent la faute sur celui qui domi- 
nait sur eux. Quand ils apprirent qu'ils 
devaient sortir de leur pays, ils furent 



1. Par rapport à l'auteur qui est eu Mésopotamie. — 2. t>aSol \io.y, — H. I^ire : )^ai^.^ ; ms. : 
Qilia. — 4. IV Reg., vi, 24. — 5. III Reg., xx, 23. — 6. III Reg., xxn, 3. 

7. Dans la première répression faite par les généraux d'Abou Ishaq ; cf. Eutyghii, Annales, éd., 
Pococke, II, 428. — 8. Itg^a. — 9. Pour l'orthographe, cf. Quatremère, op. cit., p. 171, 



78 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



que Ramat Gale'ad est à nous? néglige- 
rons nous de la reprendre des mains du 
roi de Syrie? » — Donc, ceux qui sont 
à Toccident de l'Euphrate sont propre- 
ment les Syriens, et , par métaphore 
[524] on appelle Syriens ceux qui par- 
lent la langue araméenne, soit à l'occi- 
denl soit à l'orient de l'Euphrate, c'est- 
à-dire depuis la mer jusqu'à la Perse. 
Et dans cette région, il y eut de nom- 
breux rois : à Edesse, ceux de la famille 
d'Abgar; dans le 'Araba, ceux de la fa- 
mille de Sanatrouq, qui régnaient dans 
la ville de liatra * ; à Ninive, ceux de la 
famille de Bel et de Ninus; à Babylone, 
ceux de la famille de Néboukadnaçar, 
qui parlait la langue araméenne, comme 
on le voit' par le songe et l'interpréta- 
tion de l'image'. 

Nous avons dit ces choses pour mon- 
trer que les Syriens sont proprement 
les Occidentaux, et les Mésopotamiens, 
c'est-à-dire ceux qui sont à l'est de l'Eu- 
phrate', et que la racine et le fondement^ 
de la langue syrienne, c'està dire ara- 
méenne, est Edesse. 

En l'an 1141, il y eut une grêle vio- 
lente qui détruisit les récoltes. Ensuite 

vint la sauterelle qui dévora les vignes et les oliviers ; elle causa des dégâts, et dé- 
posa ses œufs, et l'année suivante elle dévora tout : récoltes, vignes et arbres, 

La troisième année, qui fut l'an 1144, il y eut de la neige et un froid rigoureux. 



consternés et nous prièrent d'envover 
au roi pour demander qu'ils puissent se 
rendre près de lui et lui raconter tout 
ce qu'ils [o24] avaient supporté. Ils di- 
saient qu'Abou '1 Wezîr', les condamnait 
à un tribut beaucoup trop considérable; 

qu'il les emprisonnait dans les ' 

et que quand leurs femmes venaient 
pour leur passer de la nourriture, ses 
serviteurs s'emparaient d'elles et les 
violaient; qu'il avait tué un grand nom- 
bre d'entre eux, et avait l'intention de 
les faire tous disparaître, afin qu'ils ne 
se plaignissent pas de lui au roi. C'est 
lui qui avait poussé 'Aphsin h envoyer 
dans leurs villages pour les faire venir 
à ce camp, et pour tuer les hommes. 

Or, il arriva que les soldats rencon- 
trèrentune femme et s'emparèrentd'elle 
pour la violer. Quand elle cria et poussa 
des clameurs, ceux qui étalent dans l'île 
entendirent sa voix, sortirent précipi- 
tamment et engagèrent le combat, tuant 
et se faisant tuer; et pour ce motif, la 
paix fut rompue et cessa totalement. — 
Fin. 



\, Ms. : Natîra, et de même dans l'éd. de Rahmani; lire: \i^. BarBatiloul, éd. Duval, col. 893; 
a't^uei 1;^*. ; cf. Hoffmann, Auszûge aus Àkten persischer Màrtyrer, p. 185. — 2. Littér. : « à 
cause du ». — 3. Cf. Dak., iv, v. — 4. Même rédaction dans le Chron. civ. et eccL ; on s'attendrait 
à lire « et, par extension, les Mésopotamiens... ». — 5. Rahmani : 01È^e|^J.. 

6. Je lis ;'|aX osl romme plus bas, texte, p. .'525, 1. 24. Toutefois l'ar. a exactement la même 
leçon que notre nis., et le nom demeure incertain — 7. Le ms. porte « dans les nuits >•, et l'arabe 
de même : 0:>.p^la; ce qui ne paraît pas donner le sens attendu. Le mot est peut-être altéré. Dans 
la vie du patr. Joseph (Quateemèee, op. cit., p 156), on lit : « enchaînés dans les moulins, ils étaient 
chargés de coups et contraints de moudre le grain comme des bêtes de somme ». 



LIVRE XII. GHAP. XVIF 79 

L'Euphrate et les autres fleuves gelèrent, de sorte qu'on pouvait les passer à pied; 
les poissons périrent et furent rejelés dehors; le vin se congela dans les vases. 

A cette époque, Mâmoun entra en Egypte, et le patriarche avec lui. Ils trouvèrent 
le Nil gelé : ce qu'on n'avait jamais entendu dire. 

En l'an 1144, il y eut une grande famine dans le Khorasan, pire que celle de Sama- 
rie'; le froment se vendait 130'zouzé le modius. Ils faisaient moudre les glumes de 
la paille, en faisaient de la farine [S25] et la faisaient cuire. Ils dépeçaient même les 
palmiers, les faisaient sécher, les pilaient dans un mortier, -et ensuite les faisaient 
moudre et en faisaient du pain ; ils recueillaient les noyaux des dattes, les broyaient et 
les mangeaient. On trouva une femme qui égorgea son enfant et le fit cuire dans une 
marmite pour le manger. On s'empara d'elle et elle avoua qu'elle en avait déjà mangé 
plusieurs : on la mit h mort. Dans une hôtellerie, un étranger mourut : hommes et 
femmes s'assemblèrent, coupèrent sa chair en petits morceaux et la dévoraient avec 
satisfaction sans même l'avoir fait cuire sur le feu. Nous avons appris ces choses d'un 
prêtre pieux qui vint nous trouver de la ville d'Aphrah, dans le Khorasan, en vue 
d'obtenir pour eux un évèque'. 



CHAPITRE [XVII] qui est tout entier consacré au récit sur le pays d'Egypte, 
écrit par le patriarche Dionysius, relativement aux choses qu'il y vit [lors- 
qu'il s'y rendit) avec le roi Mâmoun. 

Le bienheureux disait : Quand nous parvînmes près du général Aphsln et lui 
fîmes savoir que les rebelles étaient persuadés, il nous répondit : « La paix est 
rompue. Allez, et dites au roi qu'il n'y a pas de paix possible. » Et ils commencèrent 
la guerre. Ils mirent le feu aux villages, aux vignes, aux jardins, aux églises de tout 
le canton. Les Biamayê, de leur côté, transperçaient les Persans à coups de javelots 
ou de lances, du milieu des flots'. Ils amenèrent leurs voisins, les excitèrent contre 
eux, et se mirent à tuer et à se faire tuer". 

Quand nous arrivâmes près du roi, je lui racontai tout, et je lui fis connaître l'in- 
justice (commise à l'égard) des Egyptiens et l'iniquité d'Abou'l Wezîr *, qui avait 
empêché la paix, et que les gens du pays se plaignaient de lui et de deux autres. 
Comme il m'écoutait attentivement, je fus emporté par le zèle qui me possédait 
jusqu'à oser le blâmer. Je pris Dieu à témoin contre lui, et je lui rappelai le compte 
qu'il devait rendre à son Seigneur pour le troupeau qui lui avait été confié. Je me 



1. Cf. m /îeg'.,XTni. — 2. Peut-être faut-il lire '^a « 30 zouzê «, au lieu de "^ (130) ? — 3. Le 
patriarche Denys ordonna en effet un évêque, nommé David, pour Aplirah. Voir les listes de 
consécrations épiscopales, à la fin de ce volume. 

4. WXy). — 5. Même sens ambigu dans l'arabe. — 6. Peut-être « Abou 'Ozeir »; et. p. 78, n. 6. 



80 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

rappelai la parole du prophète qui dit' : « Je parlais dans la justice devant les rois, 
et je ne rougissais point. » Quand j'eus terminé, il me dit : « Ce n'est pas par ma 
volonté que les préfets ont agi ainsi. Je ne songe point à accabler les hommes. Et si 
j'ai pitié des Romains qui sont mes ennemis, comment n'aurais-je pas pitié de mes 
sujets? Si Dieu le veut, je redresserai toute chose. » Le lendemain, son secrétaire, 
qui était l'examinateur de ceux qui étaient maltraités, me fit appeler pour lui faire 
le récit de l'injustice des préfets de l'Egypte, afin qu'il entrât de nouveau la répéter 
devant le roi, et devant Abou Ishaq' dont ils étaient les préfets. Pour moi, je redou- 
tais Abou Ishaq qui était sans pitié. Mais je me pris à songer : « Convient-il de 
craindre Dieu ou un homme? «, et je répétai toute 1 histoire, et j'ajoutai d'autres 
choses que j'avais oublié de dire au roi '. 

Ensuite, le roi me congédia, pour que je retourne à Damas. 

Je consignerai donc les choses que j'ai vues en Egypte. Mais qu'elles ne soient 
pas pour les auditeurs un motif de relâchement, mais bien de vigilance et de crainte. 

Nous avons trouvé le pape Mar Joseph, des évoques et un peuple chaste, humble, 
riche de l'amour divin, et nous étions si grands h leurs yeux qu'ils nous attribuèrent 
toute la prééminence*, c'est-à-dire la primauté d'honneur, soit spirituelle soit tem- 
porelle, qui est due au pape* dans le pays, pendant le temps que nous habitâmes 
parmi eux. Mais nous avons vu chez eux des usages indignes de leur vertu, et éloi- 
gnés de ceux de Cyrillus, de Dioscorus, de Timotheus, qui ont réglé les canons de 
cette Église. 

D'abord, l'étude des saintes Écritures a disparu parmi eux, et surtout parmi les 
moines qui sont dépourvus de ce bienfait; pour les plus pieux d'entre eux l'exercice 
consiste dans le travail des mains et la récitation des psaumes qui s'y ajoute'. Ceux 
qui aspirent aux fonctions sacrées ne se préoccupent point d'acquérir la science et 
la connaissance nécessaire, mais de recueillir l'or, prix de la dignité qu'ils doivent 
recevoir. A moins de 200 ou 300 dariques, personne ne peut parvenir à l'épiscopat. 
S'il se trouve un homme qui possède la science et une conduite vertueuse, mais ne 
possède pas [326] d'argent, il est impossible qu'il parvienne chez eux à la dignité 
épiscopale. Nous les blâmâmes et leur fîmes des reproches à ce sujet. Le pape s'excusa 
près de nous en disant : « A cause de la dette dont est grevée l'Église d'Alexandrie, 
nous en sommes réduits à cette pratique, et sans les ressources de cette espèce nous 
ne pourrions la payer. » Quand je lui exposai que cette pratique était contraire aux 



1. Cf. Ps. cxviit, 46. — 2. Mo'taçim, frère du roi, qui avait été nommé gouverneur de l'Egypte 
en 828 (El-Macin, trad. p. 173). — 3. Sur toute cette campagne contre les Biamites, cf. Gesch. der 
Chai., II, 242; Quatremère, op. cit., p. 152 et suiv. — 4. TtpoTi'jjiriiTi;. — 5. Au patriarche d'Alexan- 
drie ; cf. t. II, p. 185, n. 1. — 6. Ainsi d'après le ms., mais l'ar. n'a pas rendu le mot (uwjia.,; s'il 
doit être maintenu, je corrigerais volontiers d^j; « et ils négligeaient (litt. ; faisaient rare) la réci- 
tation des Psaumes ». 



LIVRE XII. CHAP. XVII 81 

canons apostoliques, et que celui qui reçoit le sacerdoce par des présents mérite la 
déposition aussi bien que celui qui l'ordonne, (il répondit) : « Certainement ce serait 
odieux de recevoir quelque chose pour l'ordination; mais nous disons h celui qui est 
ordonné de délivrer quelqu'une des choses de l'Eglise qui sont mises en gage ». 
Pour moi, je souris, au lieu de pleurer, et je dis à leur naïveté ce que le Christ ré- 
pondit à ses disciples lorsqu'ils lui dirent : « Nous avons avec nous deux glaives » ; 
il répondit : « Ils suffisent' », 

Ils ne baptisaient point les garçons de moins de quarante et les filles de moins de 
trente jours', et pour cela beaucoup d'enfants mouraient sans baptême. En beaucoup 
d'autres choses ils s'écartaient des canons. Nous écrivîmes une charte que nous leur 
donnâmes. 

Nous vîmes là les stèles dont parle Jérémie % qui sont érigées à Héliopolis, ville 
royale des Égyptiens, dont Poutiphra ', le beau-père de Joseph, était prêtre. Chacune 
d'elles est formée d'une seule pierre, longue de plus de 60 coudées, large et épaisse 
de six coudées ; la base sur laquelle elle est érigée a dix coudées, de sorte que la hau- 
teur totale est de 70 coudées. Des figures des dieux des païens sont gravées sur elles, 
• depuis le haut jusqu'en bas, ainsi que des écritures hiératiques que personne ne peut 
lire. Chose digne d'admiration : elles ne sont pas de pierre tendre, mais d'une espèce 
de marbre. Que sont en comparaison de celles-ci les Tpt'XiGot de l'autre Héliopolis, 
c'est-à-dire de Ba'albek, qui passent pour une des sept merveilles du monde*? Car, si 
elles sont une merveille, chacune de ces (pierres) n'a cependant que 40 coudées de 
longueur; celles qui sont en Egppte en ont plus de 60. L'esprit est stupéfait en son- 
geant comment elles ont été taillées, par quel moyen elles ont été amenées dans cette 
plaine, et par quel artifice on a pu les dresser et les placer sur leurs bases, alors que 
mille hommes réunis ne pourraient pas les soulever de terre d'un doigt. Elles ont à 
leur sommet comme des chapeaux d'airain blanc, semblables au casque que les sol- 
dats mettent sur leur tête dans le combat ; chacun d'eux pèse plus de mille litre. Et 
bien que, depuis l'époque de la venue du Christ, cette ville fût ruinée, ni les Égyptiens, 
ni les Arabes cupides n'ont pu monter et faire tomber cet airain, comme ils ont pris 
celui du Colosse de l'île de Rhodes, que les Taiyayè ont renversé et brisé et dont ils ont 
retiré 3 mille charges (d'airain)^ — Si quelqu'un dit ; « Comment Jérémie a-t-il pu 
prophétiser' du Christ qu'il briserait les stèles de Beit Sèmes, alors qu'elles ne sont 
pas brisées? » que celui-là sache que le Christ a fait cesser et a brisé le culte qui leur 
était rendu comme h des divinités; mais il les a laissées comme signe aux générations 
futures, afin que les chrétiens sachent combien était puissant le pouvoir du démon 
sur les hommes, puisque ses adorateurs ont fait un si grand effort en l'honneur de 
son culte. 

l.Luc, xxn, 38, — 2. Même leçon dans Barhébr., il faut peut-être lire « quatre-vingts ». Cf. 
les observations des éditeurs, Chron. eccl., I, 375, n. 3, 4. — 3, UJaUJ rill m3ÏO (Jer., xlhi, 13). 
— 4. Cf. tome II, p. 179 et 262. — 5. Cf. tome II, p. 442. — 6. Jer., loc. cit. 

III. 11 



82 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

II y avait encore dans cette ville plus de cinq cents stèles dont les images étaient 
effacées, qui sont érigées et dressées dans ses rues et en dehors de ses portes; cha- 
cune d'elles a 40 coudées. Nous avons compris que c'était la métropole de tous les 
lieux de culte des idoles. 

Nous avons vu aussi en Egypte ces Pyramides dont le Théologien « fait mention 
dans ses Discours. Ce ne sont point les greniers de Joseph, comme quelques-uns l'ont 
pensé, mais des temples' dignes d'admiration qui sont bâtis au-dessus des tombeaux 
des premiers rois, toutefois, obliques et massifs, et non pas creux et vides; ils n'ont 
point d'intérieur, et aucun d'eux n'a de porte. Nous avons remarqué sur le côté de 
l'une d'elles, une fissure, et nous avons constaté qu'elle est profonde d'environ 
50 coudées. Nous avons trouvé que les pierres étaient compactes et ont été ensuite 
brisées par les hommes qui ont voulu voir si les pyramides étaient creuses ou non. 
La dimension de chacune d'elles est de cinq cents coudées de longueur, cinq cents 
de largeur et 250 de hauteur. Elles sont appelées [327] « pyramides », parce qu'elles 
sont obliques dans leur forme, car étant larges de cinq cents coudées à la base, elles 
se terminent par une seule coudée au sommet. Chacune des pierres de leur construc- 
tion est de cinq ou de dix coudées sur toutes les faces. Elles apparaissent de loin 
comme de hautes collines. 

Nous avons vu dans leur voisinage une pierre, comme une colline et un tell arrondi, 
tout entière sculptée ', idole fabriquée pour l'adoration de leurs rois. 

Nous avons vu aussi un édifice bâti sur le fleuve du Nil, à l'endroit où il est encore 
réuni tout entier avant de se partager en quatre branches. Cet édifice est comme une 
piscine carrée ; au milieu se dresse une colonne de pierre sur laquelle sont marqués 
des degrés et des mesures, et des écritures qui expliquent les mesures. Quand le Nil 
déborJe, au mois d'éloul (sept), et quand ses eaux pénètrent dans l'édifice, ceux qui 
sont établis (pour cela) entrent voir chaque jour combien les eaux montent sur la 
colonne. Si l'inondation du fleuve reste au-dessous de 14 degrés, une petite partie du 
pays d'Egypte est arrosée : il n'y aura point de récolte de céréales en cette année et 
l'impôt ne sera pas perçu; si les eaux montent jusqu'à 15 ou 16 degrés, la récolte 
sera moyenne et Timpôt en proportion; si elles montent jusqu'à 17 ou 18 degrés, 
toute l'Egypte est inondée : la récolte et l'impôt seront complets. Si l'inondation va 
jusqu'à 20 degrés, elle cause des ruines et il n'y a point de récolte en cette année. 
Pour le dire d'un mot : par les marques sur cette colonne, les préfets apprennent quel 
impôt doit être perçu en Egypte chaque année. 

Le roi Mâmoun descendit vers les Biamayé; il fit cesser la dévastation chez eux; 
il appela leurs chefs et leur ordonna de sortir de cette région. Ceux-ci lui exposèrent 
la dureté des préfets (établis) sur eux, et que, s'ils sortaient de leur pays, ils n'auraient 
pas le moyen de vivre, puisqu'ils tiraient leurs ressources du papyrus* et de la pécHe 



1. S. Grég. de Nazianze ; cf. Patr. Gr., XXXVI, 580. — 2. v«oû;. — 3. Le Sphinx. — 4. xàpT>);. 



LIVRE XII. CHAP. XVIII 83 

des poissons. Ensuite ils acceptèrent son ordre; ils partirent sur des navires pour An- 
tloche, et de là ils furent envoyés h Bagdad. Ils étaient au nombre de 3 mille, La plu- 
part d'entre eux moururent en route. Ceux qui avaient été pris pendant la guerre 
furent donnés comme esclayes aux Taiyayê, au nombre d'environ cinq cents. Ils les 
exportèrent h Damas, et les y vendirent. Chose qui ne s'était jamais vue dans l'empire 
des "Taiyayê: ils vendirent ceux qui étaient soumis au joug de lacapitation. Mais, Dieu 
aidant, nous exhortâmes les fidèles et tous furent rachetés et délivrés. Ils ne retour- 
nèrent pas dans leur pays, parce qu'il y avait là une grande famine, et beaucoup se 
retirèrent en Syrie, pour se rassasier de pain. 

Le roi ordonna aux préfets de ne pas user de dureté avec les Egyptiens, sinon ils 
devaient êtremis à mort. Il remit la moitié de l'impôt à toute l'Egypte. 

Quand le roi fut sorti d'Egypte les calamités se multiplièrent sur les Égyptiens. Les 
Persans entraient dans les villages, enchaînaient ceux qui résistaient dix par dix, ou 
vingt par vingt, et les envoyaient h Fostat, sans rechercher s ils étaient coupables ou 
innocents. Beaucoup périssaient sans avoir commis de faute. Quelques-uns d'entre 
eux, qu'on emmenait enchaînés pour être massacrés, demandèrent à celui qui les 
conduisait d'accepter un présent et de les délivrer. Comme on les lui avait donnés 
comptés, celui-ci leur dit : «Attendez que nous en rencontrions d'autres sur la route, 
et je les enchaînerai à votre place. » Ils rencontrèrent trois hommes : un prêtre et 
deux faiyayê, dont l'un était imam d'une mosquée; ils furent pris à la place de ceux 
qui furent relâchés moyennant un présent. Et comme on ne permettait pas aux 
opprimés de parler, ils furent massacrés. Ainsi les routes étaient remplies d'hommes 
massacrés injustement. Le glaive et la captivité, la famine et la peste régnaient à 
cette époque dans la terre d Egypte. — Fin. 

CHAPITRE [XVIII]. — Sur l'époque de la mort de Mâmoun et du commence- 
ment d'Abou Ishaq, qui fut un soulagement pour Theophilus, [empereur) des 
Romains. Sur la descente du patriarche Dionysius en Orient; el sur différentes 
choses ' . 

[S28j Quand Mâmoun mourut, près de Tyane, dans le Beît Roumayê, il y eut 
du trouble parmi les "Taiyajê pendant trois jours ; car les uns voulaient faire 
régner 'Abbas', elles autres Abou Ishaq'. Tandis qu'ils étaient tous réunis, le 
voile de la porte se souleva tout à coup, et 'Abbas sortit et dit : « L'empire 
appartient à Abou Ishaq ; priez donc pour la conservation de sa vie ». — Alors 
le camp s'apaisa. 

1. Lire : V^i\'i l^p»; l'ar. a cependant la même leçon que notre ms. : m-IoiHI v^l^o. — 2. Fils de 
Mâmoun, gouverneur de la Mésopotamie; cf. ci-dessus, p. 75, n. 9. — 3. Mohammed Mo'taçim 
Abou Ishaq, fils de Haroun ar-Rasîd, et frère du calife défunt. 



84 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

x\u même moment, ils mirent le feu à la construction de Tyane, à tout le 
matériel de la construction, au froment' et à toutes les provisions, et ils se reti- 
rèrent en hâte*. 

Abou Ishaq descendit à Bagdad pour prendre possession de l'empire de ses 
pères. Il craignait qu'on ne l'acceptât pas, parce qu'il l'avait reçu de l'armée et 
non de leur consentement. 

Quand Abou Ishaq, qui est surnommé Mo'taçim, parvint à Bagdad, au mois 
de tesrîn (oct.), ils sortirent à sa rencontre et l'acceptèrent : non pas qu'il leur 
fût agréable, mais ils redoutèrent sa violence et le firent régner. 

Quand il fut affermi dans l'empire, il commença à bâtir de magnifiques 
édifices pour sa résidence^ ainsi que des piscines d'eau et des jardins pour son 
agrément. 

Il envoya ses troupes combattre les Zôtayè ', qui habitaient au sein des lacs 
dans lesquels se répandent* l'Euphrate et le Tigre; car ce peuple était conti- 
nuellement en révolte et molestait le roi. Ils frappaient, pillaient et massacraient 
les marchands qui venaient à Bagdad de Baçra, de l'Inde et de la Chine. Mais 
les troupes ne purent rien contre eux, parce qu'ils combattaient sur leurs 
barques. Alors, [829] le roi envoya les Égyptiens, qu'il avait amenés captifs 
d'Egypte, qui étaient habitués aux eaux et nageaient dans l'eau comme des 
poissons ; sans être vus, ils frappaient subitement les Zotayé avec des lances 
et les transperçaient. Ainsi, les Zotayé furent vaincus par les Biamayé; ils 
furent pris, avec leurs femmes et leurs enfants en même temps, et ils dépé- 
rirent et succombèrent dans leur emprisonnement à Bagdad. Quand le roi vit 
les actions d'éclat des Égyptiens dans la lutte avec les Zôtayê, il les aima, et 
prit une partie d'entre eux à son service, pour travailler dans les jardins et les 
parcs, et d'autres pour tisser les vêtements de lin, selon le travail brodé des 
Égyptiens ; il permit à tous les autres de retourner dans leur pays. Quand ils 
arrivèrent à la mer, ils prirent place sur des navires pour redescendre en 
Egypte ; mais la justice (divine) ne leur permit pas d'aller y vivre ; une tempête 
s'éleva et ils furent tous submergés dans la mer. 

En l'an 1146, Ishaq, cousin^ de "Tahir, fut envoyé combattre contre le peuple 
rebelle de Madai et de la montagne de Çâdqa°. 11 tua environ 5 mille d'entre 
eux et soumit ces montagnes. 

Aphsin fut envoyé contre Bâbek Khourramya \ quand de nombreuses troupes 
des Taiyayé avaient déjà été détruites. 

1. Uaa^o li-i3? |ei^i.IL\c. (BH). — 2. Cf. Wkil, Gesch. der Chai., II, 296. — 3. Peuplade origi,. 

naire de l'Inde, selon Je Qamûs{^j) ; cf. Gesch. der Chai., II, 306-308. — 4. Lire : v^ami» : l^.->a.jo. 
(BH). — 5. Littér. : « iils de l'oncle paternel de Tahir ». Ishaq ibn Ibrahim ibn Mouç'ab. Cf. 
Gesch, der Chai,, II, 239, n. 3. — 6. Même orthographe dans la version arabe. — 7. C-à-d., de la 
secte des Khourramiyeh; cf. Gesch. der Chai., t. II, p. 150, n. 5, et p. 298. 



LIVRE XII. CHAP. XVIII 



85 



La même année, 'Omar' et ses compagnons, habitants de Mélitène, entrèrent 
pour piller dans le Beît Roumayê. L'empereur Theophilus les rencontra ; et il 
les vainquit tout d'abord. Alors, les Taiyayê s'assemblèrent de nouveau, et pré- 
valurent contre les Romains. Les Romains tournèrent le dos; beaucoup d'entre 
eux furent massacrés, et l'empereur prit la fuite avec quelques-uns. Les 
Taiyayê pénétrèrent dans le camp^ de Tempereur, et pillèrent même son lit et 
ses vêtements ; et ils remplirent leurs mains de ses richesses '. — Fin. 



[328] A cette époque, on vit dans la 
mer, autour du Bahrain, un grand pois- 
son dont la longueur était d'environ un 
mille; les gens du Bahrain craignirent 
de s'avancer sur mer, et aussi ceux qui 
plongeaient dans la mer pour (chercher) 
les perles ne descendaient plus dans la 
mer. Après qu'il eut troublé la mer, pen- 
dant trois mois, par ses mouvements, 
les gens du pays firent des rogations et 
supplièrent le Seigneur de leur procu- 
rer la délivrance. Alors Dieu envoya un 
petit poisson, long d'environ un empan, 
qui s'introduisit dans l'ouïe de ce grand 
poisson et le fit périr. Alors, il fut rejeté 
parles flots de la mer et gisait à la surface. 
Quand les habitants le virent, ils mon- 
tèrent sur des barques et s'avancèrent. 
Ils dépecèrent sa chair et, comme elle 
ne cuisait pas au feu, ils la salèrent et 
la firent sécher au soleil ; ils. la broyaient 
finement et la mangeaient*. 

A cette époque, on amena à 'Abdal- 
lah, fils de fahir, qui commandait dans 
le Khorasan, un enfant qui avait été mis 
au monde par sa mère l'année même, 



[S28] Saint Dionysius dit : Quand 
nous nous mîmes en route, au mois de 
hazîran (juin) de l'année 1145, pour 
descendre à Bagdad saluer le roi Abou 
Ishaq, qui régnait nouvellement, nous 
vînmes à Nisibe et nous unîmes l'Église 
de cet endroit, qui avait été séparée 
pendant six ans par le rebelle Philoxe- 
nus. Les habitants, après s'être unis à 
nous, le chassèrent chez l'impur Abîram, 
dans la Cyrrhestique, 

Mossoul fut pour nous une cause de 
retard, à cause de la paix des églises de 
cet endroit, au sujet de la proclamation'. 

L'assemblée des gens de Mossoul ap- 
pelait métropolitain Cyriacus', de Mar 
Mattai ; les Tagritains n'admettaient pas 
cela , Ensuite, nous pûmes, grâce à Dieu, 
faire l'accord entre eux. Quand nous 
descendîmes à Tagrit pour leur ordon 
ner un métropolitain, nous leur donnâ- 
mes une solution, en les réconciliant, et 
nous écrivîmes ainsi : 

M Au nom du Père, et du Fils et du 
Saint-Esprit, — Nous trouvant à Tagrit, 
ville métropolitaine, Moi, Dionysius, 



1. "Omar ibn 'Abdallah; cf. Gesch. der Chai., II, 362; Hist. du Bas-Emp., t. XIII, p. 139, n. 1. 
— 2. (faaaàtov. — 3. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXIX, § xiv, xv, xvr. 

4. Lire : ^s)o (BH). Comp. Quatremèse, iJ/e'm. géogr. et hist. sur V Egypte, II, 492. 

5. Au sujet du nom à insérer dans les diptyques et à réciter à l'olfice solennel. — 6. Lire : 
icoooi^ao, comme plus bas; ms. : Cyrus. 



86 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



qui était arrivé à la taille d'homme et 
dont les poils avaient poussé : chose 
étonnante et surnaturelle. 

Il y. eut en l'année 1146 une grande 
inondation du fleuve qui passe h Zouba- 
tra, ville de la frontière. Ce déluge, qui 
eut lieu pendant la nuit, tandis que les 
gens dormaient, est stupéfiant. Les 
eaux s'accumulèrent en dehors du mur. 
Comme le mur ne put résister' h l'im- 
pétuosité du fleuve, il fut renversé ; les 
eaux entrèrent dans les rues et les mai- 
sons, [329] et les habitants furent suffo- 
qués au milieu de leurs maisons (au 
nombre de) trois mille âmes. Puis le 
mur de l'autre côté fut ébranlé et ren- 
versé; les eaux s'écoulèrent, et quantité 
de maisons et d'habitations furent ren- 
versées dans l'écoulement' des eaux. 

Il y eut aussi une inondation dans le 
Tigre, qui détruisit des maisons et des 
habitations à Bagdad. 

La même année, les Musulmans de 
Harran suscitèrent la guerre contre les 
chrétiens. Un édit parut : et au matin 
du dimanche de la Résurrection, ils dé- 
vastèrent le temple de Mar Georgius de 
Qoubbê et (celui) de Mar Ahoudemmeh, 
sous prétexte qu'ils avaient été nouvel- 
lement bâtis. Ainsi s'accomplit sur les 
gens de Harran' cette malédiction qui 
dit : « Le Seigneur a converti leurs fêtes 
en deuil, etc. * » 



par la miséricorde de Dieu patriarche, 
et les vénérables évêques qui étaient 
présents : 'Othraan des Taglibites, Addai 
de Karmè, Elias de Khorsabad '' , Tho- 
mas du Ségestan, Moïse de Balad, Cy- 
riacus de Mossoul, Jean de Bagdad ; pour 
procéder à l'élection et à l'ordination 
d'un métropolitain pour ladite ville et 
toute la région orientale : 

« On a porté devant nous la question 
des motifs de la discorde qui règne de- 
puis longtemps entre le saint couvent 
de Mar Mattai et Cyriacus. leur évêque, 
(d'une part), et l'assemblée des Tagri- 
tains qui habitent [329] dans la ville de 
Mossoul, (d'autre part). 

« Quand nous fîmes une enquête, les 
Matthéens dirent : qu'ils avaient la cou- 
tume, venant des temps anciens, que 
l'évèque ordonné pour eux' et pour le 
diocèse de Ninive fût proclamé métro- 
politain dans leur église ; et ils deman- 
daient qu'il soit pareillement proclamé 
métropolitain dans l'église où s'assem- 
blent les Tagritains, à Mossoul. — Les 
Tagritains de Mossoul disaient au con- 
traire : « Dans notre église de Mossoul, 
il ne doit être proclamé que comme 
simple évêque, et nous n'admettrons 
jamais de proclamer un métropolitain 
autre que celui de Tagrit. « 

« Nous réunîmes les prêtres, les dia- 
cres, les moines et les notables de 



Tagrit, et nous tînmes conseil tous en- 
semble sur la manière de procurer un remède à cette afFaire. 

« Considérant que le siège de Tagrit n'est pas amoindri, ni aucunement avili, parce 
que celui' qui est ordonné pour Mossoul est proclamé métropolitain ; mais qu'au 



1. Ij-mi. — 2. loSaso ^. — 3. Lire : U'v-- ; ar. : v^l;- '^cyil, — 4. Amos, vm, 10. 
5. Ar. : ,a»«o?. — 6. ^poti.. — 7. Lire ; ooi (et non pas ol). 



LIVRE XII. CHAP. XVIII 87 

contraire l'honneur du métropolitain de Tagrit est bien plutôt accru par le fait que 
ceux qui lui sont soumis sont plus grands ; nous fîmes une règle de conduite qui plut 
h tout le monde, aux Tagritains et aux moines de Mar Mattai : 

« Le métropolitain Cyriacus sera proclamé, de même que dans toutes les églises 
de Mossoul, aussi dans l'église des Tagritains de Mossoul, deux fois par an : le jour 
des Rameaux, quand toute la ville est assemblée, pour la bénédiction des oliviers, 
dans l'église des Tagritains, et à la consécration du Clhrême'. Tout le reste de l'année 
les Tagritains feront la proclamation comme il leur plaira. 

(c Nous avons aussi trouvé dans le libelle que les Matthéens disent avoir été établi par 
le patriarche Cyriacus [S30] avant sa mort, qu'il avait été défini par ce dernier que 
l'évêque de Mossoul serait appelé métropolitain dans l'église des Tagritains"; et nous 
avons aussi trouvé dans la lettre établie par le synode de Callinicè, qui fit l'union sur 
ce point entre les Matthéens et les Tagritains' ; « Celui de Mossoul doit être proclamé 
métropolitain, quoi qu'il soit en tout soumis au métropolitain de Tagrit. » Pour nous, 
cependant, nous n'en avons pas fait cas, quoique nous soyons désireux d'accroître 
l'honneur du siège de Tagrit, et nous avons statué, selon la règle qui a cours dans 
toutes les églises, que les ordinations, la consécration des autels et les autres choses 
de cette nature seraient accomplies par les évêques eux-mêmes, chacun comme il 
lui semblerait bon. Mais que, quand le métropolitain se trouvera présent dans 
l'église de l'un d'entre eux, celui-ci le prierait et lui demanderait d'accomplir ces 
fonctions dans son église. 

« Comme la préséance sur tous les évêques de l'Orient appartient au métropoli- 
tain de Tagrit, après le patriarche d'Antioche, il peut convoquer les évêques qui sont 
sous sa juridiction quand il veut et où il veut. S'il survient quelque difficulté entre 
les évêques de sa juridiction, il est de son devoir d'aller les réconcilier. Si un évêque 
est accusé, le métropolitain doit convoquer les évêques pour l'examiner et émettre 
sur lui' un jugement, conformément à ce que prescrivent les canons. Cyriacus du 
couvent et ses successeurs doivent être soumis au métropolitain de Tagrit en toutes 
ces choses. 

« Ces choses ont été réglées par nous, au mois de tesrîn ii (nov.) de l'an 1146, à 
Tagrit même ». 

Après cela nous fîmes l'élection et l'ordination de Mar Thomas, métropolitain de 
Tagrit. 

Et comme nous nous disposions à descendre près du roi, nous reçûmes d'Occi- 
dent certaines nouvelles, et nous retournâmes dans le Djézireh discuter les affaires 
pour lesquelles nous montâmes; et ensuite nous descendîmes de nouveau pour saluer 
le roi. 



(iupov. 



. -^ 2. Cf. ci- dessus, p. 33. — 3. Cf. ci-dessus, p. 39. — 4. Lii'e : ■^otà^. 



88 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE [XIX]. — De l'époque de la seconde invasion de Theophilus, empereur 
des Romains, dans le pays des Taiyayê. De la venue de Georgius, roi des 
Nubiens, près d'Abou Ishaq, roi des Taiyayê. Des villes nouvelles que vou- 
lut bâtir le roi des Taiyayê. Du troisième voyage à Bagdad du patriarche Mar 
Dionysius. De la ruine qui survint à cette époque parmi les Nestoriens de 
Bagdad et parmi les Chalcédoniens d'Antiocke. 

Abou Ishaq, roi des Taiyayê, abandonna Bagdad et monta pour habiter 
entre deux canaux qui, partant du Tigre, parcourent et arrosent les pays des 
'Aramayê, et qui s'appellent l'un le Grand Qâtoul et l'autre le Petit Qâtoul*. Il 
préférait ce lieu à Bagdad, parce qu'il y trouvait la tranquillité et toute espèce de 
chasse. Cette ville avait été détruite par un des rois. Pendant son règne, 
Haroun Rasîd, père de ce prince, avait songé à la rebâtir'. Celui-ci, après avoir 
bâti le mur et quand elle était sur le point d'être achevée, l'abandonna et 
monta bâtir le village de Soumara ', situé entre Atôr (Niïiive) et Babylone, et il en 
fit sa capitale. Ce village de Soumara était sur la rive [331] du Tigre, en un lieu 
qui n^avait aucun agrément naturel, dontia situation n'était point remarquable^ et 
où on ne trouvait aucun des bienfaits de Dieu. Cependant, il le préféra à cause 
de la chasse; il le fit construire et l'orna; il y amena des canaux (dérivés) du 
Tigre, et y fit planter des bosquets, des jardins, des palmiers. Il fît apporter 
d'Egypte des plans précieux de baume et de jonc à faire le papier ' et les fit 
planter sur les rives des canaux qu'il avait creusés. 

A cette époque, la plupart des compagnons de Bâbek, avec Naçr le général, 
réduits aux extrémités par la guerre des Persans, allèrent trouver Theophilus, 
empereur des Romains, et se firent chrétiens. Theophilus, en voyant les peuples 
qui étaient venus se mettre sous sa domination, pensa qu'il pourrait, avec leur 
aide, vaincre les "Taiyayê ; il envoya dans la Grande Arménie prélever le tribut, 
et, en cas de refus, (il menaçait) de l'envahir et de la dévaster. Comme ils 
n'avaient pas de troupes à proximité sous (leur) direction, ils donnèrent (le 
tribut); considérant comment les choses se termineraient". Alors Theophilus fut 
affermi dans l'idée que les choses se passeraient selon son gré. A l'été de l'an- 
née 1148, il marcha de nouveau contre Zoubatra^ Quand les Barbares s'en 



1. Le ms. porte Qâtlûb et la version ar. donne exactement la même orthographe. Je ne m'explique 
pas la finale du mot. Sur les canaux qui portaient ce nom, comp. M. Streck, Die aile Landschaft 
Babylonien, Lciden, 1901, p. 32 et suiv. — 2. Cf. Gesch. der Chai., H, p. 145, n, 1. — 3. Sur l'éty- 

mologie de ce nom et ses différentes formes (habituellement lj_,L«) et sur la situation de la ville, 
comp. Streck, op. cit., p. 182-239 ; cf. aussi Gesch. der Chai., II, 302. — 4. Papyrus. — 5. Phrase 
très obscure, que l'arabe transcrit littéralement. — 6. Cf. ci-dessus, p. 74, n. 1. 



LIVRE XII. CHAP. XIX 89 

furent emparés, ils massacrèrent sans pitié les chrétiens et les juifs. Leur 
férocité alla jusqu'à outrager et éventrer les femmes'. Quand ils eurent pillé et 
incendié la ville, ils passèrent dans la région de Mélitène, qu'ils incendièrent et 
où ils firent aussi des captifs. Ils envoyèrent absolument tous les captifs dans 
le Beit[S32] Roumayê. Ils passèrent à Hanazit et dans la région d'Arsaraosate. 
Ils mirent le siège contre cette ville. Les Taiyayêqui étaient à l'intérieur, ayant 
appris le massacre de Zoubatra, furent saisis de crainte et furent réduits ou à 
payer le tribut aux Romains, ou à abandonner la ville et à s'enfuir; car on ne 
leur envoyait pas de libérateur, parce que les Persans étaient occupés dans la 
guerre contre Bâbek et étaient irrités contre Abou Ishaq, qui aggravait sur 
eux les impôts. La haine des Taiyayé contre nous autres chrétiens grandissait^ 
aussi à cause de l'incursion des Romains, et ils étaient sur le point de nous 
faire périr, s'ils n'avaient entendu dire que les chrétiens de Zoubatra avaient 
été pillés parles Romains. 

Les chrétiens d'Édesse, principalement, eurentà souffrir, à cause d'un homme 
audacieux d'Edesse même, nommé Samouna, qui alla se mettre à la suite des 
Romains et les excitait à faire périr les faiyayé. Tandis que les Romains 
assiégeaient Arsamosate, une partie des Arabes Rabî'ayé et des gens de Méli- 
tène se réunirent pour engager le combat avec eux. Les faiyayê furent vain- 
cus et 4 mille d'entre eux succombèrent. Les Romains prirent et incendièrent 
Arsamosate, et ils passèrent dans la région d'Ai'ménie, faisant des captifs et 
incendiant. Ils sortirent ensuite et établirent leur camp dans le voisinage 
de Mélitène. Theophilus manda aux habitants : « Si vous ne m'ouvrez pas les 
portes et n'acceptez pas de traiter pour votre vie, je vous ferai tous périr 
et votre ville aussi, comme [333] j'ai fait à Zoubatra ». Alors le juge et les 
notables sortirent le trouver et parlèrent avec lui en le flattant. Ils le prièrent 
de leur accorder quelque délai, pour lui donner ensuite des otages, garantis- 
sant qu'ils ne feraient aucune incursion dans son pays. Quand ils lui eurent 
offert des dons et les captifs romains qui étaient dans leur ville, il partit, parce 
qu'il craignit d'être atteint par l'armée des Taiyayê. 

Le roi Abou Ishaq, troublé par ce qu'avaient fait les Romains, envoya contre 
eux 'Odjeif, avec quatre mille hommes; les Romains ayant prévalu détruisirent 
son armée, et il s'échappa avec un petit nombre. II prit ensuite une nouvelle 
armée et s'avança au moment de l'hiver : il prit quelques captifs, des troupeaux 
et des chevaux, et se retira. Quand ils arrivèrent dans nos pays, comme des 
ennemis, ils coupaient toutes les routes ' et dépouillaient tous ceux qu'ils ren- 
contraient. 



1. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXIX, § xxxiv; Weii., Gesch. der Chai., t. II, p. 309. — 2. Lire ; 
l^li'e IXâ^aoLLI — 3. Interceptaient la circulation et détroussaient les voyageurs. 

III. 12 



90 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Quand Bâbek Khourramaya, vit que son parti était aifaibli, et que ses compa- 
gnons s'étaient enfuis dans le Beit Roumayê, il fit charger tout ce qu'il put de 
son argent et enfouir le reste dans la terre, et il s'enfuit avec 9 de ses hommes 
dans le Beit Roumayê. Quand ils arrivèrent au village d'un patrice nommé 
Stephanus', en Arménie, ce patrice le flatta, le fit entrer dans sa maison, sous 
prétexte de l'honorer, et le fit charger de chaînes. Il en informa promptement 
le roi. Abou Ishaq en apprenant que son ennemi, qui avait massacré plus de cent 
mille hommes, était pris, envoya des présents à Stephanus ^, et, sur son ordre, 
Bâbek fut amené près de lui [avec Aphsîn. Quand il fut arrivé, Abou Ishaq 
l'interrogea : « Tu es Bâbek? »]'. Il répondit : « Oui. » — Et le roi commanda 
de lui couper le bras droit, puis le gauche, et pareillement les deux jambes, 
puis la tête, et il le fit suspendre au gibet. Il donna les biens et le lieu du rebelle 
à Aphsîn. Et le moment vint où Aphsîn, ayant découvert et retiré les trésors 
enfouis par Bâbek, fut lui-même poussé à la rébellion, par suite de la grande 
fortune qu'il avait trouvée. — Fin. 



En cette année 1147, Georgi[us], qui 
était le fils du roi des Nubiens, s'était 
mis en route pour venir trouver le roi 
des faiyayê, pour le motif que voici' : 

Les rois des Nubiens, depuis les temps 
anciens, donnaient chaque année au roi 
des faiyayê 360 esclaves Maures*, des 
singes apprivoisés qui savaient imiter 
les hommes dans leurs manières, des 
animaux qu'on appelle zôrdpheh'^ , des 
défenses d'éléphants, et des peaux' de 
tigres. Les rois des faiyayê donnaient 
aux Nubiens un certain nombre de 
khourê de froment, des légumes du pays 
d'Egypte, un certain nombre de kaîlé 
d'huile d'olive et des étoffes pour vê- 
tements précieux, et ils permettaient 



Ainsi que nous l'avons dit, le patriar- 
che Mar Dionysius descendit à Bagdad, 
comme il le raconte lui-même : 

Au commencement du mois de 'ab 
(août) de l'année 1147, je me rendis près 
du roi Abou Ishaq, selon la coutume que 
j'avais observée à l'égard de son frère; 
il m'accueillit pacifiquement, dans la 
nouvelle ville qu'il avait bâtie entre les 
deux canaux. 

Le roi des Nubiens, Georgius, qui était 
arrivé à Bagdad depuis le mois de sebat 
(févr.) n'avait pas encore été reçu par 
Abou Ishaq. Or, tandis que Georgi[us], 
roi des Nubiens, était en route, en arri- 
vant h Callinice, il m'avait écrit qu'il dé- 
sirait me rencontrer pour que nous l'ac- 



1. Cf. Gesch. der Chai., II, 301, n. 2. — 2. Barhébr. : « envoya Aphsin, avec des présents à Ste- 
phanus ». — 3, Suppléer ainsi d'après l'arabe : 'ooi HA 'û^»»Ml aa| 'oi^^oo t^ ).-xi\3 • ^S) >mo yaj^... 
;»t3 • XSii ûk^|3 • y=h 

4. Sur ce voyage, cf. Rknaudot, Hist. pair, Alex-, p. 281 et suiv. — 5. Nègres. — 6. Ssl ij 
girafe. — 7. Le ms. porte « des nerfs de tigres », ce qui est aussi la leçon de BH, mais il faut sans 
doute lire : 1'»—^-%^ au lieu de | ,-»^ . 



LIVRE XII. CHAP. XIX 



91 



au roi des Nubiens d'envoyer percevoir 
le tribut des Nubiens [SBl] qui habitaient 
dans le pays des Taiyayê, sans empêche- 
ment. 

En vertu de ce pacte et de cet arran- 
gement, les ïaiyayê ne s'emparaient 
point des Nubiens et les Nubiens ne dé- 
passaient point la ville de Syène, qui est 
sur les frontières du côté de l'Egypte 
et de l'empire des Arabes. 

Or, il arriva que cette loi fut trangres- 
sée, par suite du trouble ' qui survint dans 
le monde et causa de la perturbation, 
du temps des fils de Haroun, et aussi 
par suite de l'extension de l'empire des 
faiyayê qui méprisèrent les Nubiens. 
Et ces usages cessèrent; les Nubiens 
[n'observèrent pas la coutume d'envoyer] 
quelque chose aux Arabes, ni les Ara- 
bes [d'envoyer quelque chose] aux Nu- 
biens*. 

Mo'taçim s'aperçut de ces choses. Il 
appela quelqu'un de son entourage et 
l'envoya dire au roi des Nubiens : « En- 
voie les présents, selon l'usage antique 
de toutes les années passées, sinon j'en- 
verrai les faiyayé dépeupler ton pays. » 
— Quand l'envoyé arriva, il trouva que 
le roi de Nabados' était mort et que le 
royaume était gouverné à cette époque 
par un prince nommé Zakarias. Or, il 
n'était pas de la descendance des rois, 
en dehors de laquelle il n'y a point de 
roi pour eux; mais il avait un fils d'une 
femme qui était par sa famille de souche 
royale. Ce fils s'appelait Georgi[us] ; ils 



compagnassions de nos prières ; je lui 
répondis : « Cela est impossible sans la 
permission du roi; mais, continue, et 
aussitôt [S31] j'arriverai après toi, et là 
je te verrai. » C'est pourquoi, je le rap- 
pelai au souvenir du roi et je lui fis sa- 
voir que je désirais le rencontrer, parce 
qu'il était de notre confession. Je ne sa- 
vais pas quel était le motif du retard. 

Après que Georgius fut entré chez 
le roi, et eut été honoré par Salomon, 
son médecin, (le roi nous) dit : « Va 
trouver ce Nubien ! » — Nous y allâmes 
avec quelques évêques et des fidèles. 
Nous vîmes un jeune homme intelligent, 
d'une vingtaine d'années, rangé, in- 
struit, de bel aspect, digne de la royauté 
par ses manières. Ayant causé avec lui 
par le moyen d'un interprète, nous le 
trouvâmes orthodoxe sincère, zélé pour 
la foi, ayant horreur de communiquer 
avec les hérétiques. Le dimanche, nous 
célébrâmes la messe et nous le fîmes 
communier ainsi que ceux qui l'accom- 
pagnaient. Ils avaient avec eux des vases 
sacrés et tous les ustensiles* (pour la cé- 
lébration) des mystères. 

Quand nous eûmes reçu le diplôme 
du roi, au moment de notre départ nous 
fîmes présent au roi des Nubiens de cer- 
tains objets d'or et d'argent, tels qu'il 
convenait à notre qualité de lui offrir, 
pour être en souvenir dans leur royau- 
me. 

Tandis que nous remontions de Bag- 
dad, en Tannée 1148, nous apprîmes 



1. TtspiSéeia- — 2. Suppléer ainsi d'après l'arabe : o^.:S\ |àSaoil ooA \oiW 113 • y^^ |à^^=l Isài.© 
.s'-j. taaSsv làsattil .3;.i^ llo itl^ — 3. Lire : •i»^,= lj; cf. Jourti. asiat., X" sér., t, I, p. d61 (1903). 
4. xeinïiXiov. 



92 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



lui mirent la couronne sur la tête, et son 
père gouvernait le royaume jusqu'à ce 
que l'enfant eût atteint sa majorité. 

Quand Zakarias vit l'envoyé des Tai- 
yayê, considérant les embûches que lui 
tendaient les Arabes, il songea à envoyer 
son fils, qui régnait, près d'Abou Ishaq, 
s'il lui concédait une telle faveur, pour 
satisfaire avec plaisir aux demandes de 
l'ambassade royale. [S32] Il dit à l'en- 
voyé : « Je ne veux pas faire un traité 
par lettres; mais j'enverrai mon fils, 
qui règne sur les Nubiens, saluer ton 
roi. » — Quand cet envoyé ' (?) fit savoir 
ces choses à Abou Ishaq, celui-ci lui ré- 
pondit : « Laisse-le venir », et il donna 
ordre aux préfets d'Egypte d'aller à sa 
rencontre et de le recevoir avec l'hon- 
neur qui lui était dû. 

Quand Abou Ishaq apprit que le roi 
des Nubiens était parti et était arrivé à 
Fostat d'Egypte, il écrivit aux gouver- 
neurs d'Egypte de lui fournir autant de 
chameaux qu'il en avait besoin pour son 
bagage, de lui donner chaque jour 30 di- 
nars pour ses dépenses, et de le faire 
recevoir par les chefs des villes avec les 
honneurs dus à un roi. 

Lorsque le prince arriva à Callinice, 
l'émir du Djézireh vint à sa rencontre. 
Les faiyayê et les chrétiens raccompa- 
gnaient avec honneur pour voir le pro- 
dige nouveau qui était arrivé dans leur 
pays. 

Il était monté sur un chameau avec 



qu'Abîram était mort, et nous partîmes 
en hâte vers la Cyrrhestique, afin de les 
ramener au bercail". L'impie Philoxe- 
nus de Nisibe, Çeliba et le moine' 
Siméon , ordonnèrent Siméon , frère 
d'Abîram. Philoxenus, qui était déposé, 
lui imposa une main impure, mettant 
ainsi obstacle au rétablissement de la 
paix dans l'Église. 

[S32] Les gens du pays en apprenant 
cela s'agitèrent, car ils avaient connais- 
sance de l'indignité de l'immonde Si- 
méon. Ils se rendirent tous à notre sy- 
node de Goubrîn, et nous leur donnâmes 
l'absolution. Quand ilséchangèrent leurs 
vues avec nous au sujet des prêtres et 
des diacres que leur avait ordonnés le 
rebelle, et à propos des bigames et des 
trigames qui exerçaient le ministère, 
saas interdit, nous leur exposâmes qu'ils 
n'avaient point été ordonnés selon la 
règle canonique, car Abîram lui-même 
avait été ordonné par des hommes dé- 
pouillés* de l'épiscopat. Nous leur té- 
moignâmes de la condescendance et 
nous acceptâmes de les recevoir après 
l'imposition des mains qu'on fait sur 
ceux qui se convertissent de l'hérésie; 
mais nous ne reçûmes pas les polygames. 
Pour leur utilité, nous fîmes une charte 
de réconciliation, dans l'espoir qu'ils 
reviendraient h nous un autre jour et 
que nous pourrions les absoudre. Les 
polygames, leurs prêtres, résistèrent; 
ils rassemblèrent d'autres misérables 



1. Arabe : u-»>V^ âp>. )ol.; Barhébr. : >»(^^euûX -a-ïol >.»> '^^-^x.a ,^> ^►.%i,V*' {Chr. syr., p. 147) 
,».i.|j, ne serait-il pas pour l»,!^ = '^-^^ (?). 

2. Litt. : « de les domestiquer». — 3. Ar. ; uj|i|:^, comme plus haut, p. 57, n. 6. — 4. Lire : 
V.» ; ar. : |a-;^. 



LIVRE XII. GHAP. XIX 



93 



une selle tout à fait différente des selles 
de notre pays. Au-dessus de lui était un 
parasol en forme de coupole recouvert 
d'ornements de corail', et au sommet 
duquel était fixée une croix d'or. D'une 
main, il tenait un sceptre, et de l'autre 
il portait une croix; à sa droite et à sa 
gauche marchaient de jeunes Nubiens 
qui portaient des croix dans leurs mains ; 
devant lui marchait aussi un évêque, qui 
était monté et tenait pareillement une 
croix à la main. Toutes ces croix étaient 
d'or. Le reste des cavaliers et des es- 
claves qui l'accompagnaient et l'entou- 
raient étaient tous noirs. Deux autres 
évoques [S33] qui étaient partis avec lui 
étaient morts en route, ainsi que plu- 
sieurs autres personnes de son camp, 
parce qu^ils avaient fait route dans les 
jours de neige et de gelée : chose qui 
ne se voyait jamais dans leur pays. Ils 
s'arrêtèrent à Callinice à la fête de Noël. 
II descendit à Bagdad et fut escorté dans 
les rues par les troupes. Il logea dans 
un des palais royaux. Il y resta depuis 
sebat (févr.) jusqu'à 'ab (août). 

La cause de ce retard est celle-ci : 
Un Nubien qui recueillait les revenus 
du roi des Nubiens dans le pays des 

Taiyayê se révolta contre le roi des Nubiens et se fit musulman. Georgi[us] sortit à 
sa recherche, le prit et le fit charger déchaînes. Or, ce misérable imagina d'écrire au 
roi des faiyayê, en lui disant : « Cet homme n'est pas le fils du roi, mais un impos- 
teur. » Le roi envoya en Egypte pour faire une enquête sur le dire de ce rebelle; et 
pour ce motif l'entrée de Georgi[us] près d'Abou Isjhaq fut retardée. Quand la 



comme eux et excitèrent du trouble et 
du tumulte; ils disaient : « Pourquoi 
abandonnerions-nous ceux qui se con- 
duisent en toute chose selon notre désir, 
ceux qui n'ont jamais molesté l'un d'en- 
tre nous, par qui nous n'avons jamais 
été excommuniés nulle part^, pour aller 
nous attacher à celui qui n'a aucune 
pitié pour nous ? » Les relâchés et les 
misérables se laissèrent séduire par de 
semblables paroles; ils retournèrent h 
leur vomissement. Ceux qui avaient une 
conscience droite [333] se tournèrent 
tous vers nous. Ceux qui résistèrent et 
défaillirent s'en allèrent en boitant des 
deux jarrets, car ils nous louaient et 
blâmaient Siméon, quoi qu'ils fussent 
entraînés par la contrainte des leurs' à 
communiquer avec eux, ainsi qu'il est 
écrit à propos des Samaritains' : « Ils 
adoraient le Seigneur, mais ils servaient 
leurs dieux ! » 

Cependant, quoi qu'il en soit, l'aile 
du parti d'Abîram fut brisée, et ils ne 
pouvaient plus désormais ni faire aucun 
bien, ni faire du mal, pas plus que les 
idoles des Gentils. 



1. Traduction probable. La lecture du mot est incertaine. On la retrouve presque identique dans 
Barhébr. ; >q^-o;5>3 U=2=>m, avec la var. u^»;û ; ce qui voudrait alors dire « recouvert d'étoffes écar- 
lates », Cf. Thés, syr., col. 3759, 

2, Construction obscure et embarrassée; ar, : o»i.-:S\ ,jo ^Isio i.3 >ooiU^é^ "ô^ ol. — 3, ^cn~.lj-^U 
(BH). — 4. IV Heg., XVII, 33, 



94 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

réponse arriva « qu'il était bien le roi et le fils du roi », Abou Ishaq le fit appeler. 
A son arrivée, Abou Ishaq ordonna à ses soldats de sortir à sa rencontre revêtus 
de leurs armures et parés de leurs ornements. Ils se tinrent rangés des deux côtés 
de la route, et il passa au milieu d'eux ceint de la couronne : une tiare au sommet 
de laquelle était la croix. Un trône plus brillant que de coutume était préparé 
pour Abou Ishaq. Georgi[us] entra près du roi; celui-ci le prit par la main et le 
fit asseoir devant lui. Il apprit de lui, par le drogman, qu'il était venu le saluer, et 
il l'accueillit fort bien ; il lui donna de riches présents d'or et d'argent, [634] des 
étoffes pour vêtements, du musc d'ambre', et dix chamelles de celles qui servent de 
monture aux rois, harnachées; il ordonna qu'il fût traité avec honneur dans toutes 
es villes, jusqu'à ce qu'il entrât dans son propre pays, et qu'on lui donnât chaque jour 
30 dinars pour sa dépense. 

A cette époque, il y eut aussi un schisme parmi les Chalcédoniens d'Antioche '. Et, 
parmi les Nestoriens, il y eut une discorde. Quand mourut Sabrîsô', leur catholicos% 
ils confièrent l'élection à Bôkhtîsô' et à Salomon, médecins du roi. Salomon choisit 
Abraham, évêque de Haditha, et Bôkhtîsô' choisit Mar-Aba, métropolitain de Beit 
Lapât. De là survint la dispute, et ils se divisèrent'. Les évêques qui étaient en faveur 
de Mar-Aba le prirent et s'en allèrent aux villes^ de Séleucie et Ctésiphon; car il ne 
leur était pas permis d'ordonner un catholicos ailleurs que dans ces villes. Salomon, 
en apprenant cela, s'agita. Il alla trouver Abou Ishaq et se plaignit des évêques qui 
suivaient la volonté de Bôkhtîsô', en disant : « Ils n'ont pas gardé l'honneur dû à 
ma présence devant Ta Majesté" et à la fonction que j'exerce près de toi depuis ma 
jeunesse jusqu'à ma vieillesse ». Aussitôt, le roi irrité fit jeter Mar-Aba dans les fers, 
et ils ordonnèrent catholicos Abraham, évoque de Haditha, par ordre du roi. Dès lors 
les Nestoriens furent divisés en deux factions : les uns proclamaient Mar-Aba, les 
autres Abraham. Leurs églises aussi étaient divisées, et en chacune d'elles on célébra 
deux offices et deux sacrifices pendant plusieurs années, jusqu'à ce que, Mar-Aba étant 
mort, la primauté fut confirmée à Abraham'. — Fin. 



CHAPITRE [XX]. — De Ventrée cC Abou Ishaq, roi des Taiyayê, dans le Beit Roii- 
mayê; de la défaite^ de Theophilus, empereur des Romains; de la destruction 
cruelle de la ville d'Amorium; des phénomènes aériens; et récit des événe- 
ments ecclésiastiques qui eurent lieu à cette époque. 

En l'an 1149,1e roi Abou Ishaq se prépara à envahir le Beît Roumayê; il 

1. j^\ OUI. — 2. Cf. ci-dessous, p. 97-99. — 3. En 838. — 4. Cf. Bar Hebr., CAr. eccL, II, 190; 

'Amr et Sliba, éd. Gismondi, trad., p. 40; MARf, p. 68. — 5. Restituer : |)o.»»m. — 6. A celui qui 
a le privilège de l'approcher. — 7. Abraham fut institué en 840 et mourut en 853. 
8. Lire : |I.ai.3i|x). 



LIVRE XII. CHAP. XX 95 

divisa ses troupes en deux corps' : l'un, avec Aphsîn, entrait par le défilé' de 
Hadeth, l'autre corps, avec le roi, pénétrait par le défilé" de Tarse. Cinquante 
mille combattants y entrèrent avec eux, ainsi que trente mille marchands et 
fournisseurs de bêtes et de provisions, des chameaux, au nombre d'environ 
50 mille, et vingt mille mulets, sans compter les chevaux du roi et des troupes. 

Quand ils arrivèrent à Çaphçaph, ils y trouvèrent les espions des Romains 
et les tuèrent. Quand ils parvinrent à Nicée, ville en ruines, ils démolirent sa 
citadelle. De là, ils partirent vers Ancyre. Ils n'y trouvèrent personne : tous 
s'étaient enfuis à la grande ville d'Amorium. Sur l'ordre du roi, le mur [33S] 
d'Ancyre, qui était bâti en très grandes pierres de taille, fut détruit. Les Taiyayè 
prirent neuf chariots chargés (du reste) de la population d'Ancyre, et ils les 
amenèrent au camp. 

L'empereur Theophilus s'avança contre le camp d'Aphsîn, qui était de 
30 mille hommes; les Romains en tuèrent 3 mille; et aussitôt Dieu envoya une 
pluie violente qui fit cesser le combat. Le camp des Romains se trouva dispersé. 
Theophilus s'était séparé d'un côté, avec 2 mille hommes; les autres crurent 
que l'empereur avait été tué et ils s'enfuirent à Constantinople. Quand la pluie 
cessa et quand l'air s'éclaircit, Theophilus vit que les Romains étaient dis- 
persés; il descendit de cheval avec tous ceux qui l'accoippagnaient. Ils ne for- 
maient qu'un seul groupe : le roi se tenait au milieu. Les troupes d'Aphsîn l'en- 
touraient, au nombre d'environ trente mille, mais elles ne purent vaincre les 
deux mille hommes de Theophilus avant d'amener des machines qui les lapi- 
daient. Alors les Romains se précipitèrent, tuant et succombant; ils fendirent 
les rangs des faiyayê et s'échappèrent. Le combat cessa parce que le soir était 
arrivé'. Pendant la nuit, les Romains allumèrent du feu autour de leur camp, 
et partirent précipitamment vers Amorium. 

Tandis que Theophilus se sauvait, un envoyé de sa mère vint lui dire : « Les 
Romains qui sont arrivés (ici) ont répandu le bruit que tu avais été tué, et les 
notables veulent instituer un autre empereur ; viens vite ! » Alors, Theophilus 
excita les troupes qui étaient à Amorium, et il ordonna de fermer les portes 
de la ville. Il laissa Amorium comme sur [336] le tranchant du rasoir, se lamen- 
tant sur ses enfants. Quand il arriva à Constantinople, il fit mettre à mort les 
notables qui voulaient établir un autre empereur. 

Après qu'Amorium fut dévastée, Theophilus s'avança, et, en voyant ce que 
les faiyayê avaient fait à Amorium, il se reprocha à lui-même d'avoir le pre- 
mier ravagé Zoubatra, et il comprit qu'il devait changer de résolution'. 

1. Littér. : « deux camps ». — 2. xXeiffOûpa. — 3. Bataille de Dazymène ; cf. Hist. du Bas-Emp.^ 
LXIX, § xxTir-xxviii. — 4. Littér. : « il sut qu'il devait frapper sur l'arrière du navire n ; nous avons 
déjà trouvé plus haut la même expression; cf. p. 54, n. 4. C'est une sorte de locution proverbiale. 
Arabe : ovi^a/nSs. p| t.3 lO» 'oovil xi^o. 



96 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Alors, il envoya près d'Abou Ishaq, Basilius, patrice de Karséna', avec des 
dons et des présents ; et il écrivit deux lettres : l'une dans laquelle il confessait sa 
faute, et redemandait le patrice Aetius', offrant de rendre les prisonniers Taiyayê 
et de confirmer la paix ; et dans l'autre lettre étaient des reproches et des 
menaces, si Abou Ishaq ne voulait pas de la paix. Après avoir reçu la lettre de 
paix, Abou Ishaq demanda avec instance que les Romains lui donnassent aussi, 
outre tous les faiyayè prisonniers, Naçr Khourdanaya, le fils de celui-ci, et 
Emmanuel'. Basilius ayant répondu que ce n'était pas possible, le roi dit : 
« Alors, va-t-en et pars ». — Après cela, Basilius lui remit la lettre de menaces ; 
et quand elle eut été lue, Abou Ishaq fut pris de colère; il renvoya les présents 
du roi des Romains avec son ambassadeur. 

Il ordonna au général Abou Sa'îd* défaire des incursions sur le territoire des 
Romains, et il lui donna le commandement de la Mésopotamie et de la Syrie. 
Quand celui-ci arriva à Alep, il ordonna de percer les tonneaux pleins de vin; 
ils lacéraient même les outres au milieu des rues. L'évêque chalcédonien se ren- 
dit près de lui, et lui demanda d'user de miséricorde à l'égard des chrétiens. Il 
répondit : [S37] « Ne te fatigue pas avec moi, ô évèque, car vous êtes un peuple 
que je déteste fort; n'attendez de moi aucun bienfait; mais priez pour que 
ma fin arrive dans le Beit Roumayê, afin que je ne vous revoie pas. » Quand 
il se mit en route pour entrer (dans le Beit Roumayê), ayant pris avec lui des 
guerriers, il pénétra d'un côté, et il envoya le satrape, c'est-à-dire le général, 
Bésîr et les gens de Mopsueste, d'un autre côté. Bésîr s'empara de beaucoup 
de troupeaux et de gens^; il fut rejoint par Naçr, chef des Khourdanayê, qui 
délivra les captifs romains. Abou Sa'îd arriva. En le voyant, Naçr faiblit ; Bésîr le 
tua et fit mettre sa tète au bout d'une lance. Quand les Khourdanayê virent que 
leur chef avait été tué, ils n'envisagèrent plus que la mort : ils descendirent 
de leurs chevaux, leur coupèrent les nerfs et combattirent à pied jusqu'à ce 
qu'ils succombassent. L'émir ordonna de recueillir leurs têtes et de les apporter 
à Mopsueste. On les sala pour les envoyer au roi. La plupart d'entre eux se 
trouvaient être des gens de Mopsueste; les femmes reconnurent les têtes de 
leurs maris, et ce fut une grande lamentation: leur joie fut changée en deuil*. 
Le roi se réjouit du meurtre de Naçr qui avait dévasté Zoubatra. II donna à 
Bésîr des présents et un collier d'or à son effigie. — Fin. 

A cette époque, le fils d'Abou Ishaq, Tandis que les affaires publiques, c'est- 

roi des Taiyayê, un jeune homme nommé à-dire des empires, allaient mal en ces 



1. Tb Xap(Tiav6v. Une division du thème Arméniaque dont Basile était gouverneur; cf. Hist, du 
Bas-Emp., LXIX, § xl. — 2. Fait captif à Amorium. — 3. Le patrice Manuel. — 4. Abou Sa'îd 
Mohammed ibn Yousouf. — 5. Uo-^ia. — 6. Cf. Jac, iv, 9. 



LIVRE XII. GHAP. XX 



97 



Abou Daoud, était l'ennemi des chré- 
tiens. Il fit en sorte que son père dé- 
fendît de laisser paraître la croix en de- 
hors des églises, de frapper les seman- 
tra, d'élever la voix dans la prière ou 
dans les enterrements, sur la route, de 
laisser paraître du vin dans aucune 
ville ou sur les routes. Dès lors, les 
hommes devinrent la proie des préfets, 
qui, autant qu'ils voulaient, et à propor- 
tion de ce qu'ils recevaient, aggravaient 
ou adoucissaient cet édit. 

En l'an 1149, au mois de tesrîn ii 
(nov.), apparut une étoile caudée dans la 
région du sud-est; ses rayons étaient. 
dirigésversl'Occident. Pendant 15 jours 
elle se leva avant que l'Orient ne fût 
éclairé, et elle était visible jusqu'à ce 
que la lumière du soleil se levât. 

[S35] La même année, Abou Ishaq, 
roi des Taiyayê, entra dans leBeit Rou- 
mayê; voyant que les événements ne 
réussissaient pas selon son attente, il 
fut troublé et dit : « Nous n'avons pas 
bien agi en entrant ici » ; et comme il 
se disposait à se retirer, Ahmed, son 
confident, lui dit : « Il ne convient pas à 
un roi comme toi de sortir d'ici n'ayant 
rien fait. Voici la ville d'Amorium qui 
n'est pas éloignée de no«s : allons la 
prendre». Le roi l'écouta, comme Ahi- 
tophel', et ils allèrent à Amorium. 

Le roi, ayant vu sa solidité, éleva 
contre elleun retranchement'. Quand ils 
engagèrent l'attaque, ceux de l'extérieur 
lançaient de grosses pierres contre la ville 
avec les balistes' ; ils couvraient le so- 



années, nofre Église fut dans la tranquil- 
lité ; parce que les fidèles et tout le peu- 
ple étaient accablés par les soucis de 
l'impôt et des tributs des gouverneurs, 
au milieu des guerres et des luttes des 
rois. 

Mais tandis que les fidèles jouissaient 
de la tranquillité parce qu'il n'y avait 
point de troubles ni de discordes parmi 
les chefs de l'Eglise, le démon excita la 
persécution à Saroug, par l'intermédiaire 
d'un païen qui fut pris d'un zèle sata- 
nique. Il circulait et s'informait de ceux 
qui, après avoir apostasie, étaient reve- 
nus au Christianisme, afin de les obliger 
à se faire de nouveau musulmans. Plu- 
sieurs furent pris et subirent courageu- 
sement les tortures. Ensuite, cette tem- 
pête cessa et fut calmée par une femme, 
du village de Basman, qui [SSoJ résista 
très courageusement dans la lutte et ne 
se laissa aucunement affaiblir par la vio- 
lence des tourments, comme d'autres 
qui succombèrent. Quand le juge de 
Callinice entendit parler d'elle et quand 
elle eut été conduite en cet endroit, par 
ses discours intelligents et les sages ré- 
ponses qu'elle adressa au juge, elle l'a- 
mena à envoyer chercher ce païen. Lors- 
qu'il arriva, il fut frappé et jeté en pri- 
son; et ce fut la délivrance (pour les 
chrétiens). 

Encore à cette époque, la division de 
l'Eglise des Chalcédoniens, à Antioche, 
fut une cause d'ignominie pour tous les 
évêques. 

Quand Job, leur patriarche, mourut *, 



1. II Reg., xv-xvii, passim. — 2. xapâxw(ia. 
4. Cf. ci-dessus, p. 75, a. 5. 
III. 



cf. (<.ayYavixTi. 



i3 



98 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



leil de l'ombre des traits qu'ils tiraient, 
et ils renversaient ceux qui se tenaient 
sur le mur. D'autres tiraient et amenaient 
des trépieds' recouverts de peaux, pour 
protéger ceux qui creusaient des mines 
sous le mur. Pareillement, ceux de l'in- 
térieur tuaient les assiégeants avec les 
pierres des frondes, les béliers et les 
traits. Ils broyaient, avec les pierres 
qu'ils faisaient rouler, et renversaient 
ceux qui approchaient du mur, et ils 
les couvraient comme d'un épais nuage 
de sable et de poussière. 

Des deux côtés, des milliers d'hommes 
périrent pendant les trois jours de com- 
bat. Ensuite, on montra au roi une fis- 
sure dans le mur. Ils réunirent contre 
cet endroit toutes les balistes et tous 
les béliers; quand ils eurent frappé cet 
endroit pendant deux jours, il se fit 
tout-à-coup une brèche, et ce fut une 
clameur lamentable [336] à l'intérieur, 
et un cri (de joie) à l'extérieur. On ras- 
sembla sur cette brèche les nombreux 
combattants qui avaient été tués, de sorte 
qu'elle fut comblée de cadavres, et les 
assiégeants ne pouvaient entrer. Abou 
Ishaq s'irrita ; ayant réuni ses esclaves 
Maures et Turcs, il les plaça en avant et 
ses troupes derrière eux : quiconque 
tournait le dos était massacré. 

Alors les Romains demandèrent à venir 
le trouver, et il le leur permit. L'évêque 
et trois notables s'avancèrent ; ils lui de- 
mandèrent à évacuer la ville et à sortir. Le 
roi, dans son orgueil, endurcit son cœur 
et n'accepta pas. Comme ils revenaient, 
l'un des notables, nommé Bôdîn^, re- 



lis se réunirent pour se choisir un chef. 
Les familiers de Job voulaient élire un 
diacre, ami de Job; les autres, qui dé- 
testaient Job, choisirent Eustathi[us] 
serviteur de Baslli[us], métropolitain de 
ïyr. Le préfet d'Antioche, qui était de 
Tyr, favorisait l'élection de ce dernier. 
Il convoqua ceux qui ne voulaient pas 
qu'un serviteur régnât sur eux, il les 
força par ses vexations à consentir (à 
l'élection). 

Le prêtre envoyé en avant pour mon- 
trer la lettre à Eustathi[us] lui dit : « J'ai 
été envoyé près de toi et près de Nicolaus 
de Damas ; mais si tu me donnes tant de 
dinars, je te choisirai, n Eustathi[us], en 
voyantqu'il demandait des dinars, refusa. 
Alors, ce prêtre effaça son nom de la lettre 
et écrivit Nicolaus. Quelques-uns des 
évoques s'en réjouirent et l'ordonnèrent 
à Alep. Ceux du parti d'Eu8tathi[us] 
jurèrent qu'ils ne l'accepteraient point. 
Quand Nicolaus vint à Antloche, les 
uns sortirent et l'acceptèrent, les au- 
tres lui lancèrent des pierres [336] 
ainsi qu'à ceux qui l'accompagnaient. 
Les païens et les juifs en riaient, et je- 
taient de la poussière sur les chrétiens. 

A la fin, le parti d''Eustathi[us] l'em- 
porta. Ils ne permirent point à Nicolaus 
d'entrer dans leur église. L'archidiacre 
de la grande église leur interdit de fran- 
chir le seuil de la ville ; car, ils pré- 
tendaient qu'il tenait la place du pa- 
triarche et avait le pouvoir ' d'interdire 
les évoques. Pendant deux mois ils se 
tinrent dehors; ensuite ils eurent recours 
k Abou Sa'îd, émir de Syrie, et ils obtin- 



1. TpiTiiBia. — 2. Ce traître est appelé BotSiTÇsç, par les auteurs grecs, et .jjâ (lire «Ji») parles 
arabes; cf. Hist. du Bas-Emp,, t. XIII, p. 143, u. 2; Gesch. der Chai., II, 314, n. 1. — 3. aùôevrîa. 



LIVRE XII. CHAP. XX 



99 



tourna vers le roi et lui promit de lui 
livrer la ville par ruse. Le roi accepta 
avec plaisir et lui donna dix mille dari- 
ques. Le traître leur donna ce signal : 
« Quand vous me verrez me tenir sur le 
mur, lever la main, et enlever le bonnet 
de ma tête^ sachez que j'aurai éloigné 
les combattants de la brèche, approchez 
et entrez. » — L'évêque, en voyant Bô- 
dîn retourner vers le roi, comprit qu'il 
voulait livrer la ville. 

Quand les habitants s'aperçurent que 
Bôdîn faisait entrer les Taiyayê, ils s'en- 
fuirent les uns à l'église, en criant Kyrie 
eleison, d'autres dans les maisons, d'au- 
tres dans les citernes, d'antres dans les 
fosses; les femmes couvraient leurs en- 
fants, comme des poules, afin de n'être 
pas séparées d'eux, soit par le glaive, soit 
par l'esclavage. Le glaive des Taiyayê 
commença le massacre et les accumula 
par monceaux; quand leur glaive fut 
enivré de sang, parut l'ordre de ne plus 
[S37] massacrer, mais de faire la popu- 
lation captive et de la conduire dehors. 

Alors ils pillèrent la ville. Quand 
le roi entra voir la ville, il admira la 
belle structure des temples et des palais. 
Comme il lui arriva une nouvelle qui 
lui causa de l'inquiétude, il y mit le feu 
et l'incendia. Il y avait des couvents et 
des monastères de femmes tellement 
nombreux que plus de mille vierges fu- 
rent emmenées en captivité, sans comp- 
ter celles qui avaient été massacrées. 
Elles furent données aux esclaves Turcs 
et Maures, et livrées à leursoutrages : 
gloire aux jugements incompréhensi- 



rent un ordre^ pour le préfet d'Antioche, 
d'introduire (Nicolaus) chez ceux qui 
l'acceptaient. Ilentra, entouréd'hommes 
armés qui frappaient ses adversaires. Les 
païens et les juifs criaient : « Votre im- 
piété mérite bien que vous accompagniez 
votre chef avec des bâtons au lieu de 
croix, de leçons et d'offices ! » Quand 
ils arrivèrent à l'église de Cassianus, 
les partisans d'Eustathius en avaient 
fermé les portes ; les soldats brisèrent 
les portes, frappèrent ceux-ci et les en- 
voyèrent en prison. Lorsqu'ils tirèrent 
le trône d'argent pour l'y faire asseoir', 
il y eut une grande clameur et des 
meurtres au milieu de l'église. Le lende- 
main, Nicolaus ouvrit le trésor de l'é- 
glise; il en tira des objets^ d'argent et 
d'or qu'il donna au préfet et même à ses 
soldats. Il obligeait (les chrétiens), par 
la contrainte des soldats, à recevoir sa 
communion ; mais ilsla rejetaientdeleur 
bouche, et la foulaient aux pieds. L'émir 
établit un homme qui devait recevoir 
d'eux 30 dinars chaque mois, et qui sié- 
geait dans le sanctuaire ' et veillait à ce 
qu'ils ne se tuassent pas les uns les autres. 
Les partisans d'Eustathius l'amenè- 
rent par ordre de l'émir. Et quoique [337] 
Eustathius ne fût pas encore ordonné 
prêtre, l'évêque de Callinice, qui était 
déposé, l'ordonna patriarche, avec un 
autre évêque étranger. Et comme il ne 
pouvait pas accomplir son office s'il n'a- 
vait pris possession de son siège, ils 
firent présent de cinq cents dinars au pré- 
fet qui opprima les partisans de Nicolaus 
jusqu'à ce qu'ils eussent fait sortir le 



1. i^SÈMI. 2. XElJl^XtOV. — 3, U»a^3. 



100 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

blés (de Dieu!). Ils firent brûler tous trône du réduit où ils l'avaient caché; 

ceux qui étaient cachés dans les maisons et Eustathius y prit place, entouré de 

ou qui étaient montés dans les tribu- soldats. Ils partagèrent les temples : les 

nés' (?) des églises. uns s'assemblaient dans l'église de la 

Quand le butin de la ville fut réuni en Mère de Dieu, les autres dans celle de 

un seul endroit, le roi, voyant que la Cassianus. Ils s'anathématisaient et 

population était très nombreuse, donna s'injuriaient réciproquement. — Dans 

l'ordre de tuer 4.000 hommes. Il donna l'église de Callinice, deux prêtres con- 

aussi l'ordre d'enlever les étoffes et les sacraient simultanément au même autel, 

objets d'or, d'argent, d'airain et le reste chacun d'un côté, s'anathématisant l'un 

de ce qui provenait du pillage. Ils se l'autre*. — Fin. 

mirent aussi à enlever la population : 
et ce fut une clameur lamentable des 

femmes, des hommes, des enfants, lorsqu'on séparait et enlevait les enfants des 
bras de leurs parents; ils poussaient des clameurs et des hurlements. Le cri de 
leur lamentation ayant été entendu du roi, quand il en connut la cause, il fut irrité 
de ce qu'on avait commencé à enlever la population sans sa permission. Dans sa 
colère, il monta à cheval, et il frappa et tua de sa main trois hommes qu'il ren- 
contra emmenant des esclaves. Aussitôt, il fit rassembler la population à l'endroit où 
elle se trouvait ; sur son ordre, une partie fut donnée aux officiers des troupes ^, et une 
partie aux Turcs, [S38] esclaves du roi; et une partie fut vendue aux marchands. 
On vendait toute une famille ; et les parents n'étaient point séparés des enfants. 

La dévastation d'Amorium eut lieu au mois de tamouz (juilL) de l'année 1149, en 
laquelle les deux empires furent frappés de stupeur : celui des Grecs à cause de la 
plaie cruelle qui leur fut Causée, et les Arabes parce que, disaient-ils, ils tenaient 
de leurs augures que quand Amorium serait prise par eux leur empire finirait. 

Amorium était une ville fortifiée et personne n'avait pu s'en emparer avant Abou 
Ishaq, qui, en 12 jours, la prit de force et y trouva réunies la population et la fortune 
de plusieurs villes'. Telle fut leur fini — Fin. 



CHAPITRE [XXI]. — De l'époque de la fin des deux rois : Abou Ishaq des 
Taiyayê et Theophilus des Bomaias, qui firent la paix et moururent tous les 
deux peu de temps après. Sur les terribles accidents qui suninrent à cette 



1. Le mot paraît venir d'une forme grecque dérivée de xéXXy). Ar. : u^tJo « cellae »>. — 2. Bar- 
hébr. [Chr.syr., p. 150, s. f.) cite ainsi le passage : >»wo^.si Us^oCn^. oviaoo • UaA— >.»^ oov. qmm, 
— 3. Sur le siège et la prise d'Amorium, cf. Hist. du Bas-Emp., LXIX, xxxvi, xxxix ; Gesch, der 
Chai., II, 313 et suiv. 

4. w;a»»3. 



LIVRE XII. CHAP. XXI 101 

époque. Sur les rebelles qui se montrèrent de nouveau dans l'empire des 
Taiyayé. Discours apologétique et persuasif placé par le bienheureux Mar 
Dionysius à la fin de son ouvrage. Sur son pieux décès, qui eut lieu à cette 
époque. 

Quand Abou Ishaq se fut emparé d'Atnorium et l'eut détruite par le feu; il 
apprit que 'Abbas, son neveu ', se préparait à tuer le roi ^ Il s'empara de son 
secrétaire et de son médecin, un nestorien^ qui lui dévoilèrent le complot de 
'Abbas, et tous ceux qui avaient pris part à son dessein. Ils lui firent connaître 
le traité fait avec Theophilus, empereur des Romains, et le pacte qu'il aVait 
conclu avec les gens de Bagdad : quand ils apprendraient que Abou Ishaq avait 
été tué, ils devaient proclamer dans les rues et dans les mosquées que 'Abbas 
régnait, et massacrer quiconque résisterait. C'est pourquoi, Abou Ishaq fit saisir 
'Abbas et le général "Odjeif ; il les fit transporter^ chargés de chaînes, sur des 
chameaux. 

Ils abandonnèrent Amorium sans avoir pu démolir ' son mur, si ce n'est une 
petite partie; il emmena le patrice Aetius, le préfet *, et le traitre Bôdin, et il 
retourna dans son pays avec orgueil. 

'Abbas mourut, par la torture et la faim, à Mabboug. Le roi écrivit une lettre 
afin « que tout le monde sache que 'Abbas, fils de Mâmoun, [S39J a été reconnu 
ennemi de notre empire, et était disposé à livrer tout le camp des Taiyayé aux 
mains des Romains. Donc, qu'il soit maudit de tout le monde! » 

A cette époque, les Romains vinrent à Antioche^ par mer, jusqu'au port "; ils 
pillèrent des marchands, firent des captifs et repartirent sur leurs navires. Quand 
Abou Ishaq apprit cela, il ordonna de bâtir une forteresse au milieu du port. 

A cette époque, Man[g]sour% fils de la sœur d'Aphsîn, se mit à piller les mar- 
chands, et méditait une rébellion. Il prit un marchand d'Arménie et s'empara de 
tout ce qu'il possédait ; et comme ce malheureux était descendu pour se plaindre 
auprès d'Aphsîn, celui-ci écrivit de lui rendre son bien''; mais il écrivit en ca- 
chette (à Mangsour), le blâmant de ne pas' l'avoir tué; et dès lors celui-ci tua 
cet homme, et envoya sa tête au roi en disant : « J'ai pris et fait mettre à mort' le 
gendre de Bâbek, qui voulait se révolter, » Le roi se réjouit, et fit porter la tête 
en procession dans les rues de Soumara. Mangsour prit l'habitude de tuer les 
marchands. 



1. 'Abbas, fils de Mâmoun; lire : ««oia-l P « fils de son frère ». — 2. Cf. Weil, Gesch. der Chai., 
II, 317 et suiv. — 3. Lire; ;ovi. — 4. •Û7:ap-/o;. Il s'agit probablement de Théodore Cratère; cf. 
Hist. du Bas-Emp., LXIX, § xL-xLir. — 5. Sélericie de l'Oronte. — 6. Manksour, ou Mankdjour 

(Tabari : j««^)) cf. Gesch. der Chai., II, 325, n. 1. — 7. Lire : oJ^»» oi». yaSom; ar. : 'oè>-lw 'oi^ »;•, 
— 8. Suppléer la négation; ar. : 'oilSi.l\o Im l^laiii. « pourquoi ne l'as-tu pas tué ?» — 9. ^^o. 



102 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

On lui parla d'un Taiyaya qui était en Arménie. Il l'envoya chercher ; mais 
celui-ci, ayant appris comment il traitait quiconque possédait de l'or ', ne se 
rendit point près de lui; il réunit une troupe et se révolta. Mangsour écrivit au 
roi : « Un tel s'est révolté contre toi. » Le roi envoya quelqu'un avec cet ordre : 
« Qu'il vienne de bonne volonté ou de force. » Celui-ci vint sans résistance : il 
fit connaître au roi tout ce qu'avait fait [340] Mangsour au marchand dont il 
avait envoyé la tête au roi, en lui disant qu'il était sur le point de se révolter; 
et il convainquit le roi par de nombreuses preuves. Alors le roi envoya des 
troupes s'emparer de Mangsour. Celui-ci confessa qu'Aphsîn l'avait poussé à 
se révolter. Aphsîn nia et prétendit que son neveu mentait à son sujet. Le roi 
fit tuer Man[g]sour dans sa prison et destitua Aphsîn de sa dignité. 

En l'an 1152, Abou Sa'îd pénétra dans le Beit Roumayê et y fit des captifs. 
Des Romains sortirent à sa poursuite en Gilicie ; ils le vainquirent et ramenèrent 
les captifs. 

Abou Sa'îd entra de nouveau dans le Beit Roumayê et s'en revint couvert de 
confusion. Les Romains vinrent et s'emparèrent de Iladeth, de Mar'as, et du 
pays de Mélitène. 

A cette époque, Theophilus, empereur des Romains, envoya des présents à 
Abou Ishaq, roi des faiyayê et demanda l'échange des prisonniers Romains 
contre les Taiyayè. Abou Ishaq accepta les présents, en renvoya de plus grands, 
et dit: « Nous, Arabes, nous ne pouvons admettre de comparer les musulmans 
avec les Romains, car Dieu les estime plus que ceux-ci. Cependant, si tumerends 
les Taiyayê sans rien demander en échange, nous pouvons rendre le double et 
vous surpasser en toute chose. ». — Les envoyés revinrent avec la charge de 
cinquante chameaux de présents princiers. Et la paix fut rétablie entre les rois. 

Aphsîn, qui s'enorgueillit comme Capharnaum, descendit jusqu'au se'ôl ^ 
Comme le roi le méprisa, à cause de son neveu, il songea à se révolter et à 
tuer le roi ; il prit [S41] ses compagnons, les Soursanayé ', pour aller tuer 
'Abdallah Bar fahîr, puis rétablir dans le Khorasan l'empire de ses ancêtres, 
et régner sur tout le Khorasan. Son envoyé ayant été surpris, il fit connaître 
au roi tout ce qu'Aphsîn avait commandé, et il lui livra les lettres, écrites en 
dialecte soursanaya. Alors, le roi manda à 'Abdallah de s'emparer de Ilasan, 
fils d'Aphsîn, qui commandait dans le Khorasan, de peur qu'il ne se révoltât en 
apprenant que son père avait été arrêté, et il ordonna de jeter Aphsîn dans 
les profondeurs de la terre *, et de confisquer ses richesses au profit du 
trésor (royal). 

1. Ainsi en transposant les deux mots : 1=01» l-i-o». — 2. Cf. Luc, x, 15. — 3. ULro^a» désigne les 
gens de la province appelée en arabe Osronsana \ÂILS,j -.1), dont Aphsîn était originaire ; cf. J. Mar- 
QOART, ÊrânSahr, p. 300 et 150. — 4. Traduction littérale ; le sens est sans doute « dans des cachots 
souterrains ». 



LIVRE XII. CHAP. XXI 103 

Bar Tahîr écrivit à Bar Aphsîn, comme de la part du roi, lui ordonnant 
d'aller à la place de Bar Tahîr. Le jeune homme le crut et se rendit à Nîsapour ' ; 
et il fut pris dans sa naïveté '. Comme on l'enchaînait, 'Abdallah lui dit : <.< Le roi 
ordonne que tu répudies' ta femme*». Le jeune Hasan, étant vivement pressé, fit 
serment qu'elle était répudiée; et aussitôt elle fut renvoyée chez son père, Asi- 
nas', avec les serviteurs et les bagages de Hasan; celui-ci fut envoyé enchaîné 
près du roi. Il fut enfermé dans les cachots" près de son père. Ensuite Aphsîn 
mourut de misère. On répandit le bruit qu'il n'était pas circoncis et qu'il ado- 
rait une statue qui se trouvait dans sa maison ". 

Ensuite, en l'an 1153, il y eut en Palestine un homme appelé Tamîm, et sur- 
nommé AbouHarb, qui se proclama roi '. Trente mille affamés et dénudés se joi- 
gnirentà lui. Son visage était couvert[342] d'un voile. Ilparaissaitzélé pour laloi 
du Prophète, et se préoccuper des opprimés ; il n'imposait pas de tribut au-delà 
de 4 zouzé. Beaucoup se réjouirent. Mais il ne persévéra pas dans sa règle, et se 
mit à piller et à tuer. Il monta à Jérusalem : les 'ïaiyayê, les Chrétiens et les 
Juifs s'enfuirent. Il pénétra dans les mosquées et les églises, et, après avoir tout 
pillé, il voulut incendier l'église de la Résurrection et les autres. Le patriarche 
lui envoya beaucoup d'or. Radja ^ fut envoyé contre lui avec 8 mille hommes. 

Quand ils parvinrent à Callinice, la nouvelle arriva qu'Abou Ishaq était 
mort. La plupart se préparaient au pillage ; mais Dieu eut pitié, et la nouvelle 
arriva que Haroun régnait : les rebelles furent contenus et le trouble cessa. 
Cependant, Bar Baihas '°, de Damas, rassembla 5 mille hommes et se mit à piller et 
à massacrer. Il fut rejoint par Radja qui lui tua 4 mille hommes, et le reste se 
dispersa. 

Ensuite Radja s'avança contre Abou Harb ; il s'empara d'un de ses espions'^ et, 
ayant appris où il était, il traita cet espion avec honneur, lui donna un vêtement, 
et l'envoya trouver Abou Harb pour lui proposer la paix et lui dire qu'il ne 
bougerait pas de sa place avant d'avoir reçu réponse. Dès le soir il partit, et au 
matin, il tomba sur Abou Harb, lui tua 8 mille hommes et en prit mille, avec 
Abou Harb lui-même, blessé, et il les envoya au roi. 

A cette époque, les gens de Dara, de Nisibe, et d'Amid sortirent pour se 
livrer au brigandage'^. [343] Une armée de Persans fut envoyée contre eux; ils 

1. Ms. : Nîsur ou JVièuwar; même orthographe dans l'arabe. — 2. Cf. Gesch. der Chai,, II, 337. 
3. Ce sens n'est pas dans les lexiques ; il me semble indiqué par le contexte. — 4. Otrondja, fille 
d'Asinâs, ^Uil Ctt'- «1*^/1 (Tabarj, III, 1300). — S. Ms. ; Asinouq; mais iJ faut lire 'cai^\ ou ^ooau.] 
d'après la note précéd. — 6. Cf. p. 102, n. 4. — 7. Cf. Gesch. der Chai., II, 329; El-Macin, Hist. 
saracen., trad., p. 181; ïabari, 111, 1308, 1318. — 8. Un yéménite qui prit le nom de Mabarqa' 
{fijX\ iJj»- •!); cf. Gesch. der Chai., II, 331. — 9. Kadja ibn Ayoub. — 10. Ms. : Arbthas; arabe : 
'^a\^i\,Arhtzous; il faut lire: ioow.= a, ^i^. . ^|. — 11. Lire : Ua».^,aulieu de ka.^. — 12. A 
la faveur des troubles qui eurent lieu dans le nord de la Mésopotamie; ci. Gesch. der Chai., II, 330 



104 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



engagèrent une attaque contre Dara, s'en emparèrent, y tuèrent deux mille 
Taiyayê et pillèrent tout. Ils ne tuaient point les chrétiens, parce que les 
Persans étaient irrités contre les Taiyayê ; c'est pourquoi beaucoup de Taiyayê 
se sauvèrent à l'aide du signe de la croix. 

Abou Ishaq mourut et laissa de grandes richesses, car il percevait le tribut 
sur toutes choses, même sur les morts. Il bâtit la ville de Soumara, qui devint 
florissante. Le loyer d'un seul bain monta à 32 mille pièces d'argent; le revenu 
mensuel de la ville de Soumara était de 300 raille pièces d'argent. Il s'adonnait 
aux plaisirs charnels et à boire du vin; il affranchit à sa mort 8 mille esclaves 
achetés ù prix d'argent ; il laissa 40 mille chevaux de selle, 20 raille mulets de 
charge et 30 mille esclaves palefreniers'. 11 mourut au mois de kanoun (déc.) 
de l'année, 1154'. 

A la même époque mourut Theophilus, emper«ur des Grecs '. 



En l'an 1151, au mois d'adar (mars), 
apparaissait dans la partie septentrio- 
nale du ciel un signe roùge comme le 
feu; et le 6 de nisan (avril), le même si- 
gne apparut pendant trois nuits, s'éle- 
vant de la partie septentrionale depuis 
la première heure de la nuitjusqu'h l'au- 
rore. On voyait des traits qui éclairaient 
comme des lampes. 

Le 10 du même mois. Dieu envoya un 
nuage de pluie très violente, telle que 
ni nous, ni les vieillards âgés, n'avions 
jamais vu ou entendu mentionner la pa- 
reille. Beaucoup de gros rochers furent 
entraînés par l'inondation, et les plaines 
devinrent des lacs. — A Harran surtout, 
les dommages causés furent considéra- 
bles, parce que les torrents de la monta- 
gne de Hesmî et de celle qu'on appelle 
Yateb-risa, ouPhér'â, se réunirent etde- 
vinrent un grand fleuve. Ils passèrent sur 
tous les villages et les dévastèrent; ils at- 
teignirent Beit Qoubê, et les maisons, les 



Le patriarche de notre Église ortho- 
doxe était, à cette époque, Mar Diony- 
sius de Tellmahrê, et la plupart des 
histoires qui sont compilées dans ce 
livre jusqu'ici, c'est lui qui les a écrites 
très soigneusement. 

A la fin de sa Chronique, qu'il com- 
posa à la fin de sa vie, il écrivit un 
discours insinuant, mélangé de tristesse 
et d'exhortation, en ces termes : 

Plus qu'à toute autre époque de la 
domination des Arabes, les calamités 
se sont multipliées sur les hommes à 
l'époque présente, par la cupidité des 
préfets : car chacun prenait pour lui 
ce qu'il surajoutait aux impôts, et II 
ajoutait et augmentait autant qu'il vou- 
lait. Ils désignèrent et établirent des 
fonctionnaires spéciaux pour chaque ca- 
tégorie, de sorte qu'ils mangeaient et 
dévoraient les pauvres de toute façon. 
Ils établirent à Callinice un juge appelé 
(jadi, et un gouverneur pour percevoir 



1. siahularii. — 2. Selon les auteurs arabes, le 18 de réby i de l'an 227 Hég. (5 janv. 842); cf. 
Gesch. der Chai., II, 335, n. 1. — 3. Le 20 janv. 842. 



LIVRE XII. CHAP. XXI 



105 



hôtelleries, les boutiques furent inon- 
dées ; elles furent renversées et s'écroulè- 
rent ; en certains endroits elles s'abat- 
tirent sur les habitants, qui furent 
suffoqués. Si ce n'était que l'inondation 
eutlieu de jour [d39] et que le gouverneur 
rassembla la population et fit préparer 
un monticule, toute la ville aurait péri. 
Le flot s'avança ainsi, en causant des ra- 
vages, jusqu'à Callinice, qu'il inonda, 
et il se déversa dans l'Euphrate.. 

Après cela, au mois de haziran (juin) 
de la même année, un vendredi, il y eut 
une secousse de tremblement de terre à 
Qaliniqala' des Arméniens : huit^ des 
tours de son mur et de nombreuses mai- 
sons s'écroulèrent, deux cents pei sonnes 
environ périrent. Pendant deux mois, 
les gens demeurèrent dans la campagne, 
par crainte des secousses qui ne ces- 
saient ni nuit ni jour. 

Ensuite, au mois de tamouz (juill.) de 
la même année, le feu prit à Bagdad et 
à Baçra, le même jour et à la même 
heure ; plus de 15 mille' boutiques fu- 
rent brûlées, à Bagdad, avec les richesses 
qu'elles contenaient : et de même à Ba- 
çra. — Le même jour, une ville de la ré- 
gion du Khorasan fut renversée de fond 
en comble, ensevelit ses habitants et de- 
vint un tumulus : il s'en échappa un 
homme et un âne vivants. 

Le 24* d'éloul (sept.), apparut dans la 
partie septentrionale du ciel comme 



l'impôt, et un préfet* chargé de surveil- 
ler les délits", et un autre préposé aux 
courriers' pour écrire au roi l'état du 
pays ; et un autre préposé aux revenus du 
çawâfi^ \ et un autre pour (réprimer) 
l'injustice (à l'égard) des gens, alors 
qu'il était lui-même le plus inique de 
tous. Et ils établirent pareillement (ces 
fonctionnaires) dans toutes les villes ! 

[S30J Afin que les hommes sachent 
à quelle cruauté l'avarice entraîna ces 
préfets, je rapporterai quelques-unes 
de leurs actions. 

'Alî', qui occupait Damas, ayant en- 
tendu parler de la richesse d'un mort, 
fit appeler les enfants de celui-ci et 
leur dit : « J'ai entendu dire que vous 
aviez tué votre père ! » Et comme ils lui 
répondaient qu'il était mort de sa mort 
(naturelle), « Point du tout, reprit-il, 
mais vous l'avez tué pour hériter'" ». Il 
les fit charger de chaînes et les empri- 
sonna. Pendant la nuit, il envoya re- 
tirer leur père du tombeau, le fit étran- 
gler et ensuite ensevelir de nouveau. 
Au matin, il les fit appeler et leur dit : 
« Si vous êtes véridiques, allez tirer (le 
cadavre de) votre père du tombeau ». 
Ils y allèrent, ne se doutant pas de ce 
qui avait eu lieu. Comme on trouva qu^il 
avait été étranglé, il les fit frapper et 
prit leur fortune. — Il achetait" les 
chameaux faibles et maigres, et les en- 
voyait chez les villageois, pour qu'ils 



1. Erzeroum ; cf. t. II, p. 521, n. 8. — 2. BH : «18». — 3. BH : « 5 mille ». — 4. BH : « le quatorze ». 
5. ILaûi. — 6. Lire : \i^'t&sx> la'^ (cf. texte, p. 5'»1, 1. 2); arabe : ^^î^. — 7. veredarii. — 

8. Jl«..a)l Cf. DozY, Suppl. aux Dict. ar., I, 838. Il s'agit d'une sorte de patente, d'après les 
détails donnés dans la Chronique du Pseudo-Denys de Tell Mahré, éd. Chabot, trad., p. 102 et 125. 



— 9. 'AIî ibn Ishaq ibn Yahya. 
ill. 



10. ■^ovJot;!!.,. — 11. .=|o. 



14 



106 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



une nuée de feu, qui partait de la partie 
orientale el s'avançait en marchant au 
nord jusqu'à l'occident. Sa partie supé- 
rieure était rouge comme du sang, et sa 
partie inférieure était comme l'image de 
la lune, de sorte que tous les corps, les 
parois, les murs, les édifices recevaient 
la lumière du côté du nord, tandis que 
le côté méridional était dans l'obscurité. 
Ce signe paraissait depuis la deuxième 
heure de la nuit jusqu'au chant [o40] 
du coq; alors les ténèbres devenaient 
très épaisses. 

En l'an 1152, à cause de l'abondance 
des nuages et de la violence des pluies, 
la neige qui était sur les montagnes fon- 
ditetdescendithorsde saison ; les fleuves 
et les torrents furent remplis et débordè- 
rent au mois de kanoun (déc.). Le Tigre 
inonda Soumara, où il détruisit plus de 
dix mille maisons et beaucoup de gens. 
A cette époque, la tribu des Rabî- 
'ayê% formée d'assassins et de brigands, 
eut pour chef un homme nommé Mâlik, 
de leur propre race. Il entraîna et en- 
ferma la plupart des voleurs qui se 
trouvaient parmi eux, dans la ville de 
Balad. Au bout de quelque temps, ils 
brisèrent les liens pour s'enfuir. Les 
gens de Balad, s'en étant aperçus, s'em- 
parèrent de trois d'entre eux et les mi_ 
rent à mort. Les parents de ceux qui 
avaient été tués s'assemblèrent au nom- 
bre de cinq cents, ravagèrent le pays 
des 'Arabayê, et incendièrent les vil- 
lages. Quand les fils de Hasan, le chef 



les nourrissent pendant Thiver. Ils pé- 
rissaient par suite de leur faiblesse. 
Alors il disait : « Ce sont les chameaux 
du roi », et il leur faisait rendre le prix 
à raison de 30 dinars par chameau, 

A Cyrrhus, un autre préfet, passant 
de village en village, rencontra un cha- 
melier dont les chameaux lâchaient de 
l'eau sur la route ; il lui dit : « Pourquoi 
laisses-tu tes chameaux pisser sur la 
route par où passeront les musulmans, 
pour les faire glisser et tomber ? » Il le 
fit emprisonner avec ses chameaux jus- 
qu'à ce qu'il lui ait donné (un présent), 
— Un autre jour, il vit un homme qui 
était tombé de son âne, et qui s'était 
fracassé la tête. Ayant appris de lui que 
son âne avait eu peur et l'avait jeté à 
terre, il ordonna de tuer l'âne, sous 
prétexte qu'il était peureux''' et meur- 
trier de son maître. Quand ce pauvre 
homme vit le jugement [340] du préfet, 
il lui donna deux dinars et sauva (son 
âne), — Quand un homme se plaignait 
d'un autre, il les emprisonnait l'un et 
l'autre, jusqu'à ce qu'il les ait ruinés 
tous les deux. Et ainsi les hommes 
furent empêchés de porter plainte ; et 
par force on observa le commandement 
qui dit ' : « Ne rendez pas le mal pour le 
mal ». 

Ils empêchaient de vendanger les 
vignes en leur saison, avant qu'ils aient 
prélevé un dinar par mille ceps*; pa- 
reillement, aux pressoirs, ils empê- 
chaient de pressurer avant qu'on leur 



1. Sur cette tribu, cC. Wûsteinfeld, Negi.iler zu den genealogischeii TabelLen, p. 378 [s. v, : Rabî'a 
ben Nizàr). 

2. Peut-être faut-it lire liO' « récalcitrant ». — 3. Rom., xii, 17. — 4. |^«>^ ISV ,» |;u». 



LIVRE XII. CHAP. XXI 



107 



des Rabî'ayê, apprirent cette nouvelle, 
ils sortirent pour piller, parce que leurs 
villages avaient été pris par le roi en 
compensation d'une dette de 3 millions 
de zouzê dont leur père, Hasan, était 
resté redevable sur la perception de la 
capitation. Ils dévastèrent la région de 
Nisibe, de Siggar, le Tour 'Abdîn et 
Qardou. Alors le roi envoya du secours 
à Mâlik, qui partit à la poursuite des re- 
belles: les montagnes etles vallées furent 
remplies de cadavres des Rabî'ayê. 

A cette époque, deux gouverneurs 
avaient l'autorité à Damas et dans la 
région de cette ville. L'un était préposé 
à la capitation et aux questions ' du pays : 
il s'appelait Radja'; l'autre était préposé 
à la guerre [341] et à la surveillance de 
ces régions contre les délits', il se 
nommait 'Alî*. Radja, ayant accusé 'Alî 
près du roi, obtint un édit qui lui don- 
nait l'autorité sur tout le pays. 'Alî, en 
ayant eu connaissance, intercepta les 
lettres et écrivit au nom du roi qu'il de- 
vait avoir lui-même l'autorité. Il fît ame- 
ner Radja, le fit immoler avec ses en- 
fants, et prit leur fortune, c'est-à-dire 
trente mille (dinars?) qui lui apparte- 
naient et quarante mille qui apparte- 
naient au trésor royal, avec de l'or, des 
étoffes et autres choses. 

'Alî ayant commencé à commettre 
beaucoup de meurtres, les autres préfets 
vinrent et le mirent aux fers. La ville 



ait donné l'argent ^ qu'ils voulaient ; puis 
ils consignaient le vin dans les tonneaux 
jusqu'à ce qu'ils aient prélevé (un im- 
pôt) des vendeurs et des acheteurs. 

De même, sur les routes et aux portes 
des villes, ils prélevaient (des impôts) ; 
et aussi au commencement de la mois- 
son, et sur les meules, et quand ils éche- 
nillaient, et à la cueillette des olives. 

Ahmed Bar Abou Daoud' fit édicter 
toutes ces lois mauvaises. 

Nous rappellerons ce que faisaient 
les lyadayé'', gens de sa tribu. L'esprit 
est stupéfait, la langue frémit au sou- 
venir de l'impiété des lyadayê. Ils s'enor- 
gueillirent, en effet, à cette époque, au 
point que personne ne pouvait leur 
résister, ni les empêcher d'accomplir 
leur volonté. Un lyadaya renvoyait la 
charrue d'un chrétien de son champ et 
lui faisait labourer le sien; il réquisi- 
tionnait un homme et sa famille pour 
moissonner sa moisson et travailler avec 
lui ; et il n'en était point empêché par 
le gouverneur. Un lyadaya convoitait-il 
un village : il le chargeait d'impôts à 
tel point que son propriétaire était 
contraint de le vendre, et il l'achetait 
lui-même à vil prix. 

[o41] De cette manière Ahmed s'em- 
para de nombreux villages. Les hommes 
étaient persécutés par les lyadayê et par 
les préfets. Les Taiyayê eux-mêmes 
étaient persécutés. 



1. Le sens du mot est assez vague, il signifie « question, réclamation, pétition, examen juridi- 
que »; peut-être faut-il corriger « tributs »? — 2. Radjâ ibn abi 'd-Dhahhâk. — 3. Cf. ci-dessus, 
p. 105, n. 6. — 4. Cf. p.'l05, n, 9. 

5. l.aaas. — 6. C.idi célèbre ^sous les règnes de Mâmoun et de Mo'taçim ; cf. Gesch. der Ckal., 
II, 261, 262, — 7. Cf. WûsTENFELi), Register, p. 244 [s. v. : Ijâd ben Nizàr). 



108 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



était sur le point d'être passée au fil 
de l'épée et livrée au massacre : Dieu 
lui vint en aide. Le roi ayant envoyé 
chercher 'Alî, celui ci imagina de simu- 
ler la folie, comme s'il était possédé du 
démon, et par cette ruse il évita la mort. 
En l'an 1153, il y eut un hiver sans 
pluie, et les^ semences ne germèrent pas 
avant le mois d'adar (mars) ; mais il y eut 
des neiges abondantes, des gelées et un 
froid rigoureux ; et, en outrOj la rareté de 
l'argent, la cherté du froment, la famine, 
la maladie, la peste' ne cessèrent point; 
de plus, le tribut fut impitoyablement 
aggravé par la cruauté des gouverneurs 
avides du sang des pauvres. Le malheu- 
reux indigent ne savait où se réfugier et 
ne pouvait ni procurer du pain à la fa- 
mine de ses enfants, ni donner le tribut 
aux exacteurs cruels, ni soulager les in- 
firmes qui étaient dans sa maison. La 
plupart des pauvres qui voulaient [S42] 
sortir pour recueillir ' du bois pour le 
feu, ou un peu d'herbe pour la nourri- 
ture au lieu de pain, en étaientempêchés 
par la rigueur du froid; ils périssaient 
de froid et de faim au milieu de leurs 
demeures. Les riches, voyant qu'il n'y 
avait plus de pain, ni de semence dans 
la terre, cessèrent d'avoir pitié et de 
vendre du froment, et de soulager les 
pauvres. 

Quand nisan (avril) arriva, la pluie sur- 
vint et les semences prospérèrent. Dieu 
envoya la grêle, qui ravagea la plupart 
des campagnes dans le Djézireh et en 
Occident, la sauterelle et le bruchus 



Je rapporterai h leur sujet une his- 
toire, digne de lamentation, qui mon- 
trera leur impiété. La femme d'un païen 
de ce pays était possédée d'un démon 
ventriloque. Ses parents firent venir un 
magicien pour chasser ce démon. Beau- 
coup de gens étaient réunis pour voir 
ce phénomène. Le démon se moquait 
du magicien. Le magicien, ayant lutté 
par ses incantations', sans succès, fit 
apporter une épée qu'il brandit en me- 
naçant de tuer le démon. Alors le 
démon parla par la bouche de la fille et 
dit : « Ecoutez, vous qui êtes assemblés. 
Je suis moi-même de ce pays, et ma 
famille est de la tribu des lyadayê ; je 
suis un lyadaya, un des compagnons 
d'Ahmed Bar Abou Daoud : et celui-ci 
veut me tuer ! » Le magicien, en enten- 
dant le nom des lyadayê, s'enfuit de peur 
que les lyadayê ne le missent à mort, 
pour se venger du démon qui s'était 
appuyé sur eux. — De même, plusieurs 
se mettaient sous la protection des lya- 
dayê, à l'exemple de ce démon, pour 
se préserver des préfets. 

Les ressources des pauvres étaient 
épuisées par les lyadayê et les préfets, 
et il n'y avait point de libérateur ni de 
roi dont la porte s'ouvrît pour eux; et, 
ce qui est plus cruel, Dieu a détourné 
son visage, et quand nous l'invoquons 
il n'écoute pas, parce que nous l'avons 
irrité par des actions mauvaises, nous 
qui, selon la parole de l'Apôtre',» sommes 
remplis de toute sorte d'iniquité, de 
fraude, de mauvais desseins et autres 



1. Lire : ULom. — 2. Lire : li»— o ..agjiijo. 
3. l^3oi. — 4. Rom., I, 29. 



LIVRE XII. CHAP. XXI 



109 



qui dévorèrent les semences tardives, 
le coton et les autres récoltes, des vents 
violents qui détruisirent les arbres, qui 
étaient déracinés et projetés en l'air par 
le vent' : choses que nous avons vues de 
nos yeux. J'ai vu aussi des champs dont 
toute la terre meuble était enlevée et ac- 
cumulée sur les champs ensemencés 
comme en des tas de froment sous les- 
quels les récoltes étaient ensevelies et 
dissimulées. 

Ce même hiver, les troupes se ras- 
semblèrent dans les pays de Qardou, 
pour faire la guerre à Mousa, chef des 
Khourdanayê, qui s'était révolté. Les ha- 
bitants de ce pays eurent à subir de 
grandes vexations, parce que les soldats 
logeaient dans leurs maisons et man- 
geaient leur pain, alors que tout était si 
cher. 

Le sel se vendait 40 drachmes pour 
un zouza ; le fromage, deux onces pour 
un zouza ; les noix, 50 pour un zouza . Et 
cela dans le pays qui fournissait aux 
autres les noix et le fromage ! 

Les Persans ne purent rien contre 
les Khourdanayê, car ceux-ci sortaient 
tranquillement de leurs habitations, 
mangeaient et buvaient, tandis que les 
Persans étaient hébétés et paralysés par 
le froid, et leurs doigts engourdis par 
la rigueur [843] du froid. Environ 15 
mille Persans furent tués dans cette 
guerre. 

La peste dura deux ans. Elle com- 
mença en Mésopotamie et passa ensuite 



choses détestables » ; et, à cause de 
semblables actions, Dieu a livré les 
chrétiens aux mains de (leurs) ennemis ; 
ceux qui les détestaient ont dominé sur 
eux°. Ils se sont élevés contre nous 
pour faire cesser la liberté qui résidait 
dans les lois des chrétiens, sans parler 
des vexations qu^ils attiraient sur eux. 

Et à cause de cela, je m'avance affligé 
et attristé, non seulement à cause de ce 
châtiment, mais (à cause) de la manière 
dont la colère de Dieu est partie du 
ciel', et son glaive' est aiguisé, et son 
arc tendu, parce qu'il s'est préparé et 
se prépare des vases de colère '. Car 
encore maintenant il dit : « Jusqu'à 
quand vous supporterai-je ? Que de- 
vais-je faire que je n'aie fait'. Parce 
que vous avez méprisé, dans l'endurcis- 
sement de votre cœur, ma longanimité, 
qui vous invitait à la pénitence, vous 
vous êtes accumulé un trésor de colère 
pour le jour de la colère ' ». 

Mais peut-être Ta Perfection* nous 
répondra-t-elle et dira-t-elle : « Pour- 
quoi, toi qui tiens les rênes de l'Église, 
ne veilles-tu pas assidûment pour elle, 
de manière que le Seigneur entende ta 
supplication et détourne la colère ; 
ainsi que Moïse pria pour Israël, et fut 
exaucé? » — A cela je dirai : « Je suis 
moi-même coupable de péchés, comme 
le reste du peuple, et je n'ai point l'au- 
torité' que possédait Moïse. Mais puis- 
que Ta Sainteté elle-même, par les 
jugements incompréhensibles du Sei- 



i. Ou peut-être : « qu'ils déracinaient et projetaient en l'air au loin » (?). 

2. Ps. cv, 41. — 3. nom., i, 18. — 4. Lire : wa.«. _ 5. Ps. vir, 13, 14. ~ 6. Is., v, 4. — 7. Cf. 
Rom., II, 4, 5. — 8. Littér. : Electio Tua. — 9. icappr)(iia. 



110 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

en Occident. Elle causa surtout des ra- gneur, a reçu le gouvernement de cet 

vages en Palestine et sur le littoral : animal à plusieurs têtes, dont la con- 

beaucoup de villages devinrent déserts, duite est l'art des arts et la science des 

et leurs champs restèrent sans moisson- sciences, et puisqu'elle a appris par ex- 

neur. On retira en un seul jour cinq périence [3-43J la difficulté qui accom- 

cents morts de la ville de Ramlé; et pagne ses pasteurs, surtout quand ils 

comme ils ne pouvaient pas creuser des ont un cœur sensible, qui est le rongeur 

tombeaux, ils faisaient de longs fossés des os, je n'ai pas besoin de dépeindre 

dans lesquels ils jetaient les cadavres. à Ta Sagesse dans quelle angoisse je 

Le tiers de la Palestine fut consumé suis, telle que les [nuits] 'se passent pour 

dans cette calamité. moi sans sommeil et les jours sans aucun 

repos, outre les autres afflictions, et la 
consomption des soucis qui consument 
le cœur et brûlent le corps ; car chacun est allé de son côté et il n'y a personne qui ré- 
fléchisse et qui cherche le Seigneur^. Si j'étais saint comme Moïse, miséricordieux 
comme Jérémie,que pourrais-je obtenir de plus, alors que le peuple demeure ce qu'il 
est et ne change pas ? Car Moïse n'a pas simplement prié, mais quand il gardait encore 
le silence, il associa déjà le peuple à sa prière ; car « quand ils levèrent les yeux et virent 
les Egyptiens, ils furent très effrayés, comme il est écrit', et ils crièrent vers le Sei- 
gneur ». Le cri du peuple et sa conversion ouvrit la porte à la prière de Moïse. Mais 
chez nous, qui fait pénitence ou se convertit? ou qui se corrige et s'impose une loi? 
qui ne remue* les lèvres, ne branle la tête^ et ne méprise la loi et le législateur? On 
peut nous dire avec raison ce qu'on disait h Jérémie : « Ne prie pas pour ce peuple, 
car je ne t'écouterai pas^ Et si même Noé, Job et Daniel se levaient et priaient pour 
ce peuple, je ne les écouterais pas'. » — C'est pourquoi nous dirons comme Jérémie* : 
(' Malheur à nous, parce que nous avons péché ! Pour cela, notre cœur est enivré et 
nos yeux s'obscurcissent » ; et nous crierons avec Paul' : « Le temps est abrégé ». 
Voici qu'approche la dévastation attendue. Les signes se multiplient. L'undeuxest la 
rébellion dont l'Apôtre a dit*" que quand elle arriverait le fils de perdition apparaî- 
trait. C'est pourquoi je pleure et je me lamente sur ma vie ; car moi misérable, à cause 
de mes péchés, j'ai été laissé pour épuiser le calice, pour souffrir et pour m'attrister", 
quand je vois de mes yeux les ignominies et la calamité que subissent les enfants de 
l'Église, et que les maux s'accroissent continuellement pour nous; et quand je vois, 
pour ainsi dire à la porte, le présent, je me sens incapable (de supporter) le redou- 
table et inévitable avenir qui doit suivre. Dès lors, il n'y a plus pour moi qu'une 
solution à mes maux : la mort, que je souhaite comme un événement heureux et for- 



1. Suppléer : |l.a:^j (BH). — 2. Ps. xirr, 3. — 3. ISx., xiv, 10, — 4. La répétition de ;èâM est 
à supprimer, — 5. Cf. Ps. xxi, 17. — 6. Jer,, vif, 16. — 7. Cf. Ezech., xiv, 14, 20. — 8. Thren., 
V, 16, — 9. I Cor., vit, 29. — 10. II Tkess., ii, 3. — 11. Lire : oal-, (BH). 



LIVRE XII. GHAP. XXI 111 

tuné; je me nourris de l'espoir qu'elle viendra et arrivera un jour, et je me rappelle 
ce qu'a écrit un des saints à quelqu'un qui se lamentait et souffrait comme moi [334] 
à cause de l'Église, lui disant : « Que le vertige ne s'empare pas de toi à cause des 
souffrances générales de l'Église, mais nourris-toi des bonnes espérances. Rappelle- 
toi que (le Seigneur) disait à ses disciples' : « S'ils m'ont persécuté, ils vous persé- 
cuteront aussi », et que Paul écrivait à Timothée eu ces termes" : « Tous ceux qui 
veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés. » 

Le sage Dionysius, patriarche, surnommé de Tell Mahrê, termina ici sa Chronique. 
Il la composa en deux parties, et en seize livres : chaque partie contient huit livres 
divisés en chapitres. Il l'écrivit à la demande d'iwannis, métropolitain de Dara. Dans 
cette Chronique sont renfermés les temps, c'est-à-dire un cycle de 260 ans, depuis le 
commencement du règne de Maurici[us], c est-à-dire depuis Van 89k des Grecs, jusqu'à 
l'année 115k, en laquelle mourut Theophilus, empereur des Romains, et Abou Ishaq, 
roi des Taiyayê; et en laquelle commença à régner sur [les Arabes] Haroun, fils d'Abou 
Ishaq, et sur les Romains, Michel, fils de Theophilus, faible ' enfant dont la mère gou- 
vernait V empire. 

Dans ce douzième Livre est compris un espace de 65 ans, depuis l'an 1088'' Jus- 
qu'à l'an 115k ^ des Grecs, pendant lequel huit empereurs ont régné dans l'empire 
des Romains, et six rois dans le royaume des Taiyayê. — Au Seigneur, maître 
des temps et sans commencement : gloire en tout temps. Oui! Amen! 



1. JoH., XV, 20. — 2. II TiM., m, 13. — 3. L'arabe paraît avoir compris autrement (t-ô^ »-3i^). 
4. Ms. : 1898. — 5. 4^). 



LIVRE XIII 

Nous AJOUTONS, ô Dieu, dans la composition, le Treizième Livre, qui commence 
A l'an 1155 DES Grecs, qui est l'an 825' de Notre-Seigneur incarné, et 
l'an 224 DE l'empire des Arabes ; et cette année est l'an 6325 depuis Adam, 
c'est-a-dire depuis le commencement du monde temporel. En 7 chapitres^ 



CHAPITRE l". — De r époque du commencement de Haroun{II), roides Taiyayê^ 
de Michel {III), empereur des Romains, et de Mar Jean [III), patriarche. 

Remarque. Nous avons recueilli, avec l'aide du Seigneur, le souvenir des générations 
précédentes el le récit des événements qui s^y son' passés, des chroniqueurs anciens et 
autorisés , et successivement dans toutes les générations, des livres d'hommes instruits, 
qui ont écrit et laissé à ceux qui venaient après eux le souvenir des choses qui ont eu 
lieu avant eux ou de leur temps jusqu'au moment de leur départ de ce monde ; comme 
par exemple saint Dionysius , des livres duquel nous avons principalement enrichi la 
présente Chronique jusqu'ici. 

Or, depuis l'endroit où. il s'arrête nous devons commencer d'ajouter à la contexture 
du discours expositif. Mais dans notre langue, nous n'avons trouvé, après ledit patri- 
arche, personne autre que le vénérable Ignatius de Mélitène, qui commence sa 
Chi'onique à V époque du grand Constantinus , passant sur les temps très brièvement et 
comme d'un pas rapide; et, comme jusqu'ici nous avonsajouté au.x autres les choses 
rapportées par lui en abrégé, à partir d'ici et désormais, nous n'avons plus à copier 
que son seul livre. 

Or, ainsi que nous l'avons dit, il écrivit en abrégé; pour ce qui concerne les empe- 
reurs des Romains, il tresse seulement la trame de l'empire, et il établit la succession 
du sacerdoce uniquement d'après nos pontifes; il ne s'occupa point de l'empire des 
Arabes, qui existait avant lui, comme fit Dionysius, ni de celui des Turcs, qui commença 
de son temps ou un peu auparavant et qui [S4S] gouverne encore de nos jours ; il ne 
.se préoccupa pas non plus d'établir la succession des Eglises des (autres) nations, si ce 
n'est en partie. 

Nous sommes donc contraint d' emprunter aux livres des (autres) nations les choses 
exactes, pour les adjoindre aux siennes; pour que la trame ne soit pas brisée, mais 
quelle soit tissée, conformément à son début, jusqu'à la fin de notre vie; afin que 
ceux qui voudront prendre ce soin bâtissent de la même manière sur ce fondement, 
chacun en son temps, jusqu'à la fin de ce monde temporel et changeant. 



1. Sic ms. — 2. Ms. ; 27 ; lire ^=, comme il résulte du texte même. 



LIVRE XIII. CHAP. I 113 

En l'an 1155, Michel', fils de Theophilus, régna sur les Romains; il était âgé 
de 3 ans, et comme il était trop jeune, sa mère, Theodora, dirigeait l'empire. 

Emmanuel* fut établit général en chef sur tous les soldats, pour les diriger. 

Pareillement, dans l'empire des Arabes, quand mourut Abou Ishaq, qui est 
Abou 'l-'Abbas Mo'taçim', son fils Haroun, surnommé Watîq*, lui succéda. — 
Ils se réjouirent en lui, parce qu'ils pensaient qu'il allégerait les lourds tributs 
imposés par son père. Mais il s'adonna à la boisson, au chant, aux voluptés, aux 
débauches, et il abandonna l'empire aux mains de trois personnages. C'est pour- 
quoi les hommes ne virent point de soulagement aux maux qui les accablaient; 
mais, de la même manière, le poids d'un joug intolérable de lourds impôts fut 
encore plus cruellement placé sur le cou des hommes, et (ces impôts) étaient 
perçus sans clémence. Et, tout le temps du règne de ce Haroun, surnommé Watiq, 
les préposés qu'il mit à la tête de son empire usèrent d'une aussi cruelle dureté, 
vis-à-vis de tous les peuples soumis à sa domination. Lui-même [346j ne se 
préoccupait aucunement de ce qui se faisait; car il était occupé jour et nuit à 
boire du vin, au jeu et à la débauche. 

Il régna cinq ans et neuf mois". — De son temps, il n'y eut point de guerre 
entre les faiyayê et les Romains. 

L'impératrice Theodora, après avoir gouverné l'empire des Romains pendant 
14 ans, avec son fils, mourut en l'an 1168, et son fils, Michel, régna seul\ 

Pendant le règne de ce Michel, empereur des Romains, six rois régnèrent sur 
les Taiyayê, de cette manière : 

Après la mort de Haroun Watîq, régna Abou Dja'far Mouta[\vak]kil', pendant 
14 ans% puis il fut massacré'. 

Ensuite régna Mohammed, surnommé Mountaçir'". Au bout de six mois et 
quelques jours, Ahmed s'insurgea contre lui et le massacra". Et il y eut à Bagdad 
de nombreux meurtres; car il y avait deux partis ; les uns étaient du parti de 
Mohammed, les autres (étaient) avec Ahmed. A peine au bout de trois jours, 
quand la têle de Mohammed eut été fixée au bout d'une lance et quand ses 
partisans connurent qu'il avait été réellement massacré, prirent-ils la fuite et se 
cachèrent-ils. Ahmed, qui est surnommé Mousta'in'^ régna pendant trois ans. 



1. Michel III, V Ivrogne. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXX, § i. — 2. Manuel; et. ci-dessus, p. 74, 
n. 7. — 3. Le 18 de réby i de l'an 229 (5 janv. 842). — 4. Abou Dja'far Haroun al-Watîq. en 
5. Il mourut le 23 de dsou '1-hidjah, de l'an 232 (10 août 847). — 6. Elle quitta ie gouvernement — 
854, et mourut en 867. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXX, § xxvni, xxxv. — 7. Lire : \).3oI.o^. Abou 'U 
Fadhl Dja'far al-Moutawakkil. Frère du précédent. — 8. Lire : i» ; ms. : « 4 ans ». — 9. Dans la 
nuit du 3 au 4 sawwal de l'an 247 (9/10 déc. 861). — 10. Abou Dja'far Moham.-ned al-Mounlaçir, 
fils du précédent. — 11. Dans la nuit du 2 au 3 de réby it de l'an 248 (4/5 juin 862). — 12. Abou '1- 
■Abbas Ahmed ibn Mohammed al- Mousta'în, petit-fils de Mo'taçim. Mohammed, son père, était le 
frère aîné de Haroun Watîq. 

III. 13 



114 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIExN 



Alors [347] les Taiyayê s'insurgèrent aussi contre celui-ci et le massacrèrent', 
parce qu'il se souillait dans toute espèce de débauches : il s'enivrait de vin, 
faisait tuer sans pitié ni motif, et n'avait aucun souci des affaires et des lois du 
royaume. Lorsqu'il vint à Bagdad, [de Samara, les Turcs se réunirent, tirèrent de 
prison Mou'taz et Mouayad, fils de Moutawakkil; ils firent régner Mou'taz% et 
promirent sa succession à Mouayad. Les gens de Bagdad étaient pour Mous- 
ta'în et ceux de Samara pour (les fils de) Moutawakkil. 11 y eut une grande divi- 
sion parmi les Taiyayê, et beaucoup périrent dans les combats qui furent livrés 
entre les deux partis]'. 



A cette époque, en l'année 1155, il se 
trouva, à Constantinople, un patriarche 
magicien ; comme les Chalcédoniens l'ont 
eux-mêmes écrit à son sujet. Ils ont, en 
effet, écrit ceci : 

L'impératrice, femme de Theophilus, 
dirigeait elle-même l'empire après son 
mari, et elle ordonna d'adorer les ima- 
ges; quelques-uns des grands favorisè- 
rent son édit. Or, il y eut un schisme, 
parce que le patriarche qu'ils avaient 
alors disait qu'il ne convenait pas d'ado- 
rer les images, de peur de renouveler 
l'idolâtrie. Comme il ne se soumettait 
pas à l'édlt de l'impératrice, ils le chas- 
sèrent de son siège, par zèle, et eu éta- 
blirent un autre à sa place ; au bout de 
peu de temps on reconnut que celui-ci 
pratiquait la magie divinatoire et adorait 
les idoles : à cause de cela, il avait 
consenti à l'adoration des images. Il fut 
à son tour déposé par eux, et chassé de 
son siège. 



Proœmion du livre d'Ignatius de Mé- 
litène. — c Les anciens chroniqueurs, 
très instruits, c'est-à-dire Eusèbe de 
Gésarée, Socrate, Zosime, Zacharie et 
Jean d'Asie, et encore Mar Jacques d'É- 
desse et le patriarche Dionysius de Tell 
Mahrê, et plusieurs autres aimant le tra- 
vail, ont suffisamment écrit surles temps 
passés : car les uns ont amplement com- 
posé des histoires ecclésiastiques et les 
autres brièvement; tous ont dit et écrit 
ce qui était utile. Or, ils ont écrit, dans 
leur précieuses histoires, jusqu'à l'an 
1154 des Grecs. Depuis lors et plus tard, 
personne ne s'est trouvé dans notre na- 
tion syrienne qui écrivit pleinement, soit 
sur les temps des rois, soit sur les his- 
toires ecclésiastiques. C'est pourquoi, 
moi faible, j'ai mis mon application, se- 
lon ma force, dans la Chronique pré- 
sente, sommairement et brièvement. Je 
ne me suis pas servi de l'ampleur ni de 
la sublimité du langage ', mais j'ai plu- 



1. Il abdiqua le 11 de dsou'l-hidjah de l'an 852 (4 janv, 866), et fut tué quelque temps après; 
cf. Gesch. der Chai., II, 388, 398, n. i. — 2. Abou 'Abdallah Mohammed ibn al-Moutawakkil al- 
Mou'taz. — 3. Nous croyons qu'il faut ainsi suppléer, du moins quant au sens, la dernière phrase 
qui paraît incomplète. Les mots entre crochets sont traduits de Barhébréus, Chr. syr., éd. Bedjan, 
p, 160, La version arabe présente la même lacune que notre ms. 

4, Lire : lûCivi». 



LIVRE XIII. GHAP. I 



115 



Et à ce propos, comme ils le disent 
eux-mêmes, ils firent disparaître, c'est- 
à-dire ils enlevèrent les voiles de leurs 
églises, attendu, prétendent-ils, qu'ils 
avaient trouvé leur patriarche pratiquant 
la magie avec ses complices, derrière 
le voile dans le sanctuaire, et y accom- 
plissant les mystères [346] impurs du 
paganisme. 

S'ils sont véridiques, ils sont à plain- 
dre de ce que la succession de leur sa- 
cerdoce soit entre les mains des servi- 
teurs des démons. 

S'ils mentent, et si, selon leur cou- 
tume, ils profèrent de telles accusations 
contre leurs chefs par ambition du pou- 
voir, ils ne sont pas justifiés pour cela; 
car sur eux s'est accompli ce qui est dit 
chez le prophète' : « Ils ont abandonné 
la voie de la vérité, et ils ont couru dans 
les sentiers qui conduisent à la mort ». 
En eflfet, comme ils sont sortis et se 
sont écartés de la confession orthodoxe 
des bienheureux Apôtres et des Pères 
éprouvés, ils doivent continuellement 
errer et tomber très misérablement dans 
toutes les choses qui amènent la ruine. 

Ils déposèrent, comme ils disent eux- 
mêmes, celui qui fut reconnu^ comme un 
magicien et un idolâtre; et ils en établi- 
rent un autre qui, bientôt après, fut re- 
connu comme professant les mêmes doc- 
trines que son prédécesseur. Ils s'insur- 
gèrent donc contre lui pour le chasser; 
et lui, criait et se lamentait (en disant) : 
« Allons, enlevez-moi la dignité à cause 
de laquelle vous dites que je suis un 



tôt établi simplement les faits et les 
causes, de manière qu'ils soient faciles à 
lire et à comprendre pour ceux qui 
aiment la vérité et qui aiment [o46] les 
choses brèves. 

« J'ai fait commencer cette chronique 
à l'époque de Constantin le Grand, et 
je suis descendu jusqu'à notre époque. 
Que personne ne me blâme de ne pas 
avoir écrit tous les événements. Pour 
cela un long temps et un discours étendu 
auraient été nécessaires. Parfois j'ai rap- 
porté la phrase ' même, c'est-à-dire la 
parole de chaque Docteur, c'est-à-dire 
de Jacques d'Édesse ou de Denys de 
Tell Mahrê, sans la changer et sans y 
ajouter quelque chose de moi-même. 
J'ai trouvé beaucoup de souvenirs dans 
les chroniques grecques, et j'ai réuni 
brièvement en un seul corps complet ce 
qui était dispersé et disséminé en plu- 
sieurs endroits. 

« Si quelqu'un trouve dans cette chro- 
nique des années qui surpassent ou sont 
au-dessous de l'exactitude, qu'il ne jette 
pas le blâme sur moi. Parfois, quand un 
des rois mourait, Pétablissement de son 
successeur tardait une année ou la moi- 
tié d'une année, ou plus ou moins ; et 
de même, quand mourait un patriarche, 
l'ordination de son successeur tardait 
une année, ou plus ou moins ; et pour ce 
motif [o47] les événements sont confon- 
dus les uns avec les autres. Et, à la vé- 
rité, il n'y a aucun dommage en cela, 
comme le savent très bien les amis de la 
science. 



1. Cf. Proi>., xn, 28. — 2. Lire : .-su*),. 
3. Xéliî. 



116 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

idolâtre, alors que je ne le suis pas ». «Ainsi que nous l'avons dit plus haut, 

Et il fut de la sorte chassé par eux, sans voici que nous commençons à l'époque 

pitié». de Constantin le Grand ». 

Tel ^ est le commencement de la Chro- 
nique de ce vénérable (évêque). — Pour 
nous, ainsi que nous l'avons fait connaître auparavant, nous avons inséré dans les livres 
précédents, selon l'ordre de succession, toute sa Chronique, depuis l'époque de Con- 
stantin jusqu'à cette époque de Michel, fils de Theophilus. Nous y ajouterons main- 
tenant les clioses qui regardent cette époque et celle qui suit. 

Nous faisons donc savoir que, du temps de Michel, empereurdes Romains, et de 
Haroun, roi des Taiyayê, le patriarche Mar Dionysius de Tell Mahrê mourut, le 22' 
du mois de 'ab (août) de l'an 1156, et son saint corps fut déposé dans le couvent de 
Qennésrîn. Il exerça le patriarcat pendant 27 ans, et ordonna cent évoques*; il écri- 
vit sur les temps, savamment et convenablement. 

Après lui, du temps de Michel, fils de Theophilus, empereur des Romains, on 
ordonna dans notre Eglise orthodoxe, comme patriarche pour le siège d'Antioche, 
Mar Jean, qui était du monastère de Zakai, (situé) en dehors de Callinice. Son ordi- 
nation eut lieu là où était assemblé le synode, dans le monastère de Mar Sîla % dans 
la région de Saroug, en l'an 1158 des Grecs, le 21 du mois de tesrîn u (nov.). Mar 
Habib, de Tarse, lui imposa les mains. Il exerça le patriarcat pendant 27 ans, et 
partit vers Notre-Seigneur en l'an 1185, au mois de kanoun i (déc), le 3, un jeudi, 
à Rés'ayna.Il ordonna 86 évêques^ Son corps fut déposé dans le saint monastère de 
Spécules '. 

Le patriarche d'Alexandrie et d'Egypte était Mar Joseph, celui dont parlait le 
patriarche Mar Dionysius de Tell Mahrê à la fin de sa Chronique'. 

CHAPITRE II. — De V époque à laquelle régnaient dans l'empire des Romains 
Basil[ius] et Léon, et dans celui des Arabes Mouhtadi et ensuite Ahmed Mouhta- 
mid ; avec mention des pontifes qui se succédèrent dans notre Église. 

Michel, empereur des Romains, après avoir régné 25 ans, mourut en l'année 
1179'. 



1. Le patriarche Jeau Lécanomante fut chassé comme iconoclaste (842); il eut pour successeur 
Methodius; celui-ci mourut eu 847, et fut remplacé par Ignace (fils de Michel Rhangabê), lequel 
fut maltraité, chassé et déposé en 858, pour faire place à l'intrigant Photius. 

2. Michel prend ici la parole. — 3 Lire : laaa, — 4. La liste en est donnée àla fin de ce volume, 
et de même pour les patriarches suivants. — 5. Le nom paraît écrit U'*> « Sîna »; mais il faut lire 
IUa « Sîla » (Voir l'index géographique). — 6. La liste ne donne que 84 noms. — 7. Ou « Saphylos » ; 
cf. t. Il, p. 513, n. 6. — 8. Cf. ci-dessus, p. 80. 

9. 24 sept. 867 ; cf. Hisl. du Bas-Emp., 1. LXX, § lxv. 



LIVRE XIII. GHAP. II 117 

Comme il n'avait point de fils, il eut pour successeur un homme nommé 
Basil[ius]S dont Ignace dit : « Nous n'avons pas trouvé dans les livres des Grecs 
combien d'années il régna » ; [M8j pour nous, nous avons trouvé dans le livre 
des Arabes où sont notées les années des rois que deux années sont attribuées 
à ce Basil[ius] : c'est pourquoi nous l'avons ainsi disposé dans le comput des 
années. 

Après lui régna son fils Léon. — Ce Léon régna 25 ans et 8 mois. 

A cette époque mourut Mouhtadi, roi des Arabes^ Après lui régna sur les 
Arabes, à Bagdad, Ahmed, surnommé Mouhtamid', 23 ans et 2 mois. 

Après que l'impératrice Theophano, femme de Basil[ius], eut régné avec son 
fils Léon pendant 12 ans, la discorde survint entre eux, et ils étaient arrivés à ce 
point que lui devait périr secrètement ou tuer sa mère ouvertement. Mais le 
Seigneur eut pitié d'eux. L'impératrice tomba malade et mourut'. Tout le monde 
attestait sa piété, sa miséricorde, et la grandeur' de ses actions louables. 

Alors Léon fut seul autocrator, après la mort de sa mère. Sa femme étant 
morte, au bout d'une année, [349] il méprisa la loi, foula aux pieds la règle des 
empereurs ses prédécesseurs et prit une seconde femme. Et comme ce n'était 
pas la règle chez les empereurs des Romains, il devint méprisable aux yeux de 
tous. Alors il tomba de mal en pis : il ajouta à son irrégularité, chassa sans 
aucun motif la seconde femme qu'il avait prise et en prit une troisième. Et 
comme il ne fut blâmé par personne, la longanimité des desseins secrets 
de Dieu s'étendant sur lui, il ajouta encore (à sa malice) et en prit une quatrième 
avec la troisième : et il eut ainsi deux femmes. Et comme il voulait pouvoir 
faire cela sans être blâmé, il imagina de faire établir la loi que les chrétiens 
pouvaient prendre jusqu'à quatre femmes, et, de même, une femme jusqu'à 



1. Basile, le Macédonien; il régna 14 mois avec Michel, et seul 18 ans et 5 mois; il mourut le 
1" mars 886. A partir d'ici la chronologie de notre auteur, empruntée à Ignace de Mélitène, est 
complètement troublée. Voici la succession réelle des empereurs dont il est parlé dans ce chapitre 
et le suivant : Après Basile, son fils Léon VI, le Philosophe, 25 ans et 2 mois; mort le 11 mai 911. 
Alexandre, son frère, 13 mois ; mort le 7 juin 912. Constantin VIT, Porphyrogénète, fils de Léon VI, 
seul empereur. Romain- Lécapène, associé au trône et couronné le 17 déc. 919 ; détrôné le 20 déc. 
944. Constantin, de nouveau seul empereur; mort le 15 nov. 959. Romain le jeune, son fils, 3 ans 
et 4 mois; mort le 15 mars 963. — 2. Mohammed ibn Watîq al-Mouhtadi, mourut le 18 redjeb de 
l'an 256 (21 juin 870) après un règne d'une année ; il avait succédé à Mou'taz, mort le 29 redjeb de 
l'an 255 (13 juill. 869). La lacune que nous avons en partie comblée d'après Barhébréus (cf. p. 114, 
n. 3) contenait probablement encore la mention de la mort de Mou'taz et de l'avènement de 
Mouhtadi. — 3. BH : ,y>£svi»o. Abou'l-Abbas Ahmed ibn al-Moulawakkil, al-Mou'tamid. Il mourut le 
20 redjeb 279 (15 oct. 892). — 4. Theophano était la femme de Léon, et non sa mère. Elle mourut à 
la fin de l'année 892. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXII, § xx. — 5. Lire : 1»*:= (vers. ar. ;=^). 



118 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

quatre maris. Alors leur patriarche lui interdit l'entrée de l'église'. Après cela 
l'empereur fut pris de la dysenterie et mourut. 

Après lui régna son fils Alexandre ^ Cet Alexandre, fils de Léon, régna seule- 
ment une année et un mois. Il s'adonna à la magie et aux incantations, et détourna 
entièrement son cœur de Dieu. II fut frappé par la justice (divine) et comprit 
qu'il allait mourir, et il confia l'empire des Romains à Constantinus qui était, 
lui aussi, fils de Léon et frère d'Alexandre, [S30J mais non par sa mère. 

Ce Constantinus vécut dans l'empire pendant 55 ans. Comme il commença à 
régner étant encore très jeune, les tuteurs' établis par son père l'assistèrent et 
dirigèrent l'empire jusqu'à ce qu'il arrivât à l'âge d'homme. 

Or, au commencement même du règne de Constantinus, fils de Léon, l'empire 
des Arabes passa à la famille appelée de 'Abbas, (des mains) de ceux qui étaient 
reconnus comme de la famille de leur prophète; et Abou 'l-'Abbas surnommé 
Mou'tadhid*. commença à régner. II régna 20 ans, 8 mois et 28 jours. 

Du temps de Constantinus, fils de Léon, le chef des Bulgares, appelé Simon, 
ou Sime'ôn, s'avança et tourna ses regards, pour le mal, vers la ville impériale. 
Il prévalut contre les Grecs et les vainquit. Il les enferma à l'intérieur de la 
ville, prit de nouveau une armée nombreuse et vint faire un grand fossé depuis 
les Blaquernes" jusqu'à la porte dite (Porte) d'Or. Beaucoup de notables et de 
soldats romains avaient été tués dans les combats livrés par ce (chef) '. Il com- 
battit, en effet, continuellement contre la ville impériale, pendant tout le temps 
de la vie de l'empereur Constantinus. 

En l'an 23 de Constantinus, Abou Mohammed', surnommé Mouktafî, commença 
à régner sur les Arabes, pendant 6 ans. 

En l'an 29 de Constantinus ', commença à régner sur les faiyayé Dja'far Mouq- 
tadir ^, pendant 24 ans. 

En l'an 53'° de Constantinus, commença à régner sur les faiyayé Abou Man- 
çour Qâhir", pendant 2 ans. 



i. Aussitôt après la mort de Théophano, il épousa Zoé, fille de Stylien ; puis Eudocie ; enfin 
Zoé Carbonopsine, après qu'elle lui eut donné son fils Constantin. Le patriarche Nicolas s'opposa 
à ce dernier mariage. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXII, § xxr, xxviii, xlii-xlv. — 2. Alexandre était 
le frère de Léon. — 3. ÈTtiTponot. — 4. Lire : ,^^i.aio; Barhébréus écrit ?.&i.û>o. Abou 'l-'Abbas 
Ahmed ibn al-Mouwaffaq, al-Mou"tadhid. II mourut le 22 réby it de l'an 289 (5 avr. 902), après 
9 ans et 9 mois de règne. — 5. Lire : Ij^slla. — 6. Cf. Hist. du Bas-JEmp., LXXIII, § xvii, xxxiii. 
— 7. Abou Mohammed 'Alî ibn al-Mou'tadhid, al-Mouktafi. Il mourut le 12 dsou'l-qa'dah de l'an 295 
(août 908). — 8. Ms. : 23. — 9. Abou '1-Fadhl Dja'far ibn al-Mou'tadhid, al-Mouqtadir. Il fut tué 
le 27 sawwal de l'an 320 (31 oct. 932). — 10. Ms. : 13, — 11. Abou Mançour Mohammed ibn al- 
Mou'tadhid, al-Qahir. Il fut détrôné le 6 djoumadi i de l'an 322 (23 avr. 934). 



LIVRE XIII. GHAP. II 



119 



En l'au 54 deConstantinus, commença à régner sur lesTaiyayê Abou' l-'Abbas 
RadhiS 7 ans ^ 

Et en l'an 55 de son règne, Constantinus tomba malade, et, sentant qu'il allait 
mourir, il établit pour lui succéder comme empereur, Romanus, qui était son 
gendre ^ Constantinus lui-même et le patriarche posèrent la couronne sur la 
tête de Romanus*. — Fin. 



A cette époque, c'est-à-dire du temps 
de l'empereur Léon, en l'an 1200^, le feu 
tomba sur la ville impériale, c'est-à-dire 
Constantinoplé ; les habitations, les ba- 
zars, les auberges furent brûlés. Le 
temple de l'apôtre Thomas, bâti dans la 
ville, brûla de telle sorte qu'il n'en resta 
[848] rien. Diverses églises brûlèrent 
partiellement, et peu s'en fallut que toute 
la ville ne fût consumée dans cet in- 
cendie^. 

Peu de temps après, la même année, 
il y eut une éclipse de soleil au milieu 
du jour, de sorte qu'on voyait les étoiles 
dans toute la sphère du firmament'. Le 
même jour, il y eut du tonnerre et des 
éclairs forts et très violents, alors qu'il 
n'y avait pas de nuée dans les airs. Sept 
jours après il y eut des vents tellement 
violents et impétueux que la plupart des 
grands édifices en étaient renversés. 
Une grande crainte régna sur tout l'uni- 
vers et chacun disait : « C'est la fin du 
monde ». 



Après Mar Jean, eut lieu l'ordination 
du patriarche Mar Ignatius, du couvent 
de Harbâz. 11 fut ordonné dans le cou- 
vent de Mar Zakai, à Calllnice, le 5 du 
mois de haziran (juin), en l'année 1189. 
Mar Timotheus, de Samosate, lui im- 
posa les mains. 

[348] II exerça le patriarcat pen- 
dant 4 ans et dix mois, et s'en alla vers 
Notre-Seigneur, le 26 d'adar (mars) [de 
l'an 1194]', le mardi de la Passion de 
notre Sauveur, dans le village de Mériba. 
Son corps fut enseveli dans la grande 
église de Mériba. Il ordonna 26 évêques. 

En ce temps, c'est-à-dire en l'an 1180 
des Grecs, fut ordonné comme métro- 
politain de Mélitène un homme élo- 
quent, sage et saint : Mar Thomas". 
Après lui, fut ordonné pour cette même 
ville de Mélitène, un homme pareille- 
ment capable, Ezéchiel, en l'an 1200 '°. 
Après la mort du patriarche Mar Igna- 
tius, de Harbâz, notre Église demeura 
veuve, c'est-à-dire sans patriarche, pen- 



1. Lire : ••t''; BH : u,|;. Abou'l-'Abbas Al.imed ibn al-Mouqtadir, ar-Radhi. — 2. Il mourut le 
16 réby i de l'an 329 (19 déc. 940). — 3. Lire : « dont il était le gendre ». L'auteur confond 
Romain I, beau-père de Constantin, associé au trône, et Romain II, fils et successeur de Con- 
stantin. — 4. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIII, § xxn, xxv. 

5. Ms. : 1100. —6. En 886 ; cf. Hist. du Bas-Bmp., LXXIJ, § vi. — 7. En 887. Léon le Gramm,, 
rapporte l'éclipsé et des orages à deux époques différentes {Patr. gr., t. CVIII, 1079, 1113). 

8. Suppléé d'après BH, Chr. eccL, I, 390. — 9. Il ne figure pas dans la liste de l'Appendice; 
mais il manque deux noms à cette liste (cf. p. 116, a. 6). — 10. Par Théodose. 



120 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Dans [S49] la ville impériale le feu dant 4 ans. Et cela arriva parce qu'il ne 

tomba encore en ces jours-là. Outre un se trouva dans cette génération aucun 

grand nombre de demeures, de maisons, homme capable, recommandé par ses 

d'églisesquibrûlèrent, environ soixante- vertus, sur lequel puisse se faire l'accord 

dix hommes furent consumés dans le général. C'est pourquoi le dissentiment 

forum du palais impérial '.Pareillement, se manifesta : quand [d49] un nom était 

en d'autres lieux, des hommes furent proposé par quelqu'un, on lui opposait 

brûlés ; comme il prit pendant la nuit^ et tel ou tel, et chaque groupe de deux ou 

comme les hommes, à sa lueur, s'embar- trois évêques choisissait un (candidat), 

rassaient mutuellement pour se sauver, Au bout de quatre ans, notre peuple 

ils brûlaient. fut pris de zèle; chaque diocèse pressait 

En ce temps % il y eut un grand trem- son évêque; ils s'assemblèrent alors à 

blenient de terre dans la région de Amid, et là, après avoir discuté ensem- 

Thrace : de nombreux villages et de pendant longtemps, ils convinrent de 

grandes églises furent engloutis dans tirer au sort parmi les noms dont il avait 

ce cataclysme. . été question. Ils écrivirent les noms de 

douze personnes, et les déposèrent sur 
la table sainte des divins mystères. Ils tirèrent au sort, et Mar Theodosius, du 
monastère de Qartamîn, fut ordonné à Amid même, en l'an 1198, le dimanche 5 de 
sebat (févr.). Mar Timolheus, de Samosate, lui imposa les mains. 

Il exerça le patriarcat pendant 9 ans* et 4 mois. Il mourut, et son corps fut enseveli 
dans son couvent de Qartamîn, le 1" de haziran^(juin) de Tan 1207. Il [350] ordonna 
33 évêques. 

L'année même où mourut Mar Theodosius, les évêques s'assemblèrent à Beit Botîn, 
de Harran, et firent ^ l'élection par le sort. Et au mois de nisan (avr.) de l'année 1208 
des Grecs, eut lieu l'ordination du patriarche Mar Dionysius, du couvent même de 
Beit Botîn de Harran, à Asît, village de (la région de) Saroug; le mardi 3 du mois 
[de 'iyar (mai)] ', Mar Jacques, d'Émèse, lui imposa les mains. 

Il exerça le patriarcat pendant 13' ans, et mourut en l'an 1220, au mois de nisan 
(avr.), le mardi de la semaine de l'octave de Pâques', dans le couvent même de Beit 
Botîn. Son saint corps fut enseveli et déposé dans son couvent.Il ordonna [51] '"évêques. 



1. Léon le Gramm. {l. c, 1097) et Cedren. (Patr. g-r., t. CXXI, 1140), disent « 7 hommes », et rap- 
portent le fait en même temps que l'éclipsé. — 2. Lire : ll.-"i3 (version arabe). — 3. Sous le règne 
de Constantin, août 925; cf. Léon le Gramm. {Patr. gr., t. CVIII, 1148). 

4. Ms. : 8 ans; BH de même. Mais dans les listes épiscopales « 9 ans ». — 5. De même BH ; 
dans les listes : « le 4 », au lieu du f. — 6. Lire : ot». — 7. Le texte semble indiquer le mois 
d'avril; mais le 3 avril était le dimanche dans l'octave de Pâques, et les évêques, obligés de célébrer 
■cette fête dans leurs églises, n'avaient pas eu le temps de se réunir. L'Appendice donne la date du 
23 avril. — 8. Sic ms,, BH et App, — 9. 18 avril. — 10. Ainsi d'après BH. La liste en nomme 49. 



LIVRE XIII. GHAP. III 121 

Après celui-ci, eut lieu l'ordination du patriarche Mar Jean de la Colonne du cou- 
vent de Qourzahiel, qui est dans le district d'Antioche, dans le couvent de Beit 
Tell Çaphara, en dehors de Harran; en l'année 1221, le samedi 21 du mois de nisan 
(avr.). Mar Jean, de Mar 'as, lui imposa les mains. 

Il exerça le patriarcat 12 ans et 7 mois, et mourut le samedi dernier jour de tesrîn 
11 (nov. 922), à Rés'ayna, dans le couvent de Saphylos. Il ordonna 41 évoques. 

En l'an 1234' eut lieu l'ordination du patriarche Mar Basil[ius], du couvent de 
Saphylos de Réé'ayna, au bourg de Mériba de Rés-Képha, le vendredi 15* du mois de 
'ab (août). Mar Jacques, d'Anazarbus, lui imposa les mains. 

Il exerça le patriarcat pendant 11 ans et sept mois, et mourut le mercredi de la 
Passion, 25 du mois d'adar (mars)'. Son corps fut enseveli dans le monastère oriental. 
Il ordonna 32 évoques. 

En ce temps ', fut ordonné comme métropolitain de Mélitène et Claudia, Gregorius, 
homme éloquent, du monastère de Mar Sîla; et Cyrillus pour Jérusalem, de la Mon- 
tagne d'Édesse; et Phlloxenus pour Edesse, du couvent de Saphylos; et Iwannis 
pour Amid, du couvent de Mar Bar Çauma, dans la région de Samosate. 

En l'an 1247, eut lieu l'ordination du patriarche Mar Jean, de la Maison des moines 
de la Montagne Noire, le dimanche 28 du mois de 'ab (août), à Tell 'ada, village de 
la province d'Antioche. Mar Athanasius, de Tarse, lui imposa les mains. 

Il exerça le patriarcat pendant 16 ans et dix mois°, et il mourut dans ce monastère 
le [dimanche] ° 3 de tamouz (juillet). — Fin. 



CHAPITRE III. — De l'époque du commencement du règne de Bomanus, empereur 
des Bomains, à laquelle des rois relâchés gouvernèrent V empire des Taiyayê : 
C'est pourquoi les Romains prévalurent et enlevèrent des villes à l'empire des 
Taiyayê. En outre, histoire de deux couvents qui furent [fondés) à cette 
époque. 

Quand Romanus régna sur les Romains, le Bulgare Simon vint de nouveau 
contre Gonstantinople. Il incendia et dévasta les pays de Thrace et aussi de 
Macédoine. Il mit le siège contre Andrinople, l'entoura et la pressa par de 
violentes attaques. Les habitants furent opprimés par la famine et lui livrèrent 
la ville. Alors, l'empereur Romanus s'efforça de faire la paix avec lui par des 
flatteries et des présents. Ce qui arriva. 



1. Ms. : 1237; faute du copiste. — 2. Date exacte donnée par l'Appendice; ms. ; 18. — 3. De 
l'année 935 (1246 des Grecs). — 4. Sous le pontificat de Basile. — 5. Ms. : 19 ans et 10 mois. BH 
de même; mais dans l'Appendice : 17 ans. — 6. Indication fournie par BH, ce qui permet de 
déterminer l'année 953. 

m 16 



122 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Ensuite, Simon demanda avoir l'empereur, (disant) qu'il confirmerait alors la 
paix. L'empereur fit préparer un lieu convenable sur la mer : ils se rencon- 
trèrent l'un et l'autre sur un navire, et ils confirmèrent ' une amitié parfaite*. 

Quand l'empire des Grecs fut en paix du côté de l'Occident, ils tournèrent 
leurs regards vers la contrée orientale. Or, les pays de Gappadoce et d'Arménie, 
la Mésopotamie et la Syrie, la Palestine, Jérusalem, Antioche et toutesles villes 
de la Cilicie étaient aux mains des Taiyayè depuis Vépoque où ils s'en empa- 
rèrent, du temps de 'Omar fils de Khâttâb, 3' roi des Arabes, et du temps 
d'Heraclius, empereur des Romains ; et ils les occupaient depuis l'an 950 des 
Grecs jusqu'à l'année 1268, l'espace de 368 ans ^ Et comme les rois de cette 
époque, Abou'l-'Abbas Radhi * et ses successeurs, se trouvèrent être des 
hommes lâches et indolents, adonnés à la musique, à la danse et à toute espèce 
d'impudicité, l'empire desTaiyayê s'affaiblit: car la force corporelle ne peut pas 
rester en ceux qui se souillent dans la débauche, pas plus que la sagesse dans 
l'âme qui s'adonne au mal, comme il est écrit ^ C'est pourquoi, tandis que les 
Taiyayè s'affaiblirent, les Romains se fortifièrent; ils sortirent; ils poursui- 
virent les faiyayê, et les faiyayê ne purent marcher à la rencontre des Romains 
dans le combat. 

A cette époque, en effet, parut chez les Romains, un héros valeureux, illustre 
et victorieux dans les combats, nommé Gyriacus^ Il vint [532] à Mélitène, ville^ 
de la petite Arménie, dans la région de Cappadoce. Gomme elle était fortifiée 
par un double mur et entourée d'un fossé plein d'eau, il dut la presser par un 
siège de 4 années, car il ne pouvait la prendre par les combats. Quand ses 
habitants furent opprimés par la famine, ils promirent qu'après avoir envoyé un 
ambassadeur au roi des Taiyayè, si celui-ci ne venait pas les délivrer, ils livre- 
raient la ville. Les Romains leur accordèrent, selon leur demande, 40 jours. Et 
quand l'envoyé sortit de Mélitène pour aller trouver le roi des faiyayê, des 
Romains s'emparèrent de lui; et par crainte de la mort, il promit aux Romains 
de leur livrer lui-même la ville. Ce qui, en effet, eu lieu. Il usa de ce strata- 
gème. 11 prit une lettre et entra dans la ville en disant : « Je suis allé trouver le 
roi des faiyayê, et voici sa lettre. Les troupes sont proches, et ils m'ont envoyé 
pour vous faire savoir que quand elles arriveront vous devrez leur ouvrir les 
portes de la ville pour qu'elles entrent se reposer, et ensuite elles sortiront à 
la poursuite des Romains ». Il les rassura par de semblables propos, et ils y 
ajoutèrenl foi*. Il sortit comme pour aller trouver les Taiyayè et les amener ; 



1. 1.30- oi;»o. — 2. Cf. Hist, du Bas-fimp., LXXIII, § xxxvi, xxxvii. — 3. Le synchronisme est 
inexact; il faudrait lire 318. II est possible que l'auteur ait voulu citer l'an 348 ('«»>a*) de l'hégire 
qui commençait le 14 mars 959 (1270 des Grecs). — 4. <-^\'>. — 5. Sap., i, 5. — 6. Koypxoûa;; cf. 
Hist. du Bas-Einp., LXXIII, § xlviii (Geoko. mon. ; Kpoxoaç). — 7. I^l>,». — 8. ojm.oi. 



LIVRE XII. GHAP. III 123 

mais il alla trouver les Romains et leur fit savoir tout ce qu'il avait fait dans son 
astuce. Ayant pris une troupe de Romains, bien armés, il vint pendant la nuit 
par un côté fort éloigné du camp des Romains. Les Romains s'agitèrent et 
sonnèrent de la trompette comme pour le combat. Ceux qui étaient préparés 
vinrent en toute hâte et arrivèrent pendant la nuit [3S3] à la porte septen- 
trionale : la porte fut ouverte et ils entrèrent ; ils occupèrent toutes les portes et 
les murs, et au matin tout le camp des Romains pénétra dans la ville; mais ils 
ne tuèrent point les Taiyayê, conformément aux serments qu'ils avaient faits à 
l'envoyé. Comme le peuple des Taiyayê quittait la ville, les Romains se repen- 
tirent d'avoir laissé les "raiyayê en vie, dans la crainte qu'ils n'y revinssent. Ils 
délibérèrent et prirent un conseil insensé : ils démolirent les murs et lais- 
sèrent la ville démantelée. 

Les Romains enlevèrent aussi aux faiyayê Theodosiopolis d'Arménie'. 

Le brave Cyriacus prévalut, étant aidé par son frère'. Il s'empara de Pesilin* 
dans la région de Karsena, de Hesna de Mançour, de Kaisoum et de toute la 
Cilicie. 

Les Grecs occupèrent à cette époque* Antioche et toute la Syrie, la Palestine 
et Jérusalem, car les faiyayê étaient plongés dans la crainte. 

Les Romains mirent le siège contre Édesse et Ja pressaient par leurs 
attaques'. Pendant que les Romains assiégeaient Édesse, un Taiyaya nommé 
Bar Hamdan" se mit à rassembler une troupe et vint à Mélitène qui était 
démantelée ; il y entra, y fit des captifs, et pilla toute la Cappadoce. Pendant 
qu'Édesse était assiégée par les Romains, les Edesséniens envoyèrent des 
ambassadeurs à l'empereur Romanus pour lui dire que s'il éloignait d'eux [S34] 
Tarmée qui les assiégeait actuellement, ils lui donneraient le voile précieux 
qu'avait envoyé le Christ notre Sauveur au roi fidèle Abgar. L'empereur y 
consentit. Ils le donnèrent, et il fit retirer les Romains d'Édesse et du district 
de cette ville. On pense que l'empereur lui-même opprima les Edesséniens à 
cause du voile et qu'il s'en empara. 

En ces jours-là mourut le général Cyriacus''. Symy[s]kai, surnommé Iwannes ', 
son parent', prit sa place. Celui-ci s'illustra beaucoup; et ensuite il mourut. 

Romanus confia aussi l'empire à Constantinus porphyrogenète "*, qui était son 
gendre. 

1. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIII, § Lt. — 2. Nommé Théophile, cf. op. cit., § lx. — 3. G.-à-d. 
« Les Carrières u. — 4. Sous le règne de Nicéphore, en 966; cf. op. cit., LXXV, § xt-xii. — 5. En 
942. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIII, §lxi; LXXIV, §i; Gesch. der Chaliphen, II, 690. — 6. "Alî 
ibn 'Abdallah ibn Hamdan, Séil ed-Daulah. — 7. Il fut disgracié. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIII, 
§ LX. — 8. Jean Zimiscès, qui devint plus tard empereur. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIV, 
§ VIII ; LXXV, § xxviit. — 9. Petit-fils de son frère Alexandre, selon les Grecs. — 10. L'auteur, 
au lieu de le transcrire, traduit ici le nom grec : « né sur la pourpre », 



124 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

[Sol] En ce temps-là', Mar Basilius, du monastère de Qartamîn, avait été ordonné 
métropolitain pour Tagrit et la contrée orientale; et Joseph, du monastère de Mar 
Bar Çauma, pour Amid; et Abraham, de la Colonne du couvent de Tell 'ada, pour 
Edesse; et Iwannis pour Mélitène*; et Jérémie pour Jérusalem. 

Du temps de l'empereur Romaaus, en l'an 1265 des Grecs, eut lieu l'ordination du 
patriarche d'Antioche Mar Iwannis ', le dimache 16 du mois de tamouz, dans le vil- 
lage de Tell 'ada; il fut appelé de la Colonne de Qourzahiel, sur le fleuve 'Aphrîn. 
Jacques, métropolitain de Callinice, lui imposa les mains. 

II exerça lé patriarcat 2 ans et 6 mois et demi, et ordonna 10 évêques. Il mourut le 
vendredi dernier jour de kanoun [ii] (jaav.)', et son corps fut enseveli dans le couvent 
de Mar Salomon de Dolichê. 

De son temps, Mar Elias, du couveiit de Zouqnîn, fut ordonné comme métropoli- 
tain de Mélitène. 

A cette époque, eut lieu l'ordination du patriarche Mar Dionysius^, du couvent de 
Qartamîn, le dimanche 28 de tesrîn ii (nov.)^, au village de Tell'ada. Mar Jacques, 
métropolitain de Callinice, lui imposa aussi les mains. 

Il exerça le patriarcat 2 ans et 6 mois et mourut le dimanche 2 de haziran (juin) ' , 
et son corps fut enseveli dans le couvent de Qartamîn. Il ordonna 8 évêques. 

Du temps de ce patriarche et de Mar Elias, métropolitain de Mélitène, fut bâti le 
couvent de Serglsyeh et celui de Bar Gâgai. Nous plaçons maintenant un extrait de 
leurs histoires dans ce volume, parce que leur origine se trouve à cette époque. 

Sur le couvent de Sergisyeh. Chronique de Lazare, neceu^ de Rabban David, du 
couvent même. — Ce couvent est situé à la limite de Goubbos, et le premier qui le 
bâtit fut un homme nommé Gayasa. [o{j2] Celui-ci était originaire du pays de Perse, 
de la ville appelée Osnouk °; cet homme était illustre par sa famille et sa vertu, et 
vivait dans la justice; comme il ne pouvait dissimuler ses vertus dans son pays, 11 
partit pour l'exil. De place en place, il arriva aux rives de l'Euphrate et habita dans 
un monastère voisin du village de Tourséna. De là, il passa dans le pays de Claudia, 
et bâtit un monastère dans le voisinage d'un village nommé Grégorianê, Il y de- 
meurait depuis quelque temps quand parvinrent près de lui trois moines du monas- 
tère de Mar Hanania de '" Mardê, qui s'appelaient Noé, Severus et Emmanuel. Et 
comme il ne voulurent pas se fixer en ce lieu, ils passèrent jusqu'aux confias de 
Goubbos, et les gens de l'endroit se réjouirent à cause d'eux. Après avoir circulé, 
ils trouvèrent un lieu convenable pour un monastère, dans lequel habitaient un petit 
nombre de gens avec leur bétail. Et comme ce lieu plaisait aux moines, les gens de 



1. Sous le patriarche Jean V. — 2. Lire : ^1.^.^^.:^:^ (vers. ar.). — 3. Jean VI. — 4. Le 31 jauv. 957 
était un samedi. — 5. Denys III. — 6. L'an 958; 1270 des Grecs. Barhébréus et l'Appendice disent 
à tort 1269. — 7. En 961 : 1272 des Grecs. BH et l'Appendice sont d'accord sur cette date. — 8. 
Fils du frère. — 9. Lire : i/.aiAol ; BH : ai..ol. — 10. I»;»» (BH). 



LIVRE XIII. CHAP. III 125 

l'endroit chassèrent ceux qui s'y trouvaient et conduisirent Mar Gayasa au gouver- 
neur, le protospathaire Mar Joseph, connu sous le nom de Goumaya. Ils se réjouirent 
avec lui et il fonda le monastère. Lui-même et les moines qui étaient avec lui, ainsi 
que Jean, son parent, travaillaient ardemment à la construction ; et après l'avoir bâti, 
ils le placèrent sous le vocable des saints martyrs Sergius et Bacchus, parce qu'ils 
avaient avec eux une partie des reliques de ces martyrs ; et ils l'appelèrent Sergisyeh , 
du nom des saints. Cela se passa du temps du patriarche Mar Dionysius et de Mar 
Elias, métropolitain de Mélitène et de Goubbos, qui fut appelé du monastère de 
Zouqnîn, en l'an 1269'. Et comme le monastère acquit de la célébrité, Mar Jean le 
naziréen,dela montagne d'Édesse, s'y rendit. Et, comme l'église était bâtie en briques 
et en bois, ils l'ornèrent de tout ce qui était nécessaire. Ils était fervents dans la charité, 
et ils firent venir près d'eux Mar Jean, disciple de Maroun, qui était supérieurement 
instruit dans la doctrine de Mar Amaqîm, la grande souche de la montagne d'Edesse. 
Outre qu'il était très versé dans la doctrine de la dialectique et la science profane et 
dans tous les livres saints, il était très élevé dans tous les genres de vertu et de sain- 
teté. Quand il se mit à instruire ceux qui venaient, il brilla par sa sagesse plus qu'au- 
cun de ses contemporains. Le prêtre Rabban David, cousin^ de Jean le naziréen, 
vint près d'eux, ainsi que le prêtre Moyse. 

L'archimandrite Mar Gayasa, le juste, après avoir accompli sa charge pendant douze 
ans, arriva au terme de sa vie. Il appela Jean le naziréen, Jean le docteur, [disciple]^ 
de Maroun, et Elias son disciple; il les initia à l'administration du monastère et il 
mourut en paix. Il fut enseveli dans le portique sud de l'atrium du temple qui regarde 
le nord*. Elias fit du progrès dans les œuvres, et le nombre des moines s'accrut. Il 
démolit le temple, l'agrandit et l'éleva. Il le décora d'ornements, de tentures, de livres 
et de vases d'or et d'argent ; car Joseph, gouverneur de l'endroit, leur donnait des pré- 
sents, et, à la fin de sa vie, [se fit] moine. Elias prit avec lui, comme auxiliaire, Jean, 
l'économe; et, à la vérité, [od3] le couvent brilla par la doctrine, lalecture des Livres 
(saints), les commentaires et les discussions en présence de Jean de Maroun. Beau- 
coup venaient pour s'instruire. On trouvait un livre dans la main de quiconque était 
dans le monastère. Il y avait de nombreux scribes dans le couvent. 

Le patriarche Mar Jean de Sarigta vint aussi à ce couvent, et y serait demeuré en 
paix s'il n'avait été contraint de fuir par la jalousie des hérétiques. 

Jean le naziréen, et David, son cousin, y avaient fait profession en même temps ; 
ils reçurent le sacerdoce le même jour, habitèrent dans une même cellule, et moururent 
la même semaine, de sorte que tout le monde fut dans l'admiration et loua le Sei- 
gneur h cause d'eux. Mar Moïse, le compagnon" de Jean le naziréen, vécut 4 années 



1. Denis fut élu le 28 nov. 958. L'an des Grecs 1269 finit le 30 sept. 958; il faut sans doute 
lire 1270; cf. p. 124, n. 6. — 2. Fils de la tante maternelle. — 3. Lacune d'un mot dans le ms. — 
4. Lire t»3;.^(vers. ar. "^JaQ*). — 5. Litt. : « socius habitationis ». 



126 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

après lui. Il se sentit mourir et se creusa un tombeau de ses propres mains : il mourut 
le lendemain. Après lui mourut aussi dans ce monastère le prêtre David. 

L'archimandrite Elias, qui aimait beaucoup la- solitude, établit à sa place comme 
archimandrite Jean, dont nous avons déjà parlé plus haut. Il prit avec lui Mar Denha, 
évêque d'Arsamosate, et il se mirent à circuler et à visiter les vertueux (moines) de 
Syrie, de Mésopotamie et de Phénicie; ils parvinrent à Jérusalem où ils prièrent, et 
ils pénétrèrent dans le désert d'Egypte. Au bout de deux ans, ils revinrent en Syrie ; 
l'évêque Denha termina sa vie dans la Montagne Noire, à côté d'Antioche, et Elias 
revint au couvent et y mourut. 

Au SUJET DU MONASTiiRE DE Bar GÂgai. — Un hommc de l'endroit, nommé Eutychus, 
patrice du lieu, pressa instamment Mar Jean (disciple) de Maroun, et le prit pour 
orner par lui le monastère qu'il avait bâti en ce lieu. Cet Eutychus s'appelait 
autrefois de son nom Koulaib ; il habita ce monastère qui avait été acheté et fondé 
par un Tagritain nommé Rabban Elias Bar Gâgai. Comme Rabban Elias s'était fait 
moine et était mort avant l'achèvement du monastère, le patrice pressa Mar Jean 
d'aller le terminer et l'orner de sa science. Il y alla et le bâtit. Il érigea une église 
sous le vocable des Quarante martyrs; il éleva des demeures pour la communauté, et 
il l'appela, du nom de celui qui l'avait fondé, couvent de Bar Gâgai. Des moines s'y 
assemblèrent, et il leur enseigna les sciences sacrées. Le nombre des prêtres 
s'éleva à cent vingt. 

Et après que Mar Jean eut passé 12 années en cet endroit, il fut pris du désir 
de la solitude et il s'enfuit pendant la nuit ; il passa le fleuve de l'Euphrate et monta 
au lieu où saint Mar Aharon avait fondé un couvent, lieu qu'on appelle « Montagne 
bénie ». Quand les frères surent où il était, ils allèrent le trouver; mais il ne se 
laissa point persuader de retourner au monastère de Bar Gâgai. Lorsque les moines 
du couvent de Sergisyeh l'apprirent, ils vinrent à leur tour le trouver pour le 
ramener : mais il ne consentit pas non plus à se rendre là. Après être demeuré dans 
ce couvent pendant 4 ans, il expira dans une belle vieillesse et fut enseveli dans 
la « Montagne bénie ». Il mourut en l'an 1314, au mois de haziran (juin), en la fête 
de saint Jean Baptiste. 

Or, Jean, archimandrite du monastère de Sergisyeh, après avoir institué [SS4] dans 
le couvent des lecteurs et des interprètes, forma le projet de rebâtir principalement 
l'église. Dieu prédisposa un moine de Harran, nommé Emmanuel, qui était le dis- 
ciple du maphrian Cyriacus : il demanda à rebâtir l'édifice en pierres et chaux. 
L'archimandrite s'en réjouit. Emmanuel circula et trouva des pierres : il creusa et 
tira de la chaux, car il n'y en avait point. Il donna 300 dinars pour la construction 
du temple. Quand ils l'eurent bâti, il confectionnèrent le toit en briques ; ils y firent 
trois autels; ils firent l'atrium du sud avec deux étages en bois sculpté. Ils blan- 
chirent l'édifice avec du plâtre à l'intérieur et à l'extérieur, et ils joignirent à l'atrium 
les chambres de la communauté, le réfectoire et l'hôtellerie, et celles qui devaient 
servir d'habitation aux docteurs, aux étudiants et aux lecteurs. La construction demanda 



LIVRE XIII. GHAP. IV 127 

trois années. Aux encénies, c'est-à-dire à la dédicace du temple, vinrent Elias, le 
premier archimandrite de ce monastère, Jean de Maroun, quin'était pas encore mort, 
Iwannis de Mélitène et Theodosius de Germanicia. Après la consécration, chacun s'en 
retourna à son pays. Le moine Emmanuel mourut après la consécration de l'église, 
et fut enseveli à l'angle occidental du portique, en l'an 1312. 

Marouta, fils d'Elisée, marchand de Tagrit, vint aussi [du temps de l'archimandrite] ' 
Jean; il amena les eaux par un canal dans le grand atrium qui est devant l'église, et 
construisit aussi à l'est du temple une piscine, c'est-à-dire une citerne ', qui arrosait 
les légumes des frères. — Le prêtre Josué aussi, pendant 30 années, soulagea les 
étrangers' en aidant l'archimandrite Jean. 

En cette même année mourut cet océan de sagesse, Mar Jean de Maroun, Et la 
même année nous trouvâmes l'archimandrite Jean tombé de son lit et mort sans avoir 
été malade; nous le déposâmes sous le vestibule*. 

Après lui, nous eûmes pour archimandrite Abraham de Symnada. « Et moi, Lazare, 
j'entrai au couvent en l'an 1290, et après 45 ans j'ai écrit cette histoire" », dont nous 
avons tiré quelques petites choses. — Fin. 



CHAPITRE [IV]. — De l'époque du règne de Constantinus et de ses successeurs 
Romanus II et ensuite Nicephorus ; auquel temps régnaient sur les Talyayê 
Abou Ishaq, et ensuite Abou 'l-Qaçim, et ensuite MoutV. A cette époque, le 
patriarche fut Mar Jean de Sarigta ; et il bâtit le couvent de Bârid. 

En l'an 1268 régna sur les Romains Constantinus, gendre de Romanus"; il 
était versé dans la réthorique; il était pacifique, et il était loué de plusieurs 
manières pour ses excellentes qualités. 

La même année régna sur les faiyayê Abou Ishaq, surnommé Mouqtafî/', c'est- 
à-dire « celui qui remplit' », pendant 4 ans et 2 mois '. 

[SSS] A cette époque *°, l'empereur Constantinus envoya son fils Basil[ius] " faire 
la guerre auxfaiyayê. Ceux-ci avaient pour chef Bar Ilamdan. Quand les Romains 
arrivèrent en Syrie, Bar Hamdan n'y demeura point. Alors les Romains mirent 
le siège contre Samosate dont ils s'emparèrent'^ 



1. Suppléé d'après la vers, arabe. — 2. <^.j^^- — 3. Ou« les religieux »; le mot a les deux sens. 
— 4. xaTâffTpwixa. — 5. En l'an 1024. 

6. Cf. ci-dessus, p. 119, n. 3. — 7. ^jCi^. Kl-Macin, Hist. sarac, donne le même surnom à ce 
khaliphe ; mais les autres auteurs l'appellent Abou Ishaq Ibrahim ibu al-Mouqtadir, at-Mouitaqî 
/ Sjm) BH : uotûM, — 8. Il semble que l'auteur, bien qu'il ait écrit u3ûyoai8, rattache ce nom à la 
racine jS^, et non à Us. — 9. Déposé le 20 safar 333 (12 oct. 944). — 10. En 958-59; cf. Gesch. der 
Chai., III, 16. — 11. Basile était le grand-chambellan. — 12. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIV, 
S xxxiir. XXXIV. 



128 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

A ce moment-là, ils reçurent la nouvelle que l'empereur Constantinus était 
mort et qu'il avait confié l'empire à son fils Romanus. Romanus commença à 
régner en l'an 1272'. 

La même année mourut Ife roi des Taiyayé, Abou Ishaq Mouqtafî% et Abou 
'1-Qasim, aussi appelé Mouqtâfî', commença à régner. Il régna 6 ans et un mois. 

Romanus, fils de Constantinus, empereur des Romains, traita bien les séna- 
teurs et tous les notables : il se montra magnanime vfs-à-vis de tout le monde. 

Comme à cette époque Bar Hamdan combattait les Romains, l'empereur 
Romanus envoya le domesticus Nicephorus et Iwannes Symyskai avec les armées 
romaines pour combattre les Taiyayê. Quand Nicephorus arriva à Alep, on lui 
livra la ville. Les faiyayê furent dans une grande angoisse de ce que les Romains 
avaient occupé Alep, en l'an 1274. Or, comme les Romains sortaient de là et se 
disposaient à la guerre contre les Taiyayê, la nouvelle de la mort de Romanus, 
leur empereur, leur arriva et ils s'en retournèrent. Les Taiyayê les poursui- 
virent ; mais, ils revinrent sur eux : les faiyayê furent vaincus et Bar Hamdan 
prit la fuite*. Cependant les Romains ne purent demeurer, parce que les 
nouvelles de la ville impériale les pressaient vivement d'aller se donner un 
empereur \ 

Quand les troupes romaines arrivèrent à Césarée de Cappadoce, tous se 
mirent unanimement d'accord avec Symyskai et proclamèrent empereur le 
domesticus Nicephorus'. Il commença à régner en l'an 1275'. Il créa Symyskai 
domesticus et l'envoya combattre les Taiyayé; pour lui, il entra à Constanti- 
nople [3S6] et fut confirmé dans l'empire. 

Symyskai prit les troupes, entra en Cilicie, rencontra les faiyayè, engagea 
avec eux une bataille et les vainquit. Il s'empara de Tarse, de Mopsueste et de 
toutes les autres villes. Quand il arriva à Antioche, les faiyayê prirent la fuite 
et l'abandonnèrent : et ainsi les Romains régnèrent sur la Syrie*. 

A cette époque mourut Abou '1-Qasim, roi des Taiyayê, et al-Fadhl' commença 
à régner, en l'an 1278; il régna 29 ans et 3 mois. 

Nicephorus, empereur des Romains, après avoir régné 11 ans, et être tombé 
dans le relâchement, fut l'objet des embûches de sa femme l'impératrice Theo- 



1. En réalité 1271 (15 nov. 959). — 2. Cf. p. 127, n. 7. — 3. Abou'l-Qaçim "Abdallah ibn al- 
Mouqtafî, al-Moustakfî. >.asi5,«)a» (BH). — 4. Déposé le 22 djoumadi ii, 334 (29 janv. 946), après un 
règne de seize mois ; il mourut en 338 (949-950). — 5. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIV, § li, m. — 
6. Ibid., LXXV, § it-iv. — 7. Il fut couronné le 16 août 963, cinq mois après la mort de Romain II, 
pendant lesquels les fils de ce dernier, Basile H et Constantin VIII, avaient occupé seuls le trône. 
— 8. Sur cette campagne, commencée par Zimiscès et continuée par Nicéphore lui-même, cf. 
Ilist. du Bas-Emp., LXXV, § viii-xn. — 9. Al-Moufaddhal ibn oul-Mouqtadir, al-Mouti', contraint 
d'abdiquer le 13 dsou '1-qa'dah 351 (5 août 974). 



LIVRE XIII. GHAP. IV 



129 



phano, parce qu'il n'était pas fidèle dans le mariage. Elle forma un complot 
avec êymyskai'. Celui-ci entra pendant la nuit et tua Nicephorus, « sous prétexte 
qu'il n'avait pas souci de l'empire »^. Symyskai lui-même commença à régner, 
— Fin. 



A cette époque, Stephanus, le métro- 
politain d'Amasia, était eunuque; les 
Chalcédoniens le transférèrent au pa- 
triarcat de Constantinople ' : et ils 
devinrent l'objet du mépris universel. 

êyrayskai, alors qu'il était domes- 
ticus, vint à Néocésarée. Il vit là un 
moine nommé Antonius ; il passa la nuit 
près de lui, [S33] dans la montagne, et au 
matin ce moine prophétisa et dit à 
Symyskaiqu^ilrègnerait bientôt*. Quand 
la chose fut arrivée et quand Symyskai 
fut empereur, il fit bâtir en cet endroit 
une église qui, dit-on, n'avait pas sa 
pareille dans toute la Remanie^. Elle 
était entièrement bâtie en marbre, et 
ornée d'or et d'argent. Au-dessus de la 
coupole était placée une grande croix 
d'or, que les Turcs n'ont pu abattre. On 
l'appelle jusqu'aujourd'hui Qîr-Antôn". 
— Fin. 



Après Mar Dlonysius on ordonna 
patriarche pour le siège dAntioche, Mar 
Abraham, du monastèrede Tar'el, dansle 
district de la ville d'Alêp, en l'an 1273, 
au villagede Tell'ada, le dimanche25 du 
mois de iyar (mai). Mar Job, évêque de 
Zeugma, lui imposa les mains. 

II exerça le patriarcat' neuf mois et 
9 jours. 

Gloire [3oo] aux jugements impéné- 
trables du Seigneur qui avança peut- 
être sa fin pour qu'il ne se relâchât pas 
à la longueur du temps et que la vigueur 
de sa nature ne fût pas amoindrie. On dit 
de lui qu'il était un homme très humble 
de cœur; comme il s'était conduit pen- 
dant toute sa vie avec humilité, ainsi fit-il 
dans son office; il ne changea ni son nom 
ni son vêtement, ni sa nourriture; il ne 
chevauchait point sur une selle, mais 
quand il y était contraint par la longueur 
de la route, il se reposait un moment 
sur un simple bât d'âne. Il était disciple 
de Mar Anastasius, archimandrite du monastère de Circesium, dans la région de 
Germanicia, et lui-même ordonna son maître comme évêque d'Alep. Quand il se sentit 
malade, il se rendit près de son maître et termina là sa vie, le 4 du mois d'adar (mars). 
Il fut enseveli par les mains de son maître, en présence de trois autres évêques, de 
prêtres, de moines, de diacres, au nombre de plus de 200, et de nombreux groupes 



1. Le nom est orthographié ici Simiskig. — 2. Cf. Ilist. du Bas-Emp.^ LXXV, § xxv-xxvi. Nicé- 
phore fut tué le 11 déc. 969, après un règne de 6 ans 4 mois et 5 jours. 

3. Il succéda à Nicolas, au mois d'août 925. L'auteur semble le confondre avec Polyeucte; cf. 
p. 131, n. 2. — 4. Zonaras (L. XVII, i) et Cedrenus {/». Gr., CXXII, 113) rapportent ce fait au- 
trement. — 5. L'Asie Mineure. — 6._ Qir est le grec xûpioç, retrauscril de l'arménien. 

7. Corr. : •4,\Si. 

III. n 



130 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

de fidèles. Son décès laissa l'Eglise dans un deuil affligeant. Il ordonna sept évêques. 
L'un d'eux est Cyriacus, métropolitain de Tagrit. 

Du temps de l'empereur des Romains Nicephorus eut lieu l'ordination du patriarche 
d'Antioche, Mar Jean', aussi du monastère de Tar'el, le 9 de tamouz (juillet)', à 
Kephar Nébo, ville de la région de Saroug. Mar Sergius, de Saroug même, lui imposa 
les mains. Il ordonna 48 évêques. 

L'un deux est Ignatius', aussi appelé Isaac Rahata; comme il circulait continuel- 
lement dans la montagne d'Edesse parmi les monastères et distribuait des secours, 
il fut surnommé pour cela Rahata*. C'est lui qui bâtit un monastère sur les confin» 
de la ville, qu'on appelle jusqu'à ce jour monastère du Cursor ; et c'est aussi lui qui 
bâtit la grande église de Mélitène. 

Le patriarche Mar [836] Jean, surnommé de Sarigta à cause de la grandeur de 
sa pauvreté volontaire, vint dans la région de Mélitène, pour une raison qu'il est 
nécessaire d'exposer un peu plus longuement. 

Les patriarches qui se succédèrent dans notre Église orthodoxe, depuis que les 
Arabes régnaient en Syrie, avaient résidé à Antioche, à Harran, à Callinice, à Edesse. 
Depuis que les Grecs s'étaient de nouveau emparés de la Syrie, l'empereur Nice- 
phorus, voyant Mélitène démantelée et dévastée, de même que Hanazit, se préoccupait 
d'y réunir des habitants; mais les Romains n'étaient pas disposés à y habiter, par 
crainte des faiyayê. Quelques-uns de ses conseillers lui suggérèrent d'y appeler les 
Syriens qui étaient dans les pays des Taiyayê et qui avaient coutume de vivre et d'ha- 
biter au milieu des deux peuples et des deux empires. C'est pourquoi l'empereur 
envoya chercher le patriarche Mar Jean, surnommé de Sarigta, et lui promit, s'il 
repeuplait ces (villes) et réunissait des habitants à Mélitène, Hanazit et Callisura, et 
si le patriarche lui-même établissait sa résidence dans ces pays et n'allait plus dans 
l'empire des Taiyayê, de faire la paix entre lui et les Chalcédoniens, et un décret 
pour que ceux-ci ne molestassent plus notre peuple. 

Le patriarche, ayant reçu le sceau de l'empereur en confirmation de ces promesses, 
consentit à venir habiter dans ces régions, pour deux motifs : d'abord pour s'éloigner 
du patriarche chalcédonien d'Antioche, qui, depuis que les Romains dominaient en 
Syrie, molestait davantage les églises et pontifes de notre nation; et ensuite parce 
qu'il pensait que l'empereur tiendrait ses promesses. 

Ainsi donc, le patriarche Mar Jean vint dans le pays de Mélitène : les lieux furent 
remplis d'hommes qu'il rassembla lui-même de tous côtés; des couvents et des 
monastères furent bâtis. Le patriarche trouva un lieu appelée Qarîrâ, et en l'an 1280, 
le patriarche Mar Jean de Sarigta se mit à bâtir l'église et le couvent deBârîd^. 



1. Jean VII, surnommé de Sarigta. — 2. L'an 1276(965). — 3. De Mélitène. — 4. Rahata signifie 
cursor, surnom par lequel cet évêque est souvent désigné dans la suite. — 5, |;«;o, qarîrâ, signifie 
frigidus, et l'arabe bartd, Ji> /, a le même sens. 



LIVRE XIII. GHAP. IV 131 

Le patriarche accomplit en tous points ce que l'empereur demanda : mais l'em- 
pereur ne tint point sa promesse. Il se laissa entraîner par les paroles des Grecs 
astucieux ; il envoya chercher le patriarche et le fit venir à la ville impériale sous pré- 
texte de discussion et d'examen, mais en réalité pour détruire notre foi orthodoxe'. 

En cette année 1280, le patriarche Mar Jean entra à Constantlnople, et avec lui 
Thomas, métropolitain de Jérusalem, frère d'Anastasius archimandrite de Bârîd, 
Mar Constantinus de Mar 'as, Sergius d'Apamée et Jacques de Symnada. Les évoques 
chalcédoniens et leur patriarche eunuque, c'est-à-dire amputé% se réunirent contre 
eux et discutèrent 21 fois' dans l'espace de deux mois : tous les deux ou trois jours ils 
les convoquaient à l'assemblée. A toutes les fois les Chalcédoniens furent vaincus et 
succombèrent; mais quand ils virent qu'ils ne pouvaient triompher par la discussion, 
ils excitèrent l'empereur qui convoqua le patriarche et les vénérables évoques qui 
l'accompagnaient, et les fit venir en sa présence ; il leur dit tyranniquement : « Ou bien 
consentez et adhérez à notre profession de foi, et vous serez environnés de grands 
honneurs; ou bien vous serez absolument jetés en exil. » — Le patriarche et les 
évêques répondirent : « Jamais nous ne dirons deux natures dans le Christ, ni n'accep- 
terons le synode de Chalcédoine ». Sur son ordre, ils furent jetés en prison, jusqu'à 
ce qu'on ait délibéré [o37] à leur sujet. Le patriarche, les évêques et leurs disciples 
étaient enfermés depuis quatre mois lorsque Nicephorus fut tué par Symyskai. Et 
quand Symyskai commença à régner, il ordonna de libérer les prisonniers ; et le 
patriarche, les évêques et leurs disciples sortirent d'exil." 

Le patriarche revint à Mélitène et au couvent de Mar Bar Çauma; il retourna 
au couvent de Bârîd et l'acheva; il y habita pendant 15 années après avoir échappé 
aux impies. Il y mourut et son saint corps y fut enseveli, en l'an 1296. 

La mêmeannée, Agapius», patriarche chalcédonien, entra à Antioche, etquandil vit 
les disciples de notre confession orthodoxe, qui s'étaient multipliés et prospéraient 
dans cette ville depuis le temps de la domination des Arabes, il retourna à Constan- 
tinople, obtint un édit de l'empereur, et revint à Antioche. D'abord par des flatteries, 
des présents, et la promesse qu'ils seraient connus de l'empereur, il prenait les enfants 
des notables et des grands et les baptisait , il se les attachait par les liens de la parenté 
spirituelle et assignait à chacun des villages. Ayant gagné les grands par de sem^ 
blables moyens, il contraignit les autres par la violence à adhérer aux Chalcédoniens. 
Il chassa et fit partir de la ville ceux qui n'y consentirent point, et il s'empara de 
leurs maisons et de leurs biens, comme un païen. Il dévasta la grande église, et ces 
impies jetèrent au feu l'Evangile et les autres livres, le chrême et les sacrés mystères. 



1. Le récit de cette controverse a été écrit par le patr. Jean lui-même, dans une lettre à Mennas. 
patr. d'Alexandrie, datée de CP, 23 août 969. Elle est éditée dans Assemani, Bibl. or., Il, 133-140, 

— 2. Polyeucte, qui avait succédé à Théophylacte en 956. — 3. Dans la lettre de Jean : « 12 fois ». 

— 4. Cf. Lequiek, Oriens christ., II, coll. 752. 



132 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Dieu fit un miracle pour la répression de leur impiété et pour l'encouragement des 
fidèles : le feu ne consuma ni les livres ni les saints mystères. Mais ces gens qui 
avaient le cœur endurci comme Pharaon, non seulement ne glorifièrent pas le Seigneur 
qui fait les miracles, mais ils ajoutèrent des blasphèmes en disant : « C'est de la 
magie. » Et la parole évangélique frappe à juste titre leur audace quand elle dit' : 
« Celui qui blasphème contre l'Esprit-Saint n'obtiendra de pardon ni en ce monde ni 
dans le monde futur ». Nabuchodonosor était un païen : quand il vit les bienheu- 
reux jeunes gens qui n'avaient point été blessés par le feu, il loua et glorifia leur 
Dieu; l'hérétique Agapius blasphéma contre le Saint-Esprit. Il chassa les Orthodoxes 
la veille de la fête du Sauveur. Etant sortis à la porte dite des Eaux, sur la rive du 
fleuve Oronte, que les Arabes appelle Maqloub^, c'est-à-dire « retourné », ils bénirent 
les eaux et accomplirent la fête'. De là ils s'en allèrent en divers lieux. 

Agapius continua à persécuter notre peuple et celui des Arméniens; il ne per- 
mettait à aucun d'entre eux de paraître dans la ville, jusqu'à oe que la colère du 
Seigneur le frappa. 



CHAPITRE [V]. — De l'époque à laquelle Symyskai régna sur les Romains, et 
ensuite Basil[ius] et Constanti[nus'] les fils de Romanus. A cette époque régnaient 
sur les Taiyayê al-Fadhl, Abou Bekr, et leurs successeurs. A cette époque le 
peuple des Arméniens émigra d'Arménie en Cappadoce. 

En l'an 1287, commença à régner sur les Romains Iwannes âymyskai, qui 
était très fort dans l'art militaire. 11 était robuste de corps, d'âme courageuse et 
victorieux* à la guerre. Avant^ d'être élevé à l'empire, il avait fixé son domicile 
dans le pays de Mélitène et de Hanazit, et plusieurs lieux qui lui appartenaient 
subsistent jusqu'à présent. 

[S38] Quand il commença à régner il montra de la magnanimité pour tout le 
monde. II relâcha les prisonniers et bâtit une grande église dans la ville impé- 
riale. Il était cher aux armées des Romains, parce qu'il était toujours victorieux 
dans les combats et leur soumettait villes et provinces. 

Après avoir régné 3 ans, il mourut' : les grands et tout le peuple le pleu- 
rèrent. 

Basile et Constantinus, fils de l'empereur Romanus, commencèrent à régner 
en l'an 1290. Ils étaient unis ensemble par une véritable affection. Gomme Basi- 
l[ius] était doué d'une plus grande force corporelle, il établit son frère Constan- 
tinus dans la ville impériale, et fit lui-même continuellement la guerre aux 



1, Marc, III, 29, — 2. Lire oî^ovi^ ,_, ,15, ; (vers. ar. ocx^osà^ ic»j). — 3. La fête de l'Epiphanie. 
4. Lire l-^i (ar. |.i5.k55,). — ^' '-'''"^ • ^•*^- — 6. Le 10 janv. 976, après un règne de 6 ans et un mois. 



LIVRE XIII. GHAP. V. 133 

Taiyayê. Il vécut dans l'empire 55 ans, et s'illustra par des victoires. 11 soumit 
de nombreux pays. II combattit pendant la plus grande partie de sa vie dans la 
Grande Arménie et ensuite dans les pays d'Occident. 

L'an 1300 eut lieu le commencement de l'émigration des Arméniens de la 
Grande Arménie, tout d'abord dans la région de Gappadoce. En effet, l'empe- 
reur Basil[ius] enleva aux Arméniens les pays du roi Sénahérib, et il leur donna 
en échange Sebastia de Gappadoce'. Ils se multiplièreaLen cet endroit, et de là 
se répandirent dans toute la Gappadoce, dans la Gilicie et dans la Syrie. 

[6'69] On dit que les Arméniens^ tirent de l'araméen le nom de Sanhéri- 
b[ayê]. En effet, quand l'assyrien Sénahérib eut été tué par ses enfants, comme 
il est écrit dans le prophète Isaïe, qui dit': « Tandis qu'il adorait dans le temple 
de Nasarak, son dieu, Adramélek et Saraçar, ses fils, le mirent à mort », ceux-ci 
s'étaient enfuis dans le pays des Gurdes, c'est-à-dire dans les montagnes de 
Qardou ; et là ils se mêlèrent au peuple des Arméniens. Ils devinrent des chefs 
fameux, et leur tribu était appelée Sanhéribayê, tandis que dans la langue 
arménienne on les appelait Sinkarimayê'' . 

L'empereur Basil[ius] soumit aussi les Bulgares, et réduisit leur empire sous 
la puissance des Romains". 

Après avoir régné tranquillement et prudemment pendant 55 ans, il mourut 
et laissa l'empire à son frère Constantinus, en l'an 1345*. 

Quand Gonstantinus régna seul, il vécut encore 2 ans et dix mois\ Celui-ci 
était aussi doux et magnanime, et gouvernait paisiblement. Quand il mourut, il 
laissa l'empire à son neveu ' Romanus ^ 

Du temps de ces empereurs, régnaient sur les Taiyayé al-Fadhl pendant 
29 ans'", et après lui Abou Bekr", 19 ans, et ensuite Abou 'I-'Abbas'S 42 ans. 

En l'an 1333", il y eut un violent A cette époque, le pape, c'est-à-dire 

tremblement de terre. Le même jour, le patriarche, des Orthoxes d'Alexandrie 

il y eut un vent impétueux, et les habi- et d'Egypte était Mar Theophanius". 



1. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXVI, § i,vii. — 2. Lire : Ui»»l (ar. ,x.4HI). — 3. Is., xxxvii, 38. — 
4. Cf. Moïse de Khokek, I, 23. — 5, Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXVI, § lx, — 6. Il mourut à la fin 
de déc. 1025 (1337 des Grecs), il avait régné 63 ans : 12 ans et demi avec Nicéphore et Zimiscès, 
et 50 ans seul. — 7. Constantin VIII mourut le 21 nov. 1028. — 8. Litt. : « fils de son frère »; 
c'est une erreur. — 9. Romain III, Argyre, était le gendre de Constantin VIII qui l'avait 
contraint à divorcer pour épouser une de ses filles. — 10. Cf. ci-dessus, p. 128, n. 9. — 11. 'Abd 
al-Kerim iba al-Moufaddhal Abou Bekr, at-^ayi'. Déposé au mois de saban 381 (oct.-nov. 992). — 
12. Abou'l-'Abbas Ahmed ibn Ishaq, al-Qadir. Il mourut le 11 dsou'l-hiddjah 422 (29 nov. 1031). 

13. Ms. : 1133. 

14. Ms. ; Theophilus ; (de même dans la version arabe). 



134 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

tations furent renversées, au mois de Quand il eut terminé sa vie, Mar Men- 

'ab (août). Le froment et la paille furent nas' fut ordonné. 

enlevés des aires, dans la région de Quand le patriarche Mar Jean fut 

Mélitène, et tombèrent dans l'Euphrate. mort, dans le couvent de Bârîd%les 

— Fin. évoques s'assemblèrent et firent l'élec- 

tion qui désigna Lazarus, moine du cou- 
vent de Segara de Mar Aharon, qui est 
surnommé Galîha'. Il prit le nom [338] d'Athanasius. Son ordination eut lieu en Tan 
1298, le jeudi 21 du mois de tesrîn i (oct.), au village de Qotainê, dans la région de 
Gihan*. Mar Lazarus, métropolitain d'Anazarbus, lui imposa les mains. Il ordonna 
39 évoques. 

De son temps fut ordonné métropolitain pour Mélitène, Iwannis^, du couvent de 
Bârîd ; [et comme métropolitain de Tagrit, Ignatius, du monastère de Bar Gâgai,] " qui 
est Bar Qîqî, qui se fit ensuite musulman pour le motif que voici : 

Satan le fit tomber ' dans l'impudicité. Les gens de Tagrit se mirent à murmurer et à 
réprimander cette prostituée qu'ils chassèrent. Mais il ne la laissa point s'éloigner. 
Alors des diacres* âgés s'assemblèrent, au nombre d'environ 70 hommes hono- 
rables, et allèrent le trouver pour lui persuader d'éloigner de lui cette femme, car tout 
le peuple était scandalisé à cause de lui. Comme il n'y consentit pas, ils menacèrent 
alors de le chasser lui-même s'il ne cédait pas. Mais comme il avait confiance dans 
le roi, il les méprisa, et, dans sa colère, prit l'écritoire et frappa l'archidiacre à la tête. 
Alors ils s'emparèrent de lui et le chassèrent de l'église. Il descendit à Bagdad où se 
trouvait, près du roi, un secrétaire qui était son parent. Le bruit se répandit qu'il 
était descendu pour se plaindre des gens de Tagrit. Alors ceux-ci s'assemblèrent au 
nombre d'environ 200, et descendirent h sa suite. Il arriva le premier, et il trouva 
ce fonctionnaire mort et enterré. Alors s'accomplit pour lui ce qui est dit' : « Maudit 
celui qui se confie en un homme, et fait de son semblable son appui'"; il sera comme 
une racine dans une plaine sans eau; son espoir sera déçu ». Quand il vit la 
troupe des Tagritains qui étaient venus, il craignit la mort et chercha un refuge près 
du khalife, roi des 'Taiyayê; en sorte qu'il apostasia entre ses mains, pour se venger 
ensuite des Tagritains. Le khalife, qui connaissait le misérable, commença par lui 



1. En 958; cf. Renaudot, Hist. pair. Alex., p. 351. — 2. Cf. ci-dessus, p. 130, n. 5. — 3. Le 
ms. et ceux de BH se prêtent à la double lecture t»»^i, Çalîha (n. pr. de pers.) et U«i>-i Çalhaya 
(originaire de Çalah). — 4. <^<5^. — 5. Le nom de cet Iwannis, dont il est de nouveau question à 
la fin de ce chap., a été omis dans la liste des évêques ordonnés par Athanase; liste qui ne conlient 
que 38 noms au lieu de 39. — 6. Ces mots, que je restitue d'après l'Appendice, manquent évidem- 
ment dans notre texte. L'ordination d'Ignace Bar-Qîqî eut lieu le 19 févr. 991 (Bar HEBK.,CAr. eccl., 
II, 257). — 7. làre : o\^9|. — 8. A cause du nombre, on serait tenté de corriger « fidèles », au lieu 
de « diacres ». — 9. Jéhém., xvii, 5. — 10. Littér. : « et facit filium carnis brachium suum ». 



LIVRE XIII. GHAP. V 135 

dire : « Y a-t-il quelqu'un de ton peuple qui t'ait maltraité, à propos de quoi tu veux 
te séparer d'eux? Fais-le nous connaître et nous jugerons entre vous. » Il eut peur 
des 'Taiyayê, s'il disait : « Je me fais musulman par haine », mais il dit ; « Parce que 
j'ai reconnu que les Chrétiens sont dans l'erreur et que la confession des Musulmans 
est la vraie, je me fais musulman. » [So9] Quand il fut guéri de sa circoncision, il 
alla trouver le khalife. Il espérait qu'à cette occasion il ferait poursuivre et périr les 
Tagritains; et les fidèles de leur côté étaient remplis de crainte et profondément 
affligés. Mais Dieu — louange à sa bonté! — inspira au cœur du roi de ne pas faire 
attention au misérable; il ne l'honora point comme il avait coutume, et il le laissa 
debout tout le temps. Il se mit alors à pleurer et à se frapper la tête de ses mains, et 
quand on l'interrogea, il dit que quand il était un infidèle il avait coutume d'être 
traité avec honneur, et maintenant qu'il était devenu musulman son honneur était 
perdu. Le roi lui répondit en disant : « O misérable, quand nous t'honorions, nous 
rendions honneur à tout le peuple et à la dignité conférée par Dieu; maintenant que 
tu as volontairement rejeté la dignité que tu avais, que tu as abandonné ce peuple et 
que tu es passé chez nous, examine et vois qui tu surpasses parmi les nombreuses 
myriades de musulmans qui sont en ma présence, pour que je t'honore plus qu'eux 
tous? » Sur l'ordre du roi, on le chassa et (on lui défendit) de ne plus jamais repa- 
raître en sa présence. Alors son espoir lut déçu, et il fut couvert de confusion'. Les 
chrétiens relevèrent la tête : ils obtinrent du roi un écrit et vinrent trouver le 
patriarche Mar Jean, qui leur ordonna Athanasius, du monastère de la Mère de Dieu, 
auprès de Mélitène, qui est appelé du Cursor. 

Le misérable Bar Qîqî qui s'était fait musulman circulait en mendiant son pain. Il 
s'appliquait à lui-même la malédiction que procure Satan à ceux qui s'attachent à lui*. 
Le patriarche Athanasius habitait le couvent de Bârîd, où son prédécesseur avait 
terminé (sa vie); il continua de l'achever et de l'embellir. Comme il était très versé 
dans la science sacrée et les bonnes œuvres, il procura la paix' aux gens du diocèse 
d'Antioche ; car le patriarche chalcédonien d'Antioche* avait du respect pour sa 
perfection. Il était vertueux dans ses œuvres et, en vérité, sa conduite était 
digne du gouvernement ; il observait fort bien les canons apostoliques, et était vigi- 
lant dans son ministère ; il conduisit sagement la barque de l'Eglise, et il termina sa 
vie dans une heureuse vieillesse. Il exerça le patriarcat [16] ans" et mourut dans le 
monastère florissant du glorieux Mar Bar Çauma, qui est dans la région de Claudia. 
Son saint corps y fut enseveli. 

A cette époque les couvents et les monastères se multiplièrent et prospérèrent 
dans la région de Mélitène*. Il s'y trouvait des hommes vertueux, sages et éloquents. 

1. Elias de Nisibe rapporte ce fait à l'an 407 Hég. (1016-17). — 2. Barhébréus {Chr. eccl., II, 
289) cite quelques vers d'une élégie qu'il aurait composée dans son repentir. — 3. Lire : \'^'- (vers, 
ar, -iis-^s-). — 4. Agapius (BH). — 5. Ainsi d'après la vers, arabe et BH. — 6. Comp. le récit de 
Michel de Tanis, témoin oculaire {Bibl. or,, II, 149; Renaudot, Hist. pair, Alex., p. 403). 



136 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

C'est pourquoi ils étaient jalousés par ces Grecs hérétiques qui étaient à Mélitène. 
Aussi, quand ils virent que le patriarche Mar Athanasius était mort', et qu'était 
mort aussi l'océan de sagesse, Mar Jean de Maroun', les chefs maudits s'emparèrent 
de Mar Iwannis de Mélitène et de sept moines vertueux et docteurs qu'ils envoyèrent 
enchaînés à Constantinople où ils terminèrent leur vie en prison, dans un véritable 
martyre. Les Grecs s'emparèrent de la grande église appelée du Cursor. 



CHAPITRE [VI]. — Sur l'époque de Romanus, fils' de Basil[ius], empereur des 
Romains, et de Abou 'l-'Abbas Qadir, roi des Taiyayê. Sur Mar Jean Bar 
^Abdoun, le saint patriarche que les Chalcédoniens emmenèrent à cette époque 
à Constantinople et qui finit sa vie en exil. 

Romanus partit à la guerre; il fut vaincu [S60] par les Taiyayê et prit la fuite, 
et les Taiyayê pénétrèrent dans son camp. Ils pillèrent ses objets d'or, ses 
armes, et beaucoup d'argent*. 

Les Taiyayê envahirent les pays occupés par les Romains. Quand ils parvin- 
rent à Alep, les Romains l'abandonnèrent et s'enfuirent. Lesfaiyayêy régnèrent 
comme autrefois '\ 

Ces Grecs iniques ne comprirent pas que les empereurs prédécesseurs de 
celui-ci, s'étant abstenus de persécuter les chrétiens en tous lieux, avaient 
grandement prospéré, tandis que maintenant qu'ils étaient revenus à leurs 
anciennes habitudes et qu'ils jetaient en exil le patriarche et les évêques, le 
Seigneur les brisa en face de leurs ennemis, et ceux qui les détestaient domi- 
nèrent partout sur eux, — Fin. 

En l'an 1348, il y eut une grande En l'année 1315' eut lieu l'ordination 

famine, [860] plus ou moins sur toute [S60J du saint patriarche Mar Jean", le 

la terre habitée. Et par suite de la fa- jeudi 6 de tamouz (juill.),dans le monas- 

mine, la mortalité se multiplia parmi les tère de la Mère de Dieu, qui se trouve 

hommes, le bétail, les bêtes sauvages dans la région de Goudpai, et qui est 

et même les oiseaux : de sorte que cha- appelé de Bondouqah. Mar Petrus, évê- 

cun disait que la fin du monde était ar- que de Harran, lui imposa les mains, 

rivée'. Il ordonna 49 évêques. 



1. En 1003, d'après les syncbronismes. — 2. Cf. ci-dessus, p. 126. 

3. Cf. p, 133, n. 9. — 4. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXVII, § xr. — 5. L'occupation d'Alep avait 
précédé la défaite de Romain. 

6. Cedrenus rapporte cet événement à l'année 1032 (ann. m. 6540). — 7. Ainsi d'après l'Appen- 
dice et BH; ms. (et version arabe) : 1348. Cf. ci-dessous, p. 139, n. 1. — 8. Jean VIII. 



LIVRE XIII. CHAP. VI 137 

A cette époque, les Chalcédoniens De son temps fut ordonné pour Mé- 

oppresseurs excitèrent une persécution litène Ignatius Bar Atounos, qui se fit en- 

contre les Orthodoxes, à Mélitène et dans suite chalcédonien, comme nous allons 

ses environs. l'exposer plus bas. 

Ils conduisirent de force à Constan- Ignatius Bar Qîqî, qui s'était fait mu- 

tinople, le patriarche Mar Jean Bar sulman, comme nous l'avons exposé plus 

'Abdoun et les évêques et ils les je- haut, avait été ordonné par Athanasius ; 

tèrent sans pitié en exil, comme l'expose après lui Mar Jean avait ordonné Atha- 

l'histoire de saint Mar Jean. — Fin. nasius pour Tagrit et l'Orient'. 

Extrait de V histoire de Mar Jean Bar 
^Abdoun. — Les parents de ce bienheu- 
reux habitaient à Mélitène. Il y naquit et grandit dans la pureté. Parvenu h l'âge de 
18 ans, il fut pris du désir de la sainte vie du monachisme; il monta au monastère 
du Cursor, dans le voisinage de la ville, et y revêtit le saint habit. Quand son père 
en eut connaissance, il partit, le prit de force et le ramena dans la ville. Il le pressa 
de quitter le saint habit, de revenir à la vie séculière et d'hériter de ses biens. 
Sur l'avis de Mar Ignatius, qui est le Cursor, il laissa le saint rentrer au couvent. 
Celui-ci se rendit au couvent de Mar Bar Çauma, et pria devant la châsse du saint. 
Pour s'éloigner de ses parents, il descendit sur les rives de l'Euphrate, et habita dans 
une caverne austère. 

Tandis qu'il se faisait violence à lui-même et s'appliquait au labeur du détachement, 
[S61J Dieu lui accorda le don d'opérer des miracles et des guérisons, ainsi que 
l'esprit de prophétie, grâce auquel il connaissait les secrets de ceux qui venaient 
le trouver avant qu'il les lui exposassent. Sa renommée se répandit en beaucoup 
d'endroits. 

Un pauvre étant venu lui demander l'aumône, comme aucun des frères ne se trou- 
vait là, le bienheureux prit la farine qu'ils avaient et la versa dans le panier de ce 
malheureux. Celui-ci la prit avec foi, s'en alla, et la déposa dans sa maison; pendant 
une année et six mois, lui-même et les gens de sa maison s'en nourrirent à satiété, et 
elle leur suffit jusqu'à ce que le temps de la famine eût disparu de la terre. 

On lui amena un enfant qui était possédé du malin esprit : sa bouche était tordue, 
ses mains et ses pied étaient paralysés ^ Ils le déposèrent près de la pierre à côté de 
laquelle le bienheureux avait coutume de se tenir pour prier à la neuvième heure. 
Lorsqu'il vint et le vit gisant, sans personne auprès de lui, le bienheureux pleura sur 
lui. Il étendit les doigts, toucha ses yeux et ses oreilles, et aussitôt l'enfant fut guéri 
et se tint sur ses pieds. Son père ayant vu de loin (ce qui s'était passé) accourut et se 
jeta aux pieds du bienheureux. Celui-ci lui ordonna de ne pas dire que c'était lui qui 
avait guéri l'enfant. 



1. En 1027, selon BH. — 2. Lire : <j>m. 

III. 18 



138 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Un jour, comme le bienheureux marchait seul sur les rives del'Euphrate, il regarda 
et vit une forme féminine qui venait derrière lui. Le Seigneur lui cacha et il ne con- 
nut pas que c'était un speclre diabolique. îl se dit : « O Jean ! voici le jour où il faut 
que lu tues ou que tu sois tué », et il se signa du signe de la croix et entra dans le fleuve , 
pour que la femme ne le rejoignît pas. Or, il se mit n marcher et passa de l'aulre côté 
sans enfoncer dans les eaux. Le démon disparut. A partir de ce jour le bienheureux 
reçut de Dieu le don de pouvoir marcher sur les eaux comme sur la terre ferme, quand 
il voulait. Les (rères qui étaient avec lui s'en aperçurent et ils rendirent gloire à Dieu . 

Gomme pendant l'été il restait immobile' un jour sur deux, à cause de la violente 
chaleur qu'il faisait en cet endroit, il était tourmenté par la soif. Il s'endormit debout 
sur ses pieds et, en s'éveillant, il vit de l'eau qui coulait d'une pierre; il fut stupéfait 
et entendit qu'on lui disait : <( Jean, glorifie le Seigneur et étanche ta soif », Ayant 
reconnu que la chose n'était pas une fiction, il pria, fit le signe de la croix sur l'eau 
et but. 

Ensuite, le bienheureux, voyant que sa renommée était répandue dans ce pays, 
voulut s'éloigner. II forma le dessein d'aller prier dans le couvent de Mar BarÇauma, 
et de partir de là dans la Montagne Noire. En ces jours-là, était arrivé au couvent 
de Mar Bar Çauma un saint homme' qui s'appelait aussi Jean, disciple de Maroun '. 
Or, la veille, il eut une vision et dit : « Demain viendra ici un tel, homme vertueux 
qui doit devenir le chef de l'Eglise de Dieu ». Et quand le bienheureux vint au cou- 
vent, la première nuit il vit l'illustre Mar Bar Çauma se tenant dans la gloire et 
entouré des fils de lumière*, et la nuit suivante une voix l'appela et dit : « Lève-toi 
pour la prière! » Il se leva et vint à la porte de l'église, mais il la trouva fermée ; 
et il entendit à l'intérieur la voix des anges qui psalmodiaient. De là, il s'en alla à la 
Montagne Noire, et par de grands labeurs, des œuvres vertueuses, il vainquit les 
attaques des démons et les fantômes des ténèbres. 

Au bout de quarante ans, le patriarche Mar Athanasius mourut. Les évoques s'as- 
semblèrent, et tous, unanimement, voulurent qu'il devînt leur pasteur. Le bienheu- 
reux eut une vision ainsi : Il vit un aigle qui volait rapidement et s'élevait dans les 
airs; il vit aussi des oiseaux magnifiques qui couraient après lui et lui criaient de 
descendre vers eux et de les protéger sous ses ailes. Et comme l'aigle ne voulait pas 
descendre, il entendit une voix du ciel qui disait ; « O aigle béni, ne fuis pas; mais 
descends plutôt, car je t'ai accordé aux oiseaux qui (te) demandent maintenant. Mais, 
vois; aujourd'hui, je te donne la puissance en haut et en bas », El quand le bien- 
heureux reconnut que son élection venait de Dieu, il y consentit. Et comme il n'était 
pas même encore ordonné diacre, h cause de Fhumilité de sa conscience qui l'éloi- 



1. >a.axuo. — 2. Il faut probablement lire l^a<^, quoique la leçon t.^<^ puisse se soutenir. — 3. Cf. 
ci-dessus, p. 125. — 4. Les anges. 



LIVRE XIII. CHAP. VI 139 

gnait de toutes les fonctions sacerdotales, le 4 de tamouz (juill.) on l'ordonna diacre, 
le 5 du même mois on l'ordonna prêtre, et le 6 du même mois on l'ordonna patriarche' 
il était alors âgé de 60 ans. Ceux qui l'ordonnèrent furent : Petrus de Harran, qui 
lui imposa les mains; Theodosius de Mar'as, Thomas d'Anazarbus^ Paulus de Tarse, 
Cyriacus de Gihan, et Elias de [362] Symnada. 

Lui-même se dirigeait selon toute la régularité des saints canons; mais à cause de 
son inexpérience des affaires temporelles, il confia l'administration des diocèses aux 
mains de son syncelle ; un moine, nommé David, qui causa de grands désordres dans 
les Églises. 

Le bienheureux brillait toujours par l'accomplissement des miracles. 
^ Le gouverneur d'Antioche était un romain dont le corps était couvert de lèpre. 
Ayant entendu parler des guérisons que Dieu opérait par le bienheureux, il envoya 
lui demander de le guérir. Or, le bienheureux bénit de 1 huile et la lui envoya : le gou- 
verneur la reçut avec foi, s'en oignit et fut guéri. Quand le patriarche chalcédonien 
d'Antioche apprit et vit le miracle accompli, il fut pris du désir de voir le bienheu- 
reux. Il furent en relations par lettres. Le bienheureux lui envoya une chemise' à 
lui, que le patriarche grec accepta et qu'il mettait sur son corps à toutes les fêtes. 

Quand le bienheureux vint à Mélitène, on lui amena un homme qui avait perdu 
l'esprit et dont la langue était paralysée : il le guérit. — Une femme hémorrhoïsse, à 
laquelle il dévoila son impureté, ayant confessé son péché et promis de faire péni- 
tence, fut aussi guérie par l'eau qu il bénit et lui donna. — Un moine était tourmenté 
par les pensées impures que le Mauvais avait semées dans son cœur : le bienheureux 
connut ses pensées par révélation ; il pria pour lui, et le moine fut délivré. — Un autre 
moine, qui était accusé d'un péché par ses compagnons^ vint trouver le bienheureux et 
demanda lui-même à être excommunié s'il était coupable : le bienheureux connut par 
révélation qu'il était répréhensiblc et lui dit : « Confesse ta faute ». L'autre contestait' 



1. Les dates de l'élection et de la mort des patriarches Jean VIII, Denys IV et Jean IX sont 
indiquées très diversement dans le texte de Michel, dans celui de l'Appendice et dans Barhé- 
bréus. Nous croyons exactes les dates fournies par l Appendice, car plusieurs peuvent être contrô- 
lées d'après l'indication du jour de la semaine. Telles sont les dates de l'élection de Jean VIII : 
jeudi G juillet 1004, et de Denys IV : jeudi 14 oct. 1031; et celle de la mort de Jean IX : samedi 
24 mai 1057. Les autres peuvent être ilxées par conjecture. Le patr. Jean VIII mourut le « 2 févr. » 
1030 selon l'Appendice, 1033 selon BH. Cette dernière date est fautive : Denys ayant été élu en 
1031. Les années d'exil de Jean VIII doivent 4tre comptées dans la durée de son épiscopat. 
Jean IX ayant occupé le trône patriarcal 14 ans et 10 mois, selon Michel, son élection devrait être 
placée « au mois d'août» 1042; et, par suite, la mort de Denys IV survint « le 21 mars » de cette 
même année. Cette dernière date devrait être maintenue même si l'on admet, comme il semble 
ressortir du contexte, que dans les 14 ans et 10 mois est compris le temps d'une longue vacance 
qui suivit la mort de Denys, et que Jean IX ne siégea réellement que 8 ans et 10 mois, comme 
le dit Barhébréus ; ce qui mettrait son élection « au mois d'août » 1048. — 2. Ou « une tunique ». 



140 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

encore; et le bienheureux lui dit : « Va, et ne recommence pas cette action; l'Esprit 
mauvais te tourmenterait ». C'est ce qui lui arriva; et alors il avoua son péché. 

Quand les circonstances obligèrent le bienheureux à jeter un pont sur le Gihan, 
des hommes amenaient les bois au milieu de l'eau : un des jeunes gens tomba et se 
noya. Ils le tirèrent du fleuve, l'ensevelirent et se disposaient à l'enterrer. Le bien- 
heureux les en empêcha et ne le laissa pas mettre au tombeau; il se tint toute la nuit 
en prière, et au matin il fit sur lui le signe de la croix, et le jeune homme ressuscita 
et se leva. Comme il voulait cacher le miracle, il dit h l'assemblée : (( Ne vous ai-je 
pas dit que son âme y était encore? » Mais tout le peuple comprit ce qui avait eu lieu 
et chacun glorifiait Dieu en pleurant. 

On lui amena encore un homme sourd-muet : il mit son doigt dans sa bouche et 
ses oreilles, et aussitôt cet homme entendit et parla. 

Dieu fit beaucoup de choses semblables par les mains de ce saint; mais, pour que 
ce livre ne sorte pas d'une juste mesure, nous abrégeons le récit et nous arrivons à 
sa glorieuse fin. 

Après qu'il eut exercé le suprême pontificat pendant 27 ans*, la jalousie de Satan 
suscita une épreuve pour lui, ou plutôt pour toute 1 Eglise de Dieu, par le métropo- 
litain des Grecs de Mélitène, qui s'appelait Nicephor[us]. Il était blessé intérieure- 
ment, et comme il ne pouvait tolérer d'apprendre et de voir les miracles que Dieu 
opérait par le saint, il quitta Mélitène et s'en alla à Constantinople, en disant : « Je 
ne puis exercer la charge pastorale là où ce magicien attire à lui même les Grecs ». 
Du temps des empereurs justes Basil[ius] et Crfnstantin[us] ses paroles ne furent pas 
accueillies. Quand régna Romanus, qui était son condisciple, le métropolitain fit en 
sorte que des lettres fussent expédiées de la part de l'empereur au juge ' Krysobourgios. 
Comme celui-ci estimait le bienheureux et avait foi en lui, il manda en secret aux 
notables citoyens de Mélitène : (( Avisez promptement à faire passer le patriarche 
dans le territoire des Arabes » ; et il dit aux envoyés : « Nous ne savons pas où se 
trouve aujourd'hui le patriarche des Jacobites ». Mais ceux qui avaient été envoyés 
étaient les disciples du métropolitain, et avant d'arriver à Mélitène ils avaient donné 
trente pièces d'argent à un nouveau Judas, de Roumanah, qui s'appelait Bar 
Gîgra ; et celui-ci avait promis de leur montrer où 11 était. Là-dessus, ils répon- 
dirent : « Nous, nous savons où II est; donne-nous seulement des soldats armés ». Le 
juge n'ayant pu le sauver, fit préparer 9 cavaliers. Le nouveau Judas dit : « Ceux-ci 
ne suffisent pas; car il y a là plus d'un millier de moines qui ne le laisseront pas 
emmener ». Or, le juge partit avec eux. Ils arrivèrent à l'improviste au couvent de 
Barîd, sans que les moines s en aperçussent, ni les gens du pays, et, un vendredi, à 



1. Voir p. 339 n. 1. Il faut peut-être lire y> (24) au lieu de P ; ce qui donnerait l'année 1028-29 ^ 
époque de l'avènemeut de Romain. — 2. xpiTrjç. 



LIVRE XIII. CHAP. VI 141 

la troisième heure, les soldats envahirent le couvent. Le juge lui-même se tint à la 
porte de la cellule. Quand on dit [363] au patriarche : « Voici que le juge de Mélitène 
esta la porte de la cellule », il fut un peu stupéfait, et comme ils se tenaient en 
prière, il ne remua point avant qu'ils eussent terminé. Le bienheureux, ayant été 
mis au courant de l'afTaire, dit h ses disciples : « En vérité, mes enfants, nous serons 
conduits à la ville impériale; mais que la volonté de notre Seigneur soit fuite! » Il 
sortit dehors, prit le juge par la main et l'introduisit dans la cellule. Il lui dit : 
« Pourquoi donc Votre Grandeur a-t-elle pris un tel souci ? » Le juge répondit hum- 
blement : « Ne sois pas troublé, ô saint; c'est parce que le saint empereur ordonne 
que tu paraisses dans la ville impériale. » Notre père dit ; « Pourquoi Votre Excellence 
s'est-ellc imposé ce labeur; un de vos serviteurs suffisait pour nous conduire. » 
Alors, il le prit et ils entrèrent à Mélitène. Quelle était la désolation des moines et 
de tous les chrétiens : cela n'échappe pas aux sages. Les habitants de Mélitène étaient 
comme brûlés par le feu ; ils faisaient des présents aux grands, qui consentirent à 
peine à le laisser le temps de l'hiver. 

Quand il eut célébré la fête de Pâques à Mélitène, et quand il fut décrété qu'il par- 
tirait de toute iaçon, ils le pressaient d'ordonner diacres de jeunes enfants. Ils 
avaient perdu l'espoir que leur patriarche reviendrait. Ce n'est pas seulement notre 
peuple qui était affligé de son départ, mais même les Arméniens, et même les Grecs 
chalcédoniens qui étaient dans la ville, pleuraient et se pressaient pour recevoir 
la bénédiction de ses saintes mains : chacun prédisait qu'un grand châtiment vien- 
drait de Dieu sur l'empire des Romains. Ce qui, en effet, arriva. 

Le patriarche Mar Jean ' sortit donc de Mélitène, accompagné de six évêques : 
Mar Elias de Symnada, Iwannis de Hadeth, Ignatius de Mélitène, Isaac de 'Arqa, 
Moyse de Hesna de Ziad, Dionysius de Tell Patriq, et 20 moines prêtres, parmi 
lesquels se trouvaient Josué, archimandrite de Bar Gâgai, et Basilius de Bàrîd, et 
les disciples du patriarche : David, Josuc, Iwannis, Moyse et d'autres. 

A la pleine lune de haziran (juin) ils entrèrent à Constantinople, et en même 
temps qu'eux Jean, évêque des Chalcédoniens, (de la secte) des Melchites ; ils furent 
retenus à Chrysopolis pendant Vl jours. Quand ils entrèrent, ils trouvèrent environ 
200 évêques chalcédoniens réunis pour saluer le nouvel empereur. Lorsqu'ils s'as- 
semblèrent à leur église, qui s'appelait Agia Sophia, le patriarche d'Antioche et ses 
évêques ne vinrent point à l'assemblée. Mais quand ils furent convoqués, (les chal- 
cédoniens) répondirent : ce Nous savons que ceux-ci sont chrétiens et qu'il n'est pas 
nécessaire de les interroger. » Et ils dirent cela parce qu'ils savaient d'avance que 
le bienheureux Jean était un homme de Dieu. 

Mais le métropolitain de Mélitène, nouveau Caïphe, fit partir un héraut qui criait 
devant eux dans les rues : « Ceux-ci ne confessent pas la Mère de Dieu, [et adorent 



1. Le ms. porte ici « Petro{s) » ; c'est l'abréviation du mot « patriarche » répétée par erreur. 



142 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

un boiic^ ' )i , et d'autres choses semblables. Et alors, de combien de crachats le peuple 
couvrit leur visage, combien de poussière et de pierres on lança sur eux du haut des 
toits : il n'est pas nécessaire de le dire. Le métropolitain lui-même fit entendre des 
paroles de colère contre le patriarche et les principaux d'entre eux. On ne leur 
permit pas de s'asseoir, ni de discuter avec eux sur la doctrine ; (leur patriarche) 
savait par Jean, un de leurs évêques, qu'un de nos moines surpassait en érudition tous 
leurs savants. C'est pourquoi ils les faisaient tenir devant eux depuis le malin jusqu'à 
la sixième heure; on soutenait le patriarche et Elias de Symnada à cause de leur 
vieillesse. Ils dirent avec colère : « Pourquoi méprisez-vous le métropolitain de 
Mélilène ? » Et le patriarche répondit : « Si c'est pour cela que vous nous avez fait 
venir : il est facile de résoudre la question. Puisque vous êtes les maîtres, comment 
se peut-il que nous, qui sommes sous votre domination, nous vous méprisions ? » Et 
ils furent couverts de confusion. Alors, ils l'interrogèrent sur la foi. Il y avait deux 
volumes écrits en deux langues, la nôtre et la leur. L'un avait été écrit du temps de 
feu le patriarche Mar Jean', et l'autre fut écrit maintenant. Quand ils eurent lu un 
peu, ils dirent : « Nous ne vous avons pas fait venir pour apprendre de vous la foi, 
mais pour vous enseigner la foi. Confessez avec nous deux natures après l'union. » 
Le métropolitain fit venir l'interprète; il était de Mélitène et s'appelait Theodorus; il 
était de leur confession. Le métropolitain le séduisit par des promesses, et il se mit 
à changer les paroles'. Jean, un de leurs évoques, le réprimanda. Le patriarche ayant 
dit : « Nous ne dirons pas deux natures, et nous ne changerons pas la confession de 
nos pères >>, le métropolitain lui répondit : « Tu n'acceptes donc pas la confession 
de l'empereur ? » Le patriarche répondit : « Nous [364] sommes soumis aux ordres 
du saint empereur en toute chose, comme nous le devons; mais nous ne changerons 
point notre confession. » Alors, dans sa vive colère, le métropolitain impie étendit 
sa main et frappa le patriarche au visage. Le bienheureux lui présenta l'autre côté. 
Beaucoup de notables, en voyant cela, furent émus, éprouvèrent de la douleur et 
pleurèrent. L'un d'eux se leva et sortit en disant : a Je ne puis rester pour voir le 
Christ jugé et souffleté. » Alors tous les notables sortirent en murmurant. Et ainsi 
prit fin l'assemblée du premier jour. On les conduisit au monastère de Mar Mennas, 
et le lendemain au monastère de Gregorius. 

A la seconde assemblée, les notables ne vinrent point, parce qu'ils murmuraient 
contre les choses qui avaient été faites tyranniquement, surtout parce qu'on n'avait 
pas fait asseoir le patriarche, comme l'exige la règle. Quand ils furent assemblés, ils 
les appelèrent; et ils permirent au patriarche et à Elias de Symnada de s'asseoir. 



1. Lacune de deux mots dans le ms.; nous suppléons ainsi d'après BH. — 2, Jean YII. C'étaient 
des recueils de témoignages des Pères; cf. Bibl. or., II, 136. — 3. Sur cet incident et les autres 
détails de la controverse, comp. la lettre de Michel de Tanis. Bibl. or,, II, 146 et suiv. ; et 
Renaudot, Hist.patr, Alex., p. 405. 



LIVRE XIII, CHAP. VI 143 

Après de longs entretiens, voyant que ceux-ci ne consentiraient jamais, ils dirent : 
« Du moins ne mettez pas d'huile dans le pain eucharistique et ne faites pas le signe de 
la croix avec un seul doigt, mais avec deux. » Ils s'efforçaient de briser peu à peu 
leur constance. 

Après les avoir éprouvés un peu sans y réussir, ils imaginèrent de les séparer les 
uns des autres. Us enfermèrent le patriarche et Dionysius dans un monastère^ pen- 
dant tout le mois de tamouz (juill.), et les autres deux par deux en différents endroits. 
Ensuite, l'empereur convoqua quatre d'entre eux : Ignatius, Iwannls, Moyseet Isaac, 
et avec eux le métropolitain (grec) et l'interprète Petrus Çeraphî de Mélitène, qui, 
lui aussi, changeait les paroles, comme le métropolitain lui avait appris à le fi\ire; 
mais, comme son prédécesseur, il fut à son tour frappé par le Seigneur, et il périt. 

Iw^annis cria par trois fois et dit à l'empereur : o Nous ne changerons jamais notre 
foi. Si tu es miséricordieux, congédie nous ; sinon, nous sommes prêts h mourir pour 
le Christ ». Alors l'empereur rendit un décret' à leur sujet, (ordonnant) de les enfer- 
mer dans les Noumera^. Ils y restèrent depuis le commencement de 'ab (août) 
jusqu'à tesrîn (oet.), dans un grand tourment. 

L'empereur était irrité contre le métropolitain qui avait été cause de leur venue; 
et, pour cela, celui-ci s'efforçait de plus en plus de les séduire, chacun séparément, afin 
de plaire h l'empereur en gagnant une partie d'entre eux. Alors Satan trompa le 
malheureux Ignatius de Mélitène, Moyse de Hesna de Ziad, et Isaac de 'Arqa, par le 
métropolitain qui leur dit : a Nous ne vous obligeons pas h changer quelque chose h 
votre foi; mais seulement à saluer respectueusement l'empereur et le patriarche, pour 
vous en aller dans vos diocèses. » Ceux-ci ayant donné leur adhésion à ce misérable, il 
prit leur signature et la porta h l'empereur ; car il s'était aperçu que l'empereur était 
disposé à les congédier. Le métropolitain dit donc h l'empereur : « Si tu prends 
patience, je les amènerai tous à consentir. » Alors l'empereur envoya dire au 
patriarche : « Nous te donnerons le siège d'Antioche, si tu adhères à notre profession 
de foi. » Le bienheureux répondit : « J'ai un siège apostolique, sur terre et au ciel ; 
et, en dehors de lui, je n'en désire aucun autre. Si, parce que j'aurai changé ma foi, 
vous voulez me donner un siège plus riche en or ou en peuple, sachez que même si 
vous me donniez votre siège impérial, je ne changerais pas ma foi. » Ils perdirent 
alors espoir et l'empereur dit au métropolitain : « Vois si ceux-là veulent consentir 
comme ils te l'ont promis, et sinon, qu'on les renvoie tous ». Alors il envoya de 
nouveau vers eux en secret ; ils répondirent : '( Nous ne le pouvons tant que ce vieil- 
lard est présent ». Là-dessus, il fixa un délai de quatre jours. Ayant tiré le patriarche 
des Noumera, ils l'amenèrent à la demeure du métropolitain. Celui-ci, autant qu'il 



1. ànoiaffij. — 2. oi;bocv<; tk Noûnep». « Numera et Chalcen Conslanlinus M. œdiCcavit Hera- 

clius el reliqui deinceps imperatores ea in carcerem mutarunt. » [Antiq. Conslantinop., Pair. Gr,, 
t. CXXII, col. 1201 ; cf. t. CIX, col. 448, 729). 



144 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

est possible, le méprisa, l'outragea, le fit rester debout devant soi, et lui cracha au 
visage en disant : « Où sont ceux qui couraient devant toi et t'entouraient h Mélllène? 
Moi, je t"ai fait venir ici, scélérat! » (11 faisait cela) afin, si le patriarche perdait 
patience et ranathéniatisait, de pouvoir dire à l'empereur : « Il nous a anathématisés, 
ainsi que notre profession de foi », pour qu'une sentence de mort soit prononcée contre 
lui. Mais le bienheureux, rempli de l'Esprit-Saint, répondit : « Quant à moi, je n'ai 
point reçu de mon Seigneur l'ordre de maudire mon persécuteur, car il m'a donné 
pour loi d'aimer mes ennemis. Pour toi, si ton maître t'a commandé de haïr et de 
persécuter : c'est ton affaire! » Quand il fut rassasié de le mépriser, il l'envoya au 
monastère de Gaius', le 13 de tesrîn i (oct.) 

[o6ïî] Ensuite, sur l'ordre de l'empereur, le logothèle les' emmena h sa maison ; il 
examina et discuta longuement avec eux, et il chercha h les séduire par ses flatteries. 
Comme Mar Elias de Symnada, Mar Iwannis de Iladeth et Mar Dionysius de Tell 
Patrîq ne fniblircnt point et no consentirent point à leur désir, ils les renvoyèrent aux 
Noumera. Quant aux trois qui succombèrent, on les conduisit h la demeure de 
Bar Çauma Çeraphî. On les présenta à l'empereur qui leur demanda : « Avez- 
vous donné librement votre signature au métropolitain? » Ils répondirent : « Oui ». 
11 demanda encore : « Vous anathémalisez Severus et Dioscorus? » Alors ils demeu- 
rèrent hésitants. L'empereur dit : « Ceux-ci sont des trompeurs », et le métro- 
politain leur dit : « Pourquoi ne répondez-vous pas, comme vous l'avez promis? Si 
vous avez menti, vous serez mis h mort comme des trompeurs, » Alors, par crainte de 
la mort, ils dirent : « Oui ! » Quand l'empereur vit qu'ils étaient dans le doute, il les 
envoya au patriarche. Celui-ci leur ayant dit les mêmes choses, ils anathématisèrent 
les Pères et furent pris dans le piège de la mort. Peu à peu, sans qu'ils s'en aperçus- 
sent, ils furent pris et devinrent la risée des démons. Il leur dit ensuite : « Mainte- 
nant vous serez baptisés, vous deviendrez chrétiens, et bientôt vous serez promus au 
sacerdoce. » Ils répondirent : « Nous sommes évêques ! Comment pouvez-vous dire 
ces choses? » On leur dit : « malheureux! le sacerdoce que vous vous imaginez 
avoir tire son origine de Dioscorus et de Severus ; puisque vous avez anathématisé 
ceux-ci, d'où avez-vous le sacerdoce? » En entendant cela ils demeurèrent de plus 
en plus hésitants, depuis tesriu (oct.) jusqu'à la fête de Pâques. Le mercredi de la 
Passion, h l'instigation du métropolitain, le patriarche se présenta de nouveau et 
comme s'il observait la règle, il leur dit : « Cet autel vous est témoin que vous vous 
présentez librement et non par contrainte? » ; et on les baptisa dans les eaux où ils 
baptisèrent les Taiyayê ', car ils les conservent pendant des jours. Et quand ils sor- 
tirent, ils rougissaient de honte, comme des Juifs. 

L'un d'eux, Ignatius de Mélitène, qui est Bar Atounos, fut pris en ces jours-là 



1. Barhébréus ajoute : « sur les confins des Bulgares ». — 2. Les évêques. — 3. Sic ms. Peut- 
être faudrait-il lire l • '^i « les enfants ». 



LIVRE XIII. CHAP. VI 145 

d'une cruelle douleur et mourut. Moyse de Hesna de Ziad, et Isaac de 'Arqa, par- 
tirent secrètement, vinrent en Syrie, et finirent leur vie dans la pénitence. 

Quant aux saints : Mar Elias de Symnada, homme instruit et vieillard vénérable 
qui les vainquit dans la discussion, fut lapidé à la porte du palais, et ce disciple 
d'Etienne ' fut couronné ; Iwannis de Iladeth acheva sa vie en prison ; Dionysius de 
Tell Patrîq, ayant été libéré à la mort de l'empereur*, sortit et revint à son siège dans 
la confession orthodoxe. 

La fin courageuse et illustre du patriarche Mar Jean, les admirables prodiges, les 
grands miracles, les révélations divines dont il fut favorisé pendant ses années d'exil 
dans le monastère des Grecs, et le reste de ses actions apostoliques, chacun peut [les 
apprendre] 'de son histoire, des lettres de son disciple et des siennes propres, et de la 
circulaire que le bienheureux envoya lui-même en Syrie, à propos de ceux qui apo- 
stasièrent, et dans laquelle il prescrivait de les recevoir s'ils faisaient pénitence. 

Il mourut en exil*. Que sa prière et celle de ceux qui persévèrent dans la confession 
véritable ^ et la foi orthodoxe, soit avec nous et nous garde. Oui 1 Amen ! 



[APPENDICE AU CHAPITRE VI] ^ 

[A cette même époque, les gens de Tagrit étaient accablés par les impôts des gouver- 
neurs iniques ] ' il en fut irrité davantage et ordonna ou qu'ils paient ou qu'ils 

quittent leurs maisons. Alors beaucoup d'hommes honorables et fameux sortirent et 
se répandirent dans les villes du Djézireh et de toute la Syrie; et, partout où ils se 
fixèrent, ils bâtirent des églises et ornèrent de superbes monastères. Parmi eux 
étaient ces hommes célèbres qui vinrent à Mélitène, surnommés Benê Abou 'Imrân*, 
hommes vertueux, dont les pieuses vies étaient l'objet de nombreux éloges. Ayant été 
bénis de Dieu dans leur fortune, comme Abraham, Job et les autres justes, ils dépen- 
saient toute leur fortune pour la construction des églises et des monastères, pour les 
pauvres et les malheureux. Ils bâtirent à Mélitène des églises et des monastères pour 
les femmes, et, en dehors de cette ville, ils bâtirent des monastères de religieux. 
Chaque vendredi, ils distribuaient des aumônes auxindigents, depuis le matin jusqu'au 



1. Allusion au martyre de S. Etienne. — 2. Romanus mourut le 11 avr. 1034. — 3. Il y a 
certainement un ou deux mots omis par le copiste; ils manquent aussi dans la vers, arabe. — 
4. Michel de Tanis dit qu'il mourut en 1031 (B. 0., II, 150); cf. p. 139, n, 1. — 5. R;.U. 

6. Le copiste écrit en marge de notre ms., p. .560, un récit mutilé qu'il accompagne de cette 
remarque : J'ai va ainsi cette histoire, c est-à-dire sur une feuille détachée, et je n'ai pas reconnu 
sa place; d'autant plus que le commencement est arraché. Barhébréus [Chr. syr., éd. Bedjan, p. 197) 
place ce récit avant l'avènement d'Abou'l-'Abbas Qadir. Il devrait donc en réalité être rattaché au 
chap. V. — 7. Suppléé d'après Barhébréus. — 8. Vocalisation donnée par BH. 

III. 19 



146 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

milieu du jour. Le vieillard Abou Salim ' les distribuait de ses propres mains. Les fils 
d'Abou 'Imrân étaient au nombre de trois; ils brillèrent par leurs œuvres vertueuses, 
au point que l'empereur des Romains lui-même leur portait envie. Il imagina de leur 
imposer la charge de frapper les dariques de l'empire pendant une année. Quand l'an- 
née fut écoulée, voyant que leur fortune n'avait pas diminué, il reconnut, comme 
tout le monde, qu'ils avaient reçu de Dieu la bénédiction dont parle le prophète' : 
<( A moi est Targent, à moi est l'or ». — Une autre fols, comme l'empereur Basil[lus] 
revenait d'Arménie, il fut pris par l'hiver dans le pays de Goubbos, et l'or lui manqua, 
car, à cause de la neige, on ne pouvait envoyer de message. L'empereur se leva 
la nuit et vint à leur porte leur demander un emprunt. Quand ils le reconnurent, ils 
se prosternèrent, le vénérèrent et lui donnèrent cent n£VTr;v^p'a d'or : autant qu'il 
avait demandé. Il les leur rendit ensuite, car il était juste. — Une autre fois, 
quand les Turcs pillèrent le pays de Mélitène, le vieillard Abou Salim, qui était venu '' 
du couvent qu'ils avaient bâti^ se trouva présent, et ils le firent captif. Il fit une 
estimation avec les Turcs et racheta tous les captifs ; il fixa le prix de chaque personne 
à cinq dinars et paya tout de ses propres deniers. Or, il y avait 15 mille âmes. 
Nous avons noté ces quelques traits parmi beaucoup de choses qu'on disait d'eux, 
afin que tous ceux qui les liront glorifient Dieu qui les a fait prospérer'. 



CHAPITRE [VII]. — De V époque de la fin de la vie de Romanus ; 

et fin du Livre XI IL 

L'empereur Romanus mourut subitement ; car le Seigneur n'eut point pour 
agréable la persécution qu'il excita contre les fidèles. 

Michel commença à régner en l'an 1354, pendant huit ans^. A cette époque 
l'empire des Arabes était gouverné par Abou 'l-'Abbas. 

Une épine surgit [360] pour Michel en la personne d'un de ses parents 
nommé Qâlâphat. Après s'être montré rebelle pendant cinq mois, celui-ci fut 
pris et eut les deux yeux crevés ". 



1. BH ajoute : a qui était l'aîné de ces trois frères. » — 2, Agg., ir, 9. — 3. I;»» ^ \i\i (BH), — 
4. Barhébréus raconte la suite en d'autres termes : Les Turcs lui dirent: « Rachète-toi, car tu es 
riche. « Il répondit ; « Si vous voulez vendre tous les captifs, je les rachèterai. » Les Turcs se 
mirent à rire et lui dirent : « Combien donnes-tu? » Il répondit : <c Cinq dinars pour chaque per- 
sonne. » Les Turcs dirent : « Nous les vendons n. Après qu'ils eurent donné leur parole, il envoya 
chercher de l'or, paya, et délivra les captifs. Or, ils étaient quinze mille. Nous avons écrit ces 
quelques mots afin qu'on sache quelle était la prospérité des nôtres à cette époque, et dans quelle 
misère ils tombèrent ensuite. {Chr. syr., éd. Bedjan, p. 197) 

5. Michel IV, le Paphlagonien, commença à régner le 12 avril 1034. — 6. Michel V, Calafate, suc- 
céda à son oncle mort le 10 déc. 1041. Il fut déposé et eut les yeux crevés le 21 avril 1042. 



LIVRE XIII. GHAP. VU 147 

Du temps de cet empereur Michel, l'arabe Salman' livra Edesse, et les 
Romains y régnèrent*. 

Quand Michel fut mort, les impératrices Zoé et Théodora, filles de Gonstan- 
tinus, gouvernèrent l'empire pendant 3 mois'. — Fin. 

Après être demeuré en exil pendant 4 ans*, dans un monastère des Romains 
situé dans la montagne de Gaius, le bienheureux Mar Jean bar 'Abdoun, mourut en 
l'an 1357^, le 2 de sebat (févr.), en la fête de l'entrée de N.-S. au Temple, et fut 
enseveli par son disciple Iwannes. Celui-ci quitta (ce lieu) et apporta avec lui le livre 
qu'il avait composé sur les miracles et les révélations dont le bienheureux avait été 
favorisé de Dieu en exil. 

Alors, les évêques s'assemblèrent à 'femimin, village de la région de Claudia. 
Haiyê, archimandrite du monastère de Lazare, dans la région de Goubbos, fut élu"; 
il fut ordonné dans le monastère de Mar Domitius, dans le même pays, et fut appelé 
Dionysius'. 

[S66j Quand les Chalcédonlens qui étaient à Mélitène apprirent cela, ils informèrent 
Constantinus', et l'ordre de le chasser et de le saisir arriva, Les notables des fidèles 
citoyens de Mélitène le firent savoir au patriarche, et le pressèrent de passer dans le 
pays des Taiyayê. Après avoir passé le fleuve de l'Euphrate, il parvint' à la ville 
d'Amid. Avec lui, partit Mar Abraham*, évêque de Callisura : le même qui lui avait 
imposé les mains dans sa consécration. Et, depuis lors, Amid fut le siège du patriarcat : 
car il se fixa là, et y ordonna des évêques. Le préfet grec qui était à Mélitène envoya des 
messagers et des présents au gouverneur d'Amid, et lui demanda de faire la volonté de 
l'empereur des Romains en s'emparant du patriarche et en le leur livrant. Le gou- 
verneur d'Amid répondit : « Notre loi ne nous permet pas de prendre celui qui s'est 
réfugié chez nous pour le livrer h son ennemi, ni de violenter quelqu'un à cause de 
sa foi ». Alors les Grecs furent couverts de confusion ; ou plutôt « ils n'ont pas été cou- 
verts de confusion, comme il est écrit, parce qu'ils ne savent pas rougir '"». Mar Diony- 
sius habita dans l'empire des Arabes tout le temps de sa vie : soit dans le couvent de 
Mar Hanania, à l'est de Mardê, soit à Amid. 



* Note marginale : « Ce Mar Abraham, évêque de Callisura, est celui qui bâtit l'église ancienne, 
dans le couvent de Mar Bar Çauma, en l'année 1335 », 

1. Cf. Matthieu d'Édesse, trad. Dulaurier, p. 47. — 2. Les auteurs byzantins placent la prise 
d'Édesse à la fin du règne de Romain Argyre, et les arabes en l'an 422 Hég. (1031) Cf. Hist. du 
Bas-Emp., LXXVII § xviii; Gesch. der Chai., III, 70. — 3. Zoé épousa en troisièmes noces Con- 
stantin IX, Monomaque, qui tut couronné empereur le 12 juin 1042. 

4. Ainsi d'après BH et le contexte; ms. « 7 ans ». — 5. BH : 1347; ver. ar. : 1331. Pour ces dates, 
comp. ci-dessus, p. 139, n. 1. — 6. Jeudi 14 oct. 1031. — 7. Denys IV. — 8. Probablement Con- 
stantin, frère de l'empereur Michel IV, gouverneur d'Antioche. — 9. \-^^. — 10. Jérém., vr, 15. 



148 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Ce Mar Dionysius exerça le patriarcat pendant dix aus ; il mourut en l'an 1368', le 
21 d'adar (mars), et son corps fut enseveli dans la grande église, à Amid. Il ordonna 
36 évêques. 

En Egypte, le patriarche était Mar 8noudîn^ 

A Mélitène, à la place de Bar Atounos, qui apostasia% on ordonna Mar Jean, du 
monastère de Mar Séna, qui est dans le district de Mar'as. 

Le patriarche Mar Dionysius ordonna comme métropolitain d'Edesse Josué, archi- 
mandrite du monastère de Mar Abhai, qui prit le nom d'Athanasius ; Dieu fit des 
miracles par ses mains, et il brilla comme un des saints Apôtres. — Fin, 



Dans ce XIII" Livre est renfermé un cycle de 205 années'', pendant lesquelles 
12 empereurs ont régné dans l'empire des Romains et i4 dans celui des Taiyayê, 
c'est-à-dire des Musulmans. 



1. Ni BH ni l'App. ne donnent la date. Celle-ci est miinifestemeut erronée. Probablement 1353; 
cf. p. 139, n. 1. — 2. Cf. Renaudot, Hist. pair. Alex., p. 408. — 3. Cf. ci-dessus, p. 137, 144. — 
4. De 1155 à 1360, selon le comput (erroné) des canons chronologiques. 



LIVRE XIV 

Comme a cette époque les Turcs commencèrent a régner et a s'emparer des 
villes et des pays, nous leur consacrons ce livre quatorzième que, selon 

LA MÉTHODE, NOUS DIVISONS OPPORTUNÉMENT EN CHAPITRES*. Et PAR CONSÉQUENT LE 

CHAPITRE PREMIER expose quel peuple sont les Tourqayê, qui sont les 
mêmes que les Tourkayê, et en quelle contrée ils habitaient. 

Le peuple des Tourqayê, ou Tourkayê, se trouve être de la race de Japhet ; car 
ils descendent de Magog, et, comme l'a écrit le grand Moyse% Magog est fils de 
Japhet, fils de Noé. De lui descend et s'est propagé sur cette terre le peuple 
grand et puissant qui habite la région du nord-est. 

Il y a à leur sujet une prophétie remarquable dans le prophète Ezéchiel, 
disant qu'ils envahiraient la terre et arriveraient à Jérusalem. Les paroles de la 
prophétie sont ainsi conçues' : « La parole du Seigneur s'est adressée à moi 
pour dire : Fils de l'homme, tourne ton visage vers Gog et vers la terre de Magog, 
prince [567] et chef de Môsok et de Thobel, [et dis-lui : Le Seigneur des sei- 
gneurs a dit, je viens à toi, prince et chef de Môsok et de Thobel]*, et je te 
rassemblerai, et je mettrai un frein à tes mâchoires, et je te ferai sortir de ton 
pays, toi et toute ton armée, chevaux et cavaliers vêtus de cuirasses, peuple 
immense [armé] de lances et de boucliers et portant le glaive. Tous les Perses, 
les Kousites et les descendants de Phout sont avec eux, avec des boucliers et 
dos casques ; (je ferai sortir) Gomer et toute son armée, la famille de Thogorma 
avec les versants du Nord et toute leur armée, et les peuples nombreux qui 
sont avec toi. Prépare-toi, ainsi que toute la troupe rassemblée avec toi. Sois 
pour eux une garde. Dès les jours anciens tu en as reçu l'ordre, et à la fin des 
temps tu viendras ». Et un peu plus loin' ; « Le Seigneur des seigneurs dit : Tu 
es celui dont j'ai parlé par mes serviteurs, les prophètes d'Israël, dans les jours 
antiques » ; et encore plus loin' : « Et toi, fils de l'homme, prophétise contre 
Gog et dit: Ainsi parie le Seigneur des seigneurs : Me voici sur toi, Gog, 
prince et chef de Môsok et de Thobel; je te pacifierai, et je te rassemblerai, et 
je te ferai monter des versants du Nord ». L'Esprit prophétique nous a montré 



1. Vers. ar. ; L^a-UJ .^ 'o^U^I-a xioiû)j_ — 2. Gen., x, 2. — 3. Ezech., xxxviii, 2-4. — 4. Les 
mots entre crochets ont été omis par notre copiste ; ils existent dans la vers, arabe. — 5. Ezech., 
XXXVIII, 17. — 6. Ezech., xxxix, 1, 



150 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

ces choses et beaucoup de choses semblables au sujet de ce peuple; et il a 
répété les paroles par deux fois pour indiquer leur double invasion. Mais puisque 
les interprètes inspirés par l'Esprit n'ont parlé que de la première invasion, 
nous marcherons sur leurs traces. Qu'il s'agisse d'eux et que le prophète pro- 
phétise à leur sujet, c'est ce que saint Mar Jacques d'Edesse affirme ' quand il 
écrit : « Ezéchiel a parlé de ce peuple des fourqayê : ce sont Gog et Magog, 
qui sont sortis du temps de Gambyses, roi des Perses, celui que les Hébreux 
appellent Nabuchodonosor II, et qui envoya Olopherne, son général, ainsi que 
l'expose le livre de Judith en disant' : Et il arriva que, pour accomplir leur 
dessein, le roi Nabuchodonosor appela Olopherne et lui dit : Maintenant tu 
partiras de devant moi, tu emmèneras 120 mille (fantassins), une multitude de 
montures et 12 mille cavaliers ; et monte sur la face de toute la terre d'Occident 
(contre) ceux qui ont méprisé la sentence de ma bouche. » 

A quelle époque et sous quel roi les Turcs sortirent dans leur première 
invasion, cela est démontré par les livres : cette invasion est antérieure de 
510 ans ^ à l'apparition, c'est-à-dire à la naissance dans la chair de Notre- 
Seigneur ; et depuis cette époque jusqu'à l'époque actuelle de leur seconde 
invasion, [S68] il n'est pas écrit qu'ils firent d'autre incursion *. 

Il est fait mention d'eux dans le troisième livre de Jean d'Asie, qui dit^ : « En 
l'an 7 de Justinus, empereur des Romains, celui-ci envoya des ambassadeurs 
au peuple des Turcs. Ceux-ci partirent et revinrent au bout de trois ans : ils 
disaient avoir vu les Turcs comme un peuple innombrable, tel que la sauterelle 
et le bruchus. Ils avaient neuf rois. Un des rois turcs, en voyant les envoyés 
des Romains arriver près de lui, pleura; et quand on lui demanda la cause de sa 
tristesse, il dit : « Nous avons appris de nos ancêtres que quand les envoyés des 
rois de l'Occident viendraient chez nous, le moment serait arrivé pour nous de 
sortir sur toute la terre et de la dévaster. » 

Et à la fin du dernier empire des Perses, appelé des Sassanides, il est fait 
mention des Turcs'^, là où il est dit que Yezdegerd, dernier roi des Perses, 
après avoir été vaincu par les faiyayê, se cacha à Merw, ville des fourqayê, et 
fut tué par un Turc, dans un moulina 

A l'époque des Arabes, qui régnèrent après les Perses, Dionysius de Tell 
Mahrê rappelle, dans son second Livre, dans le chapitre qui concerne Amorium, 
que quand Abou Ishaq, roi des faiyayê, monta contre cette ville, il y engagea 
dans le combat quatre mille Turcs '. 



1. Le sens n'est pas douteux quoique la construction de la phrase soit un peu embarrassée, 

— 2. Cf. Judith, il, 3-5. — 3. Sic vers, arméu. (Langlois, p. 286); ras. : « 8 ans »; lire : •' au lieu 
de ". — 4. Il est impossible que cet alinéa appartienne encore à la citation de Jacques d'Edesse. 

— 5. Cf. Jean d'Asie, 3'^ part., lib. VI, ch. xxiii; ci-dessus, t. Il, p. 315. — 6. Ms. '.< des Perses ». 

— 7. Cf. ci-dessus, t. II, p. 430. — 8. Cf. ci-dessus, p. 98. 



LIVRE XIV. GHAP. II 151 



CHAPITRE II. — Sur les mœurs de ces Turcs. 

La région habitée par ces Turcs, qui sont Gog et Magog, se trouve au nord- 
est. Et cela, nous l'avons appris non seulement de la parole prophétique, mais 
de ce que nous avons entendu et vu, nous et nos pères : ils se sont ébranlés et 
sont sortis de là, et ils en sortent continuellement. Cette région s'étend de 
l'extrémité de l'Orient, c'est-à-dire de l'endroit où le soleil se lève, jusqu'aux 
extrémités du Septentrion, dans le voisinage de la contrée occidentale, dans 
l'étendue de sa plus grande longueur; et en largeur jusqu'aux confins septen- 
trionaux de la terre habitée. On dit de cette région qu'elle est entourée de mon- 
tagnes inaccessibles, [S67] et qu'en deux endroits seulement se trouvent des 
sortes de portes par lesquelles sortent ceux qui sont là, et entrent ceux qui s'y 
rendent : l'une sur la contrée orientale, au delà de la Perse; et l'autre dans le 
nord, à l'intérieur de ITbérie; à celle-ci se trouvent des bâtiments fortifiés : 
c'est celle dont on rapporte qu'elle fut construite sur l'ordre d'Alexandre le 
Grand, le Macédonien, afin d'empêcher les peuples qui sont là de sortir. Aujour- 
d'hui cette porte est au pouvoir des Arabes*. La porte que nous avons dit se 
trouver en Orient* est une voie étroite de deux journées de marche ; et à l'extré- 
mité de ce défilé on a bâti des forteresses dans lesquelles sont placées des 
gardes qui empêchent ce grand peuple de Barbares de sortir. 

Dans les temps anciens et primitifs, ces gardes étaient établis par les rois des 
peuples qui se trouvaient en Orient: et sous la domination des Arabes, qui 
régnèrent après eux, (la porte) est gardée par les Turcs eux-mêmes, qui se sont 
ébranlés, sont sortis de là, et habitent dans la Margiane. Les histoires écrites 
en divers livres l'attestent. D'abord, celle qui rapporte que Tiberius, empereur 
des Romains, envoya des ambassadeurs près du roi des Turcs'. Celui-ci leur 
demanda si les Romains étaient sous la domination des Perses. Us lui décla- 
rèrent que non, mais qu'au contraire, maintes fois, les Perses furent sous la 
servitude des Romains; au point que Trajanus, empereur des Romains, se fit 
ériger une statue dans le pays des Perses, et obligea ceux-ci à vénérer sa statue. 
Quand le roi des Turcs apprit cela, il chassa les Perses de la Margiane, parce 
qu'ils avaient trompé les Turcs. En outre, une autre fois, quand la ville de 
Dara fut dévastée par le persan Sapor, il prit parmi les captifs des jeunes filles 
qu'il envoya au roi des Turcs : celles-ci se précipitèrent elles-mêmes dans un 
fleuve, en cette région de la Margiane*. Par ces faits et par d'autres semblables. 



1. Il s'agit du célèbre défilé de Derbend ou Porte de fer. — • 2. La porte de Balkh; cf. Hisi. du 
Bas-Emp., t. VI, p. 269, n. 1. — 3. Cf. Jean d'Asie, 3o part., 1. VI, ch. xxni, ci-dessus, t. II, 
p. 314. — 4. Jean d'Asie, 3« p. ; 1. VI, ch. tu; ci-dessus, t. II, p. 315. 



152 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

il est évident qu'une partie du peuple des Turcs était déjà sortie de cette contrée 
intérieure dans laquelle ils habitent, à l'intérieur des montagnes qu'on appelle 
les » Mamelles de la terre ». — Et cela suffit au sujet du pays. 

Au sujet de leur barbarie et de la sauvagerie de leurs mœurs, on raconte 
d'eux que dans leur pays, celui de l'intérieur, [368] ils n'ont aucune règle pour 
la distinction de la nourriture, mais ils tuent et mangent tout ce qui rampe sur 
la terre : les animaux, les bêtes saiivages, les reptiles, les insectes, les oiseaux; 
ils mangent les cadavres morts; ils dévorent les membranes qui sont rejetées 
par celles qui enfantent ; ils mangent même la chair des hommes qui sont 
morts. Si un étranger se trouve parmi eux sans avoir un des leurs pour 
guide, ils le transpercent, comme à la chasse, et le mangent. Ces choses et des 
choses semblables sont racontées d'eux par les Ibères qui sont dans le voisi- 
nage et gardent la porte. 

Ils ont des qualités. Ils sont intègres et sincères relativement à la fraude. Ils 
sont prudents et habiles dans l'organisation de leur vie. Ils se gardent de l'adul- 
tère, et la fornication est rare chez eux : car ils n'ont pas de loi qui interdise les 
secondes ou les troisièmes noces, ni la polygamie. Ils n'ont point de connais- 
sances intellectuelles, ni aucune science doctrinale ; ils n'ont aucune notion 
soit de Moïse, soit de l'un des prophètes, ni de la venue libératrice du Christ 
notre vivificateur et notre Dieu. Il est donc à croire qu'aucun des Apôtres 
ou des Disciples n^a pénétré chez eux. En outre, ils ignorent la fabrication 
des vêtements de lin ou de byssus, mais leurs habits et leurs tentes sont de 
laine de moutons et de poil de chèvres. Leur expérience consiste surtout à 
savoir dompter les bétes et les animaux : et quoiqu'une multitude de chevaux, 
de bœufs, de moutons remplisse leur camp, ils s'avancent et s'arrêtent sans 
tumulte. Ils sont merveilleux dans cette propriété de dompter les bêtes et les 
animaux, lis gardent le silence, et n'aiment point les longs discours. Ils con- 
fessent un seul Dieu du ciel, sans le connaître, car ils considèrent comme Dieu 
le firmament visible; et ils ne connaissent ni ne peuvent apprendre quelque 
chose de plus. 



CHAPITRE III, qui expose comment ils commencèrent à émigrer de la 
région intérieure où ils habitaient^. 

Ainsi, la région des Turcs est à l'intérieur^ des montagnes appelées les « Ma- 
melles de la terre », et ils n'en peuvent sortir que par ces deux portes. Quand 
les rois de l'extérieur avaient besoin d'eux, ils laissaient sortir autant d'hommes 



1. La version arabe fait de ce chapitre le quatrième. — 2. C'est-à-dire « au-delà ». 



LIVRE XIV. CHAP. III 153 

qu'ils en voulaient avoir avec eux à la guerre contre leurs ennemis, puis ils les 
renvoyaient dans leur pays. C'est pourquoi les rois Persans, [S69] Mèdes et 
Assyriens, tous ceux qui régnèrent dans cette contrée, louèrent, engagèrent et 
firent maintes fois sortir des Turcs, qui montèrent, se répandirent et s'empa- 
rèrent de la région. En rentrant dans leur pays, ils firent connaître l'excellence 
de la contrée, et en rapportèrent même diverses espèces de fruits et des vête- 
ments précieux : en les voyant, le peuple se prépara à émigrer et à aller 
habiter là où se trouvaient de semblables choses. Ils délibérèrent et tinrent 
conseil mutuellement. Une fois, les Perses les ayant appelés, ils sortirent, 
accomplirent ce pourquoi ils étaient sortis et reçurent l'ordre de rentrer dans 
leur pays. Ils revinrent jusqu'à l'endroit où étaient les forteresses et la garnison. 
Alors, ils tuèrent les Persans qui les escortaient, assiégèrent les forteresses, de 
peur que les gardes n'en sortissent et allassent informer le roi des Perses, et 
ils envoyèrent (un message) à leurs compagnons demeurés à l'intérieur; selon 
le complot préparé d'tfvance, ceux-ci s'ébranlèrent et sortirent; ils attaquèrent 
les forteresses, comme ils avaient appris à faire des Perses eux-mêmes, et ils se 
rendirent ainsi maîtres de cette porte. 

De là, ils montèrent et s'emparèrent de la région jusqu'à la Margiane, dont 
ils firent le siège de leur empire. Là, étaient ces neuf rois Turcs vers lesquels 
se rendirent les ambassadeurs des Romains, du temps de l'empereur Justinus'. 
Ils sont en dehors de leur habitation primitive, et ceux mêmes qui sont sortis 
gardent l'issue et empêchent les autres de sortir, sinon quand il leur plaît. Et 
quant à leur invasion et à l'établissement de leur empire dans la Margiane, 
ceci suffit. 

On trouve que leur invasion dans la contrée de la Margiane eut lieu à la fin 
du dernier empire des Perses, cent ans avant l'invasion des Arabes, c'est-à-dire 
environ six cents ans avant l'époque actuelle. On rapporte d'eux que, tandis 
qu'ils s'avançaient et venaient d'Orient en Occident, ils voyaient une sorte 
d'animal semblable à un chien, qui marchait devant eux : et ils ne savaient pas 
ce qu'il était, ni d'où il venait; ils ne pouvaient pas l'approcher; mais, au 
moment où il convenait de partir, il les appelait dans leur langue et disait : 
« Levez-vous » ; ils se levaient et marchaient à sa suite, là où il allait; et tant 
qu'il allait, ils le suivaient ; lorsqu'il se dirigeait vers une région, ils s'y 
dirigeaient à sa suite, et quand il s'arrêtait ils dressaient le camp; (il en fut ainsi) 
jusqu'à ce qu'ils arrivassent dans les pays où ils régnèrent : comme ce guide 
ne se montra plus à eux, ils ne s'en allèrent pas de là \ 



1. Cf. page 150, n. 5. — 2. Barhébréus [Chr. sjr., éd. Bedjan, p. 219) critique ce récit de Michel, 
« que je n'ai trouvé, dit-il, chez aucun autre auteur ». 

m. 20 



154 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE [IV] '. — De la dernière invasion des Turcs, par laquelle ils régnèrent 
sur la Perse, l'Assyrie, la Mésopotamie, l'Arménie, la Palestine, la Cilicie, 
jusqu'à ce jour; et même sur l'Egypte. 

Telle avait été la première invasion des Turcs, comme l'avait prophétisé 
Ezéchiel; telle aussi fut la seconde, celle en vue de laquelle, sans doute, le 
prophète a répété son discours à leur égard. Donc, celui qui lit doit comprendre 
que de même que leur première invasion eut lieu par l'ordre de Dieu, et c'est 
pourquoi l'Esprit divin avait d'avance inspiré au prophète de prophétiser sur 
eux, de même leur seconde invasion eut lieu par l'ordre du Seigneur. Et, 
d'après la conviction que je me suis faite, elle eut lieu ainsi. Quand les Arabes 
régnèrent, ils firent disparaître entièrement les persans païens; ils détruisirent 
pareillement les Grecs qui persécutaient les chrétiens, et leur empire brilla 
tant que des rois justes et qui ne persécutaient pas lés fidèles y régnaient- 
Après qu'ils eurent occupé l'empire pendant des années (le Seigneur) éloigna 
d'eux [S69] son secours. Les Grecs prévalurent de nouveau sur la Syrie, la Pales- 
tine, l'Arménie et la Gappadoce ; et aussitôt qu'ils régnèrent, ils renouvelèrent 
promptement leurs mauvaises habitudes, et se mirent à persécuter tyrannique- 
ment les fidèles dans ces contrées. Alors, Dieu fut justement irrité contre eux, 
et pour cela, il excita et fit sortir les Turcs dans cette seconde invasion qui 
se produisit de la sorte : 

Gomme les Arabes, c'est-à-direlesfaiyayê, s'affaiblissaient et comme les Grecs 
s'emparaient de nombreux pays, les 'Taiyayê eurent besoin d'amener les Turcs 
à leur aide. Ils marchaient avec les Arabes comme des sujets et non comme des 
maîtres. Mais, comme partout où ils allaient ils se conduisaient bravement et 
remportaient la victoire, ils s'habituèrent peu à peu à triompher. Ils chargeaient 
et emportaient dans leur pays les richesses de la contrée et les montraient 
aux autres, en les excitant à partir avec eux et à aller habiter une contrée 
excellente, remplie de tels biens. 

Au moment où ils songeaient à envahir la contrée où se trouvent ces peuples, 
en divers lieux, et principalement à Edesse, on vit des hommes et des 
femmes qui paraissaient insensés, qui se lamentaient, criaient dans les rues de 
la ville et disaient : « Voici qu'un peuple nouveau et barbare s'ébranle et vient 
sur vous de la contrée orientale; ils ont des visages d'hommes et des cœurs 
de chiens! O chrétiens ! faites attention ». On se moquait d'eux; et même les 
chefs usaient des tourments et des supplices pour les faire taire : mais ils ne se 
taisaient pas. L'issue des événements leur donna raison. 



J. Chapitre m dans la version arabe. 



LIVRE XIV. GHAP. IV 155 

Quand le peuple des Turcs s'ébranla et sortit, il couvrit la terre. Les premiers 
Turcs (sortis autrefois) furent opprimés par eux, parce que la terre ne suffisait 
pas à les porter tous, et ceux-ci repoussèrent ceux-là vers l'Occident. Dès 
qu'ils se mirent à avancer, celui qui avait conduit les premiers, et qui était 
semblable à un chien, leur apparut. Il marchait devant eux, mais ils ne pouvaient 
l'approcher. Quand il voulait partir, il élevait la voix et disait : « Gous' », c'est-à- 
dire : « Levez-vous » ; et ils se levaient [370] et marchaient à sa suite jusqu'à 
ce qu'il s'arrêtât, et alors ils campaient. Après les avoir longtemps conduits, il 
disparut et nous n'avons plus rien lu ou entendu dire (à son sujet) ; et nous- 
même nous ne définirons pas autre chose sinon qu'il est l'indice de celui qui 
dirige et conduit chaque nation, par les choses qui lui sont familières, vers ce 
qui est utile. De même [qu'il conduisit]^ les Hébreux par les sacrifices de mou- 
tons et de vaches, et les Mages par l'étoile, ainsi (conduisit-il) ceux-ci par 
l'image d'animaux qui leur étaient familiers. Nous n'avons pas à affirmer autre 
chose que ce qui a eu lieu. 

Quand leur conducteur eut disparu, voyant qu'ils étaient arrivés au milieu 
des rois, e^ que la contrée n'était pas suffisante pour leur habitation, ils se 
divisèrent en trois parties, pour que chaque partie s'en aille dans une 
contrée : au sud, au nord et au milieu. Ils prirent trois baguettes, les 
marquèrent, et les jetèrent en l'air, c'est-à-dire là' oii ils croient que Dieu se 
trouve, et quand elles retombèrent à terre, ceux dont la baguette était vers le 
sud s'en allèrent dans les contrées supérieures de l'Inde. Or, auparavant tous 
avaient promis que chaque camp, dans la contrée où le sort le conduirait, 
adorerait le Dieu adoré par les , habitants de cette contrée, et qu'ils adop- 
teraient la religion qu'ils trouveraient chez les gens de ce pays. C'est 
pourquoi ceux qui allèrent dans le sud ayant trouvé là des chrétiens et des 
païens, se joignirent à eux, et, jusqu'à ce jour, les uns sont chrétiens et les 
autres païens, adorateurs des idoles. Ceux auxquels le sort assigna la contrée 
septentrionale sont sur la frontière de l'empire des Grecs, au nord de ceux-ci, 
et s'appellent Qoumanayê*, d'après le nom de cette contrée. [371] Ils se sont 
donc joints au peuple des chrétiens qu'ils trouvèrent dans ce pays, quoique 
leurs mœurs soient corrompues. Ceux qui obtinrent la contrée occidentale, 
au milieu de la terre habitée, firent route par l'empire des Arabes, se mêlèrent 
[avec ceux-ci]", acceptèrent et adoptèrent leur religion. C'est de ceux-ci qu'il 
est question. 

1. \^^\ impér, de i^^^S, pour ilJ.»»-«S'« lever le camp ». — 2. Lacune d'un mot dans le ms.; 
P> (vers. ar.). — 3. li»ll (vers. ar. o»-*»^.). Ou peut lire : Ij-»|J, et traduire : « vers ce qu'ils croient 
être Dieu « ; cf. p. 156, 1. 12, — 4. Les Comans, fixéï à la fin du ix= siècle entre l'Oural et le 
Volga, se répandirent au xi" siècle entre le Volga, le Dnieper, et le Tanaïs, et passèrent en Hongrie 
au xin" siècle. — 5. Lacune d'un mot dans le ms.; suppl. ,çcyw3. 



156 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Il convient donc de louer la volonté divine qui dirige tout, en tout temps et 
de toute manière, et de dire avec le prophète : « Le Seigneur fait tout ce 
qu'il veut, au ciel et sur la terre, et dans tous les abîmes'. Vraiment, notre 
Seigneur est grand, et sa force est puissante ^ Lui seul gouverne l'empire des 
hommes : il donne la victoire à qui il veut, et il établit sur cet empire Je plus 
humble des hommes, ainsi qu'il est écrit dans le divin prophète' ». — Fin. 



[370] CHAPITRE [V], qui traite de V union dans la religion du peuple des Turcs 

avec les Arabes. 

Pour trois motifs les Turcs s'unirent facilement aux Arabes et acceptèrent la 
religion que ceux-ci professaient. Premièrement, parce que, comme nous 
l'avons dit plus haut, les Turcs ont toujours proclamé un dieu unique, même 
dans la région intérieure qu'ils habitaient; quoiqu'ils considérassent le firma- 
ment visible comme la divinité. De sorte qu'encore aujourd'hui, si l'on interroge 
un de ceux qui sont parmi eux sans expérience, il répond et dit : qan'' tangrl; 
or, qan., dans leur langue, signifie v bleu de ciel », et tangri, « dieu » ; ils 
croient que le ciel est le dieu unique ; et quand ils apprirent que les Arabes 
proclamaient un seul Dieu, ils adoptèrent leur religion. 

La seconde raison est (celle-ci) : Quand les premiers Turcs envahirent la 
région de la Margiane et s'y établirent, ils sortirent du temps des Perses; mais 
bientôt après parut Mahomet qui fut accepté par les Arabes, et ensuite par les 
Perses; car l'empire des faiyayê prévalut; il mit fin à l'empire des Perses et 
à tous les empires de l'Orient, et subsista seul. Or, les Turcs qui étaient 
sortis dans la région'' de la Margiane se joignirent à l'empire des Arabes, de 
même que le peuple des Perses et la race des Kourdayê ; et quand les Turcs 
postérjeurs, ceux qui émigrèrent plus tard, rencontrèrent leurs congénères, 
qui parlaient leur langue, ils adoptèrent eux aussi la croyance que les autres 
professaient, selon leurs indications. 

La troisième raison de l'union des Turcs et des Arabes fut la suivante : 
Comme les Arabes prenaient les Turcs avec eux, comme mercenaires, dans la 
guerre contre les Grecs, ces Turcs pénétraient dans des contrées florissantes et 
vivaient de pillage ; ils entendaient dire par les Arabes et acceptaient la parole 
de Mahomet, qui avait déclaré qu'une région bonne et fertile serait donnée 



1. Ps. cxxxiv, 6. — 2. Ps. cxLvi, 5. — 3. Dan., iv, 5. 

4. Au lieu de ,c (qui se trouve aussi dans la vers, ar.), il faut lire yc, lurc tlS' gôk, mot qui 
signifie, en turc et en mongol, « couleur bleu de ciel ». C'est ainsi d'ailleurs qu'a lu le traducteur 
arménien (Cf. Hist. arm. des Croisades, I, 312, n. 4). — 5. Lire ; U.iH oow ^o»3)>. 



LIVRE XIV. CHAP. V 157 

à ceux qui renonceraient au culte des idoles et des autres créatures, pour 
professer sa croyance, et qu'ils y régneraient. Et, poussés par ce désir, ils ac- 
ceptèrent (leur confession) ; ils acceptèrent de se faire circoncire et d'observer 
les usages de la loi ancienne, et l'ablution des membres excrétoires avant la 
prière. 

Ces trois circonstances furent la cause pour laquelle les Turcs acceptèrent' 
Mahomet, s'unirent aux Arabes et formèrent^ pour ainsi dire, un seul peuple. 
Et les faiyayê acceptèrent que celui d'entre les Turcs qui viendrait à régner 
fût appelé et proclamé « Roi des musulmans », à cette seule condition que leur 
chef religieux, surnommé « khalife », l'établît lui-même comme roi. Pour ces 
motifs et des motifs semblables, les Turcs et les Arabes s'unirent par la religion. 

Quand ils envahirent les régions de la Perse et commencèrent à occuper^ 
des villes, ils voulurent se constituer un roi. Les chefs des tribus se rassem- 
blèrentj [S71] un homme par tribu, environ 70 hommes des 70 tribus les plus 
importantes et les plus honorables parmi eux. Ils se placèrent en cercle, 
chacun avec sa baguette à la main ; ils tracèrent sur la terre une figure circu- 
laire, c'est-à-dire ronde, et convinrent tous fermement que celui dont la 
baguelte tomberait au centre de la figure régnerait. Chacun d'eux jeta sa 
baguette aussi haut qu'il put, et toutes retombèrent hors du cercle : une seule 
tomba au milieu et se planta, droite, debout en terre; c'était celle d'un homme 
d'une tribu infime, et ce fut lui qui régna. 

Et toutes ces choses n'arrivèrent pas sans la providence toute puissante, qui 
dispose en tous temps ce qui est requis. Et, en effet, qu'ils se soient réunis 
pour jeter les sorts, et qu'ils se soient soumis à l'autorité d'un seul, cela arriva 
par le doigt de Dieu : à qui seul convient la gloire, depuis les siècles des siècles 
et pour les siècles des siècles. Amen ! — Fin. 



1. Lire : û^=£i. — 2. i-i>c^. 



LIVRE XV 

Nous COMMENÇONS LE LiVRE QUINZIÈME A L ANNEE 1361 DES GrECS, QUI EST l'ANNÉE 

1031 DE Notre-Seigneur', et l'année 430^ de l'empire des 'Taiyayê, en laquelle 
commença cet empire des turcs qui gouverne aujourd'hui ; cette annee est 
l'an 6530 depgis Adam, c'est-a-dire depuis le commencement du monde. En 
cette année commença a régner sur les romains gonstantlnus monomachus, 
ET LES Arabes avaient (pour roi) Abou 'l-'Abbas Qadir; et le premier roi 
DES Turcs, Togril-bek, régna dans le Khorasan. La même année, fut établi 

DANS NOTRE ÉgLISE LE PATRIARCHE MaR JeaN, FILS DU FRÈRE DU BIENHEUREUX 

Mar Jean bar 'Abdoun. 



[CHAPITRE PREMIER] 

En l'an 1361, ConstantinusMonomachus commença à régner sur les Romains * 
pendant douze ans. Il était magnanime et très libéral. Il était podagre. 

A cette époque Abou l-'Abbas Qadir gouvernait l'empire des Arabes\ 

[S72] A cette même époque commença l'empire des Turcs, dans les régions 
de la Perse. En effet, un sultan surnommé Togril-bek occupa le trône de la 
royauté dans le Khorasan, en l'an 430 de l'empire des Arabes. Il envoya des 
troupes qui parvinrent dans les régions des Arméniens, qui étaient sous la 
domination des Romains. Elles se mirent à faire des captifs, à piller, à incen- 
dier d'une façon barbare. Plusieurs fois ils firent des captifs et les emmenèrent 
sans que personne allât à leur rencontre. 

Ils parvinrent jusqu'à la ville forte de Mélitène, au nombre de trois mille, 
pendant l'hiver de l'année 1369; et comme elle n'avait pas de mur, parce que 
Gyriacus l'avait détruit' lorsqu'il l'avait enlevée aux faiyayê, les habitants se 
mirent à fuir dans la montagne, où le froid et la faim les firent périr. Le premier 
jour, les Turcs commencèrent par massacrer sans pitié ; de telle sorte que plu- 
sieurs se cachèrent sous les cadavres des (gens) tués. Les Turcs établirent leur 
camp en dehors de la ville, sur le flanc d'une colline ; aucun d'eux ne passait 
la nuitendehors du camp, et toute la nuit les cierges' de l'église étaient allumés. 



1. Cette concordance erronée est basée sur les canons chronologiques. Voir la restitution à la 
fin de ce volume. — 2. Commence le 3 oct. 1038. — 3, Litt. : « de celui qui est parmi les saints «, 
— k. Constantin IX, Monomaijue, régna du 12 juin 1042 au 30 nov. 1054. — 5. Cf. ci-dessus, p. 133, 
n. 12. — 6. Cf. ci-dessus, p. 123. — 7. xrjpcov. 



LIVRE XV. CHAP. I 159 

Le second jour, ils se mirent à torturer les hommes pour qu'ils leur montrassent 
les choses cachées; et plusieurs moururent dans les supplices; par exemple, le 
diacre Petrus, écrivain et maître d'école. Il fut pris pendant qu'il écrivait un vo- 
lume ; [373] il venait d'écrire : « La tète ' de Jean ressemble à une grappe cueillie 
par Hérodiade »; les Turcs s'étaient emparés de lui et, voyant chez lui de magni- 
fiques volumes, pensèrent qu'il était le chef de tous les chrétiens. Gomme ils le 
pressaient de fouler aux pieds la croix, et comme il n'y consentit pas, ils l'acca- 
blèrent de coups et le jetèrent dans le feu. Quand le feu eut attaqué sa chevelure 
ils l'en retirèrent, ils firent fondre de la cire' qu'ils versèrent sur sa tête, et ils 
placèrent des charbons ardents dans un bassin* sur son dos. Gomme il était 
sur le point d'expirer, il vit le feu qui gagnait ses pieds et s'écria : « Vous êtes 
bienheureux, parce que vous avez été purifiés ! » Et il rendit l'âme. Que sa 
mémoire soit en bénédiction ! 

Les Turcs restèrent à Mélitène dix jours *, dévastant et pillant. Ensuite, ils 
incendièrent la malheureuse ville, dévastèrent les environs à une journée de 
marche et incendièrent tout le pays. Dans ce pillage, le couvent de Bar Gâgai 
fut pris et dévasté. Après avoir enlevé la population, ils s'en allèrent; ils s'écar- 
tèrent de la route et tombèrent dans des montagnes difficiles' et sur des fleuves. 
Tandis qu'ils campaient dans une vallée, dans le voisinage de la montagne des 
Sînîsayé ", il survint une neige abondante qui empêcha leur marche. Les Sînîsayê 
s'en étant aperçus, descendirent sur eux, occupèrent devant eux les routes et les 
chemins, de tous les côtés, et ils périrent là de faim et de froid ; ceux qui survé- 
curent furent tués par les Sînîsayê, et absolument aucun d'eux n'échappa\ Le 
peuple des captifs de Mélitène, tous ceux qui avaient échappé à la mort aidèrent 
au massacre, [S74] et ceux qui étaient cachés dans les montagnes y prirent 
part pareillement. Le moine ' Joseph, qui était parmi ceux qui avaient été faits 
captifs et qui s'en revint, écrivit trois livres " sur cette affaire. Bar-Sousan, qui 
est Mar Jean '", écrivit quatre livres sur la dévastation de Mélitène : deux sur le 
mètre de Mar Éphrem, et deux sur celui de Mar Balai. Quand l'empereur et les 
Sénateurs apprirent ce qui était arrivé à la ville fidèle, ils furent grandement 
affligés. 

Mais la même année mourut l'empereur Monomachus, et sa fille" Theodora 
fut gouvernante pendant un an ". 



1. ov*.i l«i. — 2. xTipôt. — 3. ).exâvri. — 4. BH : 20 jours. — 5. Lire : looài.. — 6. BH : U.-mii5o ; 
Sanasoun est le nom auciea du district d'Arménie appelé aujourd'hui Sassoun (cf. Ma.rquart, Êrâns- 
hâr, p. 161). Cf. ci-dessus, t. II, p. 492, n. 6. — 7. Cf. Hist. du Bas-Emp., I,XXIX § xxxii. — 
8. \'U'f (BH). — 9. Traités ou Discours. — 10. Cf. ci-dessous, p. 170. — 11. Lire: « tille de Con- 
stantin VIII «. — 12. Du 30 nov. 1055 au 22 août 1056. 



160 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Ensuite régna le vieillard Michel', un an. Celui-ci était très droit. Les objets 
d'orfèvrerie^ qu'il faisait de ses mains, en cachette, sont très estimés; mais, par 
la grandeur de sa négligence', les Turcs devinrent plus puissants dans l'empire 
des Romains. 

L'empereur, voyant que les Turcs montaient et étaient arrivés jusqu^à la mer 
du Pont en faisant des captifs, pillant, incendiant, envoya, par pitié pour le peu- 
ple des chrétiens, des chevaux et des chariots, et après qu'ils eurent chargé 
leur mobilier, il les fit passer au delà ' de la mer. (Les Turcs) pillèrent les 
villes et les villages de toute la région du Pont. Gomme ils étaient vides 
d'habitants, cela profita aux Turcs qui y trouvèrent un lieu pour habiter. Et 
tandis que tout le monde blâme l'empereur, nous disons, nous, que cela ne 
vint pas de lui, mais d'en haut. — Fin [du récit) sur les rois. 



En l'an 1356, par la permission de 
Dieu, Ezangai^, ville d'Arménie, fut sub. 
mergée. Il s'y trouvait quelques fidèles 
appelés Benô Gyriacus, un syrien d'o- 
rigine et orthodoxe : alors que toute la 
ville fut couverte par les eaux, la maison 
de ces [S72] fidèles resta seule debout et 
sauve, entourée par un lac d'eau. Or, ils 
étaient miséricordieux" et bienfaisants, 
et c'est pourquoi, pour la gloire de Dieu 
tout puissant, et pour renoouragemenl 
et la corroboration de tous les fidèles, 
un tel prodige fut accompli par la puis- 
sance divine. 

Et la même année, il y eut aussi un 
grand et terrible tremblement de terre, 
le vendredi de la semaine des Nini- 
vites ; et beaucoup d'endroits furent 
renversés. 

Encore à celte époque, il se passa à 



Quand le patriarche Mar Dionysius 
mourut, l'Eglise resta veuve. Quelques- 
uns des évoques osèrent passer d'un 
siège à un autre, au mépris des canons. 
Alors, les autres évoques furent pris de 
zèle; lis se réunirent au mois de 'ab 
(tioût) de l'an 1360', et firent l'élection. 
On fit [S72] mention de Theodorus, 
moine du monastère de Bar Gâgai, dans 
la région de Mélitène, qui était le ne- 
veu* de ce bienheureux Mar Jean bar 
'Abdoun, qui termina sa vie en exil 
dans un vrai martyre. Tous les évêques 
et tous les enfants de l'Eglise le vou- 
laient, mais lui n'y consentit point ; il 
s'enfuit* et s'en alla dans le pays de 
Doliche. Les évAques se rendirent là. 
Quand il en eut connaissance, il partit à 
pied et se cacha dans les champs. 
Comme ils circulaient pour le trouver. 



1. Michel VI, Stratiotique ; août 1056-juin 1057. — 2. IjoU « cochlear, patera ». — 3. Ucu.»©»». 
- 4. Par rapport à l'auteur qui écrit en Syrie. 

5. BIï : v,l.^i»l. Cf. Chron. de Mathieu d'Édesse, trad. Dulaurier, p. 79. — 6, Visa-ïjo. 
7. Cf. ci-dessus, p. 139, a. 1. ~ 8. Fils du frère. — 9. >D-r-^. 



LIVRE XV. CHAP. I 



161 



Antioche un triste événement*. En effet, 
la congrégation des fidèles^ de notre 
Église orthodoxe, par l'opération diabo- 
lique et par les passions humaines, fut 
divisée par une discorde intestine. Quel- 
ques-uns d'entre eux, enflammés d'une 
acerbe colère, allèrent trouver le pa- 
triarche chalcédonien de l'endroit, et, 
par irritation, se firent hérétiques. Cette 
affaire fournit une occasion opportune à 
ceux qui avaient soif de sang, et qui s'é- 
taient emparés de l'église nouvellement 
bâtie en cet endroit par les Orthodoxes. 
Alors, plusieurs se relâchèrent, passè- 
rent chez les Grecs, et acceptèrent la 
doctrine de Chalcédoine, parce que la 
persécution fut renouvelée, et parce que , 
de toute manière et par tous moyens, ce 
patriarche persécutait quiconque n'ac- 
ceptait pas le synode de Chalcédoine. 
Pendantlongtemps, les fidèles de notre 
confession furent empêchés d'habiter » à 
Antioche. Mais le Seigneur, qui punit 
toujours ceux qui commettent l'injustice, 
frappa de la foudre la grande église de 
Cassianus et fit brûler le patriarche per- 
sécuteur, tandis qu'il consacrait, [373] et 
tout le peuple avec toute l'église, un di- 
manche, à la3° heure *. Il y eut une grande 
stupeur ; la crainte et la terreur s'emparè- 
rent de tout le monde, au point que les 
persécuteurs eux-mêmes, par frayeur, 
confessaient qu'ilsavaient reçu la récom- 
pense du vol qu'ils avaient commis illé- 
galement; et, comme ils furent réprimés 
et empêchés de continuer la persécution, 
les Orthodoxes qui restaient rentrèrent 



ils s'arrêtèrent au bord d'un cours d'eau 
et laissèrent les montures paître Iherbe. 
Un des ânes s'en alla, en paissant, jus- 
qu'à l'endroit où le bienheureux était 
caché, et s'y arrêta. Bien qu'il le frap- 
pât avec une pierre, il ne s'éloigna pas, 
mais il se mit à braire. En entendant son 
cri, les évêques se réjouirent, parce 
que cet âne était perdu pour eux. Quand 
le bienheureux vit qu'ils venaient cher- 
cher l'âne, il descendit au milieu de 
l'eau du fleuve pour se cacher dans les 
herbes, mais l'âne descendit dans l'eau 
à sa suite. Quand, venus pour chercher 
l'âne, ils trouvèrent le bienheureux, ils 
se réjouirent d'une grande joie. Les 
évêques le prirent de force et l'ordon- 
nèrent à Pharzamanê, (savoir) : Elias de 
Zeugma, chef du synode, qui lui imposa 
les mains, avec Athanasius de Karséna, 
Cyrillus de Cyrrhus, Basilius de Har- 
ran, Abraham de Samosate, Basilius de 
Hadeth, Athanasius d'Édesse, Philoxe- 
nus de Dolichê, Athanasius de Laqabîn, 
[S73] Iwannis d'Anazarbus, et Jean de 
Kaisoum. 

Quand il fut établi pasteur de l'Eglise, 
il corrigea les évêques qui s'étaient 
montrés audacieux, et il déposa totale- 
ment de l'épiscopat ceux dont l'audace 
était le plus manifeste. 

11 ordonna pour Jérusalem Zacharias, 
et après lui Thomas. 

il divisa le diocèse de Samosate en 
deux : il ordonna Basilius pour Hesn 
Mançour, et Dioscorus pour Samosate. 

Il fut appelé Jean ^ du nom de son 



1. Cf. Ma.tth. d'Édesse, trad., p. 96. — 2. Je lis : U»-«ov>o'. 
Antioche; je préfère lire ; yO'ff^. — 4. Lire : >.^i V't». 
5. Jean IX. 

m 



— 3. Ms. : >,oû^.j» « de considérer » 



21 



162 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



dans leurs demeures. Comme ils n'a- 
vaient ni prêtre, ni église, dans la ville : 
aux fêtes, ils sortaient en dehors dans les 
villages où ils trouvaient des prêtres or- 
thodoxes, pour participer aux divins 
mystères. 

' A cette époque, des voleurs arméniens 
entrèrent dans le couvent de Mar Bar 
Çauma. — En l'an 1377, quelques hom- 
mes de la race des Arméniens, qui étaient 
appelés Benê Bazrîg', se manifestèrent 
comme des brigands et se révoltèrent 
contre les empereurs, à l'occasion de 
l'invasion des Turcs, Environ 300 
hommes se joignirent à eux, tous scé- 
lérats, loups ravisseurs, et verseurs de 
sang, qui se targuaient du nom de chré- 
tiens. Ils firent des choses lamentables 
en beaucoup d'endroits, et à la fin ils se 
rassemblèrent dans la région de Méli- 
tène. En se postant dans les montagnes, 
ils dévastèrent le pays de Claudia et de 
Goubbos. Ils pillèrent le monastère de 
Màdiq et de Mar Asya, celui de Beit 
Sahdê, celui de Marcus, et l'admirable* 
(monastère) de Sergisyeh; ils répandaient 
à terre les saints mystères et le chrême 
divin ; ils brisaient à coups de bâton les 
ossements des saints martyrs Sergius et 
Bacchus et les autres reliques des saints, 
quise trouvaient dans les monastères ou 
dans les églises, et les jetaient à terre, 
et ils s'emparaient des châsses; [574] 
comme on les blâmait, ils s'excusaient 



oncle. Il ordonna 30 évêques, en secret. 
Il habitait continuellement dans la ville 
d'Amid ou dans ses environs. Il exerça 
le patriarcat quatorze ans et dix mois, 
et mourut à Amid même, le samedi 
24 de 'iyar (mai)'. Son corps fut ense- 
veli dans l'église de la Mère de Dieu. 

Le patriarche du siège d'Alexandrie 
et d'Egypte était, à cette époque, Chris- 
todoulos*. 

Après la mort du patriarche Mar 
Jean, neveu de Mar Jean bar 'Abdoun, 
il y eut un schisme dans notre Église. 
En efTet, Haiyê, qui est aussi appelé 
Athanasius, évêque d'Arsamosate, aban- 
donna son diocèse et chercha le repos 
dans le couvent de Ségara de Mar Aha- 
ron. Quand le patriarche Mar Jean fut 
mort, à Amid, les évêques de la région 
occidentale s'assemblèrent, et élirent 
Athanasius", qui est Haiyè, et ils l'éta- 
blirent patriarche. Mais les Orientaux 
en furent scandalisés sous prétexte 
« qu'il était déjà évêque », mais en réa- 
lité parce qu'il avait été institué sans 
leur consentement. A cause de cela, 
quelques-uns d'entre eux, en petit 
nombre, transportés de zèle prirent de 
force Josué [374] le scribe, homme di- 
sert, qui était le syncelle de Mar Jean et 
son élève, et ils l'ordonnèrent, à Amid. 
Mais les évêques qui étaient partisans 
d'Athanasius Haiyê étaient plus nom- 
breux; ils se mirent d'accord pour faire 



1. De même dans la vers. ar. ; Barhëbr, {fihr. syr., p. 243) : >.;^»P « Benê Kazarîg ». — 2. Ua- j 
la lecture est garantie par la vers. ar. qui a traduit par « blanc » : ^^'i\ i»«*. •«. jj: je prends 
le mot syriaque dans le sens de « modèle, exemple ». 

3. En 1368 (1057); cf. p. 139, n. 1. —4. Cf. Renaudot, Hist. pair. Alexandr., p. 418. — h. Atha- 
nase VI. 



LIVRE XV. CHAP. I 



163 



en prétextant l'ignorance. Ils étaient 
menteurs, et païens de sentiments. 

On évalue ce qu'ils emportèrent du 
village de Singis à ilOO dinars, sans 
compter les bœufs et les ânes, et de Mâ- 
dîq à 500 (dinars). Ensuite, les chefs de 
Mélitène convinrent de leur donner une 
certaine portion du pays de Goubbos et 
de Claudia, et ils leur obtinrent un di- 
plôme de l'empereur qui leur concédait 
quatre villages de la région, afin d'être 
en paix avec eux. Alors ils devinrent plus 
audacieux. Pendant quelque temps, ils 
montraient des visages hypocrites aux 
chefs et pillaient les malheureux. 

Puis Satan fit en sorte qu'ils médi- 
tèrent une pensée mauvaise contre le 
couvent de Mar Bar Çauma, c'est-à-dire 
d'y venir, de s'en emparer, soit par 
astuce soit par le combat, de tuer les 
moines, d'y habiter et de s'y révolter, en 
dévastant et dévorant les villages et les 
villes. Et, tandis que cette pensée diabo- 
lique occupait l'esprit de ces brigands 
arméniens, tout à coup on entendit la 
voix des Turcs qui avaient envahi la con- 
trée de Mélitène. Les gens de Claudia 
s'enfuirent dans la montagne de Mar 
Bar Çauma, et ces brigands vinrent aussi 
avec eux. Or, d'abord dix d'entre eux 
entrèrent comme pour prier. Quelques- 
uns des moines soupçonnèrentleur ruse, 
et des gardiens furent disposés dans le 
couvent, des hommes robustes de Tell 
Toura : ils se conduisirent énergique- 
ment, mirent la main sur eux, tuèrent 
une partie d'entre eux par le glaive et 



l'ordination; ceux-ci disaient que son 
nom était vraiment sorti par le sort et 
que la primauté lui appartenait. Ils lui 
conférèrent illégitimement une seconde 
ordination. Cette ordination eut lieu 
dans le pays de Hesn Mançour, dans le 
couvent de Pharîs. Mar Basilius de Har- 
ran lui imposa les mains'. 

Josué, quiestBar Ôousan, fit un écrit 
contre Haiyê, et l'attaqua surtout à rai- 
son de sa seconde ordination, à cause 
de laquelle tous les enfants de l'Église 
furent scandalisés, parce qu'elle était 
irrégulière. 

De leur côté, Haiyê et ses partisans 
répandaient le mépris et les injures 
sur Bar Sousan, parce qu'il avait con- 
senti à être ordonné postérieurement à 
l'ordination de Haiyê. Bar Sousan rem- 
plit l'Église de discours outrageants et 
et de lettres'. Haiyê et ses partisans 
furent poussés à porter devant les rois 
les affaires de l'Église. Bar Sousan, en 
voyant cela, prit la résolution de renon- 
cer à la charge pastorale ; il demeura 
dans la solitude, appliqué à écrire. 

Haiyê fut confirmé et exerça le pa- 
triarcat 5 ans et demi. Il avait ordonné 
20 évêques'. 

Ses partisans disaient et cherchaient 
à persuader dans leurs discours que 
celui qui a été ordonné le premier, 
dont l'élection est attestée, [378] et qui 
est recommandé par l'excellence de ses 
œuvres, devait être maintenu. C'est 
pourquoi Bar Sousan se retira comme 
nous l'avons dit. 



1. En 1369 (1058) selon Barhébr. ; mais Michel et l'App. ne donnent aucune date. — 2. Barhébr. 
{Chr. eccl., I, 438) rapporte quelques passages des discussions qui s'élevèrent à cette occasion. — 
3, Leçon garantie par Barhébréus. L'Appendice n'en nomme que dix- sept. 



164 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

précipitèrent les autres sur le rocher. Ignatius^ du couvent même de Ségara 

Et cela arriva sans que [375] ni le supé- de Mar Aharon, fut institué métropoli- 

rieur ni la plupart des frères en eussent tain de Mélitène. Il était le neveu" du 

connaissance; mais seulement Iwannis, patriarche, qui mit de l'empressement 

moineprocureuFj et ces gardiens laïques. à l'ordonner; car le métropolitain de 

Quand les compagnons (des brigands)» Mélitène, Jean, mourut le vendredi de 

qui étaient en bas, découvrirent la chose la crucifixion, le 3 de nisan (avr.) de 

et apprirent que tous ceux qui étaient l'an- 1[3]74^, et le jeudi 25 du même 

montés étaient morts, ils prirent la fuite mois' celui-ci fut ordonné dans le cou- 

et s'en allèrent. Alors le catépan de vent même de Ségara. Le patriarche 

Mélitène, qui est Krinotès*, envoya lui-même vint à Mélitène et l'amena 

prendre leurs armes. Ces choses arrivé- avec lui : il procéda à son intronisation 

rent le 9dumoisde 'ab (août) de l'an 1377. avec Basilius de Tarse, Iwannis dellesna 

Et le 20 du mois de tesrîn i (oct.) de et Iwannis de Callisura. 

l'an 1378, comme les moines revenaient, 
avec les serfs, de Mélitène, ils furent as- 
saillis par ces brigands qui étaient restés dans la montagne de Claudia, dans le lieu 
appelé Hazourîn. Ils se lancèrent mutuellement des flèches. Dix hommes des Armé- 
niens périrent; à la fin, les moines et les serfs dont voici les noms furent tués : David, 
Moïse, Iwannis, moines; Bar Çauma et Elias, gardiens. Que le lecteur prie pour eux, 
car ils ont tué les assassins et ont été tués pour le saint couvent! 

Cependant, sept de ces voleurs furent pris et conduits à Mélitène. Mais le maudit 
juge (?)^ fut circonvenu par eux et ils s'échappèrent. Alors, ils s'attaquèrent' aux 
moines et les massacrèrent. Enfin, ces mêmes voleurs, après que le catépan de 
Mélitène eut été tué, entrèrent dans la maison de ce maudit juge (?), le massa- 
crèrent, enlevèrent tout ce qu'ils trouvèrent dans sa demeure et s'enfuirent ; car 
Mélitène n'avait point encore de murs. Que la mémoire du juge (?) et des voleurs 
soit en malédiction ! 

Après cela, en l'an 1380, les moines (du monastère de Bar Çauma) bâtirent deux 
tours élevées; trente-deux ans plus tard, en l'an 1412, une nouvelle tour fut bâtie 
entre les deux autres, et après 45 ans', en l'an 1475, nous^ bâtîmes la tour du sud. 



1. Transcription d'un nom grec; le mot paraît bien être un nom propre, peut-être altéré. — 
2. ««t*,^ (même leçon dans la vers, arabe) paraît être un nom de fonction comme catépan, plutôt 
qu'un nom propre. — 3. Il faut peut-être lire : Ih^o» (?). — 4. Ces chiffres sont les mêmes dans 
la vers, arabe. La concordance est maladroitement établie d'après les canons chronologiques erro. 
nés. — 5. Le patriarche Michel, qui était alors archimandrite de ce couvent. 

6. Fils de la sœur. — 7. Vers. ar. 1[3]34. Les autres chiffres sont identiques à ceux de notre ms. 
— 8. Les dates données ici sont inconciliables. La correction la plus probable parait être : « le 
vendredi de la crucifixion, [1]3 de nisan de l'an 1371 (= 1061 ; cf. p. 186, n. 3), et le jeudi 2[6] du 
même mois.... » 



LIVRE XV. CHAP. II 165 



CHAPITRE [II]. — De Vépoque à laquelle les Turcs montèrent dans la région 
de Cappadoce ; à laquelle fut rebâti le mur de Mélilène ; à laquelle s'aggrava 
la lutte des Grecs contre les Orthodoxes et entre eux. 

A cette époque, les Turcs montèrent de nouveau dans les pays des Romains, 
où ils firent des captifs, pillèrent, dévastèrent, incendièrent. 

Les Romains eux-mêmes se combattirent mutuellement. Isaacius, qui est 
Gomnenus, suscita une attaque contre la ville impériale. Il vint avec une armée 
nombreuse contre Nicomédie et Nicée, villes de Bithynie', s'avança vers la 
ville impériale et s'empara de l'empire par le glaive. Michel s'en alla au couvent 
qu'il avait bâti : il rasa sa chevelure et se fit moine, et là, il acheva [376J sa vie. 

Isaacius, ayant commencé à régner en l'an 1375 ^, s'avança vers l'Occident et 
engagea un combat violent avec les Pastîqayê ', qu'il vainquit. Il était arrogant, 
magnanime et avare. 

Aussi de son temps, les Turcs parcoururent la région de Mélitène, et firent 
des captifs et du butin dans le Beit Roumayê, sans que personne s'opposât à eux. 

Isaacius, mourut après avoir régné seulement deux ans'. 

En l'an 1377, commença à régner Gonstantinus Ducas, qui était de la province 
de Paphlagonie. 

Celui-ci rebâtit le mur de Mélitène. Il mourut après avoir régné 9 ans^ ; et sa 
femme ^ et ses fils^ gouvernèrent pendant 8 mois. 

A cette époque fut tué le catépan de Mélitène, Krinotès, avec sa femme et ses 
enfants. Et (cette ville) ne connut plus de paix. — Fin. 

En ce temps-là, c'est-à-dire en l'an Ignatius, fils de la sœur du patriarche 

1372*, Gonstantinus, empereur des Ro- Haiyê, fut ordonné métropolitain de 

mains, surnommé Ducas, ordonna de Mélitène. Il était versé dans les deux 

reconstruire les deux murs et le fossé de langues : la nôtre et celle des Grecs, 

Mélitène, pour que les eaux entou- dans les Livres saints de l'Ancien et du 

rassent la ville, dans le fossé, comme Nouveau Testament, et en outre dans 

jadis. Quand le décret de Tempereur les livres profanes : la grammaire, la 

parut et fut connu de quelques notables, rhétorique, la philosophie et les autres 



1. Cf. Hist. du BasEmp., LXXIX, § xiv, xvi. — 2. Il fut couronnné le 2 sept. 1057. — 3. Sic ms. 
Il faut lire ). n \^m°>, Pastinaqùyê, les Patzinaces. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIX, § xxv. — 4. Il 
abdiqua en faveur de Constantin [X] Ducas, qui fut couronné le 25 déc. 1059. — 5. Il mourut en 
mai 1067. — 6. Eudocie. — 7. Michel, Andronic et Constantin. 

8. Sic ms. ; en désaccord avec la date donnée plus haut, mais se rapprochant davantage de 
l'exactitude. Voir la note 4. 



166 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



qui se trouvaient dans la ville impé- 
riale et qui étaient (originaires) de la 
ville (de Métilène), dans laquelle leurs 
parents étaient même ensevelis, ils par- 
tirent et vinrent avec l'édit de l'empe- 
reur. La plupart d'entre eux étaient des 
Syriens orthodoxes. 

Comme le décret de l'empereur était 
très pressant, [376] on rassembla des 
ouvriers, c'est-à-dire de nombreux ar- 
chitectes, du Beit Roumayê et d'An- 
tioche, et ils s'entendirent avec les 
gens de la ville. Les notables qui étaient 
revenus de la ville impériale s'étant 
chargés chacun d'un côté, en peu de 
temps les murs furent admirablement 
rebâtis et achevés. Et, comme les com- 
bats et les pillages, qui les entouraient 
de tous côtés, les tourmentaient et les 
pressaient, ils ne purent rien ajouter à 
l'état' précédent de la ville; mais ils 
bâtirent et terminèrent le mur sur les 
fondements antérieurs. 

A cette époque, le patriarche de' 
Constantinople ordonna de chasser tous 
ceux de notre peuple et (du peuple) des 
Arméniens qui s'y trouvaient et qui ne 
consentiraient pas à leur hérésie. 
Comme il les pressait d'accepter leur 
hérésie et comme ceux-ci ne voulaient 
point y consentir, sur l'ordre du pa- 
triarche on apporta les livres, les mys- 
tères sacrés et tout ce qui se trouvait 
dans les églises^ des Syriens, et ils y 
mirent le feu, dans le forum; ils firent 



arts dialectiques, et aussi dans la tra- 
duction* d'une langue dans une autre, 
comme Mar Jacques d'Édesse et Tho- 
mas d'Héraclée. 11 était simple et droit, 
miséricordieux, détaché au point ^ que 
rien ne restait^ dans sa cellule. 

A cette [376] époque, une persécution 
fut suscitée par les Chalcédoniens 
contre les Orthodoxes : non seulement 
contre notre peuple, mais aussi contre 
les Arméniens qui étaient dans l'empire 
des Romains. Un édit parut, ordonnant 
de les poursuivre s'ils n'acceptaient pas 
leur hérésie : et la persécution était 
très violente et très dure, comme celle 
que les païens suscitèrent jadis contre 
les Chrétiens, Ainsi, tandis qu'au dehors 
les Chrétiens étaient persécutés par les 
déprédations et les pillages des Turcs, 
au dedans ils étaient encore plus oppri- 
més par les Chalcédoniens ; ce que la 
justice ne toléra pas. Que celui qui lit 
comprenne! 

Le patriarche Athanasîus Haiyê fut 
pris, ainsi que les évoques qui l'accom- 
pagnaient. On les enferma dans la de- 
meure du métropolitain', située au-des- 
sus de la ville. Après qu'ils furent 
restés cinq mois en prison, parut l'ordre 
de les conduire à Constantinople. Ils 
partirent donc pour s'y rendre et arri- 
vèrent à 'Arqa ; là, le patriarche Atha- 
nasius acheva sa vie. On le conduisit au 
couvent de Ségara de Mar Aharon, et 
son corps y fut enseveli. 



1, oÙCTia. — 2. ...i^njaû». — 3. Sic ms., au pluriel, mais il faut probablement le singuler; cf. p. 185. 

4. Le mot est en partie effacé; probabl. UoiûS». — 5. lia»1 (BH). — 6. Littér. : « passait la 
nuit », — 7. Du métrop. grec. Même leçon dans la vers. ar. ; Barhébr. (Chr. sjr,, I, 441) dit : 
« daiis le monastère de Mar Abdokos des Grecs, qui était au-dessus de la ville ». 



LIVRE XV. GHAP. II 167 

de même à l'égard [de celles] des Armé- Quand le patriarche fut mort, son 

niens. Ils jetèrent à terre et foulèrent neveu Mar Ignatius, métropolitain de 

aux pieds le corps et le sang consacrés, Mélitène, fut pris, comme il l'écrivit 

ainsi que le saint chrême. lui-même, disant: « Moi, Ignatius, mé- 

Ce très misérable' patriarche ayant tropolitain de Mélitène, je fus pris dans 

fait ces choses, la colère de la justice une persécution violente et cruelle ». 

(divine) l'atteignit» promptement. Le II ne raconte pas par vaine ostentation 

lendemain, sans avoir été malade et sans l'oppression qu'il subit, mais pour que 

qu'aucun accident lui arrivât, il creva nous apprenions, s'il arrive quelque 

sur sa couche et mourut. Et après avoir chose de pareil dans des circonstances 

obtenu ici (-bas) une semblable fin, il est semblables, à ne pas abandonner la 

réservé là (-haut) pour un jugement im- vraie religion et à ne pas perdre la vie 

pitoyable. — Fin. future à cause d'afflictions de courte du- 

rée. 

« Ils nous conduisirent à Gonstantl- 
nople, et nous firent paraître, pour être jugés, devant leur patriarche. Le plus ardent 
à nous accuser était Nicolas de Mélitène j il leur disait : Voici celui qui convertit toute 
la ville à sa confession, parce qu'il est éloquent et muni de science. 

« Le patriarche nous ayant demandé une apologie de notre foi, nous répondîmes 
brièvement : « Nous croyons en la Trinité égale en essence, indivisible, égale en 
puissance et en dignité, dans laquelle il n'y a pas de plus petit ou de plus grand, 
toute adorable, toute souveraine, égale en gloire', sans modalité ni quantité ; le Père 
n'est pas né, [S77] le Fils est engendré, le Saint-Esprit procède. Un de la Trinité 
sainte, le Verbe-Dieu s'est incarné, c'est-à-dire fait homme, sans changement, de la 
Vierge Marie, mère de Dieu. Il est, et on doit le confesser, un seul et même Fils et 
Seigneur Jésus-Christ, égal au Père par son essence, c'est-à-dire la divinité, et égal 
à nous, hommes, par son humanité (n'étant qu')un (formé) des deux ; de la divinité 
et de l'humanité, qui subsistent parfaitement dans leurs propriétés, et, comme l'ont 
dit les saints Pères : « Une seule nature du Verbe incarnée », de même qu'aussi une 
seule personne, la distinction essentielle des (éléments) dont est composé cet un et 
unique Seigneur Jésus-Christ, étant conservée. Il n'a subi ni conversion ni confusion, 
loin de là, car il est demeuré immuable. Cela est évident. Nous recevons les trois 
conciles œcuméniques : celui de Nicée, celui de Constantinople et celui d'Éphèse. 
Mais ceux qui, par une innovation dogmatique, enseignent deux natures, deux 
essences, deux opérations, deux volontés, nous ne les recevons pas. Le sentiment 
des saints Pères suffit, en effet, à la démonstration de toute la vérité. » Et beaucoup 



1. La vers. ar. parait avoir lu : Uo» >«.^ „,. ^oi ^o; elle porte ;^£>^iS!> yi.» ^m. u_^ y;^£^ l»lc 

(»a»>V3 ilolû^, — 2. Lire : oiS»»l. 

3. « asqualis in sede » «rJvBpovo? 



168 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

de questions furent agitées, et, si nous voulions les rapporter, le discours dépasserait 
la mesure. 

« Comme nous ne leur concédâmes pas un seul point, ils nous condamnèrent à 
l'exil dans la montagne appelée Gains', dans la contrée de Macédoine. C'était là, en 
effet, ce qu'ils avaient en vue, et non l'exactitude de la doctrine. Nous y fûmes trois 
ans, et, sous prétexte de discussion, ils nous accablaient de mépris et de toutes les 
vexations. 

« Quand l'empereur Constantinus Ducas mourut, l'impératrice Eudocia ordonna 
de libérer tous les prisonniers qui étaient soit en exil, soit en prison ; car, par suite de 
sa violence (l'empereur) avait jeté en exil la plupart des sénateurs, de peur qu'ils ne 
se révoltassent et ne le chassassent de l'empire. Telle est, en effet, l'inexpérience du 
bien^. On conseilla à l'impératrice de rappeler ceux qui étaient en exil et de déli- 
vrer les prisonniers, pour se conserver l'empire. Et quand ceux qui étaient en exil 
furent libérés, par ordre de l'impératrice, nous fûmes délivrés, nous aussi, et nous 
revînmes à Mélîtène, sans que le patriarche des Chalcédoniens en ait connaissance, et 
sans que nous leur eussions concédé aucune chose, grande ou petite, bien qu'ils nous 
promissent de grandes récompenses. Mais, avec l'aide de Dieu, nous gardâmes la 
foi orthodoxe, sans aucun mélange hérétique. » 



CHAPITRE [III]. — De l'époque du commencement du règne de Bomanus Dio- 
genes, empereur des Romains, gui fut vaincu et pris par les Turcs. Des affaires 
ecclésiastiques à cette époque. 

En l'an 1386, régna sur les Romains l'empereur Romanus, qui est Diogenes. 
11 régna 3 ans et 8 mois*. 

Il fut très dur et violent dans ses jugements, II fît une expédition et vint 
jusqu'à Mabboug, qui est Hierapolis ; il organisa contre elle une violente attaque, 
la prit, et en chassa les faiyayê *. 

La même année, le premier roi des Turcs étant mort', le trône de l'empire du 
Khorasan fut occupé [^78] par Alb-Arslan*, de la même famille'. Celui-ci envoya 



1. Barhébréus: >£aa*l.^i lia^ « dans la moatagae de Gaius, en Macédoine j> ; cf. p. lli, u. 1. 
— 2. Locution obscure. Le sens paraît être : Ainsi en est-il pour ceux qui ne savent pas s'appli- 
quer aux bonnes actions, 

3. Romain IV, Diogène, 1" janv. 1068-août 1071. — 4. Cf. Hist.\du Bas-Emp., LXXIX § lu; 
Matth. d'Édbsse, trad. Dulaurier, p. 161 ; Gesch, d. Chai., III, 112. — 5. Togril-bek mourut en 
1063; Alp-Arslan qui lui succéda était son neveu, — 6. Alp-Arslan 'Izz ed-Dîn Mohammed (1063- 
1072). L'auteur écrit toujours en un seul mot Albarslan; ici le copiste a transposé ArbaUlan. — . 
7, Des Seldjoucides. 



LIVRE XV. GHAP. III 169 

devant lui Soleiman', son parent, pour piller : le sultan lui-même partit à sa 
suite et s'empara du pays des Arméniens. 

Quand l'empereur Romanus, qui est Diogenes, apprit cela, il réunit toutes 
les troupes des Romains, s'en alla [dans] la Grande Arménie, et se disposa à 
attaquer les Turcs. L'empereur Diogenes disait avec orgueil qu'il triompherait 
des Turcs, s'emparerait de leur roi, et le ferait brûler dans le feu. Le roi des 
Turcs se promettait en lui-même, s'il battait les Romains et prenait Diogenes, 
d'user de miséricorde envers lui et de le renvoyer en paix dans son pays. Et 
ces choses furent plus tard dévoilées par un prodige. 

La division survint entre les notables des Romains et leur empereur. Les 
troupes des Arméniens, qu'ils voulaient contraindre à adopter leur hérésie, 
prirent la fuite les premières et tournèrent le dos dans la bataille. Alors, les 
Turcs, par leur bonne entente, vainquirent les Romains. Il y eut dans cette 
bataille un autre fait digne de mémoire. Gomme les deux partis étaient prêts 
pour le combat, Soleiman, cousin* du sultan, demanda à celui-ci de lui confier 
la bataille, tandis que lui-même resterait sur son trône au sommet de la colline. 
Le sultan ayant consenti, Soleiman disposa ses fils, qui étaient douze hommes 
faits, et donna à chacun 1.000 cavaliers ; ils s'armèrent et descendirent pour 
attaquer les Romains. Quand les deux partis furent mêlés dans les combats, un 
certain neveu' du sultan, qui se tenait près de celui-ci demanda à descendre 
aussi à la bataille; mais le sultan ne lui permit pas. Ayant demandé et prié à 
diverses reprises, il obtint la permission et descendit. Il se rencontra avec 
l'empereur; car Diogenes était très fort et courageux, et quoique la plupart des 
grands avec tous les Arméniens venus avec lui l'eussent abandonné et eussent 
pris la fuite, il restait encore lui-même à combattre. Quand l'homme qui 
descendit en dernier lieu rencontra l'empereur, il le frappa et le renversa, 
et comme il se disposait à le massacrer, l'empereur des Romains se fit con- 
naître. Le Turc se réjouit et s'empara de lui. Il l'amenait vers leur roi, quand 
un autre soldat l'ayant vu et l'ayant questionné, le premier lui apprit que cet 
(homme) était l'empereur des Romains; alors ce misérable voulut s'attribuer 
la victoire, il frappa du glaive celui qui avait pris l'empereur, le renversa, prit lui- 
même l'empereur qui était enchaîné et l'amena au sultan. Vers le soir, le sultan 
voyant que son neveu ne revenait pas, envoya quelques hommes à sa 
recherche; ils le trouvèrent gisant, mais pas encore mort. Ils l'amenèrent» 
et Diogenes, l'ayant reconnu, raconta ce qui s'était passé. Alors le sultan 
ordonna de crucifier cet homme astucieux et donna ses biens à celui qui avait 
été frappé iniquement. 



1. Fils de Kotloumis. — 2. Fils de l'oncle paternel ; v. le tableau généalogique à la fin de ce 
volume. — 3. Fils de la sœur. 

III. 22 



170 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Alors, le sultan demanda à Diogenes ce qu'il était disposé à faire à son 
égard au cas où il l'aurait fait prisonnier. Diogenes confessa qu'il voulait le 
faire brûler au feu. Et le sultan reprit : « Et moi, je m'étais promis de te traiter 
avec miséricorde si tu étais pris. Sache donc que [379] Dieu exauce celui qui 
médite de faire le bien ». Ensuite, il le renvoya avec une escorte jusqu'à la fron- 
tière des Romains et l'abandonna'. 

On dit que le sultan Alb-Arslan était juste, et on rapporte de lui beaucoup de 
belles actions. 

Quand les Grecs apprirent que Diogenes était pris, ils établirent pour empe- 
reur Michel*, fils de Constantinus, qui créa César un nommé Iwannis*. Celui-ci 
ayant appris que Diogenes était libéré, lui fit astucieusement un serment; Dio- 
genes ayant ajouté foi à ses serments et étant venu, ils lui crevèrent les deux 
yeux, et il mourut le lendemain*. Ainsi sont les athées dans toutes leurs actions 
de tout temps. 

(Remarque"). — Dans les livres arabes, nous avons trouvé que le nom du sultan qui vainquit les 
Grecs était Abou 'l-Fatah; et aussi que la bataille entre les Turcs et les Grecs se livra près d'Amid. 
Peut-être que son nom était Alb-Arslan, et que ce surnom lui fut imposé par le khalife, lorsqu'il 
devint sultan*. 



Quand l'empire des Turcs commença 
dans le Khorasan, alors que le sultan 
Togril-bek occupait le trône, celui-ci fit 
partir un peuple nombreux de Turcs 
avec le général Basîsârî '. Étant parvenu 
jusqu'à Balas, il y demeura une année, 
puis revint dans le Khorasan. 

Bientôt après, c'est-à-dire en l'an 
1379, il sortit de nouveau et vint jusqu'à 
Berrhoé, qui est Alep. Tel fut le com- 
mencement de l'exode des Turcs dans 
la Cœlé-Syrie et le littoral de la Pales- 



Après la mort du patriarche Mar 
Athanasius', les évoques se réunirent 
dans le couvent de Mar Abhai, qui est 
sur les rives de l'Euphrate ; d'un com- 
mun et unanime accord, ils résolurent 
d'établir dans la charge pastorale de 
l'Eglise Mar Jean ', qui est Josué, l'écri- 
vain, (aussi appelé) Bar âousan, qui 
était un homme prudent et saint, docte 
et instruit non seulement dans les^ 
sciences ecclésiastiques , mais aussi 
dans les sciences profanes, c'est-à-dire 



I. Voir sur le récit de la bataille de Manazgerd, Hist. du Bas-Emp., LXXIX, § lxvi et suiv.;. 
Matth. d'Édesse, trad., p. 169. — 2." Michel VU, Parapinace (août 1071). — 3. Jean Oucas. — 
4. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXIX, § lxxvh, LxxTiit. — 5. Cette note peut être d'un copiste ; mais 
rien ne s'oppose à ce qu'on l'attribue à Michel. — 6, Barhébr., Chr, syr,, p, 242, dit que ce- 
surnom lui fut donné à l'occasion de la prise d'Âni (cf. Matth. d'Édesse, trad,, p. 122). 

7. Âbou 'l-llarith Ârslan al-Basasiri. Barhébr. écrit régulièrement '> ;>^ U&s ; mais la transposition^ 
est déjà ancienne, car la vers, arm. a lu .«^Att^eiiSi Ksisaros (Cf. Hist, Arm, des Croisades, I, 322). 

8. Cf. page 166. — 9. Jean X. 



LIVRE XV. GHAP. III 171 

tine. Ils soumirent toutes ces contrées rationnelles. Il était puissant par la 

par de cruelles dévastations et par le parole et capable de se défendre [378] 

pillage. — Fin. très bien contre les hérétiques. Il était 

orné des vertus et marchait soigneuse- 
ment dans la voie étroite du détachement. 
Quand il fut élu, il ne consentit point, 
et avoua qu'il regrettait beaucoup d'avoir consenti autrefois. Mais quelques saints 
moines lui ayant dit avoir appris par une révélation de l'Esprit de Dieu que (le Sei- 
gneur) avait pour agréable qu'il occupât la charge pastorale de l'Église, il céda aux 
instances du peuple et à la violence légitime des évêques qui l'avaient frappé de cen- 
sures sévères, jusqu'à ce qu'il consentît à son élection. Ils procédèrent à son intro- 
nisation dans le couvent même de Mar Âbhai. 

Il écrivit 24 canons, et décréta qu'ils devaient être observés par lui-même, par 
les évêques et par les fidèles. Quand on les eut lus et entendus, quelques-uns pris 
de crainte en furent scandalisés ; ceux qui craignaient Dieu se réjouirent. Il corrigea 
les évêques relâchés : il déposa et chassa de leurs diocèses cinq d'entre eux ; il 
ordonna h leur place des hommes choisis, auxquels leurs vertus rendaient témoi- 
gnage. Il ne changea rien à la pauvreté de sa vie ni à ses labeurs, mais il domptait 
son corps par les jeûnes et les veilles. Il marchait à pied par les routes, et quand il 
était trop fatigué par la marche de la route, il se reposait quelque temps sur l'âne 
qu'il possédait. Aux autres moments, il faisait monter sur la bête de somme ceux 
des moines, ses compagnons, qui étaient faibles; et le bienheureux marchait avec 
eux en toute humilité cordiale. Il ne cessait jamais d'écrire, au point que même 
pendant la marche de la route, au moment où ils s'asseyaient pour le repos, [S79] il 
était constamment occupé à écrire. Il remplit l'univers de lettres et de volumes 
pleins de saine doctrine, de commentaires et de suaves instructions. Chaque année 
il réunissait les évêques et tenait un synode, comme il est prescrit par les canons ; 
et de bons règlements étaient légalement établis. Il était assidu et appliqué à l'ensei- 
gnement et à la copie des livres. Outre la multitude de livres qu'il écrivit' il 
s'occupa soigneusement de l'enseignement' de Mar Ephrem et de Mar Isaac et le 
recueillit dans un livre qu'il écrivit de sa main, dans sa vieillesse, et qui n'était 
pas encore achevé quand il termina sa vie. Il ordonna dix-sept évêques. 

Il exerça le patriarcat pendant neuf ans. Il habitait dans l'empire des faiyayé, à 
cause de la perfidie des Grecs. Il habita donc à Harran^ à Maipherqat et aussi à Amid, 
où il mourut'. Son corps fut enseveli dans l'église de la Mère de Dieu, dans un sar- 
cophage de marbre, auprès du tombeau du patriarche Mar Jean, son maître et son 



1. Sur ses œuvres, cf. Bibl. or., II, 143, 211, 317. — 2. Barhébréus {Chr. eccl., I, 447) a inter- 
prété ce passage en disant qu'il voulut réunir en un volume les traités (Iîm)») de ces deux docteurs. 
— 3. 27 nov. 1072 (1384 Gr.). 



172 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

précepteur. Que leur souvenir soit en bénédiction et que leur prière nous accom- 
pagne. Amen ! 



CHAPITRE [IV]. — De V époque du commencement du règne de Michel, fils de 
Constanlinus , empereur des Romains. Commencement du second sultanat des 
Turcs dans la contrée du Pont, Sur la perturbation des affaires ecclésiastiques 
à cette époque. Sur Philartus,, arménien de cette époque. 

Les Romains ayant été vaincus parles Turcs, ne purent plus jamais s'opposer 
à ceux-ci. La crainte s'était emparée de l'empereur Michel qui commença à 
régner en l'an 1389'. Il prêta l'oreille à des conseillers lâches et efféminés, resta 
à l'intérieur de son palais royal et ne s'avança pas à l'encontre des Turcs. Il 
envoya de nouveau rassembler le reste du peuple demeuré dans le Pont, elles 
fit passer au-delà' de la mer; les forteresses et les villes que gardaient les 
Romains demeurèrent dans la crainte et la terreur. 

Les Turcs, après avoir remporté celte grande victoire, régnèrent sur toute 
l'Arménie. Leur sultan, Alb-Arslan, qui est Abou 'I-Fatah', qu'ils appellent le 
Juste, envoya son cousin Soleiman dans le pays de la Cappadoce et du Pont, et 
lui donna le pouvoir' de se faire proclamer sultan. Quand il vint, les Romains 
prirent la fuite devant lui. Il s'empara des villes de Nicée et de Nicomédie et y 
régna : et toute la contrée fut remplie de Turcs. Quand le khalife de Bagdad 
apprit cela, il envoya un étendard" et d'autres objets, et lui-même couronna 
Soleiman et le proclama sultan, c'est-à-dire roi, [380] et l'autorité lui fut confir- 
mée. Les Turcs eurent donc ces deux rois : un dans le Khorasan, et l'autre dans 
le Beit Roumayê ; en dehors de ceux de la Margiane. 

A cette époque, en l'an 1396, les Egyptiens se séparèrent aussi du premier 
empire des Arabes. Quoique les Égyptiens fussent de la race des Arabes, 
cependant, à cause de la différence entre la croyance de ceux d'Egypte et de 
ceux d'Assyrie et de Babylonie, ils se séparèrent aussi dans le gouvernement'. 
Le sultan du Khorasan envoya donc un émir nommé Aqsis', de la tribu d'Ortoq', 
qui enleva Damas aux Égyptiens. Il monta et régna sur Jérusalem, toute la Pa- 
lestine, Tyr et Sidon. Et comme les Romains avaient été vaincus, ils s'enfuirent 
aussi devant lui par mer. 



1. Cf. p. 170 n. 2. — 2. Par rapport à l'auteur syrien. — 3. Cf. p. 170. — 4. ayOsvtia. — 5. Lire : 
1,1=. La vers. ar. a omis le mot et traduit : « des présents variés » v^ai^na Hiw. — 6. Allusion à 
l'établissement des Fatimides en Egypte et à leur progrès en Syrie, à la fin du xi'' siècle. — 
7. Atsiz; cf. Gesch. der Chai., III, 124. El-Maçin, Histor. sarac, trad., p. 349 : « Isarus cogno- 
mine Afsysus ». — 8. M s. : « Ortos », pour Ortoq. 



LIVRE XV. GHAP. IV 173 

Soleiman, le sultan qui régnait à Iconium, s'étant aperçu que les Grecs qui 
étaient à Antioche s'étaient affaiblis et n'y restaient que peu nombreux, prit 
trois mille cavaliers, sans bagages, franchit les montagnes, et attaqua (la ville) à 
l'improviste, pendant la nuit'. Ils y tuèrent beaucoup de monde et s'en empa- 
rèrent. Ils firent une mosquée de la grande église de Gassianus. 

A cette époque, en l'an 1396, un émir des Turcs, nommé fanousman', envahit 
le pays de Cappadoce et régna sur Sébaste, Césarée et les autres endroits de la 
contrée septentrionale. De là commença la puissance de la famille des Benê 
Tanousman. 

Tandis que toutes ces principautés prenaient leur commencement parmi eux, 
à la même époque surgit dans ces pays une nouvelle puissance qui germa 
subitement. 

Des brigands, de la race des Arméniens, au nombre d'environ cinquante, s'as- 
socièrent et formèrent une troupe. Profitant de l'invasion» des Turcs, ils 
entraient eux aussi et se livraient au brigandage*. Dans la région de Mar'as, ils 
rencontrèrent un jeune homme, également Arménien, du village de Sîrbaz, 
nommé Philardus^ Voyant qu'il était robuste, astucieux, hardi à piller et à 
tuer, ils l'emmenèrent avec eux et il devint leur chef et leur guide. Et comme 
ces pays étaient restés sans chef, ces Arméniens aussi les pillaient en même 
temps que les Turcs. Ensuite, Philardus s'empara d'une forteresse dans la 
région de Cilicie; un grand nombre d'Arméniens se rassemblèrent près de lui 
et il continua ainsi à s'emparer de la plupart des endroits fortifiés de la Cilicie. 
En apprenant cela ', l'empereur des Romains lui envoya des présents, et ensuite 
Philardus lui-même se rendit à Gonstantinople, et les Grecs se réjouirent à 
cause de lui; ils lui donnèrent une armure d'or, et le proclamèrent « Auguste' ». 
Il partit et régna sur Tarse et Mopsueste; il prit Mar'as, Kaisoum, Ra'ban, 
Édesse, Anazarbus, et entra à Antioche; il se fortifia et pénétra dans le pays 
de Djihan et de Mélitène. Ayant prévalu, il combattit contre les Turcs avec les 
armées des Romains; mais n'ayant pu résister aux Turcs, ce misérable aban- 
donna sa foi, descendit à Bagdad [381J et dans le Khorasan, et se fit musulman. 
Il obtint des lettres du khalife et du sultan des Turcs qui lui concédaient les 
lieux qu'il occupait. Quand il revint, il trouva que les Turcs régnaient sur la 
plupart des pays dont il s'était emparé : il avait perdu sa foi pour la principauté, 
et il était frustré de la principauté ! Il s'en alla à Mar'as, où il mourut. On dit 
qu'avant de mourir il était redevenu chrétien. 

Ge Philardus avait établi comme gouverneur, à Mélitène, Theodoros', fils du 

1. Cf. Hist. du Bas-Bmp., LXXXII, § m. — 2. Mohammed Qoumiâtekia ibn ad-Danismend, — . 
3. Lire : |6>^-»o. — 4. ^g^û^wo. — 5. BH : Philardus ou Philartus, Philaretus Bracbamius; sur ce 
personnage, voir Hist. du Bas-Emp., t. XV, p. 71, n. 1, 198 n. 2 ; et Mattb. d'Édesss, trad., p. 173. 
— 6. Lire >»o*. — 7. CTsêaotôî. — 8. Theodoros ou Thoros : c'est le même nom. Cf. ci-dessous, p. 179. 



174 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

grec Hétom, le même qui fut tué à Edesse. Après celui-ci vint l'Arménien Hareb, 
ensuite Balatianos, puis Gabriel, au temps duquel Bouzan s'empara d'eux*. 

Après la mort du patriarche Mar Jean bar Sousan, il y eut de nouveau du trouble 
et du désordre dans l'Eglise, par le fait de quelques évêques. S'étant rassemblés à 
Hesn-Mançour pour établir un pasteur universel, et n'ayant pu se mettre d'accord 
sur un seul nom, ils résolurent d'user de nouveau du sort. Or, il y avait à cette 
époque un moine nommé 'Abdoun, qui descendait corporellement de la famille des 
saints patriarches Mar Jean et Mar Jean bar 'Abdoun; de plus, il était instruit et 
capable dans la doctrine. Aussi espérait-il [S80] l'office; mais les évêques ne l'avaient 
pas pour agréable, à cause da sa loquacité'; comme il est écrit ; « L'homme loquace' 
est redouté dans la cité ». Cependant^ comme quelques-uns des évêques le désiraient, 
on convint de mettre son nom sur les billets. 

Le sort désigna Basil[ius], moine du couvent de Mar Bar Çauma, et économe de ce 
couvent. Celui-ci se récusa absolument, au point même qu'il arracha sa barbe, afin 
qu'en présence d'un tel défaut ils le laissassent. II était humble, paisible et simple 
de manières. Il redoutait la grandeur de cet office par crainte de Dieu. Mais les 
évêques ne le laissèrent point et, quoique privé de barbe, ils l'ordonnèrent 
patriarche, et il fut appelé Basilius, en l'an 1385, au mois de kanoun ii, à Hesn, 
Mançour. Mar Athanasius d'Edesse lui imposa les mains. 

Ce Basilius ordonna le susdit 'Abdoun, archimandrite du couvent de Bar Gâgai, 
métropolitain de Symnada : et il prit le nom de Jean. Il ordonna aussi Jean métro- 
politain de Tagrit; et tous les deux se montrèrent rebelles, après la mort du 
patriarche, troublèrent l'Eglise et jetèrent la confusion dans sa hiérarchie. Que Dieu' 
les maudisse! — Le patriarche MarBasilius, après avoir exercé le patriarcat une année 
et six mois, mourut à Maipherqat, et son corps y fut enseveli dans l'église. 

Quelques-uns des évêques qui avaient fait l'élection par le sort dirent à "Abdoun : 
« Le sort t'avait désigné ; le chef [681] du synode et tel et tel [firent dispa- 
raître ton nom]'. Celui qui révélait ces choses à 'Abdoun était Siméon de Kaisoum. 
Comme les gens de Mélitène l'avaient demandé pour succéder à Mar Jean, surnommé 



* Le ms. de la version arabe porte ici, en marge, une note dent voici la traduction : « Dans 
d'autres mss. nous avons trouvé que Philardus n'avait pas enlevé aux Turcs les pays et les villes, 
mais les Grecs le firent régner sur elles pour qu'il les leur conservât. Lorsque Soleiman vint à 
Antioche, il l'enleva à Philardus. Et ceci est exact. Aux jours de Soleiman le peuple de notre 
croyance obtint un édit et ils bâtirent deux églises à Antioche : l'église de la Mère de Dieu et celle 
de S. Georges. Les Turcs enlevèrent à Philardus Kaisoum, Ra'bau, les villes du Djihan et d'autres ; 
Mar'as resta en sa possession. » 

1. Lire wL<ua9 (BH). — 2. yXwjctwSti;. EccH., ix, 25 (LXX). — 3. Littér. : Vx illis a Deo ! .— 
4. Lacune de quelques mots (aussi dans la vers. ar.). Barhebr., Chron. eccl., I, 451 : i«ojUa«o u<jo 
ov>a^ uâ^o 01^'^^, 



LIVRE XV. GHAP. V 175 

l'Égyptien, qui était son oncle paternel, tandis que Haiyê s'était empressé d'ordonner 
pour Mélitène Ignatius, son propre neveu*, il gardait de la haine contre Ignatius. 
C'est pourquoi la parole de Siméon fut regardée comme un mensonge; car le chef 
du synode qui avait fait l'élection était mort. Et comme les évêques n'accordèrent 
aucun crédit à la parole de Siméon, comme ils avaient horreur de la dureté et de la 
fierté de Abdoun, ils ne l'acceptèrent point. Or, 'Abdoun rejeta la crainte de Dieu 
de son esprit, et, par l'or qui corrompt ceux qui sont puissants, il remuait toute 
pierre. Quoique plusieurs dépositions eussent été prononcées contre lui par les 
Occidentaux et les Orientaux, il ne rougissait pas, mais il obligeait par contrainte 
les évèques, les moines et les autres clercs à proclamer son nom. Il donna beau- 
coup d'argent au général Philartus, et celui-ci s'empara de dix évêques de la 
région de Mélitène et du dehors, qu'il emprisonna pour leur faire accepter 
'Abdoun. Chacun d'eux paya cent dinars; mais ils ne l'acceptèrent point. 

Jean de Tagrit, voyant le trouble survenu dans l'Église, rejeta lui aussi la crainte 
de Dieu, foula aux pieds les canons et ordonna un évêque pour Nisibe*. Celui-ci 
ayant été frappé de châtiment et étant mort, il en ordonna un autre. Il mit la main 
sur la contrée du four 'Abdin, jusqu'à ce que les moines du monastère de Qartamîn 
s'insurgeassent contre lui. Pareillement, les évêques partisans [de 'Abdoun]', Siméon 
deKaisoum et Athanasius de Samosate, ravirent des sièges qui ne leur appartenaient 
point. 



CHAPITRE [V]. — De Vépoque de Nicéphore et d'Alexandre, empereurs des 
Romains, à laquelle les émirs des Turcs régnèrent. Des patriarches et des 
évêques qui résistèrent, dans l'Église, à 'Abdoun. 

L'empire des Turcs s'était étendu jusqu'en Mésopotamie, en Syrie, en Pales- 
tine, et il se trouvait çâ et là dans ces contrées quelques émirs arabes ; les Turcs 
et les Arabes étaient mêlés comme un seul peuple. Les Turcs régnèrent dans 
les Arménies Grande et Petite, en Cappadoce, [d82] en Bithynie, dans le Pont. 
Ils luttaient continuellement contre les Grecs; chacun des faiyayê* et chacun 
des émirs sortis du Khorasan qui s'emparait d'un pays du territoire des Romains 
obtenait la confirmation de son autorité du sultan du Khorasan, qui s'appelait 
sultan Sindjar', et du khalife de Bagdad, qui était leur chef religieux. 

H se trouva donc, dans la Grande Arménie, un émir de la race de Soqman, 



1. Cf. p. 164. — 2. Cf. Barbubr., Ckr. eccl., II, 303 et suiv. — 3. Le nom a été omis par le copiste. 
4. Lire : i*-^J (ms. : « des Grecs »). — 5. Sindjar, fils de Malik-sah (1118-1157). 



176 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

qui s'appelait en langue persane Sah-Armen'; et en Mésopotamie, d'autres, 
appelés Ortoqayê » ; ceux de la famille de Tanousman (étaient) à Sébaste, à 
Césarée et dans le Pont'; ceux de Soleiman ' à Nicée, à Nicomédie et à Iconium. 

Tel était l'empire des Turcs au milieu des Arabes. 

Dans celui des Grecs, appelés^ Romains, tandis que l'empereur Michel goû- 
tait lâchement une vie de repos, Nicephorus se révoltait contre lui, en l'an 1397 ^ 

Nicephorus, surnommé Botanicius', rassembla une nombreuse armée et vint 
contre Constantinople. Après l'avoir assiégée quelque temps, il y entra, passa 
le peuple au fil de l'épée et arriva jusqu'au palais. Alors Michel sortit à pied, 
portant la couronne dans sa main, et dit (à Nicephorus) : « Prends, et écarte le 
glaive du peuple ; si tu veux me l'enlever, je te la donne sans combat. » [Nice- 
phorus ordonna qu'il fût rasé. Etant devenu moine, Michel termina sa vie dans 
un couvent. 

Nicephorus fit eunuques les deux jeunes fils de Michel et épousa sa femme' : 
aussi fut-il méprisé par tout le monde. Sa valeur l'abandonna et la crainte 
s'empara de lui. Il restait dans son palais et ne sortait jamais pour la guerre. 

Alors le général en chef, Alexis, voyant que Nicephorus non seulement 
régnait illégitimement, mais se conduisait stupidement, et que les affaires de 
l'empire tournaient à sa ruine, forma un complot, avec les grands, pour s'empa- 
rer de l'empire. Il attendait le moment propice. Un jour qu'il se trouvait seul 
près de l'empereur, son frère vint pour entrer, mais les gardes l'en empê- 
chèrent et il y eut du tumulte. Alexis sortit et, en ayant appris la cause, il crai- 
gnit que l'empereur n'eût connaissance (du complot). Il envoya promptement un 
messager auquel il remit une lettre. Il lui ordonna de sortir par la porte de la 
ville, d"en faire le tour, de rentrer par une autre porte et de la rapporter 
promptement à la porte du palais. Quand elle fut lue devant l'empereur elle 
(leur) annonça [383J que les ennemis envahissaient leur pays. Alors l'empereur 
ordonna au général de réunir les troupes et d'aller au devant des ennemis.' 
Grâce à la fausse nouvelle répandue par Alexis, ce qu'il désirait arriva. Il 
emmena les grands qui étaient avec lui dans l'affaire et partit dans un lieu pro- 
pice où ils le proclamèrent empereur. Ils revinrent promptement et rentrèrent 
dans la ville. Personne ne s'opposa à Alexis : il arriva au palais, et Nicephorus 
le quitta. Celui-ci fut récompensé comme il le méritait : il fut rassasié d'injures 
et de mépris '. 

1, Ms. : èah-râmen; il faut transposer : ^ilov», c.-à.-d. «roi d'Arménie ». Ces princes régnèrent à 
Khelat. Le premier fut Soqmân el-Qotbi (1100-1112). — 2. Les Ortocides d'Alep, de Mardin, d'Amid. 
— 3. Cf. ci-dessus, p. 173. — 4. Le ms. et la version arabe portent ,Ai>.oaB» « du sultan »; mais il 
faut peut-être lire ^aAo«j ; cf. ci-dessus, p. 172. — 5. a»i5t|,. — g. Cf. Hist. du Bas-Emp ,, LXXX, 
§ xxxrii. — 7. Nicéphore 111, Solaniate (avr. 1078-avr. 1081). — 8. Marie. Cf. Hist. du Bas-Emp., 
LXXX, § XLV. — 9. Cf. op. cit., LXXX, g lix et suiv. 



LIVRE XV. GHAP. V 177 

Alexis commença à régner en 1400; et à partir de cette époque on doit lui 
attribuer en tout 29 ans, et non pas 38 comme dans les autres livres. Nous 
notons cela et de semblables choses afin de pouvoir montrer l'exactitude dans 
ce qui vient ensuite dans la contexture du discours qui expose la succession 
des temps '. 

Quand les évoques se furent échappés des mains de' Philardus qui voulait les 
obliger à accepter 'Abdoun, qu'ils n'acceptèrent point, ils se réunirent dans le monas- 
tère de Mar Bar Çauma et élirent Lazarus, archimandrite de ce monastère. Mais 
celui-ci refusa absolument et prononça [382] quarante fois l'anathème contre lui- 
même pour ne pas devenir patriarche. Les évoques ne voulant pas que 'Abdoun dominât 
tyranniquement sur l'Eglise^ prirent sur eux d'absoudre la faute de l'anathème et 
contraignirent l'archimandrite d'accepter. Il était connu des princes et de Philardus. 
On lui fit violence et on l'ordonna le dernier vendredi du carême ^ On lui demanda 
de consacrer le chrême, le jeudi des mystères*, mais il ne le put, parce que sa main 
droite était paralysée. Il vécut un an et n'ordonna aucun évêque. Il mourut à Hesn 
Mançour. 

Alors le rebelle 'Abdoun recommença à exciter du trouble. Tous les évêques, 
animés d'un zèle divin, se rassemblèrent de nouveau et déposèrent 'Abdoun comme 
hérétique. Ils écrivirent un volume qu'ils envoyèrent en tous lieux, et proclamèrent 
sa déposition. 

Dans ce synode, on ordonna [le patriarche Mar Jean] ^, à Mélitène^ dans l'église de 
Mar Georges, en l'an 1391. Mar Ignatius de Mélitène lui imposa les mains. Il exerça 
le patriarcat un an et demi, et ordonna 5 évêques. 11 mourut» et son corps fut ense- 
veli dans le couvent de Bârîd. Il était très humble, pacifique et simple de manières. 

En cette année-là, la sauterelle envahit la région de Djihan. Le patriarche sortit en 
rogation avec le peuple , et quand il vit les malheureux qui se lamentaient et les 
enfants qui pleuraient, il fut touché de pitié et, dans la simplicité de son âme sainte, 
il prononça l'interdit contre la sauterelle, lui défendant de détruire les récoltes, mais 
il lui abandonna pour sa nourriture le champ près duquel ils se trouvaient. Et à 
l'instant même, par la permission de Dieu qui domine sur toutes choses, toute la 
sauterelle de la région se rassembla dans ce champ, dévora le champ et sa poussière, 
et y périt. Ce miracle tourna à la gloire de Dieu. Depuis plusieurs générations les 

1. Alexis Comnène mourut le 15 août 1118, après un règne de 37 ans, 4 mois et 15 jours. L'obser- 
vation de l'auteur est motivée par l'état défectueux des tableaux chronologiques. En suppri- 
mant 9 années de règne à Alexis, l'auteur peut placer l'avènement de Jean son fils à l'année 1429, 
qui correspond réellement à l'an 1118. Voir la transcription des tableaux, à la fin de ce volume. 

2. Lire : -'.^ ^ (BH et vers. ar.). — 3. En 1388 des Grecs (1077) ; il prit le nom de Denys [V]. — 
4. Le Jeudi saint. — 5. Lire avec Barhébr. : l3;»;^3 i«a.jj|a.| u;jo i«>ooll.l. Il ajoute : « qui est 
Jean, moine des cellules da pays de Karséna ». Jean XI. — 6. ."-e. 

111. 23 



178 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEiN 

gens du pays prennent de la poussière de ce champ [383] avec foi, et partout où ils 
la répandent, Dieu fait des prodiges, 

A cette époque, le patriarche d'Alexandrie et d'Egypte était le pape Cyrillus'. 

Quand le patriarche Mar Iwannis fut mort, l'audacieux 'Abdoun surgit de nouveau. 
Quelques-uns le soutenaient, disant : « Certes, son élection vient du Seigneur ; car 
les patriarches qui ont été élus et ordonnés sont morts rapidement. » Lui-même 
écrivait et disait : « Ils m'ont laissé, moi source de vie, et sont allés creuser des 
citernes crevassées, incapables de recueillir les eaux *. » Il osa ordonner quatre 
évêques, alors qu'il était déposé'. Les fidèles étaient dans une angoisse intolérable, à 
cause d'une telle ruine de la hiérarchie ecclésiastique. Plusieurs en vinrent jusqu'à 
désespérer, parce que la foi était amoindrie. 



CHAPITRE [VI]. — De l'époque du commencement du règne d'Alexis, empereur 
des Romains, à laquelle le royaume des Turcs s'affermit davantage. Mauvais 
état des affaires ecclésiastiques. 

Au début du règne d'Alexis, empereur des Grecs, qui commença à régner en 
l'an 1400, un homme nommé Tetis * Alb-Arslan Tadj ed-Daulah, qui était Turc, 
régna sur Damas, et mit à mort Aqsis^ 

La même année', à Alep, après Çalih, régna Mahmoud, son fils\ Ceux-ci 
étaient Arabes. 

La même année', un homme nommé 'AU, fils de Mounqid, qui est Abou 'l- 
Hassan% enleva Saizar à un évêque qui l'occupait au nom des Romains. 

En l'an 1404'°, mourut Mahmoud, fils de Naçr, fils de Galih, et ses trois fils 
régnèrent sur Alep, Sabaq, Sabîb et "Atyah. 

La même année, Mouslim fils de Qoreis", marcha contre eux, et après de 
nombreux combats^ leur enleva [384] la ville. 



1. Cf. Rekaudot, Hist, patr. Alex., p. 449. — 2. Jérém., ii, 13. — 3. Cf. ci-dessous, p. 187, 
4. Lire ««^tli (au lieu de u-CSs. : ms. et vers, ar.); Barhébu., Chr. syr., p. 261 : \».LL o$^o^ '^ss^l'. 
Il s'agit de Toutouè, fils d'Alp-Arslan. Cf. Gesch. der CA«^, 111,126; EL-M/ictn, Hist, sarac., 
trad., p. 350. TetiS est la forme arménienoe. — 5. Cf. ci-dessus, p. 172, n. 7. — 6. D'après El- 
Macin, Toutous occupa Damas en 472 Hég. (1079-80); cf. Gesch. der Chai., III, 126, d. 2. — 
7. Lire « son petit-fils ». Voir à la fin du volume le tableau généalogique de cette famille (Mir- 
dasides). — 8. 473 de l'hég. selon El-Macin (1080-81). — 9. Sedîd ed-Daulah abou '1-Hassan, 
■Alî ibn Mouqallad ibn Naçr ibn Mounqid (El-Macin, loc. cit.). — 10. En 467 (1074-1075), selon 
le même auteur. — ■11. àaraf ed-Daulah abou '1-Makarim Mouslim ibn Qoreis al-'Oqaili. Cf. Gesch. 
der Chai., III, 127-130, et H. Derenbourg, Ousâma ibn Mounkid,cliap. I, passim. 



LIVRE XV. CHAP. VI 179 

En l'an 1414», Saraf ed-Daulah vint contre Harran et l'enleva au qâdî, c'est-à- 
dire au juge, qui la gouvernait, et il le tua. 

La même année Saraf ed-Daulah, fils de Qoreis, s'avança contre Damas et 
l'enleva à Tadj ed-Daulah, fils de Soleiman, le Turc qui y régnait. 

La même année^ Saraf ed-Daulah, fils de Qoreis, alla prendre Antioche que le 
Turc Soleiman, fils de Qotloumis', avait enlevée peu auparavant à Saraf ed- 
Daulah, fils de Qoreis. 

Alors le sultan Abou '1-Fatah' monta et reçut volontairement Alep de Malik, 
fils de Salim% auquel il donna Qal'a Dja'bar, dont il s'était emparé par le 
glaive après avoir tué Sâbaq son seigneur. 

A cette époque, les Turcs s'emparèrent de Tarse, de Mopsueste, d'Anazar- 
bus et des autres villes de la Cilicie. 

A cette époque, l'empire des Grecs était opprimé de toutes parts. 

A cette époque les Romains, c'est-à-dire les Francs, sortirent du pays de 
Rome, vinrent contre l'empereur Alexis, et attaquèrent Gonstantinople pour 
l'enlever aux Grecs^ Tandis qu'Alexis était enfermé et attaqué par les Francs 
dans la ville impériale, les Turcs et les Arabes dominaient et régnaient sur le 
reste des provinces. 

Il y avait à Mélitène un gouverneur' grec, nommé Gabriel, qui y avait été éta- 
bli par Philardus. Quand Philardus mourut', Gabriel y régna; et lorsqu'il vit que 
les Turcs avaient vaincu les Grecs, il envoya sa femme à Bagdad, et elle lui 
rapporta du khalife des faiyayê un- édit qui lui concédait la principauté de 
Mélitène. 

A Édesse était Theodorus' fils de Hetotn. 

Quand l'émir turc Al-Farîdj'" vint à Mélitène, en l'an 1406, Gabriel le trompa : 
il le prit (avec lui) et partit pour Édesse; là, il lui fit boire un poison et le tua. 
Celui-ci étant mort, Gabriel prit les Turcs, les amena jusqu'à Mélitène et les 
trompa : il entra dans la ville, comme pour la leur livrer; il les laissa dehors 
et ferma les portes. [38o] Ceux-ci se donnèrent pour chef l'un d'entre eux, 
nommé Tâwit"; ils dévastèrent le pays et assiégèrent la ville. Alors arriva 
Tanousman, de Sébaste, qui fit la paix entre eux. 



1. Donc dix ans après le fait précédent, ce qui nous reporte à 1084-85 (477 Hég.). L'erreur de con- 
cordance provient sans doute de l'établissement défectueux des tableaux chronologiques. Cf. Matth. 
d'Édesse, trad. Dulaurier, p. 186. — 2. En 478 (juin 1085) ; cf. Gesch. der Chai., III, 130 ; Matth. 
d'Éd., p. 190 ; Hist. du Bas-Emp., LXXXII, § m, iv. — 3. Ms. : Qtruks; BH : '«-adi.Cvo ; vers, ar, ; 
'«"oi-fro, — 4. Cf. p. 170. — 5. Aussi de la famille des 'Oqailites. Voir le tableau généalogique à 
la fin de ce volume. — 6. Cf. Hisi, du Bas-Emp., LXXXIII, § xttv. — 7. -fiYEiitiv. — 8. Cf. ci- 
dessus, p. 173. — 9. Theodoros ou Thoros, fils de Héthoum, cnropalate; cf. Matth. d'Éd., p. 210. 
— 10. Matth. d'Éd. [loc. cit.): « le sultan Alph'ilag, qui descendait de Koutoulmisch. « — 
11. Forme arménienne du nom David, 



180 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 1393, dominait à Mélitène, 
un Turc nommé Qouril'. 

Il y eut une famine et on vendait deux 
litre de pain pour un dinar, et pareille- 
ment deux litre de vin pour un dinar*. 
II y eut un tremblement de terre la 
même année, et 86 tours du mur d'An- 
tioche s'écroulèrent'. 

En l'an 1396, il y eut un tremblement 
de terre à Constantinople, et des 
myriades de gens furent suffoqués. 

En l'an 1407, tandis que le Grec 
Gabriel dominait à Mélitène, il tua par 
[le poison]* le prince Abou Salem, pa- 
rent des bienheureux Benê Abou 'Im- 
rân', et Bar 'Oqail°. 

En l'an 1408, le 28 du mois de nisan, 
Gabriel massacra huit marchands hono- 
rables, véritables fidèles, hommes glo- 
rieux : Bar Çauma, fils de [S84] Dai- 
raita, et ses deux fils, Georgius de 
Hatna et ses deux fils, Basilius de Hawa 
et son fils, et Abdallah de 'Arqaya, [et 
Sahda, diacre de Tantini, et il prit 
de leurs maisons et de celle d'Abou 
Mançour, fils de Malka, de l'or, de l'ar- 
gent et des objets ; et de l'église de 
l'évêque il prit des croix, des encen- 
soirs, même le vase du chrême et tout 
le trésor. Il démolit des maisons et re- 
bâtit la forteresse et le mur. 



nirent et jetèrent les sorts, à Qaramis, 



A cette époque une autre attaque fut 
suscitée contre l'Eglise par Marcus, 
archimandrite du monastère de Bârîd, 
qui possédait la richesse méprisable des 
savants. Quand il vit les ordres de 
l'Église troublés par les attaques de 
'Abdoun, il se mit à l'attaquer lui aussi; 
il donna à Philartus trois mille dinars, 
deux mille des siens et mille du couvent. 
II prit de force deux évêques, dont l'un, 
celui de 'Arqa, s'était emparé illégiti- 
mement du diocèse de Djihan. Celui-ci 
fit Marcus patriarche sur l'ordre de Phi- 
lardus, afin qu'ildevienneson défenseur. 
Tous les évêques, avec JeandeTagrit, 
méprisèrent Marcus comme 'Abdoun, 
et après que l'Eglise eut passé six an- 
nées dans le trouble, les évêques se 
réunirent [804] et choisirent entre deux 
maux le moindre : ils acceptèrent Mar- 
cus de peur que le rebelle 'Abdoun ne 
•fût accepté. Sur les instances de Jean 
de Tagrit, à qui Nisibe avait été attri- 
buée ', Marcus fut accepté et prit le nom 
de Dionysius '. 

Il exerça le patriarcat un an et sept 
mois. Il ordonna dix évêques. Il mou- 
rut et fut enseveli dans le monastère de 
Zarnouqa, qui est dans la région de Mé 
litène. Alors 'Abdoun se précipita de 
nouveau pour ravir le patriarcat ; mais 
les évêques ne l'acceptèrent point. 
En l'an 1401, les évêques se réu- 
forteresse de la région de Mélitène. Le sort 



1. Ms. et veis. ar. : Qerâoul; mais le nom est peut-être à lire ^^Noû ; Khouril est la transcription 
arménienne de Gabriel, Il s"agit du même personnage, — 2. Mattb. d'Ed. rapporte cette famine 
à l'année 528 des Armén. (1079-80). — 3. Selon Matth. d'Éd., en 540 des Armén. (1091-92). — 
4. Lacune d'un mot dans le ms. Lire l»«» »»= (BH) ; vers. ar. : « dominait grâce aux Turcs, et il 
tua le prince... ». — 5. Cf. p, 145. — 6. Sur cette famille, cf. Gesch der Chai., III, 29 et 92, n. 1. 

7. Ci, ci-dessus, p. 175. — 8. Denys VI. 



LIVRE XV. CHAP. VI 181 

véridique fit sortir Abou '1-Faradj, moine du monastère de Mar Bar Çauma, qui, par 
sa naissance, était originaire de la ville d'Aniid, en Mésopotamie; mais il avait grandi 
et fait son éducation à Mélitène, et avait fait profession dans le monastère d'où il 
fut appelé. Lorsqu'il fut élu, il ne voulut pas accepter. Les évêques prononcèrent 
contre lui l'interdit, et il fut sous cette censure pendant 9 mofs. Il refusait à cause 
du trouble excité dans l'Église par "Abdoun. 

Quand les évêques virent qu'il ne cédait pas. ils le firent amener de force par 
le gouverneur de Mélitène, un Grec nommé Gabriel, et son ordination eut lieu à 
Mélitène dans l'église du Cursor, le dimanche l" de kanoun i (déc.) de l'an 1402'. 
Timotheus de Tell Patriq, qui était le président du synode, lui imposa les mains 
(en présence) d'Ignatius de Mélitène même, d'Iwannis de "Arqa, de Basilius de 
Lâqabîn, et d'Iwannis d'Arsamosate. 

'Abdoun courut de nouveau trouver Gabriel et promit de lui donner deux mille 
dariques, s'il voulait défendre de recevoir Athanasius^. Gabriel, qui avait eu connais- 
sance de l'ordination [d83] d'Athanasius, qui avait eu lieu dans la ville, chassa 
'Abdoun. Il s'attendait à ce que le patriarche, en l'apprenant, vienne le saluer et lui 
apporter des présents de remerciment. Le patriarche n'ayant pas fait ce qu'il espé- 
rait, il en fut scandalisé et l'envoya chercher de force au couvent de Mar Bar Çauma. 
Lorsqu'il arriva h la porte de sa demeure, Gabriel lui-même sortit à sa rencontre et 
demanda a recevoir sa bénédiction, ce que le patriarche ne voulut pas; mais il dit : 
« Tu es Grec, et nous sommes Syriens ». C'est pourquoi le préfet s'irrita, et, sur son 
ordre, le patriarche fut enfermé dans la maison d'une courtisane, comme par mépris. 
Alors, le patriarche ordonna de fermer les églises, et de ne pas sonner les cloches 
jusqu'à ce qu'ils l'aient fait sortir de prison. C'est pourquoi les vrais fidèles recueil- 
lirent de l'or entre eux et donnèrent au maudit Gabriel 400^ dinars. Le patriarche 
sortit et revint au couvent de Mar Bar Çauma, 

Récit concernant Pesqîn. — En ce temps-là commença la construction du cou- 
vent de Pesqîn, de cette manière : 

Il y avait dans le monastère de Mar Abhai des ascètes vertueux, Rabban David et 
se» compagnons, qui menaient la vie de pauvreté dans ce monastère, qui excellaient 
en bonnes œuvres et avaient mérité les révélations et le don des miracles. 

Le grand vieillard Plotinus* était venu [du pays"] de Karséna et avait pratiqué la 
vie de pauvreté dans le couvent de Mar Bar Çauma. Rabban David et ses compagnons 
étaient dirigés par son conseil. Or, le vieillard leur donna des ordres et leur fit 
connaître qu'il avait eu du Seigneur une révélation au sujet d'une grotte située sur 



1. l6r déc. 1090. Date exacte. II prit le nom d'Athanasius. — 2. Athanase VII. — 3. Barhébr. 
et vers, ar, : « quatre cents »; lire 1. (=: 400) au Heu de «i (^= 9). La même confusion s'est déjà ren- 
contrée ; cf. t. II, p. 483, n. 4. — 4. Vocalisation conjecturale ; Âbbeloos et Lamy « Palutianus » 
(Ckr. eccL, l, 480).— 5. U.p, \iL\ ^ (BH). 



182 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

les rives de l'Euphrate, dans le voisinage de laquelle était autrefois le monastère 
qui était appelé monastère des Samîtayê, et que cette grotte devait devenir un 
couvent pour des moines vertueux. Ils y montèrent et y habitèrent dans une cellule; 
par la pratique des œuvres admirables de la veille, de la station, du jeûne, de la 
prière continue nuit et jour, ils égalaient les anciens (moines) ; la guérison était pro- 
curée par eux aux malades et à tous ceux qui demandaient avec foi. 

Le fils du gouverneur du pays, un jeune homme qui était possédé du démon, vint 
le trouver. Ayant été guéri, il se fit moine ; et sa mère elle-même se fit religieuse et 
parvint en peu de temps à un si haut degré de perfection que beaucoup d'infirmes 
ou de possédés des mauvais esprits étaient guéris' par ses prières. Pareillement, 
Rabban Basilius reçut de Dieu le don de guérison et des révélations. 

Ensuite, Dionysius de Mélitène, et Sa'îd et Abou Ghalib, fils de Çabouni, voulurent 
excommunier ' les moines de Pesqîn et le vieillard Plotinus, sous prétexte qu'ils 
cachaient en eux-mêmes l'hérésie des Messaliens. Quant aux révélations, surtout 
celles que le vénérable Plotinus recevait relativement aux gens qui venaient au cou- 
vent et grâce auxquelles il disait : « Tel péché a été commis par celui-ci, tel par celui- 
là, » ils prétendaient qu'elles étaient faites par les démons. Mais le patriarche Mar 
Athanasius n'approuva pas le sentiment de ceux-ci ; « car, disait-il, Satan, en trompant, 
fait périr Tesprit et le corps, mais ne peijt édifier; et puisqu'ils sont parvenus à la 
perfection des anciens, dans l'esprit et le corps, cette faveur leur vient de Dieu >>. Et 
nous sommes aussi de son avis. 

Après Rabban David, Rabban Habacuc devint supérieur du couvent ; il bâtit l'église, 
et observa les règles qu'avait établies Rabban David de ne posséder ni vigne, ni 
champ, ni ruche d'abeilles, et de ne rien demander à personne, avec d'autres 
belles choses. — Fin. 



CHAPITRE [Vil]. — De l'époque de Vexode des Francs qui régnèrent à Jéru- 
salem. De là descente du patriarche Athanasius à Bagdad.^près du khalife. 

Comme les Turcs régnaient dans les pays de Syrie et de Palestine, ils infli- 
geaient des maux aux chrétiens qui allaient prier à Jérusalem, [S86] les frap- 
paient, les pillaient, prélevaient la capitation à la porte de la ville et aussi au 
Golgotha et au Sépulcre ; et en outre, toutes les fois qu'ils voyaient une cara- 
vane de chrétiens, surtout de ceux (qui venaient) de Rome et des pays d'Italie, 
ils s'ingéniaient à les faire périr de diverses manières. Et quand des gens innom- 
brables eurent péri de la sorte, les rois et les comtes furent pris de zèle et sor- 
tirent de Rome ; des troupes de tous ces pays se joignirent à eux, et ils vinrent 
par mer jusqu'à Constantinople. 

1. ,j^|£sio. _2. v?'»i'>0' (BH). 



LIVRE XV. CHAP. Vil 183 

Alexis, empereur grec, leur interdisait le passage, et ils résolurent d'enlever 
la ville aux Grecs. Ils furent occupés à lutter avec les gens de Constantinople 
pendant 7 ans, depuis l'année 1401 jusqu'à l'année 1408. 

Du temps que les Francs assiégeaient Constantinople, Antioche s'écroula dans 
un tremblement de terre, et on découvrit, au milieu des fondations d'une des 
tours qui s'étaient écroulées, une vaste maison souterraine dans laquelle se trou- 
vaient de grandes images d'airain, figurant des Francs montés sur des chevaux, 
revêtus et munis d'armes, de lances, de glaives etc., tous d'airain; ils étaient 
retenus et enchaînés par des chaînes de fer. Le sultan turc Aghousian' ordonna 
d'interroger et de s'informer à leur sujet, et comme il ne se trouva personne 
qui connût leur raison d'être, ni aucun écrit qui l'exposât, ils pensèrent que 
c'étaient des idoles qui étaient adorées par les païens. C'est pourquoi, sur 
l'ordre du sultan, elles furent toutes brisées. Ensuite il se trouva une vieille 
femme aveugle qui disait : « J'ai entendu dire aux anciens* qu'il y avait sous 
telle tour des talismans contre le peuple des Francs, pour les empêcher de sor- 
tir et de traverser la mer ». Et quand le gouverneur eut lui-même appris ces 
choses de la bouche de cette vieille, il se repentit de les avoir brisées, et il lui 
dit : « As-tu entendu dire comment ils ont été fabriqués? Est-il possible de les 
refaire? » Et quand elle eut répondu : « Non, » ils la frappèrent et la tuèrent. 

Les Francs, après avoir traversé la mer, se réunirent tous et promirent au 
Seigneur que, s'il leur était donné d'entrer à Jérusalem, [887] ils vivraient en 
paix avec toutes les confessions des chrétiens, et donneraient des églises et des 
couvents à chacune des nations qui confessent le Christ. 

Cependant, Soleiman fut tué par le turc Alb-Arslan'. 

Les Francs qui vinrent à Antioche étaient deux rois et sept comtes: Boé- 
mond* et Tancrède^ rois; Roger', Boémond\ Baudoin', Josselin", Galeran'", 
Godefroy" et Saint-Gilles '^ 

Quand ils mirent le siège contre Antioche, Theodoros, fils de Hétom, qui gou- 
vernait Édesse" après le meurtre de Bouzan'*, l'apprit; il envoya un message aux 



1. Baruébu. {Chr. syr., 284) : ^.^^^ Gaïsagan; Matth. d'Édesse : Agh'ousian; Guill. de Tyr : 
Acxianus ; les auteurs arabes : Bagki-Syan. — 2. Wt-o . — 3. Il se suicida dans la guerre avec 
Toutous ; cf. Gesch. der Chai,, III, 130. Hist. du Bas-Emp,, LXXXII, § iv. — 4, Le texte porte 
« Mamoun », vp»!-» pour >?Mr>=; la confusion est ancienne et se trouve déjà dans la vers, armén. (Lan- 
GLOis, p. 296), et dans la vers, arabe. — 5. En syriaque Tangrt. — 6. Syr, : Rogel ; frère de 
Boémond. — 7. Répétition. Matth. d'Edesse nomme Robert (de Normandie). — 8. Syr, : Sag- 
douin; Matth. d'Edesse nomme les deux Baudoin (Baudoin de Boulogne et Baudoin du Bourg). 
— 9. Syr. : Gosselin. Josselin de Courtenay. — 10. Cousin de Josselin. — 11. Godefroy de Bouil- 
lon. — 12. Ms. ; Slgs. Vers. arm. : Salkès. Probablement une déformation du nom « Saint-Gilles » 
(ordinairement '^.^f"). Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse. — 13. Cf. p. 174, et 179. — 
14. En 1094. Cf. Gesch. der Chai,, III, 140. 



184 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Francs et promit de livrer cette ville au duc Godefroy. Ils se réjouirent beau- 
coup, en disant : « De même qu'Edesse a cru dans le Christ avant Jérusalem, 
ainsi elle nous a été donnée par le Christ Notre-Seigneur avant Jérusalem. » 
Godefroy envoya donc son frère Baudoin, qui régna sur Edesse '. 

Les Francs attaquaient Antioche depuis neuf mois; dans la ville, les chefs des 
Turcs étaient Qasiân et Aghousian'. Gomme ils étaient réduits à l'extrémité, 
Aghousian sortit pour aller à Alep ; quelques Arméniens tombèrent sur lui sur 
la route, coupèrent sa tète et la portèrent aux Francs. Alors, deux autres Armé- 
niens, qui étaient frères et avaient été établis comme gardiens dans l'une des 
tours de la montagne, descendirent pendant la nuit, firent un pacte avec Boé- 
mond et lui livrèrent la ville'. 

Le sultan, qui régnait dans le Khorasan*, en apprenant que les Francs étaient 
venus contre Antioche, envoya 100 mille cavaliers avec Kourabagad^ et, le jour 
même où les Francs entrèrent à Antioche, les Turcs arrivèrent à Bagras. Quand 
ils virent que la forteresse ^ c'est-à-dire la citadelle, était encore aux Turcs, ils 
assiégèrent la ville, et les Francs furent opprimés par la famine au point qu'ils 
mangèrent leurs chevaux. Ils eurent recours à la prière; alors le roi Tan- 
crède eut une vision. Ils ouvrirent un endroit de l'église de Cassianus où ils 
trouvèrent les clous de la croix de Notre-Seigneur, dont ils firent une croix, et 
la pointe de la lance'. Us les prirent et s'avancèrent contre les Turcs. Et Dieu 
donna la victoire aux Francs ; les morts remplirent la terre, car ils poursuivirent 
les Turcs jusqu'au déclin du jour. Quand les Francs régnèrent sur Antioche, les 
Turcs s'enfuirent de toute la Mésopotamie, [et vinrent] ' à Ma'arah et à Saroug, 
qui étaient aux fils de "Oteir'. 

[388] Avant l'expédition des Francs, les Égyptiens étaient montés et avaient 
enlevé '" Jérusalem aux Turcs ; et quand les Francs arrivèrent ils s'emparèrent 
d'abord parle combat de Joppé et montèrent ensuite contre Jérusalem; dans 
cette ville était l'Egyptien Afdhal " ; ils dressèrent une tour de bois entre la porte 
orientale et celle [de Saint]-Etienne, et ils s'emparèrent de la ville au mois de 



J. Baudoin de Boalogae prit possession d'Édesse en 1098. — 2. Les deux noms désignent pro- 
bablement un seul personnage; cf. p. 183, n. 1. — 3. Sur le siège d' Antioche, cf. Hist. du Bas-Emp., 
LXXXIV, § viii; Matth. d'Édesse, trad. p. 216, 221 ; Gesch. der Chai., III, 165. — 4. Tourkiarouq. 

— 5. Kourahagad; arm. : Gourabagh'ad (Matth. d'Éd., p. 221); Guill. de Tyr : Corbagath. Selon 
Brosset {Hist. du Bas-Emp., t. XV, p. 352, n. 1) le mot arménien est la transcription du titre curo- 
palate; mais il est certain qu'il désigne ici le général Kerboga. — 6, l|a».t». La citadelle d'Antioche. 

— 7. Tel est le sens primitif; mais l'auteur paraît avoir compris « dont ils firent une croix et une 
pointe de lance ». — 8. Supp. ; oi-lo; ar. : w;-mi\ loilo. — 9. Émir arabe d'Édesse. Cf. Matth. 
d'Éd , trad., p, 46-47; armén. : Oudair. — 10. Lire : woimjo; vers. ar. : lo_,alo. — 11. Ms. : Fâdhl; 
transposer -^31 (BH : ^j9|) Afdhal, fils de Bedr ed-Djamali ; cf. Gesch. der Chai., III, 174. 



LIVRE XV. CHAP. VII 185 

tamouz (juin.) de l'année [1410J', la deuxième de leur expédition. Une multitude 
d'Arabes furent tués dans la ville, et elle fut remplie de cadavres, surtout le 
temple de Hélicôn», qu'on appelle Sakra'. Ils firent brûleries morts dans le feu. 
Le premier roi des Francs qui y régna fut Godefroy, pendant deux ans. 
Ensuite régna Baudoin*, [dix-]sept ans'. 

Jusqu'à l'époque de l'empereur Alexis Au mois de tesrin i (oct.) de l'an 

notre nation avait une église à Constan- 1406, mourut Ignatius, métropolitain de 

tinople et les Arméniens une autre; et Mélitène, l'écrivain. A sa place, Mar 

dans chacune d'elles se trouvait un Athanasius ordonna Sa'îd bar Çabouni', 

prêtre et une corporation [S86] de négo- [S86] capable par la doctrine et écri- 

ciants séculiers et autres. Un prêtre vain illustre dans notre langue et dans 

syrien s'y rendit, d'Antioche; comme le celle des Grecs. 

prêtre de notre église, qui était de Sym- 11 fut ordonné en la fête de l'Ascen- 

nada, ne l'accueillit pas, Satan entra en sion de cette année \ à Qanqrat', dans 

cet homme, et il alla dire aux Grecs : la région d'Amid. Il fut appelé Jean. 

« Ces Syriens et ces Arméniens qui Gomme son élection avait eu lieu sur 

sont dans votre ville ont commerce avec les instances^ de Gabriel, il vint et entra 

les Turcs. ))Et l'empereur fut irrité ; sur dans la ville au moment où elle était at- 

son ordre les deux églises furent incen- taquée par les Turcs; et le jour même 

diées et les prêtres chassés, et le reste où il y entra les portes en furent fer- 

du peuple devint pour la plupart héré- mées et le sultan d'Iconium^ Kilidj- 

tique. — Fin. Arslan '°, vint y mettre le siège. 

Gabriel disait au vénérable (évêque) 
de se tenir avec lui dans la surveillance 
des gardiens, et le bienheureux y apportait son soin de tout son pouvoir et encoura- 
geait le peuple. 

Alors, un officier" noble, qui était avec le sultan, fut envoyé comme ambassadeur; 
il s'approcha et demanda que le vénérable lui-même se penchât et écoutât ses paroles. 
Alors, sur l'ordre du gouverneur, le vénérable monta, tandis que Gabriel se tenait 

1. La place du chiffre est en blanc dans le ms. ; 15 juillet 1099 (492 Hég.). — 2. Sic ms. et vers. ar. ; 
BH interprète : ^<»ài.*» « de Salomon » — 3. Lire : |p«; BH : «P.. Le mot Hélicôn, que l'auteur 
paraît considérer comme un nom propre, est, je crois, dérivé de tkii avec le sens de « voûte » ; c'est 

l'équivalent de l'expression arabe Js^| îuJ, qui désigne la mosquée d'Omar. — 4. La ville fut 
remise à Godefroy aussitôt après sa prise; il ne porta pas le titre de roi. Baudoin I'^', son frère, 
régna de 1100 à 1118. — 5. Lire ^• d'après BH et la vers, arménienne. Ms. et vers. ar. : 7 ans. 
6. Cf. Wright, Syriac Literatur,^. 227. — 7, 22 mai 1096 (cf. p. 186, n. 3). — S. Barhébr., dans 
le ms. du Vatican, ajoute : « dans le monastère du prophète Élie » {Bibl, Or., II, 211). — 9. Lire 
Im. '^-i ^ '^•ftao. — 10. Ici et ailleurs notre ms. et la vers, ar., par suite d'une confusion graphique, 
portent ^^o mtg au lieu de '.^*, qlig (^Kilidj). — il. Le mot peut signifier minister ou diaconus. 
III. ' 24 



186 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

près de lui, dans une cachette, et écoutait. L'officier dit : « Le sultan vous fait dire 
de lui livrer la ville, et il vous accordera la paix et des bienfaits; sinon, il l'empor- 
tera par l'épée, et Dieu vous demandera compte de votre sang et du sang de tout le 
peuple ». Le vénérable (métropolitain) répondit et dit à cet officier : « Neplaisantepas'. 
Personne jusqu'ici n'a pu prendre cette ville par la guerre, et on ne le pourra jamais . 
Elle a du pain pour dix ans et plus. » Et il congédia l'officier avec cette réponse. 
Le vénérable se détourna et dit à Gabriel : « Maintenant tu as entendu, seigneur, ce 
qui a été dit? Il convient donc de nous livrer volontairement ». Et quand Gabriel 
entendit cela il commença à détester le vénérable (évêque), et les Grecs, de la con- 
fession de Gabriel, regardaient d'un très mauvais œil le vénérable, parce que quand 
les Francs^ apprirent qu'il les couvrait de honte par sa doctrine, [387] ils l'accu- 
saient* continuellement de vouloir livrer la ville aux Turcs. 

Un vendredi le vénérable se trouvait sur le mur; à l'office de trois heures il récita 
l'hymne de la Croix : Son enseignement véritable...', et tout le peuple gémissait. 
Gabriel et les Grecs, voyant combien le peuple lui était attaché, prirent la résolu- 
tion de le tuer. Quand il descendit du mur, on lui parla d'un fidèle que Gabriel avait 
condamné à mort. Le vénérable courut, accompagné de prêtres, intercéder pour ce scé- 
lérat afin qu'il ne soit pas exécuté. Ils trouvèrent le misérable Gabriel qui était sorti 
dehors, entre les deux murs : il était à cheval, et des piétons l'environnaient. Alors 
le vénérable évêque se mit à supplier en disant : « Aie pitié, ô prince béni, aie pitié 
des malheureux! On tue au dehors, qu'on ne tue pas à l'intérieur ! » Comme le scélé- 
rat avait médité dans son cœur de mettre à mort l'évêque, il dit : « Et toi! un tel, 
tu veux donc livrer la ville aux Turcs? » Et alors, irrité, il donna ordre à un 
de ceux qui portaient des lances et dit : « Frappe ! » Mais comme celui-ci n'osait 
frapper, il prit lui-même la lance dans sa main, frappa le saint à la tête et le tua, le 
vendredi 4 de tamouz ['juill.) de l'an 1406*. 

Les prêtres qui étaient là s'enfuirent et se dispersèrent : toute la ville fut agitée, 
des groupes se rassemblèrent là où avait été couronné le saint évêque. Gabriel le 
meurtrier craignit en voyant le peuple s'assembler. Sur son ordre, on emporta 
l'évêque dans un jardin et on le cacha dans les roseaux. Deux jours après on fit 
ses funérailles, et son corps fut enseveli dans la grande église du Cursor. 

Le patriarche Mar Athanasius ne pouvant gouverner sans crainte les affaires de 
l'Église, à cause des entreprises du rebelle 'Abdoun, fut forcé de descendre à 
Bagdad et de paraître en présence du khalife Abou Dja'far. Il rapporta des lettres 



1. BH (p. 262) : ioo9i. H « ne dis pas des choses futiles »;ms. ; •audl. H « ne décrète rien»; vers, 
ar. : >31- H « ne radote pas ». — 2. Sic ms. — 3. ,ji3| v«oioiï-o. — 4. Le 4 juillet 1096. De ce passage 
et de plusieurs autres, signalés plus bas, il résulte que la chronologie de l'auteur suivi ici par Michel 
(sans doute Ignace de Mélitène), mettait seulement 310 ans de différence (et non 311) entre l'ère des 
Séleucides et l'ère chrétienne. Cf. p. 195, n. 4; 196, n. 1; 206, n. 3; etc. 



LIVRE XV. CHAP. VIII 187 

pour tous les chefs qui tenaient l'administration de l'empire en Assyrie, dans le 
Djézireh, dans la Mésopotamie, dans toute la Syrie et la Cappadoce, pour les 
Arabes et pour les Turcs, afin qu'ils donnassent ordre de recevoir Athanasius et de 
chasser 'Abdoun. 

Or, le rebelle 'Abdoun ordonna quatre évêques ; Iwannis de Tell Hamdoun, qui 
fut dévoré par des chiens ; Abdochus de 'Arqa, qui fut chassé et devint hérétique ; 
Ignatius de Mardê, qui fut reçu après avoir fait pénitence; et Bar Khoriza', qui se fit 
musulman à Amid. 



CHAPITRE [VIII]. — De Vépoque à laquelle les Turcs s'emparèrent de Mélitène 
pour la première fois ; du massacre de Gabriel et de Bar Hetom, et coinmence- 
ment du règne de Kilidj-Arçlan^ ; construction du mur de Kaisoum. Des événe- 
ments ecclésiastiques de cette époque. 

Lorsque Soleiman, le premier des Turcs qui régna à Iconium, eut été-tué, il 
eut pour successeur Kilidj-Arslan, qui le premier vint à Mélitèue, quand s'y 
trouvait ce Gabriel qui tua alors l'évêque. 

Quand Kilidj-Arslan apprit que [les Francs] ' s'avançaient, il abandonna 
Mélitène pour aller garder son pays. 

Alors, Tanousman vint de Sébaste, Pendant trois années, il venait l'été, 
dévastait le pays, dévorait lés récoltes et s'en allait pendant l'hiver. 

A l'intérieur, Gabriel, plus que les Turcs, maltraitait les pauvres. Quand 
Theodoros fils d'Hetom, curopalate, [389] eut été tué par les habitants d'Édesse*, 
les Francs arrivèrent et régnèrent à Édesse, et Gabriel s'efforça de faire venir 
ces Francs et de les introduire à Mélitène. 

Il y avait à celte époque des Arméniens qui, depuis le temps de Philardus, 
occupaient certains lieux. L'un d'eux était Kogh-Basil% qui occupait Kaisoum 
et Ra'ban. De son temps le mur de Kaisoum fut rebâti ; il était démoli depuis 
le temps des Arabes'. Il y avait aussi des Arméniens qui occupaient certains 
lieux dans la contrée de Gilicie ; on les appelait Benê Roupen. 

Les Arméniens avaient émigré du temps de l'empereur Basil[ius] ', et 
quand les Turcs envahirent le pays, du temps de l'empereur Michel, ils ' 
donnèrent à Philardus l'autorité sur la Gilicie, afin qu'il résistât aux Turcs, 



1. De même Barhébr. ; dans l'Appendice : Bouzira. 

2, Ms. : Migrçln; cf. p. 185, n, 10, — 3. Suppléer ainsi d'après Barhébr. (p. 263); le nom est omis 
par le copiste. — 4, Cf. Matth. d'Éd;, trad., p. 220. — 5. "^^aol-a <<^, c.-à-d. Basile le Voleur; 
GuiLL. DK Ttr : Covasilius. — 6. Cf. ci-dessus, p. 55. — 7. Cf. ci-dessus, p. 133. — 8. C'est- 
à-dire les Grecs ; cf. ci-dessus, p. 173. 



188 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

parce qu'il paraissait belliqueux, comme nous l'avons suffisamment exposé 
plus haut. Depuis ce temps, les Arméniens furent les maîtres des places en 
Cilicie et en Syrie. Cent ans après, comme le catholicos était opprimé dans la 
Grande Arménie par les Turcs qui y régnèrent, les princes arméniens de la 
Cilicie firent alors venir près d'eux leur catholicos. 

A Mélitène, comme le Grec Gabriel était pressé par Tanousman, il jura aux 
Francs par trois fois de leur livrer Mélitène; et Gabriel donna sa fille' au fils de 
la sœur du roi de Jérusalem, le comte d'Edesse', qui par la suite devint lui- 
même roi de Jérusalem. Pour tous ces motifs, le roi Boémond' venait avec 
confiance pour entrer à Mélitène. 

Quand il arriva dans les endroits occupés par les Arméniens, ils lui tendirent 
des embûches, parce qu'ils craignaient qu'il ne les chassât quand il régnerait. 
Les Arméniens envoyèrent donc en secret avertir Tanousman. Et le maudit 
Gabriel lui-même, quand il vit que le roi était arrivé à l'endroit appelé 
Gafina *, se repentit et ne voulut plus le laisser entrer, mais il s'efforçait de le 
retarder' en le trompant par des paroles mensongères, de sorte que Tanousm an 
put arriver, tendit des embûches au roi et s'empara de lui. Alors, par la faute 
de Gabriel et des Arméniens, les Turcs devinrent plus puissants. 

Tanousman envoya le roi Boémond [S90] à Sébaste, et mit le siège contre 
Mélitène. L'inique Gabriel ajouta à ses méfaits. Sans pitié, il pillait, dépouillait 
et massacrait. C'est pourquoi deux soldats livrèrent la ville aux Turcs, et 
Tanousman y entra, le mercredi 18 septembre de l'an 1413'. 

Ils pillèrent toute la richesse de la ville et tout ce qu'ils trouvèrent dans la 
malheureuse (cité) ; car Tanousman avait abandonné à ses troupes tous les biens, 
excepté les gens. II ne laissa, en effet, périr personne, car il prit pour lui la po- 
pulation. Il les fit rentrer dans leurs maisons; il fit venir de sa contrée du pain, 
des bœufs, et les autres choses nécessaires et les leur donna ; il en libéra plusieurs 
qui étaient en captivité dans sa contrée, depuis de longues années, et les ren- 
voya à la ville. Et Mélitène éprouva de nombreux bienfaits du temps de Tanous- 
man. L'abondance et la prospérité s'accrurent. Il y établit comme catépan un 
nommé Bâsîlîg', homme juste et craignant Dieu. 

La justice fut excitée contre Gabriel, et les Turcs le firent cruellement souffrir. 
Quelques chrétiens surajoutaient encore, et tiraient vengeance par les coups des 
supplices, en lui rappelant le massacre du saint évêque et des princes opprimés 
et les autres crimes qu'il avait commis. Après lui avoir fait subir les affronts et 



1. Morfia. — 2. Baudoin du Bourg; il était le cousin de Baudoin de Boulogne, devenu roi de 
Jérusalem. — 3. Boémond prince d'Antioche. Ms. : Mamoun', cf. p. 183, n. 4. — 4. BH : l*^»*^. — 
5. ISMo, — 6. Barhébr. ajoute : « 1412 dans les livres arabes ». En effet, c'est en 1101, et non 
en 1102, que le 18 sept, était un mercredi. — 7. Armén. : Vasilag. BH ; ^^^aels, Basile. 



LIVRE XV. CHAP. VIII 



189 



l'avoir abreuvé de fiel, ils le conduisirent devant la solide forteresse de Qatya, 
où se trouvait sa femme. Gomme les Turcs lui commandaient de dire à sa femme 
de livrer la forteresse, dans son astuce diabolique, il voulait encore les tromper 
et disait : « C'est en signe que j'ai envoyé le petit Midas ; donc, livre la for- 
teresse ». Or, ce mot midas signifie dans la langue arménienne' : « Ne donne pas ». 
Quand les Turcs connurent qu'il les trompait, ils le tuèrent et le jetèrent aux 
chiens : il fut dévoré. 

Tanousman amena le roi Boémond àMélitène et le rançonna à 100 mille dinars. 
Quand Boémond [sortit]» de captivité, il donna Antioche à Tancrède, fils de sa 
sœur, et lui-même retourna et rentra en France. Là, il engendra un fils, qui fut 
appelé de son nom, et celui-ci, peu de temps après, vint régner sur Antioche. 

Saint-Gilles rassembla une armée et, après de violents combats, enleva aux 
Arabes Tripoli, après Jérusalem, et la donna à ses fils; puis il retourna en 
France '. 

Saint-Gilles avait avec lui la lance trouvée à Antioche. Quand il parvint à 
Constantinople, Alexis députa près de lui et la lui demanda pour la vénérer 
et la lui renvoyer ensuite. Par quelque orgueil ou par naïveté, il la lui envoya. 
Pendant la nuit, l'empereur en fit fabriquer une semblable et renvoya à Saint- 
Gilles celle qui avait été fabriquée. Cette lance est celle avec laquelle les Juifs, 
à Tibériade, percèrent par dérision l'image (du Sauveur), dont il coula du sang 
et de Teau '. 



Pendant les trois années que Tanous- 
man assiégeait^ Mélitène, il y eut dans 
cette ville une dure famine ; le froment 
des marzbans se vendait à raison de un 
[modius] pour un dinar*. 

En l'an 1413, il y eu du trouble à 
propos du commencement du Carême 
des chrétiens, dans la ville même et 
dans tout le reste de la contrée, jusqu'à 



Peu de temps après que le patriarche 
fut revenu de Bagdad, le rebelle 'Abdoun 
mourut à Hesn Mançour, et il ordonna 
de l'enterrer devant la porte de l'église, 
afin d'être foulé aux pieds par le peuple, 
pour avoir péché contre l'Eglise. Le 
patriarche Mar Athanasius réunit les 
évoques qui se trouvaient là, et ils lui 
firent des funérailles, et la prière d'ab - 



1. Paraît être le grec (j,ï] 86?. — 2. Lacune d'un mot dans le ms. Suppl. : «0-% (arr, : 'visj^P). — 3. 
Tripoli capitula le 12 juillet 1109. Raymond de Saint-Gilles, mourut pendant le siège (28 févr. 1105). 
L'histoire de la lance présentée à Alexis se rattache au voyage du comte à CPle, après la prise de 
Jérusalem. — 4. A la marge inférieure du ms. se trouve une note, écrite moitié en arabe, moitié en 
syriaque, ainsi conçue : L'original du manuscrit a été écrit en l'an 1909 des Grecs (=1598). Cette 
note n'est pas reproduite dans la vers, arabe. 

5. ♦pM; cf. ar, -.a».. — 6. Sic. ms.; vers, ar. : >U»»a ^>^ ^oJa^A ov^i~ ^a.|û^^)o; le texte primi- 
tif portait peut-être : j~ luo,» (jx.é8i[ivo;)r 



190 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



solution, en disant : « Bien qu'il ait été 
emporté par l'ambition du pouvoir et 
qu'il ait foulé aux pieds les saints ca- 
nons, cependant, comme il ne s'est pas 
écarté de la foi orthodoxe, il convient 
que nous priions et que nous ayons 
pitié de lui comme d'un pécheur. « 

Quand Sa'îd bar Çabouni, qui est le 
métropolitain Jean, eut été tué, et lors- 
que la ville fut dévastée, avec toute sa 
région, par [o89] les Turcs, le patriar- 
che concéda le transfert de Dionysius 
de Goubbos, qui est Bar Maudiana, et il 
l'établit métropolitain de Mélitène; 
parce qu'il était instruit et prudent. 

Et, au commencement de kanoun i 
(déc.) de l'an 1413, Dionysius fit son 
entrée à Mélitène. Il avait été instruit 
dans le couvent de Bar Gâgai, près du 
patriarche Mar Jean bar Sousan, et 
avait été institué évêque de Goubbos 
par ce dernier. Et quand le pays de 
Goubbos eut été dévasté, dans la première invasion des Turcs, il s'en vint au [couvent 
de] * Mar Bar Çauma; c'est lui qui enseigna et régla l'office dans le couvent, comme' 
dans celui de Bar Gâgi. Il instruisit Abou 'I-Faradj, qui était devenu patriarche, et 
il l'avait ordonné prêtre, et, dans le temps de sa vieillesse, ce patriarche lui attribua le 
siège de Mélitène. Il trouva la ville dépourvue d'instruction ; lui-même enseignait la 
lecture des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, e t (de ceux) des docteurs, ainsi 
que l'éloquence et l'écriture. 

Après cela, le patriarche ordonna ° métropolitain d'Édesse Abou Ghalib bar 
Çabouni, frère de Sa'îd, qui avait été tué à Mélitène ; car les deux frères étaient 
célèbres en Syrie, par leur doctrine et par leur science profane, et aussi par l'écri- 
ture des deux langues et par leurs controverses contre les hérétiques ; ils étaient, 
pou r ainsi dire, l'œil de toute cette génération dans la maison des Orthodoxes ; et bien 
qu'ils possédassent tout cela, ils étaient dépouvus, comme il est dit à leur sujet, de 



Constantinople. Les Syriens et les Ar- 
méniens jeûnèrent huit semaines et cé- 
lébrèrent la fête de Pâques le 13 de ni- 
san (avr.) ; les Chalcédoniens firent 
la fête le 6' de nisan. Et quand la nou- 
velle arriva que la lumière était des- 
cendue sur le Tombeau, à Jérusalem, le 
13 de nisan, les Grecs blasphémaient 
même contre la lumière, parce que les 
Syriens et les Arméniens étaient ainsi 
approuvés ^ 

En l'an 1414, au commencement du 
jeûne, c'est-à-dire [889] la première 
semaine, au mois de sebat (févr.), il y 
eut plusieurs tremblements de terre, 
chaque jour et en tous lieux ; plusieurs 
disaient que peut-être la perturbation 
du jeûne avait eu lieu l'année précé- 
dente, pour annoncer* le fléau qui arri- 
vait maintenant. — Fin, 



1. 03 (et non oS). En 1102. Sur les causes de ce désaccord; cf. tome II, p. 290, n. 3. — 2. Allu- 
sion à la légende du m feu sacré » s'allumant miraculeusement pendant l'office du samedi-saint, au 
Saint-Sépulcre. — 3, «o,ai, 

4. BH : -«^so» |;wo^. — 5. Lire : l-oon uw; BH : looi û»)». — 6. Lire : ^\at\. 



LIVRE XV. CHAP. IX 191 

l'humilité du cœur, qui est cause de toutes les bonnes actions et fait briller toutes les 
qualités. 

Sa'îd, qui fut ordonné métropolitain de Mélitène et prit le nom de Jean, [o90] fut 
tué quarante jours après son ordination, par Gabriel, à Mélitène, comme nous 
l'avons exposé plus haut'. 

Abou Ghalib fut élu métropolitain d'Édesse et fut appelé Basil[ius]. Avant quarante 
jours écoulés, survint un dissentiment entre lui et le patriarche», qui l'excommunia ; 
et il fut destitué de son ministère, parce qu'il résista au patriarche; à cause de leur 
querelle, il y eut du trouble dans l'Église, comme l'exposera le discours par la suite'. 

Quand les Francs occupèrent Antioche, ils expulsèrent les Grecs des grandes 
églises et chassèrent leurs évêques. Ils établirent un patriarche de leur nation et 
créèrent des métropolitains : un à Tarse, le second à Mopsueste, le troisième à 
Edesse, le quatrième à Doliche, pour le siège de Mabboug, et le cinquième à Apa- 
mée; et des évêques à Tripoli, à Laodicée, à Gabala, à Cyrrhus, à Mar'as, à Hàrîm. 

Le patriarche qu'ils avaient à Jérusalem ordonna des évêques pour Bethléem, 
pour Hébron, pour Samarie, pour JafFa, pour Nazareth, pour Césarée, pour Sidon, 
pour Beirout, et, quand Tyr fut prise, aussi pour Tyr, parce que le patriarche 
d'Antioche ne leur donna pas de subside, quand ils le lui demandèrent, pour la prise 
de cette ville'. 

A Edesse, le premier métropolitain des Francs avait nom Berika°. Il eut une révé- 
lation relativement aux corps d'Addai et d'Abgar, et on les découvrit dans le ... * de 
Mar Jean. — Fin. 



CHAPITRE [IX]. — De V époque du second siège de Mélitène; époque à laquelle 
il y eut du trouble dans l'empire des Turcs dans le Khorasan, et en Egypte, 
et en Syrie, et parmi les Arméniens, et dans les affaires ecclésiastiques . 

Gomme les Turcs régnaient déjà dans le Khorasan, en Assyrie, dans le 
Djézireh et en Syrie, les Arabes ', qui étaient redevenus' maîtres des pays 
étaient mêlés avec les Turcs. 

En Egypte, les Arabes gouvernaient pareillement. 

C'est pourquoi, quand la guerre se mit à éclater dans le Khorasan, où les 



1. Cf. p. 186. — 2. Lire:...;ê'a:^o oi». ^-a (BH). — 3. Cf. ci-dessous, p. 200, 207. — 4. Sur la 
querelle au sujet de l'évèché de Tyr, cf. R. Rôhricht, Geseh. des Kônigreichs Jérusalem, p. 184. — 

5. Berika «benedictus ». Le premier archev. fut en effet Benoît. Cf. Oriens Christ,, III, col. 1186. — 

6. Le raolsqma (même leçon dans l'arabe) appelle sans doute une correction ; t """"" ^^ y\i>>isa!)ito\>.o'i 
ne paraît pas tout à fait satisfaisant. — 7. Vers. ar. : o^»^ >ooi. — 8. Sic. ms. et vers. ar. ; on s'at- 
tendrait à lire aji3« « qui étaient restés ». 



192 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Turcs se combattirent mutuellement, les Arabes relevèrent la tête; et en l'an 
1412, l'arabe Ibn Moula'ib' sortit d'Émèse et s'empara d'Apamée. 

La même année, l'arabe Douqaq • régna sur Damas. 

A Alep régna l'arabe Rodhwan» ibn Malik. 

En Tan 1420, l'arabe 'Omar ibn Salim ♦ s'empara de la région de Soukarah 
et de Haborah; et les Arabes furent en guerre avec les Turcs. 

Quant aux Turcs qui étaient en Cappadoce' et en Bithynie, comme il n'y avait 
point d'Arabes parmi eux, parce que le sultan des Arabes avait totalement 
perdu ces régions, ils guerroyaient avec les Grecs, ou entre eux, à tout propos. 

Aussi, lorsque le sultan Kilidj-Arslan attaquait Mélitène, il l'abandonna mo- 
mentanément pour aller défendre son pays contre les Francs et revenir ensuite 
s'en emparer. Alors Tanousman vint et la prit, comme nous l'avons exposé plus 
haut. Dès lors une haine et une inimitié intraitables se propagèrent dans leurs 
familles. Aussi, quand le sultan fut en paix, après le passage des Francs, Tanous- 
man étant mort à Sébaste, deux ans après s'être emparé de Mélitène, Kilidj- 
Arslan vint contre Mélitène dans laquelle se trouvait Aghousian, fils de Tanous- 
man. Il y mit le siège le 28 de haziran (juin), engagea de nombreuses attaques, et 
dressa des machines^ contre la tour ronde de la partie nord-est de la ville. Et 
quand celui qui était à l'intérieur vit qu'elle était sur le point d'être prise, il 
exigea des serments et la lui livra; et Kilidj-Arslan régna et entra à Mélitène le 
2 d'éloul (sept.) de l'an 1417. 

A cette époque la discorde survint entre les Turcs et les Arabes qui étaient 
en Assyrie, pour le motif que voici' : Le sultan du Khorasan, Ghyat ed-Dîn", 
envoya contre les Francs un homme nommé Abou Mançour Djawali'. Quand 
celui-ci arriva à Bagdad, il tourna ses regards versMossouloù se trouvait alors 
Djékermis". Celui-ci en apprenant que Djawali marchait contre lui, fortifia la 
ville, prit une armée et sortit pour livrer bataille. Bien qu'il fût impotent, il 
remporta cependant la victoire, s'empara de Djawali, et l'amena enchaîné à 
Mossoul; mais peu de jours après Djékermis" mourut, et Djawali sortit; il ras- 
sembla une troupe dans la région du Habora [392] pour revenir contre Mos- 
soul. Mais les Mossuliens, qui s'étaient donné pour chef le fils" de Djékermis, 
craignaient de ne pouvoir résister à Djawali. Quand ils apprirent que Kilidj- 

1. Khalaf ibn Mola'ib. Cf. Gesch. der Chai., III, 187. — 2. Lire : «ûloo»; ms. -.Douqas. Douqaq, 
fils de Toutous. — 3. Rodhwan (Ms. : Btwn); frère de Douqaq. Voir les tableaux généalogiques à 
la fin de ce volume. — 4. Probablement Salim ibn Malik, maître de Qala'Dja'bar; cf. Gesch. der 
Chai., III, 191, — 5. ...âûs?. — 6. ^japâxtoiia. — 7. Le récit suivant n'est pas en tout conforme 
à celui des historiens. Cf. Gesch, der Chai., III, 154; Matth. o'Édesse, trad. Dulaurier, p. 263, 
264; Aboulféda (ad ann. 500 Hég.), etc. — 8. Mohammed Ghyat ed-Dîn, fils de Malik-àah I" 
(1105-1118). — 9. Djawali Sekawa. — 10. Le nom est défiguré par les copistes; ici, ms. et vers, 
ar. : Akgermis. BH : i».»;,^^. — 11. Ms, et vers. ar. : KermiS, — 12. Nommé Zangui (BH, p. 287). 



LIVRE XV. CHAP. IX 193 

Arslan régnait à Mélitène, ils lui envoyèrent des messagers (pour dire) qu'il 
vienne près d'eux et qu'ils lui livreraient Mossoul. A cette nouvelle il passa 
l'Euphrate. Ceux qui occupaient les villes de la Mésopotamie étaient des Turcs 
de la famille d'Ortoq. En apprenant l'arrivée du sultan, ils furent saisis de crainte 
et vinrent tous à son service : Bar Sâphek' de Hesna de Ziad, Abraham d'Amid% 
Ilghazi' de Mardin. En voyant cela Djawaii ne descendit point à Mossoul. Cest 
pourquoi Kilidj-Arslan entra à Mossoul et y régna, et Djawaii régna à Rehabôt. 
En apprenant ces choses le sultan, vint avec une armée nombreuse. Quand la ba- 
taille eut lieu, sur les rives du fleuve Habôra, par l'action de ses ennemis, la dis- 
corde se mit parmi les troupes du sultan, qui l'abandonnèrent et s'enfuirent : pour 
lui, il resta à combattre et fit des prodiges dans la bataille. A la fin, il entra dans le 
fleuve pour traverser; il fut submergé et, à cause de l'armure de fer dont il était 
revêtu, il fut suffoqué et mourut. Djawaii régna sur Mossoul et sur Nisibe. Il 
poursuivit cruellement ses adversaires. Il rassembla de grandes richesses, et 
retourna dans le Khorasan. Alors Ghâzi Nedjm ed-Dîn' descendit de Mardê et 
s'empara de la ville de Nisibe. 

En l'an 1417, le premier samedi du Quand les Francs se furent emparés 

carême, une comète parut du côté de de la contrée de Palestine et en eurent 

l'Occident, avec sa chevelure tournée chassé les Égyptiens, ils vinrent à Re- 

vers l'Orient : elle resta depuis le soir bron où ils bâtirent une église magni- 

jusqu'à la fin de la nuit. — ■ Fin. fique. Grâce à une révélation faite en 

divers lieux à quelques hommes qui 
jeûnaient et priaient, on découvrit la 
caverne double achetée par Abraham^, et dans laquelle étaient les trois tombeaux 
des patriarches^; c'est pourquoi ils l'ornèrent d'admirables édifices'. 

La cause du trouble qui survint h cette époque dans notre' Eglise est la suivante : 
Quand Bar Çabouni fut ordonné métropolitain d'Édesse, le patriarche lui redemanda, 
ainsi qu'aux Édessénlens, les livres des Evangiles qui faisaient partie du trésor' 
patriarcal; car, étant tombés entre les mains du rebelle 'Abdoun, celui-ci les avait 
mis en gage à Èdesse, pour obtenir de l'or afin de corrompre les chefs de l'époque. 
Quand le patriarche les réclama, Abou Ghalib et les Édesséniens qui étaient présents 
h son ordination promirent qu'aussitôt rentrés à Edesse ils renverraient les livres, 



1. Sic. ms. et vers. ar. Peut-être le nom est-il défiguré. Hesna de Ziad appartint à un certain 
Mohammed ibn Djabak [Gesch. der Chai., III, 153, et 161, n. 2). Peut-être aussi le même qui est 
appelé plus bai Tasphek ; cf. p. 193. — 2. Ibrahim Inal (cf. loi:, cit.). — 3. Ilghazi, fils d'Ortoq. — 
4. L'auteur désigne encore par ce surnom Ilghazi, fils d'Ortoq; cf. p. 215. 

5. Cf. Gen., xxiit, 17. — 6. Abraham, Isaac et Jacob. — 7. Cf. Hist. occid. des Croisades, t. V, 
p. 302 et suiv.; Ch. Kohler, Bev, de l'Orient latin, IV, '177. — 8. Lire : ^?. — 9. xE!ii-r,).iov. 
III. ' 23 



194 G BROMIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

qui étaient incrustés d'or et d'argent ; et Bar Çabouni lui-même écrivit de sa main : 
« Si je ne les renvoie pas, je n'aurai pas le pouvoir d'exercer l'épiscopat ». Il fut 
ordonné et y alla, mais il ne voulut plus les donner. Il prétextait : « Les notables 
d'Édesse suscitent des contestations pour ne pas les rendre ». Cette affaire fut le 
commencement de la querelle. Le patriarche excommunia Bar Çabouni en disant : 
« Comme tu l'as défini et signé de ta main, tu es excommunié [392] par Dieu, et 
désormais tu ne peux plus exercer le ministère, ni être appelé évêque ». Pour lui, il 
présentait son apologie, démontrant que l'interdit ne pouvait l'atteindre puisqu'il ne 
retenait pas volontairement les livres. Les Edesséniens étaient partagés en deux 
factions ; les uns irritaient le patriarche contre le métropolitain; les autres excitaient 
le métropolitain et l'encourageaient même à la révolte ; [de sorte qu'il méprisa (les ca- 
nons) et ordonna des prêtres et des diacres, bien qu'il fût interdit, et alors le patriarche 
frappa ceux-ci de ses censures]'. — Fin. 



CHAPITRE [X]. — De l'époque à laquelle les calamités se multiplièrent sur 
Mélilène, après la mort du sultan; à cette époque les Francs prévalurent, puis 
la discorde tomba parmi eux, et ils devinrent misérables; à cette époque le 
nouveau chef des Turcs sortit du Khorasan et vint assiéger Édesse. Des 
affaires ecclésiastiques, qui allaient mal. 

Quand la nouvelle de la mort du sultan Kilidj-Arslan arriva, on établit à 
Mélitène son plus jeune fils, qui s'y trouvait, nommé Togr[il]-ArsIaa^ Son gou- 
verneur était un homme âgé, appelé Pizmis' ; et il y en avait un autre nommé 
Ilarslan'. La mère du jeune homme fit un complot avec celui-ci, qui tua Phazmis, 
et la prit pour femme. Il causa beaucoup de maux aux gens de la ville, par l'or 
qu'il amassa, et il chercha un prétexte pour s'en aller dans le Beit [393] Rou- 
mayé. Quand sa femme s'en aperçut, elle fit un pacte avec son fils et s'empara 
de lui. On l'enferma et on laissa croire qu'il avait été tué. Au bout d'une année, 
on le fit sortir et on l'envoya au sultan ^ 

Kilidj-Arslan avait trois autres fils plus âgés : 'Arab, Sahinsah*, et Mas'oud. 
'Arab fut tué par l'émir Ghazi, fils de Tanousman, et Sahinsah fut proclamé 
sultan; il s'empara de son frère Mas'oud, le mit aux fers, et partit lui-même 
pour Gonstantinople trouver l'empereur Alexis. Alors le général de Sahinsah 



1, Les mots entre crochets, qui semblent appartenir à cette période, sont placés, dans le lexle, au 
commcucement du chap. suivant; et de même dans la vers, arabe. 

2. BH : ^UiM»| ^^a^. — 3. BH : '»«3op, Bazmis : la vers, arm. a lu aussi Pizmis (Hist. arm, des 
Crois., I, 331). — 4. Ms. : Alçln BH : ^Uj»>I. — 5. Ghyat ed-Dîn (BH). — 6, Saïaàv des liisloriens 
byzantins. Barhébréus le nomme Malik-ïah, 



LIVRE XV. CHAP. X 195 

se révolta contre lui; il vint délivrer Ma'soud et ils se rendirent près de l'émir 
Ghazi, fils de Tanousman, et ils proclamèrent Mas'oud sultan. Gomme Sahinsah 
était sorti de Constantinople, chargé d'or, ils lui tendirent des embûches, s'em- 
parèrent de lui et lui crevèrent les yeux'. 

Les Francs, voyant que les Turcs se livraient mutuellement des combats, 
s'enhardirent. Boémond vint s'emparer d'Ablastaïn et de la région de Djihan. 
Tout le pays de Mélitène se soumit à lui. Ensuite, ils se réunirent avec ostentation 
en grand nombre, à Édesse, et ils passèrent des jours à discuter entre eux au 
sujet des pays et du partage des villes, « qui, lorsqu'ils les auraient prises, 
devaient être à tel ou tel. » Pendant qu'ils s'attardaient à de semblables discus- 
sions, les Turcs se réunirent pour leur livrer bataille. Les Francs s'avancèrent, 
mécontents les uns des autres à cause du partage des pays. Quand ils par- 
vinrent à Harran, les gens de Harran sortirent à leur rencontre et leur appor- 
tèrent les clefs. Baudoin, comte d'Edesse, dans le lot duquel se trouvait Ilarran, 
ne prit point les clefs, de peur qu'en entrant d'abord dans la ville ils ne la 
pillassent et la dévastassent. Ils la laissèrent donc et passèrent, encore plus 
divisés pour n'avoir pas pénétré à Harran pour y déposer leurs bagages. C'est 
pourquoi quand ils rencontrèrent les Turcs, les Francs furent vaincus. Baudoin 
et Josselin furent pris et conduits, enchaînés, à Mossoul^ Tancrède s'enfuit à 
Édesse, et y établit comme chef Richard^ 

Ces choses se passèrent en l'an 1414*, sur le fleuve Baliha, qui sort de Padan 
d'Aram, dont les faiyayè ont aujourd'hui fait une mosquée qu'ils appellent 
Maison d'Abraham, et qui va se jeter dans l'Euphrate près de Callinice. 

Tancrède abandonna Edesse aux mains de Richard, qui infligea beaucoup de 
maux aux Édesseniens, et il partit pour Antioche. 11 ne se souciait pas de la 
délivrance de Josselin, à cause de la dispute qui avait eu lieu entre eux. Mais 
des gens de Tell Baser allèrent, fixèrent sa rançon, et restèrent eux-mêmes en 
prison comme otages : et Josselin sortit pour rapporter l'or. Alors ces otages 
[394] perforèrent la maison dans laquelle ils étaient enfermés et prirent la fuite ; 
Josselin fut délivré sans rançon. 

La rançon de Baudoin fut fixée à 70 mille dinars. Josselin en prit 30 mille, alla 
à Qala' Dja'bar, et se donna lui-même comme otage pour le reste, et il délivra 
Baudoin. Le sultan de Mossoul, en apprenant que Josselin était de lui-même 
retourné en prison, fut pris d'étonnement et demanda à le voir : car il ne l'avait 



1. Cf. Hist. du Bas-Empire, 1. LXXXV, § xxix-xxxr. — 2. Corap. Matth, d'Edesse, trad., p. 254; 
RÔHRicHT, Gesch. des Kônigreicks Jérusalem, p, 49 et suiv. — 3. Richard du Principal, cousin 
de Boémond. — 4. Réellement en 1104. Comme nous l'avons déjà remarqué, l'auleur se sert par- 
fois d'une chronologie qui met 310 ans seulement de difTérence entre l'ère des Séleucides et l'ère 
chrétienne ; cf. p. 186, n. 3. 



196 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

jamais vu, et avait entendu parler de sa magnifique prestance. Josselin se rendit 
à Mossoul. Quand le sultan le vit, il diminua 10 mille (dinars) de la rançon de 
Baudoin. Josselin l'adora et se prosterna le visage contre terre; alors, pour prix 
de son salut, il diminua encore 10 mille (dinars); ils mangèrent et se réjouirent, 
et, au matin, quand le sultan sortit avec ses troupes, il ordonna à Josselin de 
monter à cheval et de prendre son ai'mure ; et quand le sultan, avec toute la foule, 
vit la beauté et la force de Josselin, il l'admira et lui remit tout ce qu'il devait 
de la rançon de Baudoin. Josselin s'en retourna dans la joie. 

Baudoin, après avoir été délivré de prison, monta prier à Jérusalem. Quaijd il 
y parvint, il se trouva que le mercredi de la semaine des Hosanna de cette 
année 1428, le roi Baudoin était tombé de cheval, et, se voyant mourir, il ordonna 
que ce Baudoin d'Édesse, qui était fils de sa sœur, fût roi après lui. Or, c,uand 
celui-ci arriva à Fimproviste, sans être attendu, ce choix sembla venir du Sei- 
gneur, et tous se réjouirent à cause de lui. Il fut sacré le mardi de la Passion, 9 de 
nisan (avril) '. 

Quand il fut devenu roi, il donna Edesse à Josselin, vaillant héros. 

En ces jours-là, quelques Arméniens astucieux, voyant que les Turcs avaient 
pillé la région d'Edesse et s'étaient avancés jusqu'au mur, prêtèrent leur concours 
aux Turcs et les firent entrer dans une des tours; parce que les Arméniens pen- 
saient que les Turcs s'empareraient de la ville tandis qu'elle était sans chef. Dieu, 
dans sa miséricorde, fit en sorte que Josselin arrivât à ce moment, et, voyant les 
Turcs qui étaient déjà montés au sommet de la tour, il y entra seul, revêtu de sa 
cuirasse; il plaça sur son casque un bât d'âne, pour ne pas être blessé par les 
pierres que les Turcs lui lançaient, et, étant monté, il tua 30 hommes, et les 
autres se précipitèrent d'eux-mêmes; il coupa du glaive les échelles de corde, et 
ceux qui y montaient tombèrent et se broyèrent. Et ainsi il délivra la ville'. 

Avant cette époque, c'est-à-dire en l'an 1421, était sorti du Khorasan un géné- 
ral nommé Maudoud', avec cent mille (hommes); il assiégea Edesse pendant des 
mois*. Mais quand les Francs se réunirent pour venir sur eux, les Turcs prirent 
la fuite ^ 

En l'an 1419, on vit dans la région A cause* de l'irritation du patriarche 

de Djihan, au milieu de la nuit, une contre Bar Çabouni, il y eut du trouble 



1. Baudoin I"' mourut le mardi 2 avril 1118 (;= 1428; cf. p. 195, a. 4), et Baudoin II fut couronné 
le 14 avril, jour de Pâques. Les Syriens appellent « semaine de la Passion », notre semaine Sainte. 
— 2, Comp. Matth. d'Edesse, trad,, p. 279-280. — 3. Maudoud ibn Altountekin. — 4. En avril 
1112. — 5. Pour ce qui concerne les entreprises contre Edesse, voir Gesch. der Chai., III, 194; 
Matth, d'Édesse, loc. cit. ; Rôhjucht, Gesch. des Konigr. Jérusalem, p. 89, 96. 

6. Pour les quatre premières lignes de cette colonne, voir p. 194, u, 1. 



LIVRE XV. CHAP. X 



197 



clarté comme la clarté du soleil; et 
elle resta environ trois heures. 

Le 4 de nisan (avr.) de la même année, 
une obscurité épaisse, comme une pous- 
sière troublée, couvrit le globe du so- 
leil, depuis la première heure du matin 
jusqu'à la troisième heure; depuis la 
troisième heure jusqu'à la dixième, 
il éclaira faiblement; pulsj pendant les 
trois autres heures, [393] son globe était 
comme du feu et n'éclairait pas du 
tout. Cette obscurité dura 12 jours. 

Le 5' de 'iyar (mai), le soleil s'obcur- 
cit pendant trois heures. 

Au commencement de haziraii (juin), 
parut une étoile caudée, dont la queue 
s'étendait vers l'Orient, comme une 
lance : elle resta 15 jours, marchant 
chaque jour en avant. 

La même année, au mois' d'éloul 
(sept.), il y eut un violent tremblement 
de terre, dans lequel beaucoup d'endroits 
importants furent renversés. — Fin. 



dans toute l'Église, et de la corruption 
dans tous les diocèses, mais surtout 
dans celui d'Edesse. Le gouverneur 
franc de cette ville* favorisait le métro- 
politain; il envoya à diverses reprises 
des prêtres et des fidèles notables de la 
ville, avec des Francs, pour persuader et 
demander [393] au patriarche de l'ab- 
soudre; mais il n'y consentit point. Le 
métropolitain de Mélitène, Mar Diony- 
sius, vint à son tour, avec soixante-dix 
fidèles, trouver le patriarche au cou- 
vent de Mar Bar Çauma. Ils se proster- 
nèrent sur le visage aux pieds du pa- 
triarche en disant : « Nous ne relèverons 
pas notre visage de terre avant que tu 
n'aies absous l'évêque d'Edesse » ; mais 
il n'y consentit point. Ensuite tous les 
évoques se réunirent et supplièrent le 
patriarche en sa faveur. Le patriarche 
répondit : « Au mois de nisan (avril) ve- 
nez tous et qu'il vienne aussi; et que 
l'affaire soit réglée dans le synode après 
examen. » De cette manière le patriarche 
congédia les évêques venus inutilement : 
il convoqua un synode et ne réconcilia pas Bar Çabouni. Bien plus, il déposa le 
vieillard* Bar Maudiana de l'épiscopat de Mélitène, parce qu'il favorisait Bar Ça- 
bouni, 

Le vénérable Mar Dionysius exerça l'épiscopat à Mélitène pendant 12 ans; il 
enseigna, régla et établit dans cette ville des habitudes correctes ; il l'enrichit 
d'enseignements qui s'y propagent encore aujourd'hui et se transmettent de généra- 
tion en génération. Quand le patriarche l'en fit sortir, il resta dans la solitude. 

[o9-4] Le patriarche, pour ne pas rassembler le synode, comme il l'avait promis , prit 
prétexte de ce qu'en sortant de chez lui, mécontents que leur demande n'ait pas été 
accueillie, Dionysius de Mélitène et Iwannis de Djihan écrivirent et déclarèrent que : 
« si le patriarche tenait un synode, comme il l'avait promis, ils attesteraient que Bar 
Çabouni était irrépréhensible, et si le patriarche ne tenait pas de synode, Bar 



1. Ou peut êlre le 25 : la lecture est douteuse. 

2. Baudoin II. — 3. Cf. ci-dessus, p. 190. 



198 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Çabounî était désormais délié et absous ». Quand le patriarche apprit cela, il fut 
excessivement irrité contre ces vénérables (évoques); il ne rassembla pas le synode, 
mais enleva Mélitène à l'évêque venu de Goubbos, qui est Bar Maudiana. Il appela et 
ordonna Elisée, archimandrite de Bârîd, qui prit le nom d'Iwannis. Celui-ci y arriva au 
mois de tésrîn ii (nov.) de l'an 1425, et le gouverneur exigea de lui de l'or ; la ville 
paya pour lui 200 dinars, et il fut accepté. Ensuite, quand il laissa voir qu'il aimait à 
boire du vin, il fut méprisé et dédaigné par tout le monde. 



CHAPITRE [XI]. — De l'époque a laquelle Mar'as fut renversée par un tremble- 
ment de terre. Sur le Turc Balaq\ sur les Arméniens Basil-le-Voleur\ Theodo- 
ros^, Lebon' et Constantin^ qui vécurent à cette époque. Sur les autres affaires 
séculières et ecclésiastiques. 

Nous consignons très clairement le souvenir des Arméniens qui régnèrent, en 
ces temps-là dans les places fortes de la Cilicie et delà Syrie. 

[393] A l'époque où les Grecs enlevèrent des villes aux Arabes en Cappadoce, 
en Arménie et en Syrie, ils tirèrent et amenèrent de la Grande Arménie une foule 
de peuple. Ceux-ci se fixèrent en ces lieux et se multiplièrent : les uns allèrent 
au delà de Constantinople, les autres en Egypte. Quand les Turcs sortirent 
du Khorasan et se répandirent dans ces régions, les Grecs s'atîaiblirent beau- 
coup et leur empire cessa sur toute la Syrie, la Cappadoce et l'Arménie. Alors 
quelques Arméniens entrèrent dans les places fortes situées dans les monta- 
gnes escarpées et s'y fortifièrent. 

Dans les montagnes de Cilicie étaient deux frères", fils de Constantin, fils 
de Roupen. 

Dans la région de Samosate, dans la montagne voisine du couvent de Mar Bar 
Çauma, étaient Constantin, Tabtoug'et Kristophor ', les fils de Sanbil", des 
Syriens, et quand les Arméniens régnèrent à Gargar, ils se mêlèrent avec eux; 
Constantin" et Michel'" et Ohannes", à Gargar, à Gaqtai'% à [Beit]" Boula. 



1. Kogh-Basil. — 2. Thoros l", fils de Constantin et petit-fils de Roupen. — 3. Levon; forme 
arménienne du nom de Léon; frère de Thoros. — 4. G. de Gargar. — 5. Thoros 1" (1100-1129) et 
Léon I" (1129-1136; mort à Cple en 1139). — 6. BH : Vs^o^al. Tavtoug est le diminutif du nom 
arménien Tavit (David). — 7. Sic ms. et vers. ar. — 8. BH : "^slco; vers. ar. : ^^aiao. — 9. Const. 
de Gargar; dépossédé par Baudoin d'Édesse, en 1116 (cf. Matth. d'Édesse, trad., p. 294. — 10. 
Fils de Constantin; reprit Gargar aux Turcs en 1124 [op. cil.,\>. 313). — 11. Lire : >isa.uoiolo (BH). 
— 12. Ms. et vers. ar. : Gavtai\ il faut lire "l^a.*. (ou uM^^) ; cf. Barhebr., Chr. syr., p. 316. Dans 
le passage parallèle, notre ms. (p, 650) écrit comme ici Gavlai, mais la version arménienne porte 
Gakta (cf. Hist. arm. des Croisades, I, p. 342). — 13. Sic BH, et vers. ar. ; Uaala u9o. 



LIVRE XV. GHAP. XI 199 

A Kaisoum et à Ra'ban, et même dans la montagne de Zôbar', étaient Kogh- 
Basil% et aussi Dgha-Basii% et la femme de Kogh-Basil \ qui était la nourrice 
de Tenfant et non sa mère. Ils avaient un gouverneur nommé Kourtîg, homme 
méchant, qui détestait les Syriens". 

Celui-ci fît en sorte que la femme de Kogh-Basil enlevât aux Syriens le mo- 
nastère Rouge', près de Kaisoum, qui appartenait à notre peuple depuis les pre- 
mières générations. Elle en expulsa les moines syriens et le donna [HdG] au 
catholicos Krikorios' et aux moines arméniens, de même que les couvents de 
Zabar, appelés Beit Qenayê, qui sont cinq lieux", et dans lesquels il y avait beau- 
coup de moines. 

Quand Kourlîg détint le pouvoir, il fit sortir les moines de la forteresse dé 
'Arnis', et il y plaça des soldats et une garde. Il ordonna que les moines lui 
donnassent deux mille dinars, et il les torturait sans pitié, de manière qu'il 
fît disparaître les moines, et les couvents devinrent déserts. 

Alors le roi Tancrède vint d'Antioche et assiégea Kaisoum pendant 2 ans ; 
il finit par s'en emparer '°. 

Kourtîg était à Beit Hesnê ; il possédait aussi Qala' Romaita, et jamais les 
Francs ne pouvaient le vaincre. Ils usèrent de ruse et lui donnèrent une femme 
franque, nommée Galamarî", qui le fit périr par le poison, 

Bâlaq était un des Turcs qui régnaient en Mésopotamie ". Or, quand l'émir 
Tasphek" mourut, Bâlaq s'empara du fort de Boula, sur les rives de l'Arsanias". 
Il sortit delà et s'empara de beaucoup d'autres endroits. Il s'illustra dans beau- 
coup de combats, il réduisit sous sa servitude et le roi des Francs, et les nota- 
bles des Grecs, et la plupart des Turcs, comme nous allons l'exposer en conti- 
nuant successivement d'année en année. 

1. Partout ailleurs : J^l ; il est possible que Zobar soit la vraie prononciation. — 2. Kogh-Basil, 
Basile-le-Voleur (Guill. de Tyr : Covasilius), régna à Kaisoum depuis 1082 jusqu'à sa mort (12 
oct. 1112. — 3. Dgha-Basil, Basile-l'Enfant, fils adoptif et successeur de Kogh-Basil. Dépossédé 
par Baudoin d'Édesse, en 1116. (Cf. Matth. d'Éd., p. 293). — 4. Lire : "^.ais ^û3 lt^\ (gu et vers, 
ar.) ; le n. pr. est défiguré dans notre texte; de même deux lignes plus bas. — 5. Barhébr. [Chr. 
syr., p. 279) rapporte ainsi ce passage : « En Cilicie : deux frères, fils de Constantin, fils de Roupen; 
et à Gargar et à Beit Boula : Michel et Ohaunès ; et à Kaisoum et à Ra'ban, et à Beit Hesnê, et à 
Qala' Romaita : Kogh-Basil, c'est-à-dire Basile-le-Voleur; et aussi dans la région de Samoaate : 
Constantin et Tavtoug, et aussi Bistafor, les fils de Sanbil : ce sont des Syriens qui suivirent 
Kogh-Basil et Dgha-Basil, c'est-à-dire Basile-l'Enfant, qu'élevait la femme de Kogh-Basil, et 
Kourtig était le gouverneur de cette femme ». — 6. Armén. : Garmir-Vank\ — 7. Grégoire Bahla- 
vouni, fils de Grégoire Magistros (1065-1105). Il fut enterré dans ce couvent, ainsi que Kogh-Basil 
(cf. Mattu. d'Édesse, p. 258, 281). — 8. BH : <i cinq couvents ». — 9. •^-n^ PH). — 10. Ceci ne 
parait pas exact. 11 prit seulement Ra'ban. Cf. Matth. d'Édesse, p. 280 ; Rôhricht, Gesch. des 
K. Jérusalem, p. 97. — 11. xa),ri Mapi'a (?). — 12. Nour ed-Daulah Balaq, fils de Behram, fils d'Ortoq. 
(BH : ^). — 13. Cf. p. 193, n. 1. — 14. Transposer : oaa^aojl. 



200 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 1422, l'atabek, c'est-à-dire le précepteur ', du sultan de Mélitène 
enleva aux Francs le pays de Djihan. 

En l'an 1424, la femme de Kilidj-Arslan ^ sortit de Mélitène, laissant ses 
enfants aux soins de l'atabek, c'est-à-dire de leur précepteur, et s'en alla pour 
devenir la femme de l'émir Bâlaq, à Boula. [S97] Elle disait, en effet : « J'ai 
ouï dire que le sultan disait : Il n'y a personne en ces régions, parmi tous les 
émirs des Turcs, de comparable à Bâlaq, homme vigoureux et sage ». Pour ce 
motif, elle le rechercha et fut protégée par son nom' ; et lui grandit beaucoup. 
— Fin. 



En l'an 1426, le 29 de tésrîn ii (nov.), à 
l'aube du dimanche, celui « qui regarde 
la terre et elle tremble' », regarda et il 
y eut '.m tremblement très [S93] violent 
dans lequel la ville de Mar'as fut totale- 
ment engloutie". Elle fut renversée : 
c'est-à-dire que ses fondations étaient 
projetées en haut et les édifices en bas. 
Elle devint le tombeau de ses habitants, 
et un sujet d'effroi pour ceux qui la 
voyaient. 

Dans ce tremblement de terre l'église 
de Mar Jean de Kaisoum s'écroula, 
ainsi que celle des XL Martyrs ; elles 
furent rebâties par les soins de Mar 
Dionysius, évoque de Kaisoum. 

Samosate s'écroula aussi dans ce trem- 
blement de terre, et, dans cette ville, 
avec beaucoup d'autres personnes, Con- 
stantinus, seigneur de la forteresse de 
Gargar, fut suffoqué. 



Bar Çabouni ajouta à l'audace. Il con- 
tinua à fouler aux pieds la sentence du 
patriarche; il ordonna de nouveau des 
diacres et des prêtres. Le [S9o] pa- 
triarche réordonnait tous ceux qu'avait 
ordonnés Abou Ghalib bar Çabouni. 
Chose digne d'étonnement chez les 
Edesséniens instruits : sachant très bien 
que le métropolitain était excommunié, 
pourquoi consentaient-ils librement à se 
laisser ordonner par lui? Ensuite ils se 
détournaient volontairement de lui, cou- 
raient trouver le patriarche et étaient 
ordonnés une seconde fois; ils avaient 
honte, ils méprisaient, réprouvaient 
eux-mêmes leur première ordination : 
ce qui est encore plus surprenant ! 

Le patriarche Athanasius lui-même 
fit dans cette affaire, une autre chose 
étonnante. Une fois, des gens d'Édesse 
vinrent le trouver : ils avaient été or- 



1. Étymolog'iqnement ata-hek signifie père du prince. — 2. Dulaurier (Chron. de Matthieu 
d'Éd., p. 466; et Hist. arm. des Crois., I, 143) dit qu'elle s'appelait Isabelle; c'est une erreur 
basée sur la mauvaise interprétation d'un passage de Barhébréus [Chr. syr., trad. Bruns, p. 310), 
Comp. ci-dessous, p. 220. — 3. Celte dernière phrase est à la l'^ pers. dans Barhébréus (Chr. 
syr., p. 277). En comparant les deux passages, je suis porté à croire que le copiste a omis 
quelques mots, et que le texte primitif serait à rétablir ainsi : [i«« l-iSwo' i-frjtl] w»«. ,«r>» «a û>-3j 
.13^ o;* O01O • tf^tl : « je l'ai recherché pour être protégée par son nom ». Et ainsi, elle fut proté- 
gée, et lui grandit beaucoup ». 

4. Cf. Ps. xciv, 4. — 5, En 1114. Comp. Matthieu d'Édesse, trad., p. 289. 



LIVRE XV. CHAP. XI 



201 



De grandes parties de toutes ces villes 
et des villages s'effondrèrent. 

En l'an 1427, il y eut un épais brouil- 
lard, de l'obscurité et une tempête qui 
renversa les édifices, les pierres et les 
arbres. 

A Edesse, il y eut une inondation qui 
démolit la vanne '(?)dile de l'apôtre Addai. 

A cette même époque, Bar Hâlabi 
amena à Edesse une source d'eau. 

Histoire des Phrer « frères » francs^. 
— Au commencement du règne de Bau- 
doin II, un homme franc vint de Rome 
pour prier à Jérusalem. Il avait fait vœu 
de ne plus retourner dans son pays, mais 
de se faire moine, après avoir aidé le roi 
à la guerre pendant trois ans, lui et les 
30 cavaliers qui l'accompagnaient, et de 
terminer leur vie à Jérusalem. Quand 
le roi et ses grands virent qu'ils s'étaient 
illustrés à la guerre, et avaient été utiles 

à la ville parleur service de ces trois années, ils conseillèrent à cet homme de ser- 
vir dans la milice, avec ceux qui s'étaient attachés h lui, au lieu de se faire moine, 
pour travailler à sauver son âme seule, et de garder ces lieux [S96] contre les voleurs. 

Or, cet homme, dont le nom était Hou[g] de Payn', accepta ce conseil ; les trente 
cavaliers qui l'accompagnaient se joignirent et s'unirent à lui. Le roi leur donna la 
Maison de Salomon pour leur habitation, et des villages pour leur subsistance. De 
même, le patriarche leur donna quelques-uns des villages de l'Église. 

Pour eux, ils s'imposèrent la règle de vivre monastiquement, ne prenant pas de 
femme, n'entrant point au bain, ne possédant absolument rien en propre, mais met- 
tant en commun toutes leurs possessions. Par des mœurs semblables, ils commen- 
cèrent h s'illustrer : leur réputation se répandit en tous pays, au point que* des 
princes royaux, des rois, des grands et des humbles venaient et s'unissaient à eux 
dans cette fraternitté spirituelle; et quiconque devenait frère avec eux, donnait à la 



donnés une première fois par Bar Ça- 
bouni, d'aborddiacres etensuite prêtres. 
Sans s'informer avec eux du diaconat, 
le patriarche les déposa seulement du 
sacerdoce et de nouveau les ordonna 
prêtres. Après qu'ils furent ordonnés, 
on agita la question, parmi ceux qui 
étaients présents, et on s'informa au 
sujet de leur diaconat où, quand et par 
qui ils avaient été ordonnés. Ayant 
confessé que Bar Çabouni les avait aussi 
ordonnés diacres, leur affaire demeura 
dans le doute. Voilà les fruits pleins 
d'incertitudes qu'engendrent la rébel- 
lion et la persistance [396] volontaire 
dans la passion. Ensuite le patriarche 
définit qu'ils ne pouvaient exercer le 
sacerdoce à moins d'avoir un diacre avec 



eux' 



1. Vers, ar, : uj| ;.a« ax_,i(&. ;am^; Ipû-, « occlusio, agger, obstaculum ». — 2. U^'^S. Il s'agit 
des Templiers, comme on le verra parle contexte. Cf. Rohricht, Gesch. des Kônigr. Jerus.,p. 145. 
— 3. ^tSjeoi ; de même dans la vers. ar. Il faut lire la première partie du nom iOo« (peut-être 
v^oo-) ; Hugues de Payns, premier grand-maître, mort le 24 mai 1136. — 4, <l.|o. 

5, s;>ov>a^, 

m. 26 



202 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

communauté tout ce qu'il possédait : soit villages, soit villes, soit toute autre chose. 
Ils se multiplièrent, se développèrent et se trouvèrent posséder des pays, non seule- 
ment dans la contrée de Palestine, mais surtout dans les contrées éloignées' d'Ita- 
lie et de Rome. 

Leurs usages et le^r règle sont écrits. Et quiconque vient pour être frère parmi 
eux, est éprouvé pendant un an. On lui lit les règles par sept fois, et à chaque fois 
on lui dit : « Vois; peut-être as-tu du regret? Peut-être ne pourras-tu pas sup- 
porter jusqu'au bout ces règles? Loue Dieu, et retourne à ta maison ». A la fin de 
l'année, sur celui qui accepte et promet de porter le joug, ils récitent des prières 
et le revêtent de leur habit. Et après cela, celui qui manque h sa promesse meurt 
par le glaive, sans miséricorde ni pitié. 

Leur usage est celui-ci. Il n'est permis à personne de posséder en propre, soit 
maison, soit argent, soit biens quelconques ; ni de s'absenter sans la permission du 
supérieur; ni de dormir ailleurs que dans leurs maisons; ni de manger le pain à la 
table du vulgaire; ni, quand on reçoit l'ordre d'aller quelque part pour y mourir, de 
dire : « Je n'irai pas ». Mais on doit, comme on l'a promis, travailler avec foi dans ce 
ministère, jusqu'à la mort. 

Quand quelqu'un meurt, ils font célébrer pour lui 40 messes; ils nourrissent les 
pauvres, pour lui, pendant 40 jours et 40 personnes chaque jour ; et ils font mémoire de 
lui à l'oblation du sacrifice dans leurs églises, à perpétuité; ils considèrent comme des 
martyrs ceux qui meurent dans les combats. Si on reconnaît que quelqu'un a caché 
quelque chose à la communauté, ou si on trouve qu'il possédait en mourant quelque 
chose qu'il n'avait pas donné à la communauté, ils ne le^ jugent pas digne de sépul- 
ture. 

Leur vêtement est un habit blanc très simple, et en dehors de lui, ils n'en peuvent 
revêtir d'autre. Quand ils dorment', ils n'ont pas la permission de quitter [397j leur 
habit, ni de déceindre leurs reins. 

Leur nourriture est ainsi (réglée) : le dimanche, le mardi et le jeudi, ils mangent 
de la viande, et les autres jours, du lait, des œufs et du fromage. Les prêtres seuls 
qui officient dans leurs églises boivent du vin chaque jour, avec le pain, ainsi que les 
soldats, c'est-à-dire les cavaliers pendant leurs exercices, et les piétons dans les com- 
bats. Les ouvriers travaillent chacun à" son métier, et de même les ouvriers des 
champs; dans toute ville ou village où ils ont une maison, il y a un chef et un économe, 
et, sur leur ordre, tous ceux qui s'y trouvent travaillent chacun à son ouvrage. 

Le supérieur général de tous est à Jérusalem : il commande à tous, et il n'est 
jamais permis à aucun d'eux de faire quelque chose de personnel. Sur tout ce qui 
rentre des récoltes de froment, de vin, etc., ils distribuent aux pauvres un dixième; 
toutes les fois qu'on cuit le pain dans une de leurs maisons, on en réserve un sur dix 



1. Lire : \ n , ■■?, au lieu de U»-»©». — 2. ^pîs. ou spo>^. — 3. < » *i . v ». 



LIVRE XV. CHAP. XII 203 

pour les pauvres. Les jours où on dresse la table et où les frères mangent le pain, 
tout ce qui reste est donné aux pauvres. Deux fois par semaine, ils distribuent spé- 
cialement aux pauvres du pain et du vin '. 

Bien que leur institution primitive fût en vue des pèlerins qui venaient prier, pour 
les escorter sur les routes, cependant, par la suite, ils allaient avec les rois à la guerre 
contre les Turcs. Ils se multiplièrent au point d'être 100 mille. Ils possédèrent des 
forteresses et bâtirent eux-mêmes des places fortes dans tous les pays de la domina- 
tion des Chrétiens. Leur richesse se multiplia en or et en choses de toute sorte, en 
armures de toute espèce, en troupeaux de moutons, de bœufs, de cochons, de cha- 
meaux, de chevaux, au delà de celle de tous les rois. Et cependant ils étaient tous 
pauvres et détachés de tout. Ils sont familiers et charitables pour tous ceux qui 
adorent la Croix. Ils fondèrent dans tous leurs pays_, et surtout à Jérusalem, des 
hôpitaux, de sorte que tout étranger qui tombe malade y trouve place; ils le servent 
et prennent soin de lui jusqu'à ce qu'il soit guéri, et alors ils lui donnent un viatique 
et le renvoient en paix, ou bien, s'il meurt, ils prennent soin de sa sépulture. — Fin. 



CHAPITRE [XII]. — De l'époque du commencement du règne de Jean, fils 
d'Alexis, [empereur) des Romains, à laquelle les combats se multiplièrent 
entre les Turcs et les Francs. A celte époque, la place de Birta fut pillée^, 
et les Comans furent soumis par les Grecs. Sur les autres affaires civiles et 
ecclésiastiques. 

En l'an 1425, mourut Tancrède', seigneur d'Antioche; après lui régna le fils 
de sa sœur, appelé Roger*. Celui-ci broya les Turcs [conduits par]^ Boursouq", 
le 26 d'éloul (sept.) de cette année''. 

[398] La même année, un Turc préposé à la garde' de Hesna de Ziad, se 
révolta, fit des captifs dans le pays et les vendit comme esclaves. Ibrahim ^ fit des 



1. Cf. H. DE CuRzoM, La règle du Temple, Paris, 1886; et les autres sources citées par Rôhricht, 
Gesch. des Konigr. Jérusalem, p. 145. 

2. En 1116. Il n'en est pas question dans le texte. Cf. Kôhricht, Gesch. d. K. Jerus., p. 114; Matth. 
d'Édesse, trad., p. 294. — 3. En réalité le 12 déc. 1112. — 4. Ms. Do^eZ pour iîogeZ (forme syriaque). 
Roger, fils de Richard du Principat. Tancrède en mourant lui laissa Antioche jusqu'à la majorité de 
Boémond II. — 5. Suppléer : ><^y, ou lire au singulier avec la vers. ar. : « le ïurc Boursouq >>. — 
6. L'émir Boursouq ibn Boursouq, que les écrivains syriens ont parfois confondu avec Aqsouqor 
al-Boursouqi, gouverneur de Mossoul (1114-1126). — 7. Plus probablement le 14 sept. 1115, près 
de Er-Roudj. Sur la date et le récit de la bataille, cf. Rôhbicht, Gesch d. K, Jerus., p. 110-111; 
Weil, Gesch. d. Chai., III, 202. — 8. Ms. : Ashasalar ; étymol. : « commandant de cavalerie >>. 
Cf. Hist. arm. des Croisades, I, p. lxxv. — 9. Probablement Ibrahim, seigneur d'Amid et de 
Hesn-Kéfa (1105-1128). 



204 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

captifs dans le pays de 'Arqa, et Mélitène fut pleine de gens enchaînés. Alors, 
les fidèles montrèrent l'ardeur de leur foi et les délivrèrent tous. 

Quand la Khatoun* revint de chez Bâlaq, elle chassa l'atabeg : elle-même et 
son fils restèrent dans la forteresse, protégés par le nom de Bâlaq ^ 

Alors ce Turc' de Hesna de Ziad fut dans l'angoisse; il venditla forteresse au 
sultan de Mélitène' et reçut en échange de l'or et divers endroits. Mais quand 
les gens du sultan de Mélitène pénétrèrent à Hesna, tout à coup, le fils du sultan 
du Khorasan arriva sur eux avec une grande armée, et, sans avoir combattu, ils 
livrèrent Hesna de Ziad au fils du sultan du Khorasan". Ensuite la paix fut 
faite. 

En l'an 1429, l'émir Mangoug', seigneur de Qamah, pilla la région de Méli- 
tène, le 15 de 'adar (mars). C'est pourquoi la Khatoun de Mélitène envoya trouver 
Josselin d'Edesse et fit la paix avec lui'', pour qu'il leur vînt' en aide. 

Au mois de 'ab (août) de la même année, Alexis, empereur des Grecs, mourut'. 
II était sage et vaillant. Par sa sagesse, il délivra leur ville des Francs, des 
Comans, des Serbes et des Valaques *. Il combattit avec tous ceux-ci, et con- 
serva l'empire ; il gouverna avec fermeté pendant 29 ans ". 

Après lui régna son fils Jean, en l'an 1429. Son frère "forma un complot 
contre lui, [399] avec sa sœur et leur mère. Jean envoya son frère et sa sœur en 
exil, et fit sa mère religieuse". Alors l'empire lui fut assuré. 

En l'an 1430, au mois de 'iyar (mai), l'émir Ghâzi, fils de Tanousman'% rassem- 
bla sept mille Turcs et envahit la région d'Antioche. Roger, seigneur 
d'Antioche, sortit à sa rencontre avec de nombreux fantassins. Les Turcs leur 
tendirent des embûches, et, quand les Francs furent entrés au milieu de l'embus- 
cade, les Turcs les entourèrent: Roger fut massacré avec beaucoup d'autres". 
Alors les Turcs pillèrent à leur aise le pays ; ils attaquèrent et prirent les places 
fortes ; ils massacrèrent une foule de moines dans la Montagne Noire. Ces Turcs 



1. Khatoun est un litre commun, liltér. : i< dame » ; nous ignorons le nom propre de cette prin- 
cesse. Cf. p. 200, D. 2. — 2. Cf. p. 200, a, 3. — 3. Peut-être Mohammed ibn Djabak. — 
4. Togril-Arslan, fils de Kilidj-Arslan. — 5. Ceci semble faire allusion à l'expédition d'Aqson- 
qor el-Boursouqi avec Ghyat ed-Dîn Mas'oud, fils de Mohammed, que Matthieu d'Edesse (trad., 
p. 287) fixe à l'année 563 des Arméniens (févr. lll'i-févr. 1115); cf. Gesch. d. Chat., 111, 199, — 
6. Mangou-djag, vulg. Manoutché, de la famille des Bené-Seddad, de la tribu kurde des Rewadi. 
Cf. Ilist. arni. des Croisades,!, 333. — 7. Ms. : « avec eux ». — 8. 15 août 1118. — 9. Balakayê . 
— 10. Cf. ci-dessus, p. 177, n. 1. — 11. En réalité son beau-frère (Bryenne), Isaac, son frère, lui 
était alors tout dévoué. — 12, Rectifier ces assertions d'après les historiens byzantins. Cf. Hist. 
du Bas-Emp.,\. LXXXVI, § i-iit. — 13, Barhébréus {Chr. syr., p, 282) fait remarquer que Michel 
confond ici Ilghâzi, fils du Danismend, avec Ughazi fils d'Ortoq, seigneur de Mardin. C'est ce der- 
nier qui dirigea l'expédition contre les Francs. — 14. 28 juin 1119. Cf. Gesch. der Chai., III, 235; 
Matth. d'Edesse, trad., p, 299; Rôhkicht, Gesch. d. K. Jerus., p, 132 et suiv. 



LIVRE XV. CHAP. XII 205 

demeurèrent longtemps dans le pays et y firent de cruels méfaits, jusqu'à ce 
que Baudoin, roi de Jérusalem, en ait eu connaissance et vînt. 

Les Turcs, ayant appris la venue du roi, lui tendirent aussi des embûches ; 
quand le roi s'avança contre les Turcs, les poursuivit et les vainquit, ceux qui 
étaient en embuscade massacrèrent par derrière les fantassins jusqu'à ce que 
le roi s'en aperçût; il revint contre eux et détruisit entièrement l'embus- 
cade. Alors il poursuivit de nouveau Ghâzi, et les Turcs s'enfuirent les uns à 
Alep, les autres avec Ghâzi. Les Turcs éprouvèrent en ce jour une grande 
défaite '. Les Francs qui avaient échappé à la (première) défaite, les captifs 
qu'avaient faits les Turcs dans la région ayant été délivrés, entrèrent avec le 
roi à Antioche. 

La même année, le sultan de Mélitène soumit la région du Djihan et d'Ablas- 
taïn,.[COO] et à Mélitène fut donné le pays de Qati'a=. 

Au mois de sebat (févr.) de la même année, les Francs pillèrent la région de 
Mélitène, et les Turcs celle de Gargar. 

Les Grecs s'organisèrent contre les Turcs sur le littoral, ils restèrent pen- 
dant deux mois, et se retirèrent sans avoir livré bataille. 

Le sultan de Mélitène avec Balaq, son gouverneur', pillèrent le pays de Qamah ; 
le seigneur de l'endroit, Ibn Mangoug*, s'enfuit à Trébizonde, chercher du 
secours près des Grecs, et Gabras* revint avec lui. Alors Bâlaq et le sultan 
de Mélitène firent alliance avec Ghâzi, fils de Tanousman. Quand on livra bataille 
les Grecs furent vaincus; Gabras et Ibn Mangoug furent pris. Gabras fut vendu 
30.000 dinars, mais Ghâzi délivra Ibn Mangoug, parce qu'il était son gendre, 
et pour ce motif, il y eut inimitié entre le sultan et Balaq, d'une part, et Ghâzi. 

La même année, Jean, empereur des Grecs, sortit et enleva trois forteresses 
aux Turcs*^. 

Ghâzi ' réunit de nouveau des troupes et envahit le pays d'Edesse. Il incendia 
les récoltes ; et comme il ne trouva personne qui vînt à sa rencontre, il entra 
même dans la région d'Antioche, y fît des captifs, et revint dans son pays. 

Balaq régna sur Hesna de Ziad et les lieux environnants; Mélitène était 
sous sa suzeraineté, et il était redouté de tous les émirs. Cependant les Armé- 
niens de Gargar dévastaient son pays par leur brigandage ; il fît dire à Michel 
de Gargar qu'il lui donnerait chaque année mille charges de froment, s'il main- 
tenait ses voleurs, et il lui donna trois villages dans son pays. Michel avait 



1. Le 14 août de la même année {Ibid.). — 2. De même dans l'arabe qui a pris Qati'a pour un 
adjectif : ov^'iMi. vj-a^-a»^ J^a u^|o. Barhébréus (p. 282) : tv.gj5, \uaj^ "^ «^û>«.|o « et il s'em- 
para de la forteresse de Qati'a ». — 3. Le sens est « son suzerain »; cf. p. 200, n. 4 et p. 204. 
— 4, La version arménienne porte simplement « Mangou-djag » ; cf. p. 204, n. 6. — 5. Duc de 
Trébizonde; cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXIV, § xïxvi, — 6. Laodicée de Phrygie, Sozopolis, etc. 
Cf. Hist. du Bas-Empire, LXXXVI, § rv, v. — 7, Ilghazi, fils d'Ortoq (mort le 3 nov. 1122). 



206 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

maintes fois fait des serments à Balaq, mais ses paroles n'avaient jamais été 
tenues. Un jour que le froment avait été expédié à Gargar, dans la nuit même, 
les pillar ds de Michel incendièrentdeux villages à Hanazit, en pillèrent plusieurs 
autres, et tuèrent les Turcs qui campaient sans précaution, pleins de confiance 
parce que les princes avaient fait la paix et les présents, c'est-à-dire le froment, 
avaient été envoyés. Quand on rapporta à Balaq ce qui s'était passé, il entra en 
colère et songea à poursuivre les Arméniens, pour leur perdition. Au moment 
d'un rude hiver, tandis que les montagnes étaient pleines d'une neige abon- 
dante, comme les gens de Gargar restaient sans préoccupation et sans garde, 
Balaq passa sur la glace de l'Euphrate, vers Goubbos, et trompa les gens de 
Gargar, en paraissant s'éloigner. Us dirigèrent des milliers' de chevaux nus' 
vers la montagne escarpée qu'on appelle Qariouna, et les poussèrent devant 
eux ; ainsi, la neige fut fendue et les troupes passèrent ; en un jour, ils arri- 
vèrent en face du couvent de Mar Bar Çauma. Pendant la nuit, ils franchirent 
la montagne de Gargar, et, à l'aurore, ils fondirent sur le malheureux pays, qui 
fut fait captif par Balaq, le lundi, l'"' de kanoun ii (janv.) de l'an 1432% et ne put 
échapper aux mains des Turcs. Il en tira et en fit sortir les gens et les bêtes 
et tout ce qui s'y trouvait; le pays demeura entièrement désert. Balaq lui-même 
se montra miséricordieux pour le peuple, il ne laissa pas périr une seule per- 
sonne d'entre eux; il ne les fit point esclaves; bien plus, il leur conserva leur 
bétail et tout ce qui leur appartenait; il leur donna des villages et les établit à 
Hanazit, sa région. II leur fit jurer qu'ils ne retournei'aient pas à Gargar, et 
(jura lui-même) : « Ceux qui s'enfuiront et retourneront de nouveau à Gargar, 
je les prendrai comme esclaves ». Ce qui eut lieu. Au bout d'une année Balaq 
revint à Gargar : il prit comme esclaves tous ceux qu'il y trouva, et brûla les 
villages, les vignes et les oliviers. Josselin marcha contre lui, et Balaq s'enfuit 
dans la montagne; comme les Francs ne purent rien contre lui, ils s'en retour- 
nèrent, et lui-même rentra dans son pays. 

En l'an 1433*, le sultan du Khorasan" envoya 100.000 hommes, avec un géné- 
ral; et ils pénétrèrent dans l'Ibérie pour y régner. Le roi des Ibères* ferma 
derrière eux tous les défilés, et il les fit tous périr au fil de l'épée'. 

La même année, Josselin pilla le pays de Goubbos. 

La même année, Jean, empereur des Grecs, fit la guerre au peuple des 
Comans, et depuis lors ils furent sous la dépendance des Grecs*. 

l.BH : « raille ». — 2, C.-à-d. libres, sans harnachement. — 3. 1122; cf. p. 186, n. 3. — 4. En 
réalité 1121. — 5. Mahmoud II Moghît ed-Dîn fils de Mohammed (1118-1131). Il régnait sur l'Irak 
que sou oncle Sindjar lui laissa en usurpant l'empire. — 6. David II, fils de Georges II, roi de 
Géorgie. — • 7. Sur cette guerre, cf. Hist . du Bas-Emp., LXXXVI, § v; Gesch. des Chai., III, 
236 ; Matth. d'Edesse, Irad., p. 303-304. — 8. L'auteur paraît confondre ici les Comans avec les 
Patzinaces. Cf. Hist, du Bas-Emp ., LXXXVI, § vu. 



LIVRE XV. CHAP. XII 



207 



Vévéque Basilius d'Edtsse^, qui se trouva Z«, écrivit à propos des Comans. 
Il s'exprime ainsi : Quand ces Gomans vinrent contre Gonstantinople, l'empe- 
reur Jean usa de ruse ; il fit [la paixj' avec eux. Lorsqu'ils se furent mélangés 
et furent entrés dans les villes, même à Gonstantinople [601] et dans le camp 
de l'empereur, il envoya au même moment l'ordre de s'emparer d'eux partout 
où ils se trouvaient. On se saisit d'environ 3.000 d'entre eux dans le camp de 
l'empereur, et dans chaque ville plus ou moins. Le jour même où ils furent 
pris, l'empereur allait avec ses troupes à leur camp. Selon leur coutume, ils 
avaient entouré leur camp de chariots et se défendaient. Gomme les Grecs 
avaient lutté plusieurs jours sans pouvoir pénétrer à l'intérieur des chariots, 
l'empereur descendit de sa monture et ordonna que tous les cavaliers combat- 
tissent à pied. Ainsi le combat s'accentua, ils s'élancèrent, pénétrèrent (à l'inté- 
rieur) et massacrèrent la plupart d'entre eux; ils s'emparèrent de leurs chefs et 
d'un grand nombre d'hommes qu'ils amenèrent comme esclaves à Gonstanti- 
nople. Et cette victoire procura un grand soulagement à cet empereur. 

Ges Gomans sont une fraction des Turcs; leur langue est turque ; mais ils 
ne connaissent ni Moyse, ni les prophètes, ni le Ghrist notre Seigneur, ni 
Mahommet, Partout où ils vont, ils ont avec eux leurs femmes, leurs enfants et 
leurs bagages; et ils se protègent par des chariots de bois, dont ils forment un 
mur autour de leur camp. A cette époque, ils montèrent des rives du fleuve 
Danube et vinrent pour s'emparer de Gonstantinople, jusqu'au moment où cet 
empereur remporta sur eux une grande victoire; et, depuis lors, ils furent 
soumis à l'empire des Grecs. — Fi\i. 



En l'an 1431, le jeudi premier de ka- 
noun II (janv.), il y eut à la troisième 
heure un violent Iremblement de terre, 
qui détruisit beaucoup d'endroits, 

A cette époque, il y eut une grande 
famine à Jérusalem . [S98] Or, cesphrer, 
c'est-à-dire « frères », qui s'appellent 
dâwiyah^ c'est-à-dire « divins », don- 
naient et distribuaient aux pauvres, se- 



Bar Çabouni alla de mal en pis. II se 
rendit près du patriarche des Francs*, 
qui résidait à Antioche, et se plaignit 
très méchamment du patriarche Mar 
Athanasius. Il fit en sorte [S98] que 
l'Eglise des Orthodoxes tomba dans le 
mépris vis-à-vis des hétérodoxes. 

Or, le patriarche franc avait fait 
amener Mar Athanasius du monastère 



1. L'expression « qui se trouva » semble indiquer que l'auteur fut présent. Il s'agirait soit de 

"Éasile bar Çabouni, soit plutôt do Basile bar Soumana, d'abord év. de Kaisoum, puis d'Édesse 

(1142), qui raconterait alors un voyage de sa jeunesse. — 2. Mot omis par le copiste; vers. ar. : 

3. Vers. ar. : ^o^ uJi| omoU. ijjj paraît être la transcription d'un mot franc. 

4. Bernard de Valence, premier pair. latin, d'Antioche (1100-1 136). Cf. Oriens Christ., III, 1153. 



208 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Ion leur coutume, sans diminution ; 
comme le froment qu'ils avaient se con- 
sumait et diminuait, les économes pres- 
sèrent les chefs et les directeurs : ils 
entrèrent et virent les celliers' vides, 
il lie restait dans chacun que peu de 
chose. Ils se dirent entre eux : « Ce peu 
qui reste, quand même nous retranche- 
rions la part des pauvres, ne nous suf- 
firait pas ; qu'on distribue donc comme 
de coutume, et qu'on ne retranche rien 
aux pauvres. Mais pauvres nous-mêmes, 
nous en userons également tant qu'il en 
restera, jusqu'à ce que tout soit con- 
sommé, et alors nous mourrons avec les 
pauvres ». Telle fut la pensée des direc- 
teurs, et tous furent unanimement d'ac- 
cord avec eux. Ils décidèrent ainsi : et 
tous acceptèrent un tel sentiment. Ils 
distribuaient donc aux pauvres, sans 
diminution, comme de coutume. Le 
Seigneur, qui avait nourri dans le dé- 
sert des milliers de gens avec quelques 
pains, les visita. Dès que les économes 
entrèrent, ils trouvèrent tous les cel- 
liers surabondamment pleins et regor- 
geant de froment, d'orge, de vin et de 
légumes. Et ce prodige fut partout pro- 
clamé, pour la gloire de Dieu. 

Au commencement de kanoun ii 
(janv.), en l'an 1431, le feu tomba à 
Constantinople, et détruisit dix mille 
maisons et boutiques. 

Au mois de 'iyâr (mai) de cette même 
année, la sauterelle volante, arriva h 



d'Aqsar % (situé) dans la région, et 
le fit entrer à Antioche malgré lui. On 
le conduisit à la grande église de Mar 
Petrus, qui est appelée de Cassianus. 
Ils lui demandèrent d'absoudre Bar Ça- 
bouni ; mais il n'y consentit pas. Les 
Francs voulurent frapper les Syriens 
et le patriarche, car ils étaient irrités 
pour le motif que voici : Quand ils 
amenèrent le patriarche à leur église, 
ils le traitèrent avec honneur et le 
prièrent en disant : « Fais grâce, et 
absous cet évêque ; car Edesse est une 
ville qui nousappartient » . Le patriarche 
répondit : « Il est trop coupable ». 
L^'interprète^ qui ne comprit pas le sens 
du mot, répéta : « Il dit : Il me doit de 
l'or ' » Les Francs s'écrièrent ; « Mais 
c'est là (l'œuvre) de Simon ' et non de 
Pierre! Il ne convient pas à des chré- 
tiens de priver un évêque de son office 
pour une dette d'argent ». Et comme 
l'interprète ne put pas leur faire com- 
prendre, le (patriarche) franc ajouta : 
« Si, selon vos usages, vous traitez les 
affaires aux prix de l'or, imagine-toi 
qu'aujoui'd'hui tu as fait cadeau à cette 
église de dix mille dinars, en déliant 
celui-ci qui a cherché en elle un re- 
fuge ». Le patriarche ne pouvant plus 
leur répliquer promit d'absoudre Bar 
Çabouni. Ils lui dirent : « Ecris-donc 
présentement, et délie-le », et ils lui 
donnèrent un papier pour qu'il écrivît. 
11 le prit, et en se mettant h écrire, il 



1, Il faut probablement lire : m)» tu^ (iîjU vl»-) ; vers. ar. : jttîSs, û>o. 

2. Sic ras. et vers. ar. >msHI , Barhéhr. a lu (probablement avec raison) : Uo^ « Dovaïr m; cf. ci- 
dessous, p. 231. — 3. Le même mot syriaque, hayab, signifie reus et dehitor. — 4. Cf. Act, 
apost., viii. 



LIVRE XV. GHAP. XII 



209 



fixa Bar Çabouni, qui se tenait là, et lui 
dit : « Abou Ghalib, [S99] vois oii tu 
m'as amené ! » Le misérable ne garda 
pas le silence, mais il répondit avec 
arrogance et dit : « Si je suis Abou 
Ghalib, tu es Abou '1-Faradj ! » Cette 
parole poussa le patriarche au dérègle- 
ment. Il s'irrita, rejeta le papier, tendit 
le cou et dit : « Coupe-moi la tête; je 
ne délierai pas cet homme ! » Les Francs 
ordonnèrent de le frapper. Un évêque 
âgé d'entre les Francs fit observer au 
patriarche : « Si ces misérables sont 
coupables et méritent les coups, cepen- 
dant, il ne nous convient pas d'employer 
les coups au milieu de l'église n. Or, la 
bonté de Dieu agissant, leur colère se 
calma et ils laissèrent le patriarche et 
ceux qui l'accompagnaient. Ceux-ci sor- 
tirent de la grande église et vinrent à 
l'église de la Mère-de-Dieu des Syriens, 
qui est à Antioche. Les Francs prescri- 
virent de ne pas lui laisser franchir la 
porte de la ville avant qu'ils n'aient ras- 
semblé un synode ; et leur patriarche 
envoya chercher leurs évêques pour 
qu'ils se réunissent. 

Mar Athanasius demeura dans l'é- 
glise, et dans les pleurs et l'affliction. 
Ensuite, cinq jours après qu'il eut été 
placé dans une cellule (le patriarche la- 
tin) en fit. fermer la porte et ne laissait 
personne communiquer avec lui. Alors 
le reste des prêtres et le peuple étaient 
plongés dans l'affliction ; des prêtres 
allèrent chercher 'Abd al-Mesyah, le 
philosophe, qui était d'Édesse, fils d' Abou Radha; il était chalcédonien, mais il 
aimait le patriarche, et celui-ci avait confiance en lui. Cet homme vint; il entra 



Mélitène et mangea un peu les récoltes. 
Et comme il y eut des rogations [o99] 
fréquentes et très pieuses, la bouche de 
la sauterelle fut liée, et elle ne dévora 
plus, mais elle périt et disparut. Cepen- 
dant elle déposa ses œufs, et peu de 
temps après parut la sauterelle ténue, 
qui rongea un peu les arbres et les 
vignes et périt aussitôt. 

La même année, une ville de Perse, 
appelée ArdbîP, fut subitement englou- 
tie et devint un lac d'eau : tous ses ha- 
bitants furent noyés au milieu d'elle. 

En Fan 1432, il y eut un hiver rigou- 
reux, pendant40 jours ; l'Euphrate gela 
ainsi que les autres fleuves; ils fournis- 
saient un passage, comme la terre 
ferme. 

Au mois de 'iyâr (mai) de la même 
année, le 30 de ce mois, dans la nuit du 
lundi, apparut un arc complet, ce qui 
n'avait point été observé depuis de nom- 
breuses générations. On regardait même 
comme contraire à la nature, ou du 
moins au-dessus de la nature, que, le 
soleil étant sous la terre, ou selon l'opi- 
nion d'autres gens, derrière les mon- 
tagnes, c'est-à-dire au déclin septen- 
trional, un arc paraisse pendant la nuit, 
et non comme 11 avait coutume d'apparaî- 
tre, mais bien complet. C'est un fait 
merveilleux pour quiconque y réfléchit ; 
mais c'est chose facile pour celui qui 
peut et fait tout ce qu'il veut. — Fin. 



1. Lire : ■'^■as»»! avec la vers. ar. ; {J-jjlj, 
III. 



27 



210 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

près du patriarche, et ils causèrent ensemble. Ensuite le patriarche se leva, et se fit 
présenter au prince de la ville, [600] qui, à cette époque, était Roger. Il lui offrit des 
présents considérables et obtint de lui un édit lui permettant de franchir la porte de 
la ville et de s'en aller à son monastère. Roger envoya dire à leur patriarche : « Tu 
n'as pas à juger les Syriens; car cette autorité ne t'appartient pas ». 



CHAPITRE [XIIlj. — De l'époque à laquelle le roi de Jérusalem et Josselin 
d'Edesse furent pris par Balaq. Sur la révolte qui eut lieu â Hesna de Ziad; sur 
lamort de Balaq, et sur les autres affaires civiles et ecclésiastiques de cette époque. 

En l'an 1434, l'émir Balaq entra dans le pays d'Antioche; les Francs se réu- 
nirent contre lui, et pendant quatre mois leurs camps se dressèrent en face l'un 
de l'autre; ensuite, ils se dispersèrent sans combat'. 

Le comte Josselin, sa femme étant morte, prit pour seconde femme la fille 
de Roger d'Antioche, et voulut la conduire à Edesse. Balaq lui tendit des 
embûches sur la route et s'empara de lui '. Il l'envoya à Boula ; et Balaq eut un 
grand renom parmi les Turcs. Des tribus se réunirent autour de lui, et ils 
entrèrent de nouveau dans le pays des Francs. 

Michel l'Arménien ^ qui était à Gargar, voyant que les Turcs dominaient, 
donna Gargar au roi* et prit pour lui un endroit situé dans son pays. Le roi 
accepta Gargar et y plaça une garnison. Il réunit son armée, et vint pour chasser 
les Turcs du [602] pays de Hesn-Mançour et de Kaisoum. 

Et tandis que les Francs campaient près du fleuve Sindja ", les gens de Balaq 
placés en embuscade s'avancèrent contre eux à ce moment, attaquèrent le camp 
des Francs, prirent le roi et massacrèrent ceux qui l'accompagnaient. 

Josselin et Galeran furent pris, à la vigile de la fête de la Croix, et le roi 
Baudoin fut pris le mercredi de la semaine in albis de la même année ^. 

Gomme le roi de Jérusalem était enchaîné, les pays restant ainsi sans chef 
ni maître, les Égyptiens pensèrent qu'ils pourraient s'emparer de Jérusalem 
et du reste du pays. Ils envoyèrent deux armées : une par terre et l'autre par 
mer. Dieu brisa ceux qui venaient par terre, en face de ceux qui suppliaient 
dans la prière et la rogation. Après être demeurés sept jours dans la prière et 
le jeune, ceux-ci sortirent de Jérusalem, et la grande armée des Egyptiens fut 
broyée en leur présence, car c'est Dieu et non pas l'homme qui les anéantit. 
Les Francs prirent leurs chameaux et toute leur richesse, et ils rentrèrent à 



1. A l'été de 1122. Matth. d'Ed., trad. p. 306. — 2. 13 sept. 1122. Cf. Rôhricht, Gescti. der 
K6n. Jerus., p. 154. — 3. Fils de Goastantia. — 4. Au roi « Baudoin » (BH). — 5. Le Singas 
de Ptoléinée, — 6. 18 avril 1123. Cf. Matth. d'Éd,, p. 307; Rôhricht, op. cit., p. 155^ 



LIVRE XV. CHAP. XIII 211 

Jérusalem en grande joie. Ils passèrent de nouveau vingt et un jours dans la 
prière, en jeûnant. Gomme l'autre armée des Egyptiens, qui était venue par mer 
sur des navires, parvenait à 'Akko, Dieu disposa le peuple des Vénitiens, qui 
venaient pour prier et qui arrivèrent à ce moment précis'. En voyant les 
Taiyayê, ils se disposèrent au combat. Dieu donna la victoire aux Francs : ils 
massacrèrent et achevèrent les Taiyayô. Ils se fortifièrent, les gens de Jérusalem 
se joignirent à eux, et ils mirent le siège devant Tyr*. 

[603] Balaq, après avoir pris le roi, assiégea Hesn-Mançour. Ils la lui livrèrent 
pacifiquement : les Turcs cruels firent le peuple captif et incendièrent la ville et 
la région. Ensuite les Francs sortirent de Gargar, et les Turcs y entrèrent. 

Balaq enferma le roi, Josselin et les autres Francs, à Hesn-Ziad, dans une 
fosse. Pour lui, il descendit et enleva Ilarran et Alep' aux Taiyayê; et Tell Baser 
et trois autres forteresses aux Arabes [ou aux] Francs*. 

Il y eut alors une révolte contre lui à Hesna de Ziad. Des Arméniens se trou- 
vaient dans la forteresse, où ils faisaient un travail. Voyant que la forteresse 
était solide et qu'il ne se trouvait que quelques (soldats), ils se réunirent près 
de la porte, se plaignant de leur salaire. Ils s'élancèrent subitement, s'empa- 
rèrent des glaives qui étaient déposés là, et tuèrent les trois hommes qui gar- 
daient la porte, puis ils coururent faire sortir le roi, Josselin et les autres. Ils 
tuèrent les faiyayê et s'emparèrent de la forteresse. Les gens de la ville 
s'assemblèrent et se mirent à les attaquer. Alors Josselin usa de ruse. Il sortit 
pendant la nuit, avec un Arménien, ayant juré au roi de ramener une armée et 
de revenir pour garder la forteresse, s'ils le pouvaient, sinon pour prendre le 
roi et s'en aller. Quand Josselin fut parti, Balaq arriva et dressa quatre batistes : 
les murs s'écroulèrent, et alors les Francs sortirent; après les avoir cruellement 
torturés, il massacra soixante-dix d'entre eux°. Alors, il prit avec lui le roi et 
Galeran, fils de la sœur du roi ^, et retourna précipitamment, parce qu''il avait hâte 
de ravager toute la terre. Comme il assiégeait Mabboug, les habitants man- 
dèrent à Josselin de venir les délivrer de Balaq, promettant de lui payer tri- 
but. Josselin vint, et ils combattirent depuis le matin jusqu'au soir. Le sei- 
gneur de Kaisoum fut tué : il s'appelait Le Moine Geofroy \ 11 était parti de 
Rome étant encore moine; ayant fait à Jérusalem des exploits dans le combat» 
ils l'instituèrent général. Quand le roi vint pour garder le pays, il l'amena et lui 
donna Kaisoum, Rab'an et Mar'as. Ce héros fut tué dans cette bataille. 



1. 30 mai 1123. — 2. Cf. Gesch. des Kon. Jérusalem, p. 163 et suiv. — 3. 27 juin 1123. Cf. op. 
cit., p. 1.55, ISfi. — 4. Ms. « aux Arabes Francs >i, et de même dans la vers, ar, : >,^;-a^ la;^ jo. — 
5. Le 16 sept. 1123, selon Kamal ed-Dîn. Cf. Matth. d'Edesse, trad. p. 308 ; Gesch. des K. 
Jerus., p. 157. — 6. Selon Mattliieu d'Edesse (trad., p. 309) il faut lire ; « Galeran et le neveu... ». 
Il les conduisit à Harran, selon Kamal ed-Dîn. — 7. « Goisfridus Monachus », comte de « Mares « 
(Mar'as); cf. Gesch. des K. Jerus., p. 161, n. 4. 



212 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



La bataille cessa; au matin Balaq se leva de bonne heure, il approcha du 
mur afin de reconnaître une place pour les balistes. Là, un trait partit du mur, 
lefrappa et il mourut'. Ses troupes s'enfuirent à Alep, où elles se donnèrent pour 
chef un cousin^ de Balaq. Celui-ci vendit le roi pour cent mille dinars. Le roi 
Baudoin retourna à Jérusalem; et une partie des Turcs retourna à Hesna de 
Ziadj oîi ils se donnèrent pour chef un homme nommé Soleiman \ de la famille 
des Ortôqayê. 



En l'an 1433, le 18 de kanoun i" 
(déc), il y eut un tremblement de terre, 
quatre fois pendant la nuit et quatre 
fois pendant la journée. Dans ce trem- 
blement, les rochers se fendirent dans 
le pays de Çamha, sur la rive de l'Eu- 
phrate; beaucoup d'endroits furent en- 
gloutis et devinrent le tombeau de leurs 
habitants. 

En l'an 1434, il y eut partout une 
disette de pluie, et il survint une grande 
famine, surtout dans la contrée orien- 
tale. 

La même année, le feu tomba de nou- 
veau h Constantlnople : des maisons, 
des palais, des églises, des monastères 
y furent consumés; il tua* aussi des 
gens et des bestiaux. 

En l'an 1434, il y eut parmi les 
oiseaux un combat acharné et une lutte 
dans les airs : il y eut victoire et défaite. 
Pourquoi et comment arriva cet événe- 
ment, personne n'en sait la cause 
exacte, car celui-là seul qui connaît tout 
en sait [602] la raison'. Il se passa ainsi. 
Tout à coup les cigognes, c'est-à-dire 
les ahoa 'l-houdjidjê^ s'assemblèrent de 
partout, et les grues, c'est-à-dire les 



En l'an 1431, le 26 de nisan (avr.), 
Dionysius, qui est Bar Maudlana, mou- 
rut et fut enseveli dans la grande église 
de Mélitène. Il exerça le suprême sacer- 
doce pendant 50 ans : 32 ans comme 
évêque, 12 ans comme métropolitain de 
Mélitène, et 6 ans après que cette ville 
lui fut enlevée. 

Le patriarche Mar Athanasius, après 
être sorti d'Antioche au milieu des in- 
jures, ne put ensuite demeurer dans 
l'empire des Francs. Ayant abandonné 
la région d'Antioche, il alla à Amid, 
ville de Mésopotamie, qui était aussi le 
diocèse particulier du siège patriarcal. 
Il résidait dans le monastère de Qanqrat. 

Il continua de frapper Édesse d'ana- 
thèmes; il priva l'église de cette ville 
de tout office^ et même de cloche, à 
cause de Bar Çabouni. Pour cela, il y 
eut une grande corruption dans le dio- 
cèse [602] d'Edesse et en dehors. Les 
prêtres se révoltèrent et s'insurgèrent 
les uns contre les autres, ainsi que le 
peuple. Ils abandonnaient leurs églises 
et allaient aux églises des hétérodoxes. 
Dès lors, les Edesséniens prirent l'habi- 
tude de faire baptiser leurs enfants dans 



1. 6 mai 1124. Cf. Gesch. d. K. Jeriis.,^. 161; Gesch. der Chai., III, 241. — 2. LiUér. 
lils de soa oncle paternel » (Timourtas ibn Ilghazi). — 3. Soleiman ibn Ilghazi. 
4. '^^o, — 5. Cf. Matth. d'Édksse, trad., p. 310, — 6. Arab. : <tfji^ j\. 



le 



LIVRE XV. GHAP. XIV 



213 



les églises des Francs. Et tout cela 
n'affligeait pas les pasteurs et ne les fai- 
sait pas réfléchir ! et à la vérité, l'Église 
des Orthodoxes subit un grand dom- 
mage dans cette perturbation qui eut 
lieu parmi les pasteurs. 

Pendant que Mar Athanasius s'attar- 
dait à Amid, il lui poussa là une autre 
épine, h cause de l'obstination et de 
l'opiniâtreté. 

Il y avait dans le diocèse d'Amid 
quelques notables appelés les Bené 
Qorya, qui habitaient dans le village^ 
même de Qanqrat. A la génération 
précédente, il y avait eu une dispute 
entre leurs parents et les parents du 
patriarche, dont la famille s'appelait les 
Benê Komara. Or, le patriarche étant 
allé se fixer dans le monastère de Qan- 
qrat, et les gens de Beit Qorya ayant 
des maisons et des champs et étant 
puissants en ce lieu, il y eut du trouble 
entre eux et le patriarche, h propos de 
certains champs. Ces gens se mirent à 
accuser le patriarche devant le gouver- 
X neur. Pour ce motif, le patriarche ex- 

communia le diacre Isaac, fils de Qorya. C'est pourquoi le mal s'aggrava ; la discorde 
grandit entre eux, et il y eut, tant à Amid que dans tout le reste du diocèse, beaucoup 
de dommages causés. — Le patriarche aussi fut opprimé, comme nous le montrerons 
par la suite. 



qourlé^, s'assemblèrent aussi; il y eut 
deux camps au-dessus du fleuve de 
Tellakhoum. Après s'être rassemblées 
pendant plusieurs jours, quand elles 
arrivèrent à la fin, comme plusieurs 
qui l'ont vu l'attestent, elles envoyèrent 
pour ainsi dire des messagers d'un 
camp à l'autre, au nombre de cinq ou 
de dix. Après plusieurs (messages), 
les deux camps s'élancèrent tout h coup 
et poussèrent un grand cri : elles se 
tuaient les unes les autres, et celles qui 
étaient tuées et mouraient tombaient 
à terre. Cigognes et grues tombèrent 
au point de s'accumuler en monceaux 
sur la terre. La lutte entre elles dura 
depuis la troisième heure du jour jus- 
qu'il la neuvième. A la fin, les cigognes 
furent vaincues : une multitude de ci- 
gognes périrent, et celles qui restaient 
prirent la fuite. Les grues poursui- 
vaient les cigognes au milieu de leurs 
nids, et celles d'entre elles qui étaient 
trop jeunes périrent. — Fin. 



[CHAPITRE XIV]. — Nous avons copié entièrement ce chapitre, qui est placé à 
la fin de ce Livre, dans un ouvrage écrit en arabe. On y trouve donc des his- 
toires qui se sont passées auparavant; et cela pour deux raisons : première- 
ment, parce que les Arabes comptent les années lunaires; et secondement , 
parce que nous n'' avons trouvé le livre arabe que plus tard. Donc, celui qui lit 
doit comprendre que l'histoire écrite ci-dessous au sujet deNedjm ed-Din Ortô- 



1. Ar. : ^JjS, « oiseau d'eau ». — 2. xâutpov. 



214 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

qaya, qui régna à Alep, précède celle de Balaq écrite plus haut, puisque Balaq 
régna sur la ville d'Alep après la mort de Nedjm ed-Dtn. 

On apprend des livres arabes écrits en Assyrie et à Babylone qu'en l'an 500 
des Arabes', alors que le khalife desTaiyayê, à Bagdad, était Moustadhir' et le 
sultan du Khorasan Ghyât ed-Dîna% son vizir nommé Abou '1-Moudhfir *, fut 
tué par les Ismaïliens. La même année, les Ismaïliens massacrèrent Kosdhe- 
kîn% un des grands du sultan. Le sultan Ghyat ed-Dîna en fut irrité, et tous 
les Ismaïliens qui furent trouvés dans l'empire des Taiyayô furent massa- 
crés. 

Ces Ismaïliens, quoique descendant des Arabes, forment cependant une tribu 
(distincte): ils ne suivent ni les Arabes ni les Turcs dans la religion ou les usages. 
Ils disent du Christ, que s'il est bien celui que les Prophètes ont annoncé, il 
n'a cependant pas opéré la rédemption, parce que quand les Juifs voulurent 
s'emparer de lui pour le mettre à mort, il s'enfuit au ciel. Il doit revenir de nou- 
veau, et alors il opérera la rédemption. Sur Mahomet, ils débitent des choses 
honteuses^ et n'acceptent point son Livre. Ils se livrent eux-mêmes à la mort 
sans pitié, quand ils tirent vengeance de leurs oppresseurs, dans l'espoir delà 
récompense qui leur sera accordée dans l'autre monde". 

En la même année 500 des Arabes, Saif ed-Daulah Çadiqah ibn Dobeis', roi 
des Arabes, s'empara de Tagrit, pour la raison [6041 suivante : Il y avait à 
Tagrit un Dilaimite, nommé Qai[qob]ad ibn Hedharesb \ méchant scélérat, qui 
détruisit la grande mosquée des Arabes, qui était proche de la citadelle. Les 
Arabes ayant excité du tumulte contre lui, il prit la grande église des Chrétiens 
et la donna auxfaiyayé. En l'an 1433", la grande et magnifique église de Tagrit, 
qu'on appelait hi'at al-kourrâlh", c'est-à-dire « église du poireau"», avec ses 
superbes ornements, tout son trésor '% ses maisons et ses boutiques, fut prise 
et donnée aux Taiyayé. Comme les troubles entre Chrétiens et Taiyayé se mul- 
tiplièrent, le grand sultan Ghyat ed-Dina envoya un émir nommé Aqsonqor ". 



1. L'an 500 Hég, commence le 2 sept. 1106. —2. 1094-1118. —3. Mohammed Ghyat ed-Din; 1105- 
1118. — 4. Fakr al-Moulk abou '1-Moudhfir. — 5. Même orthographe dans la vers, arabe. — 6. Sur 
la secte des Ismaïliens ou Assassins, cf. Notices et Extraits des mss., t. IX (Mirkhond); Méin. de 
l'Acad. des Inscript., t. XVI (de Sacy). — 7. Çadaka ibn Mançour ibn Uobeis (Çadaka ibn 
Madhyad). — 8. Même orthographe dans la version arabe. Restituer : oasj»©! ;= ilatuxs. — 9. En 
1400 (= 1089) selon Barhébreus {Chr. eccL, II, 310). Cette date est exacte; celle de 1433 est établie 

d'après la concordance erronée des canons chronologiques. — 10. Lire : »1;îi^ ^^»^ := tli' j^JI A»^. 
— 11. C'est-à-dire : « église verte n. Le mot syriaque signifiant « poireau » s'emploie aussi pour 
« vert, couleur verte ». Cette église était dédiée à Mar Ahoudemmeh (Barhébr., loc. cit.). — 
12. xEinr,).'.ov. — 13. Aqsonqor al-Boursouqi. 



LIVRE XV. GHAP. XIV 215 

Il attaqua Tagrit pendant sept mois; son seigneur, réduit à l'extrémité, la livra 
au roi Arabe Çadiqah, et lui-même s'éloigna et mourut 14 jours après *. 

Quand le sultan Ghyat ed-Dîna apprit que Çadiqah, fils de Dobeis, régnait 
à Tagrit et s'était révolté contre lui, il rassembla ses troupes turques et 
s'avança vers lui; alors Çadiqah rassembla les troupes arabes, et une bataille 
fut livrée sur le fleuve appelé Nahr Qanî^ Là, les Arabes furent vaincus et 
Çadiqah, leur roi, lut tué'. 

Alors cessa totalement l'empire des Arabes, en l'an 500 des faiyayô, dans le 
comput des années lunaires, qui est l'an 1433 des Grecs, [70] ' ans après l'exode 
des Turcs. 

En l'an 502 des faiyayê^ un certain émir, nommé Altondhekin% sortit à l'ins- 
tigation du sultan Ghyat ed-Dîna, pour marcher contre les Francs. Le sultan 
lui donna Mossoul, Djézireh et Nisibe, et prescrivit à la plupart des émirs d e 
marcher avec lui'. Quand il arriva à Mossoul, Djâwali nayant pas consenti à la 
lui livrer, il disposa contre elle des balistes et de violentes attaques. Le ven- 
dredij pendant que les Taiyayé étaient à la prière, les hommes de Maudoud'mon - 
tèrent sur les murs, Djâwali et ses hommes se fortifièrent dans la ciLadelle . 
Alors Maudoud" leur fit un serment. Djâwali sortitavec ses hommes et se rendit 
près de Nedjm ed-Dîn", fils d'Ortoq, à Mardè. Ils rassemblèrent des troupes 
et montèrent combattre les Francs, afin de se faire un nom auprès du grand 
sultan, attendu que Maudoud n'avait pas marché contre les Francs, mais était 
retourné près du sultan. Or, Josselin d'Édesse s'allia avec Djâwali, qui l'avait 
traité honorablement à Mossoul, et Rodhwan d'Alep s'allia avec le roi'°. Djâwali 
et Josselin furent vaincus ". 

En la même année^ 50[2]" desfaiyayô, les Francs prirent Tripoli, sur le rivage 
de la mer, [àj'^Abou 'Ali fils de 'Imrâm". Après de grands combats, ils la 
reçurentsouscondition, maisquand ilsy entrèrent, ils massacrèrent les troupes, 
firent captifs les habitants et tout le pays, et les vendirent comme esclaves. 

La même année, llbazmis, fils d'Ortoq, tomba de cheval et mourut. Les 
Francs sortirent, prirent Houtârib '% et y tuèrent deux raille personnes; puis ils 
vinrent à Mabboug qu'ils pillèrent ; ils régnèrent aussi sur cette ville, et 
s'avancèrent jusqu'à Balas qu'ils incendièrent'*. 



1. Cf. Gesck.der Chai., III, 158. — 2. Vers. ar. : .j?oia). — 3. Cf. op. cit., p. 159. — 4. Ms. 
et vers. ar. : « 3 ans » ; il faut lire 70 aus (^a. au lieu de ^), car les tableaux chronol. placent 
l'avèaement de ïogrilbek en l'an 430 Hég. — 5, Comm. 11 août 1108, — 6, ,j3,jC>^, Maudoud ibn 
Altountekin. — 7. Cf. Gesck. der Chai., IH, 155, n. 1. — 8. Lire io»a». L'orthographe de la 
vers, ar, est identique à celle de notre ms. — 9. Ilghazi. — 10. Tancrède d'Antioche. — 11. Cf. 
Gesch. der Chai., III, 192; Gesch.d.K. Jerus., p. 76, — 12. M s. : 500, Tripoli capitula le 12 juill. 
1109 (502 Hég.). — 13. oa] [,»]. — li. Sic ms. et vers. ar. ; Abou 'Alî ibn 'Ammar. — 15. Ortho- 
graphe singulière et anormale pour désigner Atharib. — 16. Cf. Gesch. des K. Jerus., p. 88. 



216 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Quand Ibn Rodhwan revint de Bagdad et vit qu'il ne pouvait s'opposer aux 
Francs, il leur envoya 32 mille dinars, 20 mulets' et 40 pièces de soie '. L'ata- 
begTogtikin», seigneur de Damas, leur envoya dix mille dinars, et le seigneur 
de Hamah *, 2 mille, et le seigneur d'Ascalon% 4 mille, et ils firent la paix''. 

En l'an 505 \ le sultan Ghyat ed-Dîn envoya de nouveau des troupes avec 
Maudoud pour combattre les Francs. Lorsqu'il parvint à Sabaktan, ils s'em- 
parèrent de plusieurs forteresses et vinrent contre Édesse, mais ils ne purent 
s'en emparer; ils attaquèrent sans succès Tell Baser, et vinrent à Alep. On ne 
leur permit pas d'y entrer. Soqman', seigneur deKhélat', tomba malade; ils 
l'emportèrent et l'emmenèrent; il mourut en route '°. Les Francs se réunirent 
contre Maudoud et l'attaquèrent trois fois dans la même journée. La première 
fois Maudoud fut vainqueur, mais ensuite il fut vaincu et s'enfuit à Damas. Un 
vendredi, après leur prière, il sortit et^ tandis qu'il s'inclinait" etprenait la main 
du seigneur de la ville, un Ismaïlien sauta sur lui et le frappa d'un couteau : il 
mourut'^ 

La même année Rodhwan, seigneur d'Alep, fut tué", et son fils « Le Muet » ré- 
gna". 

En l'an 508 des faiyayê'^ les troupes du sultan Ghyat ed Dîn s'avancèrent 
avec son fils Abou 'I-Fatah Mas'oud, et Qasim ed-Daulah, fils d'Aqsonqor'^ pour 
attaquer les Francs. Quand ils arrivèrent à Mossoul, Tamirek-Arsian " et Zan- 
gui'*, fils d'Aqsonqor, sortirent à leur service, et ils vinrent à Gozartha, où 
se trouvaient alors ceux qu'avait établis Maudoud, qui la leur livrèrent. Ils 
arrivèrent à Nisibe, et ces mêmes (gouverneurs) se mirent aussi d'accord avec 
eux. Quand ils parvinrent à Mardê, Nedjm ed-Dîn Ilghâzî sortit au service du 
fils du sultan, [603] et envoya avec lui Ayaz" et 300 cavaliers. Quand ils passèrent 
à Sabaktan^" Nedjm ed-Dîn envoya trouver les Francs pour les rassurer; cela 
ayant été connu du fils du sultan, il s'empara du fils de Nedjm ed-Dîn, et le 
mit aux fers; ils pillèrent" sa région et mirent le siège contre [Dara]^^ 
Nedjm ed-Dîn alla à Sahrzôr et rassembla une nombreuse troupe ; Rokn ed- 
Dîn, son cousin ^% seigneur de Hesna de Kêphâ, vint le trouver, ainsi que Balaq 



1, Je lis : Ua»_»o2 (vers. ar. : ^^>çf ). Barhébr. : U^'i] I^mo-od^ 20 « chevaux arabes «. — 2. BH : 
t»*», des étoffes princières ». — 3. Toglikin (1103-1128), Le nom est défiguré dans notre copie 
et dans la vers. ar. — 4. 'Alî al-Kurdji. — 5. Sems el-Khilafa était gouverneur d'Ascalon ; cf. 
Gesch. d. K. Jerus., p. 90. — 6. Cf. Gesck. der Ckal., III, p. 193. — 7. Comm. 10 juill, 1111. — 
8. Lire : v^lsaïuo — 9, >è^j. — 10. Cf. Gesch. d. K. Jerus., p. 91, — 11. Lire ; "^lo «ûS) fia. — 
12. Sept. 1113 (507 Hég.). — 13. 10 déc. 1113 (507 Hég.). — 14. Alp Arslan al-Akhras, Aihras 
signifie o muet » ; en réalité ce prince était bègue. — 15. Comm. 7 juin 1114. — 16. Sic ms.Aqson- 
qor al-Boursouqi. — 17. Seigneur de Sindjar, Ms. : fîls de Raslân. — 18. Ms. : Dengui. — 19. Son 
propre fils. — 20. ^jv '^a it N . — 21. Lire aa*o. — 22. Sic. vers. ar. (|»h >2^), — 23. Lire : ^o» ; en 
outre, au lieu de Rokn ed-Dîn, il faudrait « Rokn ed-Daulah son neveu » : Daoud ibn Soqman. 



LIVRE XV. GHAP. XIV 217 

(fils de) Behram son autre frère. Il réunit des fantassins innombrables. Il vint 
donc avec une forte armée à la rencontre du fils du sultan, pour délivrer son 
propre fils. Quand ils arrivèrent à Qourdis, dans le voisinage de Dara, il se 
trouva là des hommes de l'armée du fils du sultan, qui campaient et ne s'aper- 
çurent de rien. Quelques cavaliers de Nedjm ed-Dîn, les ayant vus, vinrent sur 
eux, et ils furent tous pris ; parmi eux était Tamireg, seigneur de Sîgar, et 
le seigneur de Nisibe, et celui de Maksîn. Quand le fils du sultan apprit que 
ses troupes avaient été défaites, il abandonna Dara et s'enfuit à Nisibe. Nedjm 
ed-Dln descendit, prit les tentes et tout ce qu'ils avaient. Quand le fils de Nedjm 
ed-Dîn vit qu'ils fuyaient précipitamment, tandis qu'il faisait nuit et que personne 
ne se préoccupait de son voisin, comme il était chargé de chaînes, il se laissa 
choir de son mulet et se cacha dans la synagogue des Juifs. Un Curde informa 
son père ; celui-ci envoya dix hommes qui l'emportèrent et le ramenèrent : et 
ce fut uue grande joie pour ceux de la famille d'Ortoq. 

Le fils du sultan descendit près de son père et se plaignit de Nedjm ed-Dîn. 
Le sultan adressa des menaces à Nedjm ed-Dîn, parce qu'il avait mépiùsé le 
sultanat des Turcs. Nedjm ed-Dîn fit la paix [avec] ' les Francs et avec l'atabek de 
Damas; ils jurèrent de s'aider mutuellement. Chacun repartit dans son pays, et 
Nedjm ed-Dîn resta seul. Le seigneur d'Émèse' vint sur lui pendant la nuit, le 
trouva ivre de vin et ne sachant pas même où il était : ils l'emportèrent et le 
déposèrent à Émèse, et ils envoyèrent informer le sultan. La réponse se faisant 
attendre, Nedjm ed-Dîn sortit sous condition et laissa son fils Ized', comme otage. 
Après être sorti, il rassembla des troupes, et pressait le seigneur d'Emèse de 
relâcher son fils. Celui-ci fit venir les troupes du sultan et quand elles furent 
arrivées, ils firent la paix, et il relâcha le fils de Nedjm ed-Dîn. Les troupes du 
sultan entrèrent dans les pays des Francs pour piller. Les Francs vinrent à leur 
rencontre et les massacrèrent tous. On dit qu'ils en firent brûler 3 mille dans 
le feu. 

En l'an 513 *, le seigneur d'Alep ^ livra cette ville à Nedjm ed-Dln, parce que 
les Francs l'avaient affaiblie. 

La même année Ilghazi Nedjm ed-Dîn s'empara de Nisibe, et il se rendit à 
Alep, pour faire la paix avec les Francs, mais ils ne purent s'entendre. Il ras- 
sembla une multitude de Turcs, car ils lui étaient très dociles. On dit qu'on 
voulut les compter mais qu'on ne le put. Mille émirs étaient parmi eux. Quand 
ils s'organisèrent pour le combat, le seigneur d'Antioche' n'attendit pas l'arrivée 
du roi. C'est pourquoi il fut taillé en pièces ', et Nedjm ed-Dîn obtint un triomphe. 

1. Suppl. ^v. — 2. Qirkhan iba Qaradja. — 3. Sic ms. et vers. ar. ; probablement à lire : iM. 
Ayâz; cf. texte, même page, 1. 1. — 4. Comm. 14 avril J119. La prise d'Alep se place en 511 
(= 1H7-11 18), — 5. Sultan-Sah, fils de Rodhwân, et successeur d'Alp-Arslan, son frère. — 6. Roger. 
— 7. 28 juin 1119; cf. p. 204, n. 14. 

III 28 



218 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Quand il fut revenu à Mardîn, il apprit que les Alépins s'étaient révoltés; il 
s'y rendit en toute hâte et fit périr les rebelles. Il tomba malade en cet endroit, 
et il retourna pour aller à Maipherqat, mais il mourut en route'. Il ordonna que 
son fils Timourtas Hossam ed-Din^ régnât après lui ; mais comme celui-ci n'était 
pas présent, son fils Soleiman, qui l'accompagnait, le conduisit à Maipherqat et 
l'ensevelit; et il régna là. Son frère fimourtas régna à Mardîn, en l'an 516 
des faiyayê^ 

Ce chapitre est antérieur à ceux qui le précèdent, car Balaq régna à Alep 
après Nedjm ed-Dîn \ 

Dans ce ZP Livre est compris un cycle de 80 ans, pendant lesquels dix empe- 
reurs ont régné dans l'empire des Romains, et quatre khalifes des Arabes à 
Bagdad, trois sultans des Turcs dans le Khorasan, quatre sultans en Bithynie, 
deux émirs en Cappadoce, et trois rois des Francs^ à Jérusalem. — Au Seigneur 
de V Univers, qui connaît tout : gloire et honneur dans les siècles des siècles. 
Amen ! 



1. 3 nov, 1122. — 2, ^j.m»o-. — 3. Cf. Gesch. der Chai., III, 237. — 4. Balaq s'empara d'AIep, 
le 27 juin 1123; cf. p, 211. — 5. Godefroy, Baudoin I et Baudoin II, selon l'auteur. — A propos 
du nom des premiers princes croisés dont on a indiqué plus haut (p. 183, n. 5 et suiv.) les formes 
syriaques, il aurait fallu ajouter que ces formes dérivaient directement du grec : TayYP^ et Ta^ypriç, 
rovTOçpé, SayyéXriî. La forme Mâmoun ou Maimoun, fréquente chez les auteurs arabes pour dési- 
gner Boémond, n'est pas, (comme il a été dit, p. 183, n. 4) le résultat d'une confusion graphique, 
mais bien une variante de prononciation; >ûiot4o, ar. m4««» == Bai"[ioviv(8o«). 



LIVRE XVI 

Dans ce Seizième Livre qui est ajouté a la suite, le récit commence a 

NARRER A PARTIR DE l'aNNÉE 1442, QUI EST l'aN 1112 DE LA VENUE DE NOTRE 

Sauveur, l'an 509 de l'empire des Arabes, l'an 70' des Turcs; et, depuis 
Adam et le commencement du monde, cette année est l'an 6610. 



CHAPITRE PREMIER. — Su?- l'époque du siège de Mélitène, et sur les autres 

affaires civiles et ecclésiastiques . 

"606] Au commencement de ce livre le discours raconte le siège de Méli- 
tène, parce que l'enchaînement des faits est arrivé jusqu'à ce point dans le Livre 
précédent qui a fait connaître la mort de Balaq, par la protection duquel Méli- 
tène élait restée entre les mains du fils du sultan». 

Les pays de Balaq furent partagés entre plusieurs seigneurs : Timourtas 
Hossam ed-Dîn prit Alep; Soleiman prit Hesna de Ziad; le sultan de Mélitène 
prit Masara ' et Gargar ; et à cause de cela, il y eut une querelle entre le seigneur 
de Hesna de Ziad et celui de Mélitène. 

Ce fut l'occasion pour l'émir Ghâzî, fils de Tanousman, seigneur de Sébaste, 
de prendre Mélitène ; il fit un pacte avec le sultan Mas'oùd qui était son gendre. 
Après avoir réuni une troupe nombreuse, il fondit sur Mélitène le vendredi 13 
de haziran (juin) de l'an 1435*. Ils pillèrent toute la région, et assiégèrent la 
ville pendant un mois. Ensuite Ghâzî s'en alla et laissa son fils Mohammed dans 
le village de Sâman^ voisin de la ville, avec une nombreuse armée. Il lui 
ordonna de pousser chaque jour jusqu'aux portes de la ville et de ne laisser per- 
sonne entrer ou sortir. 

Alors une grande oppression s'empara de ses habitants, par suite d'une 
cruelle famine. Le prix d'un qephiza de froment arriva à 36 dinars. A la fin, toute 
nourriture fut entièrement consommée, et ils dévoraient les feuilles des arbres 
et l'écorce des bois tendres. Quand ils trouvaient des chats' ou des ânes, même 
crevés, ilsles dévoraient ; on buvait le sang; ils mangeaient avec avidité les enve- 
loppes de peau crue, les peaux qui étaient sur les boucliers et autres objets 
semblables ^ 

i.Sic ms.; cf. p. 256,258.-2. Cf. p. 200. — 3. Lire : V,'"^ (BH). —4. Ms. et vers. ar. : 1436; 
«rreur évidente d'après BH et le contexte : 13 juin 1124. — 5. BH : yl^ol-i», — 6, BH aj. : « ou des 
chiens ». — 7. BH (p. 285) : <^|o ,aû^o ^liosoo IJ'^Sj lo-ao^o l".^3 ijj^.^ (lé »lSsà^ a*;*.o « Hs 
arrachaient les peaux crues, les enveloppes des livres, les chaussures qu'ils cuisaient et mangeaient. « 



220 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Trois fléaux cruels frappaient cette malheureuse ville : au dehors, le glaive, 
qui massacrait quiconque iuyait et sortait; à l'intérieur, une famine intolérable, 
qui consumait, et des princes mauvais, qui tourmentaient par les emprisonne- 
ments et les supplices pour amasser de l'or. 

Dès lors, c'était un spectacle affligeant : des enfants tombaient de faim sous 
les yeux de leurs parents qui ne pouvaientles secourir, ni même pleurer sur eux, 
ni les recueillir pour les ensevelir. Mais les enfants étaient jetés comme des 
pierres [avec] leurs grands parents (?) qui gisaient dans les rues, [607] tuméfiés 
et purulents'. Ils chancelaient, la voix de leur plainte s'éteignait, et il n'y avait 
personne pour les soutenir, pas même par un verre d'eau! 

Qui pourrait raconter sans pleurer ce qui arriva alors ? Le prince étant sorti 
pendant la nuit alla louer les Francs, au nombre de 30 mille. Après avoir pro- 
mis, ils ne vinrent point, parce qu'ils faisaient le siège d'Alep. Alors, la mère 
du prince, nouvelle Jézabel, fit rassembler et jeter en prison tous les nobles et 
ceux qui passaient pour posséder quelque chose. On les torturait sans pitié 
pour prendre For. Au moment où les Turcs étaient sur le point de faire périr 
parle glaive tout le peuple des Chrétiens, de laisser la ville déserte et de s'éloi- 
gner ensuite, quand tout espoir était absolument perdu : alors le Seigneur 
eut pitié et fit briller sa face sur le reste des chrétiens. Dans la nuit du 
mercredi, le 10 de kanoun i" (déc.) de l'an 1436, la peur s'empara subitement 
des Turcs, la Khatoun sortit avec son fils et tous leurs Turcs! L'émir Ghâzî 
entra. En voyant la ville privée de ses habitants, et ceux qui restaient tels 
qu'on aurait cru qu'ils sortaient du tombeau, il les réconforta. Il fit proclamer la 
liberté pour tous ceux qui s'y trouvaient et pour ceux qui viendraient s'y réu- 
nir ; il donna du froment aux laboureurs pour semer, il fit venir des troupeaux" 
de bœufs et de moutons; et la ville recommença à prospérer. 

La même année, Soleiman mourut à Maiplierqat, et sur celte ville régna 
Timourtas Hossam ed-Dîn, seigneur de Mardfn, qui était son frère. 

Et comme Hesna de Ziad appartenait à ce Soleiman, surnommé Sems ed- 
Daulah, l'émir Ghâzî passa pour aller aussi s'emparer de Hesna de Ziad. Mais 
comme l'émir Daoud, de la famille d'Ortoq *, le devança, l'émir Ghâzî pilla 
toute la région de Hanazit et amena (les captifs) dans la région de Mélitène. Il 
passa une seconde fois et prit tout ce qui restait. Il s'empara de la forteresse de 
Masara. Alors Daoud vint pour combattre l'émir Ghâzî , mais quand il reconnut 
qu'il n'était pas en force pour se rencontrer avec lui, il s'enfuit en incendiant 
les villages de la région. 



1. Phrase obscure que la vers. ar. a rendue : icliiooHla ,^o;g^^ yo»»^ oi»!»^' ,» ^HoHI lo-;é'* la't>. 
Il semble qu'elle ait lu |l;-a»«o au lieu de Itoa» ; «... les jeunes enfants (faute) de nourriture et les 
vieillards gisaient.,, »; ce qui paraît préférable. — 2. BH : 1»=. — 3. Ms, : « Ortos »; cf. 
p. 172, n. 8. 



LIVRE XVI. GHAP. I 221 

La même année', mourut le khalife de Bagdad, Moustadhir^ ; son fils Mous- 
tarsid' lui succéda. 

L'émir des Arabes nommé Çadîqah' s'unit aux Ortoqayê. 

Quand le khalife de Bagdad entra dans le palais de son père, il en 
expulsa les joueurs de cithare et tous les musiciens et les fit brûler devant la 
porte. Il fit sortir et chassa trois mille femmes, cantatrices et débauchées, qui 
buvaient du vin avec son père. Il y eut parmi le peuple des Taiyayê du tumulte 
et du trouble; ils disaient : « Voici comment se souillent en secret ceux qui 
sont établis princes de la foi. C'est pour cela que l'empire échappa à la race des 
Arabes, » 

Or, l'émir Çadlqah, comme pour tirer vengeance, engagea une bataille avec 
le khalife, sous prétexte que celui-ci était également débauché. 

Les Turcs soutenaient le khalife, et poursuivaient Dobeis, fils de Çadiqah. 
Alors, dans son amertume, il quitta les Musulmans et chercha du secours 
près des Francs; il les amena contre Alep, pour qu'ils s'en emparassent; 
Boursouqi, seigneur d'Alep*, rassembla une armée pour venir contre les Francs. 
Alors les Francs retournèrent dans leur contrée, et Boursouqi entra à Alep et 
s'y fortifia; il fit croire qu'il avait vaincu les Francs. Il vint contre 'Azaz pour 
s'en emparer, mais le roi de Jérusalem arriva et rassembla les Francs ; ils 
engagèrent une bataille avec Boursouqi ; (le roi) le vainquit et détruisit une 
grande partie de ses troupes; Boursouqi s'échappa lui-même avec quelques 
hommes et s'enfuit à Alep'. — Fin. 

[606] En cette même aimée ^ apparut [606] Dans les années sur lesquelles la 

une grande étoile, du sud au nord. Elle suite du discours nous amène à parler', 

était très longue, et large comme le cou le calme et la tranquillité régnaient 

d'un cheval. Elle fut visible pendant dans notre Eglise orthodoxe, pour le 

deux mois. motif que voici : 

En l'année 1435, apparurent des Tandis que les Grecs chalcédoniens 

étoiles filantes, depuis le commencement étaient confinés au-delà de la mer du 



i , Barhébr. [Chr. syr., p. 286) fait cette remarque : « Le B. Mar Michel place eu cette année la 
mort de Moustadbir et l'avènement de Moustarsid ; peut être a-t-il été induit en erreur par l'iné- 
galité du cours des années lunaires des Arabes et solaires des Grecs. » — 2, Il mourut le 16 de 
réby n de l'an 512 (6 août 1118). — 3. Abou Mançour FadhI ibu al-Moustadhir, al-Moustarsid 
(1118-1135). —4. Sic ms. ; cf. ci-dessus, p. 214. Il s'agit en réalité ici de Dobeis fils de Çadaqah, 
Cf. Gesch. der Chai., III, 220 et suiv. — 5. Aqsonqor al-Boursouqi, seigneur de Mossoul, à qui 
Timourtas avait cédé cette ville. — 6. 13 juin 1125. Cf. Gesch. des Kônigr. Jérusalem, p. 176; 
Gesch. der Chai., III, 242, 

7. C.-à-d. 1434. Ceci fait suite au récit de la page 212. — 8, a•J^M, 



222 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

de la troisième veille delà nuit jusqu'au Pont, les fils de Magog régnèrent, par 

matin. la permission du ciel, qui précipita 

En l'année 1436, il y eut une grande les hérétiques persécuteurs dans l'an- 

famine dans tout l'Orient. goisse, afin qu'ils necontraignissent plus 

les Orthodoxes, selon leur cruelle habi- 
tude, à se pervertir' dans leur hérésie. 
Et comme les Grecs cruels étaient confinés au delà de la mer, ainsi que nous l'avons 
dit^, [607] ils envoyaient dans les pays de Syrie, de leurs coreligionnaires, pour être 
les pasteurs de leurs adhérents. 

Les Francs, c'est-à-dire les Romains, qui occupaient Antioche et Jérusalem, 
avaient, comme nous l'avons déjà exposé', des évêques dans leurs états. Et les 
pontifes de notre Eglise étalent au milieu d'eux, sans être persécutés ni molestés; 
car, bien que les Francs fussent d'accord avec les Grecs sur la dualité des natures, 
cependant, ils différaient d'eux dans la foi, sur beaucoup de points, et ils étaient 
fort éloignés* d'eux dans leurs usages, comme nous l'exposerons longuement quand 
le discours arrivera à l'endroit où il convient de placer le souvenir de ces choses. 
Nous en parlons' maintenant pour montrer que les Francs, qui, à cette époque, occu- 
paient les places de la Palestine et aussi de la Syrie, et qui avaient des pontifes dans 
leurs églises, ne soulevaient jamais de difficulté au sujet de la foi, ni pour arriver à 
une seule formule dans tous les peuples et toutes les langues des Chrétiens; mais ils 
considéraient comme chrétien quiconque adorait la croix, sans enquête ni examen. 
De leur côté, les Turcs, qui occupaient la plupart des pays au milieu desquels habi- 
taient (les Chrétiens), qui n'avaient aucune notion des mystères sacrés, et, pour cela, 
considéraient le christianisme comme une erreur, n'avaient pas pour habitude de 
s'informer sur les professions de foi, ni de persécuter quelqu'un pour sa profession 
de foi, comme (faisaient) les Grecs, peuple méchant et hérétique. 



CHAPITRE [II]. — De l'époque à laquelle les Francs prirent Tyr^ ville du lit- 
toral, aux Arabes égyptiens; et sur les autres événements qui se passèrent à 
cette époque dans tout V Univers. 

[608] Doucas^, chef de ces Vénitiens qui vainquirent les Egyptiens, qui étaient 

venus par mer à 'Akko, mit le siège contre Tyr, ville située au cœur de la mer'. 

Tandis que les Vénitiens combattaient contre Tyr, à Tinstigation du 



1, d^^aw^ùi^. — 2. Cf. ci dessus, p. 172. — 3. Cf. ci-dessus, p. 191. — 4. ^»^=ûo. 
5. Doucas, mot que l'auteur a pris pour un nom propre, est la transcription du titre de « doge ». 
Ce doge était Dominico Michieli. — 6. Cf. Rôhricht, Gesck. des Kônigreicks Jérusalem, p. 166. 



LIVRE XVI. GHAP. II 223 

patriarche franc de Jérusalem, à cette époque le roi Baudoin fut délivré des 
mains des Turcs, ayant été rançonné à cent mille dinars'. 

En cette année 1437% le seigneur de Hama' fut tué par les Francs près de 
Kephar Tab \ Les Francs enlevèrent Gabala^ à Ibn "Ammâr. 

Le roi de Jérusalem descendit pour aider les Vénitiens qui assiégaient Tyr. 
Alors les Egyptiens livrèrent la ville au seigneur de Damas. Le [seigneur]* de 
Damas, qui est Toghtikin', étant venu pour combattre les Francs, ceux-ci 
allèrent à sa rencontre à Merdj Çofar, c'est-à-dire la « Prairie d'airain' » ; ils 
taillèrent en pièces et détruisirent son armée. Il se sauva avec un petit 
nombre d'hommes à Damas. 

Alors ils pressèrent Tyr avec toute sorte d'attaques, par mer et par terre, et 
ils s'en emparèrent en cette année 1437*. 

La même année '", Boursouqi monta pour la seconde fois, contre les Francs ; il 
fut taillé en pièces et s'enfuit. 

Il monta encore, pour la troisième fois, Baudoin, roi d'Edesse", vint contre 
lui : Dieu donna la victoire au roi et il détruisit 12 mille (hommes). 

Après que l'émir Ghâzî eut pris Mélitène, Malik 'Arab" rassembla 30 mille 
hommes, et vint attaquer son frère Mas'oud; parce que ce dernier ne s'était pas 
porté au secours de son frère", à Mélitène, et avait abandonné celle-ci à Ghâzî. 
Mas'oud s'enfuit à Gonstantinople, chercher du secours près de Jean, empereur 
des Romains". Malik 'Arab mit le siège contre Iconium, capitale de son frère le 
sultan Mas'oud. L'empereur Jean accueillit Mas'oud avec joie et lui donna 
beaucoup d'or. En sortant, il vint trouver l'émir Ghâzî, et tous les deux mar- 
chèrent contre 'Arab. Celui-ci s'enfuit près de l'Arménien Thoros, en Gilicie. 

A l'été de l'an 1438, 'Arab réunit les Turcs et les Arméniens, tendit des 
embûches et prit Mohammed, fils " de Ghâzî. L'émir Yaunas '^ marcha contre 
'Arab. 'Arab fut vainqueur; il s'empara aussi [609] de Yaunas, et marcha en 
toute hâte sur Ghâzî. Quand ils en vinrent aux prises, Ghâzî fut d'abord vaincu ; 



1. Cf. ci-dessus, p. 212. — 2. La date paraît inexacte. — 3. Sihab ed-Dîn Mahmoud, fils de Qaradja. 
— 4. Cf. Gesch. des Kôn. Jerus., p. 149; H. Dersnboukg, Ousâma ibn Moun^id, p. 129 (récit de 
la bataille par Ousâma). — 5. II s'agit yraisemblablement de Djebeleh (et non de Byblos) enlevée à 
Fakr el-Moulk ibn 'Ammâr, par Tancrède, en 1109. Cf. Gesch. der Chai., p. 175, n. 3 ; H. Deren- 
BOUBG, op. cit., p. 81. — 6. Mot omis par le copiste. — 7. Ms. : Tngdibin ; lire : ^j,^^. Togh- 
tikin Sêïf el-Islam Dahar çd-Dîn. — 8. Ar. Jt^ « cuivre jaune », La bataille eut lieu le 25 janv. 
1126 ; cf. Gesch. des Kôn. Jerus., p. 178. — 9. Tyr capitula le 7 juillet 1124. Cf. Gesch. der Chai., 
III, 240 ; Gesch, dés Kônigr. Jerus,, p. 168. — 10. A cause de la perturbation et de l'incertitude 
dans les dates, il est difficile de préciser à quels événements l'auteur fait allusion; cf. Gesch. des 
Rôn. Jerus., p. 176-180; et Matth. d'Éd., trad., p. 314-318. — 11. Baudoin II était alors roi de Jéru- 
salem. Edesse appartenait à Josselin. — 12, Lire : ■a^.^. — 13, Togril-Arslan. — 14. Cf. Jlist. 
du Bas-Emp., LXXXVI, § xvi. — 15. u(k^ ;3. — 16. Fils de Mohammed; émir de Masara (BH). 



224 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

mais, étant monté sur un lieu élevé, il y fît dresser sa tente, et ordonna de 
sonner les trompettes, comme si 'Arab avait été vaincu. Au son des trompettes, 
et à la vue de la tente, ses troupes se rassemblèrent '. A ce moment, il y eut un 
épais brouillard et les troupes de 'Arab se dispersèrent. Alors Ghâzî les pour- 
suivit, et s'empara de leurs tentes et de leurs chevaux. Il parvint jusqu'à Co- 
mana et Ancyre, et il combattit énergiquement jusqu'à ce qu'il se fût emparé 
de ces villes, et eût délivré son fils Mohammed qui était enfermé là. 

Après cela, 'Arab réunit de nouveau (une armée) et se mit à guerroyer et à 
s'emparer des places. S'étant emparé d'une forteresse dans laquelle il trouva 
un des fils de Ghâzî, nommé Yagan, il tua celui-ci, et Ghâzî fut encore plus 
irrité. Il réunit ses troupes et marcha contre 'Arab. 'Arab, ayant été vaincu, prit 
la fuite, et l'émir Ghâzî dévasta sans pitié les villages et les villes. 'Arab réunit 
de nouveau une armée et vint' contre l'émir Ghâzî; mais 'Arab fut vaincu de 
nouveau et s'enfuit pour aller chez les Grecs», et il périt. 

Toutes ces choses se passèrent parmi les Turcs qui, dans leur colère des uns 
contre les autres, cherchaient du secours chez les chrétiens. 

En cette année 1438, Boémond ', fils de Boémond, partit de Rome, et il 
régna à Antioche ; le père de celui-ci, dont il portait le nom, avait été un des 
premiers qui sortirent et régnèrent. Mais lui se montra un vain orgueilleux, et 
voulut soumettre tous les Francs. II y eut parmi eux des divisions et des 
combats. C'est pourquoi Josselin s'empara de tout ce qu'il trouva dans toute 
la région d'Antioche, à l'exception des gens. 

Leur patriarche ^ fut irrité ; il ferma les églises ; et il fit cesser les messes et 
les prières, et les cloches, et les funérailles des défunts. Ainsi contraints, ils 
firent la paix. Josselin rendit tout le butin. 

En l'an 1439% les Turcs et les Francs s'assemblèrent pour livrer bataille dans 
la plaine d'Alep. Les Turcs craignirent; ils convinrent de donner à Josselin 
chaque année 12 mille dinars, et ils firent la paix. 

Ensuite, les Turcs séduisirent, à 'Azaz, quelques individus ' qui firent boire du 
poison à Josselin et à 6 chevaliers en même temps. Ces six hommes moururent ; 
mais Josselin, grâce aux médecins et à la providence du Seigneur, fut sauvé. 
Ceux qui avaient donné le poison furent mis à mort avec leurs enfants. 

En cette année, Jean, empereur des Grecs, pénétra dans le pays des Hon- 
grois et les soumit '. 

1. OAisLI. — 2. Les mots surchargés se lisent ainsi sur l'original : |È*u,-»o Wi^o <^W\ ^)U^ ;«»lo 
Hlo o^j.. «.13 ooto • 1»-? Pi. — 3. Le ms. et la vers. ar. portent l'"^ td^; je lis U)0-« La\. — 

4. Ms. : Mound fils de Bêmound. Boémond II arriva à Antioche à l'automne de l'an 1126. — 

5. Bernard, d'Antioche ; cf. Gesch. des Kôn. Jerus., p. 183. — 6. Vers la fin de 1127 ; cf. op. cit., 
p. 184. — 7. BH (p. 287) ; « Les Turcs d'Alep séduisirent quelques cuisiniers francs, etc. ». — 
8. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVI, § x-xi. 



LIVRE XVI. GHAP. II 



22r 



La même année, le sultan qui avait été autrefois à Mélitène ' fît une incursion 
et pilla quelque peu les confins extérieurs du pays, puis il s'en alla et on ne Je 
revit plus. 

Au mois de 'ab (août), les maudits Turcs pillèrent le pays de Mélitène. Daoud 
de Hesna de Ziad, les rejoignit, les battit et délivra les captifs qu'il renvoya. 

La même année% mourut le grand sultan Ghyat ed-Dîn, qui est loué pour sa 
beauté naturelle, sa justice, et l'éclat de ses victoires. Une paix constante 
régna de son temps dans ses états. Il eut pour successeurs son frère Sindjar, 
fils de Malik-sah, et son propre fils, Mahmoud'. 

En l'an 1440, Josselin envahit le pays d'Amid' et dévasta les Turcs et les 
Gurdes de la montagne Asouma; il pilla les villages jusqu'aux portes de la ville, 
parce que quand les Turcs envahirent le pays d'Édesse, tandis que Josselin 
[était] ^ à Antioche, les troupes d'Amid s'étaient jointes à eux. 

A la même époque, il y avait auprès de Hossam ed-Dîn, seigneur de Mardîn, 
deux illustres chevaliers [6i0] Francs : l'un était Bar-NouP et l'autre Galeran ; 
il ne voulait pas les tuer; mais Boursouq[î] l'y contraignit, et menaça de 
dévaster son pays s'il ne les massacrait pas. Après qu'il les eut fait mettre à 
mort, la nouvelle arriva qu'un vendredi, tandis que Bou[rjSouqî priait dans la 
mosquée, un Ismaïlien le frappa d'un couteau; mais le couteau ne pénétra point, 
parce que l'émir était vêtu d'une cuirasse. L'Ismaïlien ayant été pris, cria aux 
deux compagnons qui étaient avec lui et dit : « Frappez plus bas ». Geux-ci frap- 
pèrent Boursouqî au bas-ventre, et il mourut '.Hossam ed-Dîn se repentit d'avoir 
massacré les Francs. 



[608] En cette année 1438, il y eut 
un hiver rigoureux : les bêtes sauvages 
et les animaux domestiques périrent. 

Il y eut aussi des tremblements de 
terre au mois de sebat(févr.). 

En l'an 1439, au mois de tesrîn ii 
(nov.), il y eut pendant la journée deux 
secousses de tremblement de terre, et 
encore deux pendant la nuit. La terre 



[608] Quand les méchants Grecs ne 
pouvaient plus maltraiter les Ortho- 
doxes, comme ils faisaient' autrefois, 
ils n'abandonnaient cependant pas leur 
cruauté ; mais ils établissaient à An- 
tioche et en Egypte, pour leur peuple, 
des patriarches, dans les états des Mu- 
sulmans, et ils s'agitaient pour trou- 
bler les Syriens, et même les Égyptiens 



1. Ïogril-Arslan. — 2. En réalité le 18 avr. 1118. — 3. Cf. p. 206, n. 5. — 4. Ceci semble 
devoir se placer antérieurement à la captivité de Josselin (13 sept. 1122); cf. Matth. d'Édesse, 
trad., p. 302. — 5. Mot omis. — 6. Sans doute le neveu de Baudoin II, « fils de sa sœur » (Matth. 
d'Ed., p, 307, 313, 462). Je n'ai pas retrouvé son nom ailleurs ; la forme syriaque (dans la vers, 
ar. ^ttiip) doit répondre à un nom tel que Renault ou Arnault. Cf. Gesch. des Kôn, Jérusalem, 
p. 171, n. 5. — 7. Le 26 nov. 1126 ; cf. Gesch. der Chai., III, 244. 

8. oooi ^t^v. 

III. ' 2J 



226 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

fut secouée pendant 40 jours et 40 nuits. et les Arméniens, comme un serpent 

Une étoile apparut, qui lançait des dont la tête est coupée et qui agite sa 

traits, à la huitième heure du jour ; elle queue. Il y avait donc en Syrie et en 

était brillante ; et ensuite elle s'obscur- Arménie, de même qu'en Palestine et 

cit comme une fumée', puis elle tomba. en Egypte, outre le patriarche et les 

En l'an 1440, un feu apparut dans la évêques de notre nation, de nos frères 

région septentrionale, aux mois de les Égyptiens et des Arméniens, ceux 

kanoun ir (janv.), d'adar (mars) et de aussi des Grecs chalcédoniens, qui trou- 

nisan (avril) ; des sortes de colonnes blaient autant qu'ils pouvaient ces trois 

en étaient projetées très fréquemment nations, et même, quand l'occasion s'en 

dans la direction du sud. présentait, les Nubiens et les Abyssins. 

Les Orthodoxes'^ avaient h lutter contre 
les Chalcédoniens, de même que contre 
les frères de ceux-ci, les Nestoriens qui étaient en Perse et en Assyrie. Or, malgré 
qu'à Jérusalem et à Antioche, ces Grecs, assidus dans le mal, excitassent les pontifes 
des Francs contre les Orthodoxes, les trois nations demeuraient' dans [609] la 
concorde, et, comme il en était de même dans l'empire des Turcs, les Orthodoxes 
étaient partout exempts des vexations des Chalcédoniens. L'Église aurait joui de la 
tranquillité si ce n'eût été la dispute du patriarche avec Bar Çabouni et avec trois 
évêques âgés : Bar Maudiana, qu'il avait chassé de Mélitène ; celui de Callisura et 
celui du Tour 'Abdîn, que le patriarche avait excommuniés, et chacun pour un motif 
qui n'était ni l'hérésie, ni la transgression des canons, mais pour avoir été méprisé 
par eux. Comme plusieurs avaient grandement supplié le patriarche sans qu'il 
cédât, et comme ces trois évêques moururent sans qu'il les déliât de leur inter- 
dit, beaucoup de fidèles éprouvèrent un amoindrissement de la foi. — Fin. 



CHAPITRE [III]. — De l'époque a laquelle fui tué Boémond, seigneur d' An- 
tioche, et à laquelle mourut Athanasius, patriarche d' Antioche. Des autres 
événements civils et ecclésiastiques qui eurent lieu à cette époque. 

En l'an 1441, les Francs se réunirent et mirent le siège contre Damas*; parce 
que le seigneur de cette ville, '^oghtekin^ qui est loué pour ses excellentes 
qualités, était mort', et Bouri^ Tâdj el-Moulouk, c'est-à-dire « couronne des 
rois », avait commencé à régner. Gomme (les Turcs) s'étaient emparés des défi- 



\. Je lis : \ul I.aio,3, quoique l'arabe porte, comme le texte, « dragon » : ^CSi o*a» yS^j'. 

2. Le texte (identique dans la vers, ar.) paraît incorrect; lire : uv.ïcJs. ^oi\ (.P). — 3. ooot ,jsaj3. 

— 4, Cf. RÔHRicHT, Gesch. des Kônigr. Jérusalem, p, 186. — 5. Lire ^IX^o» (= ^î^^a^, • SSàt). 

— 6. 12 févr. 1128. — 7. Ms. : ;s (vers. ar. : »='); lire : uios; cf. p. 239 (texte, p. 618). 



LIVRE XVI. CHAP. III 227 

lés pour qu'on ne pût ravitailler les Francs, ceux-ci avaient envoyé mille fan- 
tassins et cavaliers pour apporter les choses nécessaires à la nourriture. Les 
Turcs leur tendirent des embûches sur la route, et détruisirent les fantassins. 
Les Francs furent fort tourmentés; ils acceptèrent du seigneur de Damas vingt 
mille dinars, firent la paix et revinrent dans leur pays, à condition qu'on paierait 
chaque année un tribut aux Francs. 

En cette année mourut l'arménien Thoros', gouverneur» de la Gilicie. Son frère 
Léon= lui succéda. Boémond, seigneur d'Antioche, fut amené à faire la guerre 
à Léon'. 

L'émir Ghazî, après avoir vaincu tous les Turcs de la Cappadoce, régna seul 
et envahit le littoral. Là se trouvait un Grec', nommé Casianus* qui tenait 
la région. Gelui-ei alla spontanément trouver l'émir Ghazî, et lui livra toutes les 
forteresses du littoral du Pont. Ghazî lui donna un poste dans son pays, et Ca- 
sianus entra à son service. 

L'émir Ghazî ayant donc ainsi prévalu, apprit à ce moment-là, la mort de 
Thoros, et il envoya ses troupes en Cilicie. Au moment où les Turcs y arri- 
vèrent, Boémond et les Francs se trouvèrent arriver d'un autre côté. Les 
Francs n'avaient point connaissance de la présence des Turcs, ni les Turcs de 
celle des Francs; mais des deux côtés. Turcs et Francs, en voulaient aux 
Arméniens. En arrivant dans la plaine d'A[na]zarba, les Turcs virent Boémond 
avec quelques cavaliers : ils le reconnurent et engagèrent le combat. Après de 
nombreux massacres, les Francs fatigués montèrent sur une colline où les 
Turcs les entourèrent de tous côtés et les tuèrent tous. Ils tuèrent subitement 
Boémond, parce qu'ils ne le reconnurent pas. Ils prirent sa tête et les armures 
des Francs et se retirèrent pour s'en aller'. Léon de son côté occupa les défilés 
et massacra une foule de Francs'. Quand les Turcs revinrent près de l'émir 
Ghazî, celui-ci fit préparer la tète de Boémond et l'envoya avec divers présents, 
armures et chevaux, au khalife de Bagdad, qui lui renvoya aussi divers présents. 

[611] En cette même année', le sultan duKhorasan donna Mossoul au fils de 
Boursouqi'". On disait de lui qu'il était très versé dans les sciences et dans 
les doctrines, et très habile dans l'art du tissage et des constructions"; qu'il 



1. Thoros ï", fils de Constantin, mort en 1129. — 2. Littéral. ; « détenteur ». — 3. Ms. : Lehon 
{Levon, forme arménienne). — 4. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVI, § xix, xx. — 5. BII : 19;é^ 
\.iLf^ « un satrape des Grecs ». — 6. BH : >a>oi.ao|.o; vers. ar. : uBli^m^. Kc«7iav6ç; cf. Hist. 
grecs des Crois., I, 270. — 7, Cf. Gesch. des K. Jerus., p. 188, La bataille eut lieu en févr. 1130. 

8. Barhêbr. dit qu'il massacra « les Turcs » ; c'est une interprétation erronée. — 9. Ceci est 

inexact. 10. C.-à.-d. à 'Izz ed-Dîn Mas'oud, fils d'Aqsonqor al-Boursouqi ; cf. Gesch. der Chai., 

III, 244; Gesch. des K. Jerus., p. 182. — 11. Lire : u!Iis; vers. ar. : ^^i-^o v.^"^ -a^'o^a 'D^^^o. 



228 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

était courageux, fort et valeureux dans les combats; mais il ne brilla point, car 
la gloire elle-même est un don d'en haut. Il vécut seulement trois mois dans la 
principauté. Quand il parvint à Rehabôt, sa fin arriva et il mourut'. On croit 
qu'il fut tué par le poison. 

Après lui, Mas'oud, fils d'Aqsonqor, vint mettre le siège contre Rehabôt, 
et organisa contre cette ville une violente attaque. Celui-ci mourut aussi 
empoisonné*. 

Josselin s'empara de Rés'ayna : il tua une grande partie de la population' 
arabe, une grande partie fut suffoquée, et il fit captifs ceux qui restaient, 
hommes et femmes. ' 

En l'an 1441, quatre enfants étaient Le gouverneur était irrité contre le 

nés d'une même couche; et au bout de patriarche Athanasius, h cause de l'ex- 

dix jours trois moururent subitement le communication d'Isaac^ fils de Qorya' 

même jour, au même instant. — Fin. et (il lui défendit)* de sortir d'Amid. En 

effet, plusieurs fois^ il avait envoyé lui 
demander de l'absoudre. Enfin, l'émir 
vint lui-même en personne au monastère de Qanqrat et demanda au patriarche 
d'absoudre Isaac. Il n'y consentit pas, mais il apaisa la colère de l'émir par l'or 
qu'il lui offrit. Alors, le diacre Isaac conseilla à l'émir de ne pas laisser le patriarche 
sortir d'Amid; il lui disait : « Ce patriarche est un homme âgé; bientôt il mourra 
ici, et lu prendras son trésor^ ». Tandis que le patriarche restait à Amid, comme 
dans une prison, il envoya un message à Josselin, seigneur d'Edesse, lui demandant 
de le réclamer à l'émir d'Amid. Josselin manda avec empressement au seigneur 
d'Amid : « Si tu ne relitohes pas le patriache, je dévasterai ta contrée. » Et, ainsi 
contraint, l'émir permit [611] au patriarche de s'en aller. 

Il sortit donc d'Amid et vint saluer Josselin, et de là il monta au monastère de Mar 
Bar Çauma. Le dimanche de Pentecôte °, il commença à célébrer la messe, et parvint 
jusqu'à l'invocation de l'Esprit; tout à coup, il se troubla, son visage changea, il perdit 
connaissance, et on le plaça sur son siège; l'évèque de Gargar acheva la messe. 

Ensuite le patriarche se trouva mieux et il institua un évêque pour le Ségestân ''; 
mais, après être resté sept jours' étendu, le moment de son départ arriva; et le samedi 
8 de haziran (juin) de l'an 1440, à la troisième heure, il mourut. On fit ses funérailles, 
et son corps fut enseveli dans la sacristie "du couvent. — Fin. 



1. En juillet 1127. Son père avait été assassiné le 26 nov. 1126. — 2. Répétition évidente. L'au- 
teur a juxtaposé plusieurs documents. 

3, Cf. ci-dessus, p. 213. — 4. Mot omis par le copiste. — 5. xEctiriXtov. — 6.2 juin 1129. — 7. Jean, 
le dernier dans la liste de l'Appendice; ce qui donne à croire que ces listes suivent l'ordre chro- 
nologique. — 8. Ms. : « 7 sept jours ». — 9. gazophylacium. 



LIVRE XVI. CHAP. IV 229 



G H A.PITRE [IV]. — T)e V époque a laquelle Zangui sortit de Badgdad et régna sur 
Mossoul; à laquelle Josselin régna sur Antioche\ et à laquelle le patriarche 
Mar Jean fut ordonné. 

Quand Mas'oud, fils de Boursouqi, qui était gouverneur de Mossoul, mourut, 
il y avait dans cette ville un préfet' nommé Djâwali% un des officiers du grand 
sultan ; sur le conseil qu'on lui donna, il prit la plus grande partie des richesses 
du trésor du gouverneur de Mossoul, et les envoya au sultan par l'intermédiaire 
du juge Beha ed-Dîn Sahrzôri', en compagnie d'un émir nommé Çalah ed-Dîn 
Mahmoud ibn Ayoub*. Il manda au sultan : « Moi, qui suis de vos serviteurs, je 
conviens très bien pour vous ici ». Quand les envoyés arrivèrent à Bagdad, 
avant qu'ils ne vissent le sultan, ils rencontrèrent un homme honorable, Naçir 
ed-Dîn Djaqer', fils de Ya'qoub, qui était parent de Çalah ed-Dîn. Quand ils 
lui firent connaître la raison de leur venue, il leur conseilla de demander Zangui 
'Imâd ed-Din% l'atabeg, « car, dit-il, le sultan a confiance en cet homme qui est 
son atabeg; il est puissant, fameux et digne de l'empire ». Ils acquiescèrent à 
son conseil etse rencontrèrent d'abord avec Zangui. Gelui-cileur fît ce serment : 
« Si cela arrive, tout ce que vous me demanderez, je vous l'accorderai ». Le 
juge demanda que la charge de juge à Mossoul soit confiée à lui-même et à 
sa postérité après lui, tant que subsisterait le règne de la famille de l'atabeg, 
et que tous les juges de tous les lieux de ses états fussent sous le comman- 
dement de ses enfants. [612] Il leur en fît le serment et le confirma par écrit. 
Çalah ed-Dîn lui demanda de devenir son hadjib particulier. Naçir ed-Dîn 
demanda de devenir préfet' de Mossoul, avec autorité sur toute la province. 
Alors ils se présentèrent au sultan, après avoir rempli les yeux de tous ceux 
qui l'entouraient par des présents. 

Quand la principauté eutété donnée à Zangui par le sultan et le khalife, il partit 
de Bagdad, suivi' d'une armée. Quand il approcha de Mossoul, le juge Beha 
ed-Dîn et l'émir Çalah ed-Dîn le précédèrent et allèrent trouver Djâwali^ à qui 
ils dirent : « Gomme nous n'avons pas pu obtenir ces lieux pour toi, nous avons 
obtenu un édit pour que tu sois préfet en cette citadelle, avec autorité sur tous 
les pays. Et le sultan a ordonné que ce Zangui, son atabeg, soit général sous tes 
ordres' ». Il se laissa persuader par eux, et Zangui entra à Mossoul'". Ils lui 



1. YiYEtiwv. — 2. Un mamlouk d'Aqsonqor. Cf. Gesch. der Chai., III, 247. — 3. BH : Abou '1- 
Hassan 'Alî ibn àahrzôrî. — 4. BH : uJl^sasa^U >-"^i ; « Çalâh Yâgoubsânî ». Cf. H. Dkken- 

BOURG, Ousâma, p. 143, n. 1. — 5. Lire : ;û^ ( r*»-) ^" ''^^ ^^ '''^- ~' ^' ^^- ^* vers. ar. : 
« "Omar ed-Dîn »; BH : « Zangui, fîls de Qâsim ed-Daulah Aqsonqor. ». — 7. rjyefjiiiv. — 8. Lire : 
.a^jo. _ 9. Littér. : « devant toi ». — 10. Au ramadhan de l'an 521 (1127). 



230 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

ouvrirent les portes de la ville et de la citadelle, et il commença à régner en 
l'an 1442. 

II monta ensuite prendre Djézireh, et peu à peu il arriva à régner comme 
le montrera le discours qui parle successivement de tous les temps. 11 observa 
et exécuta les conventions faites avec Beha ed-Dîn, Çalali ed-Din, Naçir ed-Dîn, 
et Zain ed-Din, et n'en retrancha rien. 

La même année, quand Boémond, seigneur d'Antioche, eut été tué*, le roi vint 
de Jérusalem, et Josselin vint d'Édesse pour régner à Antioche. Les gens de 
la ville fermèrent les portes et les laissèrent tous les deux dehors. Après avoir 
passé des jours à discuter, ils se mirent d'accord et donnèrentla ville à Josselin 
qui devait la garder jusqu'à ce que la fille de Boémond prît un mari, qui serait 
(alors) seigneur d'Antioche. 

Tandis que les Francs campaient aux portes d'Antioche, Zangui, seigneur de 
Mossoul, vint piller la région de Tell Baser et d'Antioche. II battit les Turcs' et 
tua ceux qu'il atteignit. Après cela, il pénétra dans leurs pays, y massacra beau- 
coup de gens, et s'empara de deux forteresses. 

La même année Jean, empereur des Grecs, s'avança pour combattre les Turcs, 
et bâtit une ville sur le littoral. Au moment où il se préparait à rencontrer les 
Turcs, son frère et quelques-uns de ses grands formèrent un complot contre lui 
Comme il voulut s'emparer d'eux, son frère s'enfuit près de l'émir Ghazî. Celui- 
ci se réjouit vivement à cause de lui. Il le traita avec de grands honneurs et 
l'envoya près de Gabras, à Trébizonde. L'empereur retourna à Gonstantinople 
et chassa en exil ceux qui avaient comploté contre lui^ 

L'émir Ghazî assiégea Symnada, qui était à sa sœur, et la prit de force. 
De là, il entra dans le pays de Cilicie, contre Léon l'Arménien. 11 attaqua et prit 
des forteresses. Léon fut humilié : il jura de ne plus entrer ni envoyer 
d'hommes dans les pays de l'émir Ghazî, et de payer chaque année un tribut à 
Ghazî. Celui-ci, ayant ajouté foi à sa parole, le laissa et se retira. Léon mentit 
et ne donna rien. 

L'émir Ghazî vint à Mélitène. Le sultan Mas'oud, son gendre, etlsaacus, frère 
de l'empereur des Grecs, qui était revenu [613] d'auprès de Gabras, vinrent l'y 
trouver, et y restèrent tout le temps de l'hiver. 

Ensuite Isaacus se rendit près de Léon, et Léon donna sa fille au neveu ' de 
l'empereur, avec deux villes : Mopsueste et Adana". Ensuite, il y eut une que- 



1, Cf. ci-dessus, p. 227. — 2. Sic ms. et version arabe. 11 y a probablement une lacune dans 
le texte; à moins qu'il ne faille lire les « Francs » au lieu des « Turcs ». — 3. Cf. Hist. du Bas- 
Emp,, LXXXVl, § xxxiir, xxxvi. — 4. Litt. : « au fils du frère », c.-à-d. d'isaac ; Barhébr, (Chr. 
syr., p. 290), suivi par les historiens modernes, a rendu ce passage en disant ; « Isaac donna sa 
fille à Léon ». —5. Lire : Mo (BH). 



LIVRE XVI. CHAP. IV 231 

relie entre eux. Léon enleva aux Grecs [tout ce qu'ils possédaient], et Isaacus 
[s'enfuit]' avec son fils près du sultan Mas'oud. 

En l'an 1442, au mois de tésrîn ii L'année où mourut le patriarche Mar 

(nov.), on voyait dans la région septen- Athanasius mourut aussi Macarius, pape 

trionale comme un feu ardent, ressem- d'Alexandrie ^. 

blant h des montagnes, ensuite il était Quand la nouvelle de la mort du pa- 

comme des colonnes. A ce moment triarche Athanasius parvint à Edesse, 

tomba une grande étoile, très terrible, selon l'usage, des prêtres se réunirent 

qui, dans sa chute, fit un bruit épouvan- pour lui faire un office funèbre. A cet 

table. office présidait Bar Çabouni ; il fut 

frappé, tomba et perdit connaissance ; 
on le transporta dans sa chambre. En- 
suite il reprit des forces. Comme le synode était assemblé à Kaisoum, Bar Çabouni 
vint à Samosate pour se rendre au synode. Là, il tomba de sa monture. On le rem- 
porta h Edesse où il mourut sans avoir été délié de son interdit. 

Le chef du synode était à cette époque Dionysius de Kaisoum. Les évoques s'étant 
réunis jetèrent' les sorts, et le choix tomba sur Maudiana, archimandrite du monas- 
tère de Dovaïr, qui est dans la région d'Antioche. Tandis que [612] deux évoques 
allaient pour ramener l'élu, Dionysius de Kaisoum mourut ; et on attendit la venue * du 
vénérable Dionysius, le maphrien. 

Tous les évêques se rendirent avec le maphrien Dionysius h Telia de Sebarta*, h 
l'instigation de Josselin qui se faisait leur protecteur ; et l'ordination du patriarche 
Mar Jean, qui est Maudiana^ l'archimandrite, eut lieu le lundi de la seconde semaine 
du carême, le 17 de sebat (févr.) '; le maphrien Dionysius lui imposa les mains, dans 
la grande église des Francs, landis que Josselin et ses grands étaient présents à 
l'office. Sur l'intervention de Josselin, le patriarche et le synode prononcèrent l'abso- 
lution de Bar Çabouni. — Quant à l'évêque du Ségestan [qui avait quitté] * son diocèse 
et était revenu, le patriarche l'avait sévèrement excommunié et avait défini qu'il ne 
serait plus jamais accepté dans l'Eglise; à la demande de Josselin, ils reçurent et 
réconcilièrent aussi cet évêque, et lui accordèrent même le siège de Symnada dont 
le pasteur était mort. Il y fut accepté pendant quelque temps, puis il en fut aussi 
chassé, et il demeura sans diocèse tout le reste de la vie de Mar Jean. Après [613] la 
mort de ce patriarche, ils eurent de nouveau pitié de lui et lui donnèrent Arsamo- 



1 , 11 y a uue lacuae daas le texte. Restituer : iiooa»«iu| [iû;.i.o • oooi ^lo» ^^] ....lamj; vers. ar. : 

2, Cf, Renaudot, Hist. pair. Alex., p. 500. — 3. o,=i.o (BH). — 4, Le texte (identique dans la 
vers, ar.) paraît légèrement altéré. — 5. Sicms.; vers, ar. : oi»U^ "^S;». ; BH : ^Ji^t; dans l'App. 
(texte, p. 766) : >à\L. — 6. Jean XII. — 7. En 1441 (1130). — 8. Suppléer: «»3*» (vers. ar. ; yU). 



232 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

sate ; et il prit part à l'ordination du patriarche qui succéda à Mar Jean. Là aussi, il 
fut accepté peu de temps et s'éloigna aussitôt. Il demeura errant de place en place 
et s'en alla à Jérusalem. Comme il ne voulut pas rester dans notre couvent qui se 
trouve là, il allait avec ces Francs qu'on appelle « Frères » ; à la fin, il tomba dans 
une fournaise de feu et fut consumé. Il servit d'exemple pour montrer quelle fin 
attend ceux qui méprisent les canons de la sainte Eglise et qui, anathématisés par 
les pasteurs, ne tiennent pas compte de la sentence. Le patriarche lui avait dit : « Si 
tu abandonnes' ton diocèse du Ségestan, tu ne seras pas digne de sépulture^! » 



CHAPITRE [V]. — De V époque à laquelle Josselin I"' mourut et son fils Josselin 
commença à régner. Sur les divers événements qui se passèrent à cette époque 
dans l'Eglise et entre les rois. 

Josselin marcha contre une forteresse située entre Alep et Mabboug, où se 
trouvaient des Taiyayê, qui ravageaient son territoire. On creusa une mine au- 
dessous, et Josselin étant allé inspecter la mine^ elle s'écroula subitement sur 
lui, et il fut enseveli. Us le retirèrent respirant encore, et le transportèrent à 
Tell Baser*. Là, il apprit que l'émir Ghazî avait rassemblé ses troupes pour 
envahir sa province; sur son ordre les Francs se réunirent, et, l'emportant 
sur une litière, ils sortirent pour marcher contre les Turcs. Tandis qu'ils 
étaienten route, [Josselin] mourut* [et] Josselin II [régna à Edesse]^ Quand Ghazî 
apprit que Josselin était mort, il montra de la magnanimité ; il fit cesser le 
combat, envoya ses condoléances et écrivit aux Francs en ces termes : « Je 
n'engagerai pas le combat avec vous aujourd'hui, pour qu'on ne dise pas que, 
grâce à la mort de votre roi, j'ai pu triompher de votre armée. Donc, faites 
tranquillement vos affaires ; choisissez-vous un chef selon vos usages, et gou- 
vernez vos pays en paix; car [614] vous n'avez rien à craindre de ma part ni 
de celle de mes troupes. » 

L'empereur des Grecs, de son côté, sortit en colère contre les Turcs et les 
Arméniens. Il massacra la plupart des Turcs qui étaient sur le littoral, et prit 
deux forteresses. Ses grands formèrent de nouveau un complot contre lui et 
envoyèrent chercher son frère pour le faire régner. A cause de cela, il s'en 
retourna en hâte. 

Les Turcs se réunirent et pénétrèrent jusqu'à Sozopolis; mais ils furent 



1. «ûaaj.!.. — 2, Lire : |i»a2Jj. 

3. Cf. Gesch. des K.Jerus.,p. 195. — 4. Josselia I" de Courtenay mourut vers la fia de 1131. — 
5. Un copiste a passé une ligne, qui manque également dans la vers, arabe ; il faut lire avec 
Barhébréus : WiL [^aoo>^ uoiiol ^^ y^lo • ] <^\ooo^ ,ii.c. 



LIVRE XVI. CHAP. V 233 

tourmentés par la famine, et ils ne purent rien contre cette ville; ils pillèrent la 
région et s'en retournèrent'. 

L'émir Ghâzî prit avec lui le sultan Mas'oud et ils envahirent le littoral. Ils 
assiégèrent une forteresse appelée Zinin'; après l'avoir attaquée sans pouvoir 
s'en emparer, ils acceptèrent des Romains qui s'y trouvaient quatre mille dinars 
et firent la paix. 

A cette époque, le khalife de Bagdad et le sultan du Khorasan envoyèrent 
l'autorité à Ghazî, pour qu'il fût roi de la région septentrionale, et il fut appelé 
Malik Ghazi». 

Les Francs formèrent un complot contre Josselin II, et étaient disposés à s'em- 
parer de lui. Il y eut une discorde parmi eux. Après qu'ils furent demeurés quel- 
que tempsen paix, la discorde surgit de nouveau parmi eux, parce que Josselin II 
voulait régner sur Antioche, à la place de son père. Mais les gens delà ville et 
le patriarche n'y consentirent pas*; et ils gardaient la ville à la fille'' de Boémond. 

En l'an 1444, les troupes de Zangui, seigneur de Mossoul, montèrent contre 
Édesse. Les Francs s'avancèrent, les vainquirent et les mirent en fuite. 

Encore à cette époque, un émir de la race d'Ortoq, appelé Mohammed Sems 
el-hadjib, qui détestait les chrétiens, demanda à Hossam ed-Dîn, seigneur de 
Mardîn, de lui céder la place de Sabaktân pour combattre les Francs. [613] Il 
entrait continuellement dans la région d'Édesse et y faisait du pillage. Six 
cents cavaliers Francs le rejoignirent, tuèrent mille Turcs et s'emparèrent de 
lui. Ils le firent brûler à la porte d'Edesse. Après cela, Josselin s'empara de 
la forteresse de âabaktân et la rasa complètement. 

Tandis que les Turcs étaient réunis dans la région d'Alep, Josselin s'avança 
contre eux; ceux-ci se sauvèrent, entrèrent dans la région de Tell Baser, et la 
pillèrent. Soixante-dix cavaliers, laissés pour garder le lieu, sortirent contre 
eux; les Turcs se placèrent en embuscade et les prirent tous; les Turcs ren- 
trèrent alors dans le pays des Francs et le pillèrent, sans qu'il se trouvât 
quelqu'un pour s'opposer à eux, car les Francs étaient alors divisés entre 
eux'. 

Jean, empereur des Grecs, sortit de nouveau, il occupa pacifiquement Gasla- 
mone; il prit aussi les deux forteresses qui sont dans le voisinage, et comme 
il les prit par le combat, il les dévasta'. 

Malik Ghazî, ayant aussi pris de vive force la forteresse des Grecs appelée 
Albara, la fit brûler par le feu, et rendit esclave la population. 



1. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVI, § xxxvtii. Il s'agit peut-être d'une campagne différente. — 
2. Ms. et vers. ar. : Zynjn. — 3. Cf. ci-dessous, p. 237, — 4. Cf. Gesck. des K. Jerus., p. 201. — 
5. Constance. Cf. ci-dessous, p. 236. — 6. Cf. Gesch. des K. Jerus., p. 197,198. — 7. Cf. Hist. du 
Bas-Emp., LXXXVI, § xv. 

m. 30 



234 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 1445, les Turcs envahirent la région d'Antioche : Josselin marcha à 
leur rencontre et en tua un grand nombre. Ensuite ils firent la paix. 

Au mois de kanoun (déc.),le seigneur de Tripoli' s'avança jusqu'à la forte- 
resse appelée Ba'rîn». Les Turcs l'environnèrent subitement, et à peine put- 
il se sauver dans la forteresse ; les Turcs pillèrent la région et le mont Liban, 
et ils assiégèrent la forteresse. Les Francs, à l'intérieur, étaient opprimés par la 
faim et la soif. Alors survint le roi de Jérusalem et les Turcs prirent la fuite. 

Ensuite, le roi mil le siège contre la forteresse de Qoçeïr, dans le voisinage 
d'Antioche ; il s'en empara par le combat. De là il passa à '1mm'. En cet 
endroit les Turcs se rassemblèrent (nombreux) comme la sauterelle. Le roi 
trembla devant eux. Il fit des serments à Josselin, car Josselin craignait de se 
rencontrer avec le roi; il vint donc et il encouragea le roi. Quand on livra 
bataille, les Francs commencèrent par fuir jusqu'à ce qu'ils eussent entraîné les 
Turcs dans la plaine. Quand ils voulurent se retourner pour combattre, ils 
descendirent de leurs montures et se demandèrent l'un à l'autre pardon, à 
cause de la discorde qui s'était élevée parmi eux. Alors le Seigneur fut avec 
eux; ils infligèrent aux Turcs une grande défaite et les poursuivirent jusqu'au 
[soir]'. Quand le roi revint de la bataille, et quand les trompettes sonnè- 
rent, on chercha Josselin et on ne le trouva pas. Ce fut une grande angoisse 
pour le roi et pour le peuple. Mais au milieu de la nuit Josselin arriva. 

Malik Ghazî revint contre Castamone et s'en empara par le combat. Il massa- 
cra les Grecs qui s'y trouvèrent". L'empereur Jean en fut profondément aifligé ; 
il sortit promptement, mais son ardeur ne servit de rien, car il reçut tout à 
coup la nouvelle que sa femme était morte et que son fils, qui était destiné 
à régner, était malade : c'est pourquoi il retourna promptement à sa capitale. 
— Fin. 



En l'an 1443, un arc apparut dans les 
nues, pendant la nuit. 

La même année, les chiens enragèrent 
dans la plupart des pays, et causèrent 
de grands dommages aux hommes et aux 
bestiaux. Les astronomes disent que 
quand les chiens voient le spectre de 
l'étoile qu'on appelle le Chien d'Orion, 
ils deviennent enragés; mais les méde- 



Après l'ordination du patriarche Mar 
Jean, il y eut une discorde parmi les 
évêques, dans le synode même : le ma- 
phrien Dionysius voulait un accroisse- 
ment de son diocèse, mais tous les 
évêques lui résistèrent. Il sortit mécon- 
tent, et arriva à Amid; il s'efforça de 
faire établir un autre patriarche et des- 
tituer celui qui existait. Mais le Seigneur, 



1. Pons, — 2. Montferrand des Croisés. Cl. H. Derenbouroj Ousâma ibn Moun^idh, p. 154, — 
3, Cf. Gesch, des K. Jerus., p. 198, n. 2. — 4. Lacune d'un mot dans le ms. BH : U»P^ l»_i^; vers. 
ar. : otî;>i^ >S>> « jusqu'à la citadelle «. — 5. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVI, § xvt. 



LIVRE XVI. GHAP. V 



235 



cins disent que cette maladie provient 
de la bile noire. 

A cette époque, à Mélitène, un persan 
eut l'audace d'enlever la croix des mains 
d'un chrétien, et la plaça irrévérencieu- 
sement sur son bas ventre. Les chrétiens 
s'agitèrent dans un zèle louable, et les 
gens de la ville s'assemblèrent près du 
préfet, qui, ayant appris la chose, or- 
donna de saisir ce persan et de le livrer 
aux chrétiens^ pour qu'ils le torturassent 
comme ils voudraient. Alors, ils lui noir- 
cirent le visage, le firent monter sur un 
âne et le promenèrent par les rues. 
Ensuite Ghâzî lui-même, ayant eu con- 
naissance de la chose, fit frapperle per- 
san et le chassa même de ses états. 

[614] En l'an 1444, il y eut un trem- 
blement de terre, pendant la nuit, le 3 
de sébat (févr.). 

Le 2 du mois de 'ab (août), il y eut une 
éclipse de soleil. 

Au mois d'éloul (sept.), il y eut un 
tremblement de terre pendant le jour, 
et un grand bruit au moment du soir. 
Ensuite apparut un signe terrible, sem- 
blable à du feu. 

Après cela, il y eut pendant deux 
années disette de pluie et la famine en 
beaucoup d'endroits, surtout dans l'île 
de Chypre, où, à cause de la calamité 
de la famine, les chrétiens mangèrent de 
la viande pendant le grand jeûne (du 
carême). 

Au moment où avait Heu l'éclipsé, 
c'est-à-dire l'obscurcissement du soleil, 



qui prend lui-même soin de son Église 
en touttemps etanéantit lesdesseinsdes 
méchants, lui suscita une épreuve de la 
part du seigneur d'Amid, qui voulut 
s'emparer de lui : et à peine put-il 
s'échapper. Etant retourné dans son 
diocèse, il ne suscita plus aucun motif 
de discorde. 

Sur le siège d'Alexandrie et de Micrin *, 
après Cyrîllus vint Macarius, et quand 
celui-ci fut mort, l'année même où mou- 
rut Mar Athanasius% Theodorus avait été 
ordonné; peu de temps après, il fut 
reconnu hérétique, et partisan du misé- 
rable Julianus le phantasiaste. A cause 
de cela il fut déposé, et Michel devint 
[614] patriarche pour le siège de Miçrin 
et d'Egypte ^ 

Après celui-ci le patriarche de ce 
siège d'Alexandrie fut Gabriel ; il était 
capable dans la doctrine, et était aussi 
très habile dans l'écriture et la langue 
arabe. Voyant que toutle peuple d'Egypte 
parlait la langue et se servait de l'écri- 
ture arabe, parce que depuis longtemps 
la domination arabe régnait et était af- 
fermie dans toute cette contrée, il prit 
soin de faire transcrire en langue arabe 
les livres de l'Ancien etdu Nouveau Tes- 
tament, les autres livres et les rituels 
des fonctions sacerdotales, afin que les 
auditeurs, c'est-à-dire tout le peuple, 
comprissent les Livres saints. 

Quand le patriarche Mar Jean vint 
au couvent de Mar Bar Çauma, il réunit 
les évêques et déposa l'évêque Mar Jean 



1. « Miçrîn », nom sémitique de l'Egypte, désigne ici le Vieux Caire. — 2. Cf. p. 231, — 3. Cette 
notice est pleine de confusion. Voici l'ordre et la date des patriarches d'après Renaudot : 
Cyrillus (1078-1092), Michel (1093-1102), Macarius (1103-1129), Gabriel ibn Tarik (1131-1146). 



236 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

quarante cavaliers « Phrer' » furent bar Andréas*, parce qu'il n'avait pas 

tués avec quatre cents autres chrétiens, reçu le patriarche quand celui-ci avait 

et le diacre Bar Qorya^. traversé son diocèse^. Chacun disait 

La même année, de nouveau' quatre que ce n'était pas là une raison suffisante 

enfants naquirent d'une même couche, pour la déposition de celui qui avait 

à Mélitène : trois garçons et une fille; commis cette faute, mais qu'il méritait 

les garçons moururent et la fille vécut. un châtiment quelconque et une cor- 

— Le même mois naquit un petit cochon rection par le mépris et non par le 

qui avait deux corps et une seule tête; bâton. — Fin. 
il mourut le jour même. 

A la même époque, [une caravane]* 
de marchands persans, au nombre d'environ quatre cents, avec lesquels se trou- 
vaient quatre chrétiens, quitta Constantinople, et ils moururent tous dans la neige, le 
jour de la fête de Mar Theodorus. — Fin. 



CHAPITRE [VIj. — De l'époque à laquelle Bedawi régna à Antioche, et à 
laquelle mourut Baudoin, roi de Jérusalem, et régna Foulques, son gendre. 
A cette époque mourut le Turc Malik Ghâzt, et son fils Mohammed régna 
après lui; à cette époque Zangui régna sur Alep; etc. 

En l'année 1446, partit d'Italie un Franc nommé Bedawi' ; il épousa la fille' 
de ce Boémond qui avait été tué, et il régna à Antioche. 

La même année, Baudoin [II], roi de Jérusalemj mourut"; il avait fiancé sa 
fille'" à Foulques", et celui-ci régna à Jérusalem'^ 

Lamêmeannée", Zangui, seigneur de Mossoul, vintenSyrieetassiegeaAlep.il 
y avait dans cette ville un préfet arabe " qui ferma les portes. [616] Les gens de la 
ville savaient que le père de Zangui, l'émir Aqsonqor, avait régné sur eux, et ils 
se souvenaient de la rectitude de ses jugements ; ils connaissaient aussi Zangui, 
qui était né et avait grandi dans cette ville. C'est pourquoi le peuple s'empressa 
d'ouvrir les portes et de le faire entrer dans la ville. Le préfet s'enfuit et 



1. Cf. ci-dessus, p. 201. — • 2. Cf. ci-dessus, p. 213. — 3. Cf. ci-dessus, p. 228; probablement 
une répétition. — 4. Lacune d'un mot. Suppléer l*i3 ou )tik»«o. (Vers, ar. : ^.A>t|.-3 j|.^ la^;3). 

5. Evêque de Mabboug. — 6. BH : « était passé à Mabboug ». 

7. Le mot Bedawi est une déformation de « Poitevin ». Il désigne Raymond \" de Poitiers, fils 
puîné de Guillaume IX, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers. — 8. Constance, fille de Boémond II. 
Le mariage eut lieu en 1136. Cf. Rôhricht, Gesch. des K. Jerus., p. 203. — 9. Le 21 août 1131. 
— 10. Mélissende (mariée le 2 juin 1129). — 11. Ms. : Fouq{îorm& syr.) Foulques d'Anjou, fils de 
Foulques le Réchin. — 12. Couronné le 14 sept. 1131. — 13. Zangui s'empara d'Alep en janv. 1128. 
Cf. Gesch. der Chai., III, 250. — 14. Probablement Qotloug-abeh. Cf. Hist, or. des Crois., I, 378. 



LIVRE XVI. GHAP. VI 237 

se fortifia dans la forteresse, c'est-à-dire la citadelle. Zangui s'empara de lui par 
le combat, lui fit crever les yeux et l'envoya à Mossoul; mais il fit du bien aux 
gens de la ville; il fit la paix avec les Francs, et retourna à Mossoul, à cause de 
la dispute entre lui et les émirs de la famille d'Ortoq. 

La même année, le khalife de Bagdad et le sultan du Khorasan envoyèrent à 
l'émir Ghâzî, seigneur de Mélitène, quatre drapeaux noirs, des tambours ' 
qu'on frappait devant lui comme roi, un collier * d'or pour être suspendu à 
son cou, et un sceptre d'or avec lequel il devait être frappé par les envoyés, 
en confirmation de la royauté qui lui était octroyée, à lui-même et à sa des- 
cendance après lui. Les envoyés, en arrivant, le trouvèrent malade. Ils restèrent 
en attendant ce qui arriverait. Quand sa mort arriva», il donna le pouvoir à 
son fils Mohammed*. Les envoyés donnèrent donc l'investiture^ à Mohammed, 
et il fut proclamé Malik *. 

Cet émir Ghâzî fut un homme sanguinaire, meurtrier, débauché et ayant 
plusieurs femmes. Peu de jours avant sa mort, il se fit amener une femme et 
il prescrivit aux gens de Mélitène d'orner les rues, et d'autres fantaisies (pour 
sa réception),'. Il était courageux, fort, et astucieux. Il envahit le Beit Roumayê 
et massacra les rebelles turcs qui s'y trouvaient. C'est pourquoi il fit régner une 
paix profonde dans ses états. Il était fort craint des voleurs et des pillards; il 
aimait les soldats. Au moment de sa mort, il rugit comme un lion. 

Quand son fils régna, il commença par observer la loi des faiyayê. Il ne 
buvait pas de vin, et traitait les Musulmans avec honneur; il rendait les juge- 
ments selon la justice; il était prudent et [617] et très vigilant. Cependant il 
détruisait les églises. Il se mit à restaurer la ville de Césarée, en Cappadoce, qui 
était ruinée depuis longtemps. Il en retrancha une partie' (?); et il y bâtit des 
édifices avec les pierres de marbre qu'on arrachait des temples superbes. Il y 
habitait constamment. 

Au mois de téèrin i"'', Malik Mohammed vint à Mélitène, en l'année même où il 
commença à régner, qui est l'année 1446. Les gens de Mélitène attendaient de 
lui qu'il leur allégeât les tributs imposés par son père. Au mois de tésrîn ii, 
il partit, parce que le sultan Mas'oud' l'effraya par l'annonce de l'empereur des 
Grecs. Il ne fit aucun bien aux gens de Mélitène; mais il emmena avec lui les 
notables comme otages. 

En cette année, le fils de Daoud", A[r]slan-Doghmis, se révolta à Hesna de 
Ziad ; son père s'empara de lui et lui mit les fers. 

1. Ms. : kstr; l'ar. a lu »û.«aa, et traduit : «âlS'. Barhébr. écrit correctement : LUioo.s ; le texte pri- 
mitif portait probablement » ^^s « 4 tambours ». — 2. I^Xoc. — 3. En 1135. — 4. Appelé tantôt 
Mohammed, tantôt Mahmoud par les historiens. — 5. Littér. : « ils accomplirent ». — 6. C.-à-d. 
« roi ». — 7. Vers. ar. I.lLjli&. 'aoIso. — 8. Vers. ar. : ...li^o )okj^ >a,é*o. — 9. Sultan d'Iconium. 
— 10. Rokn ed-Daulafa, toujours appelé Rokn ed-Dîn par Michel. 



238 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Les deux frères de Mohammed', Yagan' et Daulah, se révoltèrent contre lui. 
Yagan fut tué, et Daulah pilla la région de Mélitène. 

La même année', Zangui prit sur les Francs Atharib et Zardana*, sous con- 
ditions ; mais ensuite il mentit à ses serments et voulut les contraindre à se 
faire musulmans; comme ils n'apostasièrent pas, il les fît tous massacrer. Il prit 
parmi ses femmes la fille du seigneur de la place forte '. Les Francs arrivèrent 
et Zangui s'enfuit. 

La même année, les Turcs de Mélitène entrèrent dans le pays des Francs, 
pillèrent et s'en retournèrent. — Fin. 



En l'an 1445, la sauterelle vint, nom- 
breuse, à Edesse et dans la région. 

Les chrétiens eurent recours à l'élu 
Mar Bar Çauma. Ils firent apporter sa 
main droite; et en même temps qu'elle 
arriva, il y eut un prodige : la saute- 
relle partit et ne causa aucun dommage 
dans toute la région. 

Les Grecs, selon leur détestable cou- 
tume, brûlèrent de jalousie, et excitèrent 
l'évêque ' des Francs à ouvrir le reli- 
quaire, [616] comme pour exposer la 
main. Les moines disaient qu'il ne conve- 
nait pas de l'ouvrir; sinon la colère s'a- 
battrait sur ce pays. On se moquait d'eux 
en disant : « Ils n'ont rien dans le reli- 
quaire //. Les moines furent donc con- 
traints de l'ouvrir dans l'église des 
Francs. Aussitôt, il y eut un tonnerre vio- 
lent dans l'air, et en un clin d'ceil des 
nuées obscures couvrirent l'atmosphère ; 
une forte grêle tomba et remplit les rues. 
Tout le peuple criait en pleurant : « Sei- 
gneur aie pitié I Saint Mar Bar Çauma 
sois propice! » Les Francs, le prêtre et 



Bar Andréas, évèque de Mabboug', 
était versé dans la doctrine, instruit 
dans notre langue et dans celle des 
Arméniens, et il était vraiment devenu, 
pour ainsi dire, le miroir de toute sa 
génération. 

Mais comme il n'observait pas l'hon- 
neur dû au patriarche, et se moquait 
de sa simplicité, il était justement blâmé 
par le plus grand nombre. Cependant, 
il ne consentit jamais à demander son 
pardon ; parce qu'il avait l'assurance 
d'être [616] le seul porte-parole des 
fidèles, en cette génération, dans la 
discussion contre les Arméniens et les 
Francs ; car il n'avait point son sem- 
blable dans l'habileté et la vigueur de 
la parole et dans l'à-propos de l'apolo- 
gie. Il pensait que s'il quittait son dio- 
cèse ou s'il était déposé de l'éplscopat, 
ses diocésains, ou plutôt tous les fidèles, 
et le patriarche lui-même, pressés dans 
la discussion avec les (autres) nations, 
le supplieraient de revenir à son dio- 
cèse. Et à cause de son obstination in- 



1. Fils de Ghâzî. — 2. Sic vers, ar, ; ms. : Yagar. — 3. En 1135. Cf. Rohricht, Gesch. des K, 
Jerus., p. 203. — 4. Ms. Thrib et Zarahna. Vers. ar. : H^iio o»|l. Lire : l)»iio oUU. — 5. De 
FTesna, Ce pourrait, à la rigueur, être un nom propre. 

6. uioo.a|9, papios, ailleurs hafios, désigne spécialement l'archevêque latin d'Édesse. 

7. Cf. ci-dessus, p. 236. 



LIVRE XVI. GHAP. VII 239 

le peuple, l'évêque lui-même, se proster- flexible, à cause aussi de la simplicité 

nèrent en pleurant devant la châsse. du patriarche, qui accueillit les paroles 

Les Grecs s'enfuirent et se cachèrent. des envieux et des calomniateurs, Bar 

Quand la grêle cessa, tout le peuple Andréas fut déposé, 

s'assembla et fit une rogation pendant Le patriarche établit à sa place Bar 

trois jours. Tourkaya, pendant trois ans. Ensuite, il 

Les Taiyayê de Harran, ayant appris y eut des regrets des deux côtés : le 

et connu' le prodige, vinrent demander patriarche, voyant que la conduite de 

qu'ils allassent chez eux(avecla châsse). Bar Tourkaya était mauvaise, se repentit, 

mais ils n'y allèrent point. et Bar Andréas, voyant que personne ne 

Quand ils revinrent au couvent, les s'occupait de lui ou ne le redemandait, 

gens de Mélitène vinrent chercher le [fut encore plus repentant et] ' implora 

saint, et toutes les nations sortirent en son pardon. Le patriarche fut rempli de 

processions et en prières. Et au même joie; il l'accueillit et lui donna l'abso- 

moment, la bouche de la sauterelle fut lution, et Bar Andréas retourna à son 

liée, et elle ne causa plus de dommage diocèse. — Fin. 

aux récoltes; mais elle se retira dans les 
terres incultes ou arables et se nourris- 
sait de foin. Tous les peuples furent dans l'admiration, et toute langue loua (le Sei- 
gneur)j quand on vit le prodige et la grande gloire de Dieu (manifestée) dans son saint. 
Le peuple ne cessait de faire des rogations et des offices, ni de distribuer abondam- 
ment des aumônes; plusieurs revinrent des voies larges à la voie étroite de la justice. 
[617] Le Seigneur, en effet, fit un autre prodige. La sauterelle envahissait un champ 
de coton : elle dévorait [les détritus, et ne] ' nuisait pas au coton ; et de même dans les 
champs de légumes et de sésame, etc. 

CHAPITRE [VII]. — De l'époque à laquelle il y eut un massacre à Damas, à 
laquelle il y eut un complot contre le sultan arabe d'Egypte, et une guerre 
entre les sultans Turcs du Khorasan ; et le reste. 

A cette époque, il y avait à Damas, comme préfet, Tâdj el-MouIouk* Bouri, 
(fils de) Toghtekin^ Il avait un vizir nommé Abou 'Alî% de la tribu des Ismaï- 
liens. Grâce à lui, les Ismaïliens eurent à Damas un palais', celui qu'on appelait 
« palais de Qariata ». Ils y devinrent puissants, car quiconque y entrait et y 



1. ai.,^. — 2. Restituer : lii [Ho N - ' . ' i ^v ] '^to, d'après la vers. ar. : ^^^^ »»* \»o '^^ "^Uo. 

3. Lacune d'une ligne dans le texte, restituer d'après Barhébr. [Chr. eccl,, I, 485) : ol ovi. '^^fti 

4. Févr. 1128-juin 1132, — 5. Ms. : Bourl Ttgdlktn, et de même dans la vers. ar. ; cf. ci-dessus 
p. 226. — 6. 'AH el-Mazdeqani . — 7. Une cour, un ensemble d'habitations et de magasins. 



240 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

restait avec eux ne payait pas d'impôt. Il s'y trouvait le gouverneur de Qad- 
mous, qui avait aussi nom Abou 'AIî, surnommé le Vieux*. 

Il arriva qu'un des grands de la ville, nommé Séwindj (?) ed-Daulah', fils de 
Çôfî, tua le vizir, sur le conseil de l'émir. Les Ismaïliens partirent impétueuse- 
ment, se rassemblèrent dans leur palais, tirèrent leurs glaives et se mirent à 
tuer et à dévaster. [618] Les gens de la ville et tout le peuple se réunirent 
contre eux, et en ce jour 70 mille 'Taiyayô succombèrent, jusqu'à ce que les 
Ismaïliens fussent tous achevés. Ensuite, en l'année 1446, deux Ismaïliens 
vinrent et entrèrent secrètement massacrer l'émir Bouri'. 

En Egypte, à la même époque qu'à Damas, régnait un roi arabe, dont le fils 
complota contre lui et voulut le tuer pour régner. Le roi, voyant que le peuple 
des Taiyayê suivait son fils, appela les Arméniens qui se trouvaient en Egypte 
à cette époque : ils y étaient entrés depuis le temps où les Arméniens étaient 
montés en Syrie* ; ils s'étaient multipliés, et avaient même un catholicos et des 
évêques dans la contrée d'Egypte. Le catholicos avait un frère nommé Bahram. 
Ce Bahram devint le chef des Arméniens. Quand ils furent rassemblés près du 
roi, ils livrèrent bataille aux faiyayê qui suivaient le fils du roi; par 
leur tir, en lançant des traits, ils vainquirent les Taiyayê et en tuèrent des mil- 
liers. Ils s'emparèrent aussi du fils du roi, et, avec la permission du roi, ils le 
massacrèrent'. 

A cette même époque', Zangui 'Imâd ed-Dîn, préfet de Mossoul, était en 
guerre avec les émirs Ortocides de Mardîn et aussi de Hesna de Kêpha : 
fimourtas^ et Dâoud. Comme fimourtas el-Hossam ed-Dîn se trouvait entre 
Dara et Nisibe, dans un lieu appelé Sargah, son cousin' Rokn ed-Dîn, vint le 
trouver et, avec grande impétuosité, [619] ils cernèrent Zangui '. Celui-ci eut 
peur d'eux, sachant qu'il ne pouvait leur résister. Il ordonna à ses troupes que 
<;haque homme revêtît sa cuirasse, tirât son glaive et se tînt sur la porte de sa 
tente, et, comme tous se tenaient debout, comme un mur de fer, depuis le 
matin jusqu'au soir, la discorde tomba tout à coup entre Hossam ed-Dîn et son 
cousin. Celui-ci prit des troupes et monta vers la montagne. Beaucoup de 
soldats se dispersèrent. Zangui se fortifia et poursuivit Hossam ed-Dîn. Les cava- 
liers s'enfuirent à Mardê ; la plupart des fantassins périrent. Après, cela, ils 



1. Saba traduit l'arabe àeikh, — 2. Ms. : Swgn; vers. ar. : ^.^. Ce personnage est appelé 
A.».a, Wédjih, dans le Mirât ez-Zémân [Hist. or, des Crois,, III, 567). — 3. Cf. Gesch, der Chai., 
III, 251; Gesch. des K. Jerus., p. 186 ; et Hist, or, des Crois,, III, 501. Le texte de cette dernière 
phrase est altéré dans le ms. et dans la vers. ar. Nous traduisons dans le sens le plus probable. 

— 4. Cf. ci-dessus, p. 133. — 5. Pour ces événements, voir Renaudot, iîï«< . patr. Alexandr., f, 
503-508. — 6. Lire ; ^Lap ova, ou U^l ^ « depuis un temps »; — 7. Ms, : Tmrtb (vers, ar. : «a^po)!.), 

— 8. Le fils de son oncle paternel; Daoud. — 9. Cf. Gesch. der Chai., III, 248; 249, n. 1. 



LIVRE XVI. GHAP. VII 241 

firent la paix par des messagers, parce que Zangui avait besoin d'aller en Syrie, 
où se trouvait l'émir arabe Seif ed-DauIah Dobeis, fils de Gadîqah. Depuis 
longtemps Zangui s'efforçait de s'emparer de lui; car il restait seul (émir) de la 
race arabe. Quand il fut pris, dans la région de Palestine, Zangui le fit conduire 
à Mossoul, et lui constitua un gardien. 

A cette époque le khalife Moustarsid Billah engagea la guerre avec l'atabeg 
Zangui, pour que celui-ci lui envoyât Dobeis, fils de Çadiqah, afin de le torturer 
et de le massacrer; car il le détestait. Gomme il ne le lui donna point, le khalife 
rassembla ses troupes et les deux partis se rencontrèrent. A la fin Zangui fut 
vaincu et s'enfuit. Les troupes du khalife poursuivirent Zangui jusqu'aux murs 
de Tagrit. Avec des cordes on le hissa par le mur; il sortit, la nuit, de Tagrit 
avec deux cavaliers ; il arriva à Mossoul, fit sortir de prison l'émir Dobeis, lui 
donna de l'or et l'envoya rassembler les Arabes, tandis que Zangui réunirait 
les Turcs, pour marcher contre le khalife. Ils réunirent des troupes : le khalife 
en réunit aussi, et, après des combats sans nombre, (Zangui) fut de nouveau 
vaincu et s'enfuit à Mossoul. Là, l'arabe Dobeis, craignant que Zangui ne renfer- 
mât de nouveau, s'enfuit près du sultan du Khorasan. Le khalife monta assié- 
ger Mossoul, pour dépouiller Zangui de la royauté. Zangui fortifia la ville. Naçir 
ed-Dîn' se montra admirable; le khalife ne put rien contre eux etil s'en retourna'. 

Après cela, à la porte de la ville de Maraga, tandis que le khalife Moustarsid 
était endormi sous sa tente, à midi, au milieu du camp de Mas'oud, sultan du 
Khorasan, dix hommes se jetèrent sur lui et le tuèrent. Rasîd lui succéda. 

L'émir Dobeis, qui s'était enfui près du sultan, s'aperçut qu'on voulait le 
tuer et chercha le moyen de se sauver', mais ne le put faire; il prononça une 
parole de tristesse, et dit : « Jusques à quand poursuivrai-je et serai-je pour- 
suivi? II n'y a rien de meilleur que la mort». Un jour, après qu'il eut mangé le pain 
à la table du sultan, le sultan entra dans la chambre intérieure ; un des eunuques 
sortit et dit à Dobeis : « Le sultan te commande de ne pas aller ailleurs; mais 
assieds-toi, et lis ces lettres ». Et pendant qu'il lisait ce qui le concernait, un 
de ceux qui se tenaient derrière lui le frappa et le tua ' . 

Après cela, Mas'oud, sultan de Hamadan" fit alliance" avec le sultan Daoud'. 
Quand le khalife apprit qu'ils étaient d'accord, il eut peur et travailla secrète- 
ment à les diviser. Il vint attaquer Mas'oud. Celui-ci, voyant que son gendre 
Daoud ne venait pas à son secours, comprit que le khalife avait promis de lui 
donner, à lui seul, la royauté. C'est pourquoi Mas'oud combattit tout d'abord 
contre le khalife et le vainquit; il s'empara de lui et l'enchaîna. Ensuite, il pour- 



1. Cf. ci-dessus, p. 229. —2. Cf. Gesch. der Chai., III, 226-228. — 3. û^i>avî\. — 4. Sur la mort 
du khalife et de Dobeis (1135), cf. Gesch. der Chai,, III, 231. — 5. Lire : >^I,mw. — 6. C.-à-d. 
donna sa fille en mariage, — 7. Daoud ibn Mahmoud, son neveu. Cf. Gesch. der Chai., III, 229. 
III. 31 



242 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



suivit Daoud. Alors arriva ce qui est écrit' : Le khalife fut tué dans le camp de 
Mas'oud, à la porte de Maraga. Il eut pour successeur le khalife Rasîd» ; 

Mas 'oud poursuivit Daoud qui s'étaitréfugié en Arménie ety faisait des captifs. 
(Daoud) se rendit à Mossoul près de Zangui, Or, l'atabeg, qui avait été combattu 
par Mas'oudj donna son appui à Daoud; il descenditavec lui à Bagdad, et manda 
au khalife de donner la royauté à Daoud. Mais le khalife redoutait Mas'oud, et 
les remettait d'un moment à l'autre, pendant dix mois. Alors, ils s'irritèrent et 
pillèrent le quartier nord de Badgad; le khalife fut contraint de donner la 
royauté à Daoud. Mas'oud l'apprit et monta. Le khalife abandonna Bagdad et 
vint avec Zangui à Mossoul '. 

En y arrivant, ils apprirent que le préfet qui était à Nisibe s'était révolté 
contre Zangui et était avec Hossam ed-Dîn, seigneur de Mardin. Zangui mar- 
cha contre Nisibe, ayant avec lui le khalife de Bagdad et le sultan Daoud. Il 
pacifia Nisibe et revint à Mossoul; et le khalife redescendit à Bagdad. Par des 
messagers, il fit la paix avec Mas'oud. 

Or, le khalife Rasîd descendit dans le Khorasan, et l'empire des Arabes cessa 
totalement, puisque le khalife lui-même était soumis aux Turcs*. — Fin. 



En l'an 1446, il y eut un violent trem- 
blement de terre, au commencement 
de tamouz(juil.). En outre, à la pleine 
lune, au milieu de la nuit, on vit une 
étoile qui, marchant rapidement, arriva 
jusqu'à la lune et, pour ainsi dire, la 
fendit et passa au milieu. 

Au mois de 'ab (août), deux étoiles 
parurent de la même manière et tom- 
bèrent ensuite. 

Le 23 d'éloul (sept. ), il y eut une pluie 
violente ; la foudre brûla sept bœufs et 
un enfant. Dans la région de Symnada, 
la foudre brûla un Turc, et les Turcs ne 
l'ensevelirent point, disant : « Comment 
celui que Dieu a fait brûler serait-il 
digne de sépulture? » 

La même année, il y eut un tremble- 



A cette époque, Basillus de Kaisoum, 
qui est Bar êoumana, scandalisé par 
la déposition prononcée contre Bar An- 
dréas, quitta son diocèse et abdiqua sa 
charge pastorale^ sous prétexte que les 
affaires ecclésiastiques étaient admi- 
nistrées illégalement ; et il s'en alla dans 
le monastère de moines situé sur la 
rive de l'Euphrate, qu'on appelle Pes- 
qîn», où il demeura dans la solitude. 

Alors, quelques personnes conseil- 
lèrent au patriarche de faire de Kaisoum 
la résidence patriarcale, au lieu d'Amid, 
attendu que (la ville) était dans l'empire 
des Chrétiens. 

Après que Kaisoum fut restée pendant 
cinq ans sous le nom du patriarche, et 
que le patriarche eut ordonné Basilius 



1. Quinze lignes plus haut. — 2. Abou Dja'far Mançour ibn al-Moustarsid ar-Rasid. — 3. Cf. 
Gesch. der Chai., III, 257, 258. — 4. Rasid fut assassiné aux environs d'Ispahan, le 6 juin 1138. 
5. Cf. ci-dessus, p. 181. 



LIVRE XVI. CHAP. VII 



243 



ment de terre dans la Grande Arménie; 
une ville nommée Doghodaph fut ren- 
versée. 

La même année, il y eut un hiver ri- 
goureux. Dans la région de Mélitène 
survint de la neige rouge : phénomène 
nouveau. 

[618] Au mois de 'iyar (mai), la sau- 
terelle arriva, mais ne causa pas de dom- 
mages. 

Le 21 de tamouz (juil.), au milieu de 
la nuit, une lumière, semblable à un 
flambeau, descendit de l'Orient à l'Oc- 
cident, et la lumière de la lune et des 
étoiles en fut éclipsée; et ensuite on en- 
tendit une voix d'épouvante. 

Dans la région extérieure du Khora- 
san, dans une ville nommée Kâsgar, un 
vendredi, au moment où les Musulmans 
étaient dans la grande mosquée pour 
prier, selon leur coutume, il y eut subi- 
tement un tremblement de terre : la terre 
s'ouvrit et ils descendirent vivants dans 
le se'ôl; plus de dix* mille personnes 
périrent. 

En l'an 1447, il y eut un hiver tout 
d'abord doux; les perdrix, c'est-à-dire 
les qoubdê^, ainsi que d'autres oiseaux 
sauvages, entraient à l'intérieur des mai- 
sons', et les hommes en étaient surpris. 
Le 26 de kanoun ii (janv.), commença un 
hiver rigoureux ; l'Euphrate et les autres 
fleuves gelèrent, et une neige abondante 
survint. 



comme métropolitain d'Amid, quand Bar 
Andréas retourna à son diocèse, il fit re- 
venir Basilius bar Soumana à Kaisoum. 

En ce [618] temps, on avait ordonné 
comme métropolitain d'Édesse l'archi- 
diacre de cette ville, nommé Basil[ius], 
qui prit le nom d'Athanasius. Après y 
être resté sept ans, il mourut en l'an 
1447. 

La même année, mourut Iwannis, mé- 
tropolitain de Mélitène, qui est Elisée. 
Après sa mort, il y eut une grande agi- 
tation dans le clergé, à propos de l'élec- 
tion du pasteur. Basilius, évèque de 
Djihan*, qui était un homme astucieux 
et très habile, fréquentant constamment 
dans la résidence patriarcale, soit pour 
écrire, soit même pour l'administration 
ecclésiastique, faisait en sorte qu'on 
n'ordonnât pas de métropolitain pour 
Mélitène, car il était atteint du mal de 
la cupidité et voulait ajouter (cette ville) 
à son diocèse. Or, le saint patriarche, h 
cause de sa grande simplicité, suivait le 
conseil astucieux de l'évêque deDjihan, 
et Mélitène resta ainsi 3 ans sans pas- 
teur. Chaque fois qu'ils mettaient en 
avant le nom de quelqu'un pour être 
métropolitain, l'évêque de Djihan le dé- 
molissait auprès du patriarche par toute 
sorte de calomnies, et le patriarche 
ajoutait foi à ses paroles. Alors les gens 
de Mélitène choisirent pour être leur 
métropolitain le diacre Rabban Josué, 



1. Le copiste avait d'abord écrit 20 mille et a corrigé « dix mille ». L'abrégé arménien [Hist. avin. 
des Crois., I, p. 338) porte 8 mille. Les chiffres ■- (=: 8) et ' (— 10) sont faciles à confondre. — 
2. Il faut sans doute lire l^aa-o, ar. <*»**. La vers. ar. n'a pas rendu cette phrase. — 3. BH corrige : 
« dans les grottes » |û\3aL^. 

4. Le nom est écrit distinctement plus bas. 



244 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

A Amid, comme les oiseaux, et les connu sous le nom de Bar Qatreh, de 

animaux tels que les cerfs et autres, en- la ville même. Quand ils envoyèrent une 

traient (dans la ville), le préfet défendit lettre unanime d'adhésion, l'évêque de 

de les maltraiter. On leur donna de la Djihan écrivit, comme de la part du pa- 

uourriture jusqu'au mois de nisan (avril), triarche, de graves anathèmes contre 

et on dit que ceux qui furent nourris Josué. — Fin. 

dans la ville et dans les villages, périrent 
de maladie dès qu'ils remontèrent dans 

les montagnes. Et par là, on connut mieux qu'un décret de châtiment était parti 
d'en haut contre toute espèce (d'êtres vivants), et que personne ne pouvait y mettre 
obstacle. — Fin. 



CHAPITRE VIII. — Des événements qui se passèrent pendant V espace 
de trois ans parmi les rois de la terre et dans l'Église. 

[620] En l'an 1447, les Arméniens et les Francs commencèrent à se faire la 
guerre. 

Du temps de Balaq, l'arménien Michel était sorti de la forteresse de Gargar et 
l'avait abandonnée. Après le meurtre de Balaq, il s'en empara de nouveau et s'y 
fixa'. Alors les gens de Sibabérek se mirent en guerre avec lui; il pillait leurs 
villages et eux les siens. A un moment, les Turcs le rejoignirent dans les envi- 
rons de Zizona ', sur les rives de l'Euphrate ; ils l'entourèrent de tous côtés^ et il 
ne put se sauver ; il se jeta alors du haut d'un rocher dans le fleuve, couvert de 
sa cuirasse et son bouclier à la main; il plongea dans les eaux jusqu'au fond, 
puis remonta et s'échappa par un gué qui se trouvait là; il ne périt pas. Alors, 
il donna Gargar à Josselin et en reçut Sopharos'. 

Josselin vendit Gargar pour cinq cents dinars à Basil, frère du catholicos des 
Arméniens. Ensuite Michel se repentit et songea à reprendre cette ville. 
Comme Josselin n'y consentit pas, il réunit une armée, envahit et pilla le 
pays de Kaisoum. Les Francs s'avancèrent contre lui, et il fut tué par accident*. 

Le seigneur de Gargar, Basil, ayant été expulsé par les Francs, alla trouver 
l'arménien Léon, qui était en Cilicie, et devint son gendre. Il réunit des Armé- 
niens et vint pour attaquer les Francs qui étaient à Pharzaman' : là, beaucoup 
d'Arméniens furent tués. 



1. En 1124, selon Matth. d'Éd. (trad.,p. 313).— 2.BH : |£S-;o Ijoj.i iaa (p. 297). —3. Sic ms. et 
BH. — 4. Littér. : casu. Vers. ar. : li^ "^^ I» f> '<'^- Barhébr. a interprété : o$i. ai«3 « dans les 
embûches qu'ils lui tendirent ». — 5. Sic vers. ar. : yl»);9 »^; et demême BH (l'éd. de Paris donne 
fautivement J'x'ltSsi). 



LIVRE XVI. CHAP. VIII 245 

Alors les Turcs voyant que les Arméniens et les Francs se faisaient la guerre 
entre eux, envoyèrent un homme cruel, [621] nommé Aphsîn, qui pilla la région 
de Kaisoumj voyant que personne ne leur résistait, ils avancèrent en pillant 
jusqu'à Antioche. 

Bientôt après, ils pénètrent de nouveau et parviennent jusqu'à Laodicée; 
ils emmenèrent de nombreux captifs, et revinrent jusqu'au fleuve Oronte; ils 
mangèrent de ses poissons et^ soit par un effet quelconque, soit par un châti- 
ment d'en haut, la plupart d'entre eux mourut subitement. Ceux qui survé- 
curent' s'empressèrent de fuir, par crainte de la mort, et abandonnèrent les 
captifs'. 

En l'an 1448, l'empereur des Grecs, Jean, envahit la Cilicie, plein de colère 
contre Léon l'Arménien. Il prit des villes : Tarse, Adana, Mopsueste et le reste; 
et après avoir soumis toute la contrée, il finit par s'emparer de Léon lui-même, 
de sa femme et de ses enfants. Il les envoya à Constantinople, où Léon mourut. 
Les enfants de Léon et sa femme sortirent plus tard et régnèrent de nouveau 
sur ce pays'. 

L'empereur des Grecs, après avoir soumis la Cilicie et avoir envoyé Léon à 
Constantinople, vint attaquer Antioche*. Comme il ne pouvait s'en emparer, 
Josselin vint le trouver et ils firent la paix à la condition que quand l'empereur 
se serait emparé des régions de la Syrie : c'est-à-dire d'Alep et du reste, il les 
donnerait aux Francs, et les Francs lui donneraient Antioche, comme ils 
l'avaient promis à son père Alexis. En vertu de ce pacte, Bedawi% seigneur de 
la ville, se rendit près de lui, et l'empereur Jean Centra à Antioche. Ensuite, 
quand il vit qu'on cherchait à le tromper, il fut scandalisé et se retira en Cilicie. 
Les Francs allèrent l'y trouver, et ils se mirent de nouveau d'accord; l'em- 
pereur revint avec eux et ils mirent le siège devant Alep. Il s'empara de la forte- 
resse de Biza'ah", et plaça ses machines de guerre contre Saizar'. 

Alors le sultan Mas'oud sortit d'iconium et envahit la Cilicie. Il prit par le 
combat Adana ; il fit captive toute la population de l'endroit, avec l'évêque, et 
les amena à Mélitène. En apprenant cela l'empereur brûla les balistes et revint 
en Cilicie. 11 fit la paix avec le sultan et rentra à Constantinople. 

La même année, à Damas, le général Bazawas se révolta contre le seigneur de 
cette ville Sihab ed-Din ; il réunit une armée et marcha vers Tripoli. Quand le 
seigneur de cette ville, qui est le fils de Saint-Gilles", sortit contre lui, les Turcs 



1. Ul^=. — 2. Comp. Gesch. d. K. Jerus., p. 189, 190, 204. — 3. Cf. op. cit., p. 210. Histoire 
du Bas-Emp., LXXXVI, § xxt et suiv. — 4. Histoire du Bas-Emp,, LXXXVI, § xxiv et suiv, 
— 5. Raymond de Poitiers; cf. p. 235, n. 7. — 6. Piza des hist. byzantins ; cf. Hist. du Bas-Emp,, 
LXXXVI, § XXVI ; BH : Kliaa. — 7. Ibid. § xxviii ; Ousâma ibn Mounkid, p, 156 et suiv. — 8. Le comte 
Pons, fîls de Bertrand, et petit-£îls de Raymond de Saint-Gilles (mars 1137). 



246 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

dressèrent des embuscades et massacrèrent tous les Francs. Le fils de Saint- 
Gilles lui-même fut tué. Ils brûlèrent Tripoli supérieure, par leTeu, et pillèrent 
toute la région. Ils mirent le siège contre Tibériade et la pillèrent, puis ils 
parvinrent jusqu'à Naplouse, qui est Samarie : ils la pillèrent et la dévas- 
tèrent'. 

Le roi de Jérusalem sortit au cri des lamentations. Il vint à Zéphania pour en 
chasser' les Turcs qui l'assiégeaient. Zangui survint à l'improviste et tomba sur 
son camp au milieu de la nuit; il tua la plupart des fantassins ; le roi et les 
cavaliers se sauvèrent dans la forteresse. On les y assiégea pendant quarante 
jours. La reine envoya une supplique à Bedawi d'Antioche et à Josselin; et 
quand Zangui apprit qu'ils se préparaient à s'avancer contre lui, il fit la paix 
avec le roi et s'en retourna ^ 

A cette même époque, [622] Malik Mohammed ' chassa son frère Daulah, et lui 
enleva Ablastaïn et la région du Djihan. Daulah passa à Hanazitetde là à Amid, 
ensuite près de Josselin, circulant de maison en maison. 

En l'an 1449, quand Edesse était comme dans une prison, à cause des Turcs 
qui l'entouraient en grand nombre, et ne laissaient pas facilement ses habitants 
entrer ou sortir, une multitude de gens s'était réunie à Samosate pour y intro- 
duire des vivres; avec eux se trouvaient environ 300 cavaliers francs, armés de 
lances'; et ils étaient en tout à peu près 4.000 hommes ; et parmi eux se trouvait 
le diacre Abou Sa'id, médecin et philos[ophe] '. Tandis qu'ils s'avançaient, des 
Turcs placés en embuscade sortirent contre eux pendant la nuit : c'était 
Ilossam ed-Dîn lui-même, seigneur de Mardîn. Alors, la plupart d'entre eux 
furent tués et tous les autres furent emmenés comme esclaves : Abou Sa'id 
lui-même, et Michel, fils de Soumana', avec son fils. Abou Sa'id ne put prévoir, 
par la futile science de l'astronomie^ que ces choses arriveraient ce jour-là! 
Ensuite fimoutas Hossam ed-Dîn enleva aux Francs cette forteresse de 
Kissos. . 

A cette époque, le sultan Mas'oud pénétra de nouveau dans la région de 
Kaisoum ; il pilla, fit des captifs et s'en retourna. Peu de temps après, il y 
entra de nouveau, et, voyant que tous s'enfuyaient devant lui, il mit le feu aux 
villages et les réduisit en cendres. Delà, il alla à Mar'as, où il fit de même. — 
Fin. 

[620] En ce temps-là, le couvent de [620] Quand la lettre d'excommunica- 

Mar Abhai, qui est le monastère de tion provoquée par l'évêque de Djihan 



1. Cf. Gesch. des K. Jerus., p. 204. — 2. Lire : t-,'i. Vers. ar. : i;^A Ua^^"- ««Mo. — 3. Il s'agit 
du siège et de la capitulation (août 1137) de Bâ'rîn. Cf. Gesch. des K. Jerus,, p. 205, 206. — 4. Fils 
de Ghâzi; cf. p. 237. — 5. Lire : ^-Mo;:-=; vers, ar.f: wVm;=. _ 6. Sic BH. — 7. BH : Uc«». 



LIVRE XVI. GHAP. VIII 



247 



Sébelata, courut un grand danger pour 
la raison que voici : 

Dans la forteresse de Sibabérek, qui 
est Samkat', régnaient quelques Armé- 
niens dont le père, Bogousag ', au début 
delà première invasion des Turcs, était 
allé à Bagdad, et même dans le Khora- 
san, s'était fait musulman et avait obtenu 
des diplômes du grand sultan des 
Turcs et du khalife, pour que cette 
place restât en héritage à ses enfants. 
C'est pourquoi, successivement, ils sont 
tous musulmans. 

Or, à cette époque, il y avait là un 
émir nommé l'émir 'Isa^ un des descen- 
dants de Bougosâg '. Cet homme était 
méchant et détestait amèrement les 
chrétiens. II avait de la haine et de l'ini- 
mitié contre Michel et Constantinus, 
Arméniens de Gargar. Ceux-ci, d'une 
part, faisaient ravager sa contrée par 
leurs pillards ; et lui-même, de son 
côté, pillait continuellement et faisait 
des captifs dans la région de Gargar. 
Voyant que les Francs étaient affaiblis, 
il rassembla les Turcs et entra piller 
tout le pays de Gargar ; et comme il ne 
trouva pas, dans tout le pays, une somme 
suffisante pour donner aux Turcs qu'il 
avait rassemblés, parce que toute la 
contrée avait été dévastée, il tourna ses 
regards vers les couvents et les monas- 
tères pour y trouver de quoi combler 
son déficit. 

Il vint tout d'abord au couvent de 
Mar Abhai. Comme il ne pouvait y 
pénétrer par le côté qui est sur la rive 
de l'Euphrate, il monta [621] au- 



arriva àMélitène, et eut été lue du haut 
de l'ambon, le pieux diacre Rabban 
Josué, honorable par sa vieillesse, s'a- 
vança, la prit et la plaça sur sa tête. Le 
patriarche Mar Jean loua son humilité 
et sa prudence. Au moment même où il 
apprit la chose, il lui écrivit la prière 
(d'absolution). L'affaire de Mélilène 
resta en suspens jusqu'à la mort du pa- 
triarche Mar Jean. 

Mar Jean mourut au mois d'éloul 
(sept.) de l'an 1448, dans le monastère 
de Dovaïr, où son saint corps fut ense- 
veli. 

L'évêque de Djihan, qui était le 
secrétaire, comme nous l'avons dit, agit 
illégalement, et écrivit une ordonnance 
qu'il confirma et scella du sceau du pa- 
triarche défunt ; elle exposait que le 
patriarche, avant sa mort, avait concédé 
Mélitène à ce Basil[ius], évêque de Dji- 
han. Puis, à l'aide de la contrainte du 
préfet, ilypénétra, yordonna des prêtres 
et des diacres, et y consacra le chrême, 
alors qu'il n'y avait pas de patriarche 
dans l'Eglise. 

Or, quand le dit Basil[ius] fut devenu 
métropolitain de Mélitène, il retenait 
en même temps le diocèse de Djihan. 
La plupart des évêques et tous les 
fidèles étaient scandalisés de ce qu'avait 
fait cet évêque. Ceux qui ne soupçon- 
naient pas comment la chose avait été 
menée, [621] accusaient et blâmaient le 
patriarche défunt ; ceux qui compre- 
naient, avec intelligence, la manière 
dont la chose avait été faite, ne blâ- 
maient point le patriarche défunt, mais 



1. Sic ms. et vers. ar. ; BH : IXSaalao. — 2. Sic ms. et vers. ar. 
— 4. Le ms. et la vers. ar. ont ici i^tao^^oa. 



BH 



ii»<».^^3. — 3. BH : o^ift^i.. 



248 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

dessus du rocher et, de là, à l'aide de l'évêque de Djihan. D'autres le justi- 

cordes, il fit descendre des hommes qui fiaient en disant : « Il a fait cela par un 

jetaient de grosses pierres; et ils allèrent zèle divin ; pour la stabilité de l'Eglise 

jusqu'àébranler l'angle du temple. Alors de Dieu. ». — Fin. 

les moines furent pris de peur ; ils sor- 
tirent le trouver ; ils furent totalement 

subjugués ; il prit et pilla tout le trésor qui se rencontra : calices, vases d'argent, 
croix, et tout ce qui se trouvait en ce lieu depuis le temps du patriarche Mar Jean * 
bar 'Abdoun. Il s'empara aussi (du couvent) dePesqîn, et fit passer les moines qui s'y 
trouvaient, Rabban David et ses compagnons, dans celui de Sîra*. Il ne resta dans 
ce couvent qu'Abou Ghalib, à la table royale (?) ^ — Fin, 



CHAPITRE [IXJ. — De l'époque de la mort du sultan du Khorasan, et de Vexpé- 
dition de son fils en Mésopotamie ; époque à laquelle eut lieu l'ordination du 
patriarche Mar Athanasius. Autres événements civils et ecclésiastiques qui 
eurent lieu à cette époque. 

Le sultan du Khorasan, Mahmoud, mourut et son frère, Mas'oud, homme 
violent, régna'. Celui-ci, aussitôt qu'il régna, envahit les pays de l'Assyrie, 
fit route par l'Adherbaidjan, et entra en Mésopotamie. Quand il arriva à Dara, 
il établit son camp près de Hawarta . 

En l'an 1450, Malik Mohammed réunit ses troupes et entra dans la région de 
Cilicie. Il enleva aux Grecs deux forteresses, l'une : Bahgai, et l'autre : Gabnou- 
pert'. Il revint et envahit le pays de Casianus', qui est sur le littoral du Pont ; 
il pilla et fit captive toute la population, qu'il vendit comme esclaves. 

En cette année, Zangui entra à Damas et l'opprima durement. Le seigneur 
de cette ville ayant cherché du secours auprès du roi de Jérusalem et augmenté 
le tribut en sa faveur, le roi vint à son secours; mais Zangui s'était enfui'. 

[623] En l'an 1452, au mois de tésrîn i (oct.) les Turcs de Mélitène envahirent 
les monastères de Zabar, qui sont Beit Qenayê '; ils les pillèrent et repartirent 
sans que personne s'opposât à eux. 



1. Ija vex's. ar. omet le reste. — 2. Sic ms. et BH. — 3. BH : 13'^» ^o^aJ. Locution obscure. 

4. Mahmoud II, Moghith ed-Dîn, fils de Mohammed, mourut en 1131. Daoud, son fils et successeur, 
fut déposé l'année même de son avènement, et Mas'oud, frère de Mahmoud II lui succéda. Il fut 
aussitôt déposé par le sultan Sindjar, son oncle, et remplacé par son frère Togril II, qui mourut 
en 1134. Alors Mas'oud fut rétabli et régna jusqu'à sa mort, en 1152. — 5 . BH : t;^oias5j^(p. 303). 
CiNNAMUs : Baxâ, KaitvfiriiôpTi. — 6, Sic BH ; iMOLmo» ;cf, ci-dessus p. 227, u. 6. (vers. ar. : '^ai.oo»). 
— 7. Cf. Gesch.des K. Jérusalem, p, 220. — 8. BH ; ;-=i t>o». Cf. ci-dessus, p. 199. 



LIVRE XVI. CHAP. IX - 249 

Au mois de 'iyar(mai), les Francs vinrent pour tirer vengeance des gens de 
Mélitène, à cause du pillage des couvents. Ils parvinrent* à Zoubtara, et même à 
'Arqa ; ils pillèrent les biens des chrétiens, mais ils ne se rencontrèrent pas 
même avec les Turcs. Et quand les Francs furent repartis, les Turcs entrèrent 
après eux, pillèrent et s'en allèrent. Ainsi, les chrétiens étaient pillés par les 
deux partis. 

Les Francs pénétrèrent de nouveau dans la région d'Ablastaïn et enlevèrent 
les biens des chrétiens; quant aux Turcs qu'ils rencontrèrent, ils en tuèrent 
une partie et prirent le reste comme esclaves. Les Turcs sortirent rapidement 
de Hanazit pour envahir la région des Francs. Une vingtaine d'entre eux ren- 
contrèrent le saint évêque de Gallisura», lorsqu'il passait par la montagne 
d'Abdaher; et comme ils étaient pleins de colère contre les chrétiens, dans 
leur fureur, ils frappèrent l'évêque et ceux qui l'accompagnaient. Après les 
avoir liés pour les massacrer, tout à coup la crainte s'empara d'eux et ils 
s'enfuirent, les laissant attachés. L'évêque et ses compagnons furent ensuite 
déliés et se sauvèrent. Les Turcs qui entrèrent dans ce pays furent tous tués par 
le glaive des Francs. Les Francs triomphaient à cette époque, parce qu'ils 
étaient unis. 

En l'an 1452, l'empereur des Grecs, Jean, sortit de nouveau pour combattre les 
Turcs. Malik Mohammed' partit à sa rencontre; et leurs armées campèrent en • 
face l'une de l'autre pendant six mois. Quand l'empereur se mit à attaquer 
Néocésarée', la fureur des Turcs contre les chrétiens s'accrut dans tous les 
pays de leur domination. Quiconque mentionnait le nom de l'empereur, même 
par inadvertance, rencontrait le glaive ; ses enfants et sa maison étaient pris. 
De cette manière * [624] plusieurs [périrent] ' à Mélitène et dans les autres pays, 
jusqu'à ce que l'empereur repartît subitement dans ses états, sans avoir fait ni 
guerre ni paix. Malik entra à Mar'as, pilla, et s'en alla. 

En cette année', Zangui, seigneur de Mossoul, fit la paix avecHossam ed-Din 
de Mardê. Zangui vint, Hossam ed-Dîn descendit, et ils se rencontrèrent à 
Sarga*. Zangui, le premier, descendit de cheval, et ensuite Hossam ed-Din; 
ils confirmèrent la paix par des serments, et se disposèrent à attaquer Daoud, 
seigneur de Hesna de Kêpha ; ils le poursuivirent et le trouvèrent qui campait 
près d'Amid. Celui-ci, avisé de leur arrivée, chercha un refuge dans les 
murs de cette ville. Les deux princes, après avoir campé au sud de la ville, 
s'avancèrent ensuite contre lui. Il y eut un combat qui dura de l'aurore au 



1, Lire : oajio a^»o (BH). — 2. iJOianAo» (BH). — 3. Ms, : Mwhwmd; vers. ar. : ,y^^-x, — 

4. Cf. Hist. du Bas-Emp, , LXXXVI, § xxxv. — 5. Lire : Ww Vp (BH : Uj-a ovao). — 6. Suppléer : 
opi (BH). — 7. Selon Ibn el-Athir, en 538 Hég. (1143-44). Cf. Gesch. der Chai., III, 287; Hist. 
or. des Crois., II, n, 117. — 8. Cf. ci-dessus, p. 240. 

m. 32 



250 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



coucher du soleil. Vers le soir, Daoud fut vaincu et s'enfuit; une partie de ses 
troupes fut tuée, une partie fut prise, une partie s'enfuit. Le fils de Daoud, 
nommé Soleiman, fut pris par Zangui. Il le donna à Hossam ed-Dîn qui 
l'envoya aussitôt à Mardê. Les deux princes s^éloignèrent de la porte d'Amid, 
et mirent le siège contre la forteresse de Çaura, qui est dans le voisinage de Mar- 
dîn, et qui appartenait à Daoud. Ils dressèrent' trois balistes, firent une brèche 
et engagèrent l'attaque; ceux qui étaient à l'intérieur faiblirent = et demandèrent 
à traiter' pour leur vie, mais les princes n'y consentirent pas; ils la prirent 
de vive force; ils coupèrent en quatre le gouverneur' et tous les serviteurs 
de Daoud. Zangui donna cette forteresse à Ilossam ed-Dîn; et en outre [623] 
il lui donna Sarga^, et Dhoulqarneïn et Sâkan^ De là, ils se dirigèrent vers 
Bari'yah. Quand celui qui était à Bari'yah en eut connaissance, il craignit 
beaucoup et livra la forteresse au seigneur d'Amid. Quand ils arrivèrent, voyant 
la situation de cette citadelle et que beaucoup d'hommes périraient dans son 
attaque, ils l'abandonnèrent et s^en allèrent mettre le siège contre Amid. Ils 
menacèrent dç la détruire entièrement. Le seigneur d'Amid fut contraint de la 
livrer à Hossam ed-Dîn. Et chacun s'en alla dans son pays. 



En l'an 1450, au mois de tésrîn i" 
(cet.), on vit dans le ciel un signe rouge, 
dans la partie septentrionale. — Le 
même mois, il y eut un tremblement de 
terre et des tours furent détruites à 
Biza'ah et à Alep. 

Il y eut un hiver rigoureux, depuis 
kanoun i^' (déc) jusqu'à sébat (févr.). 
L'Euphrate gela et on commença h pas- 
ser à pied. Les animaux et les oiseaux 
sauvages et domestiques périrent. 

Dans le désert', près de Callinice, 
quarante hommes faisaient route : la 
terre s'ouvrit et les engloutit tous ; il 
n'en resta qu^un qui s'était détourné 
pour uriner; [623] on entendit pendant 



Notre Église des Orthodoxes était 
restée sans chef universel pendant un an 
et trois mois; les évêques s'écrivaient 
l'un à l'autre et s'exhortaient à s'as- 
sembler afin de tenir un synode pour 
l'élection d'un patriarche. Quand qtfel- 
ques-uns des évêques se trouvèrent 
réunis, (savoir : ) celui de Gargar, celui 
de Çamha, celui de Claudia, celui de 
Djlhan qui [était passé à]' Mélitène, ces 
quatre évêques, à eux seuls, jetèrent les 
sorts; d'après ce qu'ils ont dit, llsécrivi- 
rentlesnoms detrois personnes, selon la 
coutume : l'une [623] était Rabban Josué 
le diacre, fils deQatreh, dont nous avons 
parlé plus haut^ ; comme son nom sortit, 



1. Lire : omaû) ; ms. ; « ils brûlèrent », et de même vers. ar. (laû;-|o). — 2. Lire : ii^»»«l.l ; 
vers. ar. : Ia3>.j9. — 3. Lire ; Ics^m âb.1.* (vers. ar. ; l?t»v]. — 4. riyEiiwv. — 5. Lire : l.;^»'» (cf. 
texte, p. 624, 1, 11). — 6. Même orthographe dans la vers, arabe. 

7. En 1451 selon Barhébréus. 

8, ;-=i.i; cf. ci-dessus, p, 247. — 9. Cf. ci-dessus, p. 243. 



LIVRE XVI. CHAP. IX 



251 



assez longtemps la voix des gémisse- 
ments de ces hommes et de leurs mon- 
tures. 

Atliarib(?) ' fut de nouveau renversée 
dans ce tremblement de terre; l'église' 
de Harim s'écroula aussi. Azrab% village 
situé sur les confins de la montagne de 
Qouros, s'entr'ouvrit par le milieu, et 
quand les habitants furent sortis il s'ef- 
fondra entièrement. 

Il y eut disette de pluie en cette année, 
jusqu'à la pleine lune de 'iyar (mai) ; 
ensuite, quand la pluie survint, il y eut 
une récolte tardive. 

Le dimanche de la Pentecôte, il y eut 
un violent orage qui tua deux femmes à 
Mélitène : l'une sur une terrasse et l'au- 
tre au milieu de la rue, et deux cigognes. 
A la neuvième heure et dans la nuit 
du 22 dehaziran* (juin), on vit des lances 
rouges dans la région septentrionale; 
elles dirigeaient leurs coups et mar- 
chaient vers l'Occident. 

En l'an 1452, au mois de tésrin i" 
(oct.), le 29, il y eut un tremblement de 
terre; et le 10", il y eut une éclipse de 
lune. La peste survint à Mélitène, tout 
d'abord parmi les volatiles : les poules 
périrent; et ensuite parmi les enfants en 
bas âge qui mouraient de la petite vé- 
role, c'est-à-dire de °. 

Au mois de 'iyar, en la fête de Mar 
Bar Gauma, ifne forte grêle [624] tomba 



ils envoyèrent deux évèques le chercher. 
Celui-ci les fit jurer par les saints mys- 
tères, et quand ils lui affirmèrent qu'il 
avait été désigné par le sort, il se rendit 
avec eux au monastère de Maqrouna', et 
ils le revêtirent de l'habit monastique. 
Alors, ils reçurent la nouvelle que le 
maphrien était arrivé à Amid, et que 
le gouverneur leur demandait de se réunir 
dans sa ville. C'est pourquoi, quand ils 
arrivèrent au monastère de Qanqrat, 
l'évêque de Gargar l'ordonna prêtre; et 
à Amid eut lieu son ordination (patriar- 
cale), le dimanche 4 de kanoun i (déc), 
en la fête de (sainte) Barbara ^ Le ma- 
phrien Dionysius lui-même lui imposa 
les mains, en présence de douze métro- 
politains et évêques, et d'une foule de 
prêtres, de moines, et de diacres. Et 
Mar Athanasius fut proclamé patriarche 
d'Antioché'. 

Le jour de son ordination, le gouver- 
neur de la ville, Mouyad ed-D{n"',fils de 
Nisan, un faiyaya, donna un festin à 
tout le synode. Un chrétien nommé 
Jacques, frère du diacre Isaac, qui ré- 
sista plus tard au patriarche Mar Atha- 
nasius, fournit alors abondamment aux 
dépenses [624] de ce synode. 

Le lendemain, le patriarche ordonna 
a l'évêque de Djihan de quitter Mélitène 
et de s'en aller dans son diocèse, et 
aussi à Basilius de sortir d'Amid : il 



1. Le ms. et la vers. ar. portent' si]L- il faut peut-être lire >aUI, Atharib (?). — 2. Lire : U;^, 
au lieu de \>i^; vers. ar. : >o»U. ot^-a. — 3, Sic vers. ar. : ^ Cvo*i| iMojoo ^^^se^^ Joasi fâ ^.ûSs. oiil 
lovê^ao. — 4. vJ*M*=. — 5. Sic ms. et vers ar, — 6. Le dernier mot syriaque n'a pas été traduit 
ipar l'arabe qui porte simplement ; '*»i^ ^Nj^ '■•9. 

7. \>a-^^; sic BH et vers, ar, — 8. En 1138. — 9. Athanase VIII. — 10, BH 



^-.^ ^ 



252 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

àHanazit et à Hesna de Ziad. Elle brisa concéda à celui-ci Qala" Dja'bar', afin 

les arbres et les vignes. Ce jour-là, la qu'Amid restât le siège du patriarche, 

foudre brûla un enfant et un mulet. comme elle l'était autrefois. 

Au mois de haziran (juin) de cette De là naquirent de fâcheux scandales 

même année, il y eut un vent violent qui dans l'Église de Dieu. Basilius de Djihan 

arracha le reste ' des arbres. Dans la résista et dit au patriarche : « Tu n'as 

région de Mélitène, deux tours, qui se pas été élu vraiment par le sort, mais 

trouvaient dans des villages, furent ren- par la fraude et la passion ». Il ajoutait 

versées par ce vent. que « l'évêque de Gargar l'avait trompé, 

Au même mois, il y eut un tremble- en lui jurant qu'on ne le ferait pas par- 

ment de terre sur le littoral. En Cilicie, tir de Mélitène, et que, là-dessus, il avait 

une petite ville qui s'appelait Kalinag commis l'iniquité en écrivant sur les 

[fut renversée]» ainsi, que beaucoup trois billets un même nom. » Quand ce 

d'autres lieux de la région et sur tout bruit se répandit, tout le monde fut 

le littoral. — Fin. scandalisé. 

Tous les évêques qui étaient dans 
les pays à l'occident de l'Euphrate, 
n'ayant été présents ni à l'élection ni à l'ordination, ne proclamaient point le patriar- 
che et se disposaient même à en établir un autre. D'autres disaient: « Parce que 
Basilius de Djihan a été chassé il ment au sujet de l'élection », et plusieurs l'anathéma- 
tisaient à cause du scandale qu'il semait. Mais lui-même ne restait pas oisif. Il vint 
à Mélitène, réunit les prêtres et le peuple, et leur montra les billets qu'il avait écrits; 
cependantj il sortit de Mélitène et s'en alla à Djihan. 

Le patriarche quitta Amid et vint au couvent de Mar Bar Çauma. Il ordonna pour 
métropolitain de Mélitène son neveu * Theodorus, qui fut appelé Ignatius, le dimanche 
[623] de la Pentecôte de cette même année". 

Et au mois de tésrîn i"" (oct.) de l'an 1451, il ordonna pour Jérusalem Romanus, 
qui fut appelé du monastère même de Jérusalem, mais qui était né à Mélitène ; il prit 
aussi le nom d'Ignatius. 

En l'an 1452, les évêques d'Occident se réunirent avec Bar Andréas, Bar Soumana 
et d'autres, à Hesn-Mançour. Là, ils écrivirent un recueil de canons et mandèrent 
au patriarche que s'il observait' ces canons, ils l'accepteraient. Il promit de les 
observer. C'est pourquoi ils vinrent près de lui au couvent de Mar Bar Çauma, et ils 
apposèrent leur adhésion à la lettre systatique de paix'. 



1. l2;«i., — 2. Lacune d'un mot dans le ms. et aussi dans la vers. ar. ; suppl. Csi>a). 
3. BH : ;-=i^ wi^. — 4. Fils de sa sœur. — 5. Le 22 mai 1139. — 6. Lire : îé" >ai^ vl' (BH). — 
7. BH : U««. lowo oJi-j vCio^^Moma « .,. à sa lettre; et la paix fut faite ». 



LIVRE XVI. GHAP. X 253 



CHAPITRE [X], — De V époque de la mort de Malik Mohammed; à cette époque 
mourut aussi V empereur des Grecs, Jean; à cette époque mourut le roi des 
Francs, à Jérusalem, qui est Sire Foulques^ ; à cette époque mourut Daoud, 
émir de Hesna de Ziad. Autres événements civils et ecclésiastiques de cette 
époque. 

En l'an 1453 [Josselin]* monta prier à Jérusalem. Alors les Turcs pillèrent 

cruellement toute la région ; ils dévastèrent et incendièrent le village • de Harîm. 

La même année mourut le seigneur de Qamah, et Malik Mahmoud y régna. 

En l'an 1454, le 6 de kanoun i", mourut Malik Mohammed', à Gésarée. Il 

statua que son fils Danoun^ régnerait. Mais sa femme fit venir Ya'qoub- 

Arjçlan', frère (du roi défunt) et l'épousa; celui-ci régna à Sébaste, et Danoun'' 

s'enfuit à Symnada ; Gésarée fut à lui, et aussi Mélitène. 

Daulah, un autre frère, arriva; et fit alliance avec Yaunos », seigneur de 
Masara. Ils marchèrent sur Mélitène ; mais on ne leur ouvrit point pour les laisser 
entrer; et comme ils n'étaient pas en lorce pour l'attaquer, ils s'en retournèrent à 

'Arqa. Alors la femme de Malik Mohammed envoya deux mille hommes pour 
garder Mélitène, Mais, ceux qui étaient dans la ville soupçonnèrent que ceux 
qui venaient apportaient l'ordre de les expulser de leurs maisons, eux [626] et 
leurs enfants, pour les envoyer à Sébaste, et prendre leur place : alors ils 
devinrent furieux, s'armèrent, et tirèrent leurs glaives en courant par les rues. 
Une grande terreur s'empara du peuple des chrétiens : ils se cachaient dans les 
puits et dans les endroits souterrains, ne sachant pas ce qui arrivait. G'était le 
mercredi de la première semaine du carême, le 17 de sebat (févr.). Les Turcs 
qui étaient dans la ville s'assemblèrent devant la citadelle et demandèrent au 
gouverneur' les clefs des portes, afin de sortir combattre contre ceux qui 
venaient. Le gouverneur ne leur ayant pas donné les clefs, ils allèrent tous, 
montés et armés, et avec des cognées brisèrent la serrure de la porte de Bori- 
diyeh '°. Bouri est le nom de celui qui brisa la serrure ; il s'avança à la tête de 
ceux qui furent envoyés tandis que les autres demeuraient pour garder les 
portes. Ils allèrent, et le jour même ils amenèrent Daulah. En voyant cela, ceux 
de Sébaste s'enfuirent. Le gouverneur lui-même sortit et salua Daulah; celui-ci 
entra et régna dans la ville qui fut pacifiée. 



1. Ms, : Boug; lire : v^?. — 2. Espace blanc dans le ms. et dans la version arabe, à la place du 
nom. — 3. xa<7Tpov. — 4. Vers. ar. : .»».»; on a déjà remarqué que ce prince est appelé tantôt 
Mohammed, tantôt Matimoud. — 5. Fils de Ghâzi. Aa5o0vï)i;, chez les écrivains byzantins. — 6. Fils 
de Ghazi. L'orthographe Yaq'ouhaçlan est constante dans le ms. ; chez les byeantins : 'layounadâv. 
— 7. Lire : saj»o. — 8. Lire : ii»ttia.. — 9, -fiYEM-tov. — 10. ov^t^^aa (BH). 



254 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Peu de temps après, Daulah se rendit près de son frère Ya'qoub-[Ar]çlan, et ils 
s'allièrent. Puis il alla s'emparer d'Ablastaïn, et régna même sur le pays de 
Djihan. En apprenant cela, le sultan ' vint précipitamment contre Ya'qoub-[Ar-] 
clan. Celui-ci eut peur et s'enfuit dans la montagne. Le sultan dévasta Sébaste et 
s'en retourna. Il manda à Daulah de venir faire sa soumission, (promettant) 
d'augmenter son fief. [627] Daulah envoya sa femme, qui était la fille du frère du 
sultan ; mais celui-ci n'accepta point la supplique de cette femme. 

Le 17 de haziran (juin), il mit le siège contre Mélitène, et, après avoir dressé 
des machines comme pour en faire l'attaque, il tomba dans la torpeur et n'en- 
gagea plus aucun combat : on disait que cela était arrivé par sorcellerie. Après 
avoir continué le siège pendant trois mois, tandis que Daulah pillait les gens de 
la ville, surtout les notables, [parles taxes] ^ qu'il prenait pour donner aux soldats, 
tout à coup à l'aurore de la fête de la Croix, le 14 d'éloul (sept.), le sultan brûla 
ses machines et s'en alla. Ce fut un grand soulage ment pour les gens de la ville. 

Au mois de nisan (avril) de la même année, l'empereur des Grecs, Jean, envahit 
la Gilicie. Tandis qu'il chassait, selon son habitude, il prit une flèche munie d'un 
poison mortel pour attaquer une bête fauve, un sanglier. II arriva par accident 
qu'il se frappa la main ; le poison se répandit dans tous ses membres, et il 
mourut'. 

Peu de temps après, le roi des Francs de Jérusalem sortit pareillement pour 
chasser. Il poursuivait un lièvre : et on le trouva la tète rentrée dans le 
corps par suite de la violence du choc, en tombant de cheval ; et de même il 
mourut*. 

En ce temps-là mourut Daoud% (seigneur) de Hesna de Ziad. 

Ces quatre personnages : l'empereur des Grecs et le roi des Francs, Malik 
Mahmoud' et Daoud, moururent la même année'. — Fin. 

En l'année 1452, depuis le milieu de En l'an 1453, mourut le patriarche 

'ab (août) jusqu'au commencement d'Egypte, Mar Gabriel, et Mar Iwannis 

d'éloul (sept.), on apercevait comme des fut ordonné ^ 

rayons de feu dans la région septen- Le patriarche Mar Athanasius vint à 

trionale; et pendant la nuit du 2 d'éloul, Mélitène et rencontra Malik Mahmoud; 

une lueur resplendissante comme le il résida dans cette ville, dans l'église de 



1. Mas'oud. — 2. Lacune d'un mot dans le ms. et dans la vers. ar. ; BH : l^.i-3^^. — 3. 8 avril 
IIW. Cf, Hist. du Bas-Emp., LXXXVI, § xli, xlii. — 4. 10 nov. 1143. Cf. Gesch. des Km. Jerus., 
p. 229. — 5, Daoud Rokn ed-Daulah, fils de Soqman, — 6. Vers. ar. : la»»»», — 7. Plus exacte- 
ment : « dans l'espace d'une année ». 

8. Cf. ci-dessus, p. 235. Selon Renaudot (/TiS^. patr. Alexandr,,p. 511 et suiv.), Gabriel mourut 
en 1146. Il eut pour successeur Michel, pendant un an à peine, et ensuite Jean (1147-1167). 



LIVRE XVI. GHAP. X 



■255 



soleil sortit du nord-ouest; il semblait 
que le ciel était embrasé'. 

En l'an 1453, la grêle ravagea tout le 
pays de Çamha. 

En l'an 1454, le pape de Rom.e envoya 
un de ses douze^ pour redresser les 
églises, les couvents, les pontifes, etc., 
à Jérusalem et dans le reste (du pays). 
Quand il arriva et commença h enquê- 
ter, sa mort survint*. On dit qu'il avait 
été empoisonné, et le pape en fut irrité ; 
il envoya un de ses quatre grands, 
qu'on appelle leqati, et qui sont ses 
vicaires. Celui-ci' corrigea beaucoup de 
choses, déposa le patriarche" qui était à 
Antiocheet en établit un autre, et brilla 
par ses actions. 

Alors les méchants Grecs, habitués au 
mal, allèrent le trouver et lui parlèrent 
de notre peuple et des Arméniens : [626] 
« Ce sont, dirent-ils, des hérétiques », 
et ils remplirent son esprit de colère. 
Quand il vint à Dolichê, il rencontra 
Krikoros, catholicos des Arméniens, et 
le força à montera Jérusalem, Il tint un 
synode, le lundi in albis^, auquel se trou- 
vaient, avec le légat, le patriarche et les 
évoques Francs, le catholicos, un évêque 
et des docteurs Arméniens; le métro- 
politain de Jérusalem, Ignatius', et des 
moines, Josselin et les autres chefs. On 



Mar Mammas, et il consacra le chrême 
dans la grande église. Ensuite, il gagna' 
le monastère de Mar Aharon de Ségara, 
et il donna à l'évêque de Maipherqat le 
pouvoir' de diriger Amid, et à l'évêque 
de Tarse de diriger Antioche. 

En cette année, le maphrien Diony- 
sius descendit à Bagdad, à cause de la 
maladie qu'il avait; il y termina sa vie, 
et les gens de Tagrit prirent soin de 
ramener son saint corps, qui fut enseveli 
dans l'église de Tagrit. 

La même année, les 'Taiyayê étran- 
glèrent l'évêque d'Emèse; celui du 
four 'Abdîn fut chassé par les gens de 
son diocèse; celui de Gozartha fut pris 
par le préfet, pour de l'or*". — Les diocé- 
sains de celui de Damas, se révoltèrent 
également contre lui ; ils vinrent trouver 
le patriarche qui les réconcilia avec lui. 

[626] En l'an 1454, au mois de tésrin i 
(oct.), fut ordonné comme maphrien de 
Tagrit, Lazare, du monastère de Ser- 
gisyeh, qui était de 'Abra, village" de [la 
région de Goubbos,]'^ et avait grandi à 
Mélitène ; il fut ordonné dans le couvent 
de Mar Aharon. Il fut appelé Ignatius; 
il brilla beaucoup dans l'Église. 

La même année, le patriarche Atha- 
nasius revint à Mélitène; il s'y trouva 
quand Daulah, fils de Ghâzî, commença 



1. Lire : ^"'vj; vers, ar. : ^o>l ta-^cSs^ ^. _ 2. Cf. J.-B. Chabot, Hist. de Mar Jabalaha 111, 
p. 62, n. 1. — 3. Ce légat était Pierre, archev. de Lyon ; mort le 28 mai 1139. — 4. Albéric, év. 
d'Ostie. Cf. Gesch. des Kôn. Jerus., p. 221 et suiv. — 5. Radulf (nov. 1139). — 6. Avril 1140. 
Mansi, XXI, 505-508, 583, 584. — 7. Métrop. des Syriens. 

8. Litt. : « il demanda », petivit ; vers. ar. : i^^. — 9. aùOevxia. — 10. C'est ainsi qu'a compris la 
version ar. : i=w"^t3 ^IgVo^ 'ovOcu»; confirmant la lecture de notre ms. l3oit=. — 11. xâffrpov. Vers, 
ar. : ;.ai^ ot^^ ,». — 12. Lacune d'un mot à suppléer ainsi d'après Barhébr. {Chr, eccl., 1, 497) : 



256- 



GHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



convoqua les Grecs au synode par trois 
fois. « Vous avez prétendu, disaient-ils, 
que les Syriens et les Arméniens sont 
hérétiques ; venez maintenant, et ex- 
posez-nous leur hérésie. » Ils répon- 
dirent : « Nous ne viendrons point au 
synode, parce que notre empereur n'y 
est pas ». Et par là, ils dévoilèrent devant 
tout le monde que la vérité n'est pas 
avec eux. — Alors les Arméniens mon- 
trèrent un volume dans lequel était 
écrite leur profession de foi; de même, 
les nôtres présentèrent un volume. On 
les lut tous les deux, et on les traduisit 
enlangue italienne. Alors touspublièrent 
et confessèrent que cette profession 
était vraiment la confession orthodoxe. 
Après cela, les Francs exigèrent des 
Arméniens et des Syriens des serments 
écrits qu'ils ne tenaient pas dans leur 
cœur une autre confession; les Syriens 
le firent avec joie, mais les Arméniens 
n'y consentirent pas, et on reconnut 
qu'ils étaient phantasiastes et sinio- 
niaques. — Fin. 



à y régner, et quand le sultan Mas'oud 
vint en faire le siège. 

Après cela quelques personnes allèrent 
trouver le comte Josselin et lui dirent : 
« Ce patriarche a été établi illégitime- 
ment ». Et comme le patriarche n'avait 
pas été saluer Josselin, celui-ci défendit 
qu'il fût proclamé dans son territoire. Il 
fit amener Timolheus de Gargar à Sa- 
mosate, et s'enqult auprès de lui de la 
manière dont l'élection avait eu lieu. 
Là, à Samosate, l'évêque de Gargar 
[affirma, selon quelques-uns]', que celui 
de Djihan était véridlque; d'autres as- 
surent qu'il ne dit pas (cela). 

Le patriarche quitta Mélitène et vint 
au monastère deMar Bar Çauma. Ayant 
appris que Josselin avait fait passer à 
Edesse Basilius, qui est Abou '1-Faradj 
bar âoumana, le patriarche lui-même 
accorda Edesse à Bar Soumana, et il 
ordonna pour Kaisoum Elias, moine 
instruit, très capable parmi ses con- 
temporains, qui fut appelé Iwannis, 
et devint célèbre dans l'Église. — Fin. 



Dans ce Seizième Livre, est compris un cycle de 13 années, pendant lesquelles 
existèrent dix rois Grecs, Francs et Turcs. En dix chapitres. 

Puisque ces deux évêques* ont pris soin d'écrire, nous plaçons ici la préface que 
chacun d'eux a mise en tête de son ouvrage : 

Iwannis de Kaisoum écrit ainsi -. « Puisque l'époque est afïaiblie, puisque notre 
malheureuse génération est tombée dans une grande dépression, puisque surtout 
notre parti des Syriens a péri et a été broyé : nous voulons, nous faible et misérable. 



1. Il y a manifestement une lacune de quelques mots dans le texte; et aussi dans la vers. ar. qui 
n'a pas compris le passage, Suppl. ainsi d'après Barhébr. : • )-iiso— ;-^l ^\?j^;_so| ,^|o;il ajoute; 

^ott- ooi ji». >.6^Aba»3 0V30, « à Samosate même mourut l'évêque (de Gargar) ». 

2. Jean, de Kaisoum, et Denys bar Çalibi, d'Amid, dont il sera parlé au Livre suivant. 



LIVRE XVI. GHAP. X 257 

faire connaître quelques-uns des nombreux événements qui nous sont arrivés et nous 
arrivent en ces années, et nous avons même pris soin d'écrire, et nous avons 
recueilli ce volume de Chroniques d'ouvrages nombreux et variés; et nous le laissons 
en souvenir à ceux qui viendront après nous, afin que chacun pense à soi, et se 
préoccupe de lui-même; qu'il sache que le temps est fugitif, et que, comme les autres 
ont disparu et passé, il devra lui-même payer une dette inéluctable; qu'il apprenne 
de ceux qui l'ont précédé, que plus il sera demeuré et devenu célèbre en ce monde, 
et plus le compte à rendre sera grand dans le monde futur. » 

Dionysius (TAmid écrit ainsi : « Comme tout entendement est incliné, à cette 
époque dépourvue de charité, vers les nouvelles et les narrations sans espérance ni 
utilité, celles-ci occupent aujourd'hui et captivent le plus grand nombre, à cause de 
la consomption et des troubles qui depuis un temps assez long ont fait disparaître la 
stabilité; la crainte, protectrice des préceptes, a été enlevée; l'illégalité s'est multi- 
pliée ; la science, qui dirige les novices et conduit ceux qui l'ont acquise dans les 
voies droites, est rejetée au loin. En considérant ces choses, moi, le misérable 
Dionysius, lepauvre Jacques, j'ai pensé un peu à ce que j'offrirais à ceux qui m'excitent 
à être utile en prenant le souci d'une Chronique. J'ai raisonné, c'est-à-dire pensé que 
le récit des histoires arrivées de temps à autre, et des châtiments tombés d'en haut 
sur un peuple débile, pouvait parfois être utile et avantageux pour la conscience ; parce 
qu'en frappant les oreilles de ceux qui n'ont pas fait l'expérience de ces choses, elles 
pourraient peut-être les terrifier et leur faire craindre la cognée menaçante qui est 
posée à la racine', et les empêcher de se laisser entraîner à des colloques infidèles et 
sans fondement de paroles futiles et inutiles. Comme j'avais cette intention depuis 
longtemps, et comme les sages m'excitaient à ne pas négliger ni cesser de l'accomplir, 
j'ai voulu parcourir toutes les chroniques antérieures et y choisir ce qui était utile 
et convenable au but que nous avons indiqué. Quand j'ai eu accompli cela, en prenant 
parmi les histoires ecclésiastiques, écrites par les anciens, ce qui convenait à la con- 
texturedu discours, j'ai jugé et pensé que quand j'aurais ajouté et pris, c'est-à-dire 
coordonné dans une même suite constante, ce qu'ils ont écrit à diiférentes époques, 
pour arriver, en marchant graduellement, jusqu'à l'époque troublée en laquelle nous 
nous trouvons, lorsque je ferais connaître les pillages et les calamités qui ont atteint, 
à cette époque, le peuple des Chrétiens, l'entendement du plus grand nombre, retenu 
par ces narrations et ces récits lamentables, serait détourné de celles que j'aurais 
racontées plus haut et qui sont bien antérieures»; et ainsi j'ai été détourné pour le 
moment de cette pensée de vouloir réunir tous les temps avec l'histoire ecclésiastique 
et faire du tout un seul ruisseau débordant d'utilité et abreuvant les questionneurs, 
et j'en suis venu à n'écrire que les choses qui se sont passées de nos jours, et celles-ci, 
autant que possible, en peu de mots et brièvement. — Fin. 



1. Cf. Matth,, m, 10. — 2. ,^-,.o. 

m. ■ 33 



LIVRE XVII 



Ce Dix-septième Livre commence a l'an 1455' des Grecs, qui est l'an 1125 de 

LA NAISSANCE SELON LA CHAIR DE NoTRE-SeIGNKUR, l'aN 524 DES ArABES, l'aN 83 

DES Turcs, et, depuis Adam, l'an 6623. 



CHAPITRE [!"■]. — De V époque à laquelle Manuel régna sur les Grecs, Baudoin 
sur les Francs, et Ya'qoub-[Ar]çlan* sur les Turcs, à Sébaste. Autres événe- 
ments qui eurent lieu à cette époque. 

Quand l'empereur des Grecs, Jean, mourut en Gilicie, comme son fils aine 
n'était pas présent, parce qu'il était resté dans la ville impériale, il légua l'em- 
pire à son fils cadet, Manuel, qui commença à régner au mois de nisan (avril) 
de Tannée 1455. 

Quand il entra à Gonstantinople, son frère le reçut et le vénéra, et il fut con- 
firmé dans l'empire'. 

La même année, le roi de Jérusalem* mourut aussi, et son fils Baudoin (II) 
commença à régner. Comme il était trop jeune, samère^ gouvernait le royaume. 

A cette même époque, l'émir Daoud, seigneur de Hesna de Ziad mourut, et 
son plus jeune fils Qara [-Arjçlan' lui succéda. Son fils aîné était près de Zangui. 
Zangui vint et amena avec lui Arsian-Doghmîs', fils de Daoud; il s'empara de 
Hani. 

Le sultan Mas'oud vint et s'empara d'Ablastaïn et de tout le pays de Djihan. 
Puis il revint mettre le siège devant Mélitène, et amena avec lui Ya'qoub- 
Arçlan, fils de Daoud. 11 s'était réfugié près de lui pour qu'il l'aidât contre 
Zangui qui marchait sur lui. Le sultan lui donna vingt mille cavaliers, et il 
s'avança contre Zangui. Celui-ci ayant entendu parler des forces [629] du sultan 
envoyées contre lui, abandonna (son projet) et rentra dans son pays. Qara-Arçlan 
rentra en possession du pays qui lui avait été enlevé. Le sultan demeura trois mois 



1. Le ms. semble porter 1425 ; c'est une erreur du copiste. — 2. Barhébr. écrit régulièrement 
^aoil OUI». ; mais la leçon ^om».. : « Ya'^qoubaqlan f> est constante dans notre ms. — 3, Cf. Hist. 
du Bas-Emp., LXXXVI, § xuit; LXXXVII, § nt, rv. — 4. Foulques. — 5. Mélissende. — 6. Ms. 
ici et habituellement ; ^ips, Qaraclan', cf. ci-dessus, n. 2. — 7. Ms. et vers, ar. : '»..ia^ ti V«» 1 , 
peut-être à lire : uuvi^jî^ni| Aslandoghmii.Bavhéhr. écrit correctement : >».M^t si'*"'', corrigeant 
ainsi l'orthographe de Michel basée sur la prononciation; cf. ci-dessus, n, 2, 6, et p. 253, n. 6. 



LIVRE XVII. CHAP. I 



259 



contre Mélitène, sans livrer un combat, et au milieu d'août, la veille de la fête de 
la transmigration de la Mère de Dieu, il ordonna à ses troupes que chacun [prît]' 
tout ce qui se trouvait d'utile à sa portée, et, au matin, ils partirent. Ils emme- 
nèrent en captivité toute la région'. 

En cet été, tandis que le sultan assiégeait Mélitène, Josselin vint au couvent 
de Mar Bar Çauma, comme pour prier. En voyant le peuple, qui abandonnait 
le pays de Claudia et fuyait devant le sultan, et en apprenant combien les 
troupes de ce dernier étaient nombreuses, il retourna précipitamment dans son 
pays. — Fin. 



En l'an 1455, le 26 de tésrin n (nov.) % 
au matin du vendredi,il y eut un tremble- 
ment de terre, et dans la ville appelée 

Prusa*, qui est voisine de Conslan- 
tinople, la ville impériale, il causa beau- 
coup de mal aux édifices et à leurs habi- 
tants; et le fleuve qui passait dans la 
ville fut complètement desséché. Trois 
jours après, tandis que le peuple qui 
avait survécu se tenait en prières, il y eut 
de nouveau un tremblement de terre, 
et le fleuve recommença à jaillir et à 
couler dans son lit. 

. La même année, le 23 d'adar, au cré- 
puscule du Jeudi-saint', on vit un signe 
terrifiant, à l'occident, après le coucher 
du soleil ; il ressemblait à une lance, et il 
resta environ trois heure». Il apparut 
pendant sept jours, et on dit qu'il signi- 
fiait le sang. — Fin. 



Josselin se réconcilia avec lui et avec tous 



A cette époque, comme Basilius, qui 
est Bar Soumana, était passé de Kai- 
soum àEdesse, il était accusé de l'avoir 
fait' par ordre du prince : ce qui n'était 
pas licite. Il fit un discours apologétique 
qui prouvait par des témoignages évi- 
dents que, jusqu'au moment où le 
patriarche et le synode lui concédèrent 
(ce siège) il n'avait cédé ni aux ordres 
du prince ni aux sollicitations des Édes- 
séniens. Comme ceux-ci refusaient d'ac- 
cepter le patriarche et ne consentaient 
pas à le proclamer, ils essayaient de 
persuader au vénérable Basilius de deve- 
nir leur chef [malgré les censures^]. 

Or le patriarche, comme on dit, choi- 
sit de deux maux le moindre. Il accorda 
à Bar Soumana la métropole d'Édesse, 
et par lui se soumit les Edesséniens. 

Quand Josselin revint de Jérusalem, 
après avoir établi le nouveau roi, le pa- 
triarche alla le rencontrer à Tell Baser, 
les évèques. Il rendit les ornements et les 



1, Suppléer : j-P (vers. ar.). — 2. Ces faits paraissent être antérieurs à la mort de Jean et de 
Foulques. Cf. Gesch. der Chai,, III, 284 ; Gesch. des Kôn. Jerus., p. 216, 226, 

3, Ms, : téSrin i. — 4. Ms. : Pwrsa. — 5. 23 mars 1144. 

6, De même dans la vers. ar. : ;>aL^^.^ ^»l-= ^i ^M. — 7. Le mot écrit dans notre ms. : Uavis, 
qui ne présente pas de sens, n'a pas été rendu p'ar l'arabe (....y;^a\i3 . |.m*;...,) ; il faut sans 
doute reslHiier U^^û=, et supposer quelque autre altération dans la phrase. 



260 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

vases du chrême qu'il avait volés, dans sa colère, dans le trésor du patriarche, au 
couvent de Mar Bar Çauma, la première fois'. 
Le patriarche se rencontra de nouveau avec lui*. 



CHAPITRE [II]. — De U époque à laquelle eut lieu la lamentable prise d'Édesse 
de Mésopotamie^ ville illustre des Chrétiens, que le glaive des Turcs ravagea, 
parce qu'à cause de nos péchés, nous fûmes justement abandonnés {de Dieu). 

La première prise d'Edesse, que les Turcs enlevèrentauxFrancs, eut lieu ainsi : 

Comme ses habitants étaient déjà depuis longtemps, pour ainsi dire, empri- 
sonnés par les Turcs, et comme la ville était affaiblie de toute manière, Josselin, 
seigneur de cette ville, se mit tout à coup en guerre avec Zangui, seigneur de 
Mossoul, pour la cause que voici : Quand Zangui poursuivait le seigneur de 
Hesna de Ziad, celui-ci chercha du secours près de Josselin, à qui il donna la 
forteresse de Beit Boula, pour qu'il l'aidât contre Zangui, de même qu'il avait 
secouru le sultan Mas'oud. Josselin ne comprit pas qu'il n'était point avanta- 
geux pour lui de combattre avec les Turcs en faveur des Turcs. Il envoya une 
armée au secours de Qara-Arslan. Ce fut une occasion pour Zangui. Dès que 
Josselin, partant pour Antioche, se fut éloigné, les gens de Harran firent savoir 
à Zangui qu'Edesse était dépourvue de troupes. Celui-ci rassembla une armée 
en l'an 1456, et le mardi 28 de tesrin iV, il mit le siège contre Édesse avec des 
milliers et des myriades (de soldats). 

Ils établirent leur camp devant la porte des Heures*, à côté de l'église des 
Confesseurs. II manda aux citoyens de la ville : « Capitulez, pour ne pas périr; 
car il n'y a point de salut pour vous! » Le chef était le papios'' des Francs. Ils 
répondirent : « Nous ne capitulerons pas ». Il comptait sur les messagers qu'il 
avait expédiés à Antioche et à Jérusalem, pour qu'on se pressât de venir délivrer 
l'excellente ville. 

Le l*"^ de kanoun, Zangui ordonna de commencer l'attaque de toutes les 
manières. Sept balistes lançaient des pierres, et les troupes faisaient pleuvoir 
les traits comme des gouttes de pluie. Les gens delà ville, vieillards et jeunes 



1. Un second pillage commis par Josselin est, en effet, raconté plus bas, au chap. ix. — 2. Cette 
phrase paraît incomplète. 

3. 28 nov. 1144. — 4. Au sud-ouest de la ville. Pour la topographie d'Edesse, comp. R. Duval, 
Histoire politique, religieuse et littéraire d'Édesse, p. 12 et suiv. ; E. Sachau, Reise in Syrien 
und Mesopotamien, p. 192 et suiv. ; Zeisck. d. Deutsch. Palâstina-Vereins, t. X, p. 295-99. — 
5. L'archevêque latin d'Édesse (cf. ci-dessus, p. 238, n. 6) ; à cette époque : Hugues II ; cf. Gesch. 
des Kôn. Jerus,, p. 234, n. 2. 



LIVRE XVII. CHAP. II 261 

gens, hommes et femmes, et les moines de la Montagne*, se tenaient sur le mur 
et combattaient. Quand Zangui vit que le malheureux peuple luttait héroïque- 
ment, il ordonna de creuser la terre sous le mur. Ils creusèrent profondément 
et arrivèrent au mur. De leur côté, les assiégés creusèrent de l'intérieur, s'avan- 
cèrent contre les assiégeants et se mirent à les attaquer. Comme ce stratagème 
ne leur profita point, ils se mirent à construire un mur à l'intérieur, en face de 
l'endroit qui était miné. Les assiégeants minèrent deux des tours et placèrent 
des étais au-dessous, de même que sous le mur, d'une tour à l'autre. L'atabeg 
(leur) manda : « Nous vous donnerons deux hommes qui iront à l'intérieur, 
envoyez deux des vôtres et voyez le mur qui est miné; et livrez la ville avant 
d'être pris par le glaive. Je ne veux pas que vous périssiez. » Gomme ils avaient 
confiance dans le mur qu'ils avaient bâti et comptaient sur l'arrivée des Francs, 
ils ne se laissèrent pas persuader; mais ils le méprisèrent et le tournèrent en 
dérision. 

Alors les assiégeants mirent le feu aux bois, et, au moment du matin, le com- 
bat devint acharné. L'air était obscurci par la fumée; les genoux et les cœurs 
tremblaient au bruit de la trompette, des foules qui se précipitaient' et des cla- 
meurs du peuple. Quand les bois furent consumés, le mur et les deux tours 
s'écroulèrent, et le nouveau mur intérieur apparut. Alors, les Turcs furent remplis 
de stupeur, jusqu'au moment où ils remarquèrent qu'une brèche était demeurée 
entre le nouveau mur et l'ancien. Alors les troupes s'assemblèrent pour péné- 
trer; le peuple de la ville se réunit, avec le bafios elles évéques', pour s'opposer 
à leur entrée. La brèche fut comblée par des monceaux de cadavres, tant des 
assiégés que des assiégeants. Tandis que le peuple se tenait sur la brèche en 
combattant et que le mur se trouvait désert, les Turcs appliquèrent des échelles 
et montèrent. Un Gurde monta le premier, poussa un cri et se mit à lapider le 
peuple avec des pierres. Quand ils le virent, leurs mains faiblirent, ils eurent 
peur, tournèrent leurs visages et s'enfuirent à la citadelle. 

Etdès lors, quelle langue pourra raconter,ouqueldoigtpourra écrire sans trem- 
bler la chose lamentable qui se passa à la 3® heure du samedi [2]3' de kanoun i*''? 
Les Turcs entrèrent avec leurs épées et leurs glaives tirés et buvant le sang 
des vieillards et des jeunes gens, des hommes et des femmes, des prêtres et 
des diacres, des cénobites et des moines, des religieuses, des vierges, des 
enfants à la mamelle, des fiancés et des fiancées! Le sanglier assyrien prévalut 
et il dévora les grappes délicieuses. Ah! quel récit amer! La ville d'Abgar, 
l'ami du Christ, a été foulée aux pieds à cause de notre iniquité : les prêtres 



1. La Montagne d'Édesso ou Montagne bénie, qui était couverte de monastères. — 2, lïi».a^, littér, : 
« coureurs n. La vers, ar. a traduit : >,Jtt3|i|o, «troupes, masses ». — 3, L'archevêque latin, et les 
évêques des autres confessions. — 4. Le 23 déc. 1144. Lire : i^, Ms. : « le S », et de même BH, 



262 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

massacrés, les diacres immolés, les sous-diacres broyés, les temples pillés, les 
autels renversés! Hélas! quelle calamité! Les pères ont renié leurs enfants; la 
mère a oublié son affection pour ses enfants ! Tandis que le glaive dévore et 
que tout le monde fuit au sommet de la montagne, les uns rassemblent leurs 
enfants, comme la poule ses poussins, et attendent pour mourir ensemble par 
le glaive ou pour être emmenés ensemble en captivité! Des prêtres âgés, qui 
portaient les reliques des martyrs, en voyant cette fureur récitèrent cette parole 
du prophète' : « Je supporterai la colère du Seigneur, parce que j'ai péché et je 
l'ai irrité. » Et ils ne prirent point la fuite, ni ne cessèrent leur prière jusqu'à 
ce que le glaive les rendît muets. Ensuite on les retrouva au même lieu, leur 
sang répandu tout autour d'eux et les reliquaires des martyrs dans leurs mains; 
car, par un miracle accompli en leur faveur, ils ne s'en emparèrent point. 

Quant à ceux qui s'étaient enfuis à la porte de la citadelle, les Francs ne la 
leur ouvrirent point pour les laisser entrer, parce que le bafios leur avait défendu 
d'ouvrir avant qu'ils ne le vissent en personne. Mais comme il ne s'échappa pas 
pour venir avec les premiers, des milliers de gens furent étouffés et s'entas- 
sèrent plus haut que la porte. Quand le bafios arriva, on ouvrit la porte, mais il 
ne put [631] entrer, à cause de la multitude des cadavres des hommes qui 
étaient entassés à la porte. Gomme il essayait d'entrer, il tomba au milieu des 
morts, et un des Turcs le frappa et le tua. 

Lorsque Zangui vit un tel carnage, il défendit de commettre de nouveaux 
massacres. Il rencontra alors l'évêque Basilius'^ nu et traîné par une corde. 
Zangui, voyant qu'il était âgé et avait la tête rasée, demanda qui il était. Ayant 
appris que c'était le métropolitain, il se mit à lui reprocher qu'on n'avait pas 
voulu livrer la ville. Celui-ci répondit courageusement : « Ce qui est arrivé est 
très bien. « « Comment? » dit l'émir. L'évêque reprit : « Pour toi, parce que tu 
as remporté une brillante victoire en nous prenant de vive force; pour nous, 
parce que nous avons mérité ton estime, car de même que nous n'avons pas 
menti à nos serments vis-à-vis des Francs, de même nous garderons vis-à-vis 
de toi la foi jurée, puisque Dieu a permis que nous devenions tes esclaves. » 
Voyant qu'il était courageux, et parlait agréablement la langue arabe, Zangui 
ordonna de le revêtir de sa tunique et le fit entrer sous sa tente. Il prit de 
lui conseil sur la reconstruction' de la ville. Un héraut sortit [et annonça]* 
que tous ceux qui avaient échappé au glaive pouvaient revenir à leurs maisons. 

Deux jours après, ceux qui étaient dans la citadelle reçurent la promesse 
d'avoir leurs vies sauves et la livrèrent. Les Turcs conservèrent la vie à tous 



1. MicH., vil, 9. — 2, Basilius bar Soumana, l'évêque syrien. — 3. Vers, ar. ^^l-ia i^. — 
4. Lacune d'un mot dans le ms. (et aussi dans la vers, arabe). 



LIVRE XVII. CHAP. II 263 

ceux de notre peuple, des Arméniens et des Grecs qui avaient survécu, mais ils 
tuèrent les Francs partout où ils les trouvèrent. 

Ce n'est pas à nous de narrer le reste de la calamité, mais au prophète Jérémie 
et à ses semblables d'appeler les pleureuses et celles qui se lamentent pour 
composer des élégies envers sur ce malheureux peuple! — Fin. 

En l'an 1455, l'évêque du diocèse de Laqabîn, dans la région de Mélitène, fut 
accusé de fornication ; il fut chassé, et le patriarche le déposa et ordonna un autre 
évêque pour ce diocèse. — Peu de temps après, Basilius, qui avait été déposé, envoya 
une supplique et des intercesseurs : et le patriarche lui concéda les monastères de 
Zabar, Après y être resté quelque temps, il fut aussi chassé de là pour la même raison. 
Le patriarche fut de nouveau indulgent envers lui, et lui confia le diocèse de Sibabérek. 
Au bout de trois ans, il fut encore chassé de là pour le même motif. Le patriarche 
et quelques personnes disaient qu'il était victime d'une calomnie. Dieu sait ce qui 
est vrai. 

Basilius, qui était passé à Edesse, échappa au massacre quand Zangui s'empara de 
cette ville par le glaive. Zangui le rencontra et, voyant qu'il était courageux et pru- 
dent, et qu'il parlait la langue arabe, il l'honora, lui confia la ville pour la repeupler 
et y amener des habitants : il fut le salut pour beaucoup de gens dans cette circons- 
tance. [630] Tant que Zangui régna à Edesse, c'est-à-dire jusqu'à son assassinat', ce 
vénérable évêque fut très influent. 

A Edesse même, dans la première prise, fut tué le vénérable Basilius, qui est 
Bar "Abbas. Il avait été évêque de Mardîn', et avait quitté son diocèse pour revenir 
habiter dans la montagne d'Édesse. Il y fut couronné. 

A Mardê, était le vénérable Mar Jean', qui fut aussi ordonné du temps du patriarche 
Athanasius Abou '1-Farâdj, en l'an 1436. II possédait une intelligence lucide, un 
sens droit, et une sainte conduite dans le travail, la veille, la lecture des Livres saints. 
De lui-même, avec le secours de la grâce, il pénétra les mystères et les sciences natu- 
relles, et par son assiduité il découvrit des connaissances cachées au plus grand 
nombre. Sur la demande de plusieurs personnes, surtout* du roi, alors que les produits 
de la terre périssaient par suite de la disette de pluie, il amena des canaux et des 
ruisseaux de place en place. 

Il fut connu du roi et honoré par tous les princes de la Mésopotamie et de l'Assyrie. 
Il avait la main large, était miséricordieux et donnait abondamment aux pauvres et 
aux indigents. Aussi, quand Zangui, seigneur de Mossoul, s'empara d'Édesse, comme 
ses habitants étaient réduits en esclavage, la grande philanthropie de cet évêque se 
manifesta, etil libéra un grand nombre de gens de la servitude.il en acheta et en affran- 



1. Cf. ci-dessous, p. 268. — 2. Lire : ^?;.»». — 3. Comp. Bihl. or., II, p. 216 et suiv. ; Whicht, 
Syriac Literature, p. 244, — 4. Lire : û^|;.û^ot 



264 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

chit tant qu'il eut quelque chose entre les mains. Ensuite^ il circula en exhortant 
ses diocésains à délivrer les chrétiens de l'esclavage. Par de telles actions vertueuses 
[621]il grandit et brilla aux yeux de tous, et sa renommée se répandit en beaucoup 
d'endroits. Il fut grandement loué par les nations hétérodoxes, même par les musul- 
mans, et surtout par les rois, pour cette conduite. 



CHAPITRE III. — De l'époque de la prise d'Édesse, à laquelle beaucoup d'évé- 
nements se passèrent parmi les rois de la terre et dans l'Église des Ortho- 
doxes, etc. 

A l'époque même de la prise d'Édesse, un préfet' nommé Bâbek, qui avait été 
établi par Zangui à Nisibe, craignait pour quelque motif que Zangui, devenu très 
puissant par suite de la prise d'Edesse, ne ^ tirât aussi vengeance de lui, et 
redoutait qu'il ne montât contre son pays. C'est pourquoi il ordonna de démolir 
toute forteresse de son territoire qui ne pouvait se défendre contre la puissance 
de Zangui*. 

A cette époque fut détruite la forteresse de Hour-'Ebar, celle de Tell Besmê, 
celle dite de Thomas, celle de Telia Saikh', celle qui était dans le voisinage du 
couvent de Mar Jean% dite* de l'Épouse; ils essayèrent de détruire Sargah, qui 
est près de Nisibe, mais ils ne purent [632] ébranler la solidité de sa construc- 
tion antique. C'est pourquoi ils ne démolirent que la partie neuve, qui avait été 
bâtie par eux, et ils la laissèrent déserte. 

A cette époque, la place forte de Hataka', qui n'était jamais tombée aux mains 
des Turcs, était entre les mains d'un homme de la famille des Bené Marwan, qui 
avaient le titre de rois et leur résidence à Maipherqat*. Il y eut entre ses 
seigneurs de la discorde, des querelles et des combats. Hossam ed-Din, 
voyant que ces Curdes n'avaient point d'auxiliaires, et qu'ils étaient opposés 
les uns aux autres, les assiégea pendant un an et quatre mois. Alors Ahmed 
demanda à traiter, fimourtas lui donna de l'or et des villages dans son pays, et 
prit la forteresse. Ensuite le Curde se repentit, et chercha du secours près du 
seigneur d'Amid, afin de pouvoir reprendre la forteresse ; mais il ne put y 
réussir. 



1. ïiYE(i.(iv. — 2. Lire ; l->ài-». — 3. Barhébr. (p. 308) dispose son texte autrement : « Les Francs 
de Bîrah, craignant que Zangui ne revînt sur eux, la livrèrent à Hossam ed-Dîn Timourtas, fils 
d'Ilghâzi, fils d'Ortoq, seigneur de Mardîa. EtIIghàzi (sic) craignant à sou tour que Zangui n'envahît 
son pays, ... fit raser de nombreuses forteresses, etc. ». — 4. i»»^ Hit (ainsi dans BH). — 5. BH : 
Uii». •*^jo» « de Mar Hanania ». — 6. Ou pourrait aussi traduire a qui est dit », les mots employés 
pour « couvent» et « forteresse » étant l'un et l'autre du genre masculin, en syriaque, — 7. Vers. 
ar. : yUw. — 8. Cf. Gesch. der Chai., III, p. 36. 



LIVRE XVI. CHAP. III 265 

Après la prise d'Édesse, AIp-A[r]çlan', fils de Daoud, quitta Zangui et mit le 
siège devant Telia d'Arsanias'. Il demanda qu'on lui livrât la ville, mais ils n'y 
consentirent point, parce que leurs enfants étaient retenus comme otages à 
Hesna de Ziad. Ils ne songèrent point à ce qui était arrivé aux Edesséniens, 
qui luttèrent sans avoir d'auxiliaire. Ils voulurent épargner à' un petit nombre 
de devenir esclaves, et ils le devinrent tous; car, dans sa fureur, l'émir ordonna 
de les prendre tous comme esclaves. On dit* qu'il y avait environ 15.000 âmes, 
dont une partie était venue^ du dehors, et tous' [633] furent faits esclaves, avec 
leur évêque Timotheus. 

La même année, quand les Francs qui s'étaient rassemblés pour venir au 
secours d'Edesse reçurent la nouvelle de sa ruine, ils demeurèrent dans le deuil 
et s'en allèrent sur Tell'ada. Là, les Turcs s'assemblèrent contre eux. Ils empê- 
chèrent leur approvisionnement, et les Francs, opprimés par la famine, prirent 
la fuite, ' 

Alors, les gens de Sarougab andonnèrent aussi cette ville et s'enfuirent : les 
Turcs y entrèrent. 

Zangui mit le siège contre Birah; et Josselin monta à Jérusalem, pour en 
ramener une armée'. 

Alors, à Mossoul, survint la discorde. Ils délivrèrent le jeune fils' du sultan 
quiy était emprisonné, et massacrèrent Naçir ed-Dîn, le lieutenant de Zangui. En 
apprenant cela, Zangui abandonna Birah, s'en alla à Alep, et fit la paix avec les 
Francs; et Birah lut délivrée de lui. 

Ensuite Zangui envoya son général Zain ed-Dîn, qui pacifia Mossoul; il remit 
le jeune fils du sultan en prison, et alors Zangui redevint puissant'. 

Discours de Mar Dionysius d'Amid, à A cette époque, un sujet de discus- 

propos d'Edesse. — « Il se trouve quel- sien s'éleva dans notre Eglise, (à savoir :) 

ques hommes brouillons, et empressés « Si les tentations viennent et si les 

à expliquer les événements selon leur accidents et les malheurs arrivent par 

opinion , qui disent ; « Pourquoi Édesse la volonté de Dieu ou non ? ». Cette opi- 

a-t-elle été frappée de la verge décolère nion fut propagée à cette époque par le 

assyrienne'" plus que tous les autres vénérable Mar Jean de Mardê, qui était 

pays? Pourquoi s'est-elle assise, dans le considéré comme l'œil de tout l'Univers 



1. BH : i»«bQ,^a^ vl'"»! « Arslâa-Toghmis, fils de Daoud, seigneur de Hesna de Ziad » (p. 308). 
C'est la bonne leçon. — 2. HB : u»cui«o»|, P^t. — 3. Lire : '^ (ar. : ù^), — 4. ^^-mI. — 5. Lire : 
^»iaM (vers. ar. : ,j»oû.^). — 6. Lire: spov^o (au lieu de vpovi»o, qui est aussi la leçon de la vers, 
ar; ;ot«j^(5). — 7. Cf. Gesch. des Kon. Jerus., p. 236. — 8. Alp-Ârslan, fils de Mahmoud. — 9. Cl. 
Gesck. der Chat., III, 289. 

10. Cf. Is., X, 5. 

III. 34 



266 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



deuil, abandonnée ', plus que toutes les 
villes ses voisines? » L'Ecriture leur ré- 
pond^ : « Grandes sont les œuvres du 
Seigneur, et très profonds sont ses 
desseins; « toutes ses actions sont in- 
compréhensibles ; à moins qu'il ne révèle 
parfois ses mystères à ses serviteurs. 
Cependant, comprenez qu'il ne prédis- 
pose pas ' les accidents et les calamités 
et qu'ils n'arrivent pas spontanément 
selon l'opinion des païens, mais bien 
par l'abandon du Seigneur. Car, quand 
il est abandonné [632] par les créatures, 
qui s'écartent de sa voie et de l'obser- 
vation de ses lois, il retire sa main et 
les ennemis prévalent : ils font des cap- 
tifs et du butin. Cela n'arrive certes pas 
toujours à cause des péchés; mais par- 
fois les justes sont frappés pour l'aver- 
tissement des impies; et parfois aussi, 
ils reçoivent un avertissement, quand 
celui qui connaît toute chose avant son 
existence voit qu'ils veulent s'écarter de 
la justice ; il les retient, comme un père 
qui a pitié de ses enfants, pour qu'ils 
ne s'écartent pas totalement de la vérité. 
Une autre fois, c'est pour effrayer les 
proches et les voisins' qu'il châtie les 
familiers, afin d'exciter la terreur et la 
vigilance des étrangers; car si les enfants, 
certes, sont punis et réprimandés pour 
de petites choses, quelle rétribution re- 
cevront donc les révoltés et ceux qui 
déclinent constamment vers le mal? et 
quel est le châtiment qui ne les attein- 
dra pas? 



dans la demeure des Orthodoxes, et était 
proclamé un rejeton de bénédiction con- 
servé' au peuple des Orthodoxes, assidu 
et appliqué à enseigner les divins mys- 
tères. Mais comme il n'avait point été 
instruit dès son enfance dans la doctrine 
des Livres saints, bien que dans sa vieil- 
lesse il fût assidu à leur lecture et qu'il 
possédât les mystères du trésor divin * 
qui y sont cachés, il lui sembla « qu'il ne 
convient pas de dire ou de penser que 
[632] les fléaux et tous les autres châti- 
ments sont envoyés de Dieu ». Et, disait- 
il, « une telle opinion est clairement en- 
seignée dans les Livres saints ». 

Il avait eu jadis une discussion avec 
l'évêque Timotheus de Gargar et avec 
le moine Abou Ghaleb : ceux-ci s'éle- 
vaient avec raison contre son assertion, 
mais ils ne purent établir une démons- 
tration rigoureuse sur cet objet. La 
discussion fut enterrée et cessa pour le 
moment. 

Mais peu de temps après, quand 
Édesse fut frappée de ce cruel châti- 
ment, presque tout le peuple des chré- 
tiens murmurait et disait : « Pourquoi 
Dieu laisse-t-il massacrer les prêtres 
et les saints moines, violer les vierges, 
etc.? » Alors Mar Jean commença à 
écrire ouvertement : « Un décret n'est 
point émané du Seigneur pour que les 
Turcs régnassent à Édesse et à Telia 
d'Arsanias, ni pour les autres calami- 
tés qui firent irruption. » Il ajoutait : 
« S'il se fût trouvé une armée de Francs 



1. Cf. Thren., i, 1. — 2. Cf. Ps. xci (xcit), 5. — 3. «»; vers. ar. : .^U>Im a.3 uali. J. — 
5 '^'il'. — 6. Lire : UoSs-; vers, ar, : »siï^HI »aoi^. 



LIVRE XVI. GHAP. IV 267 

« Mais, comme ce dessein de la pro- à Edesse, Zangui n'aurait pu s'en em- 

vidence est très profond; comme il n'y a parer ». Et il fit un volume, c'est-à-dire 

personne parmi nous pour connaître les un tome assez long, dans lequel étaient 

choses profondes, ni pour dévoiler les réunies des paroles de l'Ecriture et des 

choses secrètes, ni pour nous dire par démonstrations naturelles pour la con- 

quel motif Edesse a été frappée et pour- firmation de cette opinion. Cependant, 

quoi le glaive l'a dévastée sans pitié ; et il ne prenait pas les sentences des Livres 

comme, en outre, nous nous proposons saints dans un sens correct, mais selon 

de recueillir des Livres saints, dans un la propension de son esprit. Ainsi, ce 

écrit, toutes les manières et toutes les que dit le Seigneur par le prophète': 

causes par lesquelles des villes ont été « Je ne veux pas la mort du pécheur », 

détruites, nous nous abstiendrons pour était interprété par lui : « Le pécheur 

le moment de traiter ici cette question. » ne meurt pas par suite de l'abandon (de 

Le vénérable Dionysius écrivit ceci Dieu) »; et ainsi du reste, 

à Mélitène, lorsqu'il était encore diacre. 
Ensuite, il écrivit le livre sur la provi- 
dence, et d'autres ouvrages. Il écrivit aussi deux traités, dans le mètre de Mar Jacques 
(de Saroug), sur les deux [633] prises d'Édesse. 

Basilius, métropolitain d'Édesse même, écrivit aussi trois traités sur Edesse, dans 
le mètre de Mar Jacques. Il était présent aux deux moments, et écrivit longuement 
et avec exactitude* sur cette ville. Que celui qui le désire lise ces cinq traités et 
«'instruise. — Fin. 



CHAPITRE [IV]. — De V époque a laquelle Zangui fut tué; autres événements qui 

eurent lieu à cette époque. 

En l'an 1457, les Francs se voyant grandement affaiblis, Bedawi, seigneur 
d'Anlioche, alla trouver l'empereur des Grecs, Manuel, à Constantinople, et 
lui demanda pardon de la faute qu'il avait commise vis-à-vis de son père ; 
parce qu'il avait entendu dire que ce dernier, au moment de sa mort, avait com- 
mandé à son fils de tirer vengeance des Francs. Ayant montré de l'humilité, il 
fut honoré; on lui donna de l'or et d'autres présents considérables, et il fut 
renvoyé à sa ville avec la promesse que l'empereur s'avancerait au secours des 
■Chrétiens ^ 

Zangui vint à Edesse et y demeura quelque temps. Il encourageait les Syriens 



1. &^'Cv>Û>— . 

2. ÉzEGH., XXXlIt, 11. 

3. Cf, Hist, du Bas-Emp., LXXXVII, § xi; Gesch. des Kôn. Jerus.,p. 231. 



268 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



qui s'y trouvaient; de toute son âme, il était disposé à user de miséricorde 
envers les Chrétiens qui s'y rassemblaient. 

Quand il marcha sur Qala' Dja'bar, qui est sur la rive de l'Euphrate, le décret 
du Très-Haut fut prononcé contre lui dans les jugements impénétrables. Un de 
ses généraux complota contre lui ; il forma une conjuration avec deux eunuques, 
[634] c'est-à-dire amputés, qui gardaient sa couche. Quand Zangui s'endormit, 
enivré de vin, ceux-ci se jetèrent sur lui et le massacrèrent, le soir d'un 
dimanche, le 15 d'éloul'. Et ainsi prirent fin ses exploits'. 

11 régna pendant tout le temps de son sultanat sur Mossoul et autres lieux, 
19 ans ; sur Édesse, un an et dix mois. De ceux qui le tuèrent, l'un se réfugia 
à Qala' Dja'bar, et fut sauvé, et l'autre à Callinice, où il échappa pour le moment. 
Ses troupes se dispersèrent. Les fils de Zangui prirent chacun une région. Mah- 
moud, appelé Nour ed-Dîn, régna à Alep, et un autre, nommé Ghâzi Saif ed-Dîn, 
domina à Mossoul. 

Il y eut du trouble dans les contrées, et des pillards turcs firent des incursions 
dans tous les pays de la dépendance de Zangui. Ils pillèrent sans pitié tout ce 
qu'ils trouvèrent. 

A cette époque, le couvent de Qartamîn fut pillé. Quatre moines y furenttués. 

A cette époque, Qara-Arslan, seigneur de Hesna de Kêpha, envahit le four 
Abdîn, qui autrefois était à son père', et dont Zangui s'était emparé. Maintenant, 
après de nombreux massacres, il y établit sa domination. 

A Mossoul, quelques hommes se révoltèrent et essayèrent d'y faire régner 
ce fils du sultan qui y était emprisonné. Zain ed-Dîn se montra énergique; il 
les vainquit, en tua plusieurs, remit en prison le fils du sultan et fit régner 
Ghâzî Saif ed-Din, fils de Zangui '. — Fin. 



Le jeudi 13 de kanoun (i°') ° de l'an 
1456, dans le mois où Edesse fut prise, 
le feu prit au monastère de Qarirait', 
dans le pays de Karséna. II le consuma 
tout entier avec tout ce qu'il y avait 
dedans. Un moine âgé fut brûlé, les 
autres échappèrent au feu. 

Le même jour, un village ' brûla 
également dans le pays de Mar'as; et 



Quand le manifeste, c'est-à-dire le 
volume, de l'évêque de Mardîn parut, 
exposant qu'Edesse avait été détruite 
absolument sans la volonté de Dieu, 
Iwannis de Kaisoum et Bar Andréas 
firent chacun un livre pour réfuter celui 
de l'évêque de Mardîn. Quand le tome 
de l'évêque de Mardîn fut apporté à 
Mélitène, le prêtre Çeliba, surnommé 



1. 15 sept. 1146. Cf. Gesch. der Chai., III, 290 
Roka ed-Daulah. — 4. Gesch. der Chai,, loc. cit. 

5. Le 13 déc. 1144 était un mercredi. — 6. BH : i^U;o; '^.i|;o, 
(vers ar. : ',-lo). 



2. Lire : ov3?o?, ou wto^oi. — 3. Daoud 
7. Lire avec BH : \^ |^.;û 



LIVRE XVI. CHAP. IV 



269 



de Qarîgah *, qui était instruit et célèbre 
en son temps, fit aussi un livre. 

S'il y a réellement dans le traité de 
Mar Jean quelque sentence conforme à 
l'enseignement des Pères estimés, il y 
a aussi quelque chose d'inexact. II en est 
de même des traités de ceux qui s'élevè- 
rent contre lui. En effet, ce que dit l'é- 
vêque de Mardîn : « que les épreuves 
atteignent les justes absolument sans la 
volonté de Dieu », enlève et détruit la 
vertu de la providence toute puissante 
de Dieu. D'autre part, ce que disent les 
autres : « que les fléaux et les châti- 
ments arrivent vraiment et [634] abso- 
lument par la volonté de Dieu », fait 
disparaître la sollicitude de cette même 
providence h l'égard de l'Univers. 

Donc, il faut comprendre qu'autre est 
le mode de la volonté, autre le mode de 
l'ordre, et autre le mode de la permis- 
sion. Ceci exigerait un long traité, qui 
serait confirmé par les témoignagnes des 
saints Pères, et dans lequel on en mon- 
trerait l'exactitude. 

Mais, comme le but que nous nous 
sommes proposé dans ce livre n'est pas de traiter ces choses, mais seulement de mon- 
trer ce qui est arrivé à chaque époque ; et comme d'ailleurs cela ne convient pas, 
de peur que le lecteur ne soit troublé quand l'esprit divague d'un sujet à un autre; 
nous nous bornons à faire savoir à quiconque veut connaître l'exactitude sur cette 
matière, qu'il peut lire le livre compilé des écrits autorisés par le vénérable (évoque) 
Mar ° Dionysius d'Amid, qui est Jacques Bar Çalîbî. Dans ce livre, en effet, tous les 
modes sont distingués clairement et très exactement, selon le sentiment véritable des 
saints Docteurs. 



un vendredi de ce même mois, le feu 
prit au monastère de Mar Bar Çauma : 
trois cellules brûlèrent, et le reste fut 
sauvé. 

Au commencement du mois de 'iyar', 
apparut une étoile chevelue, c'est-à- 
dire une comète. Elle apparaissait à la 
11" heure de la nuit; sa queue était 
tournée vers le sud. Après s'être mon- 
trée de la sorte pendant sept jours, elle 
réapparut à l'occident, au moment du 
soir, pendant sept autres jours. 

Et le 24 de 'iyar (mai), le jour de la 
fête de l'Ascension, il y eut un violent 
tremblement de terre. 

A cette époque, le franc Baudoin', 
[G34j seigneur de Kaisoum, commença à 
rebâtir le mur de cette ville, en pierres 
et en chaux ; car il était en briques et en 
boue. Il fit peser fortement le joug sur 
les chrétiens, au point qu'il en fit même 
des esclaves. C'est pourquoi il n'en put 
rebâtir que la moitié. Il fut tué', et la 
construction cessa. — Fin. 



1. Mai 1145. — 2. Baudoin, comte de Mar'as et Kaisoum [Balduinus de Mares; Guill. de Ttk). 
Cf. Hist. arm. des Crois., I, p. 161, n. 2. — 3. Il succomba au second siège d'Edesse. Cf. ci- 
après, p. 271. Son oraison funèbre est imprimée dans les Hist. arm. des Crois., I, p. 20.? et suiv. 

4. BH ; oit.^». — 5. Lire : «•!-». 



270 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE [V]. — De l'époque de la seconde dévastation d'Êdesse, et autres 

événements. 

En l'an 1458, les Francs, en apprenant que Zangui avait été tué, se réunirent 
avec Josselin et avec Baudoin, seigneur de Kaisoum, et au mois de tésrîn i" 
(oct.), ils montèrent contre Édesse. Pendant la nuit, des fantassins, à l'aide 
d'échelles, escaladèrent deux tours, grâce à une entente avec quelques Armé- 
niens [633] qui gardaient le mur. Les Turcs s'enfuirent dans la citadelle. Au 
matin, la porte des Eaux* fut ouverte, et Josselin entra dans la ville. [Alors, les 
Tiircs]^ envoyèrent des messagers à Alep et à Mossoul. Les Francs, qui étaient 
entrés dans la ville le lundi 26 de tésrin (oct.)% délibérèrent pendant six jours 
comment ils attaqueraient la citadelle. C'est pourquoi les Turcs s'assemblèrent 
de tous côtés, (nombreux) comme la sauterelle. 

En les voyant, les Francs tremblèrent et la peur s'empara d'eux ; car le secours 
du Seigneur s'était éloigné d'eux. Aussi furent-ils abandonnés à un détestable 
dessein. Ils rassemblèrent de force tous les habitants de la malheureuse ville 
et les obligèrent à partir avec eux. Ils pensaient qu'ils pourraient échapper aux 
mains des Turcs qui les entouraient, innombrables; et ils ne se demandèrent 
pas comment ils pourraient résister aux Turcs dans la plaine, alors qu'ils 
n'avaient pas la force de résister à l'intérieur des murs; mais, à l'exemple de 
Pharaon, ils endurcirent leurs cœurs. Ils entraînèrent la population arrachée (à 
ses maisons), sortirent à la deuxième heure de la nuit et mirent le feu aux mai- 
sons. Le malheureux peuple, en voyant cela, se mit à se lamenter, et ils procla- 
maient bienheureux ceux qui étaient morts la première fois* ; car ils voyaient le 
feu mis par les Francs consumer leurs maisons et leurs biens, et le glaive des 
Turcs tiré sur eux. Quand ils arrivèrent à la porte de la ville, des groupes 
furent comprimés par les armées des Francs et là beaucoup de gens et de 
bêtes de somme périrent, et augmentèrent le nombre des premiers étouffés\ 

Les Turcs descendirent de la citadelle sur ceux qui étaient restés dans les 
églises ou en d'autres endroits, [636] soit à cause de la vieillesse, soit par suite 
de quelque autre infirmité, et ils les torturaient sans pitié. Ceux qui avaient 
échappé à la suffocation et à l'étouffé m ent% et étaient sortis avec les Francs furent 
entourés par les Turcs qui faisaient pleuvoir sur eux une grêle de traits qui les 
transperçaient cruellement. 

1. Sic ms. et BH. — 2. Suppl. : Us^ol- ^j,«c« (vers. ar. : ySLIll M). — 3. Mêmes chiffres dans 
la vers, ar. Le 26 oct. 1146 était un samedi; le 26 nov. était un mardi. Peut-être faut-il entendre 
que les Francs entrèrent dans la ville le lundi (21 oct.), et que la sortie eut lieu le 26, « six jours 
après l'entrée des Francs n. — 4. Dans le premier siège; cf, ci- dessus, chap. n, — 5, Cf. ci-des- 
sus, p. 262. — 6. Lire : l*jciilo. 



LIVRE XVI. CHAP. V 271 

O nuage de colère, et jour sans miséricorde! dans lequel le fléau de la colère 
violente redoubla sur les malheureux Édesséniens, O nuit de mort, matin 
d'enfer, journée de perdition I qui se leva contre les citoyens de la ville 
excellente. Hélas, mes frères ! qui pourrait raconter ou écouter sans larmes com- 
ment la mère et l'enfant qu'elle portait dans ses bras étaient transpercés d'un 
même trait, sans personne pour les soutenir ou arracher le trait! Et bientôt, en 
cet état, le sabot des chevaux de ceux que les poursuivaient les broyait furieu- 
sement! Toute la nuit ils avaient été transpercés par les traits, et au moment du 
matin, qui était encore pour eux plus ténébreux, ils étaient frappés par les 
glaives et les lances ! 

Après avoir lutté jusqu'à la sixième heure, ils marchaient dans une route de 
sang. Alors les misérables cavaliers Francs, reconnaissant qu'ils ne pouvaient 
pas sauver la population, se mirent à fuir. Tandis que les cavaliers s'enfuyaient 
précipitamment et que les Turcs les poursuivaient, les fantassins songèrent à 
monter dans une forteresse en ruineSj qui était proche. Le malheureux peuple 
s'y dirigea avec eux. Et alors la terre frémit d'horreur à cause du massacre qui 
eut lieu : comme la faux sur les épis ou comme le feu dans les copeaux, le glaive 
s'empara des chrétiens. Les cadavres des prêtres, des diacres, des moines, des 
nobles et des pauvres étaient abandonnés pêle-mêle. Mais, si leur mort fut 
cruelle, ils n'eurent cependant point autant à souffrir que ceux qui restèrent 
en vie; car quand ces derniers [637] tombèrent au milieu du "feu de la colère 
des Turcs, ceux-ci les dépouillèrent de leurs vêtements et de leurs chaussures. 
Ils les obligeaient à coups de bâton, hommes et femmes, nus et les mains liées 
derrière le dos, de courir avec les chevaux : ces pervers perçaient le ventre 
de quiconque défaillait et tombait à terre, et le laissaient mourir sur la route. 
Ainsi, ils devenaient la pâture des bêtes sauvages, et alors ils expiraient, ou la 
nourriture des oiseaux de proie, et alors ils étaient torturés. L'air fut empesté 
de l'odeur des cadavres ; l'Assyrie fut remplie de captifs. 

La plupart des cavaliers francs furent massacrés. On ne retrouva pas même 
le cadavre de Baudoin, seigneur de Kaisoum'. L'inique Josselin se sauva à 
Samosate. L'évêque Basilius» échappa aussi par la fuite. Celui des Arméniens 
fut pris avec beaucoup de gens. Quelques-uns des Francs arrivèrent avec 
les piétons dans la forteresse en ruines, qu'on appelait Kaukeba, et engagèrent 
la lutte, pour sauver leur vie, contre les Turcs qui venaient sur eux. 

Comme le soir approchait, les Turcs retournèrent pour se livrer au pillage . 
La plaine était remplie de butin, de l'or et des objets accumulés depuis de nom - 
breuses générations dans cette malheureuse ville. Leurs possesseurs étaient 
partis en les emportant; mais sous l'empire du glaive tout avait été abandonné. 



1. Cf. ci-dessus, p. 269, n. 2. — 2. Évêque des Syriens. 



272 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Quand les Turcs retournèrent, ceux qui étaient dans la forteresse en ruines 
sortirent, dès le soir, et se sauvèrent pendant la nuit à Samosate. 

On évalue à environ 30 mille le nombre de ceux qui furent tués, tant la première 
fois que cette seconde fois; à 16 mille, le nombre de ceux qui furent réduits en 
esclavage, et à un millier d'hommes ceux qui se sauvèrent. Aucune femme ni 
aucun enfant n'échappa : ou ils périrent dans le massacre, ou ils furent emmenés 
captifs en divers pays'. 

Edesse demeura déserte : vision d'épouvante, enveloppée d'un vêtement 
noir, ivre de sang, infectée par les cadavres mêmes' de ses fils et de ses filles! 
Les vampires' et les autres bêtès sauvages couraient et entraient dans la ville 
pour se repaître pendant la nuit de la chair des hommes massacrés, et elle 
devint la demeure des chacals; car personne n'y entrait excepté ceux qui fouil- 
laient pour découvrir ses trésors. Les gens de Harran et le reste de ses ennemis 
fouillaient les églises et les maisons des notables, en disant* : « Bravo ! Bravo ! 
Notre œil l'a contemplée ! ». — Fin. 



Paroles d'exhortation, qu'écrivit le vé- 
nérable Dionysius d' Amid à propos delà 
ruine d'Edesse. — La ruine, la consom- 
mation s'est élevée sur elle. Elle ne com- 
mença point par le fait des étrangers ' ; 
mais la cause en est imputable aux chré- 
tiens. « De qui, demandent les curieux, 
[63S] la calamité tire-t-elle son origine? 
quelles en sont les causes ? » Si on dit que 
le Seigneur l'a fait tomber sur eux : com- 
ment est-il possible que celui qui ne sou- 
haite pas la perte de sa créature amène 
des ennemis pour faire des captifs, mas- 
sacrer, souiller les vierges, etc. ? Si on dit 
que les ennemis ont prévalu sans la per- 
mission et l'aide du Seigneur, qui s'étend 
à tout : c'est là encore un blasphème, 
car le Seigneur n'abandonne pas, et ses 
mains ne se relâchent pas; mais, quand 



Commémoraison du moine Rabban 
Thomas et de l'évêque 'Abda. — Nous 
plaçons au milieu de la série des pon- 
tifes de l'Eglise l'histoire du moine Rab- 
banThomaset de son maître, le bienheu- 
reux évèque qui vivait à cette époque 
dans la montagne de Zabar ; [633] et 
nous faisons savoir que ce Rabban Tho- 
mas était de la forteresse appelée Sam- 
rîn, dans le pays de Sawad, qui est aux 
environs de Mélitène. A l'époque du 
turc Bouzan, quand la famine s'ag- 
grava, le jeune Thomas sortit et vint au 
couvent de Zabar, trouver un moine qui 
était son oncle maternel. En voyant la 
sainte vie du monachisme», il quitta (le 
monde) pour la pratiquer, et il oublia ses 
parents et sa famille. 

Il y avait là, à cette époque, des 



1. Cf. Gesch. des Kôn. Jerus., p, 237. — 2. Vers. ar. : lovJ.a f-'^^^. Le texte primitif avait peut- 
être ^wi « purulents » au lieu de ^oi. — 3. asipiivs;. — 4. Cf. Ps, xxxlv, 21. 

5. C.-à-d. « des païens ». 

6. Lire : |i.a4;m. 



LIVRE XVII. CHAP. V 



273 



nous avons d'abord abandonné nous- 
mêmes ses voies, alors il permet que 
nous soyons vaincus par les ennemis 
ou cachés ou apparents. Et cela pour 
la correction. Il convient donc de con- 
naître le fléau, et aussi sa cause, pour 
ensuite formuler une opinion. Qu'il soit 
aussi bien fixé dans notre entendement 
que nous sommes nous-mêmes la cause 
de nos biens et de nos maux. Si nous 
voulons le bien et si nous donnons lieu 
à son existence, Dieu nous aide et nous 
tend la main pour son accomplissement ; 
si, au contraire, nous déclinons vers le 
mal, par notre liberté et notre libre 
arbitre, Satan nous entraîne à l'ac- 
complir, et le Seigneur, à cause de no- 
tre aberration, laisse les épreuves nous 
frapper, comme il arriva aux habitants 
d'Edesse, dont la fin fut pire que le com- 
mencement'. Car une horrible calamité 
les atteignit pour la seconde fois, et un 
fléau dont la langue ne peut définir 
l'amertume. 

Mais ne croyez pas^ ô hommes, que 
ces choses et les choses semblables ont 
été amenées par [636] le péché de ce 
seul peuple, mais bien par la multitude 
des péchés commis en tous lieux et en 
tous pays. Et pour démontrer cela à 
ceux qui ne sont pas persuadés de la 
disposition des jugements du Créateur', 
prenons comme exemple la souche' qui 
seule a péché et dont toute la race a 
subi le châtiment, et les fils d'Héli, dont 
les péchés furent cause de la destruc- 
tion de tout Israël*. Car, si le châti- 



hommes vertueux : l'un d'eux était le 
vénérable Mar Iwannis, évêque de Kar- 
séna, qui est 'Abda. Ce vieillard était 
vertueux, et, depuis son enfance, il uvait 
grandi dans la pratique des bonnes 
œuvres. Il avait fait son noviciat et 
s'était instruit près d'hommes divins ; et 
il progressa dans la vie laborieuse du 
monachisme jusqu'à sa vieillesse. 

Ayant été élevé à la dignité épisco- 
pale, malgré sa grande résistance et 
répugnance spirituelle, par les mains 
du patriarche Mar Jean bar 'Abdoun, au 
bout de quelque temps, avec grande ins- 
tance et larmes, il remit spontanément 
le diocèse au patriarche, qui ordonna un 
autre évêque, et il retourna au calme du 
monachisme. 

Ayant vu le jeune Thomas, et l'ayant 
connu mieux par une vision intérieure, 
il encourageait son dessein et lui inspi- 
rait une sainte ferveur. Quand celui-ci 
eut fait profession et eut plié ^ son cou 
sous le joug saint du monachisme, il se 
sépara même de la communauté et se 
fit une cellule un peu plus loin. Le saint 
évêque le visitait assidûment et lui en- 
seignait les psaumes et les pratiques de 
la vie monastique^. 

Alors, il commença à être attaqué par 
[636] les diables; et le vénérable 
(évêque) le fortifiait dans cette lutte 
contre les démons. Et lui, comme une 
bonne terre qui reçoit une bonne 
semence, donnait en double des fruits, 
c'est-à-dire des œuvres agréables à 
Dieu. Il servit admirablement le véné- 



1. Cf. Luc, XI, 26. — 2. Lire; Uoi^-. — 3. Adam, — 4. Cf. I Beg., iv. 

5. Lire : oijo» v^f?o (vers. ar.). — 6. Ainsi d'après la vers. ar. ; oiJâoi;^ >x.tj.o }.jo)p(^ >ovà^o, 

III 35 



274 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ment de ceux qui étaient jeunes et peu 
nombreux fut étendu à tout le peuple, 
à combien plus forte raison, à cette 
époque mauvaise, où chacun s'est écarté 
de la justice et s'est plongé dans l'ini- 
quité, s'est éloigné de la sainteté et 
s'est adonné à l'impiété, ne convenait- 
il pas que, pour les péchés de tous, qui 
se sont multipliés plus que les cheveux 
de la tête, un petit nombre d'hommes 
et divers lieux fussent châtiés ? 

Mais, mes frères, craignons et trem- 
blons ; éloignons de nous la débauche et 
les liens coupables. Connaissons-nous 
nous-mêmes; ne nous recherchons pas 
nous-mêmes; de peur qu'étant tombés 
sur le dos et ayant roulé dans la fange 
des actions honteuses la colère qu'on ne 
peut fuir ne nous atteigne. 

Et ceci suffit pour le moment. — Fin. 



rable (évêque) dans sa vieillesse, jusqu'à 
ce qu'il rendît le dernier soupir et partît 
pour la vie sans fin. 

Rabban Thomas, persévéra en ce lieu 
pendant 64 ans. Pendant lété, il mon- 
tait au sommet de la montagne, et y 
cultivait de ses mains des vignes, c'est-à- 
dire quelques ceps, et faisait sécher les 
raisins au soleil. De ceux-ci, il tirait un 
double profit spirituel : premièrement, 
parce qu'il n'y goûtait jamais, et par 
cette constance son abstinence était 
accrue; secondement, parce qu'il les 
échangeait pour du blé et se procurait 
ainsi les choses nécessaires à sa subsis- 
tance corporelle, de manière à n'être à 
charge à personne. Pendant l'hiver, il 
se faisait une retraite cachée au bas de 
la montagne. 

Ce bienheureux parvint à un degré 
sublime. Dieu donnait du soulagement 



aux infirmes qui s'assemblaient avec foi 
autour de lui, et il faisait de véritables révélations; ainsi que moi, faible Michel, je l'ai 
appris de deux vénérables (évêques); l'un est Mar Athanasius, métropolitain d'Ana- 
zarbus, mon oncle paternel, et l'autre Mar Iwannis de Kaisoum. Tous les deux attes- 
taient que quand Zangui vint assiéger Edesse, avant qu'il n'ait pris la ville, Rabban 
Thomas dit : «Dieu a livré Edesse aux mains des Turcs.» Les évêques lui dirent : « O 
Rabban, [637] aie pitié de nous; rie dis pas cela! » 11 reprit : « Oui! Oui! vénérables, 
Dieu a vraiment déjà livré Edesse, et un immense peuple de chrétiens y est massacré. » 

Après la première prise de la ville, j'ai entendu moi-même, de la bouche de mon 
vénérable oncle qui parlait à l'assemblée (des fidèles), que Rabban Thomas avait dit : 
« Dans deux ans Edesse boira un calice plus amer que le premier ; le couvent de Mar 
Bar Çauma sera pillé, ainsi que les monastères de Zabar. » Ceux qui étaient présents 
répondirent au vénérable évêque : « Que restera-t-il donc à Edesse? » L'évêque 
répondit : « Je n'en sais rien; Rabban Thomas a parlé ainsi ». J'ai entendu toutes ces 
choses de la bouche de ce vénérable évêque avant l'événement, et après leur accom- 
plissement j'ai eu la conviction, comme beaucoup d'autres, que toutes les visions de 
Rabban Thomas et les guérisons opérées par lui venaient de Dieu. 

Quand les Turcs envahirent le [couvent]' de Zabar, ce vieillard fut couronné par le 



1. Lacune d'un mot; suppl. : Pu |pooî\ (vers. ar. : p|| t»^). 



LIVRE XVII. CHAP. VI 275 

glaive, le mercredi 27 de tésrîn ii (nov.), en la fête de Mar Jacques', en l'année 1458. 
— Que sa mémoire soit en bénédiction et que sa prière nous accompagne. Ainsi 
soit-il. Amen. 



CHAPITRE [VI]. — De Cépoque a laquelle un peuple nombreux s ébranla et 
sortit de VOccident, à la suite des nouvelles déplorables d'Edesse. Du culte 
démoniaque qui prit naissance à cette époque chez les Grecs; et autres événe- 
ments qui survinrent dans l'Eglise. 

En l'an 1458, 'Timourtas, seigneur de Mardîn, marcha contre Dara et s'en em- 
para. Alors, le seigneur de Mossoul, Ghazi, fils de Zangui, monta piller tout le 
pays de Mardîn. Ensuite les doux partis se disposèrent [638] à livrer bataille et 
convinrent que la ville serait au vainqueur. Alors quelques-uns de leurs juges 
s'interposèrent entre eux. Le seigneur de Mossoul renvoya les captifs et prit la 
villes 

Dès lors les Turcs devinrent plus puissants, et de tous côtés ils envahissaient 
les pays des Francs. 

Kilidj-Arçlan% fils du sultan Mas'oud, vint du pays de Djihan et pilla Mar'as; 
les Turcs passèrent dans le pays de Kaisoum, et Raynald' s'avança à leur ren- 
contre : il occupait Kaisoum depuis la mort de son frère Baudoin. 

A cette époque, l'empereur des Grecs, Manuel, s'avança contre le sultan 
Mas'oud. Le sultan réunit les émirs turcs et les troupes de Bagdad, du Kho- 
rasan et des autres pays. Comme les deux camps étaient sur le point d'engager 
le combat, tout à coup le bruit (de la venue) des Francs excita la crainte dans 
les deux partis; ils firent la paix, l'empereur des Grecs retourna garder son 
pays et le sultan le sien^ 

Narration. — Quand les rois d'Italie apprirent la chose lamentable arrivée à 
Édesse, des peuples innombrables, deux grands rois et de nombreux comtes 
s'ébranlèrent et partirent; le roi d'Alamane' [avec]' neuf cent mille hommes et 
celui de Phranzis' avec 5 mille', et d'autres peuples de différentes langues. 

L'empereur des Grecs craignit qu'après avoir passé la mer et établi leur 
règne, ils ne laissassent pas l'empire aux Grecs; et il agit de concert avec les 
Turcs. Il les retarda [639] par diverses machinations pendant deux ans'". 



1. S. Jacques l'Inlercis. 

2. CLHist. ar. des Crois., II, ir, 163. — 3. Ms. : Migaclan; cf. p. 185, o. 10. — 4. Lire : »^j (au lieu 
<3e ».^» : ms. et vers, ar.). Cf. Gesck. des Kôn. Jerus., p. 260. — 5. Cf. Hist . du Bas-Emp., 
LXXXVII, § XIX. — 6. Conrad III. — 7. Suppl. : XK (ar. 'w^). — 8. Louis VII. — 9. Mêmes 
•chiffres dans la vers. ar. ; Barhébr. [Chr. syr., p. 312) dit 90.000 et 50,000; ce sont les chiffres indi- 
qués par les historiens byzantins. — 10. Cf. Hist, du Bas-Emp,, LXXXYII, § xxvii et suiv. 



276 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

En l'an 1459, ils attaquèrent Constantinople pour la détruire. Alors, l'empe- 
reur des Grecs leur donna de l'or, et leur jura par la croix et les saints mystères 
de les guider sans fourberie. Ils crurent à sa parole et firent la paix avec lui. 11 
les trompa. Il envoya à leur tête des guides perfides qui les conduisirent dans 
des montagnes très difficiles à parcourir; après avoir marché cinq jours sans 
trouver d'eau, leurs guides fourbes s'enfuirent et les abandonnèrent dans la 
détresse '. Des myriades d'entre eux périrent de soif et de faim. Ayant compris 
la fourberie dont ils étaient victimes, ils retournèrent en grande colère contre 
les Grecs. 

Les Turcs, les voyant dispersés, les massacraient de toutes parts : les Turcs 
étaient fatigués à cause des myriades de Francs qu'ils avaient massacrés, quand 
ils les rencontraient par groupes, errant pour trouver de la nourriture. Les 
pays des Turcs furent remplis des dépouilles' des Francs et d'argent, au point 
que la valeur de l'argent, à Mélitène, était comme la valeur du plomb. Leurs 
dépouilles parvinrent jusqu'en Perse. 

Quanta ceux qui revinrent jusqu'au rivage de la mer, les Grecs mélangèrent 
de la chaux dans la farine qu'ils leur vendaient, et quand ils en avaient mangé, 
ils tombaient par monceaux et mouraient. 

C'est un sujet d'étonnement et de narration pour les générations à venir qu'un 
grand peuple, innombrable, ait péri, sans bataille ni combat, par l'astuce des 
scélérats. Ils enlevèrent seulement une forteresse aux Grecs, tandis qu'ils 
retournaient dans leur colère, et tuèrent tout ce qui s'y trouvait. 

Le roi de Rome mourut de maladie. Le roi d'Alamane et trois comtes arri- 
vèrent à Jérusalem. Là encore, ils [furent victimes] = de la perfidie. Ils firent 
alliance avec le roi des Francs de Jérusalem* et, d'accord avec lui, ils assiégèrent 
Damas'. Les habitants de Damas envoyèrent en secret trouver le roi de Jérusa- 
lem et lui dirent : « Ne t'imagine pas que quand ce grand roi régnera dans 
cette ville, il te laissera à Jérusalem. Nous valons mieux pour toi que ceux-ci. 
Accepte de nous de l'or, et renvoie ceux-ci au-delà de la mer, afin de conserver 
ton royaume. » Ils lui promirent 200 mille dinars, et au seigneur de Tlbériade '^ 
cent mille. Quand ils eurent reçu l'or et furent revenus à Jérusalem, l'or fut 
examiné et on trouva qu'il n'y avait à l'intérieur que du cuivre. Ils furent dans 
la confusion. Le roi d'Alamâne, en voyant l'astuce des Grecs et des Francs, 
retourna dans son pays, profondément affligé'. 

Telle fut la fin de ceux qui étaient partis pour tirer vengeance, sans l'ordre 
de Dieu. — Fin. 



1. Lire : li.o-«oi= (vers. ar. : wolûi».|.s). — 2. Ms. et vers. ar. ; « des vêtements »; BH ; Up ^. 
— 3. Lacune d'un mot dans le ms. ; vers. ar. : ^j»»«. — 't. Baudoin III. — 5. Cf. Gesch. des Kôn: 
Jerus , p. 251 et suiv. — 6. Eliuand. — 7. 11 s'embarqua à S. Jean d'Acre le 8 sept. 1148. 



LIVRE XVII. GHAP. VI 



277 



Le 25 de kanoun ii (janv.), apparut 
de nouveau une étoile chevelue au 
milieu du ciel, en face de l'Occident ; elle 
resta un mois entier. 

Le 15 de sebat (févr.), en apparut une 
autre [638] du côté de l'Orient, de 
grand matin, pendant cinq jours. 

Il y eut une disette de pluie, au point 
que la plupart des sources tarirent. 

La même année, à Constanlinople, 
une servante mit au monde un enfant 
qui avait les yeux, la bouche, des mo- 
laires et une queue dans le derrière' : ce 
qui paraît le renversement de l'ordre 
naturel. 

A propos de V hérésie. — La même 
année, à Constantinople, prit naissance 
une hérésie très pernicieuse, celle qu'ils 
appellent Pogolimos ^ Beaucoup de 
moines, le peuple, et même leur patriar- 
che furent reconnus comme y étant 
adonnés. Ce dernier ayant avoué', un 
autre fut établi, mais on trouva qu'il 
était semblable. 

Ils pensent que le Christ n'est qu'un 
homme ordinaire ; ils disent que tout le 
soin de la conservation de ce monde 
est entre les mains des démons, qui, 
certes, leur montrent des fantômes et, 
en leur prometlanl les richesses et le 
pouvoir, les détournent d'adorer la 
croix. Ce que dit l'Apôtre divin * s'est 
accompli sur les Chalcédoniens : « Pen- 



Après la ruine totale d'Édesse, quand 
son métropolitain Basilius arriva en 
fuyant jusqu'à Samosate, quelques 
Edesséniens accusèrent ce vieillard 
auprès de [038] Josselin, en disant : 
« Celui-ci secomplaisait avec les Turcs, 
et s'il échappe de tes mains, il revien- 
dra près d'eux. Il faut donc qu'il meure, 
de peur que, par ses flatteries, il ne ra- 
mène de nouveau' près des Turcs ceux 
qui ont survécu. » C'est pourquoi Jos- 
selin le fit saisir et l'enferma à Qala' 
Romaita avec les prisonniers arabes. Il y 
resta trois ans et y écrivit ses traités sur 
cette affaire et sur les autres événements. 
Il écrivit aussi contre ceux qui disent 
que la bénédiction donnée par Notre- 
Seigneur au roi Abgar fut inutile '. 

Après être sorti de prison, il circu- 
lait pour recueillir des aumônes pour 
racheter ceux de sa nation qui étaient 
retenus en prisoa par les Turcs. Il alla 
h Antioche.et à Jérusalem. Il fut très 
bien reçu par les rois et par le pa- 
triarche des Francs. A son retour, il se 
rendit h Mossoul et rencontra Zain ed- 
Dîn, le prince lieutenant de Zangui, qui 
était en même temps le précepteur du 
fils de Zangui. Là aussi, il fut traité avec 
honneur. On lui donna des secours' pour 
sa subsistance. 

Après avoir passé là quelque temps, 
il monta trouver le patriarche Mar 



1. De même dans l'arabe ; • oj»o iao)>»|o Xâo v^a 'otAOM u9. — 2. Transposition : Bovo[u'),oi. Sur 
ces hérétiques, cf. Hisi, du Bas-Emp., LXXXV, § iv; et sur la déposition du patriarche Cosmas, 
à laquelle il est fait ici allusion, voir op. cit., LXXXVII, § xvtit et Lir. — 3. Sic ms, ; mais il faut 
probablement corriger u»E»»| « il fut chassé » (vers, ar, : ••âiS). — 4. Rom,, i, 22. 

5. Lire ; ■»*»» ^. Comp. ci-dessus, p. 263. — 6. Allusion aux dernières paroles de la lettre à 
Abgar; cf. R, Duval, Histoire d'Edesse, p. 91. — 7. àwAvac. 



278 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

sant en eux-mêmes qu'ils sont des sages, Athanasius, qui était à cette époque à 

ils sont devenus insensés ». En effet, Amid de Mésopotamie; il lui demanda 

comme ils ont rejeté la vérité, se sont de lui donner l'autorité* sur le diocèse 

rangés parmi les compagnons des Nés- de Sibabérek et du nord, qui autrefois 

toriens, et ont mêlé la vérité à l'erreur dépendait du métropolitain d'Edesse. 

pour séduire les simples, Dieu les a — Fin. 

abandonnés et ils sont tombés dans leur 
vanité. La ville de Constantin le Victo- 
rieux, le destructeur des démons, est devenue l'adoratrice des démons, et l'erreur se 
répandit à ce point qu'elle fit tomber leur chef dans la fosse ; et ainsi s'accomplit en 
eux la parole du prophète Isaïe, qui dit' : « Depuis la plante des pieds jusqu'au cer- 
veau, il n'y a en eux aucun endroit sain ». 



CHAPITRE [Vllj. — Histoire d'Edesse. Chronique de Basilius, métropolitain de 

cette ville. 

Après le Déluge du temps de Noé, le roi Nemrod, qui était des fils de Cha- 
naan, bâtit Ourhai'. Il l'appela* Our, c'est-à-dire « ville' », et comme les Chal- 
déens y habitaient, il ajouta « hai », c'est-à-dire, « ville des Chaldéens »; de 
même que Our-salem* signifie «ville de Salem ». Après avoir été longtemps 
florissante, elle fut ensuite ruinée. 

Jacques d'Edesse dit au sujet de sa destruction : Nous n'avons pas trouvé par 
qui elle fut accomplie; on pense que, du temps de Sennachérib, qui monta 
contre Jérusalem, elle fut ruinée et demeura déserte jusqu'à l'époque 
d'Alexandre le bâtisseur. Ceux qui montèrent avec lui de Macédoine la rebâ- 
tirent^ et la nommèrent «Edessa», c'est-à-dire « chérie», du nom de leur ville de 
Macédoine. Et à cause de cela, on lui ajouta un nom de la langue de Macédoine ». 
A cause de cela aussi, on y emploie l'ère qui commence à Seleucus Nicator; 
parce qu'elle fut bâtie par les soins de celui-ci. 

Trois cents ans plus tard, Abgar bar Ma'nou, qui crut dans le Christ, y régna. 

Après Abgar et ses descendants, elle fut sous la dépendance des empereurs 



1. Is,, t, 6. 

2. aùSsvTÎa. 

3. Nom sémitique d'Edesse. Cf. R. Duval, Hist. d'Edesse, p. 20 et suiv. — 4. w;oo, — 5. L'ar- 
ménien a pris ts»;û dans le sens strict de « village ». Hist. arm. des Crois., 1, 340. — 6. Jérusa- 
lem. — 7, oioU^. — 8. Tel paraît être le sens primitif. Ms, : Soudomaqédonos ; vers, ar. ; 
limajjûMojOiio XSj»] lo»V jli. Dans l'abrégé "arm., Ilist. arm. des Crois., op. cit. : Sauria Mokedonav] 
édit. de Jérus., 1871, p. 421 : Surtav Makedonios (et de même Langi.ois, p. 307). La leçon »o«o 
« langue », doit être maintenue, semble-t-il, quelle que soit la construction qu'on adopte. 



LIVRE XVII. CHAP. VII 279 

romains, qui étaient encore païens et idolâtres. Elle demeura entre leurs mains 
trois cents autres années. — En ces temps-là_, les illustres confesseurs Samouna, 
Gouria, Habib % Cosmas et Damianus y furent couronnés ^ 

Quand l'empereur Constantinus régna, le christianisme [y] prospéra, et de 
grands temples y furent construits^ Quand le païen Julianus' régna à son 
tour, il ne put la soumettre, pas plus que l'hérétique Valens. Ensuite, la paix des 
Chrétiens se propagea jusqu'à l'époque de l'hérétique Marcianus. La persécution 
s'étant aggravée du temps de Justinus et de ses successeurs, le peuple des 
Arabes fit invasion du temps de l'empereur Heraclius, et la ville fut au pouvoir 
des rois arabes, depuis l'époque de 'Omar, fils de Khâttab, jusqu'à l'invasion des 
Turcs, environ 400 ans^. 

[640] Du temps des Arabes, son mur solide fut détruit; il avait été bâti du 
temps de Seleucus, et Mar Ephrem l'a célébré. La cause de sa démolition fut la 
suivante : Comme Mançour l'Avare* régnait, il se bâtit un palais à Raqah '. Il 
envoya demander aux Edesséniens quelques petites colonnes de marbre parmi 
celles qui étaient entassées' dans la grande église. Ils ne les lui donnèrent points 
et il en fut irrité. Ils se révoltèrent contre lui, par crainte. 

Il vint mettre le siège contre cette ville et ruina le temple de Mar Sergius, 
Alors quelques hommes usèrent de ruse, sortirent le trouver en secret, et com- 
plotèrent avec lui pour lui livrer la ville, s'il jurait de ne maltraiter personne. 
II jura de ne point tuer, de ne point faire de captifs, de ne pas changer leur 
condition, et de ne rien enlever de la ville, sinon un cheval blanc qu'il prendrait 
et tuerait par manière de vengeance. Ils ne comprirent point quel était le sens 
du mot « cheval », jusqu'au moment où il y entra pour en prendre possession . 
Alors, il indiqua que par « cheval » il entendait le « mur ». Il renversa donc 
cet admirable mur et n'en laissa subsister qu'une seule tour, celle par laquelle 
les eaux sortent vers les moulins '. 

Quarante ans plus tai'd '", du temps du roi Mâmoun, Abou-Seikh Djounadiya", 
qui se révolta contre le roi Mâmoun, le rebâtit. 



1. Sur les martyrs Samouna, Gouria et Habîb, cf. R. Duval, Hist. d'Edesse, p. 132, et Littéra- 
ture syriaque, 3' éd., p. 113 et suiv, — 2. Cosmas et Damianus furent martyrisés en Cilicie (cf. 
Act. Sanct., 27 sept.). Une église leur était dédiée à Edesse. — 3. Cf. Duval, Hist. d'Édesse, p. 16- 
17. — 4. Lire : <*aoi^aj ; la vers. ar. porte comme notre ms, 'iifl ni . v\ i. — 5. Sic vers. ar. ; lire 1. au 
lieu de i; cf. p. 181, n. 3; cette confusion vient sans doute de ce que les chiffres étaient primi- 
tivement écrits en caractères dits estranghelo. — 6. Dawanaqî. Le khalife Abou-Dja'far, surnommé 
^îl.j jjl. — 7. Au lieu de Raqah, il faudrait peut-être lire Rafiqah; cf. tome II, p. 526. — 8. Ainsi 
d'après l'ar. : 1-pi-K »\^'y ^ ; un mot (U*^?) a été omis par le copiste. — 9. I,a leçon du ms, : 
Uoik;^ ne semble pas correcte ; nous lisons avec la vers. ar. : Uo-A (e*»l"^ w^>ol]. — 10. En 814; 
cf. ci-dessus, p. 27. — 11. Vers. ar. : '<t>o>^ y^^ûs). 



280 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Après un certain temps', les Grecs y régnèrent de nouveau, grâce à un 
homme nommé Salmân% qui usa de fourberie envers l'émir' et livra la citadelle 
supérieure, dont il avait été établi le gardien, à un Grec nommé Maniag'. Alors, 
les Taiyayê qui s'y trouvaient ayant pris leurs enfants pour s'enfuir, les Chrétiens 
prirent aussi leurs enfants pour fuir avec les faiyayé, parce qu'ils étaient habi- 
tués aux Arabes, dans la langue et l'écriture, et avaient horreur des Grecs, à 
cause de leur hérésie et de leur méchanceté. Les Chrétiens sortirent donc avec 
les faiyayé, et quand la ville fut évacuée, un faiyaya mit le feu et incendia les 
maisons et les églises, et la ville resta déserte entre les mains des Grecs. Un 
petit nombre de gens du peuple y revint; les autres se dispersèrent jusqu'à Ta- 
grit. 

Peu de temps après, il s'y trouva un pieux gouverneur, de l'empire des Grecs, 
nommé Abou Kak'ab °. 11 envoya trouver le patriarche Mar Dionysius qui 
ordonna, comme métropolitain d'Edesse, Athanasius, qui est Josué, archiman- 
drite du couvent deMar Abhai de Sebélata^ De son' temps, la ville devint floris- 
sante, car le gouverneur écoutait très volontiers l'évèque, et celui-ci y rassem- 
bla et y fit venir de tous les côtés des habitants. Le vénérable évêque s'en alla 
en Arménie, aux sources de l'Euphrate; il en ramena des bois et bâtit deux 
églises très belles: celle de la Mère de Dieu et celle deMar Theodoros. 

Ensuite Philartus régna sur la ville': Les Turcs devinrent puissants à cette 
époque et ce Philartus s'en alla trouver le sultan du Khorasan, où il se fit 
musulman. En apprenant que Philartus s'était fait musulman chez le sultan du 
Khorasan, les Edesséniens tuèrent son préfet nommé Pargimas '. 

Après celui-ci régna dans cette ville Bouzan'". 

Quand celui-ci eut été tué par Toutous", Theodoros bar Hétom", curopalate, 
l'occupa pendant deux ans, du temps du métropolitain Athanasius bar Isai", 

Au moment de l'invasion des Francs, [Theodoros] bar Hétom, voyant qu'il ne 
pouvait la conserver, la livra aux Francs, et les Francs y régnèrent : 



1. En 1031. — 2. SaXafiâvri; (Cedren., A. M, 6540;, Ibn 'Otaïr. Cf. ci-dessus, p. 147. — 3. Naçr 
ed-Daulah, fils de Marwan. — 4. MavtâxY);. 

5. SeloQ Cedrenus (A. M. fi543) le successeur de Maniacès fut Léon Lependrenus; mais selon 
Matthieu d'Edesse (trad., p. 51) ce fut « Aboukab, garde de la tente de David le Curopalate » ; 
peut-être à un titre différent. — 6. Cf. ci-dessus, p. 148. — 1 . Suppléer \ivi (vers. ar. : hw >îH.s). 

— 8. En 1083. Cf. ci-dessus, p. 173. — 9. Vers, ar, : leofiaKolS. Probablement un nom arménien 
défiguré. Matth. d'Edesse (trad., p. 195) appelle ce personnage « l'Accubiteur », sans donner son 
nom. Il lut massacré en 1087. On remarquera la ressemblance entre le nom donné ici et le surnom 
de Philartus Bpa;(â|ji,ioî, c.-à-d. originaire de Varadjounik'. — 10. Général de Malik-sah. Cf. Matth. 
d'Edesse, trad., p. 198. — 11. En 1094. Cf. ci- dessus, p. 183, n. 14. — 12. Cf. ci-dessus, p. 179. 

— 13. Ordonné par Basile II (1074-1077). Vers, ar, : wia* $| >J;^m^. 



LIVRE XVII. GHAP. VIII 281 

Premièrement, le comte Baudoin, celui-là même qui tua Bar Hétom'. Quand 
Godefroy, roi de Jérusalem, qui était son frère, mourut, Baudoin monta à 
Jérusalem et devint roi à la place de son frère'. 

Alors régna à Edesse Baudoin II, neveu' du premier. 

Quand celui qui était devenu roi de Jérusalem mourut, il légua le royaume à 
son neveu Baudoin H. Alors ils donnèrent Edesse au valeureux Josselin*. 

Après la mort de ce dernier^ son fils Josselin II régna à Edesse, qui fut prise 
de son temps par Zangui ^ 

Après le meurtre de Zangui, elle fut totalement ruinée en l'an 1458 '. — Fin. 



CHAPITRE [VIII]. — De l'époque à laquelle VArméiiien Thoros régna en 
Cilicie. Des divers événements survenus à cette époque dans le monde et dans 
l'Eglise de Dieu. 

Quand l'Arménien Léon eut été pris par Jean, empereur des Grecs, qui le fit 
conduire à Constantinople, comme l'a déjà exposé [641 J notre discours ', le pays 
de Cilicie demeura en partie aux Grecs, en partie aux mains des Turcs. Ensuite 
mourut l'empereur Jean', et Léon mourut'" aussi à Constantinople". Un des fils 
de Léon, nommé Thoros '% s'échappa et partit". 

Gomme il ne possédait rien, il arriva à pied et en secret chez Mar Athana- 
sius, métropolitain de l'endroit'*; car il avait confiance en ce vieillard, depuis 
l'époque de son père. Et pour cela, il lui demanda de prier le Seigneur que le 
pays de son père revînt à lui. Le saint évêque lui fit en pleurant des présents, et 
lui donna le prix d'un cheval. Quand il posséda une monture, douze hommes 
se joignirent à lui, et ils se rendirent à une forteresse nommée 'Amouda. Les 
habitants, en apprenant que le fils de leur seigneur était arrivé, se saisirent des 
Grecs qui s'y trouvaient et livrèrent la forteresse à Thoros. Et quand cela fut 
divulgué, la crainte s'empara des Grecs et des Turcs. Il régna bientôt sur 
beaucoup d'endroits, et un peuple nombreux d'Arméniens et de Francs se réunit 
auprès de lui. 

Thoros étant venu à Ra'ban, chez le Franc Simon", seigneur de l'endroit, 



1. En 1098; cf. p. 187. —2.25 déc. 1100. Cf. p. 185, —3. Fils delà sœur. — 4. 1118, Cf. p. 196. 
— 5. En 1131 ; cf. p. 232. — 6. 28 nov. 1144; cf. ci-dessus, chap, ir. — 7. Cf. ci-dessus, chap. v. 

8. Cf. ci-dessus, p. 245. — 9. 8 avril 1143.— 10. En 1139.— 11. Lire: ... ^gj^'^'^ûa. — 12. Tho- 
ros II, cinquième prince de la dynastie roupénienne (TepôtÎYH, TopoOcrï];). — 13. En 590 de l'ère 
arménienne, selon Sempad (1141-42). — 14. Selon les .luteurs arméniens et Barhébreus, il s'agit 
d'un métropolitain syrien (Athanase d'Anazarbus). — 15. Probablement celui dont Dulaurier {Hist. 
armén., I, p. 155, n. 2) fait arbitrairement un Maronite. 

111. 36 



282 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

dont il devait prendre la fille, il arriva qu'en ce jour-là, les Turcs envahirent le 
pays pour le piller. Thoros fondit sur eux et en massacra environ trois mille; 
il délivra ceux qu'ils avaient faits captifs et sauva tout le pays. C'est pourquoi 
il brilla et grandit ; et quand il retourna en Cilicie, les Grecs et les Turcs aban- 
donnèrent les villes et les châteaux-forts, et s'enfuirent devant lui. il régna 
sur Anazarbus et les autres villes de la Cilicie. 

L'année où régna Thoros', qui est l'année 1459, la région d'Antioche fut 
dévastée par Nour ed-Dîn, fils de Zangui. Josselin qui conservait de la rancune 
contre Bedawi, seigneur d'Antioche, parce qu'il n'était pas' allé à son secours 
à Edesse, éprouvait du contentement de la ruine de son pays. Quand Nour ed- 
Dîn, seigneur d'Alep, apprit cela, il s'en réjouit. Il envoya des messagers, fit la 
paix et traita avec Josselin. Ils se rencontrèrent l'un et l'autre dans la plaine' 
entre Alep et 'Azaz. Ils firent des serments et confirmèrent leurs traités. Les 
Francs se mêlèrent, mangèrent, burent et se réjouirent avec les Turcs, et ce fut 
pour leur ruine. 

En cette même année, le roi de l'île de Sicile' s'irrita contre l'empereur des 
Grecs parce que celui-ci avait astucieusement fait périr les Francs, et, comme 
pour venger les gens de son peuple, il attaqua la ville de Thèbes; il massacra les 
Grecs et détruisit' la ville \ Il prit aussi Andrinople et Philippopolis. Manuel, 
empereur des Grecs, s'avança pour tirer vengeance des Romains. Tandis qu'il 
assiégeait une certaine forteresse', le roi de Sicile envoya de nombreuses troupes 
par mer, sur des navires : elles commirent beaucoup de brigandages et de 
méfaits chez les Grecs, et elles parvinrent jusqu'à Constantinople'. Elles appro- 
chèrent tellement que leurs traits pénétraient dans le palais bâti sur le rivage 
de la mer. A cette nouvelle, l'empereur des Grecs abandonna la forteresse et 
revint. Grecs et Francs se rencontrèrent, et un grand combat naval fut livré. Il 
y eut des morts des deux côtés; à la fin, les Francs retournèrent dans leur 
pays, et les Grecs avec leur empereur revinrent à Gonstantinople. — Fin. 

En l'an 1459, il y eut partout disette En l'an 1459, le patriarche Mar Atha 

de pluie, et les eaux firent aussi défaut nasius allait de nouveau à Aiiiid, et s'y 

dans les sources. Les hommes furent fixait ; et de nouveau, Jean de Mabboug, 

dans une grande angoisse; beaucoup [641] qui est Bar Andréas, changea de 

d'endroits [641] devinrent déserts elpri- diocèse, illégitimement et sans motif, 

vés d'habitants, surtout les endroits qui Une première fois, pendant que le 

manquent de rivières et de fontaines. patriarche était h Tell Baser et que le 

L'année suivante, il y eut de nouveau synode des évêques était réuni. Bar An- 



1. Cf. p. 281, u, 13.— 2. Lire : \l\ «^ — 3. Lire : I^»û3. — 4. Roger. — 5. «;*».. — 6. Cf. 
Hist. du Bas'Emp., LXXXVII § xxxvi. — 7. Corfou. — 8. Cf. op. cit., § xliv. 



LIVRE XVII. GHAP. IX 



283 



dreas avait eu des contestations avec 
Timotheus, évêque de Karséna. Après 
de longues discussions, il permuta avec 
lui; Bar Andréas passa à Karséna, et 
l'autre vint h Tell Baser. 

Quand le patriarche s'en alla à Amid 
et se fut éloigné, Bar Andréas, selon sa 
coutume, eut des difficultés avec le gou- 
verneur de l'endroit, qui s'appelait Phi- 
lartus. Ce gouverneur était Arménien 
d'origine, Franc par sa manière d'agir, 
Grec par son sentiment hérétique. C'est 
pourquoi Bar Andréas abandonna aussi 
le diocèse de Kar.séna et s'en alla à Pesqîn (au couvent) des moines, situé sur le rivage 
de l'Euphrate, pour y vivre en paix. Or, l'évêque de Karséna revint à son église. — Fin. 



un manque absolu de pluie, jusqu'à la 
moitié de kanoun i^f (déc.) ; les (mois de) 
tesrîn (oct.-nov.) furent comme le temps 
de l'été; les hommes, les animaux do- 
mestiques, les bètes sauvages, et même 
les oiseaux, étaient dans un grand tour- 
ment par la soif. Ensuite le Seigneur 
usa de miséricorde, la pluie vint, la terre 
fut rassasiée et arrosée, et il y eut un 
hiver doux et agréable comme le prin- 
temps. — Fin. 



CHAPITRE [IX]. — De la dévastation queut à subir le couvent de notre 
seigneur Mar Bar Çauma., en Van 1459, par le fait de Josselin. 



[642] Josselin entra dans le couvent le 
samedi 18 de haziran (juin), de l'année 
1459; il en fit sortir les moines le 
lundi 20 du même mois, et le mardi ils 
arrivèrent à Hesn Marçour. Le fait fut 
divulgué et tout le peuple fut dans la 
stupeur et l'épouvante. Deux (de ses 
compagnons) lui dirent : (( Ne laissons 
pas le couvent sans moines, de peur que 
les Turcs n'y entrent ». C'est pourquoi 
il décréta que les moines lui donneraient 
dix mille dinars, et qu'ensuite il leur 
rendrait leur couvent. Quelques-uns 
s'en allèrent et apportèrent la châsse, 
qui contenait la main droite du saint, et 
aussi les trésors' des quatre couvents de 
Mar Abhai, de Sergisyeh, de Madîq, de 



[642] Que personne, mes amis, en 
lisant cette histoire ne se laisse aller, 
par faiblesse d'esprit, à l'amoindrisse- 
ment de la foi en la puissance de Dieu 
qui réside dans son saint, en se disant : 
oVoici que celui-là même qui fait des 
prodiges divins est vaincu et cède aux 
impies «.Mais croyez, comme il convient 
à des chrétiens, que rien [n'est arrivé]' 
ou n'arrive en dehors de la science uni- 
verselle de Dieu, et que tout est arrivé 
ou arrive selon sa science. Toutes choses 
sont arrivées ou arrivent selon sa vo- 
lonté, son ordre ou sa permission, pour 
l'utilité universelle, d'après le dessein 
insondable des jugements divins abso- 
lument impénétrables. 



1. XEl[iTi),10V . 

2. Lire : |ow ol lo« y» d». 



284 



GHROxNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Harçaphta, qui avaient été déposés, dans 
le monastère pour y être gardés ; et 
une partie des moines et des serfs resta 
dans le couvent. Ils eurent pour supé- 
rieur un vieux moine nommé Abraham 
Maud'al. 

Josselin établit dans la forteresse su- 
périeure 20 soldats arméniens et avec 
eux d'autres qui, sans pitié, pillaient 
tout ce qui se trouvait dans notre cou- 
vent en fait de blé, de vin, d'huile, de 
miel, de vêtements et d'autres objets. II 
emmena le saint' et les moines jusqu'à 
Tell Baser. Là, quelques gens parmi les 
Francs, les Syriens et les Arméniens, 
se firent caution pour l'or. 

Parmi les moines il retint, avecle (re- 
liquaire du) saint, trois hommes âgés : 
David, Jacques et Sergius, et les autres 
retournèrent au couvent, au mois de 'ab 
(août). Ils chassèrent les Arméniens qui 
étaient venus au couvent. Ils avaient pour 
supérieur le vieillard Lazarus et, avec 
luij Constantinus. Ils amenèrent avec 
eux Mar Iwannis de Kaisoum. Et quand 
ils entrèrent dans le temple et virent la 
table sainte renversée et tout démoli, 
tous ensemble ils passèrent un jour 
entier à pleurer, dans les lamentations 
et les gémissements. Ensuite, les sol- 
dats^ qui étaient cent cinquante, deman- 
dèrent aux moines de leur jurer que 
quand Josselin ou son fils reviendrait, 
ils ne lui fermeraient pas la porte au 
visage. Étant ainsi contraint», les moines 
et les serfs jurèrent malgré eux. 

Les Francs el les Arméniens étaient 



Comprenons donc et reconnaissons 
(ceci) : l'Egyptien Pharaon fut aban- 
donné, pour s'endurcir, parce qu'il aimait 
la cruauté, et il est écrit* que « Dieu en- 
durcit son cœur » pour qu'il se perdît à 
la poursuite du peuple délivré, dans la 
mer immense ; le peuple élu fut livré en 
esclavage entré les mains de Nabucho- 
donosor, et à différentes reprises, parce 
qu'ils ont pratiqué' et aimé les turpi- 
tudes des Gentils, et le Seigneur était en 
toutes ces choses ; de même aussi, à l'épo- 
que présente, nous pouvons comprendre 
qu'outre les raisons insaisissables pour 
nous, il y a deux causes faciles à conce- 
voir, et qui montrent pour ainsi dire du 
doigt pourquoi le pillage eut lieu h cette 
époque dans ce saint lieu. La première 
vient des péchés de ses habitants; lors- 
qu'ils se sont égarés et ont commencé 
de marcher dans la voie large qui con- 
duit à la perdition, le saint, ou plutôt 
Dieu qui réside en lui, les abandonna 
pour qu'ils soient maltraités. La seconde 
vient de Josselin qui, à l'exemple de 
Salomon, fîls de David, abandonna le 
Dieu des chrétiens ses pères, et s'adonna 
au culte des démons par les passions hon- 
teuses; et comme il ne rougit pas, mal- 
gré les nombreux avertissements de la 
providence divine, Dieu l'abandonna, 
pour que son cœur s'endurcît, comme 
Pharaon, et pour qu'il méprisât la vertu 
toute puissante qui résidait dans le saint. 

Quand il fut livré à cet esprit de ré- 
probation, il ne fit pas même connaître 
sa pensée diabolique à un seul des 



1, La châsse contenant la relique de Bar Çauma. 

2. Exod., X, 20, 27, etc. — 3. Lire : aSisut, 



LIVRE XVII. GHAP. IX 



285 



restés soixante-dix jours dans le cou- 
vent. 

Cependant le sacrifice, l'office, le lu- 
minaire avaient cessé. Ils envoyèrent 
donc près du patriarche, à Amid, et 
l'ordre arriva pour l'évèque deKaisoum, 
de restaurer [643] par la prière les lieux 
saints. Après avoir accompli canoni- 
quement la purification et la dédicace, 
il établit Lazarus comme archimandrite, 
par ordre du patriarche ; il institua un 
cénobiarque, un économe et les autres 
offices, selon la coutume et la règle du 
couvent depuis les premières généra- 
tions. Les moines elles serfs donnèrent 
chacun tout ce qu'il pouvait avoir d'or, 
pour la délivrance du saint lieu. 

Or, comme il a été exposé plus haut, 
cela n'arriva pas sans le consentement 
de la vertu divine, qui réside dans la 
main droite de notre seigneur Mar Bar 
Çauma; mais elle permit que cela arri- 
vât pour notre châtiment et pour la ruine 
de la tyrannie de Josselin ; car de même 
qu'autrefois le tyran païen Baltasar pro- 
fana les vases sacrés et fut frappé par la 
main qui apparut miraculeusement, de 
même celui-ci périt justement par un 
châtiment terrible, comme le montrera 
le discours lorsque, avec l'aide de Dieu, 
il poussera en avant. Ce que nous avons 
placé ici suffit pour exposer quand et 
comment eut lieu le pillage du saint 
couvent. 

Il convient d^exposer aussi ce qui se 
passa à cette époque dans la ville de 
Mélitène, à propos de cet événement. 
— A Mélitène réarnait alors le Turc 



grands qui l'accompagnaient, de peur 
qu'en leur qualité de chrétiens, ils 
n'avertissent les moines de son astuce. 
Mais, après avoir réuni ses troupes, il 
se mit en marche comme s'il était dis- 
posé à envahir et h piller le pays des 
Turcs, et il vint [643] h Harthan. Au bout 
de trois jours, il monta de là à la Mon- 
tagne Blanche ' et s'établit au-dessus de 
la source appelée Ayza, sur un sommet 
élevé du pays de Claudia, de manière 
que le peuple ait connaissance de sa 
venue, et prenne la fuite. Tout cela 
pour pouvoir accuser les moines et leur 
dire : « Vous avez fait fuir les habi- 
tants', et vous m'avez trompé ». C'est 
pourquoi, quand on apprit que les habi- 
tants avaient fui, il dit à ceux qui 
l'accompagnaient : <( Dès lors notre ex- 
pédition est gâtée. Allons prier aux 
couvents voisins, et retournons-nous- 
en ». 

Au matin du samedi 18 de haziran 
(juin) de l'année 1459, il arriva inopi- 
nément, et les moines se réjouirent, 
pensant qu'il venait pour prier. Alors, les 
[deux] partis tombèrent dans les lacets 
de l'avarice, « qui est le culte des idoles », 
comme dit le divin Apôtre' : Josselin, 
parce qu'il pensait trouver beaucoup 
d'or, etles moines parce qu'ils pensaient 
qu'il apportait de l'or. Ils prirent donc 
les croix et les Evangiles et sortirent à 
sa rencontre à la porte méridionale. En 
voyant la croix, il descendit astucieuse- 
ment* de cheval et fit montre d'humilité 
jusqu'à ce qu'il lût entré et se fût établi 
(dans le couvent). Alors, il découvrit 



1. Héwara. — 2. Ms., faulivement : « les moines ». — 3. Col., m, 5. — 4. Is.li-vgoo. 



286 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Daulah, et le couvent était contraint de 
donner à Mélitène un tribut imposé 
tyranniquement par l'émir Ghàzî, père 
de ce Daulah. Or, quand Daulah apprit 
que Josselin était entré dans le couvent, 
il crut que les moines avaient livré la 
forteresse à Josselin parce qu'ils étaient 
vexés par ce tribut, qui leur avait été 
tyranniquement imposé et dont ils se 
plaignaient constamment. C'est pour- 
quoi, l'émir déchargea sa colère sur les 
chrétiens de Mélitène, en disant : «Vos 
coreligionnaires ont livré la forteresse 
aux Francs ; et c'est de vous que je vais 
tirer vengeance. » Et, tandis que les 
gens de Mélitène se lamentaient sur le 
pillage du couvent, les angoisses se 
multipliaient sur eux, les offices et le 
son descloches cessèrentdans leséglises 
pendant trois jours. 

Quand l'émir fut assuré que les 
moines n'avaient pas livré la forteresse 
à Josselin, mais que celui-ci y était entré 
par surprise, il cessa de persécuter les 
gens de Mélitène. Il se mil à rassembler 
des troupes [G44] pour aller chasser les 
Francs et s'emparer de la forteresse. 

Par la providence divine, douze 
moines et environ cinquante serfs, se 
trouvèrent présents dans le pays de Clau- 
dia. Ils prirent les bœufs et les bagages 
et vinrent à Mélitène, afin de s'y mettre 
en sûreté jusqu'à ce qu'ils aient vu où se 
fixer. Leur venue apaisa davantage la 
colère de l'émir. Il y avait parmi eux un 
vieillard craignant Dieu nommé Ibra- 
him, et surnommé Souroudim'. Il alla 
trouver l'émir et lui dit : « Ton expédi- 



l'astuce de sa pensée h quelques-uns 
de ses soldats, qui partageaient sa ma- 
lice, et les envoya examiner la forte- 
resse. Quelques-uns des moines com- 
prirent qu'il y avait une ruse dans cette 
inspection. Cependant, ils ne purent 
l'empêcher. Cinq hommes montèrent 
donc; après y être entrés, ils en chas- 
sèrent un vieux moine et deux serfs 
qui s'y trouvaient. Ensuite, il rassembla 
tous les moines, et les enferma dans 
l'église. Il appela les anciens et se mit à 
leur adresser des reproches : « C'est 
vous qui avez fait connaître notre arri- 
vée dans la région de Mélitène, et les 
Turcs ont pris la fuite ». Comme ils ré- 
pondirent, conformément h la vérité : 
« Nous n'en savions rien », il ajouta : 
« Si vous êtes véridiques, et si vous 
n'êtes pas les auxiliaires des Turcs, 
donnez-moi tout ce qui se trouve dans 
ce couvent (et qui provient) des pays 
des Turcs. J'ai appris qu'une grande 
richesse est cachée chez vous, (prove- 
nant) des pays des Turcs et des Turcs 
eux-mêmes, et il est juste qu'elle soit 
donnée aux Chrétiens pour qu'ilssoient 
encouragés et vengés des Turcs qui ont 
pillé les couvents de Zabar. » Ils répon- 
dirent : « Si nous agissons ainsi, com- 
ment pourrons-nous demeurer en ce 
lieu ? » Alors il devint furieux, les fit 
sortir du temple, et les enferma ce jour- 
là dans la maison de détention appelée 
Kana. Il envoya des prêtres francs qui 
entrèrent [644] dans le temple et en re- 
tirèrent tout ce qu'ils y trouvèrent : les 
vases d'argent, les patènes, les calices, 



1. Vocalisation douteuse. 



LIVRE XVII. GHAP. IX 



287 



tion serait peine perdue. Il n'est pas 
possible que tu prennes la forteresse de 
vive force, et la prendre par fourberie 
serait une action honteuse. Mais, sois 
patient, et nous, nous trouverons le 
moyen de la prendre. » Cela plut h 
l'émir. Il procura plusieurs bienfaits 
à ceux qui venaient se mettre sous sa 
protection, et ensuite il traita bien tout 
le couvent, en leur faisant remise de 
l'impôt de cette année. 11 exigea d'eux 
des serments, et ils jurèrent. Ensuite, 
ils adressèrent une supplique au patriar- 
che, à Amid, et celui-ci les délia du 
premier serment qu'ils avaient fait à 
Josseliu par contrainte. 

Ensuite, Josselin envoya dire à l'émir 
Daulah : « Tu as pris les couvents de 
Zabar, qui sont à moi, et tu les as dévas- 
tés. Moi, j'ai pris le couvent de Mar Bar 
Çauma,qui est une forteresse aussi éle- 
vée au-dessus des autres que l'aigle au- 
dessus des oiseaux; cl maintenant je te 
la rends. » Ainsi, il annula lui-même les 
serments qu'il avait imposésaux moines, 
quand il demanda la paix à l'émir. Dau- 
lah répondit : « Autant tu désires la 
paix; autant nous souhaitons la paix. 
Mais dis-moi de quelle manière tu en- 
tends maintenant nous assurer de la 
paix; car tu as laissé paraître qu'il n'y 
avait point de foi en toi. Les Musulmans 
jurent par leur Livre, et les Chrétiens 
jurent par la Croix et l'Évangile; mais 
toi, tuas dépouillé l'Evangile et brisé la 
Croix; tu n'as donc pas la foi des Chré- 
tiens; fais-moi connaître ta foi, si tu es 
juif ou païen ?, afin que nous confirmions 



les croix, les encensoirs, les chandeliers, 
les flabella, les Evangiles et les livres. 
Ensuite, il ordonna à ses soldats d'ins- 
pecter les cellules, et ils rassemblèrent 
tout ce qu'ils trouvèrent d'or, d'argent, 
de cuivre, de fer, de vêtements, de tapis. 
Il dépouilla même le sanctuaire de ses 
tentures. 

Quelques Francs qui l'accompa- 
gnaient étaient du nombre des Phrêr', 
c'est-à-dire « frères »; en voyant cela 
ils lui dirent : i Nous sommes venus 
avec toi pour faire la guerre aux Turcs 
et secourir les Chrétiens, et non pas 
pour piller les églises et les monas- 
tères », et ils l'abandonnèrent et s'en 
allèrent sans avoir mangé du pain ou 
bu de l'eau. Mais le misérable, qui était 
abandonné de Dieu, et avait les yeux et 
l'esprit aveuglés, ne comprit point; car 
sa chute était proche. 

Après être restés toute la journée du 
samedi occupés à piller, ils ramassè- 
rent et prirent tout ce qu'ils avaient 
trouvé pour le charger; au moment du 
soir, à la veille du dimanche, ils firent 
sortir les moines et tout le peuple du 
couvent. Il les fit descendre avec lui, et 
ils passèrent la nuit près de la vigne 
dite de l'Eléphant, sur les rives du 
fleuve. Ils laissèrent dans le couvent une 
garde (composée) de quelques Francs et 
de beaucoup d'Arméniens, hommes im- 
pies et pillards. 

Au matin du dimanche, Satan lui 
donna une nouvelle inspiration : il re- 
vint au malheureux couvent, et le livra 
aux pillards et aux fureteurs; toutes 



1. Les Templiers; cf. p. 207. 



288 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

nos serments selon la confession que les cellules des moines furent de nou- 

tu as adoptée.» De la sorte, le turc bar- veau perquisitionnées; de nouveau ils 

bare couvrit de confusion le faux montèrent sur le rocher, entrèrent dans 

chrétien. les demeures des serfs et pillèrent tout 

Ensuite, Josselin succomba; les moines ce qu'ils trouvèrent. Ils réunirent le 

et le saint revinrent au saint couvent, et tout et chargèrent sur des chameaux et 

une correction fut ménagée aux deux des mulets le trésor ' de l'église, avec des 

partis par la providence divine. — Ce masses de cuivre et toute espèce d'ob- 

chapilre lamentable, sur le pillage du jets. Il y avait entre autres !une croix 

couvent de Mar Bar Çauma, est aussi d'or : le tyran la brisa au milieu du oou- 

firii. vent, et la partagea à ceux qui l'accom- 

pagnaient. Il prit aussi les mulets, c'est- 
à-dire les haglê, du monastère, qui étaient 
au nombre de douze. Il emmena avec lui les moines qui se trouvaient présents et qui 
étaient environ cinquante. Le lundi, ils parvinrent à Gakhtai^ — Fin. 



[64S] CHAPITRE [X]. — De l'époque à laquelle fut tué Bedawi, seigneur cVAn- 
tioche, ainsi que Baudoin, et Raynald^ , seigneur de Kaisoum. A cette époque, les 
Turcs pillèrent les bœufs et les moutons du couvent. 

En l'an 1460, au mois de kanoun n (janv.), Nour ed-Dîn, seigneur d'Alep 
envahit le pays d'Antioche, pilla toute la région, et mit le siège devant Yaghra*. 

Bedawi, seigneur d'Antioche, ne se trouvait pas dans cette ville. Quand il 
apprit (cette affaire), il revint en hâte; mais il n'entra pas à Antioche; il passa 
au-delà, ayant avec lui un Taiyaya Hasisite', qui s'était séparé de Nour ed-Dîn; 
cet homme et sa troupe aidèrent puissamment les Francs, Ils vainquirent les 
Turcs qui s'enfuirent blessés et dépouilIés^ 

A cette époque, Qara-Arslan, seigneur de Hesna de Ziad, envahit le pays 
d'Amid, après avoir comploté avec quelques hommes qui s'y trouvaient et qui 
devaient lui livrer cette ville. Comme le complot ne réussit pas, il fit captifs les 
gens du pays. Tandis qu'il les emmenait, il fut un jour touché de pitié, en les 
voyant tourmentés par la neige et le froid, et dit : « En quoi ces gens nous 



1, xeifiriXiov. — 2. Ms. uLo^ ; BH : "^1,^5^. Cf. p. 198, n. 12. 

3. Ms. ».^l ; ailleurs (plus correctement) ,^». J'ai cru (p. 275, n. 4) que cette forme pouvait être une 
altération graphique de î^j» ; mais, comme elle revient fréquemment, il vaut mieux y reconnaître 
une transcription de la forme arménienne Renaghd. — 4. Cf. Rôhricht, Gesch. des Kônigr. Jerus., 
p. 259. — 5. C.-à.-d. de la secte des « Assassins ». — 6. Cf. Ilist. arah. des Crois., IV, 64 ; et 
IV, 60, où il faut lire « Raymond de Poitiers », au lieu de « Josselin II ». 



LIVRE XVII. GHAP. X 289 

ont-ils offensé ? >> II ordonna de les libérer tous, et ils revinrent à leurs 
demeures. 

Josselin rassembla une armée et entra pour piller dans le pays d'Édesse et 
de Harran, Les Turcs revinrent et envahirent son pays, et ils massacrèrent la 
plupart de ses soldats dans des embuscades. 

Nour ed-Dîn, seigneur d'Alep, brûlait de colère et s'appliquait à rassembler 
des troupes. Les Francs, par leur orgueil ou, ce qui est plus exact, par suite de 
rabandon(de Dieu) à cause de leurs mauvaises actions, non seulement ne se for- 
tifièrent pas en apprenant [646] que les Turcs s'étaient rassemblés nombreux 
comme la sauterelle, mais procurèrent du secours à leurs ennemis, en laissant 
leurs villages comme des vignes sans clôture et des maisons sans porte, et en 
s'en allant dans le pays des faiyayê, comme une biche dans le piège, et comme 
un cerf qui brave les traits dans sa fureur'. Avec eux était le faiyaya Ilasîsite. 
En les voyant sans intelligence pénétrer au milieu de leurs ennemis, il dit à 
Bedawi : « Où vas-tu donc, ô roi? Puisque tes ennemis se réunissent de tous 
côtés, demeure dans ton pays et garde tes frontières, jusqu'à ce qu'ils se dis- 
persent, et s'ils viennent pour entrer dans ton pays, alors, sors à leur ren- 
contre. » Mais il le méprisa, et n'accepta pas son conseil; et, sans intelligence, 
il tomba au milieu des Turcs. Alors, les Turcs se réunirent de toutes parts, au 
milieu de la nuit, contre les malheureux Francs. Le Hasîsite s'avança vers 
Bedawi et lui dit : « Tu ne m'as pas écouté, et nous sommes battus ; mais main- 
tenant, écoute-moi : viens, fuyons; peut-être quelques-uns d'entre nous échap- 
peront-ils-; car nous sommes environnés par une grande armée, et si nous 
sommes encore ici quand arrivera le matin, ils nous détruiront complètement. » 
Mais le malheureux n'y consentit pas. Or, dès le matin, avant que les rayons 
de l'aurore ne brillassent, les Turcs d'un seul bond, pour ainsi dire comme 
une avalanche, fondirent sur eux, brisèrent grands et petits, et les étendirent 
au milieu de la plaine comme des arbres de magnifique stature. 

Le prince 'Bedawi', seigneur d'Antioche, ce lion vigoureux, fut tué; Raynald, 
seigneur de Kaisoum, ce jeune lionceau, succomba; et, pour le dire en bloc, il 
ne s'en échappa pas un seul pour porter la nouvelle ; tout ce grand peuple 
devint des monceaux de cadavres; [647] cette journée fut une grande calamité 
pour les chrétiens'. 

Les gens d'Antioche n'en eurent pas connaissance jusqu'au moment où les 
Turcs entraînèrent tout le pays en captivité. Nour ed-Dîn vint mettre le siège 
contre cette ville, et envoya la tète de Bedawi à Bagdad. 

1. Sans doute une locution proverbiale. Le texte (non vocalisé) se prêle à plusieurs traductions. 
Le contexte semble justifier celle-ci. Il agit comme un cerf qui, au lieu de fuir, se laisse percer de 
flèches, en voulant se défendre. — 2. prinz. — 3. Raymond de Poitiers. — 4. 29 juin 1149. Cf. 
Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 260. 

III. 31 



290 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

La division se mit parmi les gens d'Antioche ; les uns penchaient pour les 
Turcs, les autres pressèrent le roi de Jérusalem de venir. Celui-ci ayant été 
accepté par ce qui restait (de troupes) leur donna pour chef leur patriarche '. 

Quand Josselin apprit que le seigneur (de Kaisoum) avait été tué, ce misé- 
rable tarda ; il pensa que sa fille, qui était la femme de celui qui avait été tué, 
survivait : il alla donc s'emparer de cette ville (de Kaisoum) et de BeitHesnê. 

A cette époque Josselin, dans un esprit détestable, se montra l'allié de Kilidj- 
Arçlan, fils de Mas'oud', qui était seigneur d'Ablastain et du pays. Celui-ci fit 
venir son père, et ils mirent le siège contre Mar'as, après avoir pillé la région. 
Comme ils pressaient la ville par le combat, les assiégés demandèrent l'assu- 
rance de leur salut. Le sultan s'empara donc de Mar'as', et, conformément à la 
parole donnée sous serment, il permit aux Francs qui s'y trouvaient, c'est-à- 
dire aux chevaliers, à l'évêque et aux prêtres, de s'en aller à Antioche; mais il 
envoya contre eux des Turcs qui les tuèrent sur la route. 

Dans cette prise de Mar as périt tout le trésor de son église : le vase du 
chrême, les patènes, les calices, les encensoirs d'argent, les tapis et les tentures, 
entre les mains des prêtres de cette église, qui étaient en révolte contre leur 
évêque. 

En cette année*, l'émir Qara-[ArjçIan, seigneur de HesnadeZiad, voyant que 
les Turcs envahissaient de tous côtés et prenaient les pays des Francs, que le 
Seigneur avait abandonnés parce qu'eux-mêmes l'avaient abandonné, envoya 
ses troupes s'emparer de Baboula, sur la rive de l'Euphrate. Les habitants du 
pays de Gargar furent pris de peur et s'enfuirent, pour se mettre à l'abri, dans 
la montagne de Mar Bar Çauma. Tous les environs du couvent furent remplis 
d'hommes et de femmes avec leurs enfants et leur bagage. Beaucoup de moines, 
zélés pour la religion, murmuraient et se plaignaient; cependant, comme il y 
avait dans le couvent des moines et des serfs qui étaient les parents de ces 
émigrés, ils ne purent les chasser. C'est pourquoi, quand les Turcs envahirent 
le pays de Gargar, voyant les villages déserts, et apprenant que les habitants 
étaient dans la montagne de Mar Bar Çauma, ils se dirigèrent vers la mon- 
tagne. Le dimanche 15 de 'ab (août), les Turcs [dressèrent des embûches]' de 
trois côtés, et au matin, ils firent subitement irruption et s'emparèrent des 
troupeaux et des bœufs. Trois hommes furent tués du côté des serfs et deux 
du côté des Turcs. Ensuite, les Turcs envoyèrent dire : « Nous honorons ce 
saint; nous lui donnons des offrandes, et nous ne sommes pas venus pour mal- 
traiter ce couvent. Nous sommes venus à cause des gens qui se sont rendus ici 



1. Amaury. Barhébr. ajoute : «jusqu'à la majorité de Bohémond » (fils de Raymond), Cf. op^ 
cit., p. 262. — 2. Sultan d'Iconium. —3. 11 sept. 1149. — 4, En 1148, d'après l'indication du «di- 
manche 15 août >'. — 5. Suppléer : lit»3 aum (BH et vers. ar.). 



LIVRE XVII. GHAP. X 



291 



du pays de Gargar ;, si maintenant vous nous les livrez, nous vous rendrons 
tout ce que nous avons prisj nous n'enverrons pas en captivité, mais bien 
dans leurs villages, les gens que nous avons faits prisonniers. » Alors ceux du 
couvent formèrent deux partis; les uns disaient : « II faut livrer le peuple » ; 
les autres criaient : « Nous ne le livrerons pas »; et ils allaient en venir à 
la lutte et au glaive, si un des vieillards craignant Dieu ne les avait apaisés 
par sa prudence. Il prit avec lui quelques personnes des deux partis, sortit 
trouver les Turcs et leur dit : « Si vraiment, comme vous le dites, vous ne 
voulez pas emmener ce peuple en esclavage, que quelques-uns des notables 
d'entre vous viennent avec nous; nous irons à Hesna de Ziad, près de l'émir, 
et là ce pacte sera confirmé. » Alors les Turcs laissèrent voir qu'ils usaient 
de ruse pour emmener le peuple en esclavage. Et quand cela fut décou- 
vert, tous les habitants du couvent furent unanimes à crier : « Nous ne livre- 
rons pas une seule personne, même si nous devons tous mourir! » Alors les 
Turcs incendièrent tout ce qui était à l'extérieur : les maisons et les pressoirs, 
et aussi les clôtures des vignes. Ils emmenèrent les moutons, les bœufs et les 
prisonniers, et s'en allèrent. Les moines [se rendirent] ' à Hesna de Ziad. Grâce 
à l'intervention de quelques fidèles notables de l'endroit, ils furent présentés à 
l'émir, et, grâce au secours des prières du saint. Dieu inspira la générosité" au 
cœur de l'émir Qara-Arçlan ; il renvoya tout : hommes, bœufs et moutons. Ce fut 
une grande joie pour tout le monde dans tous ces pays, et la louange de Dieu 
et du saint se multiplia dans la bouche de chacun. — Fin. 



[643] En ce temps-là, Aharon du Sé- 
gestan, évêque de Haditah, « hagaré- 
nisa » c'est-à-dire devint musulman. 

Il avait quitté son pays et habitait 
dans le couvent de Mar Mattai. Le ma- 
phrien Ignatius l'avait ordonné évêque 
de ce diocèse situé dans le pays des 
Perses. Or, Satan le trompa, et il se fit 
musulman. 

Au bout d'un temps, il se repentit et 
revint ; mais, comme il ne fut pas ac- 
cepté dansce diocèse et comme on ne lui 
accorda pas la dignité épiscopale, il par- 
tit pour Constantinople et devint chal- 



[64S] Saint Mar Bar Çauma permit, à 
cause de nos péchés, que son couvent 
fût pillé ; mais, il ne permit, ni que 
nous périssions complètement, ni que 
le tyran restât sans avertissement, afin 
qu'il puisse, s'il voulait recourir à la 
pénitence, trouver le salut. 

Une nuit, la même vision apparut à 
trois de ses soldats ; ainsi qu'il est 
écrit* : « Par la bouche de deux ou trois 
témoins, toute parole tiendra ». Ces 
trois hommes eurent la même vision. 
Ils virent le couvent de ce saint qui res- 
plendissait; au sommet, le saint lui- 



1. Suppléer : (i^il (BH). — 2. BH. : « la pitié », t*-». 
3. Deut., xtx, 15. 



292 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



cédonien, dans cette fosse de fange, où 
tout pourceau qui se précipite est ac- 
cueilli. 

Ensuite, il se convertit de nouveau et 
vint demander à faire pénitence. Notre 
patriarche Mar Athanasius disait : 
« Quoiqu'il ne soit pas digne du sacer- 
doce, mais bien de la pénitence, nous 
ne devons pas repousser celui qui 
vient ». II l'accepta donc, et lui permit 
de célébrer la messe'. Alors, il y eut 
une querelle entre le patriarche et le 
maphrien. Le maphrien blâmait le pa- 
triarche de l'avoir accepté avant l'accom- 
plissement de la pénitence canonique, et 
le patriarche reprochait au maphrien de 
l'avoir ordonné sans examen, et de vou- 
loir maintenant l'écarter" de la péni- 
tence. Mais par la suite le maphrien se 
trouva avoir raison. Car le patriarche 
lui-même tomba dans la faute qu'il re- 
prochait au maphrien. Il accepta, en 
effet, [646] ce misérable avant' qu'il eût 
fait pénitence, et ce misérable, sans 
aucun motif, retourna bientôt chez les 
Musulmans et resta avec les juriscon- 
sultes * pendant quelques mois. 

Ensuite, il se repentit encore et s'en 
alla à Jérusalem ; mais, comme les 
fidèles de notre confession ne voulurent 
point le recevoir, il alla chez les Maro- 
nites, qui sont dans le mont Liban, où 
il mourut. 

Au mois de 'iyâr (mai) de l'année 
1460, un signe semblable à une longue 



même se tenait debout dans une gloire 
incomparable ; il les appela et leur dit : 
« Allez dire à votre roi : Je fus irrité 
contre mes moines, parce qu'ils ont 
péché et ont irrité mon Seigneur. Je les 
ai livrés entre tes mains, pour que tu les 
vexes, afin qu'ils se repentent et se con- 
vertissent; maintenant, j'ordonne que tu 
les laisses retourner au couvent ». Quand 
chacun d'eux fut éveillé et revint à soi, 
ils reconnurent qu'il s'agissait d'une 
véritable vision et non pas d'un vain 
songe ; l'un d'eux alla trouver les deux 
autres qu'il avait vus avec soi. Ils firent 
tout ce qui leur avait été dit. Tous les 
trois ayant été confirmés dans leur vi- 
sion, s'enhardirent', méprisèrent la 
crainte, allèrent trouver le misérable 
Josselin, et lui dirent tout ce qu'ils 
avaient vu et entendu. Celui-ci, nouveau 
Pharaon, leur promit, après les avoir 
écoutés, de renvoyer les moines ; mais 
ensuite il endurcit son cœur, [646J men- 
tit, et ne les renvoya pas. Au contraire, 
il les pressait de compléter la somme, 
et comme il avait déjà reçu 5 mille (di- 
nars), il les pressait pour le reste. 

La longanimité de Dieu l'invita encore 
deux autres fois à la pénitence, par le 
moyen des gens de sa maison ; ils virent 
la châsse dans laquelle était la main 
droite du saint, qui rayonnait et brillait 
comme le soleil ; un glaive de feu sor- 
tait du milieu de cette châsse, et une 
voix se fit entendre, disant ; « Jeté dis. 



1. C'est ainsi, semble-t-il, qu'il faut entendre t«^a- ; littér. : « propitiation » ou « absolution » ; 
Barhébk., Chr, eccl. I, 518, donne : l^ooap M^au « ut tus impoceret «, leçon qui paraît moins 
bonne. — 2. or^a^. — 3. >o,cs ÇBE). — 4. 'aJu. 

5. aaivil. 



LIVRE XVII. GHAP. XI 



293 



Josselin, que si tu ne nous laisses pas, 
moi et mes moines, je te ferai périr 
avec tout ce pays par ce glaive ». Après 
que les gens de sa maison lui eurent 
fait connaître ces choses, il renvoya les 
moines âgés^ David et Ya'qoub, qui re- 
vinrent au couvent le 5 d'éloul (sept.) 
de l'année 1460. 

Cependant, il prit chez lui la châsse 
dans laquelle était la main droite de 
saint Mar Bar Çauma, et la déposa dans 
l'église des Francs à Tell Baser ; et elle 
restait là, parce que Josselin attendait 
que les moines lui apportassent encore 
5 mille dinars, comme il le leur avait 
fixé. 

Alors s'éleva contre lui la verge de 
justice par les armées des Turcs, comme 
le montrera plus bas le récit, en pour- 
suivant en avant l'ordre des histoires, et 
en racontant', à propos des rois de la terre, comment les peuples s'ébranlèrent et 
vinrent l'entourer, comment ils s'en retournèrent et se dispersèrent, par un grand 
prodige, que Dieu seul pouvait accomplir, par sa vertu toute puissante et infinie, qui 
opère [647] et se manifeste dans les ossements et les cadavres de ceux qu'il aime, 
quand il le veut et comme il convient pour le salut de tous. 



lance apparut dans la partie septentrio- 
nale du ciel et disparut après la deuxième 
heure de la nuit. 

Peu de temps après apparut daus la 
partie occidentale un œï)[;,5Tov, c'est-à-dire 
un signe, en forme de croix, qui dispa- 
rut au bout d'un instant. 

Le mercredi avant la fête de l'Ascen- 
sion, il survint à Jérusalem et dans les 
environs une grande pluie, dans la- 
quelle étaient tombées des gouttes de 
sang, signifiant d'avance l'effusion du 
sang qui devait avoir lieu dans les pays 
des Francs à cette époque. Celle-ci 
tomba au mois de 'iyâr (mai), et il y eut 
au lieu de rosée un sang abondant 
présageant un massacre cruel et l'effu- 
sion du sang. 



CHAPITRE [XI]. — De l'époque à laquelle les Turcs s'emparèrent des pays que 
les Francs possédaient. De la chute de Josselin; et comment la main droite de 
notre seigneur Mar Bar Çauma revint au couvent. 

[648] A cette époque, la justice (divine) suscita le sultan Mas'oud, et des 
myriades de Turcs se réunirent à lui pour envahir les pays des malheureux 
Francs. La crainte s'empara de ces Francs : ceux qui (jadis) marchaient un contre 
mille, tremblaient au bruit d'une feuille qui s'agitait, parce que la malédiction 
de l'Écriture s'accomplissait sur eux, et la bouche de tous les peuples criait : 
« Par la colère de Dieu les Turcs se sont rassemblés pour massacrer les chré- 
tiens qui ont osé s'attaquer à Mar Bar Çauma ! » 



1. Ci-après, chap. xr; cf. p. 296. 



294 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Josselin voyant que les Turcs l'entouraient et qu'il était enfermé dans Tell 
Baser, fut saisi de crainte; il comprit en lui-même et confessa de sa bouche que 
son châtiment venait de Dieu, et que c'était là le doigt du Seigneur. Il promit 
de faire pénitence et chercha du secours en notre seigneur Mar Bar Çauma. 

Le Seigneur, qui avait amené le sultan, lui inspira alors de faire la paix avec 
Josselin, après que celui-ci eut juré d'être sous sa suzeraineté'. Or, toute cette 
disposition venait d'en haut. Le sultan repartit pour son pays, et Josselin ren- 
voya le saint, c'est-à-dire la main droite de Mar Bar Çauma, à son couvent. 

Ensuite, Josselin recommença à mal faire, comme le chien qui retourne à son 
vomissement. C'est pourquoi la justice (divine) ne le toléra plus : mais sa ruine 
arriva par les mains des Turcs auxquels il se joignait par son impiété, Nour ed- 
Dîn, seigneur d'Alep, auquel il était allié par des pactes et des serments, entra 
d ans son pays, tua beaucoup de gens et tit de nombreux captifs, et il s'empara 
de deux forteresses. 

En l'année 1461, Qara [-Arjslan, seigneur de Hesna de Ziad, envoya un de ses 
grands nommé edh-Dhya'(?), qui campa dans le pays de Gargar.Une nuit,ils atta- 
quèrent à l'improviste une forteresse située dans le voisinage du couvent, et qui 
s'appelait Tégenkar '. Il s'en empara par la force. Cinq cents personnes furent em- 
menées par lui et toutes réduites à l'esclavage. Or, il y avait là des objets et des 
vêtements qui avaient été enlevés au couvent à l'époque où Josselin le pilla. Par 
là, tout homme intelligent fut assuré que ce châtiment venait par la volonté de 
Dieu, et que le déluge de sa colère inondait tout endroit où avaient pénétré les 
dépouilles du couvent. Les Grecs et les Francs, après avoir tenté de secourir ceux 
qui étaient à Gargar, se réunirent avec Basil, seigneur de l'endroit, de Hesn Man- 
çour et de Kaisoum, de Gakhtai* et d'autres lieux, au nombre d'environ 500 cava- 
liers, une multitude de fantassins et mille charges de froment, pour pénétrer dans 
la forteresse de Gargar. Quand ils arrivèrent dans le voisinage de laforteresse, 
voyant que les Turcs ne les avaient pas remarqués, mais qu'ils étaient campés 
tranquillement, ils conçurent un dessein insensé ; ils laissèrent leur chargement 
en dehors de la forteresse et descendirent fondre sur le camp des Turcs, pen- 
sant les vaincre. Alors Dieu les brisa en face des Turcs, bien qu'ils fussent plus 
nombreux que ceux-ci. Un grand nombre d'entre eux fut tué. Parmi' les pri- 
sonniers étaient Basil de Gargar, Krikor de Gakhtai, Mâhî [649] le franc de 
Kaisoum °; pas un seul des cavaliers^ n'échappa, et le froment fut enlevé. Quand 
les Turcs eurent remporté une si grande victoire, l'émir Qara[-Ar]slan vint en 



1. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus.,^. 263. — 2. Vers. ar. : uj^ (pour ,UaJI?) — 3. BH : »|Au.j^i.. 
— 4. Ms. : Gaivfai (partout). — 5. spcM» yi^LI. — 6. Vers. ar. ; ;oa»»3 POsU' i.«^;aSs, uwImo. Le 
nom de Mâhî est probablement le même que Mahuis. — 7. Le même mot syriaque signifie « cava- 
liers » en général, et « chevaliers «. 



LIVRE XVII. GHAP. XI 295 

personne, et^ dans sa magnanimité, il libéra tous les prisonniers et les renvoya 
chacun à sa maison, et il donna des places dans son pays aux seigneurs des for- 
teresses. A Basil qui lui livra Gargar, il donna Abdaher et le pays de 
Çamaha; Krikor livra Gakhtai, et il lui donna Saghaman. Et ainsi les Turcs 
régnèrent à Gargar, à Gakhtai et à Hesn Mançour. 

Josselin partit pour aller à Antioche, ayant avec lui deux cents chevaliers, 
qui étaient considérés comme capables de faire face à des milliers. Pendant la 
nuit, comme ils marchaient près de 'Azaz, ils rencontrèrent quelques Turco- 
mans ; à leur seule voix les Francs tremblèrent et prirent la fuite ; car ils avaient 
perdu leur force victorieuse. Tandis que Josselin marchait pour fuir, il lui 
sembla qu'il rencontrait un arbre, et il tomba. Or, plusieurs affirment qu'il n'y 
avait jamais eu d'arbre en cet endroit; mais là où il fut abandonné (de Dieu), il 
tomba. Un Turcoman le trouva, mais ne sachant pas que c'était Josselin, il 
voulait le vendre aux chrétiens; ensuite, un juif les rencontra dans un village 
des Taiyayê et reconnut Josselin. Ils le conduisirent avec joie à Alep'.Le préfet* 
l'acheta mille dinars au Turcoman ; Josselin fut mis aux entraves, dans la prison, 
et il finit là sa vie dans les tourments. Son entrée à Alep fut une grande allé- 
gresse et joie pour tous les musulmans . II passa neuf années en prison. Ils cher- 
chaient constamment à le séduire par des promesses et des présents pour qu'il 
se fît musulman; mais il ne faiblit point; ils le menacèrent des supplices : il 
ne les redouta point, mais il demeura ferme dans sa foi. II confessa qu'il était 
châtié à cause de ses péchés. II fit demander au couvent^ et auxautres églises de 
prier seulement pour lui afin que Dieu lui pardonne. Quand le moment de sa 
mort approcha, au milieu du cachot dans lequel on l'avait jeté, il supplia et 
obtint qu'on lui amenât l'évéque de la ville*, et après avoir fait sa confession, il 
participa aux saints mystères. Quand il fut mort on le remit aux chrétiens. On 
fit ses funérailles et il fut enseveli dans l'église. A sa sépulture étaient réunis 
en foule les gens de la ville, tant arabes que chrétiens, dans l'étonnement de 
ce qui s'était passé. — Fin. 

[648] Quand Josselin eut relâché les moines, ils revinrent au monastère ; mais il 
ne renvoya pas la main droite (du saint), et continua d'attirer sur lui la colère de 
justice. Le Seigneur fit venir de la région septentrionale les fils de Gog, et ils entou- 
rèrent Tell Baser. 

Alors, les Francs, les Syriens, les Arméniens poussèrent des gémissements d'une 
seule voix. L'inique Josselin fut lui-même pris de crainte. Sur son ordre, ils tirèrent 
la main du saint et la portèrent en procession sur le mur en face du camp des ennemis, 



1. Mai 1150. Cf. Gesch. des Kônigr. Jeras,, p. 265. — 2. ïiYSjxtôv. — 3. De Mar Bar Çauma. — 
4. Ignace, métrop. des Syriens. 



296 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

tandis que tout le peuple était tête nue et pleurait. Josselin fit publiquement cette 
promesse : « Si le camp des Turcs est levé, je renverrai le saint h son couvent; 
non seulement je n'exigerai point le reste de l'argent, mais je rendrai tout ce que j'ai 
pris au couvent. » A ce moment même, sa pénitence fut acceptée, comme celle de 

Zachée'; 11 pouvait dire : Le châtiment du Seigneur a ouvert mes oreilles^ 

il a fait paraître des merveilles ; afin que quiconque regarde attentivement puisse 
facilement comprendre que rien ne peut arriver, ni dans les grandes choses, ni dans 
les petites, sans le doigt de Dieu. Comme tout le peuple se mit en prière, et comme 
le tyran s'abaissa à demander son pardon, celui qui jadis, par l'intermédiaire du 
grand Moïse, consentait à suspendre les plaies à chaque repentance du Pharaon, pour 
voir s'il persévérerait jusqu'au bout, fit de même ici : il fit en sorte que le camp des 
Turcs s'ébranla, et il les fit éloigner [649] promptement de la ville. Ce fut une déli- 
vrance miraculeuse pour les Chrétiens, et chacun proclamait que l'arrivée des Turcs 
et leur départ avaient eu lieu par le doigt de Dieu. 

■ Alors Josselin envoya demander pardon au couvent. Des moines âgés partirent et 
ramenèrent le saint solennellement. Dans chaque ville et dans chaque pays, des 
groupes de tous les peuples couraient au-devant en se réjouissant, tressaillant 
d'allégresse, louant le Seigneur, et faisant l'office avec des cantiques, des cierges et 
la fumée de l'encens. Toute la route ayant été parcourue triomphalement, ils arri- 
vèrent au couvent le 1*' de kanoun ri (janv.), en la fête des saints Docteurs. — Fin. 



CHAPITRE [XII] . — De V époque qui suivit la chute de Josselin, à laquelle les 

Turcs s^ emparèrent des pays. 

Le sultan Mas'oud, en apprenant la chute de Josselin, partit de nouveau et, le 
jour de la Pentecôte S mit le siège devant Kaisoum, oîi se trouvait un Franc 
nommé Raynald*. 

A Tell Baser on établit le fils de Josselin, jeune enfant qui s'appelait aussi 
Josselin [III]. 

Les gens de Kaisoum, en voyant la force [6S0] des armées innombrables, 
tournèrent le dos; ils envoyèrent l'évêque Iwannis, et reçurent du sultan le 
serment que les Francs pourraientse rendre à 'Aintab : ce qui eut lieu. Et le 
sultan régna à Kaisoum, à Beit Hesnê, à Ra'ban, à Pharzaman; et il mille siège 
contre Tell Baser. 



1. Cf. Luc, xrx, 9. — 2. Cf. Job, xxxvr, 10 (?). Le texte du ms. laisse une demi-ligne en blanc; 
la version arabe ne donne rien de plus. 
3. 4 juin 1150. — 4. Renaghd. 



LIVRE XVII. CHAP. XII 297 

Le seigneur d'Alep, Nour ed-Dîn, vint le trouver. Le sultan lui donna sa fille, 
qui était fiancée au neveu de l'empereur des Grecs, et Nour ed-Dîn l'épousa; et 
il lui assigna Tell Baser (comme dot?) '. 

Quand le sultan eut quitté Tell Baser pour retourner dans son pays, le roi de 
Jérusalem arriva; il fit sortir de Tell Baser la femme de Josselin, ses enfants et 
tous les Francs, et les mit en sûreté à Jérusalem. Dans cet endroit, il établit 
quelques hommes de l'empereur des Grecs'. Quand ceux-ci furent entrés à Tell 
Baser, à 'Aïntab, à 'Azaz, les Turcs les assiégèrent et les pressèrent de toutes 
manières. Lorsqu'ils furent opprimés par la famine, ils livrèrent pacifiquement 
tous les lieux à Nour ed-Dîn, et le seigneur d'Alep régna à Tell Baéer, à "Aïntab, 
à 'Azaz et sur le reste du pays compris entre ces villes. Le sultan conserva 
Mar'as, Pharzaman, Ra'ban, Kaisoum et BeitHesnè; et Qara-Arçlan (conserva) 
Baboula, Gargar, Gakhtai et Hesn Mançour '. 

fimourtas, seigneur de Mardîn^ s'empara de Bireh et aussi de Samosate, de 
Qouris, de Kepharsout. — Et ainsi les Turcs régnèrent sur tous ces pays. 

A Qala' Romaita, Josselin avait établi [6ol] un Arménien nommé Michel. 
Celui-ci, en apprenant que Josselin avait succombé, manda à la femme et au fils 
de Josselin, qui étaient encore à Tell Baser, de dire à Krikor, catholicos des 
Arméniens, qui était à Dzov, c'est-à-dire au Petit-Lac', de venir à Qala' pour 
secourir Michel. Or, le catholicos usa de ruse et de fourberie; il s'empara de 
Michel, lui extorqua tout ce qu'il possédait, par les tortures, et le chassa. Le 
catholicos Krikor lui-même se fixa à Qala' Romaita. 

En l'an 1462, Agouba[r]çlan ' pénétra dans le pays des Grecs nommé 
Pabara ' (?) ; il le dépeupla et le pilla tout entier, puis il se retira. 

A cette même époque. Manuel, empereur des Grecs, fut défait par les Francs 
et s'enfuit; et à peine put-il se sauver à Gonstantinople. 

La même année, le seigneur de Ézangê des Arméniens, fut étranglé par sa 



1. La phrase, omise par Barhébréus, est quelque peu obscure ; littér. : constiiuil et (fémin.) 
Tell Baàer. Selon Ibn el-Athîr {Hist. or. des Crois., II, p. 181), Nour ed-Dîn avait épousé la fille du 
sultan avant la prise de Josselin. Il est probable que l'anecdote contée ici se rapporte à une ten- 
tative antérieure contre Tell Baser, peut-être à celle dont il est question au chap. précédent. — 
2. Cf. GuiiL. DE Tyb, XVII, xvt. — 3. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 265, n. 5. — 4. 11 n'y a 
pas de doute sur l'identification (Cf. Hist. arm., I, 198, n, 3); mais on peut conjecturer la res- 
titution du texte altéré de' plusieurs manières. La vers. ar. répond à notre texte lettre pour lettre : 
ei;.u^1 ul o|oo»a ^Is; BH: I^M»^ |;<p |ooi l^»!. Le texte primitif portait peut-être : ...,ata [is\ oopIow ^»I 
« Il était à cette époque à Dzov », c.-à-d. le Petit-Lac (non loin de Kharpert). — 5. Ordinairement 
ya'qoubaçlan; mais l'auteur orthographie les noms diOeremment selon les sources auxquelles il 
puise. Cf. p. 253, n. 6. — 6. Même leçon dans l'arabe ; peut-être une transposition pour TLapâêr, 
(cf. Hist. Grecs des Crois., I, p. 73), ou ^ripÉTt [ibid., p. 218). 

m. 38 



298 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



fille ' à l'aide de la corde d'un arc ; elle fît venir son ' frère de Dibarigê, et celui-ci 
l'épousa et régna. 

Le couvent des Grecs appelé de Sarika', dans le pays du Pont, possédait une 
grande croix d'or, dans laquelle était une parcelle du bois de la Crucifixion, qui 
opérait des miracles en ce pays. En cette année, le gouverneur conçut le des- 
sein de s'emparer de la croix ; il rencontra un homme selon son cœur, un scélérat 
d'entre les Grecs. Celui-ci étant parvenu à occuper la citadelle de l'endroit, 
l'émir vint, s'empara de la croix et de tout le reste, chassa les moines et établit 
les Turcs dans le couvent; ensuite, quelques-uns de ses grands lui rappelèrent 
comment ses ancêtres avaient honoré ce couvent; à la suite de nombreuses- 
supplications, il exigea des moines des gages pour l'or (promis) et un tribut- 
qu'ils devaient lui payer chaque année, et il leur rendit le couvent*. — Que 
diront maintenant les Grecs blasphémateurs? Quand l'inique Josselin pilla le 
couvent de Mar Bar Çauma, ils se réjouissaient sottement et, comme ^ les 
Juifs à l'égard de Notre-Seigneur, ils se moquaient et blasphémaient. Mais la 
renommée de Mar Bar Çauma grandit auprès de toutes les nations; il revint 
en triomphe, et les spoliateurs furent punis au septuple'; partout les fidèles se 
réjouirent, comme les Apôtres de la résurrection de Notre-Seigneur. Quelle est 
donc maintenant leur excuse ? On peut donc leur dire : « vous qui grinciez des 
dents contre les saints en blasphémant, confessez, conformément à la vérité, 
que si nous n'avions pas péché, et si la justice divine n'avait voulu nous châtier, 
ni le couvent de Mar Bar Çauma n'aurait été pillé par Josselin, ni la croix pré- 
cieuse n'aurait été tournée en dérision dans le couvent de Sarika. » — Fin. 



Le 29 de kanoun t*'" (déc.) de l'année 
1461, la terre fut secouée par un trem- 
blement. 

Le 15 de 'adar (mars) il y eut une 
éclipse de lune, depuis le milieu de la 
nuit jusqu'à l'aurore. 

Le 23 de 'ab (août), il y eut des pluies 
et une inondation qui renversa beaucoup 
d'endroits, principalement à Hesna de 



A cette époque, il y eut quelques- 
évoques de notre Eglise qui succom- 
bèrent manifestement. 

L'un d'eux est Aharon du Ségestan, 
dont nous avons déjà fait mention plus- 
haut'. Après avoir été ordonné par le 
maphrien, il finit par hagaréniser, gré- 
ciser, maroniser*. 

Un autre est celui de Hesna de Ziad, 



1. Sic ms. et vers, ar, ; Barhébr. : « sa femme », — 2. Le frère « de lai » ; ce qui rend plus 
vraisemblable la leçon « sa femme ». — 3. BH : I^h^»; notre leçon répond mieux au grec Sâpf/a 
(enCappadoce). — 4. Ou bien : « il la leur renvoya (la croix) au couvent », comme a lu Barhébr. — 
5. Lire : 1.û«»=o. — 6, Cf. Ps. Lxxvni, 12. 

7. Cf. ci-dessus, p. 291. — . 8. Lire : sp;wl.|. S. Jean Damascène a dit de même (laptoviiisiv « embras- 
ser l'hérésie des Maronites », 



LIVRE XVII. CHAJR XII 



299 



Ziad; dans cette ville, un jeune homme', 
deux mulets et un âne furent noyés. 

A cette époque, [6S0j on ordonna 
pour les Chalcédoniens, comme pa- 
triarche', un homme âgé qui avait été 
fait évêque dans sa jeunesse, puis avait 
abandonné l'épiscopat et s'était retiré 
dans le monachisme. Quand il fat choisi 
pour être patriarche, il ne fit point sa- 
voir qu'il avait déjà été ordonné évêque. 
Il était, en eflfet, captivé par l'amour de 
la domination et il cacha la chose. Il fut 
donc ordonné une seconde fois. Peu de 
temps après, la chose fut dévoilée et il 
fut honteusement chassé' avec ceux qui 
l'avaient ordonné*. 

En l'an 1462, il y eut un rude hiver, 
et beaucoup de neige, comme si les ca- 
taractes des cieux l'avaient laissé tom- 
ber ; et même dans des lieux où on 
n'avait jamais vu de neige, il y en eut 
•environ deux coudées. 

Au mois d'adar (mars), il y eut de 
nouveau de la neige rouge. Les natura- 
listes disent : te Quand les vapeurs ou 
les vents soulèvent" de la poussière 
rouge, c'est-à-dire de la poudre, ils 
retendent en nuages ', et à cause de la 
rougeur de la poussière, leur ^ couleur pa- 
raît sanguinolente. Pareillement, quand 
les vents soulèvent de la poussière dans 
les nuages, ils laissent pleuvoir une 
rosée de fine poussière ». Toutes ces 
choses ont lieu pour notre avertissement. 



surnommé Bar Tourkayê. Il avait été 
ordonné par le patriarche [6S0] Mar 
Jean comme évêque du diocèse de Tell 
Baèer, quand Bar Andréas en fut chassé. 
Lorsque Bar Andréas y fut de nouveau 
accepté, on envoya Bar Tourkayê à 
Symnada. Là aussi sa corruption fut 
découverte et il fut chassé. On l'envoya 
alors dans la région de Habôra. Mais là 
encore, il ne put dissimuler la turpitude 
de sa débauche' et il fut expulsé. Il se 
rendit dans la région de la Grande 
Arménie, quitta l'habit extérieur qu'il 
portait, et sous l'habit des ouvriers 
il se mit au service d'un des princes de 
l'endroit. Il avait pris une courtisane. 
Voyant qu'il ne pouvait pas même ga- 
gner par le travail le pain nécessaire 
pour lui et pour la courtisane qui s'était 
attachée à lui, selon la parole des di- 
vines Écritures', « il souhaitait de rem- 
plir son ventre des caroubes des porcs , et 
personne ne lui en donnait ». Alors, il 
ne courut pas vers le Père miséricor- 
dieux, mais il roula de mal en mal. Il 
revêtit le saint habit et se mit à parcou- 
rir les endroits où il n'était pas connu, 
en recueillant des aumônes, au nom des 
monastères et des saints ; et il mangeait 
dans la débauche^ avec cette courtisane, 
ce qu'on lui donnait ; mais cela ne put 
demeurer caché, et alors un fidèle zélé 
le tua. Telle fut sa fin. 

Un autre s'appelait Gabriel^ de 



1. BH : « un enfant et sa mère». — 2, A Constantinople. — 3. Lire ; (.?^*1. — 4. Il s'agit du 
patriarche Nicolas Musalon, cf. Hist. du Bas-Emp., /LXXXYll, § Lri. — 5. Lire : ,»ûm», quoique 
l'arabe porte comme le texte ; « rougissent » (lo;>a.».). — 6. Ou « sur les nuages », _ 7, Ms. et 
vers, arabe : « sa couleur». 

8. wto-Ji». — 9. Luc, XV, 16. 



300 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En ce même mois d'adar, la neige 
tomba à Mélitène de telle sorte que 
personne n'avait jamais vu ni entendu 
parler d'une si grande quantité. 

Le 23 de ce même mois, un signe 
semblable à un rayon de feu apparut de 
nouveau dans la région septentrionale. 

La même année, dans la région de 
Callisura, d'une montagne', au pied de 
laquelle se trouvait un village, tomba tout 
à coup* un énorme quartier de roche 
qui fit un pressoir de tout le village, 
avec ses habitants et leurs bestiaux. 

La môme année, les pluies ayant été partout trop abondantes, elles détruisirent les 
semences et toutes les [6Slj récoltes ; surtout sur le bord des rivières, tout ce qui 
avait été semé fut entièrement détruit. 



Mar'as; il était surnommé Gâmâkîr ', 
dans la langue arménienne, ce qui signi- 
fie « escamotant la prière ». Mar Atha- 
nasius l'avait ordonné évêque pour 
Saroug. Comme on disait de lui qu'il se 
souillait dans la fornication, [6ai] le 
patriarche, par manière de sollicitude, 
usa de longanimité à son égard. Alors il 
fut entraîné à de plus grands maux et 
à des impiétés très honteuses, comme le 
montrera plus loin le discours'. 



CHAPITRE [XIII]. — Il est consacré à deux choses '. premièrement, au prodige 
qui eut lieu à Antioche et à l'église qui fut bâtie en cette ville ; secondement, à 
une exhortation. 



Parole d' exliortation (tirée) du livre 
du vénérable Dionysius^ . — Plusieurs 
scrutent indiscrètement les jugements se- 
crets et inaccessibles, « Pourquoi, disen t- 
ils, Dieu n'a-t-il pas eu pitié du peuple 
sur lequel est invoqué son nom, et ne 
les at-il pas délivrés de ceux qui les te- 
naient captifs ? Pendant longtemps le 
joug des Assyriens s'est appesanti sur 
eux, et plusieurs par contrainte aban- 
donnèrent leur foi ». A ceux-ci, nous 
répondrons brièvement : Il ne convient 
pas que les événements arrivent selon 



Nous rapportons l'histoire d'un pro- 
dige que fit rillustre Mar Bar Çauma 
dans la ville d' Antioche, en l'an 1462. 

Un enfant d'une famille princière des 
Francs était monté sur un figuier : les 
arbres sont nombreux dans la ville, et 
elle en est agrémentée comme un jar- 
din. Or, il arriva que l'enfant tomba, 
et se brisa les os du talon. Les méde- 
cins lui donnèrent leurs efforts, mais 
[ne] ' purent le rétablir. Ses parents 
étaient affligés parce qu'il restait boi- 
teux; il était leur fils unique, et ils 



1. Lire ; Uafe ^ (ar. ^=<^ yl^). — 2. Lire : ù:^»!» (ar. : «C»,^). 

3. BH : ;.alsoU (lire : ;"3(»U); les deux formes sont la transcription de l'arménien zarnaVer; de 
zam, « temps, heures canoniques i> et k'erel, « gratter, écarter, annuler ». — 4. Cf. ci-dessous, p, 318. 
5. Denys Bar Çalibi. — 6. Suppl. ; U (vers. ar. : o?,o l»o). 



LIVRE XVII. CHAP. XIII 



301 



votre volonté. Beaucoup de choses sont 
réputées sévères, parmi les hommes, 
[632] au commencement, qui, à la fin, 
tournent au bien. Comme il est écrit' : «Le 
vase ne dit pas à son potier : Tu ne m'as 
pas bien façonné ». Nous devons donc 
confesser que tout est dirigé pour le bien 
par la science impénétrable de Dieu. 
En outre, nous devons comprendre et 
savoir que, si leurs péchés ne s'étaient 
multipliés, ils n'auraient point été livrés 
aux mains de peuples étrangers. Qui a 
jamais vu un père ne pas s'irriter contre 
son fils, quand, après lui avoir confié 
son bien et donné l'autorité sur ses ser- 
viteurs, il le voit s'écarter avec mépris 
des règles et des ordres de son père ? 
Tant qu'il observe les prescriptions de 
son père, il est le maître de tout le bien 
paternel, mais quand il s'écarte de la loi 
qui lui a été imposée, non seulement il 
doit être privé d'héritage, mais même 
livré aux mains des serviteurs pour 
qu'ils le châtient, qu'il passe ses jours 
dans le mal qu'il a médité, et qu'il com- 
prenne par là sa dignité première et sa 
chute dernière. Quant à ceux qui, dès 
leur tendre enfance, ont été jetés en es- 
clavage, pour pratiquer les œuvres du 
paganisme et les mœurs déréglées, si 
la providence de Dieu, qui prévoit toute 
chose avant son existence, reconnaît 
qu'en restant dans la foi de leurs an- 
cêtres ils auraient donné des fruits 
dignes du royaume (des cieux), il les 
délivre promptement et sans retard, par 
quelque moyen qui convient à sa provi- 
dence. Il est dit, en effet : « Je retirerai 



étaient les descendants des plus grandes 
familles princières. Ils avaient recours 
à tous les moyens, et avaient donné 
beaucoup d'or, afin que la claudication 
[6S2] de leur fils fût guérie. Ils se don- 
nèrent de la peine pendant longtemps; 
ils dépensèrent beaucoup, mais n'en re- 
tirèrent aucun soulagement. 

A cette époque, par suite de la chute 
de Josselin, la renommée du bienheu- 
reux Mar Bar Çauma était très répan- 
due, et toutes les bouches récitaient les 
miracles que Dieu avait faits en son nom, 
les grands secours qui vinrent et vien- 
nent encore constamment à ceux qui 
le prièrent ou le prient. 

C'est pourquoi la mère du jeune 
homme estropié demandait continuelle- 
ment au saint la guérison de son fils, 
priant avec larmes et faisant des vœux. 
Il se rencontra un moine du couvent qui 
portait avec lui, selon l'usage, une image 
du saint. Ils l'introduisirent avec em- 
pressement dans leur maison, et ils re- 
çurent la bénédiction de l'image. 

Le lendemain, le bienheureux appa- 
rut à la femme, sous l'aspect d'un roi 
environné d'une grande gloire. Et 
quand elle demanda qui était ce roi, la 
foule qui était réunie en sa présence 
lui dit : « Celui-ci est Mar Bar Çauma ». 
Et elle entendit le bienheureux qui di- 
sait lui-même ; « Je veux qu'on me bâ- 
tisse ici une église ». Le même jour, le 
moine dont nous avons parlé vit aussi le 
saint qui lui disait : « Lève-toi : va à la 
demeure du franc Henri, et dans son 
jardin bâtis-moi une église », 11 lui 



1. Cf. Is., XLV, 9. 



302 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



des dents (des fauves), et je ferai reve- 
nir des profondeurs de la mer' ». Mais, 
si (cette prescience) voit qu'ils n'au- 
raient point ressemblé par les œuvres à 
«eux dont ils auraient été les disciples, 
mais qu'ils se seraient plongés, depuis 
leur enfance jusqu'au temps de lenr 
vieillesse, dans l'impiété, et auraient 
subi l'esclavage des passions comme le 
peuple déréglé, cachant sous une peau 
de lion Tastucedu renard, elle les aban- 
donne à l'idolâtrie qu'ils auraient eux- 
mêmes recherchée et au joug de laquelle 
ils se seraient eux-mêmes soumis quand 
ils seraient parvenus à l'âge de discerne- 
ment. Et ceci suffit. 

Ajoutons que nous devons aussi nous 
blâmer nous-mêmes, à cause de l'épis- 
copat qui a été avili par la démence, 
comme l'a montré ce qui est dit [6S3] 
dans les histoires ecclésiastiques à pro- 
pos de Aharon du Ségestan et d'autres^, 
qui furent très dissolus et se pervertirent 
de plus en plus. 

C'est pourquoi il ne convient pas de 
confier sans discernement les fonctions 
religieuses à des hommes répréhensibles, 
ni ensuite de laisser entre les mains de 
ceux qui chancellent le glaive spirituel, 
dans la crainte qu'au lieu de couper les 
passions, ils ne blessent les âmes, 
comme il est arrivé. 

Notre sel ' s'est affadi ; il n'y a plus de 
résine en Galaad* ; chacun fait ce qui lui 
plaît : et nous avons grand besoin d'un 
Moyse ou d'un Samuel pour intercéder 
en notre faveur; afin que le Seigneur se 



montra trois autels, et la vision se re- 
nouvela avec menaces. 

Le moine, qui s'appelait Çelîba, fut 
plongé dans la crainte et l'étonnement. 
Il fit savoir ce qui lui avait été dit à 
l'évêque Basil[ius] d'Edesse, qui se trou- 
vait à Antioche à ce moment-là. Tandis 
qu'ils étaient dans l'hésitation, voici 
que les parents du jeune homme arri- 
vèrent et firent connaître la vision, 
qu'avait eue la mère de l'enfant. 

Alors, le moine emmena avec lui 
l'évêque et prit l'image du saint, et ils 
se rendirent à la maison de ces Francs. 
Ils célébrèrent l'office à l'endroit où 
l'enfant gisait malade, et après avoir 
achevé la prière ils s'en revinrent; le 
père et la mère de l'infirme l'entouraient 
en priant et demandant pour lui la santé. 
L'enfant s'assoupit et s'endormit. Tout 
à coup, il poussa un grand cri, se leva 
et se tint sur ses pieds. Ses parents et 
les gens de la maison étaient dans la 
stupeur et l'étonnement. Ils virent la 
main de l'enfant tendue comme si quel- 
qu'un la tenait. Ils comprirent qu'il 
avait une vision. Ils l'interrogèrent, 
mais il ne répondit pas; il demeura un 
long moment la main droite étendue et 
les yeux levés en haut. Et tandis que 
son père tressaille d'allégresse et loue 
(le Seigneur), on prépare promptement 
les cierges, l'encens et les parfums, et 
une foule nombreuse s'assemble. Alors 
l'enfant revient à lui et fait savoir que 
le bienheureux Mar Bar Çauma lui était 
apparu, tenant à la main une croix d'or 



1. Lire : l-i-» û-=; Ps. lxvu (lxvhi), 22. 
■^j^^. — 4. lla.^*. Jékém., VIII, 22. 



— 2. Lire : l»è>*»° (vers. ar. : 'o(;^s5^). — 3. Lire 



LIVRE XYII. CHAP. XIII 303 

retourne, fasse luire sa face sur nous, brillante comme le soleil et dont l'éclat 

et guérisse nos blessures apparentes et remplissait toute la maison; [6S3] il 

cachées. Où la faveur n'a-t-elle point était accompagné d'une troupe de 

pénétré dans l'Église ? Quelle sorte de moines ; il le prit par la main et le leva 

cruauté trouve-ton qui n'y est point en lui disant :« Lève-toi; ne crains rien; 

exercée ? La richesse et le lucre pros- je suis venu h cause de la foi de tes pa- 

pèrentainsique la rancune et l'orgueil ; rents et de leurs supplications ». L'en- 

les hommes pieux et les humbles sont fant répondit :« Comment pourrai-je me 

méprisés ; la voix des séducteurs et des lever, puisque j'ai.le talon brisé? » Mais 

verbeux' se fait entendre ! Seul le Sei- le saint palpa l'endroit, et il fut guéri 

gneur peut dans ses miséricordes comme s'il n'avait jamais été brisé, 

prendre pitié de son peuple, et redres- Et puisque ces choses ont eu réelle- 

ser la tente de David qui est tombée. ment lieu, qui donc pourrait douter 

i — Fin. que le Christ Notre-Seigneur, qui gué- 

rit jadis la belle-mère de Pierre^, ne soit 
celui-là même qui réaide dans notre seigneur Mar Bar Çauma et accomplit à son égard 
ce qu'il a dit ': « Quiconque garde mes commandements fera les œuvres que je fais, 
et en fera de plus grandes » ? Dieu, en effet, habite dans son saint, et fait tout ce qu'il 
veut, quand, comment et où il convient. 

Ensuite, les parents de cet enfant, pleins de crainte et de joie, le prirent avec eux, 
marchant d'un pas rapide, et, suivis des foules, ils allèrent à la grande église, et de 
là près de la reine*. Les nobles des Francs et la reine elle-même se joignirent à eux, 
ainsi que des groupes d'Arméniens, de Syriens, de Francs; ils vinrent jusqu'à 
l'endroit où avait eu lieu le miracle, et où l'enfant indiquait que se tenait le saint 
quand il lui apparut. La reine se prosterna sur le visage en pleurant; les foules pre- 
naient de la poussière, et en étaient bénies". Partout où on porta de cette poussière, 
Dieu procura des guérisons et des soulagements à ceux qui crurent. 

Ils commencèrent la construction de l'église, à laquelle fut préposé le moine Çeliba . 
Tant de prodiges, de révélations, devisions arrivèrent pendant sa construction^, que 
le chapitre dont nous nous occupons ne peut les contenir. 

Nous allâmes à sa consécration avec les anciens du couvent '. Elle fut consacrée le 
dimanche 9 de kanoun i" (déc.) de l'an 1468", du temps de Raynald^, seigneur 



1. linguosi, 

.2. Cf. Luc, IV. — 3. JoH., xiT, 12. — 4. On a déjà remarqué que les auteurs syriens donnaient 
le titre de « roi » {malka) au prince d'Antioche (cf. p. 183, 199, etc.). La « reine « désignée ici était 
Constance, mère du jeune Bohémond. — 5. C.-à-d. : la vénéraient et s'en servaient comme d'un 
objet béni. — 6. Lire : »i..iao, — 7. Michel était alors archimandrite du couvent de Mar Bar 
Çauma. — 8. 9 déc.' 1156. — 9. Renaghd. Renaud de Châtillon, qui avait épousé Constance, veuve 
de Raymond de Poitiers. 



304 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

d'Antioche, et de Baudoin, roi de Jérusalem, d'Amaury', leur patriarche, et de Mar 
Athanasius, notre patriarche. A cette consécration se trouvèrent présents le gouver- 
neur de Cilicie : le généreux* Thoros, la reine, Henri lui-même et sa femme dame 
Isabelle, c'est-à-dire Elisabeth, le reste des princes francs, le peuple des Arméniens 
et des Syriens, et une multitude de prêtres, de diacres et de moines, tant des nôtres 
que de ceux des Francs et des Arméniens. Mais les Grecs haineux s'affligèrent dans 
leur jalousie. Dieu et son saint furent glorifiés : à lui la gloire, et sur nous tous ses 
miséricordes, en tout temps. Amen et amen! 



CHAPITRE [XIV]. — De l'époque à laquelle mourut Daulah, seigneur de Mé- 
litène ; et des choses qui concernent cette ville et son territoire. Des autres 
événements qui arrivèrent à cette époque [parmi] les rois. De la discorde qui 
survint entre le maphrien Ignatius et son diocèse. 

En l'an 1463, les Francs sortirent de nouveau de Rome, pleins de colère contre 
les Grecs, pour tirer vengeance de la fourberie dont ceux-ci avaient usé à 
l'égard de leurs frères. 

Ils pillèrent, ravagèrent, et parvinrent jusqu'à la porte de Gonstantinople; ils 
incendièrent et causèrent de graves dommages dans l'empire des Grecs, puis 
ils s'en retournèrent '. 

Une partie d'entre eux vint en Palestine; [634] mais comme ils n'avaient point 
de chef, ils ne furent pas d'accord pour tirer aussi vengeance des Taiyayê. Ils 
passèrent au fil de l'épée ceux des Jaiyayè qu'ils trouvèrent dans les villages 
de la région d'Ascalon et incendièrent ces villages. 

Ils naviguèrent par mer et partirent pour l'Egypte. Là, dans la région occi- 
dentale de Miçrin, ils firent brûler les villes et les villages avec leurs habitants. 
Puis ils retournèrent dans leurs pays. 

La même année, le 12 de haziran (juin), un jeudi*, mourut Daulah (seigneur) 
de Mélitène, et son fils, Dhou 'l-Qarnein, régna ce jour même. Une grande ter- 
reur se répandit et les angoisses se multiplièrent sur les chrétiens, de telle sorte 
qu'ils se tournèrent vers la pénitence. 



1. Amaury, A;naiWc«s, patr. d'Antioche, 1142-1187. (Cf. Oriens Christ. ,111, col. 1146; Ducange, 
Familles d'outre-mer, p. 742). — 2. Mare agra, littér. « dominus mercedis », est le titre souvent 
donné par les chroniqueurs syriens aux rois de la Petite-Arménie; il traduit sans doute quelque 
formule du protocole arménien. 

â. Le synchronisme paraît inexact. L'auteur semble faire de nouveau allusion à la guerre avec 
Roger de Sicile; cf. ci-dessus, p. 282. — 4. 12 juin 1152. 



LIVRE XVII. CHAP. XIV 305 

Quand son frère Ya'qoub-A[r]çlan' eut achevé son deuil, il envoya des con- 
doléances au fils et à sa mère, (et leur manda) de conserver la ville et de ne 
pas se soumettre au sultan». Ils eurent confiance en lui et envoyèrent leurs trou- 
peaux» pour qu'ils fussent en sûreté dans son pays. 

Le sultan, en apprenant qu'ils s'étaient mis d'accord pour ne pas se soumettre 
à lui, vint en colère, tout d'abord contre Ya'qoub-A[r]çlan. Celui-ci en voyant la 
force des armées fut terrifié et se soumit; il promit de ne pas aider son neveu. 
Alors, le sultan vint contre Mélitène, et le 24 de tamouz(juill.) la flamme surgit 
tout à coup : des myriades de Turcs et d'autres peuples. En un instant ils rui- 
nèrent et détruisirent comme par le feu tout ce qu'il y avait de beau dans les 
environs. Et tandis qu'à l'extérieur les armées du sultan ravageaient le pays, à 
l'intérieur les princes et les soldats tourmentaient sans pitié les habitants de la 
ville, de toute façon. 

Et comme les fidèles étaient resserrés entre [63S] deux bêtes féroces, ils se 
souvinrent alors un peu de leurs péchés. En voyant le breuvage préparé et le 
glaive aiguisé, ils se mirent à prier assidûment ; et le Seigneur, qui est prompt 
à la pitié et à la miséricorde, hâta leur salut; de même qu'à la prière d'Elisée 
Samarie obtint sans retard de la consolation : ainsi, à la prière de la Mère du 
Seigneur d'Elisée, le jour de la fête de sa Transmigration, la paix fut faite, 
pour le motif que voici : 

Le jeune enfant qui régnait était fils de la fille du frère du sultan. Sa mère 
tomba aux pieds du sultan en se prosternant; il se laissa fléchir et décida que 
si le jeune homme lui-même venait le saluer et se mettait sous sa suzeraineté, 
il le laisserait dans la ville. Le jeune homme sortit, fut bien accueilli*, et la 
principauté lui fut confirmée. 

Tandis que le sultan assiégeait Mélitène, quelques-uns de ses Turcs étant 
entrés pour piller dans le pays de Claudia, trouvèrent des moines et des serfs 
du couvent de Beit Hanis '' du couvent; et ils les emmenèrent en capti- 
vité. Les moines s'étant ensuite rendus près du sultan, celui-ci les renvoya. 
Comme ils s'en revenaient, dans la montagne de Hazourîn ' ils rencontrèrent 
des brigands qui les attaquèrent : trois des brigands furent tués, et un jeune 
homme parmi les serfs. Les autres arrivèrent au couvent. 

Quand Mélitène fut sauvée, contre toute espérance, la mère du jeune prince 
gouverna, et, sans pitié, elle tourmentait les riches et les pauvres par des tributs 
et des impôts de toute sorte. Les Musulmans eux-mêmes, aussi bien que les 



1. Fils de Ghâzî, de la famille de Danismend. — 2. Mas'oud, sultan d'Iconium. — 3. Lire : 

>^oiNaso% « troupeaux » ou « chevaux ». — 4. Lire : ^^aoL] (vers. ar. : 'ov^aoâ). — 5. Le mot qui 

suit le n. propre dans le texte paraît altéré et n'a pas été rendu par la vers. ar. : x^=oii^ '°.*<s?^ 

.joeioPlS '»»i— û>^ U» '^ rf»^ ^«ftaji^o — 6. La montagne « des Pommiers» ; vers.ar.: i— JSûSs '^.^. 

III. 39 



m 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Chrétiens, étaient dans l'oppression, et personne ne pouvait la persuader. Elle 
disait « que la ville était aussi à elle et non seulement à son fils, puisque le sultan 
avait accueilli sa demande »; et « qu'elle-même, par les magiciens et les sorti- 
lèges, avait sauvé la ville. » 

Autour d'elle se réunit une foule de magiciens et de femmes débauchées- 
qui lui prédisaient « une longue vie », comme autrefois à Julien', et « qu'elle 
régnerait ». C'est pourquoi, elle conçut le dessein de tuer son fils et de régner 
seule, pour s'unir à qui « elle voudrait. 

Alors le Seigneur eut pitié de la clameur des pauvres, et la colère de justice*^ 
é'éleva contre cette nouvelle Jézabel. Son projet fut découvert. On la chassa. 
Elle sortit à pied, avec ces débauchées qui attendaient le succès et la fortune. 
C'est à elles* que s'applique la parole prophétique' qui couvre de honte 
l'impiété : « Lève-toi donc avec tes magiciens et tes enchanteurs. Peut-être pour- 
ras-tu en tirer profit ? Tu t'es fatiguée (en vain) dans la multitude de tes des- 
seins. » Après être demeurée quelque temps à la porte de la ville, elle fut 
encore chassée de là, nue etsans chaussures, et son fils fut confirmé dans la prin- 
cipauté. Il fit mettre à mort tous les magiciens et les incantateurs que sa mère 
avait rassemblés; il pilla leur demeure. 11 édicta que tous les gens de cette 
espèce fussent brûlés et ne parussent pas en sa présence. La plupart prirent 
la fuite. Il procura la paix et la tranquillité aux habitants de la ville et abolit les 
aggravations d'impôts et de perceptions. Ce fut un grand soulagement pour les 
Chrétiens et la joie pour tout le monde. Et comme il avait découvert quelques- 
uns des notables qui étaient disposés, avec sa mère, à le faire périr, peu à peu 
il les chassa tous et pilla leurs maisons, de sorte que personne n'osa comploter 
contre son gouvernement^ 



Au mois de tésrîn i*"" de l'an 1463, 
il y eut une pluie abondante pendant 
la nuit; elle détruisit les aires et les 
plaines ; une foule de gens et d'animaux 
domestiques furent noyés dans l'inon- 
dation qui survint, surtout dans le pays 
de Hesna de Ziad et dans celui de Ça- 
maha. L'inondation emporta une quan- 
tité de terre et de grandes pierres, 



Le patriarche Athanasius quitta Amid 
et vint à Hesna de Ziad. A cette époque 
mourut l'évêque de l'endroit. Le pa- 
triarche demeura en ce lieu pendant 
trois ans, bien qu'il eût ordonné pour 
évêque Sergius, son disciple, qui prit Ifr 
nom d'Iwannis ; mais après, que celui-ci 
fut ordonné, il l'envoya à Amid, pour la 
gouverner [684] au nom du patriarche '. 



t. Ms. Imianus («» pour'i-o«, et de même dans la vers. ar. : »flaaa.»i^»). — 2. Lire : ^ (BH)- — 
3. \Lai\^, — 4, Barhébr. corrige : ci à elle », au singulier, — 5. Is., xlvii, 12. — 6, Litt. : « contre 
son dessein »; peut-être faut-il restituer oitoi^Wj « contre son règne » (?). 

7, Le texte paraît légèrement altéré. Vers. ar. : y^ô^^ lw_,oû>a^ ,so| lA. 



LIVRE XVII. GHAP. XIV 



307 



(grosses comme des) meules de mou- 
lins', [654] et les fit descendre dans 
la vallée, c'est-à-dire dans le torrent qui 
«st entre la place forte d'Abdaher et le 
villagede Torséna'. L'Euphratefut com- 
blé par une montagne qui s'effondra et 
son cours fut suspendu pendant trois 
heures ; j'ai vu l'endroit et les hommes 
qui couraient prendre les poissons à 
cet endroit; de sorte que les eaux s'ac- 
cumulèrent', inondèrent en se répan- 
dant les vallées de la montagne de Clau- 
dia, et s'écoulèrent. 

A cette époque, un prêtre arménien 
nommé Joseph, originaire du pays de 
Hanazit, bâtit une église dans le village 
de Bârgahis', et l'orna. Il la fit à l'ex- 
térieur resplendissante de blancheur. 
Un jour, l'émir Qara-Arçlan, étant sorti 
pour se récréer, selon l'usage des rois, 
vit cette église resplendissante et en fut 
irrité. Quelques Turcs qui détestaient 
ce prêtre enflammèrent la colère de 
l'émir; outre les nombreuses accusations 
qu'ils portèrent contre lui, ils ajoutè- 
rent, par une inspiration diabolique : 
« Partout où une église neuve est cons- 
truite, le prince de l'endroit meurt. » 
Alors sur son ordre on rasa sans pitié 
cette église jusqu'aux fondements, et on 
■enferma en prison ce prêtre calomnié. 
Les Chrétiens habitant Hesna de Ziad 
s'étaient réunis pour intercéder en sa 
faveur ; mais au moment même, avant 
■qu'ils ne se présentassent, l'émir or- 
donna de le crucifier, le jour de la fête 



Tandis que le patriarche était' à Hesna 
de Ziad, Ignatius, le maphrien, c'est- 
à-dire l'archevêque de Tagrit et de 
l'Orient, vint le trouver. Il était venu 
pour le motif que voici. 

Depuis les temps anciens, la coutume 
était, chez les Orientaux, que le métro- 
politain de Tagrit, qui est le maphrien, 
ordonnât le métropolitain de Ninive et 
de Mossoul. Quand celui qui était élu 
avait été ordonné et était devenu métro- 
politain de ce vaste diocèse, il n'était 
plus soumis au maphrien, comme les 
autres évêques de cette contrée, mais il 
se faisait son égal, par une coutume 
destructive de la hiérarchie régulière. 
Il y eut constamment à ce sujet des 
disputes dans la contrée orientale, 
comme le montre la Chronique de Denys 
de Tell Mahrê, depuis le temps du pa- 
triarche Cyriacus, où cette coutume prit 
naissance'. 

Comme à cette époque Tagrit était 
très amoindrie, tandis que le diocèse de 
Ninive était florissant, le maphrien vou- 
lut réunir le diocèse de Ninive à celui 
de Tagrit et ne pas établir de mé- 
tropolitain à Ninive. A ce propos, il 
y eut une querelle entre le maphrien 
et les gens de Tagrit, et c'est pour cela 
que le maphrien Ignatius vint trouver le 
patriarche Athanasius à Hesna de Ziad. 
Ayant vu que le patriarche n'approu- 
vait pas cela, il le quitta et passa à Méli- 
tène, et de là [6ô&] au monastère de 
Sergisyeh. 



1. Vers. ar. : ^<.)a^ '1-.^. — 2, U»U (BH). — 3. Barhébr. {Chr, «y., p. 319) ajoute : « et arrivèrent 
jusqu'au village de Prosidin, situé sur le sommet de la montagne ». — 4. Vocalisation incertaine. 
5. Suppl. low. — 6, Comp. ci-dessus, p. 29, 32. 



308 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Quand le patriarche monta de Hesna 
de Ziad au couvent de Mar Bar Çauma, 
le maphrien vint de nouveau le trouver, 
et s'efforça d'amener le patriache, à ses 
vues, pour qu'il consentît à la réunion 
de Mossoul avec Tagrit et à ce que le 
maphrien gouvernât les deux diocèses. 
Après être demeuré tout l'été dans le 
couvent, sans que le patriarche consentit 
à sa demande, le maphrien partit et s'en 
alla à son diocèse au mois de tésrîn ii 
(nov.). 

Il persévéra dans l'intention et le désir 
qu'il avait, comme le fit voir l'événement, 
et quand il en trouva la facilité, il ac- 
complit son dessein, ainsi que le dis- 
cours l'exposera plus bas, quand il en 
arrivera à cette époque'. , 
Comme le patriarche demeura dans notre couvent, c'est-à-dire dans celui de notre 
seigneur Mar Bar Çauma, tout le reste de sa vie, plusieurs en furent jaloux. — Fin. 

Dans ce Livre est renfermé, en i4 chapitres, un cycle de dix années, pendant 
lesquelles deux rois ont régné sur les Grecs et les Francs^, deux sur les 
Turcs, et un sur les Arabes. 



de la Croix, au mois d'éloul (14 sept.). 
Dès ce moment et pour ce motif, parut 
un édit défendant, dans tous les pays de 
la Mésopotamie, de bâtir une nouvelle 
église ou de restaurer les anciennes. 
Cela fut [6SS] cause d'une grande afflic- 
tion pour tous les Chrétiens, jusqu'à 
l'époque qui suivit la mort de cet émir. 
Du temps de son fils, les Chrétiens 
de ses états se réunirent, lui offrirent 
beaucoup d'or, et obtinrent la permis- 
sion de restaurer toute église ancienne 
qui avait besoin de réparation. Une 
grande consolation fut procurée aux 
Chrétiens, en tous lieux, par un sem- 
blable édit. — Fin. 



1. Cf. ci-dessous, p. 313. — 2. C,-à,-d. un sur chacun de ces deux peuples. 



LIVRE XVIII 

[6S6] Avec l'aide de Dieu, nous commençons ce Dix-huitième Livre a l'an 1464, 

QUI EST l'asT 1134 DE l'InCARNATIOiV DE IVoTRE-SEIGNEt/a, LAN 531 DE l'eMPIRE DES 

Arabes, l'an 93 des Turcs, et, depuis Adam et le commencement du monde, 
l'an 6633*. 



CHAPITRE le'. — De l'époque à laquelle les Francs enlevèrent aux Égyptiens 
Asqalon, qui est 'Asqalân. Autres événements de cette époque. 

En l'an 1464, comme Baudoin, roi franc de Jérusalem, était encore enfant, la 
reine sa mère* dirigeait entièrement l'empire. Le roi, devenu homme par la 
taille et l'intelligence, voulut [gouverner] seul». [Une discorde s'éleva entre le 
roi et sa mère*. Celle-ci se fortifia dans la Tour de David. Alors les grands 
s'interposèrent entre eux. On convint que Jérusalem serait à la reine, et les 
autres villes, avec les troupes, au roi son fils ^ 

Le roi s'en alla contre la ville d'Ascalon, quiétait aux mains des Taiyayê Égyp- 
tiens. Il dressa contre cette ville une tour de bois et des balistes, et y fit une 
brèche. Quatre cents Frères •s'élancèrent et pénétrèrent à l'intérieur de la brèche. 
Les Arabes les tuèrent tous : car ils étaient au nombre de 20.000, bien armés, 
qui se tenaient à l'intérieur de la brèche. Le roi en fut fort affligé. Il était sur 
le point d'abandonner la ville et de partir. Un homme belliqueux (nommé 
Renaud)'' l'encouragea'. Toute la nuit les Francs veillèrent sur la brèche et ne 
permirent pas aux Arabes de rebâtir le mur. Au matin, le roi prit la croix, la 
jeta à l'intérieur de la ville et s'écria : « Quiconque n'entre pas avec la croix 
n'est pas chrétien! » Alors, tous se précipitèrent et entrèrent dans la ville. 



1. La version arabe donne identiquement ce titre, mais omet tout ce qui suit jusqu'à la p. 695 
de notre texte. — 2, Mélisseude. — 3. A partir d'ici, notre ms. présente malheureusement une 
lacune de dix feuillets. Il est probable qu'un cahier entier du manuscrit primitif a disparu. Afin 
de conserver au récit une certaine unité, nous traduisons les parties correspondantes des Chro- 
niques de Barhébréus, qui sont habituellement un résumé de celle de Michel, beaucoup plus 
fidèle que l'abrégé arménien. Cette partie complémentaire est imprimée ici en lignes plus com- 
pactes. Les passages empruntés au Chronleon syriacum^ sont traduits sur l'édition de P. Bedjan 
(Paris, 1890), et ceux du Chronicon ecclesiasticum sur l'édit. d'AsBELOos et Lamy (Louvaiu, 1872). 
La division en chapitres a été établie par conjecture. —4. La suite de ce cliap. d'après Bar. Hebr,, 
Chron. syr., p. 319-320. — 5. Cf. Rôhricht, Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 270. — 6. Templiers. — 
7. Ce nom, omis par Barhébréus, est donné par l'abrégé arménien qui, d'après le contexte, l'entend 
évidemment de Renaud de Chatillon, Peut-être s'agit-il de Raymond, grand-maître des chevaliers 
de Saint-Jean? Cf. Rôhhicbt, op. cit., p. 277. — 8. Lire : o*=^. 



310 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Environ dix-huit mille Arabes furent tués dans Ascalon : les autres s'enfuirent 
en Egypte sur des navires*. 

A la suite de cette victoire remportée par le roi de Jérusalem, la principauté 
d'Antioche fut attribuée (à Renaud) », et il prit pour épouse la femme » du sei- 
gneur de cette ville qui était mort. 

L'Arménien Thoros, prince de Cilicie, envahit le pays de Gappadoce ; il y fit 
captifs des Turcs, et revint dans sa région. 

Mas'oud, sultan d'Iconium, donna sa fille à Ya'qoub-Arslân, et ils se mirent 
d'accord pour envahir la Cilicie. Mais comme tous les postes étaient fortement 
occupés par les Arméniens, les Turcs s'en retournèrent des gorges des monta- 
gnes * couverts de confusion. 

Alors Thoros devint plus puissant, et il enleva aux Grecs les places qui res- 
taient entre leurs mains. Manuel, l'empereur des Grecs, fut pris de zèle et 
envoya en Cilicie le général Andronicus, de la famille impériale ^ Les Francs 
et les Arméniens se réunirent; ils rencontrèrent les Grecs à la porte de Tarse, 
et les Grecs furent vaincus : environ trois raille d'entre eux furent tués, et les 
autres s'enfuirent par mer^ 

En cette année mourut Mas'oud, le grand sultan du Khorasan, dans la ville de 
Hamadan. Il eut pour successeur son neveu' Malik-sah, fils de Mahmoud; son 
gouverneur fut l'émir Khaç-beg'. 



[6S6] A cette époque, à Césarée de 
Cappadoce, parut aussi un édit de 
l'émir qui régnait en cette ville, ordon- 
nant de détruire les églises. Et pour ce 
motif, les prêtres' 

En celte année '% il se trouva une 
chèvre qui mit bas un chevreau qui 
avait trois yeux et deux bouches. 

Il y eut une peste violente en Cilicie 
et à Iconium. 



[6S6] A cette époque, Jacques le Rhé- 
teur, de Mélitène, dont nous avons fait 
mention plus haut ", avait été institué 
évêque de Mar'as. La cause de son ordi- 
nation fut celle-ci " : 

Jean, évêque de Mardin, avait envoyé 
contre lui une plainte au patriarche : 
« Est-il permis à un diacre, disait-il, de 
réfuter la parole d'un évêque? » Le pa- 
triarche voulut honorer l'évêque de 
Mardin et écrivit un blâme et un inter- 



I. Barhébr. ajoute ici : « Selon la vérité, les Francs prirent Ascalon en l'année 548 des Arabes, 
qui est l'année 1465 des Grecs; mais Mar Michel place cet événement en l'année précédente. » Sur 
la prise d'Ascalon (19 août 1153) cf. Gesck. des Kônigr. Jerus., p. 276 et suiv. — 2. Renaud de 
Châtillon. D'après le texte de Barhébr. : « lui fut attribuée », c.-à-d. au roi. — 3. Constance, veuve 
de Raymond de Poitiers. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 279. — 4. xXei(J0i5pai, si l'on s'en tient 
à l'orthographe de l'éditeur. — 5. Fils d'Isaac, oncle de Manuel. — 6. Cf. Hist. du Bas-Emp., 
1. LXXXVIIl, § IV. — 7. Fils de son frère. — 8. Cf. Gesch. der Chai., III, p. 263-264. Ma'soud 
mourut le 2 oct. 1152. 

9. Ici commence la lacune du ms. Nous n'avons rien trouvé dans Barhébréus qui permette de 
compléter cette phrase. — 10. 1464 ; d'après Barhébr. Le récit est tiré du Chron. syr., p. 320-321. 

tl. Cf. ci-dessus, p. 269, 272, 300, — 12. Ici commence la lacune qu'on peut suppléer par le 
texte suivant. 



LIVRE XVIII. CHAP. II 311 

Au mois de tesrîn • de celte année, dit contre Jacques ; non selon la justice, 

des hommes et des femmes qui pas- mais pour être agréable à l'évêque. Or, 

saient l'Euphrate, venant du pays de Jacques apporta le livre qu'il avait fait 

Hesna de Ziad, pour aller à la fête de au synode, et le patriarche après l'avoir 

Mar Agrippas dans le pays de Goubbos, lu, le loua ; et non seulement il délia 

furent abandonnés (de Dieu), et tous Jacques de Tinterdit, mais il l'ordonna 

furent submergés et noyés. Comme beau- évêque de Mar 'as. Il prit le nom de 

coup de personnes furent scandalisées Dionysius. Le patriarche l'envoya chez 

(decet accident), les Docteurs de l'Eglise l'évèque de Mardin et le réconcilia avec 

en firent l'apologie par trois argu- lui', 

ments : premièrement, qu'il ne convient 
pas de scruter les jugements impéné- 
trables du Créateur ; secondement, que les hommes et les femmes à cette époque ne se 
réunissaient pas aux fêtes des martyrs pour prier, mais pour se souiller dans les plai- 
sirs; troisièmement, qu'on ne doit pas considérer comme perdus ceux pour qui le 
Seigneur juge que la mort est préférable h la vie : les païens périssent, mais non les 
fidèles. 



[CHAPITRE IIJ' 



En l'an 1465, Mas'oud, sultan d'Iconium, envahit la Gilicie, avec une nom- 
breuse armée de Turcs. Pendant qu'ils faisaient le siège de Tell Hanadon, et 
pressaient cette place par leurs attaques, le Seigneur les frappa de la plaie des 
moustiques et des mouches, plaie semblable à celle qui arriva aux Egyptiens 
du temps du grand Moïse. Au bout de trois jours, l'air qu'ils respiraient fut 
infecté : eux et leurs chevaux tombèrent malades. En voyant la peste qui les 
envahissait, ils abandonnèrent tout leur bagage et s'enfuirent. Thoros et les 
Arméniens descendirent sur eux, des monlagnes, et en tuèrent jusqu'à ce qu'ils 
fussent fatigués'. II s'avança jusqu'à Gabdanj^a, qui estOouâlou", pilla les Turcs 
et s'en revint. 

La même année, mourut Hossara ed-Din Timourtas, seigneur de Mardîn; et 
il eut pour successeur son filsNedjm ed-Dîn Alby. Ce prince' avait traité dure- 
ment les Chrétiens au commencement de son règne; au moment de sa mort, il 
recommanda à ses fils de faire du bien aux Chrétiens et de ne pas les maltraiter. 
On dit que saint Mar Abai' lui était apparu en vision. Son autre fils Djemâl ed- 
Din régna àHânî, et le troisième, Çamçâm' ed-Dîn, à Dara'. 



1. Octobre 1464 (1152); d'après Bak. Hebr., Chron. syr.,f. 321. 

2. Bar Hebr., Chron. eccles., 1, 511-513. 

3. Bak Hebr;, Ckr. sjr., p. 321. — 4. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVIII, § xxiu. — 5. Vocali- 
sation donnée par Barhébr. — 6. Timourtas. — 7. Dans l'abrégé armén. un ms, a substitué à ce 
nom celui de Bar Çauma. — 8. Vocalisation de Barhébr. ; d'après la vers. arm. : « Sems ed-Dîn ». 
— 9. Cf. Hist. armén, des Crois., t. I, p. 346. 



312 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

[CHAPITRE IIIJ* 

En l'année 1466, mourut Mas'oud, sultan d'Iconium, et il eut pour successeur 
son fils Kilidj-Arslân. Comme celui-ci pouvait à peine défendre son pays contre 
les princes de la famille de Danismend, et surtout contre Ya'qoub-Arslan, Nour 
ed-Dîn marcha sur Pharzaman et "Aintab, et il s'empara de ces villes sans 
combat. 

En cette année, qui est l'année 549 des Arabes, Nour ed-Dîn enleva Damas 
de vive force à Moudjir ed-Dîn, seigneur de cette ville»... Il lui accorda quelques 
villages dans la région d'Emèse. II traita bien les habitants de Damas, qui se 
réjouirent de ce qu'il pourrait s'opposer aux Chrétiens '. 

En cette année, "Taphir, fils de Haphit, khalife d'Egypte, fut massacré', et on 
lit régner après lui son jeune fils 'Isa, âgé de trois ans. II fut appelé Phaîz, et 
un homme nommé 'Abas fut son vizir. Comme le grand émir Phares ed-Dîn 
n'était pas présent, il fut irrité et menaça 'Abas parce qu'il avait réglé l'affaire 
sans son avis. 'Abas eut peur; il prit tout ce qu'il possédait et se retira avec 
trois mille Arméniens qui faisaient partie de sa milice; il s'enfuit pour cher- 
cher secours près de Nour ed-Dîn. Les Egyptiens se mirent à leur poursuite, 
mais les Arméniens se retournèrent contre eux et en tuèrent un grand nombre. 
Il s'avança dans le désert avec ceux qui l'accompagnaient, et ils y souffrirent 
pendant plusieurs jours de la faim et de la soif, parce qu'ils furent trompés 
par leur guide, comme autrefois Julien l'Apostat. Il les amena en face d'As- 
calon, et les Francs sortirent sur eux. Quand les Arméniens virent les croix au 
sommet des lances des Francs, ils jetèrent les armes et se joignirent à eux. Ce 
jour-là, environ cinq mille faiyayô furent tués. 'Abas ° lui-même fut pris et vendu 
par les Francs aux Egyptiens qui le crucifièrent ^ 

La même année, le khalife Mouqtaphi alla mettre le siège contre la ville de 
Tagrit; il attaqua vigoureusement la ville et la détruisit totalement; puis il se 
mit à attaquer la citadelle. Alors, Mohammed-sah, fils du sultan Mas'oud', fit 
dire aux émirs de Mossoul : « Mon père' vous a établis sur ces pays pour que 
vous nous veniez en aide. Maintenant, il ne nous reste dans toute la région de 
Sennaar que cette citadelle de Tagrit, et voici que cet homme, ce khalife, veut 
nous l'enlever; nous vous demandons de venir sans retard le repousser loin 
d'elle ». Les Mossuliens s'assemblèrent sur le champ, et se dirigèrent vivement 
vers Tagrit. Alors le khalife, en apprenant qu'ils s'étaient groupés pour venir 
sur lui, fut pris de crainte, il abandonna tous ses bagages et ses machines de 
guerre et se retira à Bagdad '. 

1. Bar Hebr., Chr. syr., p. 321-322. — 2. L'auteur ajoute quelques détails sur la ruse employée 
par Nour ed-Dîn pour mettre préalablement la division parmi les notables, — 3. Cf. Gesch. der 
Chai., III, 299 ; Gesch. des KOnigr. Jerus., p. 281. — 4. Cf. Gesch. der Chai., III, 297. — 5. Le texte 
porte ici « Moudjir », la vers, arméu. : « Abas » ; en réalité, il faudrait « Nasir ed-Dîn » ; 'Abas fut 
tué dans le combat. — 6. Pour ces événements, cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 282, et les sources 
indiquées; spécialement H. DEREHEouac, Ousânta ihn Mounkidh; ch. vr. — 7. Mas'oud ibn 
Mohammed, le seldjoukide. — 8. Dans le texte édité : « Mes Pères ! », au vocatif. — 9. Cf. Gesch. 
der Chai., III, p. 304-305. Suit dans Barhébr. le récit d'une rébellion contre le khalife. 



LIVRE XVIII. GHAP. III 313 

A cette époque', l'évêque de Mardîn réunit chez lui un synode d'évêques. Le 
maphrien lui témoigna de la déférence et y vint lui-même. On renouvela et on con- 
firma les canons apostoliques. Or, Jean de Kaigoum alla trouver le patriarche, et il le 
pressait de réunir un synode pour redresser les affaires ecclésiastiques qui péricli- 
taient. Tandis qu'ils traitaient de cela, des moines, envoyés par le maphrien et 
l'évêque de Mardîn, apportèrent des lettres qui invitaient h faire les réformes sans 
retard. Le patriarche, ainsi pressé par eux et par l'évêque de Kaisoum, répondit : 
« Si vous voulez vous réunir, il n'y a pas d'opposition de nôtre part. » Il disait 
cela, mais il n'espérait pas qu'ils se réuniraient. Alors l'évêque de Kaisoum se rendit 
à Mardîn, et ramena le maphrien et les évoques orientaux qui se réunirent tous, avec 
celui de Mardîn et les évêques occidentaux, dans le couvent de Mar Bar Çauma, au 
mois de kanoun ii (janv.) de l'année 1466. 

Ils écrivirent quarante canons. Le patriarche et les évêques occidentaux ne les 
observèrent point ; mais ils continuèrent leurs anciennes habitudes de vendre le sacer- 
doce, comme les Arméniens. C'est pourquoi Bar Andréas', dans un poème satirique 
composé sous le nom d'un certain moine Michel, son ami, qui avait abandonné la vie 
religieuse pour aller habiter à 'Akko, se moque honteusement du patriarche en ces 
termes : 

Notre élu est un très habile banquier, 
Il a appris et possède cet art depuis longtemps ; 
Frappe de la nouvelle monnaie, Simon ! et présente-la. 
Si la première a été rejetée', celle-ci sera acceptée. 

Les princes et l'évêque de Mardîn aidèrent le maphrien*, et Mossoul fut annexée à 
Tagrit. La concession fut sanctionnée dans ce synode; le patriarche et tous les 
évêques orientaux et occidentaux y souscrivirent. 

Ils concédèrent le Tour 'Abdîn à Bar Andréas et déposèrent l'évêque âgé qui s'y 
trouvait. On ajouta Ra'ban au diocèse de Jean de Kaiéoum. Pour Bar Çalibl, ils 
ajoutèrent Mabboug à Mar 'as. Ils annexèrent Sibabérek à Edesse, et déposèrent 
Basilius, qui avait été jadis évêque de Lacabîn^ et qui s'y trouvait. A la vérité, ils 
réunirent ce synode pour satisfaire leur cupidité et non pour autre chose. 

Quand le synode fut dissous, le maphrien et l'évêque de Mardîn emmenèrent 
avec eux Bar Andréas. Lorsqu'ils arrivèrent au couvent de Mar Hanania, il laissa 
paraître l'abondance de sa science, et sa renommée parvint aux habitants du Tour 
'Abdîn. Les prêtres, les moines et le peuple vinrent le prendre ; et il fut reçu par tout 
le monde comme l'envoyé de Dieu, Cependant, il se trouva deshommes passionnés qui 
calomniaient sa conduite, disant qu'il était vaniteux et orgueilleux. Et, en effet, 
confiant dans sa vaste science, il n'était pas prudent dans ses paroles. Or, avant 
d'avoir passé une année dans ce pays, il mourut, et plusieurs pensèrent qu'il avait 
été empoisonné. 



1. Tiré de BarHebr., Ckron. eccL, I, col. 513-518. — 2. Ancien évêque de Mabboug. Cf. ci-des- 
sus, p. 282-283. — 3. Cf. Act. Apost., viir, 20. — 4. Cf. ci-dessus, p. 308. 

III. 40 



314 GHROxNlQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[CHAPITRE IV]' 

En l'année 1467, Prins% seigneur d'Anlioche, se mil en guerre avec Thoros, 
prince de Cilicie. Les Francs voulaient qu'on donnât les places fortes que les 
Arméniens avaient enlevées aux Grecs à ces frères Phrêr^, qui travaillaient pour 
tous les Chrétiens, parce que ces châteaux avaient jadis été enlevés aux Francs 
par les Grecs. Les Arméniens s'y opposaient. Les deux partis se rencontrèrent 
à la porte d'Iscanderoun *; les Arméniens furent vaincus, Thoros s'enfuit. Il fit 
ensuite la paix et livra les places aux Frères". 

La même année, le seigneur de Mar'aé étant allé attaquer un village des 
Arméniens, Stéphane, frère de Thoros, rassembla des Arméniens, qui vinrent 
pendant la nuit, et se cachèrent dans les maisons des Arméniens. Au matin, 
quand on ouvrit la porte de la citadelle, ils se précipitèrent, y entrèrent, occu- 
pèrent la porte et le mur extérieur, et commencèrent à percer le mur inté- 
rieur. Tout à coup la crainte s'empara d'eux en pensant que l'émir pouvait 
arriver avec de nombreux Turcs, qu'ils se trouveraient pris entre les deux 
murs, et seraient attaqués par ceux du dedans et par ceux du dehors. Alors, ils 
pillèrent la ville : ils mirent le feu aux maisons et à ce qu'ils ne purent empor- 
ter, ils emmenèrent toute la population et s'enfuirent. 

Dans cette captivité, l'évêque Dionysius bar Çalibi fut emmené par ces 
maudits* Arméniens, et il se sauva à pied au couvent de Kalsiour'. Il écrivit 
trois discours sur cette destruction de Mar'as, qui était alors son diocèse. 

Quand les Turcs arrivèrent, ils usèrent de miséricorde à l'égard des 
Chrétiens qui étaient restés. Lorsque l'un d'eux échappait aux Arméniens et 
revenait, ils ne l'empêchaient point de reprendre sa maison, sa vigne, son 
champ. Cependant, ils écorchèrent vif un prêtre arménien qui avait eu des 
intelligences avec ces Arméniens; au bout de trois jours, après lui avoir coupé 
la langue, les mains et les pieds, ils le jetèrent dans le feu. Les Arméniens, 
en apprenant cela, firent la même chose à quelques Turcs. 

La même année, à Mélltène *, un autre prêtre arménien fut écorché vif. Il avait 
attiré dans l'église une jeune fdle du voisinage récemment fiancée, et voulut lui faire 
violence; comme elle se mit à crier, cet homme impudique lui mit la main sur la 
bouche; lorsqu'il la laissa, après avoir accompli son action honteuse, il la trouva 
expirante; alors, il l'étouffa complètement. Il lui coupa les oreilles et quelques 
doigts qui étaient gonflés, parce que ses anneaux et ses pendants d'oreilles ne sor- 



1. Bar Hebr., Chron. syr., p. 323-324. — 2, Renaud de Châtillon. C'est le mot franc, qui paraît 
avoir été pris par les Orientaux comme nom propre. — 3. Les Templiers ; cf. p. 207, — 4. Dans le 
texte : Snqroton, var. : Sqontron; peut-être pour Iskanderoun, Alexandrette (?), — 5. Cf. Gesck. 
des Kônigr. Jerus,, p. 296. — 6. L'épithète est probablement une addition de Barhébréus. — 
7. ^a.£^|.3; var. : < o » rnS |j_ Assemani lit : »jea. \fn-i , Basilius, Cf. tb xasTpov to Ka>TÇiépiv (Anna 
CoMN., citée par Rôhright, Gesch. des Kônigr. Jerus,, p. 66). 

8. Ce récit tiré de Barhébr. (Chr. syr., p. 324-325) vient très probablement de la Chronique de 
Michel, où les événements concernant Mélitène sont habituellement rapportés avec force détails. 



LIVRE XVIII. GHAP. V 315 

taient pas, et cacha ceux-ci dans un chandelier. Il enveloppa son cadavre d'un tapis 
et le déposa dans l'autel. Au bout d'uae heure, comme ses beaux-parents et ses 
parents la cherchaient, des enfants qui jouaient sur la place leur dirent : « Nous 
l'avons vue entrer dans l'église ». Ils interrogèrent le prêtre qui leur répondit : 
« Oui, elle est entrée dans l'église; mais quand elle m'a vu dans l'église, elle a eu 
honte devant moi, et elle est sortie de suite sans s'y arrêter >>. Ces fidèles crurent h la 
parole d'un prêtre. Comme ils parcouraient la ville et la cherchaient dans les maisons 
de leurs parents, ils virent ce mauvais prêtre impudique qui sortait par la porte de la 
ville, chaussé de souliers. Ils s'emparèrent de lui et le conduisirent au gouverneur. 
Après avoir reçu quelques coups, il avoua et leur montra le cadavre, les oreilles et 
les doigts de la fille. Toute la ville se réunit là : Arabes et chrétiens, hommes et 
femmes, et ils allèrent l'ensevelir avec grande douleur et vives lamentations. Ils 
écorchèrent et coupèrent tout vif eu morceaux l'impudique; ils le firent ensuite 
brûler. 

[CHAPITRE V]' 

En l'an 1468, Prins% seigneur d'Antioche, envahit Cypre, qui appartenait 
aux Grecs, et pilla toute l'île : hommes, moutons, bœufs, chevaux, et toute la 
richesse. Ils les amenèrent jusqu'au rivage, et alors les Cypriotes promirent 
pour leur rachat et celui de leur bétail une quantité d'or. Les Francs les lais- 
sèrent et prirent toute la richesse. Ils emmenèrent aussi à Antioche les 
évèques, les supérieurs de monastères et les magistrats, comme otages, jusqu'à 
ce que l'or fût payé^ 

En l'an 1469, Stéphane complota contre son frère Thoros et voulut le tuer. 
Thoros, s'en étant aperçu, s'empara de lui et l'emprisonna pendant drx mois. 
Ensuite, à la prière des Francs, il le relâcha, et celui-ci se mit dans l'armée des 
Francs'. 

En cette année mourut Josselin, prisonnier à Alep, après une parfaite 
pénitence, comme l'a dit Ignatius, évêque d'Alep, qui lui administra les 
sacrements '. 

La même année, le sultan Mohammed, fils du sultan Mahmoud, assiégea Bag- 
dad, avec une nombreuse armée, pendant quatre mois... 

La même année, mourut le sultan Sandjar, fils de Malik-sah, fils d'Alp-Arslan, 
fils de Daoud, après avoir échappé aux mains des Gouzayé qui s'étaient empa- 
rés de lui. 

En cette année*, il y eut de violents tremblements de terre en Syrie, et beaucoup 
d'endroits furent détruits. 

A Hamath, la citadelle, la ville, toutes les maisons s'écroulèrent sur les habitants, 
vieillards, femmes et enfants ; des myriades de gens y périrent. 

La citadelle de Saizar s'écroula entièrement : il n'échappa qu'une femme et un 
eunuque. 



1. Bar Hebr., Ckr. syr., p. 325. — 2. Cf. p. 314, n. 2. — 3. Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVIII, 
§ xxlv; Gesch. des Konigr. Jerus., p. 286, 296. — 4. Cf. op. cit., p. 297. — 5. Cf. ci-dessus, p. 295. 
— 6. 1469. (Bar Hebr., Chr. syr., p. 325). 



316 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Les gens d'Emèse furent pris de frayeur : ils sortirent hors de la ville et furent 
sauvés. Leurs maisons et la citadelle furent détruites. 

De même, les gens d'Alep sortirent et restèrent plusieurs jours hors de la ville, et 
ils furent sauvés. Leui-s maisons furent renversées, et cinq cents personnes seule- 
ment y périrent. 

Il en fut de même à Kephar-^ab et à Apamée, où personne n'échappa, et dans 
beaucoup d'endroits, jusqu'à Rehabôt. 

Parmi les villes des Francs, Ilesn el-Akrad et 'Arqa s'écroulèrent tota- 
lement. 

A Laodicée, la grande église seule resta debout, et ceux qui s'y trouvaient furent 
sauvés. Dans cette ville, la terre s'enlr'ouvrit et laissa voir un abîme rempli de boue, 
et au milieu de la boue une statue de fonte qui se tenait debout. 

De même, la plus grande partie d'Antioche et de Tripoli fut détruite. 



[CHAPITRE VIj' 

En l'an 1470, Manuel, empereur des Grecs, envahit la Gilicie, et l'arménien 
Thoros prit la fuite. L'empereur s'empara de Tarse, d'Anazarbus et des autres 
villes (de la Cilicie). Il y resta tout l'niver. Les rois' de Jérusalem et d'Antio- 
che, avec le patriarche des Francs, vinrent le trouver et se mirent d'accord 
avec lui. Ils le réconcilièrent avec Thoros, qu'ils lui amenèrent; et il le fit 
général de toutes les villes grecques du littoral. Tous les chrétiens grecs, 
francs et arméniens s'allièrent pour s'emparer d'Alep, de Damas et de toute 
la Syrie. Mais alors arriva la nouvelle d'un complot à Constantinople. Ils vou- 
laient établir un autre empereur. C'est pourquoi l'empereur Manuel retourna 
précipitamment à Constantinople, et le complot qui avait été comploté né 
réussit pas'. 

En l'année 1471, comme le fils de Josselin le prisonnier sortait continuel- 
lement de Harim, et pillait la région d'Alep, Nour ed-Dîn lui lendit des 
embûches et s'empara de lui. Il le mit dans le cachot où avait été mis son père*. 

Cette année, au mois de 'adar\ mourut d'étoufiferaents le khalife Mouktafi, et 
son fils Moustandjid ^ lui succéda. 

En l'année 1470' tandis que l'empereur des Grecs s'avançait à Antioche et que 
tous les rois des Arabes étaient rassemblés à Alep, avec leurs troupes, les Arabes de 
Mossoul eurent l'occasion de satisfaire leur haine. Ils trouvèrent pour instrument un 
maudit prêtre nommé Abraham, qui était le médecin du prince. Il voulut aban- 
donner sa femme âgée pour en prendre une autre, et le maphrien lui interdit le 
(ministère du) sacerdoce. Voyant que les Arabes désiraient vivement la perte du 
maphrien', il alla les trouver et le calomnia. Ceux-ci lui dirent : « Suscite-lui une 



1. Bar Hebr., Chr. syr., p. 326-327. — 2. Cf. p. 303, n. 4. — 3. Cf. Hist. du Bas-Emp., 
LXXXVIII, § xxv-xxxiii; Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 300-302. — 4. Ibid., p. 305. — 5. 12 mars 
1160. — 6. Gesch. der Chai., III, p. 308. — 7. Bar Hebr., Chron. eccl., II, col. 347 et suiv. — 
8. Ignace Lazare. 



LIVRE XVIII. GHAP. VII 317 

affaire, et fais-la nous connaître ». Or, à cette époque, les prêtres de TeU'aphar 
envoyèrent une lettre au maphrien pour le consulter. (Ils disaient :) « II y a chez 
nous un chrétien qui depuis longtemps s'est fait musulman; il avait une femme et 
deux filles qu'elle lui donna pendant qu'il était chrétien. Maintenant, l'une est 
devenue grande et sa mère veut la fiancer à un jeune homme chrétien. Que décides- 
tu? Doit-elle être bénie dans l'église ou non? » Le maphrien répondit : « Si la jeune 
fille n'a pas embrassé l'islamisme, elle doit être bénie ». Cette réponse du maphrien 
tomba entre les mains du maudit Abraham qui la livra aux scribes arabes en disant : 
« Voici qu'il ordonne de donner à un chrétien la fille d'un arabe ». Des bandes 
d'Arabes se réunirent, et apportèrent des pierres pour lapider le maphrien. Le 
préfet et ses satellites purent à peine le leur arracher et ils le conduisirent au juge, 
le dimanche de Cana'. Le juge décida : « Si la jeune fille se déclare musulmane, 
le maphrien doit être mis à mort ». Ils amenèrent la jeune fille et l'interrogèrent 
astucieusement : « De qui es-tu la fille? N'est-ce pas de l'arabe un tel? » Elle 
répondit courageusement, en élevant la voix : « Je suis chrétienne. Voici ma mère 
qui m'a élevée. Quant à mon père, je ne l'ai jamais connu ». Ils essayèrent de la 
séduire par des présents, mais elle demeura inébranlable ; ils tirèrent le glaive contre 
elle, mais alors même elle ne changea pas de langage. On la mit ensuite en prison, et 
le maphrien fut enfermé lui-même pendant quarante jours. Les Arabes admiraient 
sa persévérance dans la prière, jour et nuit. Tous les deux jours il recevait pour sa 
nourriture un pain d'autel. Pendant que le maphrien était en prison, le misérable 
prêtre Abraham fut frappé d'une cruelle plaie, et, après avoir souffert pendant trois 
jours, il expira. Sa mort rapide effraya plusieurs. La jeune fille l'ayant apprise fut 
encouragée. Ils l'amenèrent par trois fois devant le juge, ils la menacèrent de la 
jeter dans le fleuve ou dans le feu, mais elle ne se rétracta point. Alors les Ninivites 
bénis donnèrent 300 dinars au juge et aux autres officiers, et délivrèrent le 
maphrien. La jeune fille fut aussi délivrée et s'en alla à Jérusalem, où elle revêtit 
l'habit de laine (des religieuses)'. 

[CHAPITRE VII]» 

En l'année 1472, sire Amaury, frère du roi de Jérusalem, envahit le pays 
d'Egypte; les Francs s'y emparèrent de grandes richesses, et s'en allèrent. 
Bientôt après mourut le khalife d'Egypte, Phaîz; et, à cause de cela, les Egyp- 
tiens convinrent de donner aux Francs un tribut annuel de 160 mille dinars 
d'or 

G 
prit 
son pays 



Q or . 

Georgius, roi des Ibères, sortit et enleva aux Turcs la grande ville d'Ani ; il 
prit un grand butin, avec de nombreux prisonniers Taiyayê, et rentra dans 



1. Premier dimanche de Carême. — 2. Barhébr. ajoute : « Le patriarche Mar Michel le Grand 
composa sur cet événement un admirable poème sur le mètre de Mar Balai, et le vénérable Jacques 
bar Çalibi, deux autres ; l'un sur le mètre de Mar Ephrem, et le second sur le mètre de Mar 
Jacques (de Saroug)i>.Ilest donc bien probable que Michel en parlait dans sa Chronique à cette place, 

3. Bar Hebh., Chron. syr., p, 327-328. — 4. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 312-314. — 
5. L'abrégé arménien paraît avoir modifié le récit des expéditions du roi Georges III, d'après 
d'autres sources ; cf. Hist, arm. des Crois., I, 353, 356. 



318 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



L'émir' de Mossoul, Djemal ed-Dîn 
était un homme très miséricordieux 
dont les aumônes étaient abondantes. 
Il envoya le maphrien Ignatius comme 
ambassadeur au roi Georgius, pour ra- 
cheter les prisonniers Taiyayê. Le ma- 
phrien partit et quand il arriva (près 
du roi), il fut reçu avec honneur. Beau- 
coup de prisonniers lui furent donnés 
gratuitement et on le congédia avec des 
présents pour le seigneur de Mossoul. 
Le roi envoya avec lui, de sa part, un 
ambassadeur Ibère. Quand ils arrivèrent 
a Mossoul, le préfet sortit à leur ren- 
contre. Le maphrien et l'ambassadeur 
entrèrent dans la ville, avec des croix 
fixées au sommet des lances. Ce fut une 
grande consolation pour les chrétiens; 
et aussi pour les Taiyayê, à cause de la 
délivrance des prisonniers. 

En cette année^, les Francs voulurent 
s'emparer d'un brigand franc qui était à 
Bagras. II s'enfuit et alla trouver Nour 
ed-Dîn ; il prit des Turcs et revint bri- 
gander dans la région d'Antioche. Les 
Francs lui tendirent des embûches et 
s'emparèrent de lui; Ils le firent brûler. 



Gabriel' de Mar'as, après avoir été 
chassé de son diocèse (de Saroug) parce 
qu'il avait été surpris en fornication *, se 
fit faire une croix et se mit à parcourir 
les villages arméniens, pour tromper les 
gens. Le préfet de Mélitène le fit saisir, 
prit tout ce qu'il avait avec lui, et l'en- 
ferma. Son frère, le prêtre Romanus, 
alla trouver Kilidj-Arslan, fils du sultan 
Mas'oud, seigneur de Mar'as, et lui offrit 
de l'or pour l'innocenter". A cause de 
cela, le prince le fit tirer de prison. Iwa- 
nis de Kaisoum, ayant pitié de l'Eglise, 
pour éviter qu'une coutume perverse ne 
se renouvelât, le gagna et l'amena au pa- 
triarche qui lui concéda Damas, pensant 
que peut-être là, dans une région étran- 
gère, ses tares ne seraient pas connues. 

Joseph, fils de la sœur de Mar Timo- 
theus de Gargar, qu'il servait dans le 
diaconat, se souillait dans la débauche et 
l'ivrognerie. Et pour cela, ce saint 
vieillard n'est pas exempt de blâme, pas 
plus que Héli. Quand Timotheus mou- 
rut, quelques personnes de leur famille 
circonvinrent le patriarche Mar Atha- 
nasius, et, en une nuit et un jour, il 



revêtit Joseph de l'habit monastique 
et l'ordonna prêtre, et, le lendemain, 
évêque. Aussi, comme on dit : « Ce qui est accepté facilement se cache "facilement », 
Joseph retourna aussitôt à ses mauvaises habitudes, à l'ivrognerie, au jeu, aux bouffon- 
neries, et aux autres choses qui engendrent la débauche. 

Quand on blâmait le patriarche à son sujet, il rejetait le blâme sur ceux qui le lui 
avaient présenté. Ceux-ci intimidaient le patriarche par des menaces : « Si tu le dé- 
poses, disaient-ils, il apostasiera ». Là-dessus, le moine Abou Ghaleb, qui avait 
des monastères dans l'endroit, fut pris de zèle : il réunit quelques notables et les 
amena au patriarche pour témoigner du libertinage de Joseph. Le patriarche n'ac- 
cueillit pas (leur plainte), et il accusa Abou Ghaleb de montrer du zèle par passion, 
afin de devenir lui-même évêque de ce diocèse. Alors l'évêque de Mardîn, par son 
grand zèle, obligea le patriarche à priver Joseph de l'épiscopat, et il l'envoya au 
monastère de Maqrôna. 



I. Bar Hebr., Chron. syr., p. 328. Cf. le récit parallèle, Chron. eccl., II, col. 354. 2. En 1472 

Chr. syr., p. 329. Il s'agit de Gérard de Sidon. Cf. Hist. arm. des Crois. ^ I, p. 354, n. 1 ■ Gesch. 
des Kônigr. Jerus., p. 331. 

3. Chr. eccl., I, co). 521 et suiv. — 4. Cf. ci-dessus, p. 300. — 5. Litt. : « pour Tinnocence ». 

6. Je ne sais si ce proverbe est rapporté fidèlement. Il faut peut-être corriger '. |.a«3Cûo est faci- 
lement « méprisé ». 



LIVRE XVIII. CHAP. VIII 319 

A cette époque, Basilius, le vieil évêque de Djihan, vint trouver le patriarche et le 
pressa d'ordonner à sa place comme évêque son neveu', un jeune homme qui n'avait 
pas encore atteint la majorité. Le patriarche s'y refusa en disant : « Cela n'est pas cano- 
nique ». Le vieillard répondit : « Tu as ordonné Joseph de Gargar à la place de son 
oncle maternel, et tu l'as fait hériter de son siège; tu as également fait hériter l'é- 
vêque de 'Arqa du siège de son oncle maternel ; tu as ordonné pour le diocèse de 
/;acabm un enfant qui n'avait pas l'âge de raison. Je suis dans le même cas que ceux-ci, 
et même le premier de tous >). Le patriarche se laissa contraindre et ordonna le jeune 
homme pour Djihau. Aussitôt, Dionysius, évêque âgé de Goubbos, vint trouver le 
patriarche et amena avec lui son neveu ' : le patriarche ordonna celui-ci comme son 
successeur; il s'appelait Abraham et prit le nom de Timotheus. Ainsi fut accompli ce 
qui est écrit : « Il suffit de couper une petite digue pour laisser couler tout un fleuve. » 

[CHAPITRE VIIIJ^ 

En l'année 1473, au mois de tesrin i*"" (oct.), mourut Dhou'l-Qarnain, prince 
de Mélilène II eut pour successeur son jeune fils'. 

Le sultan Kilidj-Arslân, voyant que Ya'qoub-Arslân et les autres émirs vou- 
laient le renverser pour établir son frère, s'en alla à Gonstantinople où il fut 
traité avec grand honneur par l'empereur des Grecs. Il y resta pendant quatre- 
vingts jours, et, deux fois par jour, on lui envoyait sa nourriture dans de la vais- 
selle d'or et d'argent, qu'on ne remportait pas, mais qu'on lui laissait tout 
entière; chaque jour les deux repas lui étaient envoyés dans de la vaisselle 
neuve. Le dernier jour, l'empereur et le sultan ayant mangé à la même table, 
tous les vases et les ornements furent donnés au sultan, avec d'autres présents 
qui lui furent offerts, ainsi qu'aux mille Turcs qui l'accompagnaient. Quand le 
sultan revint, Ya'qoub-Arslân fut effrayé; il s'humilia et la paix fut faite '. 

A cette époque, Stéphane, frère de Thoros, prince de Gilicie, ayant été invité à 
un festin chez Andronicus, préfet grec de Tarse, fut trouvé massacré, et on le 
jeta à la porte de la ville. Alors Thoros devint furieux contre les Grecs, et en 
fit tuer plus de dix mille. Le roi de Jérusalem vint et rétablit la paix entre les 
Arméniens et les Grecs °. 

Renaud^ seigneur d'Antioche, fut fait captif par les troupes de'.Nour ed-Dîn. 
11 était venu avec cent vingt cavaliers et cinq cents fantassins sur le territoire 
d'Alep, où il accomplit de grandes prouesses avant d'être pris. Mais comme les 
Turcs étaient très supérieurs en nombre et s'étaient cachés dans une embus- 
cade, ils le cernèrent. Quoiqu'il pût se faire jour au travers de leurs rangs et 
leur échapper, il ne tenta aucun effort, et se livra aux ennemis qui le condui- 
sirent auprès de Nour ed-Dîn à Alep ^ 

1. Fils de son frère. 

2. Chr. syr., p. 328-329. — 3. Nommé Mohammed, selon Barhébr. (p. 338), Mahmoud, selon 
Michel (cf. ci-dessous, p. 337), — 4. Cf. Hisi. du Bas-Emp., ^LXXXYIII, § xxxvui-xl. — 5. Cf. 
ihid., § XXV. — 6. Cet alinéa et les deux suivants sont empruntés à l'abrégé arménien [Hist. arm. 
des Crois., l, 356-357). 11 est surprenant que Barhébréus ne parle ni de la prise de Renaud, ni 
de l'avènement au trône d'Amaury, bien qu'il fasse plus loin allusion à ces faits. Il n'est pas 
douteux que Michel les rapportait ici (cf. ci-après p. 324). — 7. Cf. Gesch. des Konigr. Jerus., p. 304. 



320 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Sur ces entrefaites, les Turcs ayant dirigé une incursion vers Laodicée, y 
firent sept mille prisonniers chrétiens. Cet événement causa une profonde 
douleur dans l'Eglise'. 

Le roi de Jérusalem en ayant été informé marcha contre Alep; mais ses 
efforts furent inutiles. Alors, ayant fait la paix, il reprit le chemin de Jérusalem. 
Arrivé à Acre, il mourut, laissant la couronne à Amaury son frère". Celui-ci 
ayant transporté ses restes mortels à Jérusalem, leur rendit les honneurs 
funèbres; cette perte le plongea dans le deuil pendant longtemps. Amaury 
régna 12 ans'. 



[CHAPITRE IX. — De Vépoque à laquelle Qara-Arslan assiégea Amid. 
A cette époque on amena les eaux au couvent de Mar Bar Çauma]''. 

[En l'année 1474, Qara-Arçlan, seigneurde Hesna de Ziad, vint mettre le siège 
contre Amid]"' (et pressa cette ville de toutes) [677] manières'. Quand il eut orga- 
nisé lesbalistes', il dressa aussi une tour de bois, garnie de fer. Ils ne prenaient 
aucun repos, et beaucoup de peuple périt devant cette ville. Dans la ville se trou- 
vait un émir turc de la famille des Ortokides'. 11 avait comme lieutenant" Ibn Nisan 
Kamal" ed-Dîn, homme ingénieux, qui avait autorité sur tout : les murs et les 
portes, les emplois" (?) et les troupes, les habitants de la ville et ceux des cam- 
pagnes, la richesse " et le commandement étaient entre ses mains. L'émir Djemal 
ed-Dîn lui-même, vieillard honnête, était soumis à Ibn Nisan; il lui donnait lui- 
même le pain à manger. Cet homme agit avec beaucoup d'énergie, et vainquit 
par son habileté la force des armées qui entouraient la ville. Il excitait le peuple 
qui se trouvait à l'intérieur par des paroles aimables, par des flatteries, par des 
promesses et des présents, à garder le mur et à combattre les ennemis. Contre 
les engins du dehors, il en avait préparé à l'intérieur de plus grands, d'où ils lan- 
çaient des pierres avec les frondes et des traits. Contre les machines, c'est-à- 
dire les balistes de l'extérieur, il en dressa de plus élevées à l'intérieur. Par 
trois fois, il envoya de nuit mettre le feu aux machines de guerre des assaillants. 
Il défendait, en lançant de grosses pierres, le côté extérieur des tours contre 



1. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 305, n. 3. — 2. Cf. op. cit., p. 307. — 3. Le texte armé- 
nien porte « 19 ans » ; mais d'après les tableaux chronologiques (v. ci-après, à la suite du livre XXI), 
Michel ne lui donnait que 12 ans de règne, ce qui est conforme à la réalité {(évr, 1162-juiII. 1173), 
et plaçait son avènement à l'année 1474 (rectifier : 1473), 

4. Nous restituons ce titre par conjecture. — 5. Ces premiers mots sont empruntés à Barhébr. 
[Chron. syr., p. 329). — 6, Ici reprend notre texte, après la lacune; mais la version arabe omet 
encore ces parties incomplètes. — 7. ^apaxMiJia. — 8. Lire : '.oo^»!. — 9. Litt. « comme second ». 
— 10. Ms. ; KLM, Cf. H, Derenbourc, Ousâma ibn Mounkidh, p, 320, n. 2. — 11. Je suppose qu'il 
faut lire ll.oLii.9. — 12. Il faut probablement lire : lUoi. 



LIVRE XVIII. CHAP. IX 321 

lesquelles on dirigeait les attaques. Il se tenait bien fortifié à l'intérieur dans de 
grands portiques de pierre dure ' bâtis à chaux en long et en large. Pendant qu'il 
résistait de toute façon aux assaillants, il envoyait fréquemment ses messagers 
près de chacun des émirs du dehors, et s'efforçait d'en faire les ennemis de son 
ennemi : ce qui arriva, en effet. Il en trouva un entre tous qui seconda son des- 
sein : Ya'qoub-A[r]çlan, prince de Cappadoce. Bien qu'il fût le beau-père de 
Qara-[ArJçlan, quand il reçut les messagers et les lettres qu'on lui envoyait 
d'Amid^ voyant les promesses de grands présents* et de se soumettre [678] à 
lui, il se sépara de Qara-Arslan. Il résolut de délivrer Amid' de ses mains; il 
lui rendit ce que celui-ci lui avait fait dans l'affaire de Mélitène. Il entra donc 
dans son pays et y fit des captifs et du butin. Qara-Arslan abandonna Amid et 
revint le cœur brisé, après avoir pris beaucoup de peine pendant cinq mois et 
fait de grandes dépenses. Quand il fut revenu à son pays et rentré dans sa 
citadelle, Ya"qoub-A[r]çlan l'invita à faire la paix; dans l'irritation de son cœur, 
il n'y consentit pas. Dans sa colère, Ya'qoub-Arslan pilla Kizan, Karsen et 
Tell Patriq; il prit de vive force la forteresse de Soumouskai' et emmena 
cent mille captifs : il emmena les hommes, les femmes, avec les bestiaux et tout 
le reste de leur bien. Il laissa les campagnes désertes et dévastées. 

Dans cette captivité, le vénérable Ignatius, évéque deTella sur l'Arsanias, fut 
emmené jusqu'à Qamah, d'où il revint à Mélitène. L'évéque de Hesna [de Ziadj* 
fut aussi pris, mais ils le relâchèrent au bout de deux jours. — Fin. 

[En l'an 1474, alors que nous étions 

préposé à la direction du couvent de 

[677] ' ouvrit ses greniers, à Antioche, Mar Bar Çauma, nous apportâmes tous 

et nourrit un peuple nombreux depuis nos soins à amener l'eau au couvent*...] 

le commencement de 'adar' (mars), jus- [677] des années ; et même les Musul- 

qu'au mois de haziran (juin). — Fin, mans, ou les Turcs et les Curdes et les 

autres peuples^ qui se réunissaient con- 
tinuellement pour venir vénérer le saint. 
A sa fête surtout, un peuple innombrable s'assemblait au couvent, car il faisait la même 
faveur à beaucoup de gens qui guérissaient. Le pèlerinage durait plusieurs jours. Les 
gens étaient tourmentés par la soif, parce qu'on apportait l'eau de loin à dos de 
mulet. Comme l'évéque de Mardin'" avait déjà trouvé l'art de la géométrie", ilcondui- 



1. Proprement : « de marbre ». — 2. Lire : Itsawaso?. — 3. Lire : .ood. — 4. Vocalisation d'après 

BH : uni.a»tt».. — 5. D'après BH. 

6. Nous n'avons rien trouvé pour compléter cette allusion à une famine. — 7. Lire : »»), 

8. Nous suppléons ce début d'après Barhébr. (Chr. eccl.^ I, 519). — 9. Litt. : « langues ». — 

10. Jean. — 11. Traduction littérale; le contexte précise le sens. 

111. 41 



322 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

sait et amenait facilement les eaux où elles étaient nécessaires. Il fut agréable au 
vénérable évêque d'attacher son souvenir à ce saint lieu. Cela ne plut pas aux moines. 
Ils disaient : « Il nous est impossible, au moment où nous sommes entourés par les 
Turcs, de faire un si grand travail ». D'ailleurs, ils ne croyaient pas qu'on pût jamais 
établir un canal au sommet d'une montagne comme celle-ci, hérissé de pierres et de 
rochers. A cause de cela, ils répétaient et disaient : « Les anciens qui étaient bien 
des fois plus savants et plus riches que nous n'ont jamais pu faire cela, comment le 
pourrions-nous?» Le temps s'écoula jusqu'au moment où moi, humble Michel, je 
fus appelé et établi archimandrite de ce couvent. Le Seigneur, qui fait paraître sa 
force dans les faibles aussi bien que dans les puissants, stimula ma faiblesse, et 
j'écrivis au vénérable Mar Jean qui vint avec empressement. Après avoir pris les me- 
sures, il démontra que l'eau pouvait entrer au couvent. Alors le travail commença par 
le creusement de la terre et la préparation des choses nécessaires. A l'approche de 
l'hiver, le vénérable évêque retourna à son diocèse, pour revenir au mois de nisan 
(avril). J'omets de dire combien de tourments j'eus à supporter par le murmure des 
frères; et cela par l'action de Satan, l'ennemi de tous les bienfaits procurés aux 
hommes dans l'âme ou dans le corps. Il fit en sorte, dans sa jalousie, que tous les 
moines,- vieux et jeunes, criaient et se lamentaient contre ma pauvre personne. L'un 
objectait (?) les dépenses, l'autre était elFrayé par la jalousie' de ceux qui nous entou- 
raient;- tous disaient que le couvent allait périr et être détruit. Je supportais allègre- 
ment toutes les difficultés amères, avec l'aide des prières de Mar Bar Çauma. J'amenai 
ceux qu'il était possible [678] de gagner par la persuasion à s'abstenir tout au moins 
de murmurer, et j'infligeai la honte aux autres en recourant à la prière en échange 
des injures. Vint le printemps, et le saint évêque revint selon sa promesse. Au lieu 
de la jalousie à laquelle on s'attendait de la part du prince de ceux qui nous entou- 
raient, ce furent des louanges et des secours tant des chrétiens que des musulmans. 
Alors les moines reprirent courage, et tous se mirent à l'œuvre, par la vertu des 
prières de notre seigneur Mar Bar Çauma, qui renversa et détruisit la jalousie de 
Satan. Chacun mettait de l'empressement et s'efforçait d'être le premier au travail ; 
surtout parce qu'on voyait des signes, qui indiquaient, pour ainsi dire du doigt, 
que cette oeuvre était la volonté du saint, bien qu'elle fût une œuvre matérielle. 

Et cela fut manifesté par des songes et par des événements. Qu'aucun de ceux qui 
considèrent les songes comme des fantômes ne méprise ceux de cette espèce : car 
parmi les songes, il y en a qu'il ne convient pas de dédaigner. Le saint apparut donc 
à quelques-uns des moines et des serfs qui se montraient les plus opposés et s'effor- 
çaient d'entraver l'entreprise ; il tenait le fil (à plomb) et montrait en disant : « Ici, 
je veux qu'on amène les eaux ». Par les événements (sa volonté fut manifestée) de la 
manière suivante : Comme on creusait à l'endroit du rocher où une grande pierre 



1. Lire : l»aaft-, comme plus bas. 



LIVRE XVIII. CHAP. IX 323 

se trouvait sur le chemin, les hommes étaient autour et s'efforçaient de la faire rouler ; 
tout à coup elle fit un grand bruit pour tomber, et, par la terreur du grand bruit de 
cette pierre et de la troupe des gens, un des hommes fut effrayé, se laissa choir, et 
tomba sous la pierre. Toute cette grosse pierre, pour ne pas dire cette montagne, 
passa sur cet homme, qui gisait entre deux petites pierres. Tous se précipitèrent en 
gémissant pour voir s'il restait quelque chose de ses ossements, et on trouva ce jeune 
homme, qui portait aussi le nom de Bar Çauma, vivant et sain, n'ayant pas la plus 
petite blessure. Cela nous avons tous vu de hos yeux et palpé de nos mains'. Si 
quelqu'un doutait du prodige surnaturel écrit dans l'histoire du saint, h propos du 
jeune homme dont le ventre broya le fer et qui néanmoins resta vivant, il doit être 
affermi (dans sa croyance); car celui-ci fut comprimé entre deux pierres, et la même 
vertu puissante qui a lait revivre celui-là, a conservé celui-ci. 

Combien de prodiges et de miracles semblables ont eut lieu pendant ce travail, il 
est impossible de le rapporter sans interrompre la suite du discours'. J'ai noté ces 
quelques-uns parmi un grand nombre d'autres. Il y en eut un pourtant, à la fin du tra. 
vail, que je dois raconter brièvement. Les eaux approchaient de la porte du couvent, 
mais il se trouvait, un rocher très élevé, et il n'était pas possible de le fendre' ni de 
bâtir un mur h côté. Nous en étions au désespoir. Alors, le saint apparut h un moine 
étranger et lui dit : « Va dire à l'évêque* et à l'archimandrite : Ne vous découragez 
pas ; vous trouverez un passage pour les eaux en tel endroit. » Quand il rapporta 
cela, personne ne le crut; car la montagne était partout très dure en cet endroit. 
Le moine s'étant mis seul à creuser h l'endroit qui lui avait été indiqué, trouva 
[G79] la montagne fendue sur un espace d'environ cinq cents pas, et ni au-dessus ni 
au-dessous de la crevasse n'apparaissait de fissure. Tout le monde fut surpris et loua 
(le Seigneur). Quelques-uns disaient que la trouée était ancienne, d'autres que le Sei- 
gneur l'avait nouvellement creusée. Pour moi, je dis : qu'elle ait été creusée dès 
l'origine, ou qu'elle ait été ouverte maintenant, la vertu de Dieu qui réside dans 
notre seigneur Mar Bar Çauma nous a prouvé qu'il a fait lui-même cette œuvre, et 
non pas nous. Et si moi, misérable, j'en ai ajouté le souvenir aux autres choses que 
j'ai réunies dans ce livre, personne ne doit penser que j'ai écrit une chose inexacte; 
j'en ai au contraire omis plusieurs pour ne pas allonger le discours; de ce que j'ai 
rapporté quelque chose de ce que j'ai eu h subir', personne ne doit conclure que je 
me place désormais parmi les forts; je n'ignore pas ma faiblesse. J'ai écrit pour par- 
ticiper aux prières des sages qui liront (ceci), et, dans leurbienveillance, prieront pour 
moi. Qu'ils sachent que le travail a été achevé le 24 du mois de 'ab (aoûtj de 
l'année 1474. 



1, Cf, I JoH., I, 1. — 2. Le texte paraît altéré. — 3. BH : \H,jy. — 4. BH : Uacuii.. — 5. û2ka«»». 



324 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

CHAPITRE [X]'. — De V époque à laquelle Boémond, fils de Bedawi, régna à 
Aniioche, et A/naury, roi de Jérusalem, entra pour la seconde fois en Egypte. 
A cette époque Ya' qoub-A[r]çlan mourut, et aussi le maphrien Ignatius. A 
cette époque les Francs furent battus près de Harim, et le seigneur 
d'Antioche et [celui] de TripoW^ furent pris. 

Après que Raynald ' eut été pris par les Turcs et enfermé à Alep*, sa femme, 
à qui appartenait Antioche, qu'elle avait reçue en héritage de son père, prit 
l'autorité sur cette ville et elle la gouvernait. Elle avait un fils qui était parvenu 
à sa majorité, mais elle ne lui permettait aucunement de gouverner, et les 
grands en étaient scandalisés. Et comme" [elle était molestée par les grands, 
elle manda à l'empereur des Grecs, qui était son gendre, de venir et qu'elle 
lui livrerait la ville. Le patriarche et les grands en eurent connaissance, et ils 
firent venir Thoros de Gilicie. Celui-ci entra à Antioche; il chassa la reine de 
la ville, et affermit le fils de celle-ci sur le trône. 

La même année, Nour ed-Dîn, ayant réuni une nombreuse armée de Turcs, 
alla faire le siège de Hesn Akrad, afin de pouvoir envahir et piller la région de 
Tripoli. Un jour, vers midi, comme le peuple des Turcs se reposait sous ses 
tentes, les croix des Francs apparurent tout à coup, et une grande terreur 
s'empara des Turcs. On rapporte que quand Nour ed-Dîn vit les enseignes 
des Francs, il se précipita hors de sa tente, en chemise el sans manteau, et 
sauta sur son cheval qui était attaché, selon l'usage. Un Curde s'avança et coupa 
les entraves du cheval, et Nour ed-Dîn put s'enfuir et se sauver. Les Francs 
saisirent le Curde et le tuèrent; ils passèrent beaucoup de Turcs au fil de l'épée 
ou les enchaînèrent et les emmenèrent à Tripoli*. 

En l'année 1475, Ya'qoub-Arslan mourut subitement [àJ'Kiangar, qui est sur 
les rives du fleuve Halys. Il eut pour successeur Ismaël, son petit neveu'. 
Celui-ci prit pour femme la veuve de Ya'qoub-Arslân, qui était la fille du sultan. 

Nour ed-Dîn mit le siège contre Harim. Alors cinq princes se réunirent : le 
prince d'Antioche', le comte de Tripoli''', Thoros de Gilicie, le grec Doucas" de 
Tarse, et le Maître" des Frères, avec environ treize mille cavaliers et piétons. 
Ils se l'encontrèrent avec Nour ed-Dîn et les Francs furent honteusement tail- 
lés enpièces'^ Le comte, Doucas et le prince furent faits prisonniers et furent 
emmenés enchaînés à Alep, Tous les Frères furent tués. Thoros se sauva à 
Antioche, où le patriarche des Francs fit un grand deuil : il brisa les semantra et 



1. Comme d'habitude, le numéro d'ordre du chap. est omis, — 2. i^^oa];^. — 3. Ms. : Renaghd, 
— 4. Cf. ci-dessus, p. 319, n. 7. — 5. Nouvelle lacune du texte, que nous suppléons d'après 
Barhébréus [Chr. syr.^ p. 328 et suiv.). — 6. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 317. — 7. C'est 
ainsi qu'a compris la vers, armén, [Hist. arm., I, 359), et qu'il faut lire. Le texte de Barhébr. 
porte : « sur le fleuve Kângar qui est sur les rives du fleuve Halys. » — 8. Lilt. : « Le fils du fils 
de son frère ». — 9. Boémond III. — 10. Raymond le jeune. — 11. Constantin Calaman, gou- 
verneur grec de Cilicie. — 12. mayster. — 13. 11 août. Cf, Gesch. des Kûnigr. Jer,, p. 318. 



LIVRE XVllI. CHAP. X 



325 



fit cesser les prières. Nour ed-Dîn s'empara de Harim et du couvent grec de 
Siméon. Il fit les moines captifs avec tous les gens du pays. 

En cette année iNour ed-Dîn envoya en Egypte l'émir Asad ed-Dîn Shirkouh, 
frère de Nedjm ed-Dîn Ayoub, père de Çalah ed-Dîn. — Ces deux frères, Shirkouh 
et Ayoub, étaient fils de Shadî, de la région de Dovin, ville d'Arménie, et de 
race curde ; ils étaient au service de Moudjahid ed-Dîn Bahrouz, eunuque de 
l'émir de Tagrit, l'ami des Chrétiens. Shirkouh ayant tué un chrétien de Tagrit 
que l'émir aimait beaucoup, les deux frères s'enfuirent à Mossoul près de Zan- 
gui, qui les accueillit et les traita honorablement. 

Quand Zangui s'empara deBa'lbek, il établit comme préfet dans cette citadelle 
Nedjm ed-Dîn Ayoub. Après le meurtre de Zangui, celui-ci livra la place au 
seigneur de Damas. Son frère, Asad ed-Dîn, Shirkouh entra au service de Nour 
ed-Dîn qui lui donna Emèse et Rehabôt. Celui-ci avait aussi aidé à livrer 
Damas à Nour ed-Dîn, et ils furent tous les deux en honneur près de ce prince. 
L'occasion se présenta de faire passer des troupes en Egypte; les Egyptiens 
étant désespérés, Shawer.vizir d'Egypte, vint de mander du secours. Nour ed-Dîn 
vit que Shirkouh était capable, et il l'envoya avec Shawer. Ils partirent ensemble 
et arrivèrent en Egypte. Shawer reconnut bientôt aux mouvements de Shirkouh 
qu'il s'efforçait d'enlever l'empire aux Egyptiens. Pour ce motif, il fit la paix avec 
les Francs, négligea Shirkouh, et ne lui donna rien de ce qu'il luiavait promis en 
fait d'or et de places importantes. Shirkouh envoya ses troupes occuper la ville 
de Bolbais. Shawer fit venir le roi de Jérusalem, avec une nombreuse armée de 
Francs, et Shirkouh alla se fortifier dans Bolbais. Les Egyptiens s'unirent aux 
Francs et marchèrent contre lui à Bolbais, où ils le tinrent bloqué pendant trois 
mois. Puis la nouvelle arriva que les Francs avaient été mis en pièces et faits 
prisonniers à Harim. Alors le roi de' Jérusalem envoya trouver Shirkouh et lui 
proposa de sortir en paix et de s'en aller dans son pays, laissant l'Egypte à ses 
maîtres. Shirkouh accepta cela avec empressement, il partit et s'en alla à Damas\ 



En l'an 1476, il y eut partout disette 
de blé, et surtout dans la région d'An- 
tioohe et de Cilicie, où il arriva au prix 
d'un dinar pour un demi-marbana', A 
la fin on n'en trouvait même absolument 
plus. 

La même année, fut tué Djemal ed- 
Dîn, ce vizir^ qui était à Mossoul, dont 
nous avons rapporté plus haut qu'il 
envo3'a le maphrien Ignalius près du roi 
des Ibères*. Cet homme êtaitPersan d'o- 



Le maphrien Ignatius était tombé 
malade depuis longtemps; quand il vit 
son infirmité s'aggraver, il voulut venir 
au couvent de Mar Bar Çaunia. Ayant 
pris quelques-uns de ses disciples, et 
aussi ses livres et son pécule, il partit 
et arriva jusqu'au village appelé Hayel, 
dans la région de Nisibe°. 

Il devint très faible et obligea ses dis- 
ciples à le conduire promptement au 
couvent de Qartamîn; pendant la nuit. 



1. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 313 et suiv. 

2. Ce nom de mesure revient plusieurs fois par la suite. — 3. Lire : 1t»(o, — 4. Cf. ci-dessus, p. 318. 
5. Ici le texte présente de nouveau une longue lacune. Ce qui suit est tiré de Barhébr. {Ckr. eccl. 

II, coi. 355) qui reproduit le passage de MicheJ. Cf. Car. eccL, I, 530. 



326 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

rigine, et l'atabeg Zangui l'avait établi tandis qu'ils l'emportaient, il mourut, 

gouverneur de Mossoul. Il lui avait Ses disciples, craignant les gouverneurs 

.. M , I 1» j . 1 . ■] du Tour 'Abdîn, abandonnèrent la route 

attribue la dime de tous les revenus; il , • , in ^ , • i i- • 

, . -1 • "^ couvent de Mar Gabriel et se diri- 

s enrichit et grandit beaucoup, et il était g^^.^^^^ ^^^^ j^ couvent de Mar Hanania, 

comparable à ' près de Mar Jean de Mardin. Son saint 

corps y fut enseveli dans un sépulcre de 
marbre, dans le sanctuaire de ce cou- 
vent. Il mourut le dimanche' 14 de hazîran (juin) de l'année 1475. Il avait exercé (son 
office) convenablement et honorablement pendant 21 ans. Mar Jean de Mardin hérita 
de son pécule. 

La même année'' mourut, h Mélitène, Çelîba de Qarigarah. Il était prêtre. Devenu 
veuf, il s'appliqua aux études et surpassa tous ses contemporains. Il devint très 
célèbre, bien qu'il fût méprisable parce qu'il aimait le vin. A la fin, il se fit moine. 
Bar Çalîbî lui dédia quelques-uns de ses ouvrages. 



[CHAPITRE XI]' 

En l'an 1476, Kilidj-Arslan, sultan d'Iconium, envahit Gadoug, Ablastain et 
Toronda. Il commença à poursuivre les descendants de Danishmend. 

Nour ed-Dîn s'empara de Banias et la fortifia considérablement". 

L'arménien Thoros pilla Mar'as. Il y prit quatre cents Turcs et fit dire à Nour 
ed-Dîn : « Si tu ne délivres pas moyennant rançon les princes chrétiens qui sont 
chez toi, je ferai brûler vifs tous ceux-ci ». Ainsi contraint, Nour ed-Dîn ran- 
çonna tous ceux qu'il détenait, et même le jeune prince, à cent mille dinars*. 
Quand ceprince, Bohémond,futdélivré, il s'en alla à Contantinople trouver l'em- 
pereur des Grecs dont il était legendre Ml en obtint de grandes richesses, revint 
à Antioche, et ramena avec lui un patriarche grec nommé Alhanasius. De cela, le 
patriarche des Francs^ fut scandalisé. Il quitta la ville et se retira à Qoçaïr, et 
envoya des anathèmes aux Francs d'Antioche'. 

En l'an 1477, Manuel, empereur des Grecs, fut frappé d'un trait pendant la 
guerre contre les Bulgares, et tomba de cheval. Un Bulgare se jeta sur lui 
pour le tuer. Manuel fit connaître qu'il était l'empereur et promit de grandes 
récompenses à celui qui l'avait pris, sous des serments redoutables, s'il le 
conduisait à Constantinople. Le Bulgare y ajouta foi, et l'amena à la ville. 
L'empereur accomplit sa promesse, et y ajouta encore'". 

On dit qu'à cette époque Manuel tua par le poison l'impératrice, parce 
qu'elle était stérile, et prit une seconde femme, ce qui n'était pas permis aux 
empereurs". 

1. Nous ne pouvons ici combler la lacune. Cf. Gesch. der Chai., 268, n. 1, et Hist. arah. des 
Crois., I, 542. — 2. Texte imprimé : « le jeudi 14 ». — 3. 1475 (Bar Hebr., Chr. eced., I, col. 529). 

4. Bar Hebr., Chron. syr., p. 331-332. — 5. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 320. — 6. Cl. op. 
cit. , p. 319. — 7. Lisez : « le beau-frère »; cf. ci-après, n. 11. — 8. Amaury. — 9. Cf. op. cit. 
p. 319. — 10. I/auteur fait sans doute allusion à quelque épisode de la guerre contre les Hongrois. 
— 11. Après la mort d'Irène (1158) dont il n'avait que deux filles, il épousa Marie d'Antioche, fille 



LIVRE XVIII. CHAP. XI 327 

En cette année', au mois de shebat En l'année 1476, les Orientaux, 

(févr.), mourut à Bagdad, h l'âge de citoyens de Tagrit et de Mossoul, vin- 

90 ans, le médecin chrétien Emin ed- rent trouver le patriarche au couvent 

Daulah, fils de Thalmid. Il était versé de Mar Bar Çauma pour recevoir un 

dans différentes sciences ; il n'avait pas maphrien. Jean, archimandrite du mo- 

son pareil dans la médecine à cette nastère de Mar Jacques dans la région 

époque. II brillait beaucoup dans la dia- d'Edesse, fut élu^;ll était originaire 

lectique, et n'était inférieur à aucun d'une famille noble de Saroug. Son 

des plus habiles Arabes dans leur gram- ordination eut lieu le vendredi 6 de 

maire et leur poétique, tesrîn ii (nov.) de l'année 1476 ^ 

La même année, le célèbre Mar Jean 
de Mardin, se rendant du couvent de Mar 
Hanania à la grotte d'Adrour, pour y visiter un solitaire nommé Hayeh*, fut projeté 
par son cheval et mourut. Tout ce qu'il avait reçu en héritage du maphrien' resta 
entre les mains d'hommes impies qui le dissipèrent iniquement, et qui périrent 
ensuite misérablement^. 

Quelques personnes conseillaient alors au patriarche de se rendre à Mardin et 
d'en faire le siège du patriarcat, à la place d'Amid. II y consentit ; mais il attendait 
d'être mieux, car il souffrait de la gravelle. Ensuite, voyant croître son mal, il sentit 
sa fin approcher. Il fit venir Denis bar Çalibi (évêque de Mara's), qui se trouvait 
alors à Mélitène', et il lui attribua le siège d'Amid; mais celui-ci ne l'accepta pas et 
se borna à l'en remercier '. 

Les gens de Mardin, voyant que le patriarche ne pourrait venir chez eux, deman- 
dèrent d'un commun accord l'archimandrite du couvent de Mar Bar Çauma, Mar 
Michel; le patriarche elles évêques y consentirent, mais lui-même n'accepta point. 
Pendant qu'on traitait ces affaires, la fin du saint patriarche arriva, dans la soirée 
qui précède le vendredi, le 14de tamouz(juill.) de l'an 1477. Son corps fut déposé dans 
la sacristie de l'égliscj dans le tombeau où se trouvent (ainsi)' trois patriarches du 
nom d'Athanasius. Il avait gouverné l'Eglise pendant 27 ans et sept mois, et ordonné 
deux maphriens et trente-deux évêques. 

La même année mourut aussi Jean, le pape d'Alexandrie'". 



[fin du livre dix-huitième1 " 



de Raymond de Poitiers et de Constance (25 déc. 1161). Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXVIII, 
§ XXXVII, Lxr. 

1. 1476 (Bar Hebe,, Chr . syr., p. 329). 

2. A la suite du refus de Michel lui-même. — 3. D'après Chr. eccl., I, 531 ; II, 358. — 4. La 
lecture de ce nom est douteuse. — 5, Cf. p. 326. — 6. Chr. eccl., I, 532. — 7. Cf. ci-dessus, p. 314. 
— 8, Le texte parait altéré eu ce passage. — 9. Le texte doit s'interpréter ainsi ; cf. ci-dessus 
p. 135, 228. — 10. Cf. Renaudot, ffisi. pair. Alex., p. 528. — 11. Voir la note suivante. 



LIVRE XIX 

Avec l'aide de Dieu, nous commençons le Dix-neuvième Livre a l'année 1478, 
QUI EST l'an 1148, de l'Incarnation de Notre-Seigneur, l'an 545 de l'empire 
DES Arabes, l'an 107 des Turcs, et, depuis Adam et le commencement du 
monde, l'an 6647 '. 



[CHAPITRE PREMIER] = 



En l'an 1478, Nour ed-Dîn envoya pour la seconde fois en É^ype l'émir Asad ed- 
Dîn ShirkoLih, el Çalah ed-Dîn, neveu de celui-ci. Comme Shirkouh désirait cela 
et s'yétait préparé, il arriva rapidement en Egypte. Il franchit le Nil et passa dans 
la région occidentale ; il s'avança jusqu'aupays de Ça'id. Shawer, vizir d'Egypte, 
envoya chercher les Francs. Les Francs et les Egyptiens rassemblèrent leurs 
forces et passèrent à leur tour dans la région occidentale du Nil, à la poursuite 
de Shirkouh. Les grands qui l'accompagnaient lui donnèrent alors un conseil 
(en disant) : « Nous n'avons d'autre ressource que de repasser dans la 
région orientale, et de nous en aller en Syrie. Nous ne pouvons résister à 
l'armée de tous ceux-ci. Si nous nous rencontrons avec eux, nous savons sans 
aucun doute que la défaite nous attend plutôt que la victoire. Et où trouverons- 
nous un refuge? Car tous les fellahs et les soldats, tous les gens du pays sont nos 
ennemis. » Alors un des serviteurs de Nour ed-Dîn, nommé Boungous, jeune 
homme courageux et belliqueux, leur dit: « Croyez-vous, vous tous grands, que 
si vous ne rencontrez pas les ennemis, etque si vous allez trouver Nour ed-Dîn 
sans être victorieux ou vaincus, vous aurez raison à ses yeux? Il vous retran- 
chera les vivres, et vous réclamera tout ce que vous avez consommé depuis 
longtemps. Quiconque craint le danger ne doit pas être soldat du roi mais 
laboureur', ou bien rester à la maison avec les femmes ! » En entendant cela, 
Shirkouh dit : « Tel est aussi mon sentiment ». Çalah ed-Dîn dit à son tour ; 
« Je suis aussi d'accord là-dessus ». Et alors tous se préparèrent à livrer bataille. 
Bientôt les Egyptiens et les Francs se réunirent, et ils en vinrent aux mains 
malgré eux. Snirkouh plaça au centre de l'armée son neveu Çalah ed-Dîn, avec 



1. Ce titre n'existe pas dans le ms.; nous le restituons par conjecture. Nous fixons le commence- 
ment du livre à l'année 1478, d'après la clausule de la version arabe (cf. ci-dessoUs, à la fin de ce 
Livre), bien que nous ignorions sur quelle donnée l'auteur de cette version s'appuie pour en déter- 
miner l'étendue. Habituellement le commencement des livres coïncide avec un changement de règne- 
cependant la date 1478 n'est pas invraisemblable, car c'est celle de l'élévation de Michel au patriar- 
cat. La division de ce livre en chapitres est purement hypothétique pour toute la partie comprise 
dans la lacune. 

2. Bar Hebr., Chron. syr., p. 332-333. — 3. Il y a ici un jeu de mots entre phalha « miles », et 
phalaha « agricola ». 



LIVRE XIX. CHAP. II 329 

tout le bagage, comme pour augmenter leur nombre. Il leur donna cet ordre : 
« Les Francs et les Egyptiens, pensant que je suis au centre, dirigeront contre 
vous tous leurs efforts. Vous ne leur résisterez pas beaucoup, et bientôt vous 
tournerez le dos. Vous n'aurez pas peur quand ils vous poursuivront, car je 
viendrai derrière eux. » La bataille fut engagée. Shirkouh choisit des hommes 
valeureux, en la vigueur desquels il avait confiance. Quand les Francs et les 
Egyptiens attaquèrent, ceux qui étaient au centre tournèrent le dos; les Francs 
et les Egyptiens les poursuivirent, et alors Shirkouh se mit à la poursuite des 
vainqueurs, les fuyards se retournèrent, et Francis et Egyptiens se trouvèrent 
enveloppés et essuyèrent une grande défaite. Ceux qui échappèrent au combat 
prirent la fuite. On dit que Shirkouh n'avait que deux mille hommes, tandis 
que les Francs étaient dix mille. Shirkouh marcha sur Alexandrie et la prit sans 
combat. Les Francs et les Egyptiens se rassemblèrent dans la ville du Caire, et 
firent demander la paix à Shirkouh. Il fut convenu qu'on donnerait à Shirkouh 
cinquante mille dinars et qu'il retournerait dans son pays; qu'Alexandrie serait 
restituée aux Egyptiens ; que les Francs recevraient chaque année cent mille 
dinars et rentreraient dans leur pays ; cependant, ils auraient à Alexandrie 
un détachement' et des cavaliers pour garder les portes et au besoin en écarter 
les partisans de Nour ed-Dîn. Et ainsi Shirkouh quitta et alla à Damas'. 

En cette année Qara-Arslan, seigneur de Hesna de Ziad, alla mettre le siège 
contre Amid; par la trahison des gardiens, il s'empara de deux tours. Les 
assiégés s'animèrent, et tuèrent ceux qui étaient montés sur les tours. Qara- 
Arslan fut couvert de confusion ; il retourna chez lui dans la tristesse et la 
honte'. Bientôt après, le 17 de tamouz (juill.)*, il mourut, et son fils° lui succéda. 



[CHAPITRE II]* 

Après la mort du bienheureux patriarche Athanasius, nos évêques, ayant entendu 
dire que les évêques d'Egypte avaient élu pour leur patriarche Mar Marcus'' quarante 
jours après la mort de Mar Jean, furent eux-mêmes pleins de sollicitude et se réunirent 
dans le pays de Gargar. Quelques-uns de ces évêques désiraient exercer le pouvoir, 
à l'exemple de Haya, de 'Abdoun et d'autres anciennement. Les autres montrèrent 
du zèle et écrivirent les noms de trois personnes : le vieillard Rabban Abou Ghaleb, 
qui avait déjà été ainsi Inscrit lors de réleclion de Mar Athanasius, Rabban Sahda, 
de la montagne d'Edesse, et Rabban Michel, archimandite du couvent de Mar Bar 
Çauma ; ils jetèrent les sorts dans le couvent de Pesqîn, (le dimanche de la Pentecôte, 
après l'oblation et le triple office de ce jour)*. Le bulletin de l'archimandrite Mar 



1. iia^, — 2. Cf. Gesck. des Kônigr, Jerus., p. 322 et suiv. - — 3, L'émir Ousâma assistait à ce 
siège. Cf. H. Dekenbourc, Ousâma ihn Mounkidh^ p. 321. — 4. Mohammed Nour ed-Dîn. — 
5. Sur cette date, cf. ci-après, p. 343, n. 5. 

6. Bar Hebr., Chr. eccl., I, 535-544. — 7. Comp. et rectifier Eenaudot, Hisi. patr. Alex,, 

p. 531. — 8. Les mots entre parenthèses, qui se trouvent dans le texte de Barhébr., semblent être 

une interpolation, La Pentecôte n'a pu se rencontrer entre la mort d'Alhanasius (14 juill. et la con- 

sécration de Michel (18 oct.). Le texte primitif portait peut-être « au bout de cinquante jours » ('/). 

m. 42 



330 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Michel sortit. Il était fils d'Elias, prêtre de la ville deMélitène, de la famille de Qin- 
dasî. On envoya trois évoques pour l'amener. Mais il s'enfuit devant les évêques et 
se cacha dans un lieu obscur; parce qu'il avait eu connaissance du dissentiment sur- 
venu entre eux. 

En efïet, les évêques qui n'étaient pas présents à l'élection, se mirent en arrivant 
à se quereller avec ceux qui avaient montré de l'empressement. Alors arrivèrent le 
maphrien et les évêques orientaux, qui mirent fin à la dispute en disant : « Nous étions 
déjà disposés à l'ordonner, même sans les sorts ». On reçut en outre deux lettres : 
l'une des moines du désert', qui disait : « Si Michel est élu, nous le proclamerons », 
et l'autre de l'évêque de Jérusalem', qui disait : « Je ne puis venir; mais je vous 
envoie mon adhésion. Si vous ordonnez Michel, du couvent, ou Denha, archidiacre 
d'Edesse, j'y consens et je l'accepte, mais non un autre. Et si vous en choisissez un 
autre en dehors de ceux-ci, vous en répondrez devant Dieu ». Après la lecture de ces 
lettres, ceux mêmes qui avaient fait de l'opposition dirent : « Nous le désirons nous- 
mêmes plus que vous; mais nous étions scandalisés de ce que vous ne nous aviez pas 
convoqués à l'élection ». 

S'étant ainsi tous mis d'accord, ils vinrent au monastère' et le firent sortir de 
l'endroit où il se tenait caché. Toutefois, il ne donna son consentement qu'après leur 
avoir fait promettre qu'ils se conduiraient selon les canons des saints Pères ; qu'aucun 
d'eux ne conférerait l'ordination à prix d'argent, n'annexerait un diocèse au sien, 
ne passerait d'un diocèse à un autre. Quelques-uns résistaient et disaient : <( Ne 
recherche pas la rigueur dans, le temps présent, mais compte avec la faiblesse de 
cette génération. » Et ils étaient sur le point d'annuler l'élection. Alors, le véné- 
rable Dionysius bar Çalibi s'anima et leur dit : m Depuis des années, nous et 
d'autres qui sont morts, nous sommes tourmentés par le jugement de notre conscience; 
deux fois des synodes ont été rassemblés pour corriger les abus, et les coutumes 
invétérées n'ont pas été détruites. Maintenant que le Seigneur a excité le zèle dans 
le cœur de celui qui a été choisi pour notre chef et qui estime par-dessus tout la 
rectitude des canons, en vérité, quiconque ne donne pas son consentement est un 
satan ! » — Alors, tous consentirent et donnèrent leur signature. 

Lorsqu'il s'agit de faire l'ordination, une question fut agitée à propos de l'imposi- 
tion des mains. Le maphrien disait : « Il m'appartient défaire l'imposition des mains, 
de même que mon prédécesseur a ordonné deux patriarches ». Les évêques occiden- 
taux répondaient : « Non, mais il appartient à l'évêque qui se trouve être le premier 
de l'assemblée, c'est-à-dire le chef du synode, de faire l'imposition des mains ». Après 
discussion on convint que le maphrien ferait la consécration et que douze évêques 
l'assisteraient dans l'imposition des mains, que l'évêque d'Edesse *, qui était le chef du 
synode, célébrerait la messe, que celui de Mélitène lirait l'évangile, et Bar Çalibi 
l'autre leçon, que celui de Kaisoum proclamerait ; « La grâce'... », que le vieil évêque 
de Djihan et celui de Goubbos liraient les prières, et ainsi de suite pour les autres 
évêques, qui étaient au nombre de trente-deux^. 



1. Madbra pourrait être le nom propre d'un couvent. — 2. Ignace Romanus. — 3. De Mar Bar 
Çauma. — 4. Basile. — 5. Prière qui commence : Gratia iivina quse infirmas sanat etc. Voir le 
détail du rite de l'ordination patriarcale des Jacobites dans Denziger, ^Ji«s Orientalium, II, 76-99. 
— 6. La liste des évêques présents à la consécration (ci-dessous, Appendice^ § xliv) ne contient 
que vingt-huit' noms. 



LIVRE XIX. CHAP. III 331 

Cette cérémonie fut accomplie le mardi 18 de tesrîn i^' (cet,) de l'année 1478, dans 
le couvent de Mar Bar Çauma. 

Ensuite, le patriarche écrivit un volume exposant la définition de la foi orthodoxe 
et il l'envoya, par trois moines, au patriarche d'Alexandrie, selon l'usage en vigueur 
dans les églises des Orthodoxes, selon lequel le patriarche d'Alexandrie, de son 
côté, après son institution, en faisait part à celui d'Antioche, pour être proclamé en 
Syrie comme le nôtre en Egypte. 

Le patriarche vint ensuite au monastère de Mar Hanania. Là, il établit vingt-neuf 
canons. II fit de Mardîn son diocèse, au lieu d'Amid, et obligea le vénérable 
Mar Dionysius bar Çalibi à passer à Amid qu'il dirigea habilement pendant cinq 
ans'. 

A cette époque, Ignatius de Mélitène fut pris par le prince, et frappé d'une amende 
de 300 dariques. Les gens de la ville, depuis longtemps irrités contre lui, ne lui 
vinrent point en aide. 

Le patriarche se proposa d'aller à Antioche, et se rendit à Edesse. Il parcourut 
tous les monastères de la montagne sainte, accompagné de deux évêques : Ignatius 
de Gargar, et Basilius de Césarée. De là, il passa l'Euphrate. A cause de la guerre 
entre le seigneur d'Alep et celui d'Antioche, il ne put continuer, mais il retourna à 
Kaisoum, et se rendit au monastère de Barid, où il fut surpris par un rude hiver et 
où il s'arrêta^ pendant longtemps ^ 

Les deux évêques de Djihan, l'ancien et son neveu*, furent convaincus de diverses 
fautes : il les déposa tous les deux. 



CHAPITRE LUI]' 

En l'an 1479, au mois de kanoun (déc), mourut Thoros, prince de Gilicie, 
qui s'était fait moine avant demourir. Il prescrivit que son plus jeune fils"^ serait 
son successeur, et que Thomas, son cousin ^ serait son tuteur. 11 déshérita 
complètement son frèreMleh'. Celui-ci en fut choqué et se retira chez Nour ed- 
Din. 11 en reçut une armée de Turcs et envahit la Gilicie". II fit prisonniers seize 
mille jeunes gens etjeunes filles, hommes et femmes, prêtres, moines et évêques, 
qu'il emmena à Alep ; il les vendit à des marchands (d'esclaves) et en distribua 
le prix aux Turcs qui étaient avec lui. Ensuite, les Arméniens le rappelèrent 
près d'eux : ils lui donnèrent la moitié du pays, et il jura que l'autre moitié 
resterait à l'enfant. Puis il transgressa ses serments et s'empara des châteaux 
«t des villes de tout le pays. 11 fit crever les yeux et couper les mains et les 
pieds à plusieurs seigneurs et à des évêques ; il en fit écorcher vifs d'autres et 
les jeta aux bêtes. 

En cette même année, l'émir turc Zain ed-Din, qui était le ministre de 
Qotb ed-Dîn, seigneur de Mossoul, devenu âgé, sourd et aveugle, remit à 



1. Cf. ci-dessus, p. 327, et ci-dessous, p. 344. — 2 Lire : ;-ol. — 3. L'hiver de 1479 (1167-68). 
— 4. Le fils de son frère; cf. ci-dessus, p. 319, 

5. B\R Hebr., Chr. syr., p. 334-335. — 6. Roupen II. — 7. Littér : « fîls de sa tante mater- 
nelle ». — 8. Mélier on Milo chez les auteurs francs. — 9. Cf. Gesch. des Kijnigr. Jerus.^ p. 355. 



332 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Qotb ed-Dîn tous les pays qu'il gouvernait*, et ne conserva qu'Arbèles, qu'il 
possédait déjà du temps de l'atabek Zangiii. Il s'y retira et y mourut. Il eut 
pour successeur son fils Mouthafar ed-Dîn, et Moudjahid ed-Dîn devint mi- 
nistre'. 

Le patriarche se rendit en Cilicie, et de là à Antioche. A. la porte, il rencontra les 
préfets et fut bien accueilli; mais il ne voulut pas entrer (dans la ville) à cause de la 
proximité de la fête, pour laquelle il avait hâte de se rendre h Jérusalem. 11 partit 
donc pour Laodicée, et de là à ïyr ; il parvint à Jérusalem le jeudi de la semaine 
des hosanna^. 

Après avoir prié au Goigotha et au Saint-Sépulcre, il célébra les fêtes dominicales 
et la consécration du chrême dans notre église de laMagdeleine. La veille du Grand 
Dimanche', il rencontra le patriarche des Francs' et fut traité par lui avec honneur. 

De là, il repartit pour Antioche, et se rendit d'abord à Qoçaïr, près du patriarche 
des Francs' qui l'accueillit avec joie. Comme celui-ci était irrité contre le patriarche 
des Grecs qui était à Antioche', il fit introduire notre patriarche en grande pompe, 
comme pour humilier les Grecs. Quoi qu'il en soit, le reste de notre peuple en reçut 
de la consolation. 

Le patriarche demeura là toute une année et y consacra le chrême*. 11 y consacra 
trois évêques. L'un d'eiïx fut Athanasius d'Anazarbus, à la place d'Athanasius l'ancien, 
oncle paternel du patriarche, qui, après avoir exercé la charge pastorale à Anazarbus 
pendant trente-trois ans, en toute sainteté et détachement, s'en alla vers son 
Seigneur. 



CHAPITRE [IV]" 

En l'an 1480, Kilidj-Arslan, sultan d'Iconium, enleva Gésarée de Cappadoce 
et Symnada aux descendants de Danismend. 

La même année, Nour ed-Dîn enleva Qala'Djabar à l'émir Sehab ed-Dîn, un 
Ma'adéen de la famille de 'Oqail. Il lui donna Saroug, Malhata, Bab-Bouza'ah 
et 20.000 dinars. 

La même année, le sultan Kilidj-Arslan enleva aux Grecs la ville d'Ancyre 
et Qanqar. 

A cette époque, les Francs qui étaient restés en Egypte pour recueillir l'or 
du tribut et garderies portes, firent dire à Amaury, roi de Jérusalem, que ce 
pays était dépourvu d'armée, et que les Francs pourraient facilement s'en empa- 
rer. Tous les grands voulaient s'y rendre, mais le roi, dans sa sagesse, les 
retenait et leur disait : « Tout l'or de l'Egypte s'accumule chez nous ; si 



1. Barhébr. commente : « c'est-à-dire Sigar, Harran, Hesna de 'Aqar, les forteresses du Hakà- 
ryeh, ïagrit, et Saharzôr. ». — 2. Cf. Hist. arah. des Croisades^ t. II, ii, p. 241, 323, 

3, Semaine sainte. — 4. La fête de la Résurrection de l'année 1479 (31 mars 1168). — 5. Amaury, 
patr. latin de Jérusalem. — 6. Amaury, patr. latin d'Antioche. — 7. Athanasius, imposé par l'em- 
pereur. Cf. ci-dessus, p. 326. — 8. Le Jeudi-saint 1480 (1169). 

9. Bar Hebr., Chr. syr., p. 335-338. 



i 



LIVRE XIX. CHAP. IV 333 

nous y allons, les Arabes, qui nous haïssent, se rapprocheront de Nour 
ed-Dîn, le feront venir et nous aurons à combattre ceux du dedans et ceux du 
dehors; et nous ne réussirons pas. » Les grands n'adoptèrent pas le conseil 
du roi. « Nous irons, dirent-ils, nous emparer de l'Egypte, et avant même 
que Nour ed-Dîn ait eut le temps de disposer ses troupes pour s'avancer 1 » 
Le roi fut ainsi vaincu par eux ; ils se réunirent et partirent promptement. 
Ils s'emparèrent de la ville de BolbeiSj la pillèrent et emmenèrent la popu- 
lation en captivité. Ils s'avancèrent et mirent le siège devant le Caire et 
Miçr. Les gens de Miçr, craignant qu'il ne leur arrivât la même chose qu'à 
ceux de Bolbeis, s'encouragèrent mutuellement, prirent place sur le mur et 
luttèrent énergiquement contre les. Francs. 'Adhid, khalife d'Egypte, coupa 
les tresses des cHeveux de ses femmes et de ses filles et les envoya à Nour 
ed-Dîn : « Voici, disait-il, que mes femmes te supplient en pleurant et en 
gémissant de venir à leur secours. » Shawer, vizir d'Egypte, fit dire à Amaury 
et aux grands des Francs : « Vous connaissez mon affection pour vous; et si 
'e ne savais que les Taiyayê m'empêcheraient de vous livrer Miçr, je vous 
a livrerais promptement ; mais je sais que s'ils entendaient de moi quelque 
chose de semblable, ils me feraient périr sans tarder. Je crois qu'il vaut 
mieux que vous preniez autant d'or que vous voudrez et retourniez dans votre 
pays, tout en ayant chez nous des procureurs pour recueillir le tribut, comme 
auparavant, et que Nour ed-Dîn ne vienne pas s'emparer de l'Egypte : car 
alors vous n'aurez ni le pays ni le tribut ». Quand les Francs entendirent cela, 
ils firent la paix à condition qu'on leur donnât un million de dinars. Shawer leur 
donna sur le champ cent mille dinars et dit : « Quand vous aurez quitté et 
serez partis, je réunirai le reste et vous l'enverrai. » Et ainsi, les Francs quit- 
tèrent l'Egypte et retournèrent dans leur pays. 

Nour ed-Dîn en apprenant que les Francs avaient quitté l'Egypte ne laissa 
pas d'envoyer ses troupes : car son souci n'était pas de secourir les Egyptiens, 
mais bien de s'emparer du pays. Il commanda donc à Shirkouh de se mettre sans 
retard à la tête de l'armée et de partir avec Çalah ed-Din, son neveu. Shirkouh 
se rendit au Caire, alla trouver le khalife 'Adhid et fut reçu par lui avec honneur. 
Mais, comme toute l'administration était aux mains du vizir Shawer, celui-ci 
entretenait Shirkouh par des paroles insinuantes, mais ne lui fournissait rien 
pour sa subsistance, ni à ceux qui l'accompagnaient; il se proposait de donner 
un festin à Asad ed-Din ' pour s'emparerastucieusement de lui et de son neveu : 
ce dont son fils le détournait. Çalah ed-Dîn, de son côté, méditait de tuer Shawer, 
et son oncle Shirkouh l'en empêchait. Un jour, Shawer s'étant rendu chez Shir- 
kouh, comme de coutume, ne le trouva pas, parce qu'il était allé prier au tombeau 
d'un de leurs grands personnages religieux. Alors Çalah ed-Dîn monta à cheval 
avec lui et, tandis qu'ils causaient, il le précipita de son cheval et l'enchaîna, parce 
qu'il ne pouvait le tuer sans la permission de son oncle. Il informa son oncle 
qui lui dit : « Sans la permission du khalife nous ne pouvons rien faire. » On 
informa donc le khalife 'Adhid, qui les exhorta à le massacrer, parce qu'il ne 
laissait au kalife aucune place à côté de lui. Ainsi fut tué Shawer, sa maison fut 
pillée, et Shirkouh devint vizir à sa place. On l'appela aussi roi et général'; car 



I. âirkouh. — 2. Malik-Mansour ■ cf. Abou'l-feda, Annal, moslem., t. III, p. 609-625. 



334 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

les vizirs d'Egypte portent ces titres. Or, Shirkouh passa seulement deux mois 
dans le vizirat et il mourut d'étouffements. Son neveu Çalah ed-Dîn, fils de 
Nedjm ed-Dîn Ayoub, lui succéda, et s'attacha toutes les troupes par ses 
grandes largesses. Il s'empara de l'Egypte. 

Asad ed Dîn Shirkouh laissait un fils qui s'appelait Naçr ed-Dîn. Lui et ses en- 
fants eurent Emèse. Nedjmed-Dîn Ayoub, son frère, avait six fils : l'aîné Shams 
ed-Daulah Tourân-sâh, qui régna à Alexandrie; le second: Shahinsâh, père de 
'Izz ed-Dîn Faroukh-sâh, et de Taqi ed-Dîn 'Omar, qui posséda, ainsi que ses 
descendants, Hemalh ; le troisième : Saif el-Islâm foghtekin, qui régna sur 
Theman; le quatrième, Çalah ed-Dîn Yousef, qui régna sur l'Egypte, la Pales- 
tine, la Syrie et la Mésopotamie ; le cinquième, Malik 'Adil Abou Bekr, qui suc- 
céda à Çalah ed-Dîn ; le sixième, fadj el-Molouk Bouri, qui mourut pendant 
que Çalah ad-Dîn assiégeait Alep. 

D'Antioche, le patriarche revint an couvent de Mar Bar Çauma, et y rassembla un 
synode en l'année 1480. Iwannis de Djihan fut déposé de l'épiscopat dans ce synode, 
et le moine Abou Ghaleb fut ordonné h sa place. On y établit aussi un canon, sous 
l'analhème de Dieu, statuant qu'aucun évêque n'aurait une femme à son service, fût- 
elle sa sœur ou sa mère; qu'il n'aurait point la liberté de causer avec une femme, 
mais qu'il ferait dire par un prêtre âgé ce qu'il aurait à dire aux femmes ; qu'un moine 
n'admettrait jamais de femme dans sa cellule, ni vieille, ni jeune, ni religieuse, ni 
séculière. 

A cette époque mourut Athanasius de Maipherqat; à sa place fut institué Ignatius, 
qui est Abou Ghaleb, neveu' du défunt maphrien Mar Ignatius. Il fut appelé du cou- 
vent de Mar Bar Çauma, dans lequel il fut ordonné à la fête de la Croix*. 

Basilius d'Edesse mourut aussi, et l'archidiacre Athanasius, qui est Denha, fut 
ordonné à sa place. 

Le patriarche fit venir du couvent de Mar Abhai, Ignatius de Mélitène. Les gens 
de Mélitène vinrent eux-mêmes au synode. Ils réfutèrent les accusations portées 
contre l'évêque et contre son frère, le prêtre Sergius, et l'évêque retourna à son 
église. 



[CHAPITRE V]' 

Au moment où le patriarche entrait à Antioche*les Grecs excitèrent des contro- 
verses au sujet de la foi. Le patriarche écrivit un libelle contenant l'exposé du sym- 
bole de notre foi; et les Grecs envoyèrent ce libelle à Constantinople. Il fut lu 
devant l'empereur Manuel; et l'empereur fit écrire au patriarche par Christophorus, 
homme instruit, en ces termes : « Manuel, empereur fidèle, Porphyrogénète, par le 
Christ-Dieu empereur puissant, élevé et illustre, autocrate des Romains, Comnène, 
fait savoir h Mar Michel, chef des Jacobites par la grâce de Dieu : Notre Majesté 



1. Fils du frère. — 2. 14 sept, 1169. 

3. Bar Hebr., Chr. eccles., I, col. 549 et suiv. — 4. Donc dès 1479 (H68) ; cf, p. 332, n. 4. 



LIVRE XIX. CHAP. V 335 

s'est grandement réjouie en voyant le libelle que vous avez écrit, qui expose la vérité 
de la foi orthodoxe et la saine doctrine. Notre Majesté désire beaucoup vous voir. » 
Après cela, un homme nommé Theorianus fut envoyé par l'empereur Manuel vers 
Narsès, catholicos des Arméniens, et vers le patriarche Michel. En arrivant à Qala' 
Romaita'j il fit dire au patriarche* : « Nous avons pour vous une lettre sacrée de Sa 
Majesté. Venez donc en Syrie; car nous ne pouvons passer en Mésopotamie, pour dif- 
férentes raisons. » Le patriarche n'y alla point; mais il envoya Iwannis de Kaisoum, 
qui conféra avec Theorianus. 

Après son retour à Constantinople, Theorianus fut envoyé une seconde fois '. II fit 
parvenir au patriarche une lettre ainsi conçue : « Au saint Mar Michel, catholicos 
des Jacobites, le serviteur de l'empereur, Theorianus : Nous avons une lettre impériale 
pour Votre Sainteté, et nous désirons la remettre de nos propres mains aux mains 
de Votre Sainteté. Il faut donc que vous nous fassiez savoir quand et où nous pour- 
rons nous rencontrer » . Cette fois encore, le patriarche ne se rendit pas à l'invitation. 
Il envoya à Qala'Romaita le moine Theodorus bar Wahboun, son disciple. Quand 
ce dernier rencontra le légat, il constata qu'avant son arrivée, il avait troublé les 
Arméniens par ses doctrines profanes et les avait stupéfaits par l'enseignement 
d'Aristote. Bar Wahboun lui demanda si la substance se divise en corporelle et incor- 
porelle par des différences essentielles ou accidentelles? la première hypothèse 
conduisant à la composition des êtres simples incorporels, l'autre à la consubstan- 
tialité du corporel et de l'incorporel. Il lui demanda en outre : « En combien de 
modes la nature est-elle connue par les philosophes? Et ces deux natures que vous 
confessez dans le Christ sont-elles particulières ou communes »? Alors, brisé comme 
un bois, Theorianus répondit : « Qu'avons-nous à faire avec ces doctrines du païen 
Aristote ? » Le catholicos des Arméniens le voyant vaincu, le blâma et lui dit : « Tant 
qu'il n'y avait personne près de nous pour résoudre tes raisonnements compliqués, 
tu t'es mis au-dessus de nous et tu nous as reproché de ne rien savoir. Maintenant 
que ceux qui peuvent te vaincre par tes propres arguments sont venus, tu te dérobes I » 
Et ainsi le catholicos détourna son visage de Theorianus qu'il congédia en disant : 
« Je tiendrai un synode et je répondrai à l'empereur ». 

Le catholicos écrivit au patriarche : « L'empereur des Grecs nous demande dix 
choses; cinq concernent la doctrine ; les voici : que nous disions deux natures unies 
dans le Christ, deux volontés, deux opérations ; qu'avec les trois synodes nous procla- 
mions le quatrième, le cinquième, le sixième, le septième; que nous ne disions plus : 
« Qui as été crucifié pour nous ». Les cinq autres concernent les usages; ce sont : 
que nous célébrions la fête de Nativité comme les autres confessions; que nous met- 
tions du ferment dans l'hostie et de l'eau dans le calice; que nous fassions le chrême 
avec de l'huile d'olive; que nous priions dans les églises; que nous fassions le 
sacrifice publiquement. En vue de la paix, il me semble facile de réformer les usages, 
et de dire deux natures, comme le Théologien*, mais de supprimer la formule « qui 
as été crucifié pour nous » et d'anathématiser les saints, cela ne m'est pas possible. 
Là-dessus, ce que tu feras, nous le ferons ». 

Après son départ, Theorianus envoya la lettre de l'empereur au patriarche. Après 
plusieurs choses, on y lisait : « Nous avons compris que Ta Sainteté a le désir de 



1. Résidence du patriarche arménien; cf. p. 297. Theorianus y arriva en mai 1170 (1481), — 
2. Michel. — 3, En 1483 (1172), — 4. Grégoire de Nazianze. 



336 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

venir en présence de Notre Majesté et de converser avec Elle. Mais elle craint qu'on 
ne lui fasse violence et qu'elle ne soit forcée d'écrire ou de dire ce qu'elle ne vondrait 
pas. C'est pourquoi Notre Majesté, conférée par Dieu, fait disparaître cette crainte, 
et, grâce à la lettre que nous avons envoyée par les mains du XtÇioç magistros Theo- 
rianos, Ta Révérence aura la sécurité. Nous écrivons et nous disons : « Tu pourras 
dire tout ce que tu voudras ; tu ne verras rien d'humiliant ni d'abaissant, mais tu 
seras reçu avec honneur et tu retourneras au siège qui t'est échu. Si Ta Sainteté 
n'accepte pas notre foi, elle demeurera dans la sienne ». 

Après celle-ci, trois autres lettres de l'empereur, contenant la même instance, arri- 
vèrent par les mains du grec Caloène. Le patriarche répondit : «Nous désirons beau- 
coup, et nous ne fuyons pas l'union avec quiconque ne change pas la doctrine des 
Pères et confesse, avec Athanasius et Cyrillus, une nature du Verbe incarnée' ». 



[CHAPITRE Vl]" 

A cette époque, (c'est-à-dire en l'année 1481,) ' le roi de Jérusalem, (Amaury,) 
ayant demandé des troupes à l'empereur des Grecs, son parent par alliance*, 
pour marcher contre l'Egypte, ce dernier lui en envoya par mer. Lorsque les 
Grecs furent arrivés en Egypte, poussés par leur malice invétérée, ils voulurent 
tromper le roi, et s'emparer de cette contrée pour leur propre compte. Mais 
quelques personnes avertirent à temps ce prince de leurs intentions. Les 
Égyptiens promirent de nouveau de lui payer' [69S] l'or qu'ils avaient coutume 
de donner autrefois; ils livrèrent un otage comme garantie qu'ils donneraient 
l'or chaque année. [Le roi] prit l'otage et revint à Jérusalem; les Grecs res- 
tèrent dans la misère, et, comme l'hiver survint, plusieurs périrent^; à peine 
quelques-uns d"entre eux revinrent à leur pays'. 

La même année', l'émir de Mélitène, jeune homme dépourvu de jugement, 
se souillait dans les actions d'une honteuse débauche. Il s'attacha à une courti- 
sane sorcière, qui le poussait à persécuter par toute sorte de maux les citoyens 
de la ville et ses soldats turcs. Quand les grands commencèrentà déclarer qu'ils 
ne supporteraient plus de telles choses, il redoubla les désordres de sa vie; il 



1. Les Actes de la discussion publique de Theorianus sont imprimés dans la Patr, Gr., 
t. CXXXIII, 114-298. Voir le résumé succinct de Lamy, Bar Hebr., Chron. eccl., I, 551, n. 1. 

2. Le litre et le début de ce chapitre se trouvaient dans la lacune. Nous suppléons les pre- 
mières lignes d'après l'abrégé arménien [Hist. arm. des Crois., I, 369). — 3, D'après le contexte; 
c'est d'ailleurs la date exacte (1170). — 4. La reine Marie était la petite-nièce de Manuel. — 
5. Fin de la lacune. — 6. Par suite des tempêtes. — 7. Sur cette campagne et le célèbre siège 
de Damielte cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXÎX, § xxxvii-xli; Gesch. des Konigr. Jerus., p. 345 et 
suiv. ; G. ScuLVMBERGER, Campagnes du roi Amaury 1°' de Jérusalem en Egypte (Paris, 1907). — 
8. 1481 (Bar Hsbr., Chr. syr., p. 338). 



LIVRE XIX. CHAP. VI 



337 



s'empara de tout ce qu'il trouva dans les trésors de son père, il prit avec lui cette 
courtisane et ses familiers, et il quitta la ville, comme pour les punir. Les géné- 
raux, les soldats et les citoyens, en voyant ce que [faisait] l'insensé* Mahmoud', 
s'empressèrent d'établir son frère, un jeune prince nommé Abou 'I-Qâsim. 

Quand celui-ci régna, la ville fut pacifiée ; l'autre devint errant de place en 
place, et le discours exposera dans la suite ' la fin de sa vie. 

La même année, le roi de Jérusalem ayant appris que MIeh, prince de Cilicie, 
faisait du mal aux Chrétiens, de toute façon et en tous lieux, s'avança contre lui. 
Celui-ci eut recours aux Turcs, qui vinrent à son aide. Il y eut une bataille. Le 
Seigneur, dans sa bonté, aida le roi qui les vainquit. Les Turcs s'enfuirent et 
Mleh rentra dans sa citadelle. Tandis que le roi assiégeait cette citadelle [696j 
et commençait à l'attaquer, MIeh, réduit à l'extrémité, se repentit, demanda 
pardon et promit de rester dans la soumission au roi '. 

La même année mourut "Izz ed-Daulah% prince de la forteresse d'Aghel. Son 
fils Asad ed-Dîn lui succéda. Il y eut une lutte entre celui-ci et son oncle 
paternel le prince d'Amid ^ Ils s'emparaient des cultivateurs des villages et les 
vendaient comme esclaves. — Fin. 



[En celle même année 1481, le lundi 
29 de haziran (juin), il y eut un violent 
tremblement de terre; la terre était 
secouée comme une barque sur la mer]' 

[695] Craignons, mes 

frères, craignons ! Si un tremblement 
de terre est capable d'inspirer une si 
grande terreur, qui pourra affronter le 
grand jour du jugement futur? 

Comme nous nous trouvions dans le 
temple du couvent de Mar Hanania, 
nous nous prosternâmes sur le visage 



[En cette année 1481, l'eunuque Emin 
ed-Dîn qui gouvernait à Mardin] (oppri- 
mait la ville)' [69S] et le pays. Il prit la 
cour de notre église, à Mardin, et la 
donna aux faiyayê qui l'annexèrent à 
leur mosquée. Ce fut pour nous et pour 
tout le peuple une grande affliction. 
Alors, quelques hommes en vinrent à 
blasphémer contre les saints; au lieu de 
s'en prendre h eux-mêmes et h nous 
tous : car, parce que nous avons péché, 
Dieu ajustement permis que les Gentils 



1. Lire ; l^''»^ lu^'. — 2. BH : « Mohammed « ; cf. p. 319, n. 3. — 3. Cf. ci-dessous, 1. XX, 
cliap. li. — 4. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 3.55, et les sources citées. — 5. Fils de Mou'ayyid 
ed-Daulah, seigneur d'Amid, mort en 551 H. (1156-57). — 6 Djemal ed-Daulah Kamal ed-Dîn 
Abou'l-Qasim 'Ali ibn ai-Hassan ibn Nisan, vizir de Mahmoud ibn Ilaldi Djemal ed-Dîn, et dont il 
a été question plus haut (p. 320). Ces seigneurs d'Amid n'étaient, en effet, « ofGciellement » que 
les vizirs des princes turcs descendants de Inal. Page 677, 1. 8 du texte, il faut probablement resti- 
tuer l.x>io^ "^lU « de Inal le turc », au lieu de Uoa^«| proposé ci-dessus, p. 320, n. 8. (D'après des 
documents inédits communiqués par M. Max van Berchem.) 

7, Le début du récit se trouvait dans la lacune. La date, d'après Bar Hebr., Chr. syr., p. 339. 

8. Suppléé d'après Bar Hebb., Chr. eccl., I, 559. 

III. 43 



338 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



devant l'autel, et nous l'étreignîmes. 
Nous étions projeté de côté et d'autre, 
et, de cœur seulement, nous priions le 
Seigneur de daigner mettre fin au fléau. 
Après un long moment, quand nous re- 
vînmes à nous, contre toute espérance, 
nous étions comme si nous sortions du 
tombeau, à cause delà frayeur. Ensuite, 
comme quelqu'un qui s'éveille d'un som- 
meil, nos yeux se mirent à répandre des 
larmes, et nos langues la louange, sur- 
tout quand nous vîmes, quand nous 
apprîmes et fûmes assuré que non seu- 
lement dans le couvent, mais dans tout 
le pays, il n'y avait eu absolument 
aucun dommage causé. Et quand nous 
sûmes quels désastres avaient été causés 
dans les pays et les villes, nous offri- 



nous maltraitassent, ils osèrent s'atta- 
quer injustement aux saints de Dieu. 
Pourtant, les saints eux-mêmes nou* 
disent avec raison : cf Le nom de Dieu 
est tourné en dérision à cause de vous, 
parmi les Gentils » ; et, en vérité, mal- 
heur au serviteur qui est cause que le 
nom de son maître soit méprisé ! 

Le lendemain, cet eunuque tomba de 
sa monture; il fut pris de remords [mais 
ne put]' restituer l'église, parce qu'il 
craignait les faiyayê. 

Eu cette année où mourut l'évêque de 
Samosate, mourut aussi Joseph qui 
s'était établi illégitimement h Telia 
d'Arsanias, et les fidèles de l'endroit, 
qui étaient fort scandalisés à cause d& 
lui, furent délivrés de lui. — Fin. 



mes tous des actions de grâces encore 

plus grandes à Dieu, qui avait eu pitié de nous bien que nous n'en fussions pas dignes. 
Dans ce tremblement de terre s'écroula Berrhoë, qui est la ville d'Alep, dans 
laquelle l'impiété était aussi grande que dans Sodome et Gomorrhe.Nous avons vu de 
nos yeux les nombreux genres d'iniquité qui s'y commettaient. Plusieurs milliers de 
prisonniers chrétiens s'y trouvaient. Le dimanche seulement on leur permettait d'en- 
trer à l'église, et avec les chaînes aux pieds et au cou. Leur plainte fendait les nues. 
Quelle langue pourrait dire, quelle oreille pourrait entendre les oppressions que 
subissaient là les prisonniers? Si la main voulait [696] les retracer, elle aurait besoin 
de plusieurs volumes. L'air était épaissi', pour ainsi dire, par la fumée de la rage des 
faiyayê de cette ville; et plusieurs en étaient venus à blasphémer en voyant et en 
apprenant leurs actions; ils disaient que la providence de Dieu ne s'étend pas jusque- 
là ! C'est pourquoi sa justice usa de miséricorde envers eux en les arrachant à cette 
impiété furibonde' par ce fléau, comme ceux qui vivaient du temps de Noé par le 
Déluge. Ceux qui disaient que Dieu ne pouvait pas sauver ni délivrer les prisonniers 
de leurs mains, furent accumulés par monceaux dans le tremblement de terre'; leurs 
murs et leurs maisons furent renversés ; l'air et l'eau furent infectés (par les cadavres) 
de ceux qui furent suffoqués; toute la ville se fendit : eUe n'était plus qu'une série de 
crevasses et de fissures; les noirs montèrent sur eux* (?); elle devint comme une 



1. wii.M (?). — 2, ItûS. — 3. Lire : ll-v;^; vers. ar. : or^^il.^is,^i>. — 4. De même vers, ar. 
flatta ;oo^3 ^i.jo. Le texte paraît altéré. — 5. Lire; Uf^ U (BH). 



LIVRE XIX. GHAP. YII 339 

colline de ruines. Et ce qui montre encore plus manifestement que le glaive de la 
•colère était tiré contre elle, c'est qu'il n'y eut nulle part ailleurs un tel désastre. 

A Antioche, le mur qui est sur le rivage du fleuve s'écroula ; la grande église 
des Grecs s'écroula tout entière; le sanctuaire de la grande église de Mar Petrus fut 
renversé, ainsi que des églises et des maisons en divers lieux. Environ cinquante 
personnes périrent à Antioche même. Gabala s'écroula tout entière. A Tripoli, une 
grande partie (de la ville) et la grande église s'écroulèrent pareillement. Dans les 
autres villes du littoral, ainsi qu'à Damas, h Émèse', à Hama, dans toutes les autres 
villes et les campagnes, ce tremblement de terre causa des désastres, mais nulle part 
ailleurs on ne vit ou n'entendit parler d'un désastre semblable à celui qui arriva h 
Alep. 

Le prince', seigneur de cette ville', coupa ses cheveux, se revêtit d'un sac, rassem- 
bla le peuple et monta h Qoçaïr demander pardon à leur patriarche. Ils le pressaient 
de rentrer dans l'église; mais il déclara ; « Si vous n'en faites sortir le patriarche 
grec, je n'entrerai pas. » Quand ils y pénétrèrent, ils trouvèrent ce dernier broyé 
par le tremblement de terre; ils le prirent lorsqu'il respirait encore, et l'empor- 
tèrent hors de la ville : il mourut en route. Alors Amaurj rentra à Antioche. Les 
murs de la ville et son église furent rebâtis. 

Nour ed-Dîn rebâtit le mur d'Alep; de même, le seigneur de Samosate rebâtit ses 
murs, et chacun des princes turcs ou francs rebâtit ses places. 

A nous, c'est-à-dire au reste de notre peuple qui se trouvait dans ces villes, Dieu 
procura un grand secours : peut-être parce qu'il n'y avait dans notre nation ni roi, 
ni riche*. A Alep, quand toute la ville s'écroula, notre église fut préservée, et il 
n'en tomba pas même une seule pierre. A Antioche, trois églises nous furent conser- 
vées : celle de la Mère-de-Dieu, celle de Mar Guiwarguis et celle de Mar Bar Çauma. 
De même, la petite église que nous avions à Gabala fut conservée, ainsi qu'à Laodicée 
et à Tripoli, pour l'exaltation et l'encouragement du reste de nos Orthodoxes. — Fin. 



■CHAPITRE [Vil]. — De l'époque à laquelle moururent le prince de Mossoul et le 
khalife de Bagdad; à laquelle Nour ed-Diii descendit à Mossoul; à laquelle 
le couvent de Mar Mattai fut pillé, et à laquelle nous réunîmes un synode à 
Mar Hanania. 

En Tan 1482, au mois de 'ab (août), [mourut]' l'atabeg Qotb ed-Dîn, prince 
de Mossoul et de toute l'Assyrie^ 

Alors, son frère, Nour ed-Dîn d'Alep, rassembla ses troupes, et descendit 
promptement. Il s'empara de Nisibe sans combat; et les jurisconsultes' s'en 

1. Corriger : j>o»«=o. — 2. ^nnz ; cf. p. 314, n. 2. — 3. Antioche. — 4. BH : l.^^* ttàl «ni prince», 
5. Lacune d'un mot dans le ms. — 6. Cf. Gesch. der Chai., III, 3i5, n, 2. — 7. ÎA, 



340 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



réjouirent, parce qu'il les avait en grande estime. II [697] observait assidûment 
de ne pas boire de vin et de ne pas laisser passer le moment de la prière. Les 
Musulmans l'appelaient « prophète ». C'est pourquoi, il se montra dur pour les 
Chrétiens et fut agréable auxTaiyayê. Il ordonna de démolir toute construction 
nouvelle qui se trouvait dans les églises ou les couvents ; et ils se mirent à 
démolir une grande paroi qui avait été construite dans l'église de Mar Jacques 
de Nisibe, que les Nesloriens occupaient depuis le temps de l'hérétique Bar 
Çauma'. lis pillèrent le trésor' qui s'y trouvait et un millier de volumes. Il fit 
de même en beaucoup d'endroits. 

Il établit comme « gardien des lois » un de ses familiers, ennemi des Chrétiens, 
un jurisconsulte nommé Bar 'Azroun, et il l'envoya faire une tournée pour 
détruire soigneusement toute construction nouvelle qui aurait été faite dans les 
églises du temps de son père et de son frère, « afin que Dieu ait pitié d'eux ! » Ce 
misérable partit, comme il en avait reçu l'ordre. Partout où on lui donnait des 
présents corrupteurs, il jurait que la construction était ancienne ; mais là où on 
ne lui mettait pas ce voile sur les yeux, il démolissait et détruisait, jusqu'à ce 
que la chose lût connue de Nour ed-Dîn, qui le destitua. 

Celui-ci marcha de Nisibe contre Sigar qu'il prit aussi sans combat. 

Ensuite, au mois de kanoun i^"" (déc.) de l'année 1482, il mettait le siège 
devant Mossoul. 

La même année mourut le khalife [698] Moustandjid*. 11 eut pour successeur 
son fils nommé Moustadhi*. Quand celui-ci régna à Bagdad, il détourna des 
Chrétiens l'impétuosité de la haine et de la colère de Nour ed-Dîn, pour un 
motif que le récit exposera en progressant dans la suite des années ^ — Fin. 



Le couvent de Mar Mattai, dans la 
région de Mossoul et de Ninive, fut aussi 
atteint par l'inondation ' qui l'emporta, 
à cause de nos péchés. 

L'atabegQotb ed-Dîn mourut, et son 
fils Saif ed-Dîn commença à régner; or, 
en cette année ou dans l'anuée sui- 
vante, qui est l'année 1482, Nour ed- 
Dîn, prince d'Alep, attaquait cette ré- 



En cette année', Hassan bar Kolaib ', 
moine et prêtre, se fit musulman à Mar- 
dê, à cause d'une dispute entre lui et 
les moines ses frères. Les Taiyayê s'em- 
parèrent de leur couvent, appelé des 
Boukrê, qui était dans la montagne de 
Mardê, et ils en firent une mosquée 
pour les Curdes. 

La même année, [697] lévêque Diony- 



1. Cf. tome II, p. 438. — 2. xeijiViXiov. — 3. Le 9 de rebi' u, 23 déc. 1170. Cf. Gesch. der Chai., 
III, 335. — 4. Abou Moljammed ai-Hassan ibn al-Mouslandjid al-Moustadhi. — 5. Cf. p. 344. 

6. Lire : |U-m; au sens figuré « l'invasion,». 

7. 1482 (= 1171). — 8. Lire laXos au lieu de o^^s (cf. texte, p. 709, 1. 27); la version arabe pré- 
sente ici la même orthogriiphe. 



LIVRE XIX. GHAP. VII 



341 



gion. [697] Les nombreux Curdes des 
environs du couvent savaient que Nour 
ed-Dîa se complaisait dans la vexation 
des Chrétiens. Ce fut un moment propice 
pour leur jalousie. Ils se rassemblèrent 
et formèrent le dessein de détruire le 
couvent. Ils essayèrent de s'en emparer 
pendant la nuit; mais les moines veil- 
laient assidûment et plusieurs fois ils 
brisèrent les échelles, et même broyè- 
rent et tuèrent quelques-uns d'entre les 
Curdes. Alors ceux-ci s'assemblèrent 
pendant le jour et vinrent l'attaquer 
ouvertement. En apprenant cela, les 
campagnards de la région de Ninive 
se réunirent, montèrent promptement 
aider les moines, et vainquirent les Cur- 
des, Ceux-ci usèrent de ruse; ils firent 
une paix mensongère avec les moines, 
et leur donnèrent 30 dinars' comme 
par amitié. Les moines se fièrent à la 
paix trompeuse des Curdes; Us ren- 
voyèrent les campagnards à leurs mai- 
sons. Alors les Curdes s'assemblèrent et arrivèrent à limproviste. Ils ébranlèrent 
une des grosses pierres qui se trouvaient au sommet de la montagne et la firent rouler 
avec violence ; elle frappa le mur à l'endroit où entrent les eaux, et y fit une brèche. 
Les moines s'assemblèrent, et amenèrent de la chaux et des pierres pour rebâtir 
l'endroit. Les Curdes se réunirent et leur lancèrent des flèches jusqu'à ce qu'ils les 
eussent Jffaiblis. Puis ils tirèrent leurs glaives et, poussaut un seul cri^ ils se jetèrent 
sur les moines : ils en tuèrent une partie, et une partie s'enfuit dans le donjon supé- 
rieur du couvent où ils furent sauvés. Le moine Mattai et le reclus Denha furent tués. 
Les Curdes étaient mille cinq cents. Quand ils se furent emparés du couvent, ils 
chargèrent leurs chevaux' et se chargèrent eux-mêmes (de butin). Un si grand butin 
se trouva dans le couvent parce que les biens des gens du pays y étaient accumulés 
par précaution. 

1. D'après Barhébr. {Chr. eccL, II, 366), « les moines donnèrent 30 dinars aux Curdes pour 
obtenir la paix ». - 2. \l^ 1-=. - 3. Lire : ^oov-ll»^^ ; BH : Up ^oo^^? 1»=^ ^^ «"-^i'. 
4, Ms. « la région «, et de même vers. ar. : WjMl j,^; lire ; «/..S^. - 5. Lire : >«.^i«4l ; vers. 



sius, le docteur, commença à restaurer 
l'église de la Mère-de-Dieu à Amid; il y 
établit un diacre nommé Abraham, qui 
était son syncelle. Celui-ci réunit les 
jeunes gens qui voulaient s'instruire : 
lui-même s'instruisait près de l'évêque, 
et instruisait ensuite les disciples. A 
l'aide de subsides fournis par lui-même 
et par les autres fidèles, il restaura l'é- 
glise *. 

La même année, nous bâtîmes l'église 
qui est dans le couvent d'Abou Ghaleb, 
dans le pays de Birta de Gargar. 

La même année, nous réunîmes un 
troisième synode dans le couvent de 
Mar Hanania. On ordonna comme 
évêques Ignatius, pour Telia d'Arsa- 
nias ', et Iwannis, pour Sibabérek, tous 
les deux (originaires) de Mélitène, qui 
furent appelés de Sergisyeh et de Pes- 
qîn. — Fin. 



342 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Quand les Curdes furent partis^ les moines prirent les livres et tout ce qui était 
^ans le donjon, et ils descendirent à Mossoul. Le couvent resta [698] privé d'habi- 
tants et d'office : spectacle lamentable, (fait) pour notre punition. Les gens du pays 
louèrent des soldats pour garder le couvent, afin que les ennemis ne démolissent pas 
les constructions. Ils leur assignèrent trente dariques par mois. 

Quand les princes de Mossoul apprirent ce qu'avaient fait les Curdes dans le 
couvent, ils envoyèrent une armée qui en massacra un grand nombre. Les Curdes 
firent alors une incursion et dévastèrent neuf villages dans le pays des Nestoriens : 
ils tuèrent les gens, pillèrent le bétail et les biens, et incendièrent les maisons. 



CHAPITRE [VIII]. — De V époque des attaques de Nour ed-Dln contre Mos- 
soul ; et des autres événements qui arrivèrent à cette époque. 

Nour ed-Dln entourait Mossoul dans laquelle se trouvaient les cinq fils de 
«on frère avec leur ministre, un eunuque qu'on appelait Fakr ed-Dîn 'Abd 
el-Masîh, originaire de la région d'Antioche. Gomme il était favorable aux 
Chrétiens, comme autrefois Mardochée à ses concitoyens, il était regardé d'un 
mauvais œil par la jalousie des Taiyayê, comme (jadis) celui-là par Bougaios'. 
Nour ed-Dîn lui-même disait que son zèle avait été excité et qu'il était venu à 
Mossoul à cause de cet homme. Celui-ci gouvernait la ville' avec prudence. 
Voyant qu'ils ne pourraient résister à Nour ed-Dîn, car tous se mettaient 
à sa suite, il lui envoya des intermédiaires pour la paix. Il sortit ensuite lui- 
même, et reçut le serment que Nour ed-Din n'enlèverait pas la ville à son 
neveu. Nour ed-Dîn entra alors et monta à la citadelle ; il y établit un chef pour 
la lui garder, [699] un eunuque nommé Sa'd ed-Dîn', et il laissa la ville et le 
pays entre les mains de son neveu. Il partagea [l'or et les richesses qui se trou- 
vèrent dans le trésor] * de son frère entre les fils et les filles de celui-ci, et il leur 
partagea de même ses pays; il plaça sous sa propre autorité tous les pays qui 
avaient une citadelle, c'est-à-dire une forteresse, et établit dans chacune d'elles 
un préfet. 11 multiplia les tributs des Chrétiens, il augmenta la capitation, éta. 
blit la loi qu'ils devaient être ceints d'une ceinture, et ne pas laisser croître les 
cheveux de leur tête, afin qu'ils fussent reconnus et tournés en dérision par les 
Taiyayê. Il décréta de même que les Juifs devaient porter un morceau d'étoffe 
rouge sur leurs épaules, pour être reconnus. 



1. Bouyaîo; ; Esth., xii, 6. — 2. Ms. : « les villes », — 3. BH : ^^^».MaS ^3^ t^». — 4. Le 
«opiste a omis ici une ligae ; restituer : ^wo-l» U<^ >»»3evA|i [uiSia l^oiio, d'après la vers. ar. : 



IJVRE XIX. CHAP. VIII 



343; 



A cette époque, Amaury, roi de Jérusalem, se rendit à Constantinople, près 
de l'empereur des Grecs'. On lui donna beaucoup d'or et des armes. 

Nour ed-Dîn, ayant appris son retour, s'empressa de revenir et ramena avec 
lui l'eunuque 'Abdallah', ne voulant pas le laisser, de peur qu'il ne se fît 
l'auxiliaire des Chrétiens. Quand cet homme partit pour Berrhoë, ce fut une 
affliction pour les populations chrétiennes qui étaient en Assyrie et en Méso- 
potamie. 

Toutes ces choses arrivèrent dans le mois de 'iyâr (mai) de cette année 1483. 

Ce même mois, l'émir qui était à Mélitène', un jeune homme de quinze ans, 
frère de celui qui avait honteusement abandonné cette ville pour s'en aller', 
épousa la fille de Qara [A]rçlan^ de Hesna de Ziad, qu'on lui amena. Après s'être 
contentés et réjouis dans le festin, ils sortirent pour donner des jeux, selon la 
coutume des Turcs et des soldats. Alors, dans la violente rapidité de son che- 
val, l'émir tomba et mourut. Leur joie se transforma en deuil. Tout le monde 
croyait [700] qu'ils ramèneraient le prédécesseur pour l'établir comme leur 
chef, mais les Turcs n'y voulurent point consentir; ils se réunirent, jurèrent 
et firent jurer aux Chrétiens de n'accepter jamais celui qui les avait abandonnés 
pour s'en aller ; ils établirent donc comme chef son autre frère plus jeune, qui 
s'appelait Féridoun', et ils lui donnèrent la fetame de son frère, malgré elle. 
— Fin. 



Comme le discours l'a partiellement 
exposé au sujet de Nour ed-Dîn, Il se 
laissait prendre à la vaine gloire de ces 
Taiyayê qui le considéraient même 
comme un « prophète » '. Aussi s'appll- 
quait-il de toutes les manières à moles- 
ter les Chrétiens, afin de passer auprès 
des Musulmans pour observateur assidu 
de leurs lois. 

Aussi, quand, en dehors de la Syrie et 



Au mois d'éloul (sept.) de cette année 
1482, le vieillard Gabriel, du couvent de 
MarBarÇauma, fut chassé par ses compa- 
gnons et vint nous trouver à Mar Hana- 
nla. A cause de lui, et pour d'autres 
affaires, nous nous rendîmes au cou- 
vent. 

Nous étions accompagné de l'évéque 
Iwannis de Kaisoum, qui était malade. 
Or, il mourut le samedi 24 de ce mois*, 



1, Cf. Hist. du Bas-Emp., LXXXIX, § xtir; Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 353. — 2. Lire : 
crfb,,ai^; il s'agit de 'Abd el-Masîh, dont il changea le nom en celui de 'Abdallah. Cf. Bak Hebr., 
Chron. syr., p. 341. — 3. Abou '1-Qasim. — 4. Cf. ci-dessus, p. 337. — 5. Ici et plus bas 
(p. 346, 1. 4) Michel semble parler de Qara-Arslan comme encore vivant. La date de sa mort 
(17 juin. 1167) marquée plus haut (p. 329) est celle que donnent les auteurs arabes, auxquels Bar- 
hébréus a pu l'emprunter. Cette date n'est pas sans susciter quelques difficultés ; cf. H. Dersn- 
BouRG, Oasâna ibn Moun^idh, p. 323. — 6. BH : vOciSI. 

7. Cf. ci-dessus, p. 340. 

8, Le 24 sept. 1171 était un vendredi. 



344 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



de l'Egypte, il domina encore sur l'Assy- 
rie, il s'éleva dans son orgueil comme s'il 
régnait déjà sur toute la terre habitée. 
■Alors, Satan l'excita à détruire tous les 
Chrétiens. Pour ce motif, il écrivit des 
lettres et envoya des messagers au 
khalife, disant : « Ceci est écrit dans 
le Qorân, où se trouve tout ce qu'a dit 
Mahomet quand il leur prophétisait : 
« Les Musulmans régneront pendant 
« cinq cents ans, pendant lesquels ils 
« ne maltraiteront point les Chrétiens ». 
Ces années sont maintenant accomplies. 
Dès lors, il convient que les Chrétiens 
disparaissent de tout l'empire des Mu- 
sulmans; de sorte que quiconque ne se 
fera pas musulman doit être mis à 
mort ». Il écrivait en outre, dans sa lettre 
au khalife, « qu'il était disposé à se rendre 
près de lui ». Ceci effraya le khalife ; [G99] 
il comprit qu''il voulait venir astucieuse- 
ment pour l'expulser, comme il avait fait 
à celui d'Egypte, et pour devenir khalife, 
puisqu'il se nommait lui-même « pro- 
phète » ; et pour cela le khalife le mé- 
prisa. 

Or, il arriva que le khalife mourut en 
ces joursla, et son fils' lui succéda. Il 
tua le vizir' qui avait voulu l'empêcher 
de succéder h son père. Et, comme le 
vizir qui fut mis à mort était l'ennemi 
des Chrétiens, le nouveau khalife se prit 
à aimer les Chrétiens par haine du vizir. 
Ainsi, il délivra ces princes fidèles, les 
Benè Thomas, qui étaient emprisonnés, 
et leur rendit leurs maisons et leurs 
églises. 



dans ce couvent de Mar BarÇauma. Il 
était instruit dans la doctrine des Livres 
saints, suave dans son langage^ et cé- 
lèbre dans l'Église. 

Deux mois plus tard, c'est à-dire au 
moisdetésrîn ii (nov.) de l'année 1483, 
un nouveau deuil très lamentable attei- 
gnit notre peuple, par la mort dans 
notre Église orthodoxe de Dionysius 
d'Amid, qui est Jacques bar Çalibi, le 
docteur éloquent, l'étoile de sa généra- 
tion ; il convient de l'appeler ami du la- 
beur^, à l'exemple de Jacques [099] 
d'Édesse, car il brilla beaucoup par les 
labeurs de son érudition; il compila et 
composa des ouvrages très exacts de 
commentaires sur tous les livres des 
prophètes, c'est-à-dire sur tout l'An- 
cien Testament. Il fit en outre un com- 
mentaire célèbre sur l'Évangile, l'Apôtre, 
et les Actes, sur les livres doctrinaux de 
Grégoire le Théologien, sur les livres de 
Basile, sur celui de Denys*, et sur ceux 
de Grégoire de Nysse ; sur les écrits de 
saint Sévère, sur celui de Pierre de Cal- 
linice, et sur les Centuries du moine 
Evagrius. 

Il fit un livre de réfutations contre 
toutes les hérésies et toutes les sectes 
qui s'attaquent à notre foi orthodoxe. 
Il fit aussi des livres de commentaires 
sur la dialectique des auteurs profanes, 
d'Aristote et d'autres. Il fit un livre de 
théologie. Il écrivit encore une Chro- 
nique, un volume de lettres et des trai- 
tés. Il compila et écrivit un grand vo- 
lume dans lequel sont recueillis tous les 



1. Moustadhi. Gesch. der Chai., III, 338. — 2, Ibn al-Bélédi (Ibn alAthie, t. XI, p. 237). 
3. çiXonovo;. — 4. Du Pseudo-aréopagite. 



LIVRE XIX. GHAP. IX 



345 



On lui fit alors connaître comment 
son père avait chassé les envoyés de 
Nour ed-Dîn, parce qu'il avait deviné la 
ruse de celui-ci. Le khalife lui écrivit en 
réponse : « Il ne t'appartient pas d'être 
appelé « prophète >>, ni d'établir des lois, 
comme Dieu; car, tu ne comprends pas 
même correctement la parole de Maho- 
met à propos des années; et Dieu ne 
nous prescrit pas de tuer des hommes 
qui n'ont point commis de faute ». 
Nour ed-Dîn fut couvert de confusion; 
il renvoya des messagers et des pré- 
sents*, et demanda « à venir vénérer le 
tombeau du khalife défunt ». Cela pro- 
fita encore aux Chrétiens, car le nou- 
veau khalife fut confirmé dans l'opinion 
que Nour ed-Dîn cherchait à entrer per- 
fidement dans la ville pour y régner. , 
C'est pourquoi, il lui répondit par des menaces et lui défendit de venir. 

Pour nous, nous devons comprendre que si Dieu a permis, à cause de nos 
péchés, que les Arabes [700] ou les Turcs régnassent sur nous, cependant, dans sa 
miséricorde, à aucun moment ni d'aucune façon, il ne nous a abandonnés ou ne nous 
abandonnera ; mais, par sa providence, il nous garde et nous délivre de tous nos enne- 
mis, à cause de son amour pour son Eglise. 



chants de notre Église. Ainsi enrichit 
son Eglise par ses travaux, et enrichit 
son âme par l'observation des canons, 
ce saint dont nous avons écrit toutes les 
œuvres, tous les labeurs, toutes les 
actions glorieuses dans un traité. Qui- 
conque le désire peut les apprendre de 
ce traité*. 

Il mourut, et son corps fut enseveli 
dans l'église de la Mère-de-Dieu [700J 
à Amid, sur le côté méridional, près du 
tombeau des patriarches Bar 'Abdoun' 
et Bar Sousan'. — Que Noire-Seigneur 
lui accorde le repos, et qu'il soit misé- 
ricordieux pour quiconque lira (ceci) et 
priera aussi pour ma personne péche- 
resse. — Fin. 



CHAPITRE [IX] — De l'époque a laquelle le sultan Kilidj-A[r]çlan entra à 
Mélitène et les émirs se réunirent de nouveau pour l'attaquer, à l'instigation de 
Nour ed-Din; d cette époque la fausse nouvelle de la mort de Nour ed-Dln se 
répandit et la division tomba entre les Turcs et les Arabes de ses états. 

En l'an 1483, quand le sultan Kilidj-A[r]çlan apprit qu'il y avait de la division 
à Mélitène, à cause du jeune émir, il se prépara à venir contre cette ville. Ceux 



1. Lire : U-^J. 

2, Cet ouvrage de Miehel ne nous est pas parvenu. Sur la vie et les œuvres de Denys bar 
Çalîbi, cf. Bibl. Or., II, 156-211; Wright, Syriac liter., p. 246; R. Duval, La littér. syriaque, 
3e éd., p. 399; Labodrt, préface à l'Exposition de la liturgie (Corpus Script. Christ. Or.; Script. 
JSjr., s-T. II, t. XCIIl). — 3. Cf. ci-dessus, p. 162. — 4. Cf. ci-dessus, p. 171. 

III 44 



346 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

qui se trouvaient dans la ville, et qui s'étaient déjà mis unanimement d'accord, 
envoyèrent à Hesna de Ziad, chercher l'eunuque Sa'd ed-Dîn, homme de gou- 
vernement et habile. Celui-ci fortifia, encouragea, mit d'accord toutes les forces 
et en fit un seul faisceau. Il confirma les fiançailles de la fille de son maître avec 
le jeune émir. C'est pourquoi, quand le sultan arriva, il ne put s'emparer de la 
ville; mais il emmena le peuple de la région, environ 12 mille hommes, et s'en 
alla. 

Nour ed-Dîn excita tous les émirs à se joindre à ses troupes; ceux de Mos- 
soul, de Mardin, de Hesna de Ziad, ceux des Arméniens s'assemblèrent avec 
beaucoup d'autres près d'Isma'il, à Sébaste. Le sultan était à Césarée, et il les 
remettait d'un moment à un autre. Il les trompa pendant tout l'été; quand ils 
virent que l'hiver approchait et qu'il les trompait, [701] ils s'avancèrent jusqu'à 
la porte de Césarée pour l'attaquer. Le sultan ne sortit pas pour livrer bataille '. 
Ils demandèrent qu'il rendît [le peuple]' qu'il avait fait captif dans le pays de 
Mélitène, [702]» ainsi que les pays qu'il avait enlevés à son frère Sahinsah *, et 
ceux qu'il avait pris à Danoun', et (qu'il délivrât) les fils de son frère qu'il tenait 
emprisonnés. Il renvoya le peuple de Mélitène; il constitua à son frère une 
pension annuelle de 10.000 dinars; mais il ne rendit pas une seule place. En ce 
qui concerne les enfants de son frère, il montra de la cruauté. Il en fit massa- 
crer un, le fit rôtir au feu, le plaça dans un plat avec du pain et envoya ce festin 
au père en menaçant, s'il réclamait les trois autres, de les renvoyer de la 
même manière. En voyant cela, les Turcs furent effrayés et, comme ils étaient 
réduits à l'extrémité, ils firent la paix et revinrent chacun dans son pays, à 
cause de l'hiver et aussi parce que leurs paj's étaient dégarnis de troupes. 

Quand la nouvelle se répandit que Nour ed-Dîn était mort, les Arabes et les 
Turcs s'insurgèrent les uns contrôles autres. Ils s'assemblèrent par milliers : 
tuant et se faisant tuer. La crainte s'empara des Chrétiens, redoutant qu'il ne 
les massacrassent dans leur fureur. C'est pourquoi les villages étaient vides 



1. Barhébr. ajoute ; « mais il demanda la paix ». — 2. Suppl. : l^a^, d'après BH et la vera, ar. — 
3. Le texte continue, sans interruption, p. 702, 1. 12 : Uo^tHo. Tout ce qui est intercalé ici (p. 701,. 
1. 5 et suiv.) appartient au chap. vfi du Livre XX ; et se trouve répété plus bas (texte, p. 719, 1. 9). 
La même intercalation et répétition se trouve dans la vers, arabe. — 4. Il devait être question de 
ce prince dans une des lacunes de notre texte. Le premier alinéa du chap. m (ci-dessus, p. 312) est 
ainsi rendu dans l'abrégé arménien : « En l'année 1466.... le fils de Maç'oud, Kilidj-Arslan, monta 
sur le trône. Il avait deux frères : il emprisonna l'un, et l'autre s'enfuit vers les bords de la mer, 
et se cantonna dans les forteresses que son père lui avait données avant sa mort. Il se nommait 
Schahenschah, et s'était allié par mariage à la famille de Danischmend. Ya'koub-Arslan prenant 
fait et cause pour lui, déclara la j^uerre à Kilidj-Arslan, et le combattit. En même temps, il envoya 
prévenir Nour-eddin, qui accourut et s'empara de Ph'arzman et d'Aïn-tab. » [Hist. arm., I, 347). 
— 5. Émir de Césarée et de Sébaste (cf. p. 253) ; Kilidj-Arslan lui avait enlevé Césarée (cf. p. 332). 



LIVRE XIX. GHAP. IX 



347 



de leurs habitants et les routes privées de circulation dans toute la Syrie, la 
Mésopotamie et l'Assyrie. Au mois de tésrîn, quand les troupes et les émirs 
revinrent de la Cappadoce dans leurs pays, Nour ed-Dîn releva de sa maladie; 
il se montra, et tous les peuples connurent qu'il était guéri. Ils se dispersèrent 
«t on ne les vit plus de nouveau, et les pays furent pacifiés. 

Dans cette sédition qui eut lieu entre les Arabes et les Turcs, un millier de 
personnes environ furent prises dans le pays de Kaisoum; les gens de Mélitène 
les rachetèrent, et acquirent ainsi un profit spirituel. — Fin. 



En l'année 1483, au mois de tamouz 
{juill), les Arabes s'emparèrent de 
l'église de Mar Thomas, que nous avions 
h Mardin, pour la raison que voici : 

Un homme nommé Bar Çauma, de 
Mardîn même, fut surpris en aduhère 
avec une femme arabe; après divers 
supplices il échappa tout juste à la mort. 
On décréta que tous ses biens seraient 
confisqués; et comme du temps de 
Hossam ed-Dîn ce Bar Çauma avait res- 
tauré l'église, en y faisant quelque con- 
struction, les 'Taiyayê imaginèrent de 
dire au préfet que cette église apparte- 
nait à Bar Çauma, puisqu'elle avait été 
bâtie par lui; et, sous ce prétexte, ils 
s'en emparèrent, la démolirent, et en 
firent une mosquée. Ce fut un€ très 
grande affliction pour les Chrétiens. 
Mais comme ils enflammaient la justice 
(divine) par le blasphème, tandis qu'ils 
s'efforçaient par leurs propres forces 
d'arracher l'église aux Taiyayê, ils atti- 
raient une plus grande colère contre 
nous. Le peuple (des Chrétiens) s'assem- 
bla pour se plaindre au préfet; or. 



La môme année, Abraham, qui était 
le syncelle de Dionysius, fut ordonné 
pour Amid'. 

La même année, tandisquenousétions 
dans le couvent de Mar Bar Çauma, 
nous y bâtîmes une demeure pour le 
patriarche, et un hospice pour ceux 
qui y viennent. 

La même année, commença la restau- 
ration de la grande église de Mélitène, 
appelée du Cursor. Cette restauration 
eut lieu ainsi. La coupole de cette église, 
à cause de sa vétusté, était crevassée et 
sur le point de s'écrouler. Maintes fois 
les fidèles avaient projeté de la restau- 
rer; mais les pasteurs ne le leur avaient 
point permis, sous prétexte qu'ils re- 
doutaient ceux qui gouvernaient, mais 
en réalité parce qu'ils craignaient qu'a- 
près avoir commencé les fidèles ne 
pussent terminer et qu'eux-mêmes ne 
fussent contraints de la rebâtir. Voilà 
pourquoi elle resta (ainsi) jusqu'à cette 
époque. Et quand quelques hommes 
sages de la ville qui se trouvaient là 
virent' [702] (cela, ils vinrent trouver) 



1. Cf. p. 341. — 2. Le texte de cette col. compris entre les 1. 36 de la p. 700 et 24 de la p. 702, 
€st une intercalation qui appartient au chap. vu du livre XX. On le retrouve plus loin à sa place 
■(texte, p. 718). La dernière phrase est obscure. Peut-être faudrait-il lire : « quelques hommes 
sages de la ville, voyant que nous nous trouvions là, vinrent trouver ma Bassesse » (.■'). 



348 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



comme ils ne cherchèrent pas le secours 
en Dieu, mais blasphémaient contre 
Dieu [701] et contre les saints, le Sei- 
gneur endurcit le cœur du préfet; il 
n'accueillit pas leur plainte, sa colère 
s'accrut, et il fit peser un joug plus 
lourd sur les Chrétiens. 

Ce Hassan bar Kolaib, dont nous avons 
parlé plus haut', fournit une occasion 
à cette colère. Il était moine et prêtre', 
et avait deux frères charnels qui étaient 
aussi moines. Ceux-ci l'ayant querellé à 
cause de sa dissolution, il alla par colère 
se faire musulman. Ensuiteil se repentit, 
s'enfuit à Jérusalem et revint au chris- 
tianisme. Quand le préfet apprit cela, 
il s'empara de ses frères et des autres 
moines et leur fit subir des tourments 
jusqu'à ce qu'ils en mourussent. 

En cette année 1483, au mois d'éloul 
(sept.), arriva subitement le froid avec 
la pluie et la neige. Il détruisit les 
vignes, les oliviers, le coton et le sésame 
qui devinrent tels que des charbons 
noirs, comme s'ils avaient été brûlés 
par le feu. Cette calamité se fit sentir 
non seulement en Assyrie, en Mésopo- 
tamicj en Syrie, mais aussi dans les 
contrées de Perse et d'Arménie, et 
même en Palestine et en Egypte. Toute 
la terre ressemblait à un tas de copeaux 
que le feu a dévoré et qui est devenu 
cendre et poussière : vision effrayante 
pour les yeux des spectateurs qui ne sont 



ma Bassesse (avec) empressement*. Je 
donnai cinq cents dariques pour com- 
mencer, et je fis en outre des promesses. 
Ils mirent la main à l'œuvre et démo- 
lirent la coupole et les portes du nord 
et du sud. Ils commencèrent la recon- 
struction; mais la jalousie^ de celui qui 
s'efforce^ de détruire les bienfaits spiri- 
tuels et corporels ne demeura pas inac- 
tive. Les auxiliaires du dessein de ma 
Bassesse furent l'archidiacre Abou'l- 
Hassan, et l'économe Romanus, sur- 
nommé Da'wagan'; toute la bâtisse fut 
achevée par la diligence pleine de foi de 
celui-ci. Les adversaires (du projet) eux- 
mêmes, quand ils virent les portes ad- 
mirablement reconstruites, s'empres- 
sèrent de s'en faire les auxiliaires. Alors 
ils démolirent et rebâtirent peu à peu 
toute cette grande église, l'élevèrent 
[703] et la terminèrent. Tous les gens 
de la ville participèrent à la restaura- 
tion; les pauvres et les veuves remet- 
taient en secret leurs biens entre les 
mains du fidèle Romanus. 

La première construction de cette 
église, faite par l'évêque Ignatius le Cur- 
sor', eut lieu en l'an 1280; cette restau- 
ration commença en l'an 1483; elle dura 
six ans et fut achevée en l'an 1488 ; on 
y dépensa 2 [mille dariques]*. 



pas devenus' entièrement endurcis, comme 



1. Cf. p. 340. — '1. l*-*ûo. — 3. <,^^. 

4. La vers, arabe supprime le reste de ce chapitçe, suns doute faute de pouvoir le relier à l'inter- 
calatioQ ; elle termine ainsi : • Xî^ •:• l>^lcyil^l uI.»lû«i^o • |.»Ui»o |»»i.t >l,o w^ U^j3..,. — 5. oiioai... 
— 6. -=>»». — 7. BH : ^^»>», avec la vocalisation. — 8. Cf. ci-dessus, p. 130. — 9. Ainsi d'aprè» 
BH : le nom de la monnaie est omis dans le ms. 



LIVRE XIX. GHAP. X 349 

une pierre insensible, par les péchés, les iniquités, les impiétés de toute espèce qui 
se commettent dans cette génération perverse et affligeante, en laquelle tous, cha- 
cun selon ses moyens, nous nous sommes écartés de la crainte de Dieu. Et pour cela, 
[702] il nous est arrivé' h juste titre au-delà de ce qui est écrif : « Leur nourriture 
était encore dans leur bouche que la colère de Dieu s'éleva contre eux! « — Fin. 



CHAPITRE [X]. — De l'époque à laquelle fut tué lénia'il, prijice de Cappadoce, 
auquel succéda son oncle paternel Danoun; à cette époque Nour ed-Din se 
montra {guéri), et la famine s'aggrava., par suite de la multitude des calamités 
violentes. 

En cette année 1484, Isma'il, prince de Cappadoce^ fut tué pour la raison que 
voici : 

Gomme les gens étaient grandement opprimés parla famine qui régnait depuis 
longtemps dans tout ce pays et en outre par un hiver rigoureux, ils lui deman- 
dèrent de leur donner de la nourriture. Bien qu'il eût du blé, il ne leur en donna 
pas même la plus petite quantité ; mais il se moqua d'eux et les chassa à diverses 
reprises. Alors, pressés par la faim, ils méditèrent de le tuer pour se nourrir de 
son froment, eux et leurs enfants. Ils formèrent une conjuration, se jetèrent 
sur lui, et le massacrèrent ainsi que sa femme, sœur du sultan, et ses fami- 
liers au nombre de cinq cents, et ils les jetèrent sur la neige, ne les jugeant 
pas même dignes de sépulture. Ils s'emparèrent de tout ce qu'il avait, et ils 
s'en nourrissaient. La nouvelle de son massacre ne se répandit pas avant le 
mois de sébat (févr.), car la circulation était empêchée par l'abondance de la 
neige. Quand la nouvelle fut connue dans tous ses états, les pillards ne purent 
pas même s'ébranler à cause de la neige. Alors, ceux qui l'avaient tué se mirent 
complètement d'accord et prirent la résolution d'établir à sa place quelqu'un de 
la même famille. Ils envoyèrent chercher [704] son oncle paternel', Danoun, 
que le sultan avait chassé de Gésarée% et qui s'était enfui à Damas. Aussitôt, 
après avoir imploré le secours de Nour ed-Dîn, Danoun vint à pied à cause 
de la neige. Quand il arriva dans le voisinage du couvent', les gens du couvent 



t. Le copiste paraît avoir omis ici un on deux mots ; vers. ar. : "^aiS!. ^ ^\\ lovl <Ji.o . t»K "^iv^a 
....x>oCb3l» ^Is »| oolia3<S\. — 2. Fs. Lxxvur, 30. 

3. Successeur de Ya'qoub-Arsian, qui régnait à Sébaste. Cf. ci-dessus, p. 324. — 4. Sic. ms., 
ici et dans le tableau chronologique, d'accord en cela avec Barhébréus; cf. ci-dessus, p. 324, n. 8, 
où Ismaël est donné comme le petit-neveu de Ya'qoub-Arsian. Toutefois, la vers, armén., dans le 
passage correspondant (^Hist. arm., I, p. 359), dit simplement « le fils de son frère », faisant ainsi 
de Danoun le « cousin >> d'Ismaïl. — 5. Cf. p. 332, 346. — 6. Le couvent de Bar Çauma. 



350 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



sortirent et lui frayèrent la route pendant cinq jours, et à peine put-il passer. 
Il parvint à Sébaste et commença à régner. Alors, il fit mettre à mort la plu- 
part de ces meurtriers qui avaient tué leur maître', et ils burent, pour ainsi 
parler, le calice qu'ils avaient préparé. 

Ensuite, Nour ed-Dîn, que l'on croyait mort, parut et s'avança à la rencontre 
du sultan, avec l'émir Gogh-A[r]slan, de Kaisoum, qui était l'oncle maternel du 
sultan. Cet émir ayant appris que le sultan était irrité contre lui, avait aban- 
donné Kaisoum, par crainte, et s'était retiré près de Nour ed-Dîn. 

Quand Danoun régna en Cappadoce, le sultan marcha contre lui. Alors Nour 
ed-Dîn rassembla (ses troupes) et vint s'emparer de Kaisoum, de Beit Hesnê, 
de Mar'as, et entra dans le pays de Djihan. C'est pourquoi le sultan aban- 
donna Sébaste et se hâta de venir combattre Nour ed-Dîn. 

Comme les deux armées campaient en face l'une de l'autre, dans le pays de 
Djihan, les deux partis étaient plongés dans la crainte; car tous les deux étaient 
fort puissants par le nombre, et une grande famine se faisait sentir dans les 
deux camps où beaucoup d'hommes périrent. Pour cette raison, des intermé- 
diaires s'étant interposés entre eux, ils consentirent à la paix. Nour ed-Dîn 
rendit Kaisoum [705] et tous les pays qu'il avait enlevés au sultan, et le sultan 
laissa Danoun régner en Cappadoce sous la suzeraineté de Nour ed-Dîn. Ils 
firent ainsi la paix et chacun s'en retourna dans son pays. 



Parlons maintenant des calamités 
qui enlevèrent les hommes, les ani- 
maux, les volatiles; car, mes amis. 
Dieu permit à cette époque que tout 
l'Univers fût plus ou moins châtié : et 
cela très justement. En effet, l'incrédu- 
lité surpassait le châtiment : et quand 
les récoltes furent détruites aux mois 
d'éloul et de tésrîn, les astrologues 
attribuaient le fléau au hasard, et ils 
prétendaient que cela ne pouvait pas 
arriver de nouveau à cette époque. C'est 
pourquoi le Seigneur étendit de nou- 
veau sa main. L'air se couvrit d'obscu- 
rité, de sorte que la lumière du soleil 



A cette époque nous' prîmes soin des 
livres du couvent de notre seigneur 
Mar Bar Çauma. Après avoir restauré 
les anciens, avec l'aide de Dieu, nous 
fournîmes le papier % et ses*deux tomes 
furent copiés pour le couvent, en souve- 
nir de l'évêque Athanasius, qui est 
Zachai, mon oncle paternel, et de Rab- 
ban Elias, mon père charnel. 

En la môme année nous restaurâmes 
la source d'eau de ce couvent. 

La même année, l'évêque de Djézireh' 
fut persécuté par les faiyayê, à cause 
d'un couvent dont Ils s'emparèrent à 
l'aide de faux documents. Quand il fut 



1. Lire : vpw;-^*. 

2. Lire : Vp^. — 3. Lire : iO»o, — 4. Le nom d'auteur n'est pas exprimé; il s'agit peut-être des 
ouvrages de Bar Çalibi; cf. p. 344. — 5. Basilius. Cf. Bar Hebr., Chr. eccl., II, 368 (ann. 1483). 



LIVRE XIX. CHAP, X 



351 



paraissait seulement comme celle de la 
lune ; une neige abondante tombait, pour 
ainsi dire, comme d'une cataracte ; les 
montagnes et les plaines en furent rem- 
plies, de sorte que les hommes robustes 
ne passaient qu'avec grande difficulté 
non seulement d'un village à un autre, 
mais même d'une maison à l'autre. Les 
rues des villes et des villages furent 
remplies de neige et de glace, et les 
hommes étaient enfermés dans les mai- 
sons comme dans des tombeaux. Les 
fleuves, les fontaines et toutes les sour- 
ces furent durcis par la gelée, de sorte 
que les hommes, les animaux et les vola- 
tiles périssaient aussi bien de soif que 
de faim. 

Quelle langue pourrait raconter, ou 
quelle main pourrait écrire la calamité 
qui atteignit, à cette époque, tout ce qui 
respire sur la terre? [704] Les animaux 
et les oiseaux, qui se précipitaient pour 
entrer dans les maisons, tiraient des 
larmes de ceux qui les voyaient, par 
leur aspect lamentable, et périssaient 
bientôt. Les bœufs, les ânes, les che- 
vaux périrent dans les maisons. Les 
moutons et les chèvres étaient accumu- 
lés sous la neige. L'air était empesté de 
l'odeur des cadavres. Les hommes qui 
avaient survécu goûtèrent la mort. Les 
poissons même n'échappèrent pas au 
fléau. Et ces choses n'arrivèrent pas 
seulement dans les contrées septentrio- 
nales^ mais jusque dans l'Inde la neige 
atteignit quatorze empans, là où elle ne 
tombait point ordinairement. 



emprisonné à Mossoul, les gens de son 
diocèse se rendirent à Bagdad et moyen- 
nant de grandes dépenses le couvent 
fut délivré et l'évêque aussi. 

A cette époque, quelques Arméniens 
d'Edesse, bartabeita'-, c'est-à-dire doc- 
teurs, accusaient vivement leur catho- 
licos de vendre' le sacerdoce. L'un, 
nommé Garabed, était prêtre, et les 
deux autres étaient moines et s'appe- 
laient : l'un Géôrk • et l'autre 'Ausîg'. 
Le catholicos les prit et leur fit raser la 
barbe, dans sacolère. Dès lors, ils furent 
eux-mêmes encore plus irrités. Ils don- 
nèrent naissance à une hérésie. Environ 
quatre cents familles arméniennes s'at- 
tachèrent à eux, [704] et on les appela 
Ausiganayê. Alors, le catholicos fut 
encore plus animé* : il envoya des mes- 
sagers et des présents au préfet, et lui 
demanda de les chasser de sa ville. Le 
préfet accepta les présents et permit 
aux Arméniens de les expulser ; mais il 
y eut du trouble et des coups ; les Ausi- 
ganayê offrirent eux-mêmes des présents 
à l'émir qui leur donna la permission 
de vivre comme ils voudraient. Alors 
ils se joignirent aux Chalcédoniens; 
c'est pourquoi tous les Arméniens, 
comme aussi nos fidèles, les détestaient. 
Réduits aux difficultés, ils trouvèrent 
un homme d'Alexandrie, qui savait 
écrire l'arabe, et était loquace. Il alla 
trouver Nour ed-Dîn, et accusa le catho- 
licos, nous-même et les Èdesséniens, en 
disant : « Des messagers et des lettres 
arrivent aux Arméniens et aux Syriens 



1. Armén. : vartabed. — 2. Lire : Itaioii^ low t?l' ; vers. ar. : toiovi^ •>x.a» ^Is, — 3. C.-à-d. : 
Georges. Ms. et vers, arabe : Bôrk, — 4. C.-à-d. : Hésychius. — 5. ^t|. 



352 CHRONIQUE DE MICHEL SYRIEN 

La neige couvrit tout à coup les cam- de la part de l'empereur des Grecs, 

pements des Arabes qui avaient l'habi- pour qu'ils lui livrent Edesse ». Le 

tude de ne pas demeurer dans des mai- métropolitain Athanasius fut conduit à 

sons, mais' sous des tentes; et ils pé- Alep, avec les Arméniens et quelques 

rirent de telle sorte qu'il ne resta per- autres citoyens d'Edesse. On examina 

sonne pour porter la nouvelle d'un cam- l'afTaire, et ce grec fut reconnu comme 

pement à l'autre. Plusieurs [périrent]' un imposteur. Il fut chassé et s'enfuit 

au milieu de leurs maisons ; car la neige dans son pays; et les gens d'Edesse 

s'accumula et les maisons s'écroulèrent revinrent en paix. — Fin. 

et les écrasèrent. De nombreux villages 
périrent, et on en eut à peine connais- 
sance avant le mois de nisan (avr.). Quantité de voyageurs furent surpris en route 
et ensevelis sous la neige. Alors, malgré eux, les libertins jeûnaient, les ivrognes 
étaient abstinents; les rois, les riches, les préfets et les pauvres persévéraient dans 
les prières, les larmes et les aumônes. Mais Satan détournait de la pénitence l'esprit 
des rois et des princes, par l'intermédiaire des astronomes qui disaient : « Quand 
l'étoile Saturne* se trouve dans le voisinage de Mars, par son rapprochement elle 
cause cette calamité; et maintenant qu'elle s'est éloignée [70S] la calamité a cessé, 
et elle n'arrivera plus avant de nombreuses années; et par conséquent les rogations 
n'ont plus d'utilité, il n'est plus besoin d'aumônes. » Beaucoup* ajoutaient foi à de 
semblables paroles; mais Dieu en dévoila la fausseté. La même chose arriva l'année 
suivante, depuis le mois d'adar (mars) jusqu'au milieu de haziran (juin), et alors les 
insensés même qui professent les erreurs des astrologues furent obligés de con- 
fesser que le Seigneur fait tout ce qu'il veut. — Nous avons rapporté ces choses afin 
que les hommes prudents recueillent les avantages de la foi. 

A cette époque, les Taiyayê pillèrent de nouveau l'église des Quarante-Martyrs, 
à Mardîn ; car Dieu nous fit sentir son abandon pour que nous soyons de nouveau 
châtiés. Cette église fut sauvée par un miracle de la providence de Dieu. 



CHAPITRE [XI]. — De Vépoque à laquelle moururent Nour ed-Din, et le roi 
Amaury. A cette époque nous allâmes à Amid, et le catholicos Narsès mourut. 

En l'an 1485, Nour ed-Dîn était enflé d'orgueil, parce que l'Assyrie, la Méso- 
potamie, la Syrie et l'Egypte étaient soumises à son autorité, et tous les émirs 
qui s'y trouvaient couraient comme des esclaves là où il ordonnait; ceux de 
Cappadoce et de Cilicie lui étaient également soumis, et il se disposait à détruire, 



1. Lire : Hl. — 2. SuppL oS», ou un mot synonyme. — 3. Kpôvoî. — 4. Lire : Il ■ . ^ (au masc.). 



LIVRE XIX. GHAP. XI 



353 



cette année, les deux royaumes à la fois : celui des Francs de Jérusalem et d'An- 
tioche, et celui des Turcs de Bithynie. C'est pourquoi, des envoyés couraient 
avec empressement de tous côtés pour presser les troupes de venir. A Damas, 
des troupes innombrables se réunissaient de l'Arabie intérieure, d'Egypte, 
d'Assyrie, de Mésopotamie, d'Arménie, de Gappadoce, de Syrie, de Gilicie. La 
crainte et la terreur' [régnèrent]' partout, et surtout sur le peuple maltraité 
des Chrétiens. 

Mais le Seigneur, qui seul gouverne les empires des hommes et élève les 
humbles, [706] commanda, et subitement, le 23 de 'iyar de cette année', Nour 
ed-Dîn mourut, et tous ses projets furent anéantis. De joyeuses nouvelles 
furent annoncées non seulement aux Chrétiens, mais aussi à ces émirs qui 
étaient soumis à diverses contraintes. Il ne permettait pas de boire du vin dans 
son camp, ni ne tolérait la musique ouïes danses, et son camp était absolument 
silencieux. Il était assidu à écouter la lecture de leur Livre ; il se considérait 
comme Mahomet, et s'attendait à ce que le Seigneur parlât avec lui comme avec 
Moïse. C'est pourquoi les faiyayè, qui avaient compris la vanité de ses désirs, 
l'appelaient « prophète » ; à chaque instant ils répétaient : « Aujourd'hui, ou 
hier, on t'a vu à La Mecque, ou dans telle mosquée », et il acceptait cela. 

Il régna 28 ans. Après lui, son fils Malik Çalih régna à Alep et à Damas. 



Narsès *, catholicos des Arméniens, 
mourut, le jeudi 8 de 'ab (août). 

Il avait deux neveux s qui s'étaient 
faits moines et étaient devenus évêques. 
Le plus âgé des deux ne se trouvait pas 
près de lui ; et c'est pourquoi il donna 
son anneau au plus jeune, qui fut pro- 
clamé catholicos. L'autre s'empressa de 
venir, mais comme le plus jeune ne le 
laissa point entrer, il eut recours à son 
beau-frère* MIeh, prince de Cilicie. Ce- 
lui-ci le présenta à Nour ed-Dîn, et 
quand il revint, avec un édit des Turcs, 
le peuple des Arméniens craignit qu'il 



Après cela, deux prêtres des Ausi- 
ganayê vinrent nous trouver, avec un de 
leurs moines, se plaignant de leur ca- 
tholicos. Nous vîmes qu'ils comprenaient 
mal les paroles d'Athanasius et de Cy- 
rillus, dont ils s'armaient (pour dire) : 
« Ces saints ont parfois affirmé deux 
natures dans le Christ, et parfois une 
seule ; donc nous pouvons aussi dire une 
ou dire deux (natures) ». Après que 
nous leur eûmes longuement exposé le 
vrai sens des écrits des saints, ils aban- 
donnèrent l'opinion qu'ils tenaient et 
revinrent à l'orthodoxie. Nous leur écri- 



1. Uaa*»». — 2. Suppl. : "^a<. — 3. En réalité le 15 mai 1174; cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., 
p. 358 ; Gesch. der Chai., III, 345-346. 

4. Narsès Schnorhali (le Gracieux), que les ArméDiens honorent comme un saint. — 5. Fils de 
ses frères. Ils se nommaient Grégoire et Grégoras (Hist. Armén., I, 376). — 6. ouèu,. L'auteur 
a déjà employé ce mot dans le même sens; ci-dessus, p. 326, n. 7. 

m 45 



354 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ne livrât le pays aux mains de Nour ed- 
Dîn par l'intermédiaire de MIeh. C'est 
pourquoi, malgré le plus jeune, des 
groupes d'Arméniens introduisirent le 
plus âgé à Qala' Romaita, et il fit en- 
chaîner et mettre en prison son cousin*. 
Il fut ordonné catholicos le dimanche 
5 d'éloul (sept.) de cette année 1484'. — 
Là, ces chrétiens dévoilèrent que leur 
suprême pontificat ne marche pas 
dans la voie frayée par les Apôtres, 
[706] et plût à Dieu que (leurs pontifes 
se conduisissent) ' comme des rois justes 
et non comme des tyrans ! 

Le nouveau catholicos, qui s'appelait 
Krikoros, convoqua ceux de nos évoques 
qui étaient proches : Gregorius de Kai- 
soum, Basilius de Ra'ban, et leur fit 
prendre place parmi ses consécrateurs. 
Le lendemain, il envoya à ma Bassesse 
des messagers et des lettres dans les- 
quelles il disait, entre autres choses : 
« Ma volonté et mon désir étaient que tu 
fusses présent et que tu fusses mon 
consécrateur, que tu posasses de tes 
mains sur ma tète la main droite de 
Gregorius, l'évangélisateur des Armé- 
niens, qui est pour eux la dispensatrice 
du suprême sacerdoce; mais comme 
nous étions au milieu du danger, à 



vîmes des lettres pour leur catholicos, 
afin qu'il leur pardonnât. Ils partirent; 
mais en ces jours-là le catholicos 
Narsès mourut. C'est pourquoi ces 
moines demeurèrent dans nos couvents. 

Ausig, leur chef, s'en alla à Antioche 
et chalcédonisa entièrement; les autres 
se dispersèrent. 

Après Dionysius, Abraham, son syn- 
celle, fut ordonné pour Amid. Celui-ci 
y fut seulement trois mois et mourut*. 

[706] Le prince s'empara des prêtres 
pour leur faire donner les cent dinars 
que jadis le rebelle Abou Sa'd avait 
imposés à cette église, et il nous fit 
écrire que « si nous n'envoyions pas 
quelqu'un pour payer chaque année 
ces cent dinars, il détruirait les églises ». 
C'est pourquoi je me confiai au Sei- 
gneur et je me rendis là. Quand le 
prince l'apprit, il en fut surpris et nous 
traita avec honneur; nous y entrâmes 
en grande joie. 

Nous y trouvâmes de magnifiques 
églises fermées, de même que la rési- 
dence du patriarche défunt; les unes 
étaient totalement détruites, d'autre» 
étaient remplies du coton du prince. 
Combien de labeur et de dépenses il 
fallut subir pour les récupérer, avec 



1. Le fils de son oncle paternel. Grégoire IV DgKa (l'Enfant), 1173-1193, était le fils de Vasil, 
seigneur de Gargar, frère de Narsès ; Grégoras, qui devint plus tard patriarche (1195-1202 ; cf. 
ci-dessous, 1. XXI, chap. viii), sous le nom de Grégoire Yl Abirad (le Méchant), était fils de 
Schahan, autre frère de Narsès. Comp. le tableau généalogique, Hist, arm, des Crois., I, p. cxx. 
— 2. Cette date et celle donnée ci-dessus sont inconciliables : le 5 sept, ne pouvant être un 
dimanche quand le 8 août est un jeudi. II en est de même des dates données dans l'abrégê^ 
armén. [Hist, Arm., I, 376). — 3. Le texte paraît altéré en ce passage. Vers. ar. : ^lU i»aft».o 

4. Cf. ci-dessus, p. 341, 347. 



LIVRE XIX. GHAP. XI 



355 



cause des armées des Turcs qui nous en- 
vironnent, nous avons accompli l'office 
précipitamment ; je te prie d'accomplir 
cela en esprit ». Je lui fis réponse 
selon ma faiblesse, avec des présents et 
des prières ; et je n'omis point de rap- 
peler les canons apostoliques, mais je 
le détournai charitablement d'un grand 
péché, c'est-à-dire du trafic du sacer- 
doce, qui était pour ainsi dire une loi 
chez les Arméniens. En écrivant ou- 
vertement la parole du grand (apôtre) 
Pierre au magicien Simon ', je fus 
agréable à la masse des Arméniens, 
mais je blessai leurs chefs. J'intercédai 
pour son cousin^, et il le fit sortir de 
prison. 

En cette année^ les pluies furent 
partout très abondantes, et leur quan- 
tité fut nuisible. — A Bagdad, l'inon- 
dation emporta environ trente mille 

bâtiments j et en beaucoup d'endroits, il y eut de pareils accidents. Les fruits 
des arbres et les vignes ne prospérèrent pas cette année. Les semences du froment 
et des autres céréales poussèrent après que l'inondation eut cessé. — Fin. 



l'aide de Dieu, il n'est pas nécessaire 
de le dire. 

L'église située dans le monastère de 
Qanqrat, qui était bâtie en briques et en 
bois, avait également été détruite; nous 
nous en occupâmes aussi, et, le Sei- 
gneur aidant, elle fut rebâtie en pierres 
et chaux. 

Les Benè Qarya avaient été jetés en 
prison, et le prince exigeait d'eux deux 
mille dinars. Il nous les vendit pour 
300 dinars, et ils furent libérés. 

Nous demeurâmes en cet endroit 
tout le temps de l'hiver. Après la célé- 
bration de la fête ' et la consécration 
du chrême, Elias fut ordonné pour Kai- 
soum et prit le nom d'Iwannis. Ensuite, 
après le dimanche Nouveau*, nous par- 
tîmes de là pour Mardîn. — Fin. 



[Dans ce Dix-neuvième Livré est compris un cycle de 8 années. Je prie chaque 
frère d'accomplir le précepte évangélique qui dit : « Pardonnez les uns aux 
autres » ; qu'il me pardonne, afin que Dieu lui pardonne aussi et soit miséri- 
cordieux pour lui] '. 



1, Act. Apost., viH, 20. — 2. Corriger : m»» ;=, d'après le contexte et la vers, ar. : 'ov«si. ^=1 i3 

3. La fête de Pâques. — 4. Le dimanche de Quasimodo (31 mars 1174). 

5. Cette clausule rédigée moitié en arabe, moitié en syriaque (comp. une note sem- 
i>lable ci-dessus, p. 189, n. 4), ne se trouve pas dans notre texte syriaque, mais seulement 
dans la version arabe. En voici la teneur : <ia.a« , ,»ij» «JT ^(la.^ ;»i. o)i.«o|È&, o<^1<ù(S\ m^ot twû»! 



LIVRE XX 

Nous COMMENÇONS LE VINGTIÈME LiVRE A l'aNNÉE 1486 DES GrECS, QUI EST l'an 
1156 DE LA NAISSANCE CORPORELLE DE NoTRE-SeiGNEUR, l'aN 553 DES ArABES, l'aN 

114 DES Turcs, et depuis Adam, l'an 6655. 

CHAPITRE PREMIER. — De Vépoqueà laquelle cessa la principauté des Benê 
Tanouéman, en Cappadoce, quand le sultan d'Iconium y régna. A cette époque 
commença le règne d'un autre Baudoin à Jérusalem; et noire Église fut agitée 
par les nôtres. 



Après la mort de Nour ed-Dîn, quand son fils Malik Çâlih commença à 
régner, le roi Amaury entra dans le pays de Damas et y fit des captifs. Il mit 
le siège contre Banias*. La terreur s'empara des Musulmans, d'autant plus qu'ils 
se préparaient eux-mêmes à envahirles pays des Francs quand ceux-ci envahirent 
les leurs. Les gens de Damas envoyèrent donc des messagers au roi et pro- 
mirent de lui payer tribut comme ils payaient autrefois. Mais le roi n'y voulut 
pas consentir, et il n'était aucunement disposé à faire la paix avec eux; il se 
préparait au contraire à leur rendre ce qu'eux-mêmes étaient disposés à faire 
aux Chrétiens; mais les jugements impénétrables (de la Providence) ne le per- 
mirent pas. L'ardeur du roi fut ralentie, parce que sa fin arriva. Il tomba subi- 
tement malade et sentit qu'il se mourait. Il s'empressa de prendre l'or des Damas- 
quins, fit la paix avec eux et revint à 'Akko; et là il termina sa vie, au commence- 
ment de tamouz (juill.) de l'an 1486, quarante jours après la mort de Nour 
ed-Dîn'. Sa mort fut une cause de très lamentable affliction pour les Chrétiens; 
car ils espéraient qu'il serait un secours pour eux, après la mort de Nour ed- 
.Dîn, et leurs espérances furent déçues [708] par la mort déplorable du roi vic- 
torieux, qui fut enlevé dans sa jeunesse. Il avait régné douze ans. Il désigna 
comme son successeur son jeune fils âgé de quinze ans, qui s'appelait Baudoin, 
du nom de feu son oncle paternel. 

Quand Baudoin (IV) commença à régner, il confirma la paix que son père 
avait faite avec le fils de Nour ed-Dîn. 



1. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 359, spec. u. 1 ; et Hist. arm. des Croisades, I, p. 378, n. 2. 
— 2, Amaury mourut à Jérusalem, le 11 juillet 1174 (1485 des Grecs). Pour la différence d'uue 
année entre le chiffre réel et le chiffre donné par Michel, voir la note placée en tète des tableaux 
chronologiques à la suite du Livre XXI. 



LIVRE XX. GHAP. I 357 

Or, à l'été de cette année 1486, quand Kilidj-Arçlan, sultan d'Iconium, apprit 
la mort de Nour ed-Dîn, qui soutenait les BenêTanousman, il sortit précipitam- 
ment et envahit leurs pays. Alors la stupeur s'empara d'eux, et en eux s'accom- 
plit ce que dit le prophète Jérémie' : « Maudit celui qui se confie en l'homme et 
qui fait de son semblable son appui, et écarte sa confiance du Seigneur; il sera 
comme une racine qui n'a point d'eau ». Le sultan s'empara donc d'eux et les 
ruina. 11 leur enleva Sébaste, Néocésarée, Comana et les autres villes et places 
fortes de toute la Cappadoce. Le sultan Kilidj-Arçlan grandit et devint puissant; 
tandis que ces émirs s'enfuirent chacun d'un côté pour se mettre à l'abri. Celui 
qui était le chef de tous les autres se sauva près de l'empereur des Grecs, mais 
n'en reçut aucun secours'. 

C'est ainsi qu'à cette époque prit fin la dynastie des Benê Tanousman, qui 
commença au moment de l'exode des Turcs qui envahirent et enlevèrent ces 
pays aux Grecs en l'an 1366; ils régnèrent pendant 122 ans^ Six princes* de 
cette famille s'y succédèrent l'un à l'autre. — Fin. 

A cette époque cessa la dynastie des A cette époque, sur ma Faiblesse, et 

Benê Tanousman en Cappadoce. à cause de mes péchés, s'éleva une tem- 

En cet été, l'herbe et les récoltes re- pète qui n'était pas légère, eu égard à 

commencèrent à croître, après quatre la débilité de l'époque; sans doute afin 

années d'une grande famine qui avait que nous, qui sommes à la tête du ber- 

régné dans toute la Syrie, la Palestine, cail^ nous participions aux afflictions 

l'Assyrie, l'Arménie et les pays de la des saints. Toutefois, nous ne fûmes 

Perse, et qui était parvenue jusqu'au pas persécutés comme les Apôtres par 

Ségestan, et même jusqu'aux confins de les païens, ni comme les Pères par les 

la Grande Inde. hérétiques; mais la tempête fut soule- 

vée contre nous par nos frères. La ma- 
nière est nouvelle; pour les amis de la 
vérité, la vérité n'est pas cachée; sa récompense est chez celui qui scrute tout et qui 
sait que je suis pécheur. 

Quand je fus appelé à ce ministère redoutable, j'avais pris soin, comme je le 



1. JÉRÉM., xvn, 5. — 2. Manuel fit de sérieux efforts pour s'opposer aux conquêtes du sultan ; 
cf. Hist. du Bas-Emp., XC, § viir et suiv. et ci-dessous, p. 368. — 3. Cette phrase est équivoque. 
Ci-dessus, p. 173, comme dans les Tableaux chronologiques, la V année de Danismend est fixée à l'an 
1396, ce qui ne donne que 91 ans jusqu'ici. On ne peut prendre 1366 comme date de l'établisse- 
ment des Turcs, fixé par Michel à l'an 1361 = 430» année des Arabes. Le chiffre 122 (leçon 
confirmée par BH) représente probablement la différence entre cette année 430 et l'année 553 
inscrite en tête de ce Livre, par suite d'erreurs que nous signalons dans les Tableaux chronolo- 
giques. — 4. Tanousman, Ghâzî, Mahmoud, Ya'qoub-Arslan, Ismaïl, Danoun. 



358 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

devais, d'observer et de lutter pour faire observer les saints canons; et comme je 
combattis dès le commencement en renouvelant les canons qui étaient abolis, foulés 
aux pieds et négligés : celui qui défend de conférer l'ordination moyennant des pré- 
sents, et celui qui interdit de s'emparer d'un diocèse ou d'une église par la contrainte 
des rois et des princes, et aussi celui qui défend d'oser fouler aux pieds les règles 
ecclésiastiques et de passer d'un diocèse à un autre diocèse sans une autorisation 
règnlière; pour cela, j'épron-vai de 1* opposition de la part de [l'é-vèque] ' de Damas, 
et de celui de Djihan', et de celui du four'Abdîn', et ensuite de celui de Callinice, 
qui est Denha, surnommé Iwannis. 

Déjà, du temps du défunt* [708] patriarche Mar Athanasius, les gens de son 
diocèse étaient scandalisés à cause de lui; ils formulaient contre lui de nombreuses 
accusations, et plusieurs fois le patriarche l'avait excommunié pour le corriger. 
Ces mêmes fidèles vinrent trouver ma Bassesse, et renouvelèrent contre lui les 
mêmes accusations; alors, comme je le devais, j'engageai ceux-ci par l'exhortation 
et la prière à faire la paix avec lui, et je l'avertis lui-même et le pressai de corriger 
ses mœurs déréglées. Cela n'arriva pas seulement une fois ou deux, mais pendant 
l'espace de huit ans! Chaque année ils venaient se plaindre, exposaient et affirmaient 
que non seulement il n'observait aucune de ses promesses, mais qu'il ajoutait à ses 
actions indignes. C'est pourquoi un synode s'assembla dans le couvent de Mar Hana- 
nia, et, en sa présence, des témoins véridiques rendirent témoignage, d'un accord 
unanime. D'après la décision de tout le synode, nous prescrivîmes qu'il abandonnât 
ce diocèse et qu'il demeurât dans un monastère de la province " de Mardîn pendant 
trois ans, jusqu'à ce que l'affaire eût été examinée. Peu de temps après qu'il eut pro- 
mis, devant le synode, d'observer cette règle, le diable l'excita et il foula aux pieds la 
loi ; il s'en alla trouver quelques Nestoriens, chefs et gouverneurs du pays de Mardîn, 
et se plaignit de ma Bassesse. J'eus à supporter des labeurs et des vexations immo- 
dérées, jusqu'à ce qu'ils eurent acquis une conviction et appris ses œuvres. Ayant 
été chassé par ceux-ci, il courut trouver le préfet' et lui promit un présent s'il me 
faisait massacrer. Mais le Seigneur dans sa miséricorde eut pitié de moi, ou plutôt non 
pas de moi seulement, mais de son Église. Le préfet envoya des soldats qui m'emme- 
nèrent comme à la mort; ils me mirent en sa présence, et il commença à me parler 
avec colère. liC Seigneur, qui a dit à ceux qui croient en lui : « On vous donnera à ce 
moment ce que vous devrez dire' », me donna à moi-même, indigne pécheur, (ce 
que je devais dire,) non pas à cause de moi, qui suis indigne même de la terre, 
mais à cause de son Église. A la suite d'une courte apologie, le préfet reconnut et 
confirma la vérité, et il chassa le misérable. Je n'avais à ce moment avec moi, en 



1. Ms. : « de celui de Damas ». Jean. — 2. Abou Ghaleb ; cf. p, 334, 374. — 3. Ignatius (Gabriel) ; 
cf. p. 362. — 4. Littér. : « de celui qui est parmi les saiuts ». — 5. êitap^îa. — 6, ■fiYË[j.tôv. — 
7. Matth., X, 19. 



LIVRE XX. GHAP. I 359 

dehors de Dieu, qu'une seule personne : Abou-Kaïi', l'archidiacre de Mardîn; que 
Dieu lui soit propice ! 

Ensuite, Satan le remplit encore de colère contre nous. Il alla trouver le roi de 
Mossoul, il me calomnia et promit mille dinars. Alors des soldats furent envoyés 
pour me conduire à Nisibe. Mar Athanasius d'Edesse, Mar Jean et de nombreux 
moines vinrent avec moi. Quand nous arrivâmes au camp, ils me présentèrent au 
lieutenant^ de l'émir Saif ed-Dîn, qui se mit à me parler tranquillement, en disant : 
« Il ne vous convient pas, puisque vous avez été placés par la permission de Dieu sous 
notre autorité, de vous élever contre un ordre royal. Donc, plutôt que d'être traité 
avec mépris, livré aux coups, prends soin d'accomplir l'ordre du roi victorieux. Or, 
il a décidé, déjà auparavant, que ce métropolitain serait le pasteur du peuple' de 
toutes les villes de son territoire situées en Mésopotamie: Callinice, Harran, Saroug, 
la région de Habôra. Donc, consens toi-même à ce qu'il en soit ainsi, et retourne 
en paix dans ton pays; sinon les choses se passeront autrement, » [709] Pour moi, je 
me fortifiai* dans le Seigneur, et, comme Dieu le sait, je me préparai avec joie à 
la mort. Je lui répondis hardiment : «Il y a trois livres qui renferment les préceptes : 
la Loi pour les Hébreux; l'Évangile pour les Chrétiens, et le Qorân pour les Musul- 
mans. Examinez-les tous les trois, et surtout le vôtre, et vous verrez que Dieu n'a 
point commandé aux rois de diriger les affaires de la foi par le glaive; car la foi 
s'acquiert librement et non par contrainte. Aussi, depuis que Dieu a donné l'empire 
aux Musulmans, depuis Mahomet jusqu'à ce jour, aucun des rois justes qui ont 
régné n'a foulé aux pieds la loi de Dieu, mais ils l'ont observée. Selon la permis- 
sion de Dieu, ils ont imposé aux Chrétiens toute espèce de tribut et toute espèce de 
servitude corporelle, mais ils ne se sont point attribué d'autorité dans les choses 
concernant la foi. Maintenant, si vous voulez changer ce qu'ont fait les rois vos pré- 
décesseurs, sachez que vous êtes en opposition non pas avec moi, mais avec le pro- 
phète Moïse, avec le Christ et avec Mahomet ; car vous détruisez, vous annulez 
leurs trois livres, c'est-à-dire' la volonté de Dieu; et, ce qui est encore plus mal, 
vous favorisez celui qui n'a pas la vérité pour lui ; si vous le voulez, vous pouvez faci- 
lement connaître qu'il est un menteur, de cette manière : Les villes que vous me 
dites maintenant lui avoir données sont sous votre empire, et puisque vous lui avez 
donné un édit, pourquoi ne l'acceptent-elles pas, sinon parce qu'il commet des 
choses contraires à notre loi, et qu'il n'est pas fidèle à nos yeux? Il a recours au 
glaive royal, pour que vous me contraigniez à fouler aux pieds, à détruire et à abolir 
l'ordre de Dieu. Mais pour moi la perte de ma tête est peu de chose. » Je découvris 
mon cou et je dis : « Voici que je tends volontairement mon cou : ordonne de le 
couper; car jamais je ne transgresserai le précepte de la loi. » Alors ce général entra 



1. Sic, et de même version arabe . L'édition de Barhébréas porte (I, 567) ; î»» os).— 2. Littér. : 
« le second ». — 3. Im.^. .— 4, Lire : È5i»^I.I. 



360 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

dans la lente du roi, et après ua assez long moment, il sortit, me prit par la main et 
m'introduisit seul, ne laissant aucun des évêques ou des moines entrer avec moi. Après 
que j'eus longuement' prié pour le roi, le lieutenant me répondit agréablement et 
me dit : « Prie, ô patriarche, pour le roi Saif ed-Dîn ; car il a ordonné : Accomplis 
ta loi, et que personne ne puisse t'en empêcher. » Après avoir ajouté des prières et 
des actions de grâce, je sortis en louant le Seigneur avec larmes. 

Tandis que les évêques et les moines se réjouissaient, le misérable qui se trouvait 
là, voyant son espoir déçu, continua à vouloir me faire périr corporellement en se 
suicidant spirituellement. Il cria devant la foule et dit : c! O musulmans! sachez que 
ce vieillard est un inique séducteur; il habite dans l'empire des Taiyayê, et il prend 
les faiyayê pour en faire des chrétiens. Voici un écrit de lui entre mes mains. » 11 
produisit et montra un papier^ écrit par moi autrefois à propos de Bar Rolaib'. En 
entendant cela, les Musulmans devinrent furieux et prirent des pierres pour me 
lapider. Nos moines s'enfuirent. Mais Dieu continua d'être miséricordieux pour 
moi. On examina le papier et on reconnut qu'il s'agissait de Bar Kolaib. Dieu disposa 
au même moment quelques "Taiyayê, citoyens de Mardîn, qui affirmèrent que cet 
homme était un moine et non un faiyaya. Alors le prince Saif ed-Dîn lui-même nous 
donna un écrit, et nous revînmes en paix. 

Le misérable s'en alla à Bagdad, pour se plaindre de moi au khalife. En l'apprenant, 
j'envoyai des lettres aux fidèles de cet endroit qui le chassèrent. 

Après cela, il vint nous trouver à Antioche, et demanda pardon : nous lui donnâmes 
l'absolution, et nous l'envoyâmes dans la montagne d'Edesse, pour lui donner une 
place quand nous serions de retour dans le couvent de Mar Bar Çauma, Mais là, 
avant notre arrivée, sa dernière heure survint. Que le Seigneur ait pitié de lui! 



CHAPITRE [II]. — De V époque à laquelle furent tués l'émir de Mélitène, et Mleh, 
prince de Cilicie, et Emtn ed-Dtn, gouverneur de Mardin, et aussi le cizir du kha- 
life de Bagdad, qui furent tués tous les quatre à la même époque. Des autres 
événements qui survinrent à cette époque : meurtre de Vévêque du Tour 'Abdln; 
Çalah ed-Dln t Égyptien, qui* s'empara de l'Arabie; le prince de Mossoul, qui 
reprit les pays qui lui avaient été enlevés; les Turcs, qui s'emparèrent des 
montagnes de Sassoun. 

Après la mort de Nour ed-Dîn, son neveu Saif ed-Dîn partit de Mossoul et 
s'empara [710] de Nisibe. Il abolit les lois établies par son oncle paternel et brisa 
la pierre sur laquelle elles étaient écrites, qui était placée dans la mosquée. Il 



1. IMmV». _ 2. Corriger: y«ft^,;-s (vers. ar. : »<»4,>o). — 3. Cf. ci-dessus, p. 340, 348. 
4, Lire : •^iwl» (vers, ar. : >»j^). 



LIVRE XX. GHAP. II 361 

permit de boire publiquement du vin. Les émirs de Mardîn et de Hesna de 
Kêpha vinrent le trouver, et il alla à Harran'. Il s'empara de ces villes et y fit de 
même. Il s'empara de Saroug et de Gallinice, et son cousin', prince d'Alep et de 
Damas, se soumit aussi à lui. Ensuite, il revint à Mossoul. 

La même année, Çalah ed-Dîn, qui gouvernait l'Egypte, étendit aussi son 
empire sur l'Arabie intérieure et sur divers lieux des royaumes Nubiens, par 
une brillante victoire'. 

Les Arméniens occupaient des forteresses dans la montagne de Sassoun 
depuis de nombreuses générations; en cette année, les Turcs s'en emparèrent; 
l'émir, de Maipherqat', en effet, leur fit la guerre; il les pressa, et, réduits à 
l'extrémité par la famine, ils livrèrent eux-mêmes les places fortes au Sah- 
Armen, seigneur de Khélat^ 

La même année, le roi des Ibères enleva aux Perses^ la ville d'Ani. 

En l'an 1486, le 15 de kanoun i" (oct.), l'eunuque Emîn ed-Dîn, gouverneur 
de l'endroit, fut tué dans la citadelle de Mardîn. Celui qui le tua fut l'émir Qotb 
ed-Dîn'; il prit ensuite la tête du mort dan? sa main, alla trouver son vieux père 
et lui dit : « Parce qu'il a voulu me tuer, je l'ai tué moi-même. » Le vieillard, 
qui avait perdu l'intelligence, ne répondit pas un mot. 

La même année, les troupes de Mleh, [711] prince de Gilicie, se révoltèrent 
contre lui, à cause de ses nombreuses actions infâmes, et jurèrent de le tuer. 
En ayant eu connaissance, il sortit du camp pendant la nuit et s'enfuit dans 
l'une de ses places fortes. Les gardes de cette citadelle faisaient partie du com- 
plot • organisé par les troupes ; ils s'emparèrent de lui et le coupèrent par mor- 
ceaux; ils le donnèrent aux chiens et il fut dévoré*. 

Ils firent venir son neveu, Roupen '", fils de Stéphanos, de Tarse où il se tenait 
caché par crainte de son oncle paternel, et ils le firent régner sur eux. Alors, 
il fit mettre à mort ceux qui avaient tué son oncle, parce qu'ils l'avaient jeté 
aux chiens. 

La même année, il y eut aussi à Bagdad une révolte contre le khalife, (excitée) 
par son ministre. Ge ministre, qui gouvernait et s'appelait Qotb ed-Dîn", ras- 



1. Sic ms, et vers, ar.; BH : « à Édesse et Harran ». — 2. Malik Çalih. — 3. Cf. Bar Hebr., 
Chr. syr., p. 346. — 4. Maipherqat faisait partie des états de Nedjm ed-Dîn Alpi (cf. p, 311); mais 
il s'agit peut-être d'un gouverneur local. — 5. Soljtmân II Nasir ed-Dîn Mohammed (1128-1185). — 
6. Par ce mot, l'auteur désigne ici les princes de l'Adherbaidjan ; cf. les Tableaux chronologiques. 

— 7. Qotb ed-Dîn Ilghazi, fils et successeur de Nedjm ed-Dîn; cf. p. 368. — 8. Il faut probable- 
ment lire : l^'oJo» ltJo_i3 v'^'oi; (vers. ar. : .pl.^î&. ■«so ^jai^A^^ao ;.a»û^l3 ^,..&m \\.\ yom Itub). 

— 9. Comp. Hisl, arm. des Crois., I, p. 625. — 10. Roupen III; Roupen II, fils de Thoros II 
était mort à Qala' Romaita en 1170, Cf. ci-dessus, p, 331. — H. Qotb ed-Dîn Qaimâz • cf. Gesch, 
der Chai., III, p. 338. 

m 46 



362 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



sembla une armée. Il pressait le khalife Moustadhi par l'attaque' qu'il avait orga- 
nisée contre lui dans son palais, afin de se faire proclamer sultan par le khalife. 
Le khalife, réduit à l'extrémité, monta sur le toit de son palais, cria à haute voix 
en pleurant, et en suppliant les gens de l'intérieur de la ville de se réunir pour le 
délivrer des mains de son ministre révolté. Ils s'assemblèrent en grand nombre, 
et,après le meurtre de beaucoup de personnes, le ministre prit la fuite avec trente 
mille cavaliers. Us se sauvèrent dans le désert pour échapper. Après avoir mar- 
ché pendant cinq jours dans une région où ne se trouve pas d'eau, ils commen- 
cèrent à être opprimés par la soif, et ils envoyèrent des messagers au prince 
de Mossoul, qui promit de rétablir la paix entre le khalife et eux. Comme ils se 
dirigeaient pour rentrer à Mossoul, un vent brûlant, un violent ouragan les 
surprit ; ils se desséchèrent et devinrent comme du bois noir, hommes et bêtes ; 
ils n'étaient pas même dévorés par les bêtes sauvages, car leurs têtes étaient 
devenues dures comme des pierres. Cent hommes arrivèrent à Mossoul, où les 
médecins ne purent en sauver un seul; ils étaient un sujet d'épouvante pour 
ceux qui les voyaient. — Fin. 



En l'an 1486, le 15 de sebat (févr.) 
un dimanche ', l'émir de Mélitène' fut tué 
[710] par son frère*, celui-là même qui 
avait été son prédécesseur et avait aban- 
donné la ville pour se retirer dans la 
honte. 

Pendant cinq ans, il circula et vécut 
avec prodigalité ^ ; puis il fut pris par 
Nour ed-Dîn et emprisonné*. Ensuite il 
s'échappa et s'enfuit à Antioche pour 
se faire Franc. N'ayant pas rencontré là 
le repos, il s'enfuit encore et se tourna 
vers les Turcs. Il vint trouver le sultan', 
qui lui donna Héraclée. A la vérité, il 
s'attendait à recevoir Mélitène, et comme 
cela n'eut pas lieu, il la lui enleva. 
Il se dirigea donc de nouveau vers 
les Turcs qui sont dans la région de 



En l'année 1486, Ignatius, évoque du 
four 'Abdîn, fut tué pour la cause que 
voici : 

[710] Il s'efforçait par tous les moyens 
de recueillir des oboles, parce qu'il 
était atteint de la passion de l'avarice, 
« qui est le culte des idoles ' » . Il ne rougit 
point lorsqu'il fut réprimandé par nous, 
ou, pour mieux dire, par la loi; mais il 
ajouta le mal au mal; il abandonna la 
véritable espérance en Dieu et mit sa 
confiance dans le prince du siècle, afin 
de pouvoir amasser de l'or à l'aide du 
sceptre royal. Aussi Dieu lui fit-il sen- 
tir son abandon. Aux premières vêpres 
d'un dimanche, il quitta l'office et sortit 
pour aller trouver le prince et, selon sa 
coutume, faire mettre en prison les 



1. U3;û=. 

2. Le 15 févr. 1175 était un samedi, — 3. Féridoun; cf. ci-dessus, p. 343. — 4. Mohammed ;^ 
cf. ci-dessus, p. 337. — 5. P.-ê. « il reçut errant » (?). — 6. Corr. : >»a-,l.l, — 7. Kilidj-Arslan. 

8. Coloss., tir, 5, 



LIVRE XX. GHAP. II 



363 



l'Orient; mais il fut repris par Nour 
ed-Dîn qui le jeta en prison à Birah, 
qui est située sur la rive de l'Euphrale. 
Là, il fut dans une grande angoisse et vi- 
vait d'aumônes ;c'estpourquoiIes moines 
de Mar Bar Çauma osèrent lui en- 
voyer des aumônes par l'intermédiaire 
de quelques moines messagers, parce 
que lorsqu'il était prince il aimait le 
couvent. Et cela même tourna au pro- 
fit, comme le discours le montrera plus 
bas. 

Nour ed-Dîn mourut peu de temps 
après, et celui-ci sortit de prison. Ayant 
entendu dire que la femme de son frère, 
à cause de sa haine pour son mari, avait 
abandonné Mélitène et était retournée 
chez ses parents', à Hesna de Ziad, il se 
dirigea vers cet endroit; ceux-ci l'encou- 
ragèrent, et il vint en secret. Comme 
il le dit lui-même plus tard, il mit sa 
confiance en Mar Bar Çauma et lui fit 
vœu, s'il régnait de nouveau à Mélitène, 
d'exempter le couvent du tribut. [711] 
Étant arrivé à la porte de la ville, il 
y entra, au moment du soir, sous l'habit 
d'un pauvre, sans que personne le sût, 
excepté deux hommes qui étaient avee 
lui. Ceux-ci le conduisirent à la demeure 
d'un des Turcs qui étaient autrefois de 
ses amis, et il demeura caché dans sa 
maison pendant deux jours. 

Ensuite^ pendant la nuit du dimanche 



moines, les prêtres et les laïcs, pour 
telles ou telles causes. Pendant la nuit, des 
Curdes le rencontrèrent, et le méchant 
tomba entre les mains des méchants; 
ceux qui étaient avec lui s'enfuirent ; les 
Curdes le torturèrent méchamment', et, 
à la fin, l'empalèrent* et l'abandonnèrent 
expirant; des hommes le trouvèrent 
en cet état, et quand ils retirèrent 
le pieu (de son corps) il rendit l'âme. 

Peu de temps auparavant, à Hâha', 
quelques fidèles des Benê Qouriaqos : le 
prêtre Marzouq, son frère Bar Çauma 
et leurs enfants, avaient été tués; et 
l'opinion se répandit qu'ils avaient été 
tués à l'instigation de ce misérable 
évêque; aussi, lorsqu'il fut tué lui- 
même, on pensa qu'il avait été tué à 
l'instigation de ceux qui voulaient en 
tirer vengeance. Quoi qu'il en soit, 
cela arriva par la permission de Dieu ^. 

La même année, à cause de mes 
péchés, moi aussi, misérable, [711] 
j'éprouvai justement l'abandon de Dieu ; 
car, ayant témoigné à nos moines du 
couvent de notre seigneur Mar Bar 
Çauma, plus d'honneur, de charité et de 
liberté, ils se révoltèrent contre moi 
pour une raison que le discours expo- 
sera soigneusement plus bas'. — Fin, 



susdit, il méprisa sa vie*; ils par- 



1. Chez son frère, vraisemblablement; cf. ci-dessus, p. 329, 343, n. 5. — 2. La construction est 
obscure ; le sens pourrait être « il risqua sa propre vie », mais plus probablement « il osa enlever 
la vie à son frère ». La vers, ar, suit le syriaque mot à mot : >ooiiov C&. I^.oo • vX\'^ (-3 vplott, 

3. : ll.(u^(?), Itâji» (?). — 4. Littér, : « ils lui fixèrent un bois dans son dessous »; BH : 
w>»ova « dans l'anus ». — 5. Pays d'origine de cet évêque. — 6. Littér. : « ce fut l'abandon »; 
vers. ar. : •> t-l»«e yi» »l. ^la i» iS i . '^ a. — 7. Comp. ci-dessous, p. 367. 



364 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

vinrent à leur palais' (?) et entrèrent dans les jardins, sans que les gardes s'en aper- 
çussent. Ils trouvèrent là une échelle qui gisait par terre et ils l'appliquèrent contre le 
mur. Ils montèrent et redescendirent dans le palais, et ils pénétrèrent dans la chambre 
où ce malheureux dormait, ayant auprès de lui une vieille femme, sa nourrice. Tout-à- 
coup, le jeune homme et la vieille s'éveillèrent en tremblant; l'autre le frappa et le 
tua, puis il prit les clefs des portes de la ville et de la citadelle, et, la tête de son 
frère dans sa main, il courut à l'instant même chez les notables : il se rendit tout 
d'abord près de ceux qu'il savait d'accord avec lui et qui le désiraient chez eux. Cha- 
cun de ceux qu'on venait de tirer de son sommeil, en voyant la tète de l'émir coupée', 
tremblait et donnait promptement son adhésion. Quand il eut fait jurer ainsi une 
quinzaine d'entre eux, il fit apporter la lumière et monta rapidement à la citadelle, 
ayant avec lui environ cent hommes. Au moment du matin il y eut du bruit, le nouvel 
émir fut proclamé, et la terreur et la frayeur s'emparèrent de tout le monde. Les 
Chrétiens se cachèrent dans leurs maisons, et les Turcs, revêtus de leur armure, 
montèrent sur leurs chevaux et se réunirent devant la porte de la citadelle. Ils se 
disputaient, persuadés que l'émir qui gouvernait n'avait pas été tué. Quand la tête 
du mort fut jetée, du mur, en bas, en la voyant, ils perdirent leur espoir en lui. 
Contraints par la nécessité, ils prêtèrent tous serment à ce Mohammed, et lui à eux. 
Quand il eut obtenu l'autorité, il fit remise du tribut imposé au couvent de notre 
seigneur Mar Bar Çauma; mais les moines lui dirent qu'ils lui donneraient volontai- 
rement [7i!2] chaque année trois cents dinars, et lui demandèrent d'abolir seulement 
les impôts qu'avait surajoutés l'émir Ghâzî, En effet, avant l'émir Ghâzî il n'y avait 
pas une trop grande charge sur le couvent; mais, quand celui-ci régna, avec dureté, 
il imposa aux moines de donner chaque année sept cents dinars; et, à l'époque où se 
passa cet événement, le couvent fut délivré de cette charge. Bien mieux, cet émir, 
comme il l'a dit, avait fait vœu de tout remettre ; quand il vit que les moines ne le dési- 
raient pas, par crainte d'exciter la haine des Musulmans, il étendit la même faveur au 
couvent de Mar Domitius. 



CHAPITRE [III]. — De V époque à laquelle Çalafied-Din sortit (T Egypte, s'empara 
de Damas, et vainquit le seigneur de Mossoul. A cette époque, les Francs qui 
étaient depuis longtemps emprisonnés à Alep furent délivrés. 

En l'an 1487, Çalah ed-Dîn', qui régnait en Egypte, sortit et vint à Damas. 



' 1, Ainsi a compris la vers, arabe (cf. p. 363, n, 1); mais le passage paraît être corrompu; le cou- 
texte semble appeler une tournure telle que : « les plus énergiques d'entre eux [ou leurs com- 
plices) parvinrent et pénétrèrent dans les jardins », — 2. <a«mSt. 
3. Cf. ci-dessus, p, 334. 



LIVRE XX. CHAP. III 365 

Ayant appris que le seigneur de Mossoul avait enlevé Harran et Edesse au 
fils de Nour ed-Dîn', il venait, prétendait-il, au secours du fils de son maître, et 
sous ce prétexte, il s'empara de Damas et de ses environs. Le jeune fils de 
Nour ed-Dîn, sa mère et ses précepteurs, qui étaient à Alep, eurent peur de lui. 
Il envoya des messagers et leur fit dire : « qu'il n'était qu'un serviteur ; qu'il 
était venu pour servir en la présence du jeune homme, pour être son précepteur, 
pour combattre et poursuivre ses ennemis » ; mais il ne le crurent point et ne lui 
ouvrirent point les portes. 

En voyant cela, il laissa paraître sa tyrannie; il s'empara d'Émèse et de Hama • 
de vive force; il fit venir d'Egypte une quantité d'or et se mit à le répandre 
comme la poussière. Il rassembla des troupes et libéra les Francs qui étaient 
emprisonnés à Damas depuis le commencement du règne de Nour ed-Dîn; 
c'étaient des hommes distingués; il se montra facile pour leur rançon et fit la 
paix avec les Francs'. 

Saif ed-Dîn, seigneur de Mossoul, envoya des troupes pour l'expulser; et 
ceux qui partirent pensaient, dans leur arrogance, qu'ils allaient le tailler en 
pièces; [713] ils le raillaient, ils le méprisaient, ils l'appelaient « un chien qui 
aboie contre son maître ». Pour lui, il leur fit dire humblement : « Il ne con- 
vient pas qu'étant une seule maison nous soyons divisés » ; mais ils méprisèrent 
ses envoyés et s'avancèrent contre lui, en se hâtant, pour qu'il ne pût se sauver 
et échapper à leurs mains. Mais Dieu, qui renverse les orgueilleux et les 
superbes, les humilia; la crainte s'empara d'eux, et cette multitude de troupes 
tourna le dos dans la bataille. C'est pourquoi, il prit un grand nombre d'entre 
eux et s'empara de leurs chevaux, de leurs chameaux et de leurs armures. 

Il fit encore une autre chose digne de mémoire. Quand il les vit qui se met- 
taient à fuir, il cria fortement à haute voix, en jetant son casque et en se lamen- 
tant, et disant à ses troupes : « Ne tuez personne; ce sont nos frères I » Ensuite 
il donna à ceux qui avaient été pris des provisions et des chevaux et les renvoya 
en paix. Par suite de telles actions sa renommée grandit chez tous les musul- 
mans. 

Quand ceux qui étaient à Alep virent cette grande défaite, ils craignirent 
encore davantage, et ils envoyèrent des présents au seigneur d'Antioche, afin 
qu'il devînt leur auxiliaire. Les portes furent ouvertes pour que ces princes qui 
étaient enfermés depuis longtemps et avaient perdu tout espoir, se rache- 
tassent et sortissent d'Alep; le comte de Tripoli* fut rançonné à 80 mille (dinars); 
Josselin, fils de Josselin, à 50 mille; le Prince Raynald'' à 120 mille : plusieurs 



1. Ismaïl el-Malik eç-Çalih. — 2. Lire : Csoo- (BH et vers, armén.) ; ms. : « Émèse et Émèse (!) ». 
— 3. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 366-367. — 4. Raymond III. — 5. Ms. : Renaghd Prinz. 
Renaud de Châtillon. 



366 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

fois on avait envoyé de l'or de Gonstanlinople pour ce dernier, mais il l'avait 
donné pour la rançon d'autres qu'il avait délivrés et libérés, et maintenant il 
fut délivré à son tour, ainsi que tous les autres. 

Saif ed-Dîn, [seigneur] ' de Mossoul, après que ses troupes eurent été défaites, 
rassembla de nouveau une armée beaucoup plus nombreuse '. Le seigneur de 
Mardê et celui de Hesna de Kêpha partirent avec lui. Ils étaient 60 mille, et 
Çalah ed-Dîn n'avait que 12 mille hommes. Il fit dire à Saif ed-Din : « N'engage 
pas le combat; car si je suis vaincu, moi, serviteur, je ne perdrai rien à être 
vaincu par' les fils de mon maître; mais toi^ qui es fils de roi, si tu es vaincu, 
tu essuieras une grande défaite ». Saif ed-Dîn le méprisa et le tourna en déri- 
sion. Quand on livra bataille, les chefs des troupes de Saif ed-Dîn, qui avaient 
été corrompus par Çalah ed-Dîn, qui leur avait envoyé secrètement des présents 
en abondance, tournèrent le dos. Saif ed-Dîn resta dans la détresse : il put à 
peine regagner Mossoul sur un chameau, couvert de confusion. Il tua une par- 
tie et chassa une autre partie de ceux qui s'étaient séparés de lui. 

Çalah ed-Dîn s'avança contre Mabboug : les faiyayê qui s'y trouvaient la lui 
livrèrent. Il s'empara de l'émir, qui avait été autrefois à Édesse*, et qui était 
célèbre pour sa bonne nature^; il lui enleva injustement ses possessions. Au 
bout de cinq mois, il le fit sortir de prison : et celui-ci se rendit à Mossoul. 

Après cela, les émirs de Tell Baser, de 'Aïntab' et des autres endroits de la 
Syrie lui firent leur soumission. II marcha contre 'Azaz. Là, ceux qu'on appelle 
Hasisai'' tombèrent sur lui et le frappèrent à coups de couteau; mais il n'en 
mourut pas. Ceux qui l'avaient frappé furent mis à mort, et il envoya ses 
troupes piller leur pays. Après s'être emparé de vive force de 'Azaz, il mit de 
nouveau le siège contre Alep. 

Les gens d'Alep cherchèrent surtout du secours auprès des Francs. Ceux-ci 
avaient envoyé cet Arnald', qui était sorti de prison. Le Seigneur lui donna la 
victoire. Il détruisit une partie des troupes de Çalah ed-Dîn. Les Francs 
envahirent de nouveau le pays de Damas; ils y massacrèrent beaucoup de gens 
et firent de nombreux captifs. Raynald envoya ensuite des troupes en Egypte' 
et elles pillèrent cet endroit. Çalah ed-Dîn, pressé par les Francs, restitua 'Azaz 
au seigneur d'Alep ; il fit la paix avec eux, et s'empressa de retourner en Egypte '°. 
— Fin. 



1. Suppléer : l^-« (vers. ar. : xxa^.). — 2. J-S^U ^È>*; vers. ar. : |aj,|joo onUPi.lj; littér. : 
« beaucoup plus du double ». — 3. Suppl. : ^. — 4. Vers. ar. -oïl^s Joal*. ^^ uS ^bo. 
5. Qotb ed-Dîn Inal. — 6. otSi.». — 7, Les Assassins ou Ismaïliens. — 8. Arnaghd. Renaud de 
GhâtilloD. — 9. Il s'agit peut-être de l'entreprise sur la mer Rouge, qui eut lieu plus tard, — 
10. Sur toute cette campagne de Saladin en Syrie, comp. Hist. ar. des Crois., I, 46, 47, 615-625; 
III, 58-63; IV, 182. 



LIVRE XX. CHAP. III 



367 



En cette année 1487, le dimanche 
Nouveau', 11 du mois de nisan (avr.), au 
moment du matin, à la fin de l'office, 
c'est-à-dire après la lecture de l'Evan- 
gile, le soleil s'obscurcit totalement : la 
nuit se fit, et les étoiles parurent ; la lune 
elle-même se voyait dans le voisinage du 
soleil. Ce fut une vision triste et terri- 
fiante, qui fut cause que beaucoup de 
gens se lamentaient en pleurant; les 
moutons, les bœufs, les chevaux se mê- 
laient les uns aux autres par suite de la 
frayeur. L'obscurité dura deux heures, 
ensuite la lumière revint. 

Quinze jours après, dans ce même 
mois de nisan, au déclin d'un lundi, au 
moment du soir, il y eut une éclipse de 
lune dans la partie du ciel où avait eu 
lieu l'éclipsé de soleil. Gloire à celui qui 
connaît tout! 

En ce printemps, il y eut disette de 
pluie et grande sécheresse. Les se- 
mences et toutes les céréales se dessé- 
chèrent. La soif fut telle que de nom- 
breux villages étaient entièrement aban- 
donnés par leurs habitants, surtout 
à Jérusalem et dans toute la Palestine, 
dans la Cœlé-Syrie, dans la région de 
Nisibe et dans le four 'Abdîn. Dans 
la région de Mossoul, on ne moissonna 
pas même les récoltes, et on ne trouvait 
pas d'eau, même pour abreuver les 
hommes et les animaux. 



La cause pour laquelle nos moines 
méditèrent une vaine révolte est celle- 
ci : 

A l'époque à laquelle il y avait eu du 
trouble dans l'Eglise, après la mort du 
patriarche Mar Jean bar Sousan, quand 
le synode s'était réuni dans le couvent% 
avant d'élire un chef, à la demande des 
moines, les évèques écrivirent une 
exemption pour que le couvent ne fût 
plus soumis à la dépendance du pa- 
triarche en quelque manière. Les moines 
avaient fait cela, parce qu'autrefois 
quelques-uns des patriarches, se trou- 
vant opprimés par les rois, avaient 
imposé des charges au couvent : parfois 
ils avaient pris dans le trésor des objets 
d'argent, parfois ils avaient pris de l'or à 
titre de prêt et ne l'avaient pas rendu. 
Mais cet écrit d'exemption, que les 
moines avaient obtenu du synode des 
évoques, ne fut pas approuvé par les 
patriarches qui se succédèrent; Athana- 
sius, Jean son successeur, et un autre 
Athanasius, notre prédécesseur, disaient 
que la confirmation du patriarche qui 
existait à cette époque lui faisait défaut; 
et il est évident que les évêques firent 
cette faveur illégitimement, par com- 
plaisance. C'est pourquoi la concession 
resta sans eflfet [713] et devint une cause 
de discorde; car, à son sujet, des que- 
relles avaient éclaté entre chaque pa- 
triarche et les moines. Moi, qui avais 
grandi dans ce couvent, je voulus accor- 
der au couvent cette faveur qui devint une occasion d'affliction. Je confirmai l'exemp- 
tion, et je contraignis les évêques à la signer. Tandis que je pensais faire cesser 



1. Dimanche de Quasimodo, 11 avr. 1176. 

2, Cf. ci-dessus, p. 174. 



368 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

la cause des querelles entre les patriarches qui seraient établis dans l'Eglise et les 
moines qui habiteraient ce couvent, la discorde s'aggrava, parce que, quand ceux 
dont les voies étaient dissolues furent pour ainsi dire sans frein', la dispute s'éleva 
dans le couvent même et deux partis se formèrent. — Fin. 



CHAPITRE [IV]. — [714] De Vépoque à laquelle mourut Nedjm ed-Dtn deMardtti, 
et à laquelle commença la guerre entre le sultan Kilidj-Arslan et l'empereur 
des Grecs, Manuel. Autres événements qui arrivèrent alors. 

En l'an 1487, le 20' de tamouz (juill.), mourut Nedjm ed-Dîn de Mardîn ; il 
avait régné pendant 22 ans, et, durant ce temps, tous les habitants de son pays 
furent dans une grande prospérité matérielle, surtout les Chrétiens, les églises 
et les couvents, par suite de sa mansuétude et de sa bienveillance'. 

Il eut pour successeur son fils Qotb ed-Dîn*, qui se mit en guerre avec ses 
oncles paternels ; il les pressa fortement jusqu'à ce que, sur l'intervention et les 
instances du seigneur de Mossoul et de celui de Hesna de Kêpha, ils reconnurent 
sa suzeraineté, comme du temps de son père ; ils vinrent tous les deux : le sei- 
gneur de Hâni et le seigneur de Dara ', ils entrèrent dans la citadelle de Mardîn, 
lui rendirent hommage, et la paix fut rétablie entre eux. 

Peu de temps après, la nouvelle se répandit que Qotb ed-Dîn était mort; et 
son pays était sur le point' d'être dévasté, si le Seigneur n'avait eu pitié. Le 
prince guérit de sa maladie, tua quelques milliers d'Arabes et leur enleva 
12 mille chameaux; le reste prit la fuite, et le pays fut pacifié. 

A cette époque, l'empereur des Grecs sortit à la chasse : il fut blessé par un 
sanglier, et le bruit se répandit qu'il était mort. Le sultan pilla son pays. L'empe- 
reur, voyant qu'il n'était pas reconnaissant' de la grande amitié et des bienfaits 
qu'il lui avait accordés, en fut fort irrité. Les émirs Benê Tanousman enflam- 
maient sa colère ; car ils avaient pris la fuite devant le sultan, qui s'était emparé 
de leurs états, et étaient allés à Constantinople chercher du secours près de l'em- 
pereur*. Ils partirent donc [71S] devant lui pour attaquer le sultan. Avec une 
forte et nombreuse armée de divers peuples qui couvraient la face du pays qu'il 
avait envahi, il parvint jusqu'aux confins des Turcs; il pressait le sultan de 
rendre aux Benê Tanousman les pays qu'il leur avait enlevés et aussi ceux que 



1. Lire : Ija^ U,. 

2. Vers. ar. : « le 27 », — 3, Littér. : « la bonté de son œil ». — 4, Ilghazi II Qotb ed-Dîn. — 
5. Cf. ci-dessus, p. 311. — 6. Lire : ia«u>o ; vers. ar. : wiUa 6j»o. — 7. Littér. : « ne gardait 
pas l'honneur. » — 8. Cf. ci-dessus, p. 357. 



LIVRE XX. GHAP. IV 



369 



son frère lui avait donnés; mais le sultan n'y consentit pas, et ils se firent la 
guerre. 

L'empereur rebâtit deux des villes* qui étaient détruites depuis longtemps, 
et y établit des troupes qui pressaient les Turcs. 

L'empereur envoya en outre piller le peuple des Turcomans; ses troupes en 
tuèrent des milliers ; et alors ces Turcomans pénétrèrent dans la région septen- 
trionale, dans les pays des Grecs qui se trouvaient sans garde', lis s'emparèrent 
d'environ cent mille personnes ; ils tuèrent tous les hommes et vendirent les 
femmes et les enfants à des marchands qui les menèrent jusqu'en Perse. — Alors 
l'empereur poursuivit avec colère le sultan, qui fuyait d'une montagne dans une 
autre, parce qu'il ne voulait point se rencontrer avec l'empereur en bataille 
rangée. 

L'empereur envoya 30 mille hommes avec l'émir Danoun, pour s'emparer de 
Néocésarée. Tandis qu'ils pressaient cette place par leurs attaques, les Turcs 
qui s'y trouvaient usèrent de ruse et écrivirent une lettre, comme de la part des 
Chrétiens, au général des Grecs; ils disaient dans cette lettre : « Cet émir Da- 
noun que vous avez amené, use de perfidie avec vous; il a des intelligences avec 
lesTurcs,ses congénères, et ils se préparent à vousfaire périr». — Ils lancèrent 
la lettre au bout d'une flèche dans le camp des Grecs qui furent pris de peur et 
se mirent à fuir. Alors les Turcs qui étaient dans la ville sortirent à leur pour- 
suite, en criant : « L'empereur Manuel est mort! » et ils en détruisirent la plus 
grande partie. Le général, qui était le neveu' de l'empereur, fut tué; Danoun 
s'enfuit dans la région septentrionale, mais les Grecs s'emparèrent de lui et le 
réservèrent au jugement de l'empereur. — Fin. 



[7l4j En cette année', le Seigneur eut 
pitié de nous ; le temps cruel de la disette 
de pluie passa, les sources et les fon- 
taines coulèrent, et la terre fut promp- 
tement délivrée de cette sécheresse qui 
faisait périr les hommes et les animaux. 
Cependant, la famine durait encore par- 
tout, parce que les récoltes ne prospérè- 
rent pas non plus en cette année 1487; 



[714] Quand de tels dommages com- 
mencèrent h se produire dans le couvent, 
après que nous eûmes essayé de les cor- 
riger par la réprimande'' légale, mais 
sans succès, sur le conseil d'hommes 
pieux, évoques et moines, nous usâmes 
du bâton, selon le précepte', pour que la 
blessure ne tourne pas à la gangrène. 
Alors, ceux en qui était cachée la saveur 



1. Dorylée et Silbium. Cf. IJist. du Bas-Emp., XC, § xi, xiii. — 2, Litlér. : « sans préoccupa- 
tion ». — 3. Littér. : « fils de la sœar n. Andronic Vatace. Cf. op. cit., XC, § xv. 

4. Vers. ar. ; « A cette époque ». 

5. C'est, semble-t-il, le sens de cette expression, qui signifie litlér. : « le mépris, le dédain « ; 
(cf. texte, p. 614, trad., p. 236, i. 8). — 6. L'allusion vise, je crois, quelque canon disciplinaire. 

III 47 



370 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



caria colère dejustice, justement excitée 
contre nos péchés, n'était pas encore cal- 
mée; pour cette raison, les pauvres dé- 
périssaient en tous lieux. A Jérusalem, à 
Damas, à Alep et dans le Désert salé ', le 
prix d'un kaila de froment était de trois 
(dinars) rouges ; et bientôt on n'en trouva 
plus. Alors, des caravanes d'Arabes^ avec 
leurs chameaux, se mettaient en route 
et amenaient du froment. Dans les ré- 
gions de la Syrie, l'or rouge avait perdu 
la moitié de sa valeur, tandis que dans 
ces mêmes pays le froment augmentait 
de prix, au point que le qephîza se ven- 
dait un dinar. 

A cette époque, on vit dans le ciel, du 
côté de l'Occident, comme une demi- 
lune; elle monta vers l'Orient, et, à me- 
sure qu'elle montait, elle grandissait, 
jusqu'à ce qu'elle fut trois fois comme 
la lune; alors elle s'avança subitement 
jusqu'au milieu du ciel, puis se divisa 
en trois parties et tomba. On ne la vit 
plus. L'empereur' des Grecs ayant été 
taillé en pièces, chacun put connaître [la 
signification de ce météore]^ — Fin. 



du sel apostolique furent pris d'un zèle 
divin, et firent en sorte que les autres 
se convertissent à la pénitence. Tous 
envoyèrent les frères âgés et hono- 
rables du couvent près de ma Bassesse, 
au couvent de Marllanania; et ils firent 
des instances pour que je retournasse 
avec eux au couvent, pour mettre fin à la 
querelle. Nous revînmes avec eux jus- 
qu'à Amid. Le prince sortit et nous 
accueillit avec joie. Nous consacrâmes 
dans l'Esprit-Saint, l'église que nous 
avions bâtie là, en la fête de sainte Bar- 
bara, le dimanche 4 dekanoun i'"'(déc.)*. 
Ensuite nous parvînmes, en peinant, jus- 
qu'au couvent. Là, après plusieurs (dis- 
cussions), il plut à tous : à nous, aux 
évêques et à tout le monde, que ces 
exemptions qui, de toute manière et de 
tout temps, avaient été cause de schisme 
dans l'Eglise, et plus ou moins de ruine 
pour le couvent, fussent abolies. Cela 
ayant eu lieu, avec le secours de Dieu, 
cette mesure procura la paix et la con- 
corde à la sainte Eglise, et la joie à tous 
les gens du couvent, parce qu'ils en 
avaient compris l'utilité. — Fin. 



CHAPITRE [V]. — De l'époque à laquelle Manuel, empereur des Grecs, fut 

vaincu par le sultan Kilidj-Arçlan. 

Quand l'empereur des Grecs, Manuel, apprit que son neveu avait été tué à la 
porte de Néocésarée", il partit en colère pour venir tirer vengeance des Turcs. 



1. Lire ; U-=>*=o; vers. ar. : o^*»^»^ ov»-» >^o. — 2. Sic vers. ar. ; ms. : « le fil» de l'empe- 
reur )). — 3. Le texte est manifestement altéré; sens d'après la vers. ar. : v,|ia^ y^ !*aa)| »|o. 

4. 4 déc. 1177. 

5. Cf. p. 369. 



LIVRE XX. CHAP. V 371 

Or, le sultan prescrivit à ses troupes de ne pas livrer bataille, mais de s'en 
aller par bandes, en avant du corps d'armée de l'empereur, à droite et à gauche, 
€t aussi par derrière, et de brûler les villages et tout ce qui pouvait servir de 
nourriture pour les hommes et le bétail; d'infecter les citernes, les sources et 
les puits, en y jetant les cadavres des morts, des chiens, des ânes, et toute 
espèce de pourriture et d'immondices. Il prescrivit pareillement à ceux qui 
étaient dans une forteresse de ne pas attaquer, mais de se maintenir tant qu'ils 
pourraient, puis, quand ils seraient devenus trop faibles, d'incendier tout le lieu 
et de se retirer. Le sultan s'en alla lui-même dans une montagne difficile, où il 
passait d'un endroit à un autre. 

Alors l'empereur s'avança impétueusement au milieu des pays des Turcs, à 
une distance de cinq journées de marche; les Turcomans qui étaient dans ce 
pays, innombrables comme la sauterelle, voyant que l'empereur était venu pour 
les chasser de leur résidence, se réunissaient par 5 mille ou par 10 mille, 
incendiaient, dévastaient, et massacraient ceux qu'ils trouvaient en dehors du 
camp des Grecs. 

Les Grecs arrivèrent dans le voisinage d'Iconium, à une journée de marche 
(de cette ville), et à trois heures du lieu où était le sultan; ils s'engagèrent 
entre les montagnes dans un endroit resserré où il n'y avait point d'eau, laissant 
en arrière', les 5 mille chariots qui portaient la nourriture des hommes et des 
animaux, les armes et les bois pour les machines de guerre, [716' l'or, les 
églises", les croix et les objets de toute nature. Le peuple des Turcomans ayant 
vu l'empereur et les troupes s'éloigner' du campement et de ces chariots chargés 
des bagages, ils se rassemblèrent par derrière au nombre d'environ 50 mille, 
capturèrent et pillèrent tout le campement. 

Quand l'empereur et son armée apprirent que leurs richesses étaient perdues, 
et que la nourriture qu'ils espéraient voir arriver jusqu'à eux avait été enlevée, 
ils furent saisis d'une grande terreur. Les Turcs s'aperçurent qu'ils étaient 
effrayés; ils faisaient rouler sur eux du haut des montagnes des quartiers de 
roche qui broyaient les hommes et les animaux. Toutes ces myriades de soldats, 
qui s'invectivaient mutuellement à l'intérieur de ce vallon*, avaient les genoux 
tremblants et craignaient de sortir en présence des Turcs qui étaient tellement 
proches qu'ils pouvaient les percer de leurs traits pendant la nuit. Alors, au 
milieu de la nuit, l'empereur envoya trouver le sultan pour demander la paix. 
Le sultan, qui était lui-même pris de crainte, yconsentit facilement. Des messa- 
gers allaient et venaient avec des flambeaux, pendant toute la nuit. L'empereur 



1. v*^oi5 ; BH : IS^^^^ 'oa*. — 2. Les tentes qui servaient de chapelles. — 3. Lire : aû-»W. — 
4, Littér. : « celte fosse n. 



372 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

abandonna au sultan les villes qu'il avait rebâties'. Au moment du matin, 
quand la paix fut proclamée, les Turcs injuriaient le sultan et l'appelaient 
« traître », parce qu'il avait consenti à la paix. Aussi l'empereur dut-il se 
faire accompagner par trois des émirs du sultan pour arrêter l'audace des Turco- 
mans. Mais ceux-ci ne restèrent pas tranquilles. Quand le camp des Grecs com- 
mença à se mettre en mouvement, de tous les côtés les Turcomans frappaient 
et tuaient des Grecs. L'empereurayant demandé à ces émirs pourquoi ces choses 
avaient lieu après les serments échangés, ils répondirent : « Ceux-ci [nej' 
dépendent pas de nous ». C'est pourquoi l'empereur leur tendit des embûches, 
et on en tua environ 20 mille. 

L'empereur de retour à Constantinople envoya beaucoup d'or au sultan, et 
récupéra la croix' dans laquelle était le bois de la crucifixion. 

Le sultan envoya à tous les émirs, au khalife de Bagdad et au sultan du Kho- 
rasan des esclaves, des servantes, des armes, etles têtes des Grecs etleurs che- 
velures au bout des lances, et ils les promenaient par les rues sur la croupe de 
leurs chevaux, en se réjouissant. 

Telle fut l'issue malheureuse de l'expédition de l'empereur des Grecs*. Et 
qui ne confesserait que rien n'arrive sur la terre sans le consentement d'en haut, 
selon des desseins impénétrables? — Fin. 



A cette époque, l'évêque Jean, d'Émèse, homme vertueux et saint vieillard, avait 
depuis longtemps voulu donner sa démission de la charge pastorale, par un juste 
motif de religion. Il exposait l'affaibHssement causé par la vieillesse et d'autres rai- 
sons qui méritaient d'être acceptées ; mais plusieurs fois, par les instances, les exhor- 
tations et l'encouragement, on l'avait contraint de ne pas abandonner le diocèse qui 
lui avait été confié par Dieu, Prince des pasteurs et Seigneur du diocèse ; et ce vieillard 
craignant Dieu, bien qu'à regret et en pleurant, se faisait violence à lui-même, se 
laissait persuader et s'en allait. L'année suivante, il revenait avec la même intention; 
et cela dura pendant dix ans. Aussi, fus-je touché [716] par ses larmes, et non seule- 
ment moi, mais encore les évêques qui étaient présents; et c'est pourquoi le moine 
David, du couvent de Mar Hanania, fut ordonné pour ce diocèse d Emèse, et prit le 
nom de Dionysius. 



t. Cf. p. 3G9. — 2. La négation, exigée par le contexte, est omise dans le ms. ^ 3. Prise parmi 
jes bagages. — 4. Cf. Hist. du BasEmp., 1. XC, § xiv et suiv. 



LIVRE XX. GHAP. VI 373 



CHAPITRE [VI]. — De l'époque à laquelle le sultan Kilidj-Arçlan s'empara de 
Mélilène; et des autres événements qui se passèrent à cette époque en divers 
lieux. 

Au moment même où le sultan venait de faire la paix avec l'empereur des 
Grecs, il mit le siège contre Mélitène. Dans cette ville se trouvait cet émir de 
la famille des Benê Tanousman, qui avait tué son frère'. Il était en mauvais 
termes avec ses soldats '. La plupart des Chrétiens avaient quitté la ville, à cause 
de la famine qui sévissait en tous lieux, et surtout en cette ville, et ceux qui 
étaient à l'intérieur, outre [717J la famine, avaient à souffrir la prison, les coups 
et toute sorte d'autres afflictions. Alors ils se souvinrent des avertissements 
qui leur avaient été adressés avec sollicitude, de vive voix ou par écrit, non 
seulement par ma personne pécheresse mais par beaucoup d'autres : « Pour- 
quoi avez-vous tourné à gauche etavez-vous abandonné les bonnes œuvres de 
vos pères? » En eux s'est accompli le blâme du prophète qui dit' : « Ils se sont 
mêlés aux Gentils, et ont appris leurs œuvres ». Aussi, quand ils virent le châ- 
timentqui survenait, ils curentpeur, ils se retinrent, et ils ouvrirent les oreilles 
de leur cœur, comme il est écrit* : « Le châtiment du Seigneur m'a ouvert les 
oreilles »; et ils commencèrent à faire pénitence, dans les larmes et une amère 
douleur. C'est pourquoi le Seigneur eut pitié, et jeta la crainte dans le cœur de 
l'émir. Il se dit que ses Turcs le détestaient et que bientôt, quand ils souffri- 
raient de la faim, ils le tueraient et livreraient la ville. Aussi s'empressa-t-il 
lui-même d'envoyer secrètement trouver le sultan; il obtint la promesse de sa 
vie sauve, sortit et passa à Hesna de Ziad. 

Le sultan entra et prit possession de la ville le mercredi 25 de tésrîni°''(oct.)' 
de l'année 1489, et ce fut un soulagement pourtout le monde; car tout ce camp 
l'avait assiégée pendant quatre mois; ils n'avaient point engagé de combat; mais 
ils s'étaient bâti des maisons en briques pour passer l'hiver, et ils avaient bâti 
pour le sultan de grandes maisons avec les pierres qui étaient placées au-dessus 
des tombeaux. Mais le Seigneur, dans ses desseins incompréhensibles, pro-" 
cura au peuple affligé un soulagement inespéré. 

A cette époque, le Seigneur châtia de Le vénérable David, deux ans après 

nouveau la terre par le manque de pluie, avoir été ordonné pour Emèse, quitta 

à cause de notre iniquité. Les récoltes cette vie temporelle. Alors, tous les gens 

se desséchèrent, et il y eut une cruelle du diocèse envoyèrent vers nous, et, sur 



1. Cf. ci-dessus, p. 362. — 2. Vers. ar. : • ;âvl3 ^a^li» '«jai^ 'ow ^s l»w. — 3. Ps. cv, 35. — 
4. Cf. Is., L, 5 (?) ; Job., xxxvi, 10 (?). — 5. Le 25 oct. 1177 était un mardi. 



375 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



famine en Syrie, en Palestine, en Assy- 
rie, en Mésopotamie, en Arménie, Le 
kaila de froment se vendait un dinar, 
là où on en trouvait. A Damas et dans les 
environs de cette ville, [7l7] on ne trou- 
vait absolument plus ni blé ni autres 
céréales. Beaucoup degens étaient morts 
de faim, et beaucoup s'en allèrent dans 
des pays très éloignés. C'est pourquoi, 
partout, les Chrétiens, et même les Mu- 
sulmans, persévéraient dans les prières 
et les larmes. La plupart des princes 
distribuaient miséricordieusement aux 
indigents ce qu'ils avaient de blé ou 
d'autres céréales. C'est ainsi qu'à An- 
tioche, Amaury, patriarche des Francs, 
donna abondamment du blé et d'autres 
céréales ; et il en fut de même par- 
tout. Aussi, le Seigneur se montra mi- 
séricordieux ; quand tout espoir était 
perdu, au milieu du printemps, les tor- 
rents (du ciel) furent ouverts et le Sei- 
gneur enivra la terre. L'atmosphère se rasséréna, et aussi les cœurs des hommes; les 
langues chantaient la louange' de Dieu, parce que les récoltes prospéraient ; et il y 
eut une grande abondance dans tous les pays. 



leurs instances, nous contraignîmes le 
vieillard Mar Jean de retourner à son 
ministère'. 

A cette époque mourut l'évêque Atha- 
nasius, qui est le moine Abou Ghaleb, 
qui avait été ordonné pour Djihan. [71 7| 
Il mourut dans son couvent, situé dans 
le pays de Gargar, et qu'on appelle cou- 
vent d'Abou Ghaleb'. 

La même année Jean, évêque d'Arsa- 
mosale, mourut dans le couvent de Mar 
Hanania. 

Ignatiusde Gargar, qui est Romanus, 
(évêque) de Telia d'Arsanias, mourut 
aussi, à Mélitène, dans l'église de ses 
parents. 

L'ordination de Mar Athanasius*, qui 
est Rabban Çeliba, notre frère charnel", 
eut lieu dans le couvent de Mar Hanania, 
le dimanche 9 de lésrin i" (oct.) ''. 



CHAPITRE [Vil]. — De Vépoque à laquelle Çalah ed-Dtn sortit d'Egypte en Pales- 
tine, fut vaincu par les Francs et s'enfuit en Egypte. Des autres événements 
survenus à cette époque. 

Au mois de tésrin de Tannée 1489, Çalah ed-Dîn sortit d'Egypte. Il menait 
avec lui 33 mille hommes vêtus de cuirasses, sans compter les fantassins, et 
aussi 52 mille chameaux' pour porter les armes et les bagages. Il entra dans le 



1. Lire : lû>».aaj.l.. 

2. Cf. ci-dessus, p. 372. — 3. Cf. ci-dessus, p. 341. — 4. Plus lard métropolitain de Jérusalem; 
cf. ci-dessous, p. 394. — 5. Lire : Uj^^. — 6. 9, oct. 1177. 

7. La vers, armén. porte 34.000 hommes et 52.000 chameaux. Peut-être la leçon primitive était- 
elle 'a. (12) au lieu de -aj (52) ?. 



LIVRE XX. CHAP. VII 375 

pays de Jérusalem en grande colère; il tua de sa main le premier Franc qui 
fut pris, et dans son sang [718] lava et purifia ses membres ! 

Aussi le Seigneur eut-il pitié des Chrétiens. Tout le monde avait perdu espoir, 
car le mal de la lèpre commençait à paraître sur le jeune roi Baudoin qui s'affai- 
blissait, et dès lors chacun tremblait. Mais le Dieu qui fait paraître sa force dans 
les faibles', inspira au roi infirme de sortir; le reste de ses troupes se réunit 
autour de lui. 11 descendit de sa monture, se prosterna sur le visage devant la 
croix, et pria avec des pleurs et des expressions touchantes. Le cœur de tous 
les soldats fut ému à celte vue. Ils étendirent tous la main sur la croix et jurèrent 
qu'ils ne fuiraient pas à la bataille, et que, si les Turcs étaient vainqueurs, 
celui qui fuirait et ne mourrait pas serait regardé comme un apostat. Quand ils 
furent remontés à cheval, ils s'avancèrent et parurent (en présence) des Turcs 
qui se réjouissaient, parce qu'ils étaient persuadés qu'ils allaient détruire les 
Francs. Ceux-ci, en voyant les Turcs, dont les forces étaient pour ainsi dire comme 
une mer, descendirent de nouveau de cheval, coupèrent leurs cheveux, se don- 
nèrent mutuellement la paix et demandèrent les uns aux autres un dernier par- 
don. Ensuite, ils engagèrent la bataille. Au même instant, le Seigneur souleva 
une violente tempête qui enlevait la poussière du côté des Francs et la jetait sur 
les Turcs. Alors les Francs comprirent que le Seigneur avait accepté leur repen- 
tir; ils se réjouirent et prirent courage. Les Turcs, au contraire, tournèrent le dos 
pour fuir. [719] Les Francs les poursuivirent, tuant et massacrant toute la jour- 
née. Ils pillèrent et enlevèrent leurs chameaux et leur bien. Gomme les troupes des 
Turcs s'étaient dispersées dans le désert, pendant cinq jours les Francs les 
recherchèrent. Ils les trouvaient^ par bandes : les uns déjà morts, les autres expi- 
rants. Ils tuaient ceux-ci, et ramassaient leurs armes et leurs dépouilles. Les 
quelques-uns qui parvinrent avec Çalah ed-Dîn jusqu'en Egypte se vêtirent de 
noir et demeurèrent dans le deuil. Cette nouvelle joyeuse fut proclamée et par- 
vint à Antioche tandis que nous nous y trouvions'. 

En ces jours-là, le préfet* turc qui résidait à Hesna dellarim, ayant appris que 
le seigneur d'Alep ° voulait s'emparer de lui [pour le tuer, se révolta] ' et se tourna 
vers les Francs. Le prince' lui jura de ne pas le chasser de cette forteresse, 
mais de l'y maintenir et de le secourir. Confiant (en cette promesse) le préfet fit 
sa soumission aux Francs et fut en inimitié ouverte avec les Turcs ; mais les 
Francs commirent alors une grande [iniquité]' et fouJèrent aux pieds ieurs ser- 



1. Cf. II Cor., xri, 9. — 2. Lire : ,-^«» (BH). — 3. Il s'agit de la bataille de Ïell-Gezer (Mont- 
Gisart), 25 nov. 1177. Cf. Gesch. des Kôiiigr. Jérusalem, p. 377. — 4. riyeiitiv (Sa'd ed-Dîn Koumis- 
tekin). — 5. Malik Çalil.i. — 6. Restituer une ligne omise par le copiste : uoio^ ^^•»oo • "wal^^o? 
(d'après la version arabe : . ov^ jJ-'-ot • 'o*i-û^»»o 'ova3lli^a* J). — 7. Prinz ; Bohémond III d'An- 
tioclie, — 8. Suppl. : Uns. (vers. ar. : l;»=s \y>^\). 



376 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ments. Ils se réunirent de Jérusalem et de tout le littoral; le comte de Tri- 
poli', Roupen de Cilicie et le comte de Flant^ allèrent avec le prince et un 
peuple nombreux mettre le siège contre Harim, pendant quatre mois. Ils l'atta- 
quaient par tous les moyens de guerre; ils pressuraient tout le pays et la ville 
par leurs exactions; beaucoup d'hommes périrent dans le combat; et après 
tout cela, Dieu justement ne leur donna pas la victoire, parce qu'ils avaient trans- 
gressé les serments qu'ils avaient jurés sur la croix et l'évangile, et avaient pensé 
obtenir la victoire par la force humaine. Or, quand les Turcs qui étaient dans la 
place lurent affaiblis, ils envoyèrent un message à Alep, reçurent les serments 
du seigneur de cette ville et lui livrèrent la forteresse. Celui-ci donna au prince 
20 mille dinars, et le prince s'en retourna à Antioche, le cœur brisé. Et telle fut 
l'issue de cette réunion'. — Fin. 



A cette époque, un peuple nombreux, 
pressé par la famine, s'ébranla et sortit 
de l'Arable. Lorsqu'ils parvinrent aux 
rives de l'Euphrate, les émirs leur inter- 
dirent le passage, pour qu'ils ne fussent 
pas cause 'd'un accroissement de famine. 
Ceux-ei méprisèrent la défense et pas- 
sèrent. C'est pourquoi les Turcs s'assem- 
blèrent contre eux et massacrèrent envi- 
ron cent mille d'entre eux; et le reste 
retourna pour repasser l'Euphrate. 
Quand [718] leurs chameaux entrèrent 
dans les eaux, avec les hommes, les 
femmes et les enfants, les eaux crurent 
et les entraînèrent tous. Ils périrent, et 
on les retrouvait comme des épaves sur 
les rives. 

Au mois de 'iyar (mai) de l'année 1489, 
tandis que nous étions à Antioche, la 
pluie tomba abondamment, et il y eut 
dans la ville une inondation qui emporta 
des maisons et des bâtiments; beaucoup 
de gens et de bétail furent noyés. Le 



A cette époque, [par] la grâce de Dieu, 
après avoir institué, à Mardîn, l'évêque 
Mar Athanasius', nous partîmes pour 
Antioche. 

Là, Dionysius'fut ordonné pour Alep. 

A cette époque, on rapporta au sultan 
qui régnait à Mélitène' que les moines 
de notre couvent avaient été les auxi- 
liaires de l'émir qui était jadis dans cette 
ville, et que, pour ce motif, il leur avait 
fait remise du tribut' : et alors [718] le 
sultan leur imposa de payer chaque 
année un tribut de cinq cents dinars. Il 
leur interdit toute relation avec l'émir, 
et chassa de Mélitène et de toute la ré- 
gion tous les Turcs qui avaient servi les 
Benê Tanousman. 

A cette époque, il y eut querelle entre 
ma Bassesse et le maphrien Mar Jean, à 
propos des Haççaçinites, du pays de 
Tagrit. Ceux-ci s'étaient séparés de 
l'Église du temps du patriarche Mar Cy- 
rlacus, à cause de la formule : panem 



1. Raymond III. — 2. Philippe, comte de Flandre. — 3, Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 375. 

4. Lire : ^ooiKVi.3; vers. ar. : ^owi^nni. 

5. Cf. p. 374. — 6. D. Mobarak, moine d'Édesse. — 7. Kilidj-Arslan ; cf. p. 373. — 8. Cf. p. 364. 



LIVRE XX. CHAP. VII 



377 



flot arriva jusqu'aux portes de la ville, 
et en telle abondance que les portes ne 
suffisaient pas à l'évacuation des eaux, qui 
s'accumulèrent et s'élevèrent jusqu'au- 
dessus du mur. Ce fut dans la ville une 
grande calamité, qui causa la terreur et 
la crainte. 

L'année suivante, comme nous étions 
encore à Ânlioche, il y eut un hiver 
aussi doux que le printemps. 

Au mois d'adar (mars), le feu prit dans 
la ville et consuma beaucoup de mai- 
sons et de bâtiments aux alentours de la 
grande église de Mar Petrus. Dieu pré- 
serva les hommes, et personne ne fut 
blessé. 

La même année, pendant que nous 
étions à Antioche, le pape de Rome en- 
voya des messagers aux patriarches des 
Francs d" Antioche et de Jérusalem, et 
les invita à se rendre près de lui, à cause 
d'une hérésie qui avait surgi là '. 

Le patriarche* d'Antioche'nous adres- 
sa de sa part l'évêquc de Tarse' et deux 
prêtres, et nous demanda d'aller avec lui 
pour cette affaire '. Nous nous informâmes 
et nous apprîmes que Satan avait fait 
tomber dans l'hérésie quelques hommes 
de la race des Francs, qui étaient dans ce 
pays, et qui brillaient par leur amour 



cœlestem^ ; maintenant, ils voulurent re- 
venir à nous. Quand ils vinrent me 
trouver et me demandèrent de leur or- 
donner un évêque, je leur répondis : 
«Nous dirons au maphrien de l'ordonner, 
car il est archevêque de Tagrit, et il ne 
faut pas que vous soyez séparés de nos 
frères qui sont là. » Mais eux, par pas- 
sion humaine, regardèrent cela comme 
une honte; ils demandèrent qu'il fût 
ordonné par nous-même, acceptant 
toutefois d'être ensuite sous la dépen- 
dance du maphrien. Nous leur dîmes : 
« Cependant prenez patience, jusqu'à 
ce que nous nous soyons mis d'accord 
avec nos frères, afin qu'il n'y ait pas de 
scandale. »' Après avoir congédié les 
Haççiçanites sur cette promesse', nous 
écrivîmes au maphrien comme à un 
frère. Mais lui, en apprenant que les 
Haççiçanites étaienrt venus nous trouver, 
pensa que son honneur était perdu et il 
se mit h faire proclamer l'excommunica- 
tion contre les Haççiçanites et contre 
quiconque les recevrait, dans tous les 
diocèses de sa juridiction. Quand nous 
apprîmes cela, nous fûmes dans la stu- 
peur et, avec longanimité, nous ren- 
voyâmes [719] vers lui des moines hono- 
rables, comme messagers; nous lui 



1. Il s'agit de la convocation du III» concile du Latran, célébré à Rome par Alexandre III, du 
5 au 19 mars 1179 (Manst, Ampliss. collectio, XXII, 215 sqq.). Les prélats de la Palestine qui s'y 
rendirent partirent en sept. 1178. Cf. Gesch. des Kônigr . Jerus., p. 381. — 2. Répétition du texte 
intercalé plus Iiaut ; cf p. 3't7, n. 2. — 3. Amaury. — 4. Probablement l'évêque latin, dont nous 
ignorons le nom, à moins que ce ne fût déjà Ausberlus, qui occupait le siège en 1190, et qui est 
qualifié « archiepiscopus Tarsensis et principalis curiae Antiochia; concellarius » (Or. Christ., t. III, 
col. 1182). — 5. Ni Amaury, ni l'évêque de Tarse n'assistèrent au Concile. 

6. Cf. ci-dessus, p. 5, — 7. La suite de ce chapitre comprend la répétition de la partie inter 
calée plus haut (texte, p. 701, 1. 30) ; cf. p. 347, n. 2, — 8, w.ûit. 



378 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



des pauvres. [7*9] Us disaient' qu'il n'est 
pas possible que le pain et le vin devien- 
nent la chair et le sang de Dieu ; qu'il 
n'y a d'autre vertu que les aumônes et la 
miséricorde envers les pauvres, la cha- 
rité et l'union des hommes entre eux". 
Or, ils s'associèrent nombreux, au 
point d'être des milliers et des myriades ; 
ils avaient des évêques, et les comtes', 
seigneurs des pays, s'étaient unis à 
eux. Ils firent en outre dans leur asso- 
ciation quelque chose de très honteux, 
car ils mirent leurs femmes en commun. 

Quand cette impiété fut dévoilée, eu 
vue de la faire cesser, le patriarche* de 
Rome, qu'ils appellent Apostolos', ré- 
solut de tenir un synode œcuménique. 

Pour nous, après avoir exposé qu'il ne 
nous était pas possible, pour plusieurs 
motifs, d'aller dans cette contrée, nous 
écrivîmes un long volume dans lequel 
nous montrâmes où et quand Satan fit 
surgir de semblables doctrines et par 
quels Pères cette hérésie a été réfutée. 



fîmes savoir charitablement combien de 
labeurs et de fatigues avaient supportés 
nos saints Pères Cyriacus et Dionysius, 
et comment le synode de Callinice' 
avait décrété qu'ils devaient être reçus 
s'ils se convertissaient, tout en leur per- 
mettant de réciter cette formule. 

Le maphrien ne reçut pas nos envoyés, 
et balbutia des paroles de rébellion. 
Quand nos envoyés furent repartis, il fut 
blâmé par quelques hommes prudents et 
pieux. Il se repentit et vint vers nous. Je 
ne me rencontrai point avec lui, mais je 
déclarai que cette affaire ne pouvait être 
traitée que dans un synode. Il retourna 
à son diocèse et envoya de nouveau des 
messagers et des instances. C'est pour- 
quoi nous réunîmes un synode dans le 
couvent de Mar Bar Çauma ; il y vint lui- 
même, et amena avec lui ses évêques. 
Nousexposâmes quelle transgression des 
canons il avait commise. Il demanda par- 
don et promit par écrit de se soumettre 
légitimement. Nous récitâmes sur lui la 
prière d'absolution, et la paix et la con- 
corde furent rétablies. 



CHAPITRE [VIII]. — De Vépoque à laquelle nous montâmes à Jérusalem pour 
la troisième fois; et sur diverses autres choses. 

Au mois de tésrin i", tous les Francs se réunirent avec le roi Baudoin sur les 
rives du Jourdain, au lieu appelé le « Gué de Jacob ». [720] Ils se mirent à 
bâtir une ville pour pouvoir forcer Damas'. 



1. La vers, arabe supprime la fia du chapitre, en reavoyant à l'intercalatiou : ■:• lûalao U-iol l»»'. 
— 2. Il s'agissait des Albigeois. — 3. |.aa-I-»aoo. — 4. Littér. : « celui de Rome ». — 5. « Li apos- 
toile », daas les anciens textes français. 

6. Ms. : « de Chalcédoine »; même faute plus haut (texte, p. 702, 1. 3) et dans la vers, arabe. Il 
s'agit du synode relaté ci-dessus, p. 39. 

7. Oct. 1178 ; 1490 des Grecs. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 382. 



LIVRE XX. CHAP. VIII 379 

Çalah ed-Dîn méprisa (l'entreprise), quitta l'Egypte et vintà Damas ; car l'émir 
qui occupait la ville de Ba'albek, qui est Héliopotis, Ville du Soleil, s'était 
révolté contre lui. 11 plaça son camp devant cette ville et la pressa par différentes 
attaques. L'émir qui était à l'intérieur envoya aux Francs, à diverses reprises, 
des dons et des présents, ainsi que le serment et la promesse de se soumettre 
à eux, mais, n'ayant point reçu de secours et son espoir étant déçu, il fut con- 
traint de se tourner vers son persécuteur. Il reçut des serments et lui livra la 
ville. 

Alors Çalah ed-Dîn devint plus fort, et il envahit le pays de Palestine. Les 
Francs se réunirent, et il s'enfuit devant eux jusqu'à Damas. Les Francs pillèrent 
le pays et s'en retournèrent à une journée de marche. Lorsqu'ils campèrent, il 
fondit sur eux à l'improviste et leur enleva cent hommes valeureux avec le chef 
des Frères', c'est-à-dire le « Maïster dé Phrer ». Les Chrétiens en furent fort 
affligés. 

Çalah ed-Dîn se fortifia et revint promptement contre cette place que les 
Francs avaient nouvellement bâtie, et il l'emporta d'assaut. Il y avait à l'inté- 
rieur environ cinq cents Frères ; voyant que la place était prise, les uns se 
précipitèrent eux-mêmes dans le feu et se firent brûler pour ne pas tomber 
entre les mains des Taiyayê, d'autres se jetèrent dans le Jourdain et se noyèrent, 
d'autres se laissèrent tomber du mur sur les rochers et périrent. Tous ceux 
qui tombèrent entre les mains des faiyayê furent tués par le glaive ^ — Fin. 

Au mois de tésrin i'"' de Tan 1490, nous partîmes d'Antioche, et nous rencontrâmes 
à 'Akko le jeune roi Baudoin; quand il vit le diplôme de son père', que nous avions 
avec nous, [720] il se réjouit, nous honora et nous donna aussi un diplôme et des 
promesses. 

Nous parvînmes ensuite à Jérusalem. Là, nous reçûmes d'Egypte des messagers 
qui avaient été envoyés par le patriarche d'Alexandrie, Mar Marcus. Il nous faisait 
connaître le schisme qui avait eu lieu à cette époque parmi nos frères d'Egypte, 

Un homme aveugle, qui s'appelait aussi Marcus, et qui est surnommé Bar Qonbar, 
était instruit et d'une étonnante facilité de parole. Il s'enfla de vanité, parce qu'on 
lui prodiguait des éloges; 11 se crut quelque chose de grand, et se mit à enseigner des 
doctrines erronnées; et, par l'apparence de la sainteté, il entraînait ceux qui l'écou- 
taient, selon la parole du divin apôtre, qui dit ' : « De même que Satan osa imiter l'ange 
de lumière, ainsi ses ministres imitent parfois les ministres de sainteté ». Il se mit à 
prêcher sur la confession des péchés. Et comme cette pratique était tombée en désué- 



1. Lire : t^U. Odon de Saint-Amand. Cf. Gesch, des Kônigr. Jerus,, p. 385. — 2. 30 août 
1179 ; cf. op. cit., p. 387. — 3. «-wa=U. — 4. II Cor., xi, 14. 



380 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

tude depuis longtemps chez les Egyptiens, par suite d'une certaine négligence, comme 
aussiautrefois chez nous, le patriarche le lui défendait. Cethomme, qui avait trouvé des 
adhérents, se révolta contre le patriarche. Il disait, d'après ce qu'il nous annonçait, 
que de même que nous prescrivions aux fidèles de confesser les péchés, comme l'or- 
donnent les canons apostoliques, ainsi faisait-il. 

Quand les envoyés du patriarche arrivèrent, après que nous eûmes lu ses lettres, 
les envoyés de Bar Qonbar vinrent à leur tour, et par sa [lettre]' nous reconnûmes que 
la fausseté était mélangée dans sa doctrine, comme l'absinthe dans le miel. 11 s'était 
laissé entraîner, en effet, et était tombé parmi les impurs Messaliens et dans l'opinion 
de Lampetius « que quiconque confessait ses péchés était dans un corps en quelque 
sorte incorporel et arrivait à l'impassibilité ; qu'il devenait comme le corps du Christ 
et participait alors au corps et au sang du Christ ». Par cette opinion, son discours 
l'amenait à compter dans le Christ des natures, des volontés, des opérations. Quand 
nous respirâmes cette odeur fétide de la lettre de Bar Qonbar, nous lui [écrivîmes] ^ 
une longue réfutation, et nous refrénâmes son impétuosité par les exemples (tirés) 
des Ecritures; nous montrâmes que si la confession des péchés est louable, ce n'est 
pas cependant dans le sens de son impiété. Nous écrivîmes aussi un autre long volume 
aux évoques et à tout le peuple, et nous excommuniâmes justement Bar Qonbar, 
comme l'avait excommunié Mar Marcus. Au patriarche^ nous écrivîmes qu'il ne con- 
venait pas de mépriser la confession à cause de l'erreur de Bar Qonbar. Après cela, 
Bar Qonbar s'attacha aux Grecs chalcédoniens, et à la fin il fut en proie à de nom - 
breux maux '. 



[Fin du Livre vingtième] ' 



1. Suppl. : w^k:^!^ ; vers. ar. : .Um^ •oilSi.p»» ^. — 2. Suppl. ^J=^^. — .3. Cf. Renaudot, 
Hist. patr, Alexandr., p. 550-553. 

4, Notre ms, ne porte ici aucuu? clausule. La version arabe porte : vjlo^ oîs,loi<&. mtoi loiû^l 

+ tl-U-jl ovjUo^ ^i«o looîas a Ce livre est achevé dans un cycle de cinq ans, en huit chapitres ». 



LIVRE XXI 



Nous COMMENÇONS CE ViNGT-ET-UNIÈME LiVRE A l' ANNÉE 1491 DES GRECS, 1161 DE 
LA NAISSANCE DANS LA CHAIR DE NoTRE-SeIGNEUR, 558 DE l'eMPIRE DES TaIYATÊ, 

119 DES Turcs, et 6660 depuis Adam, c'est-a-dire depuis le commencement du 

MONDE. 



CHAPITRE PREMIER — De Vépoque a laquelle mourut Manuel, empereur des 
Grecs. A celte époque Bar Wahboun osa tenter de ruiner les lois [ecclésias- 
tiques), et tomba comme la foudre du ciel. 

[721] En l'an 1491, Manuel, (empereur) des Grecs tomba malade. Sentant 
qu'il allait mourir ', il se fit moine, proclama empereur et couronna son fils 
Alexis, enfant de 12 ans. Il fit la mère* de celui-ci religieuse et lui confia le tré- 
sor de l'empire; il établit douze notables pour conduire les troupes. 

Manuel régna 37 ans, et s'illustra beaucoup. 

Après sa mort, il y eut une grande corruption dans leur empire, parce que 
la mère de l'enfant qui régnait tomba dans l'adultère avec un de ces douze 
notables'. C'est pourquoi, les onze autres voulurent la priver de l'empire, ainsi 
que son fils, établir la fille' que Manuel avait eue de sa première femme et 
proclamer empereur son mari. Mais ils ne purent mener à bonne fin cette 
entreprise. Leur complot fut découvert; ils prirent peur et s'enfuirent dans la 
grande église. 11 y eut un combat et une effusion de sang dans la capitale pen- 
dant sept jours; puis ils dressèrent des rr.achines de siège contre Sainte- 
Sophie °. Alors, on s'interposa entre eux. Leur patriarche, Theodosius, se porta 
garant à ceux qui s'étaient réfugiés et fortifiés dans l'église : ils sortirent et 
se rendirent au palais. Mais alors ils foulèrent aux pieds leurs serments et les 
garanties de leur patriarche; ils mirent la main sur ces onze malheureux 
notables et leur crevèrent les yeux, puis ils tuèrent ceux qui s'étaient attachés 
à eux'. Alors le massacre redoubla, et leur patriarche mit l'interdit sur toute 



1. Manuel mourut le 24 sept. 1)80. Cf. Hist. du Sas-Emp., XC, § xxxvn. — 2. Marie; cf. op. cit., 
XCI, § II. — 3. Le protosébaste Alexis, neveu de Manuel, — 4. Marie, femme du César Jean. — 
5. BH : l..3ûai> ^^, — 6. L'auteur parle un peu confusément de ces événements et sans doute par 
ouï-dire; il est intéressant de voir comment les faits étaient colportés et déjà défigurés par les 
récits contemporains. Comp, Hist. du Bas-Emp., XCI, § vi et suiv. 



382 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



la ville : le son des cloches et la prière cessèrent dans les églises et les monas- 
tères, depuis le commencement de sébat (févr.), jusqu'au mois de tésrin (oct.) ; 
leurs morts mêmes n'étaient pas ensevelis (avec un office funèbre), et le 
patriarche se retira de la ville dans un couvent de l'extérieur. 



[721] En l'an 1491, le sultan Kllidj- 
Arçlan envoya une armée contre Ra'ban. 
L'émir qui se trouvait dans cette ville, 
et qui dépendait des états dé Çalah ed- 
Dîn l'égyptien, alla chercher une armée 
à Damas. Quand les Cappadociens virent 
ceux-ci, [ils prirent la fuite sans avoir 
combattu]'. Bien que les deux partis 
fussent des Turcs, cependant, comme 
ceux de Berrhoë étaient plus habitués 
à combattre avec les Francs, les Cappa- 
dociens eurent peur et prirent la fuite 
en présence des autres. 

En cette année, Josué, le scribe, 
(originaire) du Tour 'Abdîn, fut ordonné 
pour Hesna de Ziad. Dès le début, il se 
montra transgresseur des canons; il 
abandonna le siège pour lequel il avait 
été ordonné afin de prendre le Tour 
'Abdîn. 

Pour cela, il se présenta au préfet' 
Sa'îd ed-Dîn, et celui-ci nous écrivit 
qu'il allait transférer Isaacus, l'évêque 
du Tour 'Abdîn, qui est Iwannis, pour 
le faire passer à Hesna de Ziad et donner 
le four 'Abdîn à Josué le scribe. Je ré- 
pondis au prince qu'il n'était pas dans 
notre loi que l'autorité du prince pût 
transférer un évêque d'un lieu à un 



[721] En cette année 1491, nous 
vînmes d'Antioche au couvent de Mar 
Bar Çauma. Quand nous eûmes jeté les 
fondements pour la construction d'un 
temple dans ce couvent, la jalousie de 
Satan se dressa pour l'empêcher. 

Elle trouva comme instrument Theo- 
dorus bar Wahboun ^ Celui-ci commença 
alors sa rébellion, et pendant treize ans 
remua toute pierre à propos de cette 
affaire, c'est-à-dire de cette révolte. Il 
est nécessaire que nous écrivions un peu 
plus longuement (à ce sujet)'. 

Si, dans tous les faits que nous avons 
compilés dans ce livre, nous avons ap- 
porté la plus grande diligence et vigi- 
lance, comme nous le devions, pour 
écrire la vérité et ne jamais mêler avec 
l'exactitude quelque chose d'inexact; 
maintenant surtout, en présence de Dieu 
qui scrute les cœurs, nous allons écrire 
sans nous écarter aucunement de l'exac- 
titude. Dieu nous est témoin, et avec lui 
plusieurs de nos frères les évêques, des 
prêtres, des moines et des laïcs, que 
tout ce qui va être écrit maintenant, 
sans passion, est vrai. Certes, cène sont 
pas toutes les mauvaises actions de ceux 
qui ont pratiqué les rébellions [722] que 



1. Le copiste a omis une ligne. Vers. ar. : .!-=(- t».^ laajw ot-co^lao ^wl lo;^ l»^o. — 
2. 7|ye[Atov. 

3. Il était le disciple du patriarche (cf. ci-dessus, p. 335), et aussi son filleul (Bar Hebr., Chr. 
eccl., I, 577). — 4. Les faits rapportés dans la suite de ce récit s'étendent sur l'espace de ces 
treize années. Le début toutefois paraît faire allusion à des choses antérieures. 



LIVBE XXI. GHAP. I 383 

autre, et qu'il ne m'était pas possible à nous écrivons maintenant dans ce récit; 

moi-même de faire cela. Et Josué fut mais seulement la partie qu'il est néces- 

déposé. — Fin. saire d'écrire pour montrer comment 

cette entreprise diabolique commença 
et prit fin. 

Ceux qui s'associèrent a cette époque dans une association diabolique, pour diviser 
l'Église de Dieu, étaient au nombre de cinq. Siméon, évêque d'Arzoun, avait le désir 
de passer à Maipherqat, et comme nous ne consentîmes pas à son ambition illégitime, 
il fut rempli de haine et de colère contre moi. Josué, le scribe, qui avait été ordonné 
pour Hesna de Ziad, et qui recourut à l'autorité du prince pour passer dans le Tour 
'Abdîn, fut légitimement déposé; il se joignit en secret à Siméon, et tous les deux 
se rendirent à Amid^ auprès d'Abraham qui avait été institué évêque de cet endroit, 
mais qui avait été excommunié à cause de ses fautes. Tous les trois séduisirent le 
malheureux évêque de Sibabérek; comme celui-ci avait foulé aux pieds les canons et 
avait reçu des présents pour l'ordination qu'il conférait, il était aussi excommunié. 
Ils s'allièrent tous les quatre et oublièrent les promesses et les anathèmesque chacun 
d'eux avait écrits de sa main (déclarant) « que le jour où il oserait s'élever contre nous, 
il deviendrait étranger à lépiscopat et n'aurait plus le pouvoir de faire l'ordination ; 
que s'il osait la faire, elle serait privée de la vertu de l'Esprit-Saint ». Ils foulèrent aux 
pieds toutes ces promesses, parce que Dieu les avait abandonnés à la vanité de leur 
intelligence'. Ils rencontrèrent le vase de colère, le démon incarné, le chef de la 
troupe, le nouveau Bélial, qui fut reconnu par plusieurs dès son origine, dans 
lequel était cachée une légion de démons '. 

Après avoir été chassé de Mélitène, d'où il était, il se dévoila de nouveau àEdesse, 
et en fut expulsé; il se manifesta ensuite à Jérusalem et dut prendre la fuite. Il en 
fut de même partout où il alla. Après diverses choses, il vint près de ma Bassesse ; et, 
en vérité, j'étais tombé moi-même dans un grand abandon (de Dieu), puisque je pensai 
que je pourrais le corriger et qu'il persévérerait. Gomme il était instruit et versé 
dans les Écritures, je pensais beaucoup de bien de lui, ainsi que Dieu, qui scrute les 
cœurs, le sait, et plusieurs (le savent aussi). Pendant sept ans, je l'appelai dans ma cel- 
lule, et je l'avertis: je subis et je supportai ses fautes; si bien que les ruses et les 
machinations qu'il faisait dépassèrent la mesure. Comme Absalom, il restait à la porte 
de ma cellule', et il attirait à lui pour le remplir de colère quiconque était mécontent 
pour un motif quelconque. C'est de cette manière qu'il gagna ces quatre (évêques), et 
il leur promit, s'ils le faisaient patriarche, de leur donner à chacun deux diocèses. 
C'est pourquoi, non-seulement moi, mais beaucoup de personnes étaient scandalisées 
par ses actions, œuvres sataniques et entreprises diaboliques; et je le chassai de ma 
résidence. 



1. Rom., I, 28. ^ 2. Allusion au texte évangélique, Marc, v, 9. — 3. Cf. Il Reg., xv, 2 et suiv. 



384 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Agissant à son instigation, ces misérables allèrent trouver le prince d'Amid et lui 
promirent de l'or, s'il les aidait à établir un patriarche qui résiderait dans sa ville, 
qui recueillerait de toute part et lui donnerait tant et tant. Or, cet homme était 
disposé, pour de l'or, à démolir non seulement les règles et les lois des églises 
chrétiennes, mais même celles des Musulmans ! II leur donna donc un libelle d'élection' 
pour Bar Wahboun, de la part d'Abou '1-Qàsim ibn Nisaa', ou plutôt de la part du 
diable. Abraham d'Amid, ayant reçu le libelle, quitta l'habit monastique, revêtit le 
vêtement des Turcs et chevaucha sur un cheval, comme un soldat, afin de ne pas être 
reconnu : ce qui d'ailleurs était un symbole exact de leur dépouillement'. Il alla cher- 
cher Bar Wahboun. Mais en ces jours-là, le Seigneur dans sa colère frappa le prince 
d'Amid, qui mourut subitement. Ceux-ci qui lui avaient donné de l'or et qui avaient 
perdu tout espoir dans le Seigneur, allèrent trouver le fils* de celui qui était mort, 
lui donnèrent de nouveau de l'or et lui montrèrent l'écrit de son père. Il leur permit 
de faire comme ils voulaient. Alors cette nouvelle se répandit h Amid, et tout le peuple 
de la ville et de la région fut pris de zèle; les prêtres et les moines s'assemblèrent 
avec toute la population ; ils vociféraient contre le prince en disant : « Nous ne laisse- 
rons pas détruire notre foi ». Le prince dit au peuple : « Si votre patriarche vient 
chez nous, nous chasserons celui-ci ». Les fidèles en firent la promesse et dirent : 
« Nous amènerons le patriarche ». Alors il défendit à ces (évêques) d'ordonner celui- 
ci « avant de savoir si j'irais ou non ». Des prêtres d'Amid, des moines et des fidèles 
notables étant venus, je partis avec eux du couvent de Mar Bar Çauma. 

Les misérables ajoutèrent à leur impiété. Ils allèrent à l'église et en fermèrent les 
portes; et pendant la nuit, ils ordonnèrent l'impie Theodorus comme patriarche. Au 
matin, ils changèrent de vêtements, couvrirent* leurs têtes du bonnet^, sortirent à la 
porte de la ville, et se dirigèrent vers Mossoul, près du maphrien. 

Quand j'appris qu'il en était ainsi, je compris en moi-même [723] qu'à cause de 
mes péchés, j'avais justement été abandonné de Dieu, et je fus affligé de ce que 
l'Eglise de Dieu était plongée dans cette désolation, telle qu'il n'y en a point eu de 
semblable depuis le commencement du monde. Je pris la résolution absolue de 
me démettre de ce saint office dont je n'étais pas digne. Lorsque je la fis connaître à 
ceux qui étaient assemblés, ils me disaient avec larmes : « Si cela arrive, Dieu te 
demandera compte du sang de tout ce peuple dont la foi aura péri ! » Et en vérité, 
mon cœur trembla, et mes reins frémirent, et j'étais poussé des deux côtés. Je me 
fis violence à moi-même, je fis violence à ma volonté, et me promis à moi-même de 
faire cela quand le synode serait assemblé. J'allai avec eux à Amid. 

1. G.-à-d. la permission d'élire. — 2. Cf. ci-dessus, p, 377, n. 6. Quoique la phrase soit un peu 
obscure, c'est bien Abou'l-Qâsim qui délivre lui-même l'édit. — 3. De leur dégradation. — 4. Le 
successeur de Djemal ed-Dîn fut Beha ed-Dîn Mas'oud, celui-là même qui fut dépossédé par 

Saladin ; cf. ci-dessous, p. 389. — 5. Lire : o»a-. — 6. Ar. : îuj. 



LIVRE XXI. CHAP. I 385 

Le prince fut heureusement calmé ; il se réjouit, il donna l'assurance du pardon 
pour tout le peuple de la ville et du pays : et ce fut pour eux une grande consolation. 
Les évêques, les prêtres, les moines et les fidèles se réunirent promptement et 
vinrent de tous lieux. Nous allâmes alors au couvent de Mar Ilanania. 

Les misérables cependant allèrent à Mossoul, avec la confiance que le maphrien 
leur donnerait son adhésion, à cause du dissentiment que nous avions eu avec lui 
auparavant'. Quand ils virent que le maphrien ne les accueillait pas, mais venait au 
contraire vers nous avec tous les évêques de sa juridiction, et que tout le peuple de 
l'Orient se moquait d'eux, ils passaient d'un endroit à un autre, comme des men- 
diants*. 

Lorsqu'ils parurent dans la ville de Dara, les notables des fidèles s'emparèrent 
d'eux et nous en informèrent dans le couvent de Hanania. Aussitôt le maphrien partit 
avec quelques évêques et des moines, et ils les ramenèrent enchaînés. Alors, dans le 
synode assemblé, ils confessèrent leurs fautes et ils anathémntisèrent par écrit leur 
entreprise diabolique. Ensuite nous partîmes tous pour aller au couvent de Mar Bar 
Çauma, afin d'y tenir une assemblée générale dans un synode universel qui devait défi- 
nir'' ce qui plairait à tous, ou pour mieux dire à l'Esprit-Saint. Mais, pendant la 
route, Satan était entré de nouveau en Theodorus. De nouveau il renia la foi et foula 
aux pieds les serments et les anathèmes qu'il avait écrits contre lui-même de ses 
propres mains. De nouveau il usa de ruse, selon ses habitudes; il promit de l'or à des 
hommes iniques; ceux-ci amenèrent des Curdes*, et pendant la nuit ils vinrent à l'en- 
droit où ils résidaient ; ils se joignit à eux et ils l'emmenèrent pour le cacher, jusqu'à 
ce que nous soyons partis. Quand cela fut connu des évêques et du maphrien, ils 
s'emportèrent contre moi en disant : « Pourquoi ne nous as-tu pas laissés l'enchaî- 
ner? » Chacun sortit d'un côté ; ils le trouvèrent caché, et il fut pris de nouveau. 

Quand nous parvînmes au couvent de Mar Bar Çauma, les autres évêques s'assem- 
blèrent et de nombreux [fidèlesj" avec eux. Tous, comme d'une seule bouche, décrétèrent 
qu'il serait dégradé ^ Après que cela eut eu lieu, et quand les autres affaires furent ter- 
minées, chacun des évêques retourna à son diocèse, emportant la lettre synodale qui pu- 
bliait la déposition prononcée par l'autorité de Dieu et de toute l'Eglise contre l'impie 
BarWahboun. Celui-ci demeura près de nous dans le couvent; il montra du repentir 
et demanda l'absolution. Pour moi, conformément au précepte évangélique, je l'ac- 



1. Cf. ci-dessus, p. 376. — 2. Vers. ar. : lô^ûo* lojl j3. — 3. l»«^». — 4. Uï»û3 ; vers. ar. : »lp. 
— 5. Vers, ar, : («M U^* JOotv^o. — 6. Littér. « dépouillé ». Barhébr. [Chr. eccl.^ I, 532) ajoute au 
sujet de celte dégradation : «'Fertur eum terapore sacrificii habitu proprio exutum, veste sseculari 
vestitam fuisse, ejusque capili cucullum rubrum impositum ; deinde cum illum statuissent ad lalus 
altaris, omues processisse et in faciem ejus cxspuisse, et porro mysteria percepisse. Hune quidem 
depositionis modum beatus Mar Miohael non commemoravit, sed nos e pluribus senibus fide dignis 
haec ita contigisse audivimus : quse, si vera sunt, haud sane décent. » 

III 49 



386 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

cueillis de nouveau, et je le revêtis de l'habit monastique, persuadé de sa conver- 
sion ; je lui donnai le néqessaire pour sa subsistance corporelle et une cellule pour 
habiter, et je lui dis que s'il persévérait dans la pénitence, et ne se montrait plus 
menteur et astucieux, quand le synode qui l'avait déposé se réunirait, il serait absous 
dans la manière que prescrivent les canons. Et sur cette promesse je le laissai dans 
le couvent de Mar Bar Çauma, et je revins au couvent de Mar Hanania. 

Alors, encore une fois, selon son habitude, il renia ses promesses. Il sortit trou- 
ver un homme semblable à lui, et fit un complot, pendant la nuit, il fabriqua des 
cordes, descendit par le mur du couvent et s'enfuit à Damas. Là, ils rédigèrent un 
écrit en arabe, et se firent présenter à Çalah ed-Dîn, roi d'Egypte. Il promit à celui- 
ci de lui donner de l'or, s'il voulait lui accorder un édit prescrivant qu'il soit accepté 
comme patriarche par tous ses états. A mon sujet, il écrivit aussi calomnieusement 
des choses dignes de mort. Quand son écrit fut lu devant le roi, celui-ci s'informa 
d'où il était. Il se trouva là quelques fidèles qui étaient scribes dans la chancellerie 
du roi : ceux-ci lui ayant fait connaître son histoire, le roi chassa l'impie Bar 
Wahboun et ne l'accueillit pas. 

Alors, il s'en alla de là jusqu'à Jérusalem, et excita du trouble dans tout l'empire 
des Francs contre le reste de nos frères qui s'y trouvaient, et surtout contre Mar 
Athanasius ', métropolitain de Jérusalem. Il dit au patriarche des Francs de cet endroit 
qu'il lui donnerait mille dinars, s'il lui concédait le couvent de Marie-Magdeleine que 
nous possédions à Jérusalem. Il en résulta des labeurs et des vexations pour nous et 
pour toute l'Eglise, par le fait des messagers que nous devions envoyer là de notre 
part. Ce trouble se prolongea dans cette Eglise [jusqu'à]^ la prise de Jérusalem par 
les Arabes. 

[724] Cet impie abandonna ensuite ce pays et se dirigea vers la région orientale, 
parce qu'il avait appris le décès du maphrien Mar Jean^. Là, il sema son ivraie, à 
Mossoul et à Mardin ; il promettait à chacun des émirs turcs de lui donner de l'or. 
Dans chaque diocèse, à cause de lui, se présentait l'occasion pour les princes d'im- 
poser des sommes considérables. Nous fûmes, avec tous nos frères de la contrée 
orientale, dans une grande affliction*, jusqu'au moment où il s'enfuit de là, comme 
jadis de la Palestine. Ses actions honteuses furent dévoilées, et pour cela, 11 s'enfuit 
de là et vint à Qala' Romaita près du catholicos des Arméniens. 

Selon sa mauvaise et criminelle habitude, il avait coutume, quelle que fût la nation 
chez laquelle il allait, de promettre que, si on l'aidait, quand il serait devenu 
patriarche, il entraînerait tout le peuple à se soumettre à eux. Il avait agi ainsi 
à l'égard du patriarche des Francs de Jérusalem, et, par cet espoir trompeur, il avait 



1. Installé ea oct. 1184 ; cf. ci-dessous, p. 394. — 2. Suppl : ]m,\ (BH et vers, ar.) — 3. Mort 
au mois d'août 1188; cf. Bar Hebr., Chron. eccl., II, 378 ; ci-dessous, p. 402, 406. — 4. «yiov. 



LIVRE XXI. CHAP. I 387 

séduit cet homme qui devint son soutien jusqu'à ce qu'il pérît. 11 agit de la même 
manière à l'égard du catholicos des Arméniens, qui le crut sincèrement et lutta de tout 
son pouvoir contre ma Bassesse, de toute manière: il remua toute pierre, il employa 
quantité d'or et fît de grandes dépenses pour les présents qu'il envoyait aux émirs 
turcs de la Syrie e( de la Mésopotamie, en s'efforçant de faire déposer ma Bassesse 
et de faire établir Bar Wahboun patriarche pour le pauvre reste des Jacobites, afin 
qu'ils passassent sous la juridiction du catholicos, comme il le lui avait promis. Il fit 
beaucoup d'efforts pour arriver à cela dans l'empire des Turcs : mais Dieu ne le lui 
permit pas. 

Alors le catholicos partit de Qala' Romaita, et Bar Wahboun avec lui. Ils s'en 
allèrent en Cilicie, près de Léon l'Arménien, prince de cette contrée. Là, il fit en sorte 
que le prince ordonnât de proclamer Bar Wahboun comme patriarche dans son pays, 
et le prince lui donna un édil, et le catholicos aussi. Il partit et se mit à circuler dans 
le pays. Il prenait les biens de tout moine, prêtre ou évêque qui n'acceptait pas de le 
proclamer, et il le chassait de son église. Le temps me fait défaut pour raconter 
combien de tourments, qui ne sont pas moindres que les supplices infligés jadis par 
les païens aux chrétiens, il fit subir aux pontifes, aux prêtres, aux moines qui se 
trouvaient dans cette contrée. 

Pour moi, pécheur, ayant rassemblé de nouveau un synode général, je les priai 
de m'enlever cet office, puisque, à cause de mes péchés, le Seigneur avait permis que 
cet impie souffletât l'Église de Dieu. Mais les évêques n'y consentirent pas, et ils 
dirent: « Nous irons combattre dans une discussion orale ce catholicos inique, et 
nous nous présenterons au prince Léon ». Quand je vis qu'ils ne me permettaient 
point de me démettre de cet office, je leur dis : « Alors, mes frères, ne nous confions 
pas en notre propre force, et n'ayons pas non plus recours aux princes; car il est 
écrit' : Maudit celui qui met sa confiance en un homme, et fait de son semblable son 
appui. Mais ayons recours à Dieu et à son saint Mar Bar Çauma, et que le bon plaisir 
de Dieu s'accomplisse en nous ». Ceci plut à toute l'assemblée. Nous nous mîmes à 
prier et à supplier dans les larmes, la douleur, la pénitence et les gémissements, et 
avec nous toute la foule qui se trouvait réunie pour la fête de saint Mar Bar Çauma. 
Lorsque la main droite du saint fut portée en procession, nous nous mîmes tous à 
crier en pleurant, disant : « Seigneur Jésus-Christ, par la prière de Mar Bar Çauma, 
aie pitié de ton Eglise I Montre ta puissance contre quiconque est pour elle une cause 
de perturbation*. Si nous le sommes nous-mêmes, fais-nous disparaître; si ce sont 
d'autres, qu'il en soit de même ! » Ensuite, le jour même oii la rogation fut accom- 
plie dans le couvent de Mar Bar Çauma, le catholicos des Arméniens tomba de sa 
monture, en Cilicie ; il se brisa un doigt du pied : on lui amputa le pied et il se tuméfia. 



i. Jer., xvit, 5. — 2. Lire : U-èii.^,. 



388 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Peu de jours après, étant sur le point d'expirer, il confessa sa faute et mourut'. Après 
lui, chacun des douze évèques arméniens qui avaient donné leur adhésion à Bar 
Wahboun fut frappé d'un châtiment quelconque et mourut. Sept moines syriens qui 
s'étaient attachés à Bar Wahboun furent brûlés par la foudre en ces jours-là ; et après 
tous ceux-ci, au bout de quarante jours, Theodoros Bar Wahboun fut lui-même 
frappé par la colère de Dieu et mourut. Tous ces événements inspirèrent une grande 
terreur à tout le monde et surtout au peuple de ce pays ; de sorte que le prince Léon 
lui-même fut pris de crainte et adressa des lettres, des messagers et des présents à 
notre seigneur Mar Bar Çauma et à ma Bassesse. Une grande paix régna dans 
l'Église de Dieu, en tous lieux. 

[723] Pour moi, mes frères, je n'ai pas écrit ces choses parce que j'ai la sotte 
confiance qu'elles ont été amenées par ma sainteté ; à Dieu ne plaise! Je confesse que 
le fléau de la colère a pu me frapper à cause de mes péchés pendant treize ans, et 
que Dieu a procuré le salut au nom de Mar Bar Çauma, à cause de son amour pour 
son Eglise et pour le reste de son peuple orthodoxe. A lui la gloire pour l'éternité! 
Amen. 



CHAPITRE [II]. — De l'époque à laquelle moururent subitement les émirs turcs, 
princes de Mésopotamie. A cette époque le sultan vint à Mélitène et y convo- 
qua ma Bassesse : et je Vy rencontrai; à cette époque aussi arriva un déplo- 
rable accident., c'est à-dire l'incendie du couvent de Mar Bar Çauma. 

En l'an 1492, il y eut une querelle entre le sultan Kilidj-Arslan ^ et son 
gendre Nour ed-Dîn, parce que celui-ci répudia et chassa la fille du sultan, par 
l'amour diabolique d'une prostituée. Çalah ed-Dîn d'Egypte s'avança pour 
venir attaquer le sultan et secourir Nour ed Dîn'. C'est pourquoi, sur l'ordre 
du sultan, on détruisit le mur de Kaisoum et ses habitants furent emmenés en 
captivité. Nour ed-Dîn alla se joindre à Çalah ed-Dîn' près du fleuve Sanga, et la 
dévastation de ces pays était sur le point de s'accomplir, si le Seigneur n'avait 
eu pitié, par l'intermédiaire d'un homme prudent, Hassan, qui fut envoyé par 
le sultan près de Çalah ed-Dîn, procura la paix et fit cesser la guerre'. Le sul- 
tan revint à Mélitène, et restaura les deux murs de cette ville ; et Çalah ed- 
Dîn retourna en Egypte. 

La même année, le prince d'Antioche abandonna la femme grecque^ qu'il 



1. Cf. ci-dessous, p. 410-411. 

2. Ms. : Kilidj-Rouman, et de même dans la vers, arabe. — 3. Seigneur de Hesa-Kèpha. — 
4. Comp. Hist. ar. des Crois., I, 641-644; IV, 211. — 5. Le texte est altéré; lire : ^^=o, au lieu 
de "^^é^ ; vers. ar. : o;»^ "^^o >»i>.S>, il.o. — 6. Tlieodora, nièce de Manuel. 



LIVRE XXI. CHAP. II 389 

avait prise comme épouse légitime à Gonstantinople du temps de l'empereur 
Manuel, et s'attacha à une prostituée'. Il méprisa les censures portées contre 
lui par le patriarche de Rome. Leur patriarche d'Antioche l'excommunia aussi, 
de même que le prêtre qui avait béni son union avec cette prostituée. Il interdit 
toute la ville à cause de lui : le son des cloches etToblation cessèrent, les morts 
même n'étaient pas enterrés (religieusement). Cependant le prince ajouta à ses 
transgressions : il pilla les églises et les monastères. Au bout [726] d'un cer- 
tain temps les comtes et beaucoup d'hommes nobles s'assemblèrent avec le 
patriarche de Jérusalem, et ils purent difficilement trouver un moyen de conci- 
liation ; le prince rendit tout ce qu'il avait volé; on lui laissa cette femme, et 
ils firent la paix*. 

La même année, l'émir qui régnait à Harran et à Édesse se révolta contre 
celui de Mossoul ; il se tourna vers Çalali ed-Dîn, et, par son intermédiaire, 
Çalah ed-Dîn régna sur la Mésopotamie et Nour ed-Dîn s'unit à lui \ 

Le seigneur de Mossoul, celui de Mardin, celui d'Amid et celui d'Arménie* 
se réunirent pour s'opposer à l'Égyptien. Mais, sans avoir livré bataille, ils 
tremblèrent devant lui et se dispersèrent. Le roi d'Egypte marcha donc sur Mos- 
soul et mit le siège contre cette ville; mais, soit à cause des pluies qui furent 
très abondantes, soit pour quelque autre motif, il abandonna Mossoul et revint''. 

Le seigneur de Mardin et celui de Sigar, se soumirent au sultan égyptien. C'est 
pourquoi il mit le siège contre Amid; il avait promis à Nour ed-Dîn de la 
prendre pour celui-ci. Le dimanche des Hosanna il en commença l'attaque, 
et comme il en poursuivit vigoureusement le siège, en peu de jours il perça 
le mur ^ Alors le malheureux Ibn Nisan' la lui livra et la quitta misérablement. 
Nour ed-Dîn, seigneur de Hesna de Kôpha, commença à y régner en l'an 1493^ 

La môme année' mourut Qotb ed-Dîn, seigneur de Mardin, en l'an 1495'". 
Son oncle maternel, (le) Sah-Armen", vint y établir le jeune fils de Qotb ed-Dîn *^ 

En cette année 1493, mourut Çalih, seigneur d'Alep, et il donnait cette ville 
au seigneur de Mossoul, qui est 'Izz ed-Dîn, lequel avait succédé à son frère 
Saif ed-Dîn, et celui-ci la donna [727] à son frère", en échange Sigaf, afin de 
de l'éloigner de son voisinage. 



1. Sibylla, — 2. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 392, 393; pour les détails, Gutll. de Tyb, 
XXII, VI, vil. — 3. Cf. Ilist. ar. des Crois., I, 655; IV, 227. — 4. Le Sah-Armen, seigneur de 
Khélat. — 5. Cf. op. cit., I, 656. — 6. Cf. op. cit., I, 51, 657. — 7. Behâ ed-Dîn Mas'oud. — 

8. La vers. ar. reproduit exactement les dates de notre ms, dans cet alinéa et les deux suivants. 
Barhébr. porte ici 1494, date qui est d'accord avec les chroniqueurs arabes. Cf. op. cit., I, 52. — 

9. Sic ms. et vers, ar. — 10. Le 9 sept, 1184, d'après les chron, ar. ; cl. Bist. ar, des Crois,, IV, 
256; I, 54, — 11. Sokman II Nasir ed-Din. — 12. Hossam ed-Dîn Youlouk-Arslan. Cf. p. 396. — 
— 13. 'Imad ed-Dîn Zangui. — 14. Cf. Hist. ar, des Crois., IV, 213. 



390 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

En l'année 1494, commença à régner sur les Grecs Andronicus, qui avait été 
chassé par Manuel. A cette époque, comme la sédition ' régnait (à Constanti- 
nople), il put y rentrer par astuce '. 

Au commencement, il parut se soumettre au jeune empereur; ensuite il fit 
noyer dans la mer la femme de Manuel, sa fille et le mari de celle-ci; il fit périr 
le jeune Alexis', et il massacra et fit brûler plus d'un millier de notables; il fit 
crever les yeux à beaucoup d'autres et s'empara de leurs biens*. Ce vieillard 
impudique prit pour épouse la femme du jeune Alexis'; il commit des méfaits 
innombrables et chassa les Francs de la ville, parce qu'ils soutenaient le 
jeune Alexis, attendu qu'il était fils d'une franque". Quand ceux-ci furent chas- 
sés de leurs maisons, en partant ils mirent le feu à 14 mille habitations ou 
villages dans les pays des Grecs; ils descendirent' à Rome, et les troupes des 
Francs vinrent avec eux. 

Le roi de Sicile ' vint aussi dans V empire des Grecs : ils détruisirent beau- 
coup de villes et de villages"; ils les détruisirent complètement, les rasèrent, 
les incendièrent, les rendirent déserts. 

En l'an 1492, le sultan Kilidj-Arslan [vint] '" à Mélitène, et s'informa de ma Bassesse. 
M m'envoya une lettre d'amitié, un bâton pastoral, et vingt dinars rouges : ce fut un 
étonnement pour tout le monde. 

L'année suivante, le sultan vint de nouveau, et avant d'entrer à Mélitène, il enten- 
dit parler de la révolte excitée par Theodorus bar Wahboun. Il nous envoya des mes- 
sagers et une lettre, et il invita ma Bassesse à se rendre près de lui à Mélitène. 
Je fus dans l'étonnement en voyant quelque chose d'inaccoutumé. Comme j'étais dans 
la perplexité, tout à coup arrivèrent, le lendemain, trois émirs et une multitude de 
cavaliers pour nous faire une escorte d'honneur! A la vérité^ je fut saisi de crainte, 
pensant qu'il y avait peut-être de Tabsinthe dans ce miel. Nous arrivâmes dans le voi- 
sinage de Mélitène le soir du jeudi, 8 de tamouz (juill.) de l'an 1493. De grand matin, 
le sultan sortit lui-môme au-devant de nous, avec une grande partie de ses troupes et 
tous les gens de la ville. Il envoya devant lui des messagers pour dire : « Le sultan 
a ordonné : L'entrée du patriarche chez nous se fera selon la loi des Chrétiens, avec les 
croix et l'Évangile. » Alors les Chrétiens multiplièrent les cierges, suspendirent des 
croix aux lances et élevèrent la voix dans les chants de l'office. Quand le roi se ren- 



1. LiUér. : <c le glaive ». — 2. Cf. Hist, du Bas-Emp., XCI, § x et suiv. — 3. Il fut massacré 
en oct. 1183. — 4. Cf. op. cit., XCI, § xvi et suiv. — 5. Agnès, fille de Louis VII, âgée de onze 
ans. — 6. Marie d'Antiociie. Sur le massacre des Latins à Cple, cf. op. cii.,XCI, § xiir. — 7. Vers, 
ar. 1 li^Mo. — 8. Guillaume II. Cf. op. cit., XCI, § xxxv et suiv. — 9. Lire : U»axno ; ms. et vers, 
ar. : t«?ax»» « de Syrie ». 

10. Suppl. : Ul; vers. ar. : ^fi!:'" "M. 



LIVRE XXI. GHAP. II 391 

contra avec ma Bassesse, il ne me laissa pas descendre de ma monture ; il ne me laissa 
pas non plus prendre sa main, mais il embrassa ma Bassesse dans ses bras. Quand je 
commençai à parler avec lui, par un interprète, il m'écouta avec plaisir. Quand je vis 
qu'il écoutait avec attention, je prolongeai fort le discours, avec des exemples tirés de 
l'Ecriture ou de la nature. Nous mêlâmes au discours une exhortation, de telle sorte 
que des larmes coulèrent de ses yeux, et nous rendîmes grâce à la puissance' du 
Très-Haut, Tous les Chrétiens louèrent et glorifièrent (le Seigneur), lorsqu'ils virent 
la croix adorable portée en procession au-dessus de la tête du roi et des peuples 
musulmans. Nous entrâmes ainsi à l'église. Après une parole d'instruction, nous réci- 
tâmes des prières pour le prince et pour le peuple. Le lendemain, le sultan nous 
envoya la nouvelle qu'il remettait le tribut imposé au couvent, et il donna son édit 
royal. Le dimanche, il nous envoya une main d'or pur, incrustée de gemmes et de 
perles, dans laquelle se trouvaient des reliques de saint Pierre, chef des apôtres. 

[726] Nous restâmes à Mélitène un mois entier. Chaque jour il nous envoyait des 
présents, et il y avait des questions et des réponses au sujet du Christ notre Dieu, 
des prophètes, des apôtres et autres matières. Quand le sultan quitta Mélitène, 
nous partîmes avec lui, selon son ordre. En route, nous eûmes de nouveau de nom- 
breux colloques au sujet des paroles de l'Ecriture, avec son philosophe, un persan 
éloquent nommé Kemal ed-Dîn, pareillement sur l'ordre et en présence du sultan ; 
et quand il loua la sagesse des Syriens, le sultan en fut content. Toutes ces choses 
ne sont pas arrivées parce que nous étions digne de quelque honneur, tant s'en faut% 
mais bien parce que la miséricorde divine voulut réconforter les restes de son peuple 
et son Eglise, aîTaiblie par la rébellion de Bar Wahboun, comme une mère console 
son enfant qui pleure en lui donnant h téter. Cependant, il continua à nous affliger 
nous-même, comme nous le méritions. Le samedi 30 de tamouz^ de l'an 1494, la 
justice s'éleva contre notre iniquité, et nous châtia dans ses miséricordes : notre 
excellent couvent, c'est-à-dire celui de notre seigneur Mar Bar Çauma, brûla ! 

Cela arriva ainsi. Un moine de ce couvent, nommé Denha, homme âgé, entra de 
grand matin dans sa cellule intérieure. Par oubli, ou plutôt par la permission de Dieu 
il oublia sa chandelle de cire, et sortit pour aller à la vigne. De cette chandelle le feu 
prit dans les meubles et dans les bois, en-dessus et en-dessous. Comme une matière 
abondante se trouva disposée pour l'incendie, car non seulement les toits mais aussi 
les parois de toutes les cellules étaient bâtis en bois, et celles-ci étaient contiguës 
par groupes de quatre et en certains endroits de cinq, lu flamme s'en empara facile- 
ment. Nous étions à la prière de l'heure de Tierce quand nous entendîmes la voix 
des lamentations; nous courûmes à l'armoire du saint, nous ouvrîmes la serrure 
et nous retirâmes le reliquaire dans lequel était placée la main droite de notre sei- 



1. Littér. : « à la main droite ». — ?. Tel paraît être le seus ; le texte est ultéi'é ; la Vers. ar. 
porto : ^\, ^ ^,-^3 tull poipUI.... _ 3. 30 juillet 1183. 



392 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

gnenr Mar Bar Çauma. Ensuite le fléau s'aggrava, parce qu'une tempête de colère 
souffla ; et nous reconnûmes que c'était l'ordre de Dieu. Aussi nous nous abstînmes 
d'enlever quoi que ce fût ; nous emportâmes seulement saint Mar Bar Çauma et Mar 
Petrus, et nous sortîmes à la porte du couvent; nous abandonnâmes tout au feu, qui 
dévora promptement toutes les cellules, les maisons de la communauté et des moines, 
et même des serfs, avec tout ce qu'elles renfermaient. Le feu prit à l'église ancienne 
et consuma les livres et les objets d'argent et de bronze. Il fit fondre le fer dans sa 
violence, et réduisit les pierres en chaux. Les portes du couvent elles-mêmes, qui 
étaient en fer, [727] brûlèrent; les murs s'écroulèrent; et, pour le dire d'un mot, 
absolument rien ne fut sauvé, excepté l'église nouvelle qui était encore en construction, 
la tour haute du couvent, la grotte du four, et la porte extérieure dite de Gargar, 
Tout le reste devint un monticule de cendres. Le dimanche, la voûte du Kana' 
s'efFrondra et un jeune homme du pays de Gargar y fut étoufïé. Il était venu, en 
apprenant la nouvelle, dans l'espoir du pillage. 

Nous avons vu trois prodiges accomplis : le premier, c'est qu'aucun homme du 
couvent, ni parmi les moines, ni parmi les serfs, ne fut blessé', bien qu'ils entrassent 
avec audace et mépris dans les flammes pour sauver quelque chose de leur bien, 
quand tout h coup les plafonds tombaient et se séparaient : cela arriva en plusieurs 
endroits, et malgré cela personne ne fut blessé'. C'est un prodige semblable à celui 
qui est écrit dans l'histoire du saint : sur la prière qu'il adressa à Dieu, la grêle des- 
cendit et détruisit les environs de la vigne des fidèles, mais elle ne causa aucun 
dommage à la vigne ni aux fidèles. De même à cette époque, le saint, voyant que l'avi- 
dité de notre palais se portait sur Famour des biens, demanda à Dieu de faire brû- 
ler les biens et de conserver les âmes. 

Nous avons vu un second prodige : le coffret de bois dans lequel sont déposées les 
reliques des saints était lui-même placé dans une armoire : les reliques furent conser- 
vées dans le coffret et ne furent pas brûlées. Combien ce prodige ne ressemble-t-il 
pas à celui des trois enfants, qui furent conservés sains et saufs au milieu de la four- 
naise' de feu à Babylone, parce que le fils des dieux' était avec eux; de même, ces 
ossements dans lesquels résidait le Christ, Fils de Dieu, furent conservés pour l'en- 
couragement des fidèles. 

Nous avons vu un troisième prodige : tandis que beaucoup délivres, que personne 
ne lisait ou n'ouvrait, brûlèrent comme superflus, ceux qu'on lisait constamment furent 
conservés intacts au milieu du feu; ce sont : trois volumes des Évangiles, le grand 
volume des Commentaires, deux volumes de Mar Jacques, et les deux tomes du bré- 
viaire complet que nous avions fait établir » ; ces ouvrages furent conservés. 

1. Plus haut (cf. p. 286'*, ce mot désigne « la prison » du couvent. — 2. Lire : i-aiLI, dans les 
deux cas. — 3. Lire : \ioLls. — 4. Cl. Dan,, ii, 25 (syr. ; LXX : ni, 92). — 5. Lire : vJ-ût ^-?. 
Comp. ci-dessus, p. 350, où la note 4 est à modifier en ce sens. 



LIVRE XXI. GHAP. III 393 

Nous demeurâmes avec les moines au sommet de la forteresse, dans la tour, pen- 
dant un mois entier, jusqu'à ce que le fléau fût calmé ; alors nous nous mîmes à 
reconstruire. En trois ans, le couvent fut rebâti, plus du double de ce qu'était le 
premier; l'église nouvelle fut terminée dans l'espace de douze ans, grâce au Seigneur 
qui la fit achever. 



CHAPITRE [III]. — De Vépoque à laquelle Isaacus, c'est-à-dire Ishaq, régna sur 
les Grecs; et des autres faits et événements profanes qui eurent lieu à cette 
époque. 

Au mois d'éloul (sept.), le jour de la fête de la Croix, en l'an 1496, Andro- 
nicus, empereur des Grecs, fut tué, et Isaacus' commença aussitôt à régner. 

[728] Andronicus était disposé à faire tuer Isaacus, de même que tout le reste 
de la famille impériale. Isaacus en eut connaissance, et il revêtait son armure 
même dans l'intérieur de sa maison. Quand on vint lui dire : « L'empereur te 
demande », il n'y alla point. Andronicus en fut irrité et envoya son général* 
pour l'amener. Isaacus, voyant que le général était venu avec colère, et sachant 
qu'on était disposé à le massacrer, méprisa la mort, tira son épée, en frappa le 
général et le tua. 11 monta promptement à cheval et s'enfuit pour aller à la 
grande église, tenant à la main son glaive ruisselant de sang. Il criait et pous- 
sait des clameurs : et les gens s'assemblèrent autour de lui par myriades. 
Quand il parvint à l'église, tous les grands, qui étaient scandalisés par l'impie 
Andronicus, à cause des crimes qu'il commettait, se mirent à l'instant d'accord 
pourqu'Isaacus devînt leur empereur. 

Cet Isaacus était de la famille même de leurs empereurs'. C'est pourquoi ils 
forcèrent leur patriarche* aie sacrer. Il fut proclamé dans l'église : Andronicus 
l'apprit et sortit du palais pour s'enfuir par mer. On s'empara de lui sur le 
navire et on le fit retourner. Ils le torturèrent cruellement; ils lui découpaient 
le postérieur avec des couteaux, tandis qu'il vivait encore, et ils se vendaient 
mutuellement les morceaux de sa chair qu'ils déchiraient de leurs dents en 
grande fureur. Enfin, ils le firent brûler au milieu de la foulée 

Au mois de nisan (avril) de cette [728] année, Çalah ed-Dîn sortit d'Egypte, 
et mit le siège contre la forteresse de Kérak. Nour ed-Dîn et les autres émirs 
de Mésopotamie se rendirent près de lui. Tandis qu'ils attaquaient (cette place) 
avec les balistes et toute espèce de moyens de guerre, les Francs s'assem- 
blèrent et vinrent. Les Turcs s'enfuirent devant eux. Gomme les Francs res- 



1. Isaac II, Ange. — 2. Hagiochristophorite. — 3. Cf. Hist, du Bas-Emp., XCII, § t. — 
4, Basilius, — 5. Cf. op. cit., XCI, § xlii-îclv. 

III 50 



394 



GHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



tèrent pour fortifier la place, les Turcs pillèrent Samarie et sa région, et il& 
commirent de nombreux massacres. Quand les Francs les rejoignirent, les 
Turcs s'enfuirent et les captifs furent délivrés*. 

La même année, Baudouin (IV), roi de Jérusalem, voyant que sa maladie de 
la lèpre progressait, donna le royaume au jeune fils de sa sœur, qui s'appelait 
aussi Baudoin (V)'. Peu de temps après que celui-ci eut été proclamé, le 
lépreux mourut'. 

La même année encore, Çalah ed-Dîn marcha contre Mossoul; n'ayant pas pu 
s'en emparer, il revint mettre le siège devant Maipherqat. Après de nombreux 
combats, il l'acheta à prix d'or et y régna. Il revint alors contre Mossoul. Après 
de nombreuses tentatives, on s'interposa entre eux*; les émirs de Mossoul con- 
sentirent à lui envoyer des troupes, par soumission, comme ceux de Mardîn 
et de Hesna de Kêpha ; et ils firent la paix^ 



Après que nous fûmes revenu à Mé- 
litène, le sultan Kilidj-Arçlan s'en alla 
dans le Beit Roumayê et s'empara de 
72 des places fortes des Grecs. Il écrivit 
à ma Bassesse [728] une lettre ainsi 
conçue : 

« Kilidj-Arçlan, grand sultan de Cap- 
padoce, de Syrie et d'Arménie : à un 
tel, patriarche, ami de notre royauté et 
qui prie pour notre victoire, qui ré- 
side dans le couvent de Mar Bar Çauma, 
et se réjouit du triomphe de notre em- 
pire. — Nous reconnaissons que par ses 
prières Dieu a donné l'exaltation • à 
notre empire à cette époque. En effet, 
le neveu' de l'empereur des Romain^ 
est sorti de la célèbre Philadelphie et 
est venu nous trouver, lui et ses enfants; 



A cette époque mourut Ignatius de Jé- 
rusalem, qui y avait exercé l'épiscopat 
pendant 45 ans. 

Au mois de tésrin (oct.) de Tannée 
1496, mon frère Athanasius' fut envoyé 
comme métropolitain à Jérusalem. [728] 
Une sédition fut tout d'abord excitée 
contre lui par de misérables moines qui 
se trouvaient là. Quand ceux-ci furent 
réconciliés avecl'évêqueau sujet de leur 
querelle, Satan s'agita par le moyen de 
son instrument, Theodorus bar Wah- 
boun, nouvel Arius, qui suscita du trou- 
ble, et l'évêque fut obligé de lutter jus- 
qu'à ce que Bar Wahboun ait été ex- 
pulsé. 

A cette époque, Krikoros, catholicos 
des Arméniens, ayant appris que le cou- 



1, Cf. Gesch. des Konigr. Jerus., p. 411 (été de 1184). — 2. Fils de Sibylle et de Guillaume 
de Longue-Épée. — 3. Baudoin V fut couronné en 1184 ; Baudoin lY mourut en 1185. Cf.. 
op. cit., p. 408 ; 415, n, 2. — 4. Vers. ar. : >oovio lo^ot oi;.M ?a.»l ,5.=o. — 5, Selon Abou'l- 
Féda, Saladin prit Maipherqat, le 29 août 1185. Cf. Hist. ar. des Crois., I, 54 ; III, 85. 

6. l»;»o?. — 7. Fils du frère. Il s'agit, je crois, de Jean Vatace ; cf. Hist. du Bas-Emp., XCI, 
§ xvn. Toutefois, les faits rapportés dans cet alinéa et le suivant, paraissent en contradiction avec 
les récits des auteurs byzantins. — 8. Cf. ci-dessus, p. 376, 



LIVRE XXI. GHAP. III 



395 



il s'est avancé devant le trône de notre 
Majesté et a fait sa soumission. Nous 
envoyâmes avec lui quarante mille 
hommes de troupes. Les ennemis en 
ayant eu connaissance se réunirent dans 
une grande ville par myriades nom- 
breuses, et vinrent engager le combat. 
Et Dieu donna la victoire aux nôtres 
qui les ont poursuivis, ont détruit et tué 
les ennemis de notre empire, qui furent 
taillés en pièces, de telle sorte qu'ils ne 
pourront de longtemps se relever. C'est 
pourquoi nos troupes se sont emparées 
■de vive force de la grande forteresse de 
Diadion' (?), et ont ensuite soumis à l'au- 
torité de notre empire tous les pays 
situés depuis cet endroit et au-delà 
jusqu'au rivage de la mer; et nous ré- 
gnâmes sur eux selon la loi de l'empire, 
sur cette terre qui n'avait encorejamais 
appartenu aux Turcs. Et nous recon- 
naissons que Dieu nous a véritablement 
accordé toutes ces choses par tes 
prières. Nous te demandons donc de ne 
pas cesser les prières pour notre em- 
pire. Porte-toi bien. » 

Après celle-ci [729] nous reçûmes 
«ncore plusieurs autres lettres de la part 
du sultan, à d'autres époques. 

A cette époque, il y avait trois frères 
qui se rendirent près du sultan, reçurent 
des troupes turques et allèrent s'empa- 
rer de Philadelphie. Après quelque 
temps, le tyran Andronicus s'avança 



vent de Mar Bar Çauma avait brûlé, 
s'en réjouit, car la jalousie était concen- 
trée en lui. Il se mit à publier que S. Mar 
[Bar Çauma]' s'était envolé et était allé 
chez lui. En répandant de telles fables, 
il essayait' de détourner l'honneur à 
son profit. C'est pourquoi, la vertu 
divine, qui reposait dans le saint, et qui 
nous châtia à bon droit par cet incendie, 
à cause de nos péchés, lui fit aussi sentir 
son abandon, et il fut puni à cause de 
son audace. Il sortit de Qala' Romaita 
et s'en alla à Tarse. Son neveu*, qui s'ap- 
pelait Sahensah, se révolta contre lui; 
il fut soutenu par les Turcs, et il était 
sur le point de livrer la ville aux Turcs. 
Mais le catholicos l'ayant appris vint en 
toute hâte, réunit des soldats et mit le 
siège contre la forteresse. Les meurtres 
se multiplièrent parmi eux, et quelques 
hommes du catholicos moururent dans 
le combat. Il revint couvert de con- 
fusion et arriva au couvent de Tabous, 
qui est près de Kaisoum. Il confessa pu- 
bliquement que Mar Bar Çauma l'avait 
châtié ; il promit encore, en présence du 
vénérable Iwannis de Kaisoum, [729] de 
faire pénitence. Ensuite, son neveu par- 
courut " le pays ' et après de nombreuses 
promesses, des serments solennels, des 
engagements que prit le patriarche et 
des gages qu'il lui donna, il vint enfin 
le trouver et ils firent la paix. 



1. Vers. ar. : ^yUy oti^o. La première lettre du mot syriaque, considérée comme préposition, 
pourrait aussi bien faire partie du nom propre ; Ladiadion (?); la localité est à chercher vrai- 
semblablement du côté de la Lydie. 

2. Lacune d'un mot dans le ms. — 3. Je lis : >i»3U );=?; vers, ar, 
•>o|;.aS!> a^a:^ — 4. Le fils de sa sœur. — 5. ypU (vers. ar. : ^ls%^). 



"^^..i. .^U^o^ li« "^Caaao, 



396 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

contre eux, et l'un d'eux fut tué dans le combat. Les deux autres s'enfuirent en 
présence du tyran'. L'un de ceux-ci était Isaacus qui régna plus tard et tua l'impie 
Andronicus. 



CHAPITRE [IV]. — De V époque à laquelle devait arriver, selon les prédictions 
des astronomes, un ouragan qui détruirait toute la terre habitée, comme autre- 
fois le déluge du temps de Noé; mais comme il n'arriva point, les astrologues , 
avec leurs vaines espérances, furent couverts de confusion^. Autres événements 
qui eurent lieu à cette époque. 

Après la mort deQotb ed-Dîn* de Mardîn, Nour ed-Din son parent, seigneur 
de Hesna de Kêpha, mourut aussi à Amid. Sa mort arriva subitement. Comme 
il avait enlevé les colonnes de marbre de l'église et les avait introduites 
dans sa demeure, il fut frappé de châtiment et mourut. Après celui-ci régna son 
jeune fils appelé Qotb ed-Dîn», et à Mardin ils établirent aussi un jeune homme 
appelé Hossam ed-Dîn' ; tous les deux étaient fils de servantes. 

Le frère de l'émir Nour ed-Dîn, qui s'appelait 'Imad ed-Din, à qui apparte- 
nait Boula depuis [730] la mort de son frère, s'empara encore de Hesna de 
Ziad. 

Après ceux-ci, mourut également le prince d'Arménie, l'émir Mîran' Sâh- 
Armen, homme âgé qui n'avait personne de sa famille pour lui succéder. C'est 
pourquoi, un de ses officiers, qui s'appelait Bôkhtimor', se présenta. Comme 
il s'empressait d'aller régner, il eut à passer devant la montagne de Sassoun. 
Il y rencontra le neveu' du catholicos des Arméniens, qui s'était échappé de 
Qala' Romaita'. Celui-ci retint Bôkhtimor jusqu'à ce qu'il lui eût fait serment 
de lui donner les forteresses de son pèreBâkhian '" (?). 

La même année, le Prince, seigneur d'Antioche, après avoir fait la paix avec 
Çalah ed-Dîn, et ayant confiance que celui-ci ne lui restait plus hostile, fit 
des machinations iniques et s'empara de Roupen, prince de Cilicie, qu'il mit en 
prison; il lui mit très durement les fers. Il réunit les Francs, et pénétra en 



1. L'auteur semble confondre la révolte de Jean Vatace et la fuite de ses enfants, avec celle 
d'Andronic Ange et de ses fils ; cf. op. cit., XCI, § xvii, xli. 

2. Lire : ol.ov=, en un seul mot. — 3. Ilghâzî II; cf. ci-dessus, p. 368. — 4, Sokman II (1185- 
1200). — 5. Youlouk-Arslan. Cf. p. 389. — 6. Sokman II Nasir ed-Dîn (1128-1185); cf. Hist. 
armén. des Crois., I, p. 195, n. 2; Hist. ar., III, 84. — 7. Bektimour Saif ed-Dîn (1185-1193), gou- 
verneur de Maipherqat. — 8. Fils de la sœur. — 9. èahensah, neveu de Grégoire IV. — 10. Tchor- 
douanel, de la famille des Mamigoniens, seigneur de Sassoun, dans le tableau généalogique de 
Dulaurîer, Hist. arm. des Crois., I, p. cxx. 



LIVRE XXI. GHAP. IV 



397 



Gilicie; tout l'été, ils luttèrent sans pouvoir arriver à s'emparer d'un seul 
lieu ; car à la place de Roupen était son frère Léon, qui gardait sagement leurs 
pays. Le Prince revint couvert de confusion. 

Ensuite, les Arméniens donnèrent aux Francs 3 mille dinars, Mopsueste, 
Adana et d'autres lieux, et Roupen sortit de prison. Après sa délivrance, Roupen 
se révolta contre le Prince et lui enleva ces places. Alors le Prince détruisit 
par le pillage toutes les places de la Gilicie*. 

[731] A cette époque encore, l'émir seigneur d'Edesse, par ordre du sultan 
d'Egypte, enleva le pays de Sabaktan à celui de Mardîn. Le gouverneur qui 
avait été établi par l'émir de Màrdîn s'avança et attaqua le peuple d'Edesse, 
mais il fut vaincu. 

Après cela, Çalah ed-Dîn lui-même vint pour occuper Mardîn; n'ayant pu la 
prendre par les promesses flatteuses, il les fit ses vassaux comme ils étaient les 
vassaux de[ ]^, et ils firent la paix. 

Ensuite Çalah ed-Dîn descendit sur Mossoul. Après avoir aussi soumis (ces 
gens) à son obéissance, par des serments et des promesses, il revint et tomba 
gravement malade en cet endroit'. Il passa tout le temps de l'hiver sous les 
tentes, et toutes ses troupes avec lui, affligé par la maladie. 

Le bruit courut qu'il était mort; mais après qu'il fut rétabli il s'empara du 
seigneur d'Edesse, qui était Modhaffer ed-Dîn, fils de Zain ed-Dîn, et lui enleva 
les citadelles de Harran et d'Edesse. Peu de temps après il les lui rendit, et 
ils furent en paix *. — Fin. 



Récit concernant la fable des astro- 
nomes. — En l'année 1497 se passa un 
événement dont il convient surtout de 
conserver le souvenir aux générations 
futures, h la gloire de Dieu, qui prend 
les savants dans leur astuce et choisit 
les insensés pour confondre les sages 
de ce monde. L'histoire est la suivante : 

Depuis de longues années les astro- 
logues s'étaient mis à dire qu'en cette 
année, au mois d'éloul (sept.), les sept 
étoiles qu'on appelle planètes, et qui 



A cette époque, Stephanus fut or- 
donné métropolitain du Ségestan, et 
Basilius, de Bîrta de Gargar ^, et Basi- 
lius, de Callinice. 

Le dimanche de la (fête de la) Dédi- 
cace de l'église, l'église de Mar Jean*, à 
Edesse, brûla. Cet accident arriva ainsi : 

Comme depuis longtemps elle res- 
tait déserte, faute de prêtres pour y 
officier, les princes faisaient un dépôt de 
coton dans la sacristie, et les pigeons 
faisaient leurs nids sous son toit élevé. 



1. Cf. Hist. armén. des Crois., I, p. 394, n. 1, — 2. Le complément manque, et de même dans 
la vers. ar. ; probabl. « du prince de Mossoul ». — 3. A Çarran. Sur cette expédition, cf. Hist'. ar. 
des Crois., III, 82, 85. — 4. Cf. op. cit., III, 83. 

5. Sic vers, ar. : ts:^^^ w^=ii. ; dans le ms. : « Gargar de Bîrta ». — 6, S. Jean-Baptiste, 



398 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



sont le Soleil, la Lune, Saturne, Jupiter, 
Mars, Mercure et Vénus, se trouveraient 
réunies, et [730] se rencontreraient 
toutes ensemble dans un même signe du 
zodiaque, celui de la Balance; «et 
comme une semblable conjonction des 
sept planètes dans une seule mansion, 
n'avait pas eu lieu depuis le temps de 
Noë, où elles s'étaient trouvées réunies 
dans le signe des Poissons, qui est plu- 
vieux, raison pour laquelle avait eu lieu 
le grand Déluge », ils prétendaient que 
maintenant aussi, quand la réunion au- 
rait Heu dans le signe de la Balance, 
il y aurait un cataclysme' par le vent. 
Et par cet oracle, ou pour mieux dire, 
cette fausse prophétie, ils persua- 
dèrent non pas un ou deux hommes, 
mais un millier et plus. Cette prédic- 
tion, mes frères, je l'ai entendue annon- 
cer pendant l'espace de trente ans. Ils 
disaient qu'en cette année, qui est l'an 
1497, le 14 d'éloul(sept.), aurait lieu la 
conjonction des étoiles, qu'il y aurait un 
vent qui détruirait les villes et les vil- 
lages avec tout ce qu'ils renferment, 
depuis les hommes jusqu'aux bestiaux, 
aux animaux et aux oiseaux, de manière 
qu'il ne resterait absolument plus rien 
sur la terre. Cela avait été publié en 
Orient et en Occident', en Egypte et 



Quelques individus avaient l'habitude 
de faire la chasse aux pigeons pendant 
la nuit avec des lumières. Il arriva [730] 
qu'une nuit, par oubli, ils laissèrent une 
des lampes dans ces greniers et descen- 
dirent; celle-ci communiqua le feu à 
ces greniers élevés, et les flammes dévo- 
rèrent non seulement les bois, mais 
même les pierres, jusqu'aux fonde- 
ments. Trente-deux grandes colonnes 
de marbre qui se trouvaient dans cette 
église brûlèrent comme des copeaux, 
et elle fut tout entière comme (un mon- 
ceau de) cendre. 

Les églises qui furent détruites à 
Edesse du temps des faiyayê sont les 
suivantes : la Grande église; l'église des 
Apôtres ; l'église de Mar Thomas; 
l'église de Mar Michel; l'église de Mar 
Qoma', qui est celle du voile*; l'église 
de Mar Georges; l'église de Mar Pa- 
rouqa", qui est celle d'Abgar; l'église 
de la Mère-de-Dieu, dite mo'allaqta^; 
deux autres églises de la Mère-de-Dieu ; 
l'église des Quarante - Martyrs ; une 
autre grande église des XL Martyrs; 
l'église des Confesseurs', située à la 
Porte des Heures; l'église de [Mar]' 
Etienne; l'église de Theodorus, (située) 
en face de la citadelle*. 

Au mois de nisan (avril) de l'an- 



1. TUiftôv. — 2. Cf. Ibn al-Athir, à l'an 582 Hég. [Hist. ar. des Crois., I, 676 ; et les auteurs cités 
n. 1) ; Hist. du Bas-Emp.^ XC, § xxvn. 

3. Sic. ms. et vers, ar. ; probablement à lire : |ao|QX>, Cosma. — 4. Du suaire sur lequel était 
imprimée la figure du Sauveur. — 5. C.-à-d. de « Mgr le Sauveur »; on s'attendrait à lire y-»o 
M Notre-Seigneur », au lieu de u;.» (ms. et vers. ar.). — 6. Vers. ar. : ouii:>M&> ; le mot est peut- 
être emprunté à la langue arabe, et susceptible de divers sens. — 7. En l'honneur des martyrs 
Édesséniens : Gouria, Semouna et Habib. — 8. Suppléer ce mot d'après la vers. ar. — 9. Sur ces 
divers édifices et leur origine, cf. Hallier, Edessenische Chronik passim ; et Raumani, Chronicon 
civile et- ecclesiasticum, p. 106-107, où le texte semble toutefois renfermer quelques contradictions. 



LIVRE XXI. GHAP. IV 399 

dans l'Inde; de sorte que les fidèles née 1497, nous vînmes du couvent de 

nous écrivirent même du Ségestan pour Mar Hanania au couvent de Mar Bar 

nous demander de prier pour leur salut. Çauma ; et, par la miséricorde de Dieu 

Des juifs, des musulmans, des païens, et et la faveur du saint, notre seigneur Mar 

même beaucoup de chrétiens, publiaient Bar Çauma, notre faiblesse fut fortifiée ; 

cela et disaient : « Ce jour-lk, il y aura nous bâtimes les voûtes de la nou- 

une éclipse, c'est-à-dire un obscurcisse- velle église, dont nous avions jeté les 

ment du soleil, des tremblements de fondements sept ans auparavant; et pen- 

terre, un vent et une tempête qui sou- dant toutes ces années nous fûmes plon- 

lèvera la poussière et les pierres et gés ' dans une grande agitation et dans 

ensevelira les villes et les villages. » Ils les labeurs, et beaucoup d'autres avec 

prétendaient encore «qu'enverrait [731] nous, à cause d'eux^ 

deux comètes », et beaucoup d'autres 
choses semblables. Plusieurs rois et 

princes, se firent des grottes dans la terre et des maisons solides, où ils accumu- 
lèrent de la nourriture et de la boisson; plusieurs s'en allaient d'un endroit à un 
autre, et plusieurs établissaient leur domicile dans les cavernes et les anfractuosités. 
Les Chrétiens, du moins ceux qui étaient affermis dans la foi, ne croyaient point à 
de semblables inepties, mais ils persévéraient dans la supplication et les prières, 
dans les jeûnes et les aumônes. Les païens et les Juifs, et surtout les astrologues, se 
moquaient des Chrétiens en les voyant faire des rogations; ils blasphémaient et 
disaient : « Il n'est pas possible, même à Dieu, d'empêcher cette chose qui doit arri- 
ver ». A ceux qui consultaient par lettres notre Bassesse sur cette affaire, nous 
répondions, selon la vérité, « qu'un passereau même ne tombe pas dans le piège, 
comme il est écrit', ni une feuille d'un arbre, sans le consentement de Dieu », et 
nous disions' que ceux qui prétendent que le Déluge a été causé par la réunion des 
planètes dans le signe des Poissons ne sont point véridiques. Et non seulement 
d'après l'autorité de l'Écriture, mais aussi par des démonstrations rationnelles, nous 
disions : « Si, conformément à la parole de ces astrologues insensés, le Déluge 
arrivé du temps de Noë a été causé par la réunion des planètes, comment se fait-il 
que les astronomes de cette époque, qui observaient très attentivement le cours des 
étoiles, n'aient pas pu comprendre que le Déluge allait arriver, mais Noë seul, à 
qui Dieu l'avait révélé? et qu'il était tourné en dérision par les insensés, comme plus 
tard Loth à Sodome ? » Mais ceux qui n'étaient pas affermis dans la foi, et qui se 
laissaient prendre par les vents', annonçaient les tempêtes, et. chaque bouche cla- 
mait : « le vent, le vent, voici le vent qui arrive! » Le négoce et le commerce ces- 
saient même. 



1. Cf. Matth., X, 29. — 2. Lire : ,^o8i. — 3. Allusion probable au texte biblique, Eph. iv, 14. 
4, 0001 ^f. — 5. C.-à-d. des évêques rebelles; cf. p. 382. Vers. ar. : y^X^ « à cause de cela ». 



400 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Aux approches du jour désigné, dans lequel, annonçait-on^ aurait lieu la tem- 
pête, ils couraient se réfugier dans les cavernes et dans les caves, pour se cacher. 
Quand le jour arriva, la lumière agréable parut c'est-à-dire se leva; l'air était 
pur et clair sur toute la terre, et cette pureté de l'air, ce calme durèrent tous les 
jours suivants pendant plusieurs mois. C'est pourquoi tous les peuples louèrent et 
glorifièrent le Seigneur qui seul dirige tout. Les rois méprisèrent et réprouvèrent 
les astronomes, attendu que leur art est trompeur. 

Pour moi, mes frères, je dis : Si même ce que les astrologues ont prétendu annon- 
cer en disant qu'il y aurait du vent ou telle autre chose, était faux, parce qu'ils par- 
laient par conjecture', cependant il peut être vrai que les étoiles se soient trouvées 
réunies dans une même région, selon la révolution établie dans le firmament par la 
volonté du Créateur, car le mouvement de leur révolution est connu de ceux qui les 
observent' ; (il peut être vrai) aussi que c'était le moment d'une éclipse de soleil, 
selon le mouvement de la révolution des astres; mais Dieu, qui a créé les éléments 
et qui peut les changer, qui peut changer une pierre en eau, comme il l'a fait pour 
les Hébreux, et changer l'eau en pierre, comme il l'a fait pour Simon*, changea 
l'obscurité du soleil ou de la lune, pour qu'il n'y ait pas déclipse à ce moment ; parce 
qu'il a eu pitié des hommes, afin que ceux-ci ne tombassent pas dans l'erreur et 
n'oubliassent pas le Créateur : à lui, qui seul connaît et dirige tout, gloire de la 
part de toute créature ! 



CHAPITRE [V]. — De Vépoque à laquelle les Curdes^ et les Turcomans massa- 
crèrent, pendant leurs guerres réciproques^ les Chrétiens qui habitaient dans 
l'empire des Taiyayê, ainsi que les autres nations. 

[732] Dès l'an 1496 commença la dévastation opérée par le peuple des Turco- 
mans, et pendant huit années ils massacrèrent et furent massacrés en Arménie, 
en Assyrie, en Mésopotamie, en Syrie et en Cappadoce. 

La cause qui fît commencer cette dévastation se produisit ainsi ; 

Le grand peuple des Turcomans, qui habite sous les tentes, descend à l'hiver 
pour hiverner dans le désert situé au sud de la Syrie, où la neige ne tombe pas, 
où il ne gèle pas, et où on trouve des pâturages. Au printemps, ils remontent 
dans la région septentrionale où ils rencontrent des pâturages pour leurs bes- 



1. Lire : o»»» Uj-» ^ « e conjectura oplnati sunt ». La vers, ar., qui avait sans doute la même 
leçon fautive sous les yeux, ne semble pas avoir compris : .1^3^» 1m oui ^*»^U >l»'5 ooio. — 2. ,j» oo». 
— 3. Cf. Num., XX, 10; Matth., xiv, 29. 

4. Vers. ar. : »|;.a.S!., comme plus bas. 



LIVRE XXI. GHAP. V 401 

tiaux. Pendant leur descente et leur montée, les roules sont remplies de la mul- 
titude de leur bétail. Les Gurdes, habitués à la rapine, volaient partout de leurs 
moutons, de leurs chevaux, de leurs bœufs, de leurs chameaux, et parfois 
même tuaient de leurs hommes. Alors, les Turcomans se mirent à s'assem- 
bler, au moment de leurs passages, pour veiller à leurs convois*. Or, ils ren- 
contrèrent dans le pays de Sabaktân, sur les confins de Mardin, environ deux 
cents Gurdes, qui étaient en embuscade [7.33] pour voler. Les Turcomans 
les prirent et les massacrèrent tous. Alors il y eut une hostilité ouverte entre 
eux. Les Gurdes se réunirent au nombre d'environ dix mille, et les Turcomans 
s'assemblèrent plus nombreux qu'eux. Us engagèrent' une bataille et environ 
dix mille hommes des deux partis furent tués. 

Alors la haine et la colère grandirent parmi eux. Les Gurdes s'assemblèrent 
dans la région de Nisibe, du Tour 'Abdîn, au nombre d'environ trente mille. 
Les Turcomans se réunirent dans la région de Habora. Quand on livra bataille, 
les Gurdes furent vaincus, et leurs morts tombèrent depuis les rives du fleuve 
Habora jusqu'à Nisibe même. 

Après cela, dans la région de Mossoul, il y eut deux batailles entre les Tur- 
comans et les Gurdes. La guerre se prolongea, et les Gurdes furent vaincus en 
beaucoup d'endroits : ils prirent la fuite devantles Turcomans, et se sauvèrent 
dans les montagnes voisines des frontières de Gilicie, pour mettre en sûreté 
leurs enfants et leurs bagages sur les confins des Arméniens. Les Turcomans 
vinrent les y attaquer et les firent tous périr au fil de l'épée, hommes, femmes 
et enfants; ils prirent leurs richesses», et la race des Gurdes disparut de toute 
la Syrie et la Mésopotamie. Gar les Turcomans circulaient par bandes, dans les 
plaines et les montagnes, et partout où ils trouvaient des Gurdes, sans pitié ni 
motif, ils les massacraient. 

Pendant les premières années, ils ne maltraitaient point les Ghrétiens. Mais 
pour deux raisons, les Turcomans se mirent bientôt à massacrer aussi les 
Ghrétiens; la première, parce que les Gurdes, en fuyant, cachaient leurs biens 
dans les villages des Chrétiens, et la chose fut connue des Turcomans; la 
seconde, parce que quand les Turcomans furent emportés par l'ardeur du pil- 
lage et du massacre, les princes ne les en empêchant pas, ils maltraitèrent tous 
les peuples dans la Grande Arménie. Après avoir tué les Gurdes, ils firent cap- 
tifs les Arméniens; ils emmenèrent et vendirent comme esclaves 26 mille 
hommes; ils brûlèrent les villages, et ils incendièrent le grand couvent de 
Garabed *, après avoir tué tous les moines qui s'y trouvaient et avoir pillé les 
livres et tout ce qu'il renfermait. 

1. Littér. : « leur charge, leur bagage ». — 2. a»i»o. — 3. Lire : vpw'^'^, comme plus bas. — 
'i. C.-à-d. : « du Précurseur ». 

51 



402 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



A la même époque, ils prirent de vive force la forteresse de TeU'Arab, qui est 
dans le pays de Sabaktan, et ils réduisirent en esclavage et vendirent toute la 
population. 

A la même époque, ils tuèrent 170 hommes à Tell Besmé'; et de même en 
beaucoup d'autres endroits' (?). Alors les princes, voyant leurs pays ravagés et 
leurs villages dépeuplés, commencèrent, chacun dans sa région, à faire la 
guerre aux Turcomans. Dans toute la Gappadoce et dans le pays de Mélitène il 
y eut des combats et des massacres. 

A la même époque, les Turcomans ayant envahi le pays de Claudia, le 
prince leur résista par la lutte : environ deux cents jeunes gens du village 
[d'Amroun]» et du reste du pays furent tués dans le combat. 

Le discours n'est pas capable de raconter tous les massacres qui eurent lieu 
pendant ces huit années ; car d'une petite étincelle prit naissance ce grand 
incendie qui consuma des myriades de gens. Ensuite, la tempête s'apaisa. 



[732] En ce temps, il y avait à Cypre, 
île des Grecs, un gouverneur* grec 
nommé Comnéneh'. Il se révolta contre 
l'empereur de Constantinople, rassem- 
bla les évoques grecs et leur ordonna 
d'instituer un patriarche qui sacra em- 
pereur ce Comnéneh. On proclama h 
Cypre cet empereur et ce patriarche, 
(qui subsistèrent) en opposition avec 
ceux^ de Constantinople, jusqu'au mo- 
ment où les rois Francs partirent de 
Rome, et où le roi d'Angleterre vint 
s'emparer de Cypre, jeta son empereur 
grec dans les fers et l'enferma dans une 
forteresse près d'Antioche. Le pa- 
triarche qu'ils avaient établi mourut 
aussi à Cypre, et leur vain dessein fut 
anéanti. 



[732] En l'année 1500', le maphrien 
Mar Jean, vint nous trouver et nous 
demanda avec instance d'abandonner 
son diocèse. Nous voulûmes le forcer à 
ne pas l'abandonner, mais il n'y consen- 
tit pas, et il se retira au monastère de 
Mar Jacques dans la montagne d'Édesse, 
Peu de temps après, il eut du regret, il 
vint de nouveau près de nous, il reçut 
de nous une lettre et retourna à son 
diocèse. Dans le village appelé Beit 
Koudida, comme il dormait sur le toit 
de l'église, pendant la nuit, il tomba du 
toit et il mourut. Il fut enseveli dans le 
couvent de Mar Mattai. 

Alors, les Tagritains, les Mossuliens 
et les Ninivites nous écrivirent et nous 
envoyèrent des messagers pour nous 



l. Sic BH : u>ai»à..I. ; vers, ar. : um<o '^ûo.— .2. Le texte paraît altéré ; vers. ar. : Uow ^ûao ;.&So. 
— 3. Restituer : !ûu;o ^p;»] ^ (vers. ar. et BH). 
4. ^yeiitiv. — 5. Isaac Comnèue. Cf. Hist. du JBas-Emp., XCI, § xxx, xxxi. — 6. Vers. ar. : 

^;^ 'î??'?^ y;fr=Sso '*»' 'Ijo» 

7. Sic ms, et Barhébr. Chr. eccl., I, 597 ; mais Chr. eccl., II, 377, la mort du maphrien est fixée 
au mois d'août 1499, ce qui est d'accord avec la date de l'ordination de son ïuecesseur indiquée 
ci-après, p. 403, 



LIVRE XXI. CHAP. VI 



403 



Ensuite, le roi d'Angleterre* donna 
l'île de Cypre aux « Phrcr ». Quand 
le roi fut parti en France', les Grecs 
relevèrent la tète; ils se rassemblèrent 
en grand nombre contre les Francs qui 
avaient été préposés à la garde (de 
l'île); ils espéraient tuer les Francs et 
régner eux-mêmes. Quand ils enga- 
gèrent la bataille, les Grecs furent 
vaincus». 

Après cela, les Francs établirent 
comme roi de Cypre celui qui [733] 
avait été à Jérusalem*. 

En l'an 1498, le vendredi 4 d'éloul 
(sept.), à la huitième heure, il y eut une 
éclipse de soleil, et on voyait les étoiles 
auprès du soleil. 



demander, conformément à la règle, 
de leur choisir et de leur ordonner 
un archevêque. Ils nous informèrent 
qu'il y avait chez eux un homme entre- 
prenant, nommé Bar Tammasih, qui 
s'efforçait de s'emparer de cette dignité, 
et auquel des hommes vaniteux comme 
lui étaient attachés. Tous les fidèles 
nous écrivirent qu'ils n'accepteraient 
jamais ce Bar Tammasih, à cause de sa 
conduite souillée et honteuse, que d'ail- 
leurs nous avions déjà apprise du 
maphrien feu Mar Jean. C'est pourquoi, 
dans une élection légitime, par la force 
et la contrainte de l'Esprit-Saint, [733] 
Rabban Jacques, mon neveu charnel et 
mon fils spirituel, fut élu et institué ; 
homme disert, dont mon discours ne 



peut dépeindre toutes les vertus, qui lui 
avaient été accordées « par le Père des lumières de qui descend tout don excellent et 
toute grâce parfaite' ». Son ordination eut lieu dans le couvent de Mar Domitius, 
dans la région de Mardîn, le premier dimanche de carême de l'an 1500, et il fut 
appelé Mar Gregorius, archevêque de l'Orient '. 

A cette époque mourut Mar Marcus, patriarche d'Alexandrie et d'Egypte. Après 
avoir exercé le suprême pontificat pendant 23 ans, il partit pour la vie heureuse et 
sans fin, au mois de kanoun ii (janv.). Pour ce siège, on ordonna à la même époque 
le pape, c'est-à-dire patriarche, Mar Iwannis'. 



CHAPITRE [VI]. —De l'époque à laquelle Jérusalem fut enlevée aux Francs par 
Çalah ed-Din, sultan d'Egypte^ et tomba au pouvoir des Taiyayê. Des autres 
événements qui eurent lieu à cette époque. 

En l'an 1498, le sultan Çalah ed-Dîn [734] rassembla des troupes d'Egypte, 
d'Arable, de Syrie, d'Assyrie, et s'organisa pour la guerre contre les Francs. 



1. Vers, ar., correctement : ?N.\^ yi».». — 2. Sic ms. et vers. ar. (ov.^^JSs.) ; en réalité, le roi 
partit pour le siège d'Acre. — 3. Cf. Hist. du Bas-Emp., XCII, § xxxvlii-xL. — 4. Gui de Lusi- 
gnan; en 1191. Cf, op. cit., XCII, § xli. 

5. Jac, I, 17, — 6. Cf, BakHebr., Chron. eccles., II, 381. — 7. Cf. Rknaudot, Rist. pair, Alex., 
p. 55'i. 



404 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Le samedi 4 de tamouz (juill.), les Francs furent abandonnés (de Dieu) à cause 
de nos' péchés, et ils furent misérablement taillés en pièces. Le roi de Jéru- 
salem et tous ses grands furent pris ; tous les frères « Phrer » furent tués. 
Cette catastrophe arriva près de Tibériade '. Le comte de Tripoli» s'était révolté 
et avait pris la fuite . On dit qu'il s'attendait à ce qu'ils l'instituassent roi * ; mais 
comme ils ne voulurent pas de lui, il usa de fourberie à l'égard des Francs et se 
retira. Pour moi, je dis que sans l'abandon (de Dieu) leur défaite n'aurait pas 
eu lieu, puisque même un passereau ne tombe pas dans le piège sans laper- 
mission d'en haut'. Çalah ed-Dîn tua de sa main le vieil Arnald^ et les trois cents 
« Phrer », et il prit un bain dans leur sang. 11 assiégea et détruisit Tibériade; il 
tua tout ce qui s'y trouvait, puis il se rendit promptement à 'Akko. 

Alors les notables de cette ville s'enfuirent par mer à Tyr, et le peuple qui y 
était resté la livra à Çalah ed-Dîn. Il pilla ensuite Gésarée, Jaffa, Samarie, Naza- 
reth, et tout l'univers fut rempli de prisonniers '. 

Combien d'outrages, d'injures% de mépris les Musulmans firent alors endu- 
rer au peuple persécuté des Chrétiens, à Damas, à Alep, à Harran, à Edesse, à 
Amid, à Mardin, à Mossoul et dans tout le reste de leur empire, la parole ne le 
peut définir. 

Au mois de tésrîn i" (oct.) de l'année 1l4]99, Çalah ed-Din traita avec les 
Francs qui étaient à Asqaloun, c'est à-dire Ascalon ; il mit en liberté le roi qu'il 
retenait prisonnier chez lui, et ceux-ci lui livrèrent la ville'. 

11 monta ensuite contre Jérusalem, terre passagère'". Après l'avoir attaquée 
pendant quelques jours, ils démolirent une partie de son mur, du côté du nord- 
est. Alors, comme il n'y avait aucun moyen de salut, ils convinrent que chaque 
personne donnerait dix dinars et s'en irait. Ainsi, tous ceux qui purent trou- 
ver de quoi donner sortirent de la ville, par milliers et par myriades, dans des 
pleurs et des lamentations à fendre les pierres; ceux qui ne purent donner 
(les dix dinars) furent réduits en esclavage, [73S] au nombre de vingt mille 
hommes et femmes. De ceux-ci, Çalah ed-Dîn affranchit quatre mille vieux 
et vieilles; il en partagea six mille à ses troupes, comme esclaves; il en 
envoya cinq mille en Egypte, pour fabriquer les briques destinées à la construc- 
tion des murs; et il en laissa cinq mille à Jérusalem même, pareillement pour 
la reconstruction du mur". 



1. Sic ms. et vers. ar. — 2. Bataille de Hatlia ; 4 juill. 1187. Cf. Gesck. des Kônigr. Jerus., p. 434. 

— 3. Kaymond. — 4. Au lieu de Gui de Lusignan. — 5, Cf. Matth., x, 30. — 6. Renaud de Châtil- 
lon, dont il a été question à différentes reprises. Pour tout ce qui concerne ce héros, voir 
G.ScHLUMBERGER, Reiiaud de Châtillon, Varis^ 1898, — 7. Cf. Gesck. des Kônigr. Jerus., p. 442 sqq. 

— 8. Litt. : « de crachats ». — 9, Cf, op. cit., p,î449, — 10. De même vers. ar. ; cymûcaô^ oHl XJÙ^iol ; 
vers, armén. : « vers la cité sainte de Jim ». Il y a peut-être une corruption du texte, ou une anti- 
thèse avec la Jérusalem céleste. — 11. Cf. op. cit., p. 453-461. 



LIVRE XXI. CHAP. VI 405 

Ils purifièrent selon leur loi le Temple de Salomon, qu'ils appellent sakra, 
c'est-à-dire « roche », qui avait été rebâti pour la seconde fois par les Arabes 
eux-mêmes; et ils décrétèrent qu'aucun chrétien ne pourrait y entrer. Ils fer- 
mèrent l'église de la Résurrection et les autres, et les Chrétiens, esclaves ou 
autres, qui étaient restés, se réunissaient constamment pour prier en pleurant 
devant les portes'. 

Çalah ed-Dîn monta ensuite contre Tyr, ville située au cœur de la mer. Or, 
en ces jours-là, y arriva de Rome un comte nommé Marghiz', qui venait prier 
à Jérusalem, ne sachant pas ce qui s'était passé. Use conduisit héroïquement; il 
réconforta le peuple et défendit la ville; et Çalah ed-Dîn ne put l'emporter d'as- 
saut. Aussil'abandonna-t-ilpourallerprendreSidon, Beirout, Djobaïl etTebnit*. 

En l'an 1500, Çalah ed-Dîii s'empara du Kérak et de Saubak, deux places fortes 
situées sur la mer Rouge, à propos desquelles il avait commencé sa guerre 
contre les malheureux Francs *. 

La même année, Çalah ed-Dîn envahit de nouveau la région d'Antioche : il 
prit de vive force Laodicée, Gabala, la forteresse de Çahyoun, Bagras et Tra- 
besaghd'. 

La même année, il y eut aussi du trouble dans les pays de Cappadoce. Une dis- 
corde s'éleva entre le fils du sultan Kilidj-Arçlan, qui régnait à Sébaste, etHas- 
san% lieutenant de son père. Hassan irrita le sultan contre son fils. Les deux 
partis se réunirent pour en venir aux mains dans le pays de Gésarée. Mais alors, 
pour l'honneur du vieillard, ceux qui s'étaient assemblés avec son fils se dis- 
persèrent; ce dernier revint à Sébaste, et ne fit plus la guerre à son père. Le 
sultan, dans sa colère, ordonna de massacrer quatre mille des Turcomans qui 
s'étaient joints à son fils. 

Vint alors l'émir nommé Bahram-sah ', qui était le gendre du sultan ; il se 
présenta comme intermédiaire pour les réconcilier ; mais par ses ruses il obtint 
un édit du sultan pour faire arrêter Hassan le lieutenant, et il prit tous ses biens . 
Il l'emmena avec son fils et ses serviteurs pour les faire conduire à Sébaste. 
Pendant la route, les Turcomans se jetèrent sur eux et massacrèrentHassan, ses 
enfants et ses serviteurs. Ils coupèrent Hassan par morceaux, et ils portèrent 
ses membres à Sébaste au bout de leurs lances. Sa mort arriva le jour de la fête 
de la Croix*. 



I. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p, 464. — 2. Lire : ^■^<!5,^^, au lieu de 1».^^-» que porte notre 
ms. et la vers. ar. Conrad, marquis de Montferrat. L'auteur paraît confondre les deux sièges de 
Tyr, qui eurent lieu la même année ; cf. op. cit., 447, 469. — 3. Vers. ar. : ^.l=/.c. Lire : Tibnin. 
Cf. op. cit., p. 445. — 4. Op. cit.. p. 483. — 5. Trapessac, ou Darbessak (op. cit., p. 481) ; même 
orthographe dans la vers. ar. — 6. Ikthiâr ed-Dîn Çassan. — 7. Seigneur d'Erzanga. — 
8. 14 sept. 1189. Cf. Hist. arm. des Crois., I, p. 401. 



406 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 1500, [734] les misérables 
qui faisaient partie de la troupe impie 
de Bar Tammasih, en apprenant (la 
mort de Jean^), offrirent au prince deux 
mille cinq cents [dinars] rouges, et 
ils obtinrent un édit du glaive*, pour 
ordonner illégitimement, ou plutôt pour 
corrompre dans l'esprit de Satan, ce Bar 
Tammasih. À la vérité, le peuple des 
fidèles ne l'accepta jamais; et il n'est 
pas opportun de consigner dans ce 
livre toutes les impiétés que commit ce 
nouveau Dathan^, mais nous devons seu- 
lement écrire celles qu'il est nécessaire 
de faire connaître pour montrer ce 
qu'il était. 

Ce Bar Tammasih ajouta à son impiété 
et s'associa à Bar Wahboun. Tous les 
deux vinrent à Mardîn : ils proclamèrent 
Bar Wahboun patriarche, etBar Tamma- 
sih maphrien. Ils donnèrent au prince 
deux mille dariques et obtinrent un édit concernant cette région. C'est pourquoi, 
tout notre peuple courut un grand danger, et la foule fut poussée au murmure de 
différentes manières ; car ils faisaient percevoir du peuple les contributions légales, 
par les soldats du prince qui circulaient dans les villages. Alors, les gens du diocèse 
de Mardîn furent pris de zèle; ils s'imposèrent une somme d'or à donner au prince, 
et obtinrent un édit pour les chasser tous les deux de la région. 

Quand ils revinrent à Mossoul, les gens de cet endroit se montrèrent également 
zélés; ils chassèrent d'abord Bar Wahboun, et bientôt après les fidèles s'imposèrent 
une somme d'or à donner au prince, et ils obtinrent un édit pour s'emparer de 
l'impie Bar Tammasih. Ils le dépouillèrent [73S] du saint habit et lui mirent un vête- 
ment de laïc, puis ils envoyèrent des évoques, des prêtres et des moines, hommes 
honorables, pour ramener de Nisibe le saint maphrien Mar Gregorius. Celui-ci 
entra à Mossoul et fut bien accueilli par les" princes et par tout le monde, avec 
la grâce de Dieu, qui procura le repos à son Eglise. — Fin''. 



En l'an 1501, contraint [734] par les 
importunités de nos évêques et de plu- 
sieurs personnes, nous envoyâmes près 
du sultan Çalah ed-Dîn, Gabriel, (de la 
part) du couvent, et Âbou '1-Faradj, de 
notre part', h propos de la rébellion de 
Bar Tammasih. Quand ils parvinrent à 
Damas, avant de rejoindre le sultan qui 
faisait le siège de 'Akko, ils furent pris 
pour des espions et furent jetésdans une 
dure prison ; et ils perdirent tout ce 
qu'ils avaient avec eux. Ensuite, le Sei- 
gneur eutpitié d'eux etilsfurentdélivrés. 
Par l'intermédiaire de l'émir d'Édesse 
Modhaffer ed-Dîn, fils de Zain ed-Dîn, 
ils obtinrent du sultan des lettres 
fermes' et revinrent joyeusement par 
l'intercession de notre seigneur Mar 
Bar Cauma. — Fin. 



1. Vers. ar. : « Gabriel, archimandrite, et Abou '1-Faradj, évêque ». — 2. Vers. ar. : l^^s 
oiu^so; le traducteur semble avoir lu : t>e5^- (au*. Le sens est peut-être « un sauf-conduit ». 

3. Cf. ci dessus, p. 386. — 4. C'est-à-dire « de l'autorité civile ». — 5. Cf. Num., xvr. — 6. Sic 
ms. et vers. ar. — 7. Ce mot est ici écrit eu arabe : A»5^ 



LIVRE XXI. GHAP. YII 407 

CHAPITRE [VII]. — De l'époque à laquelle les rois et les peuples Francs par- 
tirent des pays d'Italie, animés de zèle pour Jérusalem. Des autres événements 
qui se passèrent à cette époque. 

En l'&n 1500, un des fils du sultan, nommé Qaiçar-éàh Mo 'izz ed-Din, com- 
mença à régner à Mélitène. 

A cette époque, les rois et les armées des Francs partirent avec un grand 
zèle; ils envoyèrent en avant, par mer, des peuples parlant différentes langues 
[736] et qui ne pouvaient se comprendre les uns les autres, en foules innom- 
brables*. 

Ils mirent le siège contre 'Akko, alors qu'ils n'avaient pas de roi avec eux. Mais 
ils avaient avec eux leurs pontifes et leurs prêtres, et des églises sous leurs 
tentes. De nombreux peuples musulmans s'assemblèrent pareillement près de 
Çalah ed-Dîn; et les deux camps étaient si rapprochés qu'ils se voyaient réci- 
proquement. Les Francs ne pouvaient prendre la ville d'assaut parce qu'elle 
renfermait 60 mille combattants, et le sultan ne pouvait livrer bataille aux 
Francs ni les éloigner de la ville; ils bâtirent des maisons et des églises et 
quatre mille moulins'. 

Après cela, l'empereur d'Allemagne' partit. Ils vinrent contre Constantinople 
et livrèrent bataille aux Grecs jusqu'à ce qu'ils les eussent soumis; puis ils 
passèrent vers Iconium; et comme ils étaient pressés par la famine, les Turco- 
mans se réunirent contre eux avec le fils du sultan*, et engagèrent une bataille. 
Les Turcomans furent vaincus. Les Francs arrivèrent jusqu'à la ville et y péné- 
trèrent : ils y tuèrent beaucoup de gens'. Là fut tué Michel de Mélitène, sur- 
nommé Papa. Ensuite le sultan fit la paix avec eux. Ils franchirent la porte de 
Qoniâ' et allèrent en Gilicie. Là mourut le vieil empereur d'Allemagne', qui 
se noya dans un fleuve, et son fils conduisit son corps à Antioche. Ils allèrent 
ensuite à 'Akko. 

Deux autres rois' partirent aussi, et, après avoir enlevé Cypre aux Grecs *, ils 
vinrent à 'Akko. Ils organisèrent [737] l'attaque de cette ville et la prirent 
d'assaut. Un si grand nombre d'hommes fut tué, des deux côtés, que les rues 
étaient remplies de cadavres. Les Francs occupèrent 'Akko au commencement 
de tamouz (juill.) de l'an 1502 '". 



1. Troisième croisade. — 2. Sic ms. et vers. ar. et arm. — 3, « Le roi A'Almane »; Frédéric 
Barberousse. — 4. Qotb ed-Dîn, fils de Kilidj-Arslan. — 5. Hist. du Bas-Emp., XGII, § xxxvi. — 
6. Qoniah est le nom arabe d'Iconium. — 7. 10 juin 1190. Cf. op. cit., XCII, § xxvit. — 8. Phi- 
lippe-Auguste de France et Richard Cœur de Lion d'Angleterre, — 9. La conquête de Cypre fut 
l'œuvre de Richard; comp. ci-dessus, p. 402. — 10. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., 559 sqq. 



408 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Les Francs proposèrent à Çalah ed-Dîn de lui donner les Turcs qui restaient 
dans la ville, en échange de tous les prisonniers Francs qui étaient à Damas. 
Après que les deux partis se furent mis d'accord,', Satan endurcit le cœur de 
Çalah ed-Dîn, et il ne consentit pas à leur donner les nobles comtes francs. 
C'est pourquoi les rois furent irrités; ils firent sortir les prisonniers turcs à la 
porte de 'Akko et les massacrèrent. En un instant, 25 mille hommes furent 
massacrés, et leurs cadavres s'amoncelèrent à la porte de 'Akko. Ensuite, ils 
les firent brûler dans le feu*. 

Après la prise de 'Akko par les Francs, la puissance de Çalah ed-Dîn fut 
ébranlée et il en fut fort affligé. Dans sa colère, il détruisit Jafîa et les murs 
d'Ascalon». 

Les Francs s'emparèrent aussi de Césarée; ils se fortifièrent et rebâtirent 
Jaffa, où ils placèrent une garnison. Ensuite, ils montèrent rebâtir les murs 
d'Ascalon, où ils établirent aussi des habitants de leur peuple. 

Alors Çalah ed-Dîn fit de nouveaux efforts et rassembla des armées pour aller 
combattre les Francs ; et ceux-ci sortirent de 'Akko pour aller à la rencontre 
des Turcs. Quand les deux armées furent prêtes à livrer bataille, subitement, 
au mois de tésrin i'"" (oct.) de l'année 1504, ils firent une trêve de trois ans. 
Çalah ed-Dîn paya une somme aux Francs, pour la nouvelle bâtisse des murs 
d'Ascalon faite par eux, et il retourna les détruire entièrement; cette ville 
demeura déserte*. 

Les Francs établirent à "Akko un comte nommé Henri", neveu* du roi 
d'Angleterre, et ils retournèrent dans leurs pays. 

Çalah ed-Dîn rebâtit les murs de Jérusalem d'une construction' beaucoup 
plus solide que la précédente. — Fin. 



En l'an 1502, mourut le seigneur 
d'Arbèles', filsdeZain ed-Dîn. Alors son 
frère» le seigneur d'Édesse, abandonna 
Edesse, Harran et Samosate pour aller 
régner à Arbèles, où il prospéra [et] '" 
occupa beaucoup de pays en Perse". 

Çalah ed-Dîn donna ces [736] villes 
à son neveu", 'Omar Taqî ed-Dîn, à 



A cette époque, un synode se tint au 
couvent de Mar Bar Çauma; on y mit 
par écrit et on publia dans toutes les 
églises la déposition de Bar Tammasih. 

A cette époque, je fus de nouveau 
abandonné (de Dieu) à cause de mes 
péchés, et je fus tourmenté au sujet du 
diocèse [736] important de Mardîn; car 



1. av^f, — 2. Pour tous les détails du siège de S. Jean d'Acre, cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., 
p. 514-575. — 3. Cf. op. cit., p. 591, 619. — 4. Cf. op. cit., p. 647 et suiv. — 5, Henri de Cham- 
pagne; mai 1192. Cf. op. cit., p. 616. — 6. Fils de la sœur. — 7. Lire : U-i^. 

8, Zain ed-Dîn Youssouf, fils de Zain ed-Dîn 'Ali Koudjak. — 9. Modhaffer ed-Dîn. — 10. Suppl. : 
"^o. — 11. Cf. Abou '1-Féda, à l'année 586 Hég. — 12. Fils de son frère èahensah. 



LIVRE XXI. GHAP. VII 



409 



qui on donna aussi le nom de sultan ; 
homme violent, méchant, et ennemi des 
Chrétiens, qui persécutait même les 
Taiyayê. Il aggrava le joug pesant des 
Iributs et des impôts sur les Chrétiens 
«t sur les Musulmans. Il s'attaqua aux 
émirs Benê Bogousag, qui étaient à 
Sibabérek, et les expulsa des forte- 
resses qui leur appartenaient. De là, il se 
Tendit à Maipherqat, qui était à lui de- 
puis longtemps; et de là il alla s'empa- 
Ter de Gabaksour' et de Qoulab; et de 
là il partit pour pénétrer dans le pays 
de Khélat. 

Après qu'il fut resté pendant cinq 
mois dans cette région de l'Arménie, 
faisant des captifs, pillant, tuant sans 
pitié, surtout les Chrétiens, le Seigneur 
l'y frappa, et il mourut subitement'. Sa 
mort procura aux peuples un soulage- 
ment semblable à celui qu'apporta ja- 
.dis la mort de l'impie Julien. 

Alors, son fils' et ses troupes quit- 
tèrent ce pays et revinrent à Maipher- 
qat. Son fils se révolta contre Çalah ed- 
Dîn, oncle paternel de son père, et 
celui-ci envoya son frère, nommé Malik 
«l-'Adil, qui expulsa (le rebelle) 
d'Edesse, de Ilarran, de Samosate, et 
prit ces villes pour lui, avec Maipher- 
<jat; il lui donna Hama et Éraèse, et res- 
titua le pays de Sibabérek' aux Benê 
Bogousag", qui furent dans la même 
condition qu'ils étaient jadis sous le 
gouvernement de Qotbed-Dîn, seigneur 
d'Amid. 



je n avais personne qui consentît à en 
être le pasteur, à cause des charges qui 
lui étaient imposées par le prince. J'or- 
donnai pour ce diocèse l'Edéssénien 
Maudiana. Mar Athanasius de Jérusa- 
lem, qui avait échappé comme un tison 
au feu, était venu près de nous et se 
trouvaitprésent dans le couvent denotre 
seigneur Mar Bar Çauma. Il ne voulut 
point prendre part avec nous à l'ordina- 
tion du misérable Maudiana. Celui-ci 
ayant été ordonné par suite de l'abandon 
(de Dieu), s'en alla à son diocèse et fut 
d'abord accueilli par tout le monde. En- 
suite, s'étant livré a différentes machina- 
tions, qu'il n'estpasutileque nousrappe- 
lions', il fut chassé. Alors Légion" entra 
en lui; il renia la foi et voulut se faire 
musulman. Des chalcédoniens de Méli- 
tène l'ayant rencontré, le séduisirent par 
leurs flatteries et il se rendit à Cons- 
tantinople; il apostasia et se fit chalcé- 
donien. Ils l'envoyèrent à Maipherqat 
pour être le pasteur des Chalcédoniens 
de cet endroit. 

Nous terminâmes h grand'peine au 
bout de quatorze ans le temple que 
nous bâtîmes dans le couvent de notre 
seigneur Mar Bar Çauma; la construc- 
tion avait commencé en l'année 1491, 
comme nous l'avons rappelé plus haut', 
et en celte année 1504, par la grâce de 
Dieu et le puissant secours des prières 
de saint Mar Bar Çauma, il fut achevé 
et orné. Nous réunîmes 35 de nos 
évèques, et le dimanche avant laPente- 



1. Vers. ar. : ^o^iao^s, ; BH : j*^|a.^. — 2. 10 oct. 1191. — 3. El-Ma!ik el-Mançour. — 4. Lire : 
YP|.a.i», comme plus haut. — 5. Vers. ar. : >.^U«ls^i». Cf. ci-dessus, p. 247. 
6, !-3,J. — 7, Allusion à Luc, viir, 30. — 8. Cf. ci-dessus, p. 382. 



m 



o2 



410 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

La même année, le 23 de hazîran, il côte, le 15 de 'iyar«, quand les foules 

y eut une éclipse de soleil'. Plus de la vinrent pour la fête du saint, il fut con- 

moitié de son globe [737] s'obscurcit, sacré dans l'Esprit-Saint, lors de l'as- 

et tout autour de lui on voyait les semblée synodale dont nous avons parlé 

étoiles, et même la lune dans son voi- plus haut, dans le récit concernant [737] 

sinage. Bar Wahboun', quimourut àcette même 

époque, ainsi que le catholicos des Ar- 
méniens, et plusieurs autres avec eux. 



CHAPITRE [VIII]. — De l'époque à laquelle moururent les deux rois Turcs : 
Kilidj-Arçlan^ sultan de Bithynie, Cappadoce et Petite Arménie, et Çalah ed- 
Dtn, sultan d'Egypte, Arabie, Palestine et Syrie. Des autres événements qui se 
passèrent à cette époque. 

Quand le sultan Kilidj-Arçlan eut été chassé par ses fils, il circulait de place 
en place. Les gens d'Iconium pris de 2.èle lé ramenèrent, et il fut rétabli sur son 
trône. Son fils aîné* occupait la ville d'Axara ^ Le vieillard déploya du zèle, 
réunit de nombreuses troupes et marcha pour faire la guerre à son fils. Étant 
tombé malade en cet endroit, il rebroussa chemin pour revenir à Iconium, 
irais il mourut en route \ II était accompagné d'un de ses jeunes fils^, qui con- 
duisit le corps de son père près de ses ancêtres et occupa Iconium. 

Le sultan Kilidj-Arçlan avait régné 38 ans, et fut très illustre. [734] Ses 
états restèrent à ses douze fils». 

En l'an 1504, mourut aussi le sultan Çalah ed-Dîn, à Damas'. Il avait 23 fils'°. 
Avant de mourir, il établit son fils aîné" à Damas, et le mit à la tête de tous les 
autres; il fit régner le second" en Egypte et le troisième" à Alep. Chacun de ces 
trois avait le titre de sultan. A chacun des autres il partagea et attribua une 
place. A son frère Malik el-'Adil, qui avait aussi le titre de sultan, il donna 
Harran, Édesse, Maipherqat, Samosate, Qala' Djabar, Kérak et Saubak. 

Ensuite, le seigneur de Mossoul** s'avança ; ses frères, (les seigneurs) de 

1. 23 juin 1191. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., p. 557, n. 1. 

2. En 1193 (1504) la Pentecôte était le dimanclie 16 mai. L'église, terminée en 1504, aurait donc 
été consacrée l'année suivante, le dimanche 15 mai 1194 ; la Pentecôte était le 29 mai. Mais plus 
bas (cf. p. 411, n. 12) l'année 1504 est de nouveau indiquée. — 3. Cf. ci-dessus, p. 387. 

4. Qotb ed-Dîn Malik-sah. — 5. Vers. ar. : lîmaj >is\^ youe ^ts. — 6. 25 août 1192. Cf. Gesch. 
des Kônigr, Jerus., p. 657, n. 3. — 7. Kaï-Khosrou. — 8. Cf. Abou '1-Féda et Ibn el-Athir 
{Hist. ar. des Crois., II, 69) à l'an 588 H. — 9. 3 mars 1193. Cl. Gesch. des Kônigr. Jerus., 
p. 655, 657. — 10. Sic ms., vers. ar. et vers, arm.; BH : 17, d'accord avec les sources arabes. 
— 11. Malik el-Afdhal. — 12. Malik el-'Aziz. — 13. Malik ed-Dhaher. — 14, 'IzzedDin Mas'oud. 



LIVRE XX[. GHAP. VIII[ 411 

âingar' et deGazarla', et aussi celui de Mardîn», se joignirent à lui, et ils vinrent 
dans le vois inage de Harran pour livrer bataille à 'Adil et reprendre leurs pays. 
"Adil, de son côté, réunit aussi ses troupes et vint à leur rencontre. Mais alors 
le seigneur de Mossoul tomba subitement malade, et s'en retourna; ceux qui 
l'accompagnaient se dispersèrent. 'Adil leur enleva alors Raqah et Habora, et 
mit le siège contre Nisibe. C'est pourquoi ils furent pris de peur et se sou- 
mirent à lui, comme jadis à son frère : il leur restitua alors Habora, et ils 
firent la paix. Quant àlui, il alla pourrégnersurles Arméniens; mais il ne put 
y réussir, et revint après une campagne inutile. 

Le seigneur de Mossoul, qui est' Izz ed-Dîn, mourut*, et son fils, appelé Nour- 
ed-Dîn\ régna après lui. 

Léon, prince de Cilicie, s'empara du Prince" seigneur d'Antioche, [737] et le 
tortura cruellement; il lui rendit tout ce que ce dernier avait fait à Roupen, 
frère de Léon. Alors le comte Henri vint de 'Akko, et, par ses instances et ses 
promesses, il délivra le Prince qui retourna à Antioche ''. 

Léon, après la mort du sultan'^ régna dans le Beit Roumayé sur 72 places 
fortes, qu'il enleva en partie aux Turcs, en partie aux Grecs. Avec les Turcs, il 
futvainqueur à toutes les fois; c'est pourquoi les fils du sultan recoururent à 
sa protection. 

Au mois de kanoun de l'année 1506, Malik', seigneur d'Abiastaïn, alla trouver 
Léon et se mit sous sa dépendance. Alors Léon marcha contre le seigneur de 
désarée'" et le vainquit. Il lui enleva une place forte dans le voisinage deCésarée. 

Le sultan d'Egypte, appelé Malik el-"Azîz, s'avança pour faire la guerre à son 
frère qui était à Damas; et leur oncle paternel, le seigneur d'Edesse, alla 
pour mettre la paix entre eux", — Fin. 

En l'an 1504, comme le discours l'a Quand Tévêque Athanasius, mon 

exposé auparavant ", mourutKrikoros", frère charnel, quitta Jérusalem, après 

catholicos des Arméniens de Cilicie, au la destruction de cette ville, il vint me 

mois de tamouz (juillet) de cette année, trouver au couvent de Mar Bar Çauma. 

et les Arméniens ordonnèrent comme Je l'envoyai comme vicaire de ma vieil- 

catholicos un toutjeune homme, neveu'* lesse dans le diocèse d'Antioche. Ils 



1. 'Imad ed-Dîa Zangui. — 2. Mo'izz ed-Dîn Sindjar-sah; en réalité son neveu. — 3. Youlouk- 
Arslan. — 4. 28 août 1193. — 5. Arslan-sah. — 6. Bohémond III. — 7. Cf. Gesch. des Kônigr. 
Jerus., p. 661, 662. — 8. Kilidj-Arsian. — 9. Malik doit être pris ici, semble-t-il, comme un titre : 
« le prince » ; selon Ibn el-Alhir {/. c. p. 410, n. 8), ce prince était Moghit ed-Dîn Togril-sah. — 
10. Nour ed-Dîn Soltan-sah; autre fils de Kilidj-Arsian. — 11. Cf. Gesch. des Kônigr. Jerus., 
p. 659. 

12, Cf. ci-dessus, p. 387 et 410, n. 2. — 13. Grégoire IV, Dgh'a ; cf. ci-dessus, p. 354, n. 1. _ 
14. Fils du frère. 



412 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



de celui qui était mort, qui fut lui- 
même appelé Krikoros, et surnommé 
Dîrâsou'. 

La même année mourut aussi le pa- 
triarche des Francs d'Antioche, qui est 
Amaury; il mourut dans sa forteresse 
de Qoçair : ils ramenèrent son corps à 
Antioche, et l'ensevelirent dans la grande 
église. On lui trouva une très grande 
fortune. Ils établirent à sa place un des 
prêtres âgés, qui s'appelait Ranulfe ^ 

[738] A cette époque, Mar Iwannis, 
patriarche d'Alexandrie et d'Egypte, 
nous envoya comme messager un évêque 
âgé, nommé Petrus, homme capable et 
très pacifique ', qui nous apporta une 
lettre en langue égyptienne* et aussi en 
arabe, saine parole, solide dans la foi et 
ornée d'humilité et de parfaite charité. 

Dès l'an i[4]96, en même temps 
qu'avait commencé la guerre des Turco- 
mans°, avaient aussi commencé les 
fléaux de colère, par la sauterelle dévas- 
tastrice et les autres plaies de châti- 
ment. Une cruelle famine s'aggrava au 
point que les hommes mangeaient la 
chair des morts et toute espèce de pour- 
riture. Beaucoup de gens vendirent 
leurs enfants. Du seul pays de êabak- 
tan, sans parler des autres lieux, on 
vendit par écrit", à Donisar, 22 mille 
garçons et filles, qui tous allèrent en 
esclavage à Babylone. 



l'accueillirent' comme un ange, et il 
fut honoré par eux, et non seulement 
par le reste de notre peuple, mais même 
par les Francs et les Arméniens. Après 
qu'il eut passé deux ans dans la ville 
ou dans le diocèse, le moment de sa mort 
arriva, par la volonté de Dieu; il tomba 
malade et mourut le jeudi 21 de tésrin 
i" de l'an 1504*. Son corps fut enseveli 
dans le monastère de Dovaïr, près du 
tombeau^ dupatriarcheMar Jean". [738] 
Que Dieu, dans ses miséricordes, lui 
donne le repos, et ait pitié de lui et de 
tout lecteur qui priera pour lui. 

On ordonna pour Jérusalem Ignatius, 
qui est Sahda, archimandrite du cou- 
vent même". 

Au mois de kanoun (déc.) mourut 
Dionysius de Mélltène; à sa place fut 
établi Iwannis de Callisura, qui est Bar 
Qanoun. 

Au mois de tésrin (oct.) de l'an 1505y 
le maphrien Mar Gregorius vint nous 
trouver au couvent de Mar Bar Çauma, 
avec quatre évoques de sa juridiction, 
qui confirmèrent le pacte légitime qu'ils 
avaient fait avec leur père spirituel. 
Tandis qu'ils retournaient àleurs sièges, 
Satan excita de nouveau Bar Tammasih- 
qui dit au prince : « Le maphrien a pris 
la fuite, et il ne reviendra pas ici. » 
Quand les évêques arrivèrent, ils le- 
couvrirent de confusion et le mépri- 



1. Sic ms. et BH. Diratsou en arméiiiea signifie « le clerc ». Ce Grégoire V est surnommé, 
par les Arméniens, Manoug (le jeune homme). — 2. "^ûi» lînql • même orthograplie dans la vers, 
arabe; cf. Oriens Christ., t. III, 1157, — 3. La vers. ar. paraît avoir lu : la^ai (la^ûi. loSs "^4^. 
— 4. C.-à-d. « copte ». — 5. Cf. p. 400. — 6. La vers. ar. a compris « recensés » (i^ii-ls). 

7. uwiîiaû. — 8, Le 21 oct. 1192 était un mercredi, un jeudi en 1193 (1505), —9. Lire : mi-^^. — 
10, Cf. ci-dessus, p. 247. — 11, Probablement du couvert de Bar Çauma. 



LIVRE XXI. GHAP. VIII 



413 



sèrent très justement, avec tout le 
peuple fidèle. Lorsque le maphrien ar- 
riva, il fut accueilli avec grande joie par 
le prince et par tout le monde. 

En cette année 1506^ Léon, prince de 
Cilicie, envoya prendre furtivement Qala ' 
Romaita et fit emmener le catholicos 
jeune'. Quand ses actions furent sou- 
mises à l'examen, les évêques armé- 
niens le déposèrent', et Léon mit ce 
catholicos en prison dans une forteresse 
appelée Goubidara*. Le malheureux 
essaya de s'évader, tomba sur une pierre 
et mourut : ce fut une confusion pour 
les Arméniens '. 
Ensuite^ ils ordonnèrent pour leur catholicos le cousin' de l'ancien, qui avait nom 
Abîrad' et fut appelé, lui aussi, Krikoros*. — Fin '. 



Jusqu'en cette année, qui est l'année 
1506, la sauterelle [dévora] » tous les ans 
les céréales et les vignes, depuis les 
confins de 1 Egypte jusqu'en Ibérie, 
et depuis la Perse JHsqu'h la mer du 
Pont. Un grand qephiza de froment 
valait, à Mélitène, 16 dinars du sultan. 

En cette même année 1506, sur l'ordre 
du seigneur d Édesse, qui est Malik 
'Adil, le son des cloches cessa dans 
les églises d'Édesse, et ce fut une grande 
affliction pour tous les Chrétiens. Que 
Dieu ait pitié d'eux! — Fin. 



1. Suppl. : ^5| (vers. ar.). — 2. P^ doit être ici la traduction de l'arménien manoug, surnom 
du catholicos; cf. p. 412, n. 1. — 3. oia^»È>o. — 4. Sic ms. et BH; vers. ar. : w;»aa^. — 5. Cf. 
Hisi. arm. des Crois., I, 631. — 6. Le fils de l'oncle paternel. — 7. C'est-à-dire : le Méchant. 
Ms. et vers. ar. : »»;»3|; BH : ?;^l. — 8. Grégoire VI. Cf. ci-dessus, p. 354. o. 1. 

9. Notre manuscrit ne porte ici aucune clausule ; ce qui n'a pas lieu de surprendre, l'auteur 
ayant pu avoir l'intention d'ajouter ultérieurement quelque nouveau chapitre à son ouvrage. La 
version arabe (fol. 398 v») ajoute : 

, ^lo ^1 |&*<^oo It^fO ^oi^o >Ols',.x loi^ t^ («ot |;^to ■ ^^ POjoaiL oii^^o h<^*^ >^ 1^i : v Priez 
pour moi misérable, et la prière sera partagée en deux moitiés, — Soit commémorée la Mère de 
Dieu, Marie, et tous les saints et saintes, Ainsi, Amen ! ». 



NOTE 



AU SUJET DES 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES 

reproduits ci-après. 



Ces tableaux font suite à ceux qui ont été réunis à la fin du XI« livre, t. II, p. 531-539. 

D'après la rectification indiquée à cet endroit, la concordance normale des premières 
années du nouveau tableau devrait être : 

1(87 Sé].=7':6[»(s. 757] J.-C, au lieu de : 1088 Sél. = 777 [m*. 758] J.-C. 

Mais le titre même du livre Xll^ tt les titres des livres suivants, appuient cette der- 
nière cor.coidance, et mcntienl qu'elle a été établie par l'auteur; elle est maintenue jus- 
qu'à la fin : et nous devons l'adopter pour l'intelligence du texte même de la Chronique. 

Toutefois, dans la i« col. de nos tableaux, nous inscrivons la série des années de l'ère 
des Féleucides telle qu'elle auiait dû se poursuivre d'après les restitutions antérieures. La 
différence est systf matiquement d'une année (en moins dans les chiffres rectifiés). Il a 
paru inutile de continuer la série précédente des années de l'ère chrétienne, qui aurait été 
également partout d'une année en moins sur la date rectifiée que nous avons mise en 
accord avec les chiffres du tableau. Plusieurs dates de la Chronique ne sont exactes 
que si on les entend selon la série rectifiée et non selon les chiffres du tableau. 

Une coknr.e, qui re figurait pas dans les tableaux précédents, donne, à partir d'ici, la 
so rrme des Ann('es des Arabes. Ceci ne doit pas s'entendre des années de l'Hégire, mais 
d'une sorte de synchronisme à partir de l'Hégire. Toutefois, le point de départ indiqué 
ici est inexact. En effet, la 1" année des Arabes correspondant, selon Michel, à Tan 933 
Sél. =:6i2 [ms. (04] J. C , l'an 157 répondrait à l'an 10{;9 Sél. = 778 [ms. 760] J.-C. 
L'année 1(88, première du tableau, correspondrait donc à l'année 156 des Arabes. 

L'auteur a voulu rectifier plus loin son erreur, sans y réussir complètement (v. ci-après 

le tableau aux années 531-533). Il semble que la perturbation inextricable qui s'est 

glissée dans la chronologie des Khalifes (cf. cidestus, p. 115, 118, 122) a eu pour 

cause première une confusion entre les années de cette colonne et les années réelles de 

l'Hégire. 

A plusieurs reprises l'auteur parle des Années des lurcs, qu'il n'a pas fait figurer dans 
les t ableaux. On doit comprendre, de même, le nombre d'années écoulées depuis la date 
assignée au premier roi Tuic, c. à-d. 1361 Sél. =10rO [ms. 1031] J.-C. (cf. p. 158). Ces 
années sent mentionnées dans le titre de chaque livre, de cette manière erronée : 

1. XVI : 1442 Sél. = 1112 J.-C. = 509 Ar. = 70 Turcs, au Heu de : = 510 Ar. = 82 Turcs. 
I. XVll : 1455 » ==1125 » =: 524 » = 83 » =523 n =: 95 >. 

l. XVIll : 1464 1) =1134 » =531 » = 93 n =532 » —104 » 

1. XX : 1486 » =1156 » =353 » =114 » =554 » =126 » 

1. XXI : 1491 » =1161 » =558 » =119 » = S59 » =131 >. 

II nous parait impossible de déterminer avec précision la cause de l'erreur. 

(J.-B. Ch.) 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES LIVRES XII-XXI 



389 < 



390 



391 



392 



393 



394 



395 



ERE DES 
SÉLEOCIDES 



Série 
rectifiée 



1087 
1088 
1089 
1090 
1091 



1092 
1093 
1094 
1095 



1096 
1097 
1098 
1099 
HÛO 
1101 
1102 
1103 
1104 
nos 
1106 
U07 
Ii08 
1109 
1110 
1111 

ni2 

1113 



1114 



Chiffres 
du m3. 



EH£ 
CHBÉTIEJiiyE 



Chiffres 
rectifiés 



Clliffres 
du ms. 



<:§ 



00 oa 

Cd < 

a 



1088 


777 


758 


1 


1 


1089 


778 


769 


2 


2 


1090 


779 


760 


3 


3 


1091 


780 


761 


4 


4 


1092 


781 


762 


5 


5 



137 
158 
139 
160 
161 



66. Cons- 

tantinus, 

fils de 

Léon. 

22 ans 



1093 


782 


763 


1 


6 


1094 


783 


764 


2 


7 


1095 


784 


765 


3 


8 


1096 


785 


766 


4 


9 



162 
163 
164 
165 



Sur les Taiyayi 

régna Mousa, 

fils de Malidi. 

2 ans 



24. 

Haroun. 

23 ans 



1097 


786 


767 


5 


1093 


787 


768 


6 


1099 


788 


769 


7 


1100 


789 


770 


S 


1101 


790 


771 


9 


•1102 


791 


772 


10 


nos 


792 


773 


U 


1104 


793 


774 


12 


1105 


794 


773 


13 


1106 


795 


776 


14 


1107 


796 


777 


15 


= 1108 


797 


778 


16 


1109 


798 


779 


17 


1110 


799 


780 


18 


1111 


800 


781 


19 


1112 


801 


782 


20 


1113 


802 


783 


21 


1114 


803 


784 


22 



1 

2 
3 

4 

3 

6 

7 

8 

9 

10 

U 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 



Nicepho- 
rus*. 
8 ans 



166 

167 
168 
169 
170 
171 
172 
173 
174 
173 
176 
177 
17S 
179 
180 
181 
182 
183 



1115 804 



785 



19 



184 



396 



ERE 
DES SâLEl'CIDES 



Série 
rectifiée 



1115 
1116 
1117 

H18 



397 



398 



399 



1U9 
1120 
1121 
1122 



1123 



1124 



1125 
1126 
U27 
1128 
1129 
1130 
1131 



1132 



Chiffres 
du ras. 



ERE 
CHRÉriENNE 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



1116 


805 


786 


2 


20 


1117 


806 


787 


3 


21 


1118 


807 


788 


4 


22 


1119 


803 


789 


5 


23 



185 
186 
187 
183 



1120 
1121 
1122 
1123 



809 
810 
811 
812 



Mo- 
ham- 
med, 

fils de 
Ha- 

roun. 
4 ans 



790 
791 
792 
793 



6 


1 


1 


7 


2 


2 


8 


3 


3 


9 


4 


4 



Et dans 

le Kho- 
rasan 
Md- 
moun, 
fils de 

Baroun. 

[4 ans] 



189 
190 
191 
192 



1124 



813 



Stauri- 
1 an 



794 



Mâmoun 
qui est 
Abou '1 

* Abbas. 

20 ans» 



193 



1125 



6S. Michel. 
1 an 



814 



795 



194 









e,i.Léon. 










7 ans 




1126 


815 


796 


1 


3 


1127 


816 


797 


2 


4 


1123 


817 


798 


3 


3 


1129 


818 


799 


4 


6 


1130 


819 


800 


3 


7 


1131 


820 


801 


6 


8 


1132 


821 


802 


7 


9 



195 
196 
197 
198 
199 
200 
201 



1133 



70. mchel 
régna après 

avoir tué 
Léon. 8 ans *2 



822 



803 



10 



202 



1. Page 478. — 2. Cette Olymp. est placée en face l'année 1089 du ms.. Nous plaçons régulièrement les autres, de 4 en 
4 années, sans tenir compte des déplacements accidentels et des erreurs de copiste. — 3. P. 482. — 4. P. 484. — 
5. P. 485. — 6. Le numéro d'ordre est omis, et il en est ainsi plusieurs fois par la suite. Il en est résulté des erreurs de 
numérotage que nous croyons inutile de relever. De même dans la série des khalifes. — 7. P. 486. — 8. Numéro d'ordre 
omis. — 9. Note marginale : Du temps de Mâmoun, l'empire des Taiyayê était pour ainsi dire dans l'anarchie, par le 
fait des rebelles. — 10. P. 490. — 11. P. 498. — 12. Sic ms. ; mais 7 ans seulement dans le tableau. 



416 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ERE DES 
SÉLKUCIDE3 



Série 
rectifiée 



Chiffres 
du ms. 



ERE 
CHBtTIEKNE 



Chiffres 
T' clifiés 



Chiffres 
du ms. 



2^ 



ERE 1>ES 
SÉLEDCIDES 



Série 
rectifiée 



Chiffres 
du tus. 



ERE 
CHRÉTIENNE 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



IS 



K 5 s 

II 



400 



401 



402 



403 



404 



405 



406 



407 



H33 
1134 
1135 
1136 
1137 
1138 



1139 
1140 
1141 
1U2 



1143 
1144 
1145 
1146 
1147 
1148 
1149 
1150 
1151 

ii;.2 
1153 



1154 
1155 
1156 
1157 
1158 
1159 



1160 
1161 
1162 
1163 
1164 



1134 
1135 
1136 
1137 
1138 
li39 



823 
824 
825 
826 
827 
825 



804 
805 
806 
807 
808 
S09 



2 


11 


3 


12 


4 


13 


5 


14 


6 


15 


7 


16 


rheo- 




philuH. 




8 ans' 





1140 
1141 

H[4]2 
11[4]3 



829 
830 
831 
832 



810 
811 
812 
813 



17 
18 
19 
20 



27'. A bon 
Ishaq. 
U aus» 



1144 


833 


814 


5 


1 


1145 


834 


815 


6 


2 


1146 


835 


816 


7 


3 


1147 


836 


817 


8 


4" 


1148 


837 


818 


9 


5 


1149 


838 


819 


10 


6 


1150 


839 


820 


U 


7 


1151 


840 


821 


12 


8 


1152 


841 


822 


13 


9 


1153 


842 


823 


14 


10 


1154 


843 


824 


IS 


11 









Ti. Michel 


-28. Ha- 








fils de 


roun sur- 








Théo- 


nommé 








phile. 


Watiq. 








25 ans 


6 ans 



1155 


844 


825 


1 


1 


1156 


845 


826 


2 


2 


1157 


846 


827 


3 


3 


1158 


847 


828 


4 


4 


1159 


848 


829 


5 


5 


1160 


849 


830 


6 


6 










Dja- 










•far". 










5 ans 



1161 


850 


831 


7 


1 


1162 


851 


832 


8 


2 


1163 


852 


833 


9 


3 


1164 


853 


834 


10 


4 


1165 


854 


835 


U 


5 



203 
204 
205 
206 
207 
208 



209 
210 
211 

212 



213 
214 
215 
216 
217 
218 
219 
220 
221 
222 
223 



224 
225 
226 

227 
228 
229 



230 
231 
232 
233 
234 



408 



1165 



1166 
1167 
1168 



409 



410 



411 



412 



1169 
1170 
1171 
1172 



1173 
1174 
1175 
1176 
1177 
1178 



1179 
1180 



1166 



855 



1181 
1182 



836 



12 



Ahmed 
Aious- 
ta 'In. 
3 ans 



1167 
1168 
1169 



856 
857 
858 



837 
838 
839 



13 
14 
15 



'Abdal- 
lah Mou- 
t'az. 
3 ans et 
6 m. 



1170 


859 


840 


16 


1171 


860 


841 


17 


1172 


861 


842 


18 


1173 


862 


843 


19 



Mouh- 
[t]adi. 

11 
ans** 



1174 


863 


844 


20 


1 


1175 


864 


845 


21 


2 


1176 


865 


846 


22 


3 


1177 


866 


847 


23 


4 


1178 


867 


848 


24 


5 


H[7]9 


868 


849 


25 


6 



Ba&il\iu8\ 
[2 ans] *« 



1180 
1181 


869 
870 


850 

851 


1 

2 


7 
8 









Le 23' ré- 










gna sur 










les Grecs, 










Léon. 










[â5 ans et 










8 m.]" 




1182 


871 


852 


1 


9 


1183 


872 


853 


2 


10 



1. p. 504. — 2. Ms. : 207. — 3. Ms. : 208. — 4. Ms. : 209. — 5. Sic ms. ; 15 au tableau. — 6. P. 507. — 7. Ms. : 24. -_ 
8. Le ms. porte ici : Abou 'l-Abbas ; 8 ans; cf. ci-après n. 10. — 9. P. 530. — 10. Le titre répété ici porte correctement 
Abou-lshaq Mo'tacim. — 11. P. 538. — 12. P. 545. — 13. Moutawakkil. La chronologie est ici bouleversée. Cf. ci- 
dessus, p. 113-114, 117-118.— 14. P. 546. — 15. Cf. p. 117. — 16. Ms. : McAeZ. ; cf. ci-dessus, p. 117, 1. 2-6. — 17. P. 547. 
— 18. Cf. p. 117, 1. 6. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES LIVRES XII-XXI 



417 



EUE liEi 
SÉLEUCIDES 



Série 
rectifiée 



Chidres 
du iiis. 



EKE 

CHRRTIEflKE 



Cliiffies 
i-ertiliés 



Chiffres 
du nis. 



5 '^ 



^i 



ÈRE DES 
SÉLEUCIDES 



Série 
rectifiée 



Chiffres 
du ms. 



ERB 
CHRÉTIENNE 



Chiffres 
rectifiés 



Clliffres 
du ms. 



413 



414 



415 



416 



417 



418 



419 



420 



421 



1183 
1184 



1185 
H86 
U87 
l'.88 
118» 
1190 
1191 
1192 
1193 
1194 
1195 
U96 
1197 
1198 
1199 
1200 
1201 
1202 
1203 
1204 
1203 



1208 
1209 
1210 
1211 
1212 
1213 
1214 
1215 
1216 
1217 



1184 
1185 



873 
874 



854 
855 



11 
12 



253 
234 



A limC'l. 
[.l/ouVrt- 

iuid], 
[23 ans! ' 



1186 


875 


856 


5 


1 


1187 


876 


857 


6 


2 


1188 


877 


858 


7 


3 


1189 


878 


859 


8 


4 


iiao 


879 


860 


9 


5 


1191 


880 


861 


in 


6 


1192 


881 


862 


H 


7 


1193 


832 


86^ 


12 


8 


1194 


883 


864 


13 


9 


1195 


884 


865 


14 


10 


1196 


885 


866 


15 


11 


1197 


886 


867 


16 


12 


1198 


887 


868 


17 


13 


1199 


888 


869 


18 


14 


1200 


889 


870» 


19 


15 


1201 


890 


871 


20 


16 


1202 


891 


872 


21 


17 


1203 


892 


873 


22 


18 


1204 


893 


«74 


23 


19 


1205 


894 


875 


24 


20 


1206 


895 


876 


25 


21 



'Abou *l 
'■Abbas. 
20 aiiS et 
10 mois 



1209 


898 


8[7]9 


2 


1 


1210 


899 


8S0 


3 


2 


1211 


900 


881 


4 


3 


1212 


901 


882 


5 


4 


1213 


902 


883 


6 


5 


1214 


903 


884 


7 


6 


1215 


904 


885 


8 


7 


1216 


905 


886 


9 


8 


1217 


906 


887 


10 


9 


1218 


907 


888 


11 


10 



255 
256 
257 
258 
259 
260 
261 
262 
263 
264 
265 
266 
267 
268 
269 
270 
271 
272 
273 
274 
275 











Alexandre 
1 ia' 






1206 


1207 


896 


877 


1 


22* 


276 








Constan- 
tinus. 
55 ans» 






1207 


1208 


897 


878 


[1] 


[23] 


277' 



278* 

279 

2S0 

281 

282 

283 

284 

285 

286 

287 



422 



423 



424 



425 



426 



427 



428 



429 



430 



431 



1218 
1219 
1220 
1221 
1222 
1223 
1224 
1225 
1226 
1227 
1228 



1219 


908 


889 


12 


11 


1220 


909 


890 


13 


12 


1221 


910 


891 


14 


13 


1222 


911 


892 


15 


14 


1223 


912 


893 


16 


15 


1224 


913 


8U4 


17 


16 


1225 


914 


895 


18 


17 


1226 


915 


896 


19 


18 


1227 


916 


897 


29 


19 


1228 


917 


898 


21 


20 


1229 


918 


899 


22 


21 



1229 
1230 
1231 
1232 
1233 
1234 



123.-; 
12:16 
1237 
1238 
1239 
1240 
1241 
1242 
1243 
1244 
1245 
1216 
1247 
1248 
1249 
1230 
1251 
1252 
1253 
1254 
1235 
1256 
1257 
1258 



1259 
1260 



Aboli 
Moham- 
med. 
6 aus et 



1230 


919 


900 


23 


1 


1231 


920 


901 


24 


2 


1232 


921 


902 


25 


3 


1233 


922 


903 


26 


4 


1234 


923 


904 


27 


S 


1235 


924 


905 


28 


6 



Dja'far 
Mouq- 
tadir. 



1236 


925 


906 


29 


1 


1237 


926 


907 


30 


2 


1238 


927 


908 


31 


3 


1239 


928 


909 


32 


4 


1240 


929 


910 


33 


5 


1241 


930 


911 


34 


6 


1242 


931 


912 


35 


7 


1243 


932 


913 


36 


8 


1244 


933 


914 


37 


9 


1245 


934 


915 


38 


10 


1246 


935 


916 


39 


11 


1247 


936 


917 


40 


12 


1248 


937 


918 


41 


13 


1249 


938 


919 


42 


14 


1250 


939 


920 


43 


15 


1251 


940 


921 


44 


16 


1252 


941 


922 


45 


17 


1253 


942 


923 


46 


18 


1254 


943 


924 


47 


19 


1255 


944 


925 


48 


20 


1256 


945 


926 


49 


21 


1257 


946 


927 


50 


22 


1258 


947 


928 


51 


23 


1259 


948 


929 


52 


24 



Abou 
Man- 

2 ans 



1260 
1261 



949 
950 



930 
931 



53' 
54' 



288 
289 
290 
291 
292 
293 
294 
295 
296 
297 
298 



299 
300 
301 
302 
303 
304 



303 
306 
307 
308 
309 
310 
311 
312 
313 
314 
315 
316 
317 
318 
319 
320 
321 
322 
323 
324 
325 
326 
327 
328 



329 
330 



1. Cf. p. 117, I. 8. — 2. M. : 8670. —3. Ms. : II ans; cf. p. 118, 1. 3, et ci-après n. 6. — 4. Ms. : 23 ; cf. p. 117, 1. 8. — 
5. Ms. : 15 ans. — 6, Ici se lit en marge la note : « ou un an », qui semble se rapporter au règne d'Alexandre; cf. ci- 
devant n. 3. — 7. P. 548. — 8. Ms. : 258. — 9. Ms. : 259. — 10. P. 549. — 11. Ms. : 25 ans; cf. p. 118. — 12. P. 551. 
— 13. Qahir. — 14. Ms. : 52. — 15. Ms, : 53. 



III. 



53 



418 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ÈRE DES 
SÉLBUGIDES 



Série 
rectiflée 



Chiffres 
du ms. 



EKB 
CHRÉTIENNE 



Cbiffrcs 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



H", I 



432 



433 



434 



435 



436 



437 



438 



1261 



1262 gsi 



932 



55« 



331 



1262 
1263 
1264 
126S 
1266 
1267 



Homanus. 
6 ans 



1263 
1264 
1265 
1266 
1267 
1268 



952 
953 
954 
955 
956 
957 



1268 
1269 
1210 
1211 



933 
934 
935 
936 
937 
938 



1 


2 


2 


3 


3 


4 


4 


5 


5 


6 


6 


7 



332 

333 
334 
335 
336 
337 



78' dos 
Romains 
28' des 
(irecs : 
Coiistan- 
iinus. 4 ans 



40. Aboli 
Ishaq 

Mouqtafi, 
4 ans 



1269 
1270 
1271 
1272 



958 
959 
960 
961 



939 
940 
941 
942 



Homanus. 
3 ans 



AbouH- 
Qas im. 
ti ans 



338 
339 
340 
341 



1272 
1273 
1274 



1273 
1274 
1275 



862 
963 
964 



943 
944 
945 



1 


1 


2 


2 


3 


3 



342 
343 
344 



Nice- 

phorhts] 

Il ans 



1275 
1276 
1277 



1276 
1277 
1278 



965 
966 
967 



946 
947 
948 



1 


4 


2 


5 


3 


6 



345 
3 16 
347 



Al 
FadhlK 
i» ans 
et 3 m. 



1278 
1279 
1280 
12S1 
1282 
1283 
1284 
1285 



1279 
1280 
1281 
1282 
1283 
1284 
1285 
1286 



968 
969 
970 
971 
972 
973 
974 
975 



949 


4 


1» 


950 


5 


2* 


951 


6 


3 


952 


7 


4 


953 


8 


5 


954 


9 


ft 


935 


10 


7 


956 


11 


8 



348 
349 
3.10 
351 
352 
3S3 
354 
3j5 



Sy'< yskai, 
[3 ans] 



1286 



1287 976 



957 



1 



336 



439 



440 



441 



442 



443 



444 



445 



446 



447 



448 



449 



EHK D>-S 
SÉLFXCIKRS 



rectifiée 



CIliffres 
(lu ms. 



1287 
1288 



1289 
1290 
1291 
1:^92 
1293 
12D4 
1295 
1296 
1297 
1298 
1299 
1300 
1301 
1302 
1303 
1304 
1305 
1306 



1307 
1308 
I30i) 
l.ilO 
1311 
1312 
1313 
1314 
1315 
1316 
1317 
1318 
1319 
1 320 
1321 
1322 
1323 
1324 
1325 
1326 



1327 
1328 
1329 
1330 
1331 
1332 



ERE 

CHHRÏIE.ViNK 



Chiifces 
rectifies 



Chiffres 
du ms. 



;^ 



1288 
1289 



977 
978 



933 
939 



10 
11 



Basiliun. 
[o5 ansj^ 



1290 


979 


1291 


980 


1292 


981 


1293 


982 


1294 


983 


1295 


984 


1296 


985 


1297 


986 


1298 


987 


1299 


988 


1300 


989 


1301 


990 


1302 


991 


1303 


992 


1304 


993 


1305 


994 


1306 


995 


1307 


996 



960 
961 
962 
963 
964 
963 
966 
967 
968 
969 
970 
971 
972 
973 
974 
975 
976 
977 



1308 
1309 
1310 
1311 
1312 
1313 
1314 
1315 
1316 
1317 
1318 
1319 
1320 
1321 
1322 
1323 
1324 
1325 
1326 
1327 



1328 
1329 
1330 
1331 
1332 
1333 



1017 
1018 
1019 
1020 
1021 
1022 



998 
9;*9 
lOuO 
1001 
1002 
1003 



1 
2 
3 
4 

5 
6 
7 
8 
9 

10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 



12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 



Abou 
Bekr'i. 
lii ans 
et 4 m. 



997 


978 


19 


1 


998 


979 


20 


2 


999 


980 


21 


3 


1000 


981 


22 


4 


1001 


982 


23 


5 


1002 


983 


24 


6 


1003 


984 


25 


7 


1004 


985 


26 


8 


1005 


986 


27 


9 


1006 


987 


28 


10 


1007 


988 


29 


11 


1008 


989 


30'= 


12 


1009 


990 


31 


13 


1010 


991 


32 


14 


1011 


992 


33 


15 


1012 


993 


34 


16 


1013 


994 


35 


17 


1014 


993 


36 


18 


1015 


996 


37 


19 


1016 


997 


38 


20 



Abou 7- 
^Abbas 
Qd'Jii: 

ii ans" 



39 
40 
41 
42 
43 
44 



1. Radhi. — 2. Ms. : 53. — 3. P. 554. — 4. Al-Moufaddhal al-Mouti'. — 5. M,,. : 7 — 6. Ms. : 8. _ 7. P 555. — 
. P. 557. — 9. Cf. p. 133, 1. 1. — 10. P. 558. — H. AtTayi'. — 12. Le ms. répète ici 29, et continue 30-5'i au lieu de 
31-55. — 13. Sic ma.; ci-dessus, p. 133 : u 42 ans «•, 43 dans le tableau. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES LIVRES XII-XXI 



419 



450 



451 



452 



453 



457 



458 



459 



ERE DES 
SÉLBOCiDES 



Série 
rectifiée 



Chiffres 
du 1rs. 



£KE 
CUHÉTIENNE 



Clijffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



1333 
1334 
1335 
1336 

1338 
1339 
1840 
1341 
1342 
1343 



1334 


1023 


1335 


1024 


1336 


1025 


1337 


1026 


133S 


1027 


1339 


1028 


1340 


1029 


1341 


1030 


1342 


1031 


1343 


1032 


1344 


1033 



1004 
1003 
1006 
1007 

1009 
1010 
lUll 
1012 
1013 
1014 



43 


7 


46 


8 


47 


9 


48 


10 


W 


U 


no 


12 


51 


13 


52 


14 


53 


15 


54 


16 


5> 


17 



403 
404 
405 
406 
4ÛT 
408 
409 
410 
4H 
412 
413 



Constan- 

tùius 
régna seul 

sur les 
lîumains*. 



1344 
1345 
1346 



1345 
1346 
1347 



460 



ERK 
DES SftLEl'CIDES 



Série 
rectifiée 



Chiffres 
du ms. 



1034 
1035 
1036 



1015 
1016 
1017 



1 « 


18 


2 


19 


3 


20 



414 
415 
416 



EBE 
CHHÉriENNK 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 









« 








•o 


«^■s=^ 




Z- -S T*. 


S^cSs 




xs"^ 


< -o 


« Ë a 


-u 












■* 



1360 
1361 
1362 
1363 
1364 
1365 
1366 
1367 
1368 
1369 



1361 
1362 
1363 
1364 
1365 
1366 
1367 
1368 
1369 
1370 



1050 
1051 
1052 
1053 
1054 
1055 
1056 
1057 
1058 
1059 



1031 
1032 
1033 
1034 
1035 
1036 
1037 
1038 
1039 
1040 



1 


34 . 


2 


35 


3 


36 


4 


37 


5 


38 


6 


39 


7 


40 


8 


41 


9 


42 


10 


43 



430 
431 
432 
433 
434 
435 
436 
437 
438 
439 



A cette époque, quand le roi des Ttiiyayé Aàou 
'l-^Abhas mourut, les Arabes n'eurent plus de roi 
universel, conime les précédents, mais seulement 
un khalife qui régnait à Bagdad, demeurant retiré 
dans un endroit appelé Darât er-Roum. c^iSt-à-dire 
Maison des Romaini; tandis que le pouvoir {^vili^MiX) 
était aux Turcs. 



43. 
Khalife 

Bja'- 
far'. 



1S70 
1371 



1371 
1372 



1060 
1061 



1041 
1042 



11 
12 



440 

441 



l'impératrice 

Théodora 

gouvernait 

l'empire des 

Romains 

pendant 

nu an. 



1372 



1373 



1062 



1043 



442 



Michel. 
1 an 



1373 



1374 1063 11144 



443 



EHE DES 
SËLEUCIDES 



Série 
rectifiée 



Chiffres 
du ms. 



iRE 
CHKÉTrENNB 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ins. 



S 
o 
a; 



U^.h 



454 



455 



456 



1347 
1348 
1349 
13-';0 
ISSl 
1352 



1348 
1349 
1350 
1351 
1352 
1353 



1037 
1038 
1039 
1040 
1041 
1042 



1018 
1019 
1020 
1021 
i«2-2 
1023 



1 


21 


2 


22 


3 


23 


4 


24 


S 


as 


6 


26 



417 
418 
419 
420 

421. 
422 



Michel. 



1353 
1354 
1355 
1356 
1357 
1358 
1359 



1354 
1355 
1356 
1357 
1358 
1359 
1360 



1043 
1044 
1045 
1046 
1047 
1048 
1049 



1024 
1025 
1026 
1027 
1028 
1029 
1030 



27 
28 
29 
30 
31 

33 



423 

"424 
425 
426 
427 
428 
429 



3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 
10 



11 

12 



13 



14 



1. Cf. ci-dessus p. 133. — 2. Ms. : 55, 56, 57 au lieu 
de 1, 2,3. — 3. P. 559 — 4. Sic, ici et dans le texte 
p. 146. — 5. Ms. :404 409, au lieu de 424-429. 

6. P. 571. — 7. al-Qâim. Les numéros d'ordre sont 
parfois omis, parfois erronés; nous les reproduisons 
tels qu'ils se lisent dans le ms , sans nous préoccuper 
de leur restitution. — 8. P, 572. 



420 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



m 


ÈRE 


IiES 


ÉRB 


a 




ce 


■« 




a 


SÉLEUCIDES 


CHRÉTIENNE 


tn 0} 

£ ». 

-f, . 


i^ 


S5 


as -^ 




9a 


Série 


Chiffres 


Chiffres 


Chiffres 


O g 


a§ 


1^ 






o 


rectifiée 


du ms. 


rectifiés 


du ms. 


'S 




a 




1. P. 576. _ 2. Ms. : 12-16 au lieu de 11-15. — 




1374 


1375 


1064 


104S 


1 


5 


444 


15 




1375 


1376 


1065 


1046 


2 


6 


445 


16 


3. P. 577. — 4. Sic ms. Il en résulte, dans cette 
colonne, un retard d'abord de six, puis de cinq ans, 
qui ne semble pas avoir été corrigé avant l'année 1468 ; 












Constan- 
















tinus Du- 
cas. 9 ans 








cf. p. 422, n. 13; 424, n. 1. — 5. P. 578. — 6. Ici, 












1 








dans la répétition du titre, le manuscrit porte : Abou 
Dja'far Qahir, lire : Qaîm, 


461 


1376 


1377 


1066 


1047 


1 


7 


446 


17 




1377 


1378 


1067 


1048 


2 


8 


447 


18 






1378 


1379 


1068 


1049 


3 


9 


448 


19 






1379 


1380 


1069 


1W50 


4 


10 


449 


20 




462 


1380 


'1381 


1070 


1051 


5 


11« 


450 


21 






1381 


1382 


1071 


1052 


6 


12 


451 


22 






1382 


1383 


1072 


1053 


7 


13 


452 


23 






1383 


1384 


1073 


1054 


8 


14 


453 


24 






1384 


1385 


1074 


1055 


9 


15 


454 


25 












90. 
Oiogènes. 






ï. Alp- 
Arslàn. 


463 










[3 ans] 










13S5 


'1386 


1075 


1056 


1 


10' 


455 


1 




1386 


1387 


1076 


1057 


2 


11 


456 


2 






1387 


1388 


1077 


1058 


3 


12 


457 


3 






- 






)l. Michel 


















fils de 




















"onstantin 




















9 ans 










1388 


1389 


1078 


1059 


1 


13 


'458 


4 


464 


1-389 


«1390 


1079 


1060 


2 


14» 


459 


5 






1390 


1391 


1080 


1061 


3 


15 


460 


6 






1391 


1392 


1081 


1062 


4 


16 


461 


7 






1392 


1393 


1082 


1063 


5 


n 


462 


8 




465 


1393 


1394 


1083 


1064 


6 


18 


463 


9 






1394 


1395 


1084 


1065 


7 


19 


46 i 


10 


- 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES LIVRES XH-XXI 



421 



w 


ÈRE 


DES 


ÈRE 


ROUAINS 


KHALIFES 




TCBCS 


SULTAN 


TURCS 


ABARBS 




c 


SÉLE0C1DE3 


CHRETIENNE 




DB 




DE 


DU 










■ — — 






'— *- ' 


91. 


BAGDAD 


DES 


PERSE* 


BEIT- 
RODMAYÊ' 


WPPA- 

doce' 


DÉaYPTE 




>■ 
o 


Série 
rectifiée 


Chiffres 
du ms. 


Chiffres 

rectifiés 


Chiffres 
du nos. 


Michel 


Abou 


ABABE3 


Alp- 
Arslân 


t. 

Soleiman 


[i.Tanou- 

sman] ' 


'Igiws'' 


1. 581. — 2. Ce 


















Il est 








1 


1395 


1396 


1085 


1066 


8 


20 


465 


proclamé 
Ahou'l- 


1 


1 


i 


titre n'est pas ins- 
crit dans le ms. — 
3. Comp. ci dessus, 1 


















Fatah' 




















































1396 


1397 


1086 


1067 


9 


21 


466 


2' 


2 


2 


2 


p. 170, Remarque. 1 
— 4. Capitale : Ico- 
nium. — 5. Capi- 












92. Nice- 
phorus 
























Botani- 












- 


tale : Sébaste. — 












cius*. 
i ans 














6. Ce nom est écrit 
par erreur dans la 
























466 


1397 


1398 


1087 


1068 


1 


22 


467 


3 


3 


3 


3 


col. voisine. — 7. 




1398 


1399 


1088 


1069 


2 


23 


468 


4 


4 


4 


4 


Sic ms. Peut-être 
l'auteur a-t-il voulu 


















, 












93. Alexis 














désigner Ildekouz ; 












Comnatos 
























3S ans 














on s'attendrait, d'a- 
près le texte (cf. ci 
dessus, p. 172), à 




1399 


1400 


1089 


1070 


1 


24 


469 


S 


5 


5 


5 




1400 


1401 


1090 


1071 


2 


25 


470 


6 


6 


6 


6 


trouver le nom de 


467 


uni 


1402 


1091 


1072 


3 


26 


471 


7 


7 


7 


7 


'Aqsis. Le khalife 




1402 


1403 


1092 


1073 


4 


27 


472 


8 


8 


8 


8 




1403 


1404 


1093 


1074 


5 


28 


473 


9 


9 


9 


9 


d'Egypte était, à 




1404 


1405 


1094 


1075 


6 


29 


474 


10 


10 


10 


10 


cette époque, le fati- 
mide Mostansir. — 












































2. Soleiman 






8. Au lieu de 2-15, 




















fut tué et 


























Utidf-Arsîai 


1 




le ms. porte 1-14. — 




















régna. 






9. Sic ms. 

10. Sic ms., en cet 
























468 


140S 


1406 


1095 


1076 


7 


30 


475 


H 


1 


11 


H 


endroit; parla suite 
le titre est tantôt ; 




1406 


1407 


1096 


1077 


8 


31 


476 


12 


2 


12 


12 




1407 


1408 


1097 


1078 


9 


32 


477 


13 


3 


13 


13 




1408 


1409 


1098 


1079 


10 


33 


478 


14 


4 


14 


14 


Romains, tantôt ; 


469 


1409 


1410 


1099 


1080 


11 


34 


479 


15» 


5 


15 


15 


Grecs; nous répé- 
tons celui-ci jus- 
qu'au bout. — 11. 
P. 588. - 12. Ms.! 


a 


ÈHK 
SÉLED 


DES 
CIDES 


È[ 
CHRÈT 


E 
lENNE 


GBECS 
ET 


FOIS 
FR^NCS 


KHALIFES 
DB 


ANNÉES 


TURCS 


TURCS 


turcs 

DE 


















DE PERSE 




CAPPA- 




s 

> 


Série 


Chiffres 


Chiffres 


Chiffres 


romains'" 


DE JERU- 
SALEM 


BAGDAD 


DES 


Abou'l- 


BITBYNIE 

KiUdj- 


DOCE 


9,10, au lieu de 18, 
19. 


O 


rectifiée 


du ms. 


rectifiés 


du ms. 


A lexis 


Goâefroy 


Dja 'far 


ARABES 




Arslan 


sman 




a 


1410 


1411 


1100 


1081 


12 


\ 


35 


480 


16 


6 


16 




1411 


1412 


1101 


1082 


13 


2 


36 


481 


17 


7 


17 














Baudoin 
























régna à 


























Jérusalem 














1412 


1413 


1102 


1083 


14 


1 


37 


482 


18 


8 


18" 


470 


1413 


1414 


1103 


1084 


15 


2 


38 


483 


19 


9 


19 
























Tanousman 
























mourut et 


























Ghàzi 


























régna 






1414 


1415 


1104 


1085 


16 3 


39 


484 


20 


10 


1 



422 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ce 


ÈRE 


DES 


ÉIIE 


ORECS 


BOIS 


KHALIFES 


ANNÉES 


TURCS 


TURCS 


TURCS 






?ÉLEl'CIDEà 


CHBÉTIKHNE 


ET 


FRANCS 


DE 


DB PERSE 


DE 


DE 




eu 




^ ,!*■ 


^^ 






DE JÉBU- 


BAGDAD 


DES 




BITHYNIK 


CAPHA- 




E 










B0M.\1N8 








Abou'L- 








O 


Série 
rectifiée 


Chiffres 
du nis. 


Chiffres 
rectifiés 


Chiffres 
du ms. 


Alexis 


SALRM 

Baudoin 


Abou 
Dja^far 


ARABES 


Fatah 


Kilidj- 
Anlan 


DOCB 

Ghdu 


1. Chiffre déplacé. 




UfS 


1416 


1105 


10S6' 


17 


4 


40 


483' 


21 


11 


2 




1416 


1417 


1106 


1081 


18 


5 


41 


486 


22' 


12 


3 


- 2. Ms : 21, _ 3. 


471 


un 


1418 


1107 


1088 


19 


6 


42 


487 


23» 


13 


4 


























Ms:22. — 1. Chiffre 
omis. — 5. P. 592. 


















Alb-Arslan 


1 






















fut tué et 
Ghyàled Din 




— 6. L'auteur pa- 




















régna. 






raît désigner sous 




















nilao Sindjar 


1 




ce nom Mouqtadi 
(1075-1094). — 7. 
Ms ; Mouslim, mais 
plus bas, correcte- 


























U18 


1419 


1108 


1089' 


20 


7 


43 


488» 


1 


14 


5 














44. Aboul- 
























Qasim^. 






Sakinsah 




ment, Mas'oud.— 8. 


s 














[id ans] 










Chiffre omis dans !c 
ms. — 9. Cf. ci-des- 


U19 


1420 


1109 


1090 


21 


8 


1 


489 


2 


1 


6 




1420 


1421 


1110 


1091 


22 


9 


2 


490 


3 


2 


7 


sus, p. 177, n. 1. — 
10. P. 597. — 11. 
P. 601. — 12. Ms.: 




















A cette époque 
























régna à Ico- 
nium 




15-22 au lieu de 16- 






















Mas'oud', le 




23. — 13. Dans le 






















plus jeune fils 


























de Kilidj- 




texte, ci-dessus, p. 






















Arslau. 




221, on pLice à l'an- 
née 1436 la mort de 
























472 


1421 

1422 


1422' 
1423 


1111 
1112 


1092 
1093 


23 
24 


10 
H 


3 
4 


491 
492 


4 
5 


1 

2 


8 
9 


Moustadhir et l'avè- 




142.S 


1424 


1113 


1094 


25 


12 


6 


493 


6 


3 


10 


nement de son suc 




1424 


1425 


1114 


1095 


26 


13 


6 


494 


7 


4 


11 


cesseur Moustarsid 


473 


1423 


1426 


1115 


1096 


27 


14 


7 


495 


8 


5 


12 






1426 


1427 


1116 


1097 


28 


15 


8 


496 


9 


6 


13 


(1118-1135); celui ci 
est complètement 
omis dans nos ta- 














Ici mourut 
























Baud 
salcm 


JÎD roi de Jéru- 
, et le fds de sa 












bleaux. La diffé- 














sœur 


, aussi appelé 












rence de 4 ans pro- 














Baud 


oin, régna. 






































vient sans doute de 
la répétition signa- 


1427 


1428 


1117 


1098 


29 


1 


9 


497 


10 


7 


14 


























lée p. 420, n. 4. 










Jean fils 
























d'Aleiis. 
















10 










86 ans». 
















1428 


1429 


1118 


1099 


1 


2 


10 


498 


11 


8 


15 


474 


1429 


1430 


1119 


UflO 


2 


3 


11 


499 


12 


9 


16 






1430 


1431 


1120 


1101 


3 


4 


12 


500 


13 


10 


17 






1431 


1432 


1121 


1102 


4 


5 


13 


501 


14 


11 


18 




II 


1432 


1433 


1122 


1103 


S 


6 


14 


S02 


15 


12 


19 




475 


1433 


1434 


1123 


1104 


6 


7 


15 


503 


16" 


13 


20 






1434 


1435 


1124 


1105 


7 


8 


16 


504 


17 


14 


21 






1435 


1436 


1125 


llOfi 


8 


9 


17 


503 


18 


15 


22 






1436 


1437 


1126 


1107 


9 


10 


18 


506 


19 


16 


23 




476 


1437 


1438 


1127 


1108 


10 


11 


19 


507 


20 


17 


24 






1438 


1439 


1128 


1109 


11 


12 


20 


508 


21 


(8 


25 
















ci régD* su 
























les Arabes 
























t 


i Bsgdad 1 
45"\alife 
















































( 


[uiestJI/bus 


























tadhir*'. 


























1 1 ans. 












1439 


1440 


1129 


1110 


12 


13 


1 


509 


22 


19 


26 





1440 


1441 


1130 


1111 


13 


14 


2 


510 


23" 


20 


27 





TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES LIVRES XII-XXI 



423 



m 


ÈRE 


DES 


ÈRE 


GRECS 


R0I3 


KHALIPBS 


ANNÉES 


TURCS 


TURCS 


Timcs 






SÉLEUCIDE3 


CHRÉTIESNE 


ET 


PB.^NCS 


DE 




DE PERSE 


DE 


DE 








— — , 






ROMAmS 


DE JÉRU 


BAGDAD 


DES 


4. 


BITHTNIE 


CAPPA- 




>- 


Série 


ChiSres 


Chiffres 


Chiffres 




SALEM 


Mousta- 


ARABB3 


Mahmoud 


Mas^oud 


DOCE 




o 


rectiflie 


du ms. 


rectifiés 


du ms. 


ieoM 


BtMdoin 


dhir 


sultan 


sultan 


Ghâii 


1. P. 606. — 2. 


























'477 


1441 


1142 


1131 


1112 


14 


15 


3 


511 


1 


21 


28 






1442 


1143 


1132 


1113 


15 


16 


4 


512 


2 


22 


29 


ProbabL : « Comte 




1443 


1144 


1133 


1114 


16 


17 


5 


513 


3 


23 


30 


d'Anjou )'. — 3. Cf. 




1444 


1145 


1134 


1115 


17 


18 


6 


614 


4 


24 


31 


























ci-dessus, p. 2'i8. 
— i. Ma. ; Mas'ouà, 








[ 






































Ici mi'Urul 


























Emir-Ghâzi 


par erreur. — 5. P. 
























et son fils 

Mahmoud 


622. — 6. Ms. : 5-8 
























régna en 


au lieu de 1-4 — 7. 


478 






















Cappadoce 


P. 628. — 8. La 
concordance 1455 := 


1445 


1446 


1135 


1116 


18 


19 


7 


515 


5 


25 


1 




1446 


1447 


1136 


un 


19 


20 


8 


516 


6 


26 


2 


1125 = 524 est con- 
firmée par le texte ; 
cf. ci-dessus p. 258. 












Ici mourui 
























îaudoio, ro 
le Jérusalen 


i 










— 9. Ms. : 9-17 au 














et Fowj, 












lieu de 5-13. — 10. 














Gondadjo * 
son (rendre 












Ce qui suit (1464- 














lui succéda 


1 










1481) se trouvait 
dans la partie du 


























1447 


1448 


1137 


1118 


20 


1 


9 


517 


7 


27 


3 


ms. qui manque. La 




1448 


1449 


1138 


1119 


21 


2 


10 


518 


8 


28 


4 


479 


1449 


1150 


1139 


1120 


22 


3 


11 


519 


9 


29 


5 


restitution des col. 
1-7, 11, 12 ne fait au- 
cune difficulté ; celle 


















5. Ma^soud 


Ma'soud 


Mahmoud^ 
















46. 
Khalife 




sultan des 


sult«n 
des 


régna sur 
les Turcs 


des col. 8-10 est jus- 
















Ra'sid 




Turcs du 
Khorasan ' 


Turcs de 
Bithynie 


de Cappa- 
doce 


tifiée dans les notes 




% 




















suiv. — 11, Ici com- 
mençait la série des 


'1450 


1451 


1140 


1121 


23 


4 


1 


520 


1» 


30 


6 




1451 


1452 


1141 


1122 


24 


5 


2 


S 211 


2 


31 


7 


succeseurs de Mas- 




1452 


1453 


1142 


1123 


25 


6 


3 


o[2]2 


3 


32 


8 


'oud du Khorasan 


480 


1453 


1454 


1143 


1124 


26 


7 


4 


5[2]3 


4 


33 


9 


probabl. par le nom 
de Malik-sah; cf. ci- 












6. 














. 








95. 

Manuel 

empereur 

des Grecs 


Baudoin 

roi des 

Francs «le 

Jérusalem 


Mouqtafi 

khalife 

des Arabes 








4. 

Ya'qoub' 
Arslan 


dessus p. 310. Elle 
ne se poursuivait 
que pendant 4 ans. 
— 12. La suppres- 
























T 


1454 


1455 


1144 


1123 


1 


1 


1 


524' 


5' 


34 


1 


sion de deux année s 




1455 


1456 


1145 


1126 


2 


2 


2 


525 


6 


35 


2 




1456 


1457 


1146 


1127 


3 


3 


3 


526 


7 


36 


3 


dans la série, qui re- 


481 


1451 
1438 


1458 
1459 


1147 
1148 


1128 
1129 


4 
5 


4 

5 


4 
5 


527 
528 


8 
9 


37 
38 


4 
5 


commence à 531 (au 




1459 


1460 


1149 


1130 


6 


6 


6 


529 


10 


39 


6 


Iieude533)=l464 = 




1460 


1461 


1150 


1131 


7 


7 


7 


530 


n 


40 


7 


1134, est intention- 


482 


1461 


1462 


1151 


usa 


8 


8 


8 


531 


12 


41 


8 


nelle, d'après le 




1462 


1463 


1152 


1133 


9 


9 


9 


Î32 


13 


42 


9 


























litre du livre XVIII, 

ci-dessus, p. 309. 


















Matik-sah 
























et 
plusieurs 






La 1" année des 




















autres 






Arabes correspon- 




















après lui '• 




























dant, d'après Michel 
(cf. t. Il, p. 408), à 




1463 


1464 


1153 


1134 


10 


10 


10 


531" 




43 


10 




1464 


1465 


1154 


1135 


11 


11 


11 


532 




44 


11 


933Gr. = 604J.-C., 
l'an 531 devrait ré- 
pondre à l463Gr. = 




















5. Kilidj- 




483 




















Arslan 




1134 J.-C. 


1465 


1466 


1155 


1136 


12 


12 


12 


533 


1 


12 



424 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 





EUE 


DES 


ÈRE 


GRECS 


ROIS 


KHALIFES 






TURCS 


TURCS 






8ÉLEUCIDES 


CHRÉTIENNE 


ET 


FRANCS 


DE 


ANNÉES 


TURCS 


DE 


DE 




a. 

a 




■-^^ 






ROMAINS 


DE JKRU- 


BAGDAD 


DES 


DE 


BITBYNIE 


CAPPA- 
DOCE 
Ya '■qoub- 
Arslan 






Série 
rectifiée 


Chiffres 
du ms. 


Chiffres 
rertiflés 


Chiffres 
du ras-. 


Manuel 


BALEH 

Baudoin 


Mouqtafi 


ARABES 


PERSE 


S. Kilidj- 
Artlan 






1466 


1467 


1156 


1137 


13 


13 


13 


334 




2 


13 


























1. D'après Bar 
hébr., ci-dessus, p. 














49 
























Khalife 










316, l'avènement de 
















J^Jous- 




5. Ildéguiz' 






















tandjid * 










Moustandjid se pla- 
ce en 1472 ; mais il 
a probabl. corrigé 


1467 


1468 


1157 


1138 


14 


14 


1 


535 


1 


3 


14 




146S 


1469 


1158 


1139 


15 


15 


2 


536 


2 


4 


15 


le texte de Michel ; 


484 


1469 


1470 


1159 


1140 


16 


16 


3 


537 


3 


5 


16 


à moins que l'erreur 




1470 


1471 


1160 


1141 


n 


17 


4 


538 


4 


6 


17 




1471 


1472 


1161 


1142 


18 


18 


5 


539 


5 


7 


18 


de 4 années dont il 




1472 


1473 


1162 


1143 


19 


19 


6 


540 


6 


8 


19 


a été question plus 






















1 


haut (p. 420, n. 4) 
n'ait eu sa répercus- 














6. 
























Amaury 












sion jusqu'ici. Tou- 
tefois l'Index (cf ci- 
dessous, p. 441) ne 


1473 


1474 


1163 


1144 


20 


1 


7 


541 


7 


•9 


20 


485 


1474 


1475 


1164 


1143 


21 


2 


8 


542 


8 


10 


21 


donne que 13 ans 
de règne à Mouq- 
tafî. — 2. Ildéguiz 






















^ 




















1 




5. Isma'it 


Sems ed-Dîn, prince 






















1 


de l'Adherbaidjan 




1473 


1476 


1165 


1146 


22 


i 


9 


543 


9 


11 


1 


(1136-1173). — 3. P. 
698. — 4. P. 707 




1476 


1477 


1166 


1147 


23 


4 


10 


544 


10 


12 


2 


486 


1477 


1478 


1167 


1148 


24 


.5 


11 


545 


11 


13 


3 




1478 


1479 


1168 


1149 


25 


6 


12 


546 


12 


14 


4 


— 5. Mohammed el- 




1479 


1480 


1169 


1150 


26 


7 


13 


547 


13 


13 


5 


Pehlevân, frère et 




1480 


1481 


1170 


1151 


27 


8 


14 


548 


14 


16 


6 


























successeur d'Ude- 
guiz (1174-1186). 


3 










95. 
ji/anucJ 
empereur 


6. 
Amaury 
roi des 


50. 
Moustadh 
lihalife de 




5. Hdeguis 
sultan des 
Turcs du 


5. Kitidj- 

Arsîan 
sultan des 


5. Isma 'il 
sultan des 
Turcs de 


487 










des Grecs 


Francs 


Arabes 




Khorasan 


Turcs de 
Bithynie 


Cappa- 
doce 




1481 


1482 


1171 


1152 


28 


9 


1 


549 


15 


17 


7 




1482 


1483 


1172 


1153 


29 


10 


2 


550 


16 


18 


8 






1483 


1484 


1173 


1154 


30 


11 


3 


551 


17 


19 


9 
























A cette épo- 
























que Isma'il 


























fut tué, et 


























Danoun, son 
























1 oncle, régna 




1484 


1485 


1174 


1155 


31 


12 


4 


532 


18 


20 


1 












Baudoin 






Pehlevàn^ 


















roi des 






sultan des 




















Francs de 






Turcs du 








'488 












Jérusalem 




1 Khorasan 








1485 


1486 


1175 


1156 


32 


1 


S 


553 


1 


21 






1486 


1487 


1176 


1157 


33 


2 


6 


554 


2 


22 








1487 


1488 


1177 


1158 


34 


3 


7 


553 


3 


23 
























Kiîidj-Arslan 






















sultan des Turcs de 
























Bithynie et de 
























Cappadoce 




1488 


1489 


1178 


1159 


35 


4 


8 


556 


4 


24 


489 


1489 


1490 


1179 


1160 


36 


3 


9 


357 


5 


25 




1^^^^^ 





























TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES LIVRES XII-XXI 



425 



gg 


ÈRF 


DBS 


ÈRE 


GRECS 












m 

a 


SÉLBUCIDES 


CHRÉTIENNE 


ET 


FRANCS 


KHALIFES 


T0RC8 


TURCS DU NORD = 




< 
















DE PERSE 






a. 


- ^a — ^ 


_— ■— -. 




■ - 


ROMAINS 




DES ARABES 










Chiffres 


Cliiffrea 


Giiiffres 


Chiffres 


Alexis fils 


Baudoin 


à Bagdad» 


Pehlevàn 


Sultan Kilidj-Arslan 




o 


rectifiés 


du iDS. 


rectifiés 


du ms. 


de Manuel 










f 


1490 


1491 


1180 


Ii61 


1 


6 


[5]S8 


6 


26 




1491 


1492 


1181 


1162 


2 


7 


[5]59 


7 


27 


1. P. 721. — 2. 




1492 


1493 


1182 


1163 


3 


8 


560 


8 


28 


A partir d'ici le nom 
du khalife n'est plus 
























t 


Ici regua 

yranuiquement 

sur les Grecs 

Andronicus 










inscrit. Moustadhi 
mourut en 1180, et 
eut pour successeur 




















490 


1493 


1494 


1183 


il64 


i 


9 


561 


9 


29 


/VaçiV (1180-1225).— 




1494 


1495 


1184 


ueg 


2 


10 


562 


10 


30 


3. Voir à l'an 1488 




1495 


1496 


1185 


1166 


3 


11 


563 


11 


31 


la raison de ce nou- 
veau titre. — 4. P. 












1 














I( 


l Androni- 


Ici régna sur | 
















( 


us fut tué. 


Jérusalen 


-. 






732. — 5. Sic, avec 










( 


et sur les 
}recs régna 


Baudoin 
Petit, fils 


e 
de 






omission du chiffre 










/ 


saacius ou 


la sœur d 


u 






565. — 6. Le titre 












Isaac. 


précéden 








est répété ici sous 
cette forme : Turcs 


1496 


1497 


1186 


1167 


1 


1 


564 


12 


32 


491* 


1497 


1498 


1187 


1168 


2 


2 


566' 


6 


33 


du Khorasan; mais 




1498 


1499 


1188 


1169 


3 


3 


567 




34 


la colonne reste 










1 1 








en blanc. De même 


























Ici mourut 
Baudoin le 








dans la vers, arabe. 














Bambin ', e 


' 






— 7. Lire : ^o:s^.— 














le royaume 








8. Sic ms. ; sans 














échut à sa 




















mère. 








doute par erreur. 
La version arabe 






















1499 
1500 


1500 
1501 


1189 
1190 


1170 
1171 


4 
5 


4' 


568 
569 




35 
36 


continue 4-11. — 9. 


492 


1501 


1502 


1191 


U72 


6 




570 




37 


La dernière Olym- 




1502 


1503 


1192 


1173 


7 




571 




38 


piade marquée dans 
le ms. est l'Olymp. 




































Ici mourut le sultan 
Kilidj-Arslan, et ses 


CCCCLXXXXIV, à 




















12 fî's régnèrent 


l'année 1505 du ms. 




















chacun en un lieu. 






















L'aîné fut proclamé 






















sultan ; il s'appelait 






















Qotb-ed-Bin. 




1303 


1504 


1193 


1174 


8 




572 




1 




1S04 


1505 


1194 


1175 


9 




573 




2 




493» 


1505 


1506 


1195 


U75 


10 




874 




3 






1506 


1507 


1196 


1177 


11 




575 




4 





III. 



54 



APPENDICES 



I 



[741] Avec laide du Dieu tout-puissant, nous écrivons les noms des pontifes 
dans la colonne supérieure et ceux des rois dans la colonne inférieure, 

l'un APRÈS l'autre, COMME ILS SONT RANGES DANS CE LIVRE, AFIN Qu'oN LES 
RETROUVE facilement'. 

I. — Succession du Sacerdoce'^. 



Le suprême sacerdoce fut transmis 
de la divinité aux : 

Chérubins, 

Séraphins, 

Trônes, 

Dominations, 

Puissances, 

Vertus, 

Principautés, 

Archanges, 

Anges ; 

et par les esprits célestes il fut trans- 
mis à : 





Noé 




Abraham 


Melchizédec 




Job 




Jacob 




Moïse 


Selon Jacques d'Édbsse : Selon Andronicus : 


I. Aharon, 38 ans 3. 


I. Aharon, 36 ans. 


2, Eléazar, 56 ans. 


2. Eléazar, 3o ans. 


3. Phinebès, 8o ans 


3. Phineljès, 60 ans. 


4. Abiiou', 60 ans. 


4. AbiJou', 32 ans*. 


5. Abiqam, 60 ans^ 


5. Abiqam, 46 ans. 


6. 'Ozri, 42 ans. 


6. 'Ozri, 48 ans. 


7. Zariha^, 52 ans. 


7. Zariha, 57 ans. 



1. Dans le ms., cet Appendice est disposé en tableaux synoptiques, qu'il serait difficile de repro- 
duire typographiquement, et qui ne sont pas toujours coordonnés d'une façon régulière. Nous en 
donnons ici les différentes parties les unes à la suite des autres. 

2. Ces mots se trouvent comme titre courant en tête des pages suivantes dans le ms. — 3. Le 
nombre d'années indiqué ici n'est pas toujours le même que celui donné dans le texte. Parfois, 
l'orthographe des noms présente aussi des variantes. Les mêmes divergences se retrouvent dans la 
version arabe. Nous nous bornons à signaler les passages correspondants du texte. — 4. Cf. 
t. I, p. 50. — 5. Ce nom se trouve déplacé et rejeté le 11», au bas de la colonne dans notre tableau 
(de même dans la vers, ar.) ; cf. t. I, p. 50, 51. — 6. On peut lire : Zartiaya, dans les deux cas; et 
de même, t. I, p. 52. 



428 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[GRANDS- 

[Selon Jacques d'Édesse] 

8. Maros, 5o ans. 

9. Amarias, 82 ans. 

10. Aliitob, 20 ans 1. 

1 1. Zadoq, 60 ans. 

12. Ahima'aç ^, t8 ans. 
i3. 'Azarias, 22 ans. 
14. Amarias, 60 ans. 
i5. Ahimélek, 22 ans. 

16. Joiada, 3 ans. 

17. 'Azarias 6, 

18. èelloum. 

19. Amasias. 

20. Helcias. 

21. 'Azarias. 

22. Saraias. 

23. Çadoq. 

24. Josédek, ao ans 8, 

25. Jésus. 

26. Josédek^. 

27. Elisée, 5o ans. 

28. Joiada; \o ans. 

29. Manias, 3i ans 13. 

30. lohannan, i4 ans '5. 

31. Andromachus, 

24 ans. 

32. Honias, 11 ans'*. 



■PRÊTRES] 

[Selon Andbohicds] 

8. Marcs, 4o ans. 
g. Amarias, 42 ans. 

10. Phineljès, 4i ans. 

11. 'Eli et ses fils, 40 a. 

12. Ahitob, 46 ans. 
i3. Abiatar, i3 ans3. 
14. Çadoq, ig ans*. 
i5. 'Azarias, 3i ans, 

16. Ahima'aç, 12 ans 5. 

17. Ahimélek, 32 ans. 

18. Çadoq, 20 ans '. 

19. Selloum, g ans. 

20. Joiada, 44 ans. 

21. Zacharias, 10 ans. 

22. Ourias, 6 ans. 

23. Amosias, 21 ans. 

24. 'Azarias, 4o ans. 

25. Hananias, i3 ans. 

26. SiméonlO. 

27. Mardai, 19 ans''. 

28. Ourias, 16 ans 42. 
2g. Hananias, 45 ansl*. 
3o. Helcias, père de Jé- 

rémie, 30 ans, 
3i. Peshour, 4 ans, 
3a. 'Azarias, 10 ans". 



[GRANDS- 
[Selon Jacques d'Édesse] 

33. Siméon le juste , 

32 ans. 

34. Eléazar, son frère, 

dix ans '3. 

35. Manassés, son on- 

cle, .. ans. 

36. Honias, 36 ans. 

37. Siméon, fils de Ho- 

nias, cent ans 21, 

38. Çonias, fils de Si- 

méon, 4 ans23_ 

39. Jason, 9 ans 25. 

40. Menelaus, 3 ans. 
4i. Eléazar, 3 ans. 

42. Mathathias, 5 ans. 

43. Judas Macchabée, 

trois ans 27. 
44- lonathan, son frère , 
19 ans. 

45. Siméon, son frère, 

8 ans. 

46. lohannan, son fils, 

16 ans, 

47. Aristobulus, .. ans, 

48. Alexandre, 27 ans. 

49. Hyrcanus, 34 ans 30. 



■PRÊTRES] 

[Selon Andhonicus] 

33. Saraias, 6 ans. 
34^ Çadoq, 25 ans. 

35. JosuélS, fils de Jo- 

sédek, 35 ans. 

36. Joiachim, 20 ans. 

37. Elisée, 32 ans20. 

38. Joiada, 17 ans . 

39. lohannan, 33 ans. 

40. Moïse22, 3 nns. 

4i. Andronious24^ 
II ans. 

42. Honias, 12 ans 26. 

43. Siméon, 9 ans. 

44. Eléazar, 34 ans. 

45. Manassés, lO ans. 

46. Honias, i4 ans. 

47. Siméon, 48 ans. 

48. [Honias, fils de Si- 

méon, 5 ans] 28. 
4g. Jason, 2 ans 29. 
5o. Eléazar, un an. 
5i, Mathathias, 4 ans, 

52. Judas Macchabée, 

3 ans. 

53. Jonathan, son frère, 

19 ans. 



1. L'accord des deux listes cesse ici; cf. t. I, p. 54. — 2. Cf. t. I, p. 59, où le ms. porte fau- 
tivement Atiimélek. — 3. Dans le texte (I, p. 59) Abiatar est dit le 15=, et la différence continue 
ensuite. — 4. Cf. t. I, p. 60, 64. — 5. Cf. p. 64. — 6. Cf. p. 61; l'ordre des n<» 21 et 22 est 
interverti ; Barhébr, a adopté celui du présent tableau. — 7, Cf. p, 67. — 8. Omis dans la vers, 
ar. Cf. p. 64, 66. — 9. Cf. p. 67. — 10. Cf. p. 68. — 11. Cf. p. 69. — 12. Cf. p. 73. — 13. Sic 
ms. et vers, ar, ; lire : Manassés, avec Barhébr. Cf. p. 67, — 14. Cf. p. 74. — 15. A partir du n" 30 
il y a dans le texte une interversion évidente entre les deux colonnes, Helcias et les suivants 
appartiennent à la série d'Andronicus, tandis qu'Andromachus et les suivants continuent celle 
de Jacques d'Édesse. Cf. t. I, p. 73, 74. Cette substitution (qui existe aussi dans la vers, arabe) 
vient sans doute de la distraction d'un copiste au tournant d'une page. L'ordre est ici rétabli. Il 
en résulte une différence d'une unité dans la série des numéros, entre le texte et la traduction. — 
16. Cf. t. I, p. 74, 108. — 17. Cf. p, 93. — 18. Ms. ; Josué bar IVoun- vers. ar. : Josué fils de 
Josédek. Cf. p. 105. — 19. Sic. Cf. p. 108, 127. —20. Cf. p. 105,106.-21. Sic ms. et vers. ar. ; 
cf. p. 128, — 22. Sic ms. et vers, ar.; lire : Manassés; cf. p. 107. — 23. Cf. p. 128. — 24. Sic ms. 
et vers. ar. ; lire : Andromachus ; cf. p. 107. — 25. Cf. p. 108. — 26. Cf. p. 129. — 27. Cf. p. 130. — 
28. Nom omis; à rétablir d'après le texte ; cf. t. I, p. 128. — 29. Cf. p. 129. — 30. Cf. p. 132, 134. 



APPENDICE I 



429 



67. lohannan 22 ans. 



[GRANDS-PRÈTRES] 

[Selon Jacocks d'Édesse] [Sblon Androwccs] 

5o. Hananiël, 3 ans*. 54. Siméon, son frère, 
5i. Aristobulus, un an. 26 ans. 

52. Menelaus, 2 ans. 55. lohannan, son fils, 

53. Hananiël, 20 ans. 26 ans, 

54. Zacharias, 22 ans. 56. Aristobulus, un an 2. 

55. Siméon, 8 ans. 67. Hananiël, i2 ans. 
55. Caïphe, 16 ans 3. 58. Alexandre, 22 ans. 

A cette époque* eut lieu la naissance selon la chair de notre Seigneur et Sauveur. 
A cette époque", il souffrit sur la croix, mourut et ressuscita. Et quand la prédi- 
cation vivifiante de l'Évangile se répandit, par les saints Apôtres, la succession sacer- 

[ÈvÊQUEs DB Rome] 



[GRANDS-PRÊTRES]\ 
[Selon Jacques d'Édesse] [Selon Anoronccus] 

56. Hannan, i5 ans. 5g. Hyrcanus, 34 nus. 

60. Aristobulus, i an. 

61. Zacharias, 22 ans. 

62. Siméon, 24 ans. 

63. Caïphe, un an. 

64. loliannan, 2 mois. 



dotale fut ainsi 

1. - A ROME : 



1. Petrus, 25 ans. 

2. Linus, 12 ans. 

3. Anacletus^, 11 ans. 

4. Clemens, 9 ans. 

5. Evaristus, 8 ans. 

6. Alexandros, 52 ans. 

7. Xistus, lo ans. 

8. Telesphorus, n ans. 

9. Hyginus, 4 ans. 

10. Plus, i5 ans. 

11. Anicius, n ans, 

12. Soter, 9 ans. 

i3. Zephyrinus ', 8 ans. 
14. Calistus, 5 ans. 
i5. Eleutherus, i5 ans. 

16. Victor, i2 ans. 

17. Urbanus, g ans. 

18. Po(n)tianus, 5 ans. 



[ÉvêQCEs DE Rome]. 

19. Anterus, 8 ans 8 

20. Fabianus, i3 ans. 
ai. Cornélius 9, 2 ans. 

22. Lucius, 4 ins. 

23. Stephanus, un an. 

24. Xistus, II ans et 5 mois. 

25. Dionysius, 8 ans. 

26. Félix, 4 ans, et un m. 

27. Eutychius, un an. 

28. Gaius, ji ans et 4 ™ois. 

29. Marcus 1", un an et 4 ™- 
Evêques après le temps de 

persécution : 

30. Eusebius, 6 mois. 
3i. Militiades 11, 3i ans, 
32, Sylvester, 23 ans 12. 

Après Silvestros, — Jean le Stylite 
dit qu'entre Silvestros et Julius il y eut 



Eusebius dont il est fait meution dans le 
livre de Jovinianus, et Jean ajoute : 
« Nous ne l'avons pas trouvé dans la 
liste 0. 

33. Marcus, 2 ans. 

34. Julius t3, i5 ans. 

35. Liberius, 4 ans n. 

Philoxenus dit : w Certains pré- 
tendent que huit cents évêques se trou- 
vaient sous la juridiction de Liberius » ; 
et il ajoute lui-même et dit; « Il nous est 
plus facile de le rappeler que de le 
vérifier ». 

36. Félix, 

37. Damasus, 

38. Siricius, 

39. Anastasius, 3 ans. 

40. lunocentius, i5 ans. 
4i. Zosimus, 7 ans 15_ 



1. Cf. t. I, p. 134, 135. — 2. Cf. p. 132. — 3. Cf. p. 143. 

4. C'est-à-dire sous le règne d'Auguste. La notice est inscrite dans le tableau synoptique en face 
de la mention de ce règne. — 5. Sous le règne de Tibère, d'après la même disposition. 

6. Ms. : AnôlitoSj par confusion des lettres o et o. Nous transcrivons les noms sans signaler 
toutes les fautes de cette nature. — 7. Ms. : Aporianos. L'ordre est interverti; Zephyrinus fut 
le successeur de Victor. Il en est de même plusieurs fois par la suite. — 8. Sic ms. et vers. ar. ; 
lire : un mois; cf. t. I, p, 189, n. 17. — 9. Ms. et vers, ar. : Qârilos. — 10, Après Gaius, viennent 
Marcellinus et Marcellus. -~ 11. Melchiades. — 12. La note suiv. est à la marge ; les premiers 
mots indiquent sa place. — 13. ; Ms. : Silos; vers. ar. : Silnos =: Silvanus; vers. arm. : Sylvien. — 
14. Le texte de la note suiv. paraît altéré à la fin (aussi dans la vers, ar.) ; peut-être : « il est 
plus facile de se servir de l'exagération que de l'exactitude ». — 15. Bonifatius omis. 



430 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[ÉVÊQUES DE ROMB] 

42. Celestinus, 9 ansl. 

43. Léon, hérétique, 2i ans. 

44. Gallus 2, 8 ans. 

45. Hilarius, 7 ans. 

46. Simplicius 3, x6 ans. 

47. Anastasius, 11 ans. 

A partir d'ici ils sont 
tous Chalcédoniens. 

48. Symmachus, 6 ans, 

49. Teorûntos *, 2 ans. 

50. Hormisdas, 10 ans. 
5i. Iwannis, i4 ans. 

52. Félix 5, 35 ans. 

53. Vigilius, 20 ans. 

54. Agapius 6, i5 ans. 

55. Silvester', 

56. Pelagius, 

57. Zozos 8, 

58. Martinus9, 
5g. Agathon '0^ 
60. AdrianusH, 

II. — A ALEXANDRIE : 

1. Marcus, 22 ans. 

2. Ananius, 22 ans. 

3. Milius, qui est Abilius 12, 

4. Cerdon, ii ans. [i3 ans, 

5. Primas, i2 ans. 

6. Justus, II ans. 

7. Eumenius 13^ i3 ans. 



[ÉvÉQUEs d'Alexandrie] 

8. Marcianus, 10 ans. 

9, Celadion 1*, 14 ans. 

10. Agrippianus, 12 ans. 

11. Julianus, i4 ans. 

12. Demetrius, 43 ans, 
i3. HeracliuslS, 16 ans, 
14. Dionysius, 17 ans, 
i5, Maximus, 18 ans. 

16. Theonas, 19 ans. 

17. Petrus, 10 ans. 

18. Achilleus, 6 ans. 
ig. Alexandros, i5 ans. 

20. Athanasius, 46 ans. 

21. Petrus, 7 ans. 

22. LuciuslSj arien. 

23. ïimotheus, frère de Pe- 

trus, 3 ans. 

24. Theophylus, 28 ans. 

25. Cyrillus, 33 ans. 

26. Dioscorus, 7 ans. 

27. Proterius, 

28. TimotheusGoumrara,2oa. 
2g. [Timotheus]!', 

3o. loljanuan, hérétique, 
3i. Petrus, 12 ans, 

32. Athanasius, 7 ans. 

33. lohannan, g ans, 

34. Iwannis, 11 ans, 

35. Dioscorus, 11 ans. 

36. Timotheus, n ans. 



[ÉvÊQOKs d'Alexandrie] 

37. Theodosius, 38 ans. 

38. Petrus, un an. 

39. Gayana, hérétique. 

40. Paulus, 40 ans, 
4i. Zoilus 1', 

42. Apollinarius, 

43. Theodorus, 
44- Petrus, 

45. lohannan, chalcédonien. 

46. Damianus, 

47. Anastasius, 

48. Andronicus, 

49. Benjamin, 

50. Cyrus, chalcédonien 19, 
5i. Agathon, 

52. lohannan, 

53. Siméon, 

54. Isaac, 

55. Alexandros, 

56. Cosmas, 4o ans, 

57. Iwannis*", 

58. Marcus, 
Sg. Jacques, 
60. Siméon, 
6[, Joseph. 

ni. — A ÉPHÈSE 21 : 

1. Andréas, 12 ans, 

2. Astikos22, lo ans. 

3. Onesimus, i4 ans. 



1, Sixtus III omis. — 2, Pour Gelasius, avec interversion. L'ordre serait : Léon, Hilarius, Sim- 
plicius, Félix III (omis), Gelasius, Anastasius. — 3. Ms. : Siupalis, — 4. Sic ms. et vers. ar. ; 
probabl. pour Laurentius, l'anti-pape. — 5. Ms. : Filipos- vers, ar, Filikos. A partir d'ici l'ordre 
serait : Félix IV, Boniface II (omis), Jean II (omis), Agapet, Silverius, Vigilius, Pelagius (60« pape). 
— 6. Sic ms. et vers. ar. — 7. A partir d'ici la série est incomplète. Cf. t. II, p. 486. — 8. Sic 
ms. et vers. ar. Probablement pour Sabinianus (65* pape); cf. t. II, p. 373. — 9. 74» pape. Dans 
la version arménienne la liste s'arrête ici. Elle est d'accord avec la nôtre, jusqu'au n» 55 inclus. 
Cf. Lanolois, p. 363. — 10, 79e pape. — 11. 96» pape. 

12. Le ms. semble porter : Akilios. — 13. Ms. : Amonos, — 14. Ms. et vers. Mnios ; vers, arm, : 
Callinikos, — 15. Ms. et vers, ar, : Hidmios. ; de même dans la vers, armén. — 16, Sic vers, armén. ; 
ms. et vers. ar. Tauazos. — 17, Omis dans le ms. Sic vers, arabe et armén. Timotheus Solofacio- 
lus. — 18. Ms. et vers. ar. Zamios; vers, arm.: Zuklios, — 19. Cf. t. II, p. 432. — 20. Entre 
Cosmas et Jean, Renaudot place Theodorus, Chail et Mennas. 

21. Comp. t. I, p. 174 et 176, 189, — 22, Stychus. 



APPENDICE I 



431 



[ËVÉQDES d'ÉfHÈSE] 

4. Polycarpus, fj ans. 

5. Politrobosl, i5 ans. 

6. ÇédékioD, 8 ans. 

7. Diogenes, 8 ans 2, 

8. Athenodorus 3j i3 ans. 

9. Eleulherius 4, 

10. Philippus Sj 

11. Polycarpus, 

12. Euzoius, 5 ans*. 
i3. Laurentius, 

14. Olympus 7, 

15. Protonicus, 18 ans8. 

16. Marcus, i3 ans *. 

17. Cornélius 10^ 

18. Constantinus H, 

19. Titus, 

20. Domitianus, 11 ans i^. 
2i. Probus 13, 

Ici le siège fut transféré à 
Constantinople : 

22. Alexandros, 23 ans •*. 

23. Paulus. 

24. Macedonius, arien 15^ 

25. Eusebius. 

26. Eudoxius, hérétique. 

27. Demophilus, arien 16. 

28. Evagrius. 

29. Gregorius magnus Na- 

zianzenus, 10 ans I^. 

30. Nectarius, 7 ans 18. 



[Éyêques Dg Constantinople] 


[ÉVÉQOES d'AnTIOCHE] 


3i. Iwannis<9, un an. 


3. Ignatius, 


32. Arsacius *", 


4. Héron, 


33. Atticus 21, 


5. Cornélius, 


34- Sisinuus22, 


6. Eros, 


35. Nestor, hérétique 23. 


7. Theophilus, 16 ans. 


36. Maximianus, 2 ans2*. 


8. Maximus, 18 ans. 


37. Proclus25, 


9. Serapion, 10 ans. 


38, Flavianus, hérétique 26. 


lO. AscIepiadesWj 12 ans. 


39. Anatolius, hérétique 27. 


II. Philippus, 


4o. Gènnadius, hérétique 2S. 


12. Zebennos, 


4i. Acacius, 


i3. Babylas, 


42. Flabitus, 4 mois 29. 


14. Fabius*!, 


43. Euphemius, hérétique. 


i5. Demetrius, 


44- [Macedonius, hérétique] 30. 


16. Paulus Samosatenus, hé- 


45. Timotheus, 


17. Domnus, [rétique 


46. lotiannan, chalcédonienSl. 


18. Timotheus, 


47. Epiphanius, chalcédo- 


19. Cyrillus, 


48. Anthimus. [nien 32. 


20. Tyranius, 


A partir d'ici, tous chalcé- 


21. Vitalius, 


doniens 33 ; 


22. Philogonius, 


49. lohannan 34^ 


23. Eustathius, 


5o. Cyriacus 35, 


24. Paulianos 42, 


5i. Sergius 36^ 


25. Eulalius, arien. 


52. Mennas37, 


26. Euphronius, arieo. 


53. Germanicus38, 


27. Flaocilus, arien. 


54. Theodotus39. 


28. Stephanus, arien. 




29. Leoatius, arien. 


IV. — A ANTIOCHE : 


3o. Eudoxius, arien. 


I, Petrus, 2 ans. 


3i. MeleliuB. 


2. Evodius, 3 ans. 


32. Euzoïus. 



1. Cf. t. I, p. 174, n. 14. — 2. Ibid., n. 15. — 3. Ms. et vers. ar. : Antrobos; cf. p, 177. — 
4. Cet évêque et ceux dont la durée n'est pas indiquée ici, ne sont pas mentionnés dans la Chro- 
nique. Ceci semble indiquer que ces tableaux n'ont pas été rédigés d'après le texte, mais d'après 
certaines listes. Cf. Pseudo-Dorotheus, Patr. Gr., XCVIII, col. 1059-1067. — 5. Ps.-Dor. : *tXt?. 

— 6. Cf. t. I, p. 177 n. 18. — 7, Ps.-Dor. : 'AWtoos. — 8. P. 185, n. 14. — 9. P. 189. — 10. Ps.- 
Bob. ; Kuf>i»i(av6f. — 11, Ps.-Doa, ; Kacrrivoc — 12, P. 200. — 13. P, 202. — 14. P. 270, 271, — 
15. P. 270, 275. — 16. P. 298, — 17. P. 311. — 18. P. 320. — 19. Cf. t. II, p. 3. — 20. P. 8. — 
21. Ms. Titqos; cf. t. II, p. 8. —22. P. 13, — 23. Sic vers, ar, ; ms. : arien, — 24. Cf. t. II, p, 22. 

— 25, Cf. p. 23. — 26, P, 25. — 27, P. 33. — 28. P. 141, 142. — 29. P. 154, 168. — 30, Omis 
par notre copiste; sic vers, arabe et armén. — 31. Cf. t. II, p, 155, 168, — 32. P. 190. — 33, A 
partir d'ici la liste est confuse et incomplète ; cf, t. II, p. 486. — 34. Cf. t. II, p. 243, 267, 309, 
352. — 35. P. 373.-36. P. 401. — 37. P. 435. — 38. P, 482, — 39. Cf. ci-dessus, p, 72. 

40. Ms. : Asolipirès. — 41. Ms. : Phâpios. — 42. Probabl. « Faulinus » (Chron. Euseb. Hiero- 
nym,, ad ann. 23 Constantini). 



432 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 





[ÉvÊocEs d'Antioche] 


[ÉvÊQUES d'Antioche] 




33. 


Paulinus 1. 


61. Athanasius le Chamelier, 


89. 


34. 


Flavianus. 


4i ans. 


90. 


35. 


Evagrius. 


62. lohannan des Sedra, 42 a. 




36. 


Porphyrius. 


63. Theodorus, 43 ans. 


91- 


37. 


Alexandros, lO ans. 


64. Severus, 44 ^^ûs. 


92. 


38. 


lohannan, 3i ans. 


65. Athanasius l'interprète. 


93. 


39. 


ïheodotus, 32 ans. 


66. Julianus, 45 ans*. 


94. 


40. 


Domnus, arien. 


67. Elias, 


95. 


41. 


Maximus, arien. 


68. Athanasius, 


g6 


42. 


AcaciuSj chalcédonien. 


6g. Iwannis, 


97- 


43. 
44. 


Martyrius, nestorien. 
Petrus, qui fut persécuté, 


70. Isaac ) .,,, . . 

, , . > illégitimes. 

71. Athanasius ) 


98. 
99- 




33 ans. 


72. Georgius, 


100. 


45. 


Calandion^j chalcédonien, 


II y eut deux autres patriarches 


lOI. 




qui lut chassé. 


(illégitimes) du temps de Georgius : 
lohannan de Callinice et David de 


102. 


46. 


Martyrius, chalcédonien. 


Dara. 




47- 


Julianus, 37 ans. 


73. Joseph, 


io3 


48. 


Stephanus, 35 ans. 


74. Cyriacus, 




49- 


Slephanus, hérétique. 


75. Dionysius de Tell-Mahré, 


io4 


5o. 


Palladius, hérétique. 


27 (ans). 




5i. 


Flavianus, qui fut déposé. 


76. lohannan, 27 ans. 


io5. 


52 


Severus, 6 ans sur son 


77. Ignatius, 4 ans. 


106. 




siège, et (ensuite) pen- 


78. Theodosius, g ans. 






dant la persécution. 


79. Dionysius, i3 ans. 


107. 


53. 


Paulus Judaeus, qui fut 


80. lohannan, i2 ans. 


108. 




chassé. 


Si. Basilius, 8 ans. 




54. 


Euphrasius, chalcédonien- 


82. lohannan, [6 ans. 


1O9. 


55. 


Ephremius, hérétique , 


83. Iwannis, 2 ans. 


IIO. 


56. 


Domninus3, hérétique. 


84. [Dionysius] 5. 


III. 




Après Mar Severus : 


85. Abraham, g mois. 


112. 


57. 


Sergius, 37 ans*. 


86. lohannan, 20 ans. 


ii3. 


58. 


Paul de Beit-Oulcamê, 38 a. 


87. Athanasius, 17 ans. 


114. 


59. 


Petrus de Callinice, 39 a. 


88. lohannan bar 'Abdoun, 


ii5. 


60 


Julianus, 4o ans. 


26 ans. 


116. 



[ÉvÊQUES D'ANTIOnHE] 

Dionysius, 10 ans. 

loljannan bar ô 'Abdoun 
i4 ans. 

Athanasius, 6 ans. 

lohannanbar Sousan, 9 a. 

Basilius, 4 ans. 

'Abdoun, rebelle, 

Dionysius, 

Iwannis '. 
, [Dionysius] 8. 

Athanasius, 38 aas. 

lohannan, 8 ans. 

Athanasius, 27 ans. 

Michel le Grand. 

Theophilus, qui est Atha- 
nasius 9. 
}. Maina, qui est Michel le 

Jeune. 
t. Snoudin lohannan, qui 

est Josué. 

Ignatius, qui est David. 
, Dionysius, qui est Aha- 

ron. 
, lohannan bar Ma'dani, 
, Ignatius, qui est Rabban 

Josué. 
, Cyrillus 10, 

MacariusH, 

Theodorus, 
, Michel *2, 

Gabriel t3, 

Iwannis, 

Marcus, 

Iwannis. 



1. Ms. : Paulianos, comme au n" 24. — 2. Ms. : Mandon; vers. arm. : Manitos; par suite de la 
onfusiou fréquente entre m et kl. — 3. Domnus III. — 4. Sous les n°' 57-66, les chiffres indiqués 
comme ceux des années, sont évidemment les numéros d'ordre d'une liste. La même erreur se trouve 
dans la vers, arabe. — 5. Omis dans notre ms. et aussi dans la vers, arabe. — 6. Sic ms. et 
vers. ar. ; cf. ci-dessus, p. liil. — 7. Ce nom est écrit en marge avec un renvoi à la suite de 
•Abdoun, et la vers, arabe a compris: 'Abdoun qui est Iwannis; mais le nom de "Abdoun était 
lohannan. — 8. Omis dans le ms. et dans la vers. ar. — 9, Les noms placés sous les n"' 102- 
108, sont tirés de la Chr. eccl. de Barhébréus. — 10. J'ignore à. quelle source le continuateur a 
puisé les noms placés sous les n" 109-116. — H. Ainsi dans la vers. ar. ('*»û*!''1«); ms. : Qaqrios. 
— 12. Cf. BH. Chr. eccl., I, 794. — 13. Op. cit., I, 796 ; (mort en 1387 de notre ère). 



APPENDICE I 



433 



II. — Succession des empires du monde temporel. 



[741] La royauté de ce inonde temporel fut premièrement à : 



I. Adam. 
p.. Seth. 

3. Énos. 

4. Caiaan, 

5. Mahalaël. 

6. lared. 

7. Henoch. 

8. Mathusalah. 
g. Lamech. 

10. Noé. 

Ces patriarches n'oublièrent pas Dieu, 
comme le reste des hommes. 



[HEBREUX] 

11. Sem. 

12. Arphaxad. 
i3. Cainan. 
14. Salah. 

i5. 'Eber. 

16. Phaleg, 

17. Ragau. 
i8. Saroug, 

19. INahor. 

20. Tareh. 

21. Abraham. 

II naquit en l'an 3ô de Belos, 

22. Isaac. 

23. Jacob. 

24. JoSL-ph. 



Pendant toute la durée de la vie d'Adam, il gouvernait les hommes. Après 
sa mort, son fils Seth gouverna pendant 128 ans. Durant ces mille ans, ils con- 
naissaient le Seigneur. Quand Seth mourut, en l'an 40 de lared, les hommes ou- 
blièrent Dieu, se révoltèrent et se constituèrent des rois. Il y eut deux partis, l'un 
qu'on appelait des x anges », et qui eu pour premier roi un nommé Samiazos, et 
l'autre, celui des n hommes, t\ dont le premier roi fut : 

1. Aloriosl, 98 ans. 

2. Alapidos, 29 ans; 

3. Almelon, 128 ans. 

4. Amménon, 118 ans. 
5 Megalares, 177 ans. 

6. Danos, 98 ans. 

7. Eudrodikos, 177 ans2. 

8. Araempisinos, 98 ans. 
g. Otantinos, 78 ans. 

10. XisoutroSj 177 ans. 



Ces dix rois existèrent avant le déluge; 
tous ét^ient chaldéens et astrologues; ils 
n'adoraient pas Dieu, mais les étoiles. 



Après le Déluge' : 

2."). Levi. 

26. Qahat. 

27. Amram, 40 ans. 

28. Mo'ise, 40 ans. 

26. Josué, fils de Noun, 25 a. 

[JUQES] 

3o. 'Olboniel, 40 ans. 
3i. 'Eglon, 18 ans. 

32. Ahod avec 

33. Samgar, 80 ans. 

34. Jabin (roi) des Jébuséens, 

2o ans. 

35. Debora ayec 
Barak, 4° ans. 

36. 'Aurin et Zîb*, .. ans. 



37. Gédéon,.. ans. 

38. Abimélek, 3 ans. 
3g. ïhola', g ans. 
40. Jaïr, 20 ans. 

4i. Ammonites, 8 ans. 
42 Jephté, 6 ans. 
43. Hesbon, 7 ans. 
44 Élôn, lO ans 

45. Philistins, 4o ans. 

46. Samsom, 4o ans, 

47. anarchie, lO ans. 

48. 'Eli, prêtre, 4o ans. 

49. Samuel, 20 ans. 

[Rois des Hébreux] 

50. Saul, 40 ans. 



1. Voir les mêmes noms avec des variantes orthograhiques t. I, p. 6, 12 ; et ci-après, p. 442. — 
2. Dans le texte (et dans la vers, ar.) ce nom est déplacé et se trouve au 10= rang. 

3. Ici le tableau présente simultanément les patriarches des Hébreux, les premiers rois d'Egypte 
et ceux des Babyloniens, que nous donnons successivement. Pour ces listes royales, nous nous 
bornerons à transcrire lettre pour lettre les formes des noms propres, telles que les donne le ms.j 
en les faisant suivre de la forme grecque qui paraît se rapprocher le plus de la leçon syriaque 
souvent défigurée par la maladresse des copistes. Nous avons tiré les formes grecques des édi- 
tions d'Eusèbe, du Syncelle, de Nicéphore de Cple. — 4. Cf. Jud., vu, 25. 

m 55 



434 



CHRONIQUE DE MIC HEL LE SYRIEN 



[Rois DES Hébreux] 

5i. David, 4o ans. 
52. Salomon, 4o ans. 



J UDA : 

3. Eoboam, 17 ans. 
t^. Abias, 3 ans. 

5. Asa, 4i ans. 

6. Josaphat, 25 ans. 

7. Joram, 8 ans. 

S. Ochosias, un an. 
g, "Alhalia, 7 ans. 

10. Joas, 4o ans. 

11. Amasias, 29 ans. 

12. 'Ozias, 52 ans, 
i3. Joatham, 16 ans. 
14. Achaz, 56 ans. 
i5. Ezéchias, 29 ans. 

16. Manassès, 26 ans. 

17. Amon, i2 ans. 
18 Josias, Si ans, 

[Eliacim ou Joa- 

chim, i2 ans. 
Sédécias, 11 ans]'. 
Années de Captivité : 
Nabuchodonosor, 24 a. 
Evilmérodak, un an. 
Baîtasar, 3 ans, 
Darius, 11 ans. 
Cyrus le Perse, 32 a. 
Cambyse, 8 ans. 



Israël : 

1 . Jéroboam, 22 ans. 

2. Kadab, 20 ans. 

3. Baasa, 24 ans. 

4. Ela,, 2 ans. 

5. 'Ainr(i), 12 ans. 
G. Achab, 22 ans. 

7. Ochozias, 2 ans. 

8. Joram, 12 ans. 

9. Jehu, 28. 

10. Joachaz, 17 ans, 

11. Joas, 16 ans. 

12. Jéroboam, 4i ans. 
i3. Zacharias, 6 mois^, 
14. èellum, un mois, 
i5. Menahem, lO ans, 

16. Phaceas, lO ans, 

17. Phacé, 20 ans, 

18. Osée, 9 ans. 

Ici cessa le royau- 
me d'Israël. 



Grands-prêtres 3 
Jésus, 32 ans, 
Joiachim, 3o a. 
Elisée, 40 ans. 
Joiada, 36 ans. 
Johannan, 32 a. 
Jaddus, 20 ans. 
Honias, 21 ans. 



Siméon, i5 ans. 
Honias, i4 ans, 
Eléazar, 32 ans. 
Manassès, 96 a, 
Honias, 24 ans, 
Jésus, 6 ans, 
Honias, 7 ans. 



[ROIS DES RABYLONIENSJ 

En l'an 10 de Raghau, régna le pre- 
mier roi des Babyloniens* : 

1, Nemrod, 69 ans. 
[anarchie, 43 ans] S. 

2. Qombiros, 85 ans. 

3. Somiros, 73 ans. 

4, Kisaronàs, 43 ans. 

5, Arpliaksar, 18 ans. 

6. anarchie, sept ans. 

Total des années des Babyloniens : 347 ans. 

ROIS DES ASSYRIENS 

i. Bilos Br,),oç, 62 ans. 
Abraham naquit en l'an 36 de Bélos, 

2. Ninos Ni'voî, 52 ans. 

3. Smirm £s[jiipa(j,i;, 46 ans, 

4. Zamios Zàpirjç, 38 ans, 

5. Arikos "Apeio;, 3o ans. 

6. Adlios 'ApdcXioî, 40 ans. 

7. Ksrksis Eép^ï);, 3o ans. 

8. Armamitros 'ApixotutOp/i;, 38 ans. 
g. Bilos BriXwxo!) 36 ans. 

10. Balaos BaXoîoç, 52 ans. 

11. Atros 'AX-râSaç, 72 ans. 

12. Mamos Mâ[j.u6oi;, 3o ans. 
i3. Maiklos Maa-yjiXsMv, 3o ans, 
14. Spros Sçaîpoç, 20 ans. 

i5. Mamlos Môp;u).o;, 3o ans, 

16. Sprtos ^LitâpeOo;, 4o ans. 

17. Astqris 'A(7xaTâST]c, 4o ans. 

18. Amutis 'AiiûvTYn, 45 ans. 

19. BalprosS BaXsxôpric, 3o ans. 

20. Bilokos Bt|),(i)xo?, 45 ans, 

21. Lmpriris AajmptSri?, 32 ans. 

22. Sosros S(o<iâpY)î, 20 ans. 

23. Lmpris Aa(x.7tapT|{, 3o ans, 

24. Panupos Kavjà;, 45 ans. 

25. Sosrkos SM<rap(ioi:, 19 ans. 

26. Mitdos Mi6patoç, 27 ans. 

27. Totanis TauTâvi)?, 3i ans. 



1. A compléter ainsi d'après le texte. Cf, le tableau, t. I, p, 228, — 2. Lire ainsi (cf. t. I, 
p, 77); ms, et vers. ar. : 100 ans (!). — 3. Comp. ci-dessus, p. 428. 

4. Comparer ce tableau avec celui du corps de la Chronique, 1. 1, p, 28, et avec le texte, p, 23-27. 
— 5. A rétablir d'après le tableau de la p. 28. — 6. Les n"" 19 et 20 sont interverlis. Nous ne- 
signalons pas ces fautes par la suite, non plus que les omissions. 



APPENDICE I 



435 



^8. Taoaos TeuTaïoç, 40 ans. 

29. Ainos ©ivaîoç, 3o aas. 

30. Daronos AspxûXo;, 4o ans. 
3i. Auplmis EÙTtâliir];, 38 ans. 

32. Laosatinos AaodOévri;, 45 ans. 

33. Partiaris Htpziâ&qi, trente ans. 
34» Aupratos 'OçpaTaîoç, 20 ans. 

35. Au])rtis 'OçpocTévïjç, cinquante ans, 

36. Auraparis 'Axpavâvr,;, 43 ans. 

37. Aonos ©tôvoç, 20 ans. 

Vci l'empire passa des Assyriens aux 
Mèdes 1. 

[ROIS DES ÉGYPTIENS] 

En l'an 100 de Raghau, régna le roi 
des Egyptiens^ : 
Panopos, 46 sfs. 
Apropios, 48 ans. 
[Sânos, 60 ans] 3. 
Para'on, 35 ans. 
Barimon, 43 ans. 
Apitos, 32 ans. 
Aurakos, 33 ans. 
Samos, 30 ans. 
Armis, 27 ans. 
Total des années : 325*. 

XVIe Dynastie, thébaine : 190 ans5, 

11. Amosios, 3o ans 6. 

XVn= Dynastie'. 

12. Stios Saftïic, 19 ans. 
i3. Nun Bvtov, 4o a°s. 

i4. Armis "Ap^Xi];, 3o ans. 
i5. Apopis "Atpwî>îc, 14 ans. 

16. Amopis "A|j.(oiîiî, 25 ans. 

17. 'kron Xeêpojv, i3. 

18. Amnopis 'Ajitisvcofi;, 21 ans. 



19. Mipris Mi9p:^;, 12 ans. 

20. Mispr MidçpayjjiouOijKn;, 16 ans. 

21. Tutmsis Toû9n.wat;, neuf ans. 

22. Zamanopti 'Aptévioyi;, 3i ans. 

23. Auros "ûpo;, 38 ans. 

24. Aonkris 'A/sv/IpuTij, la ans. 

25. Atodos "A9(»piî, 16 ans. 

36. Akrdis 'kxzç(ir\i, 8 ans. 

27. Barkris Xepp5i;, i5 ans. 

28. Aomaos 'Ap[j.ai;, 5 ans. 

29. R'msis 'Pa(ji£c7(jii{, 68 ans. 

30. Manopis MévM^îCî, 40 ans. 
3i. Satos SéSwç, i5 ans. 

32. Rmapsis 'Pa|iij<if]?, 66 ans. 

33. Amanopis 'A^.îv£cp9î;, 26 ans. 

34. Taoadis ©oOwpi;, 7 ans. 

35. Manatos, 178 ans 8. 

XX« Dynastie qui est aussi appelée 
Dios[polite]9, dans laquelle il y eut de 
nombreux gouverneurs. 

37. Qusnis fouaévviic, 46 ans. 

38. Lapdkris Neçe'/ep^^c, 4 ans. 

39. Amanopatis 'AficvMçôi'ç, g ans. 

40. Ausokoris 'Offo^œp, 6 ans. 

41. Psiakos 'Fivâ/Y]{, 9 ans. 

42. Psusabis ^ouuévvyjç, 35 ans. 

43. SasonkoslO SsdÔYXoxfiî, 21 ans. 
44- Ausorton 'OaMpOtôv, i5 ans. 

45. Taqalolis TaxéXMÔiç, i3 ans. 

46. Patokastis IleTouëâo-Ti;, 16 ans. 

47. Aurston '0(j(i)p6(iv, g ans. 

48. Psmos 1Fa(ji(ioOç, g ans. 

49. Bskros B6);x<«>P'«, 45 ans. 

Kousites : 
Sabaqon Sa6âxMV, 12 ans. 
Tarakos Tapaxô;, 20 ans. 



1. Cf. t. I, p. 223, n. 2. — 2. Comparez ce premier tableau avec celui du corps de la Chronique, 
t. I, p. 28, basé sur le texte p. 20-27. — 3. A rétablir d'après le tableau de la p. 28. -^ 4. Il ne 
paraît pas utile de relever le désaccord entre les chiffres donnés ici et ceux du texte ou des 
tableaux de la première partie de la Chronique. — 5. Plusieurs noms mentionnés dans le texte 
(t. I, p. 27-33) ne figurent pas ici. — 6. Ce nom se lisait probablement dans la lacune de la p. 20 
du texte. Le n» 11 est assigné à ce prince parce qu'après les neuf rois du premier tableau, la 
XVI« Dynastie occupe la 10° place. — 7. Cf. t. I, p. 37. — 8. Sic ms. ; cf. t. I, p. 216, n. 6. — 

9. Lire ainsi; la version ar. donne ici la bonne leçon. — 10. Le nom de ce roi étant donné 
sans numéro d'ordre dans le ms., les chiffres suivants se trouvent déplacés. La vers. ar. les donne 
■correctement. 



436 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Amaris "Annepis, 12 ans. 

Stapinatis STe<pivc(8i«, sept ans. 

Nakpasos Ncxe'l'tos, six ans. 

Nabu NE/au, 8 ans. 

Aupsamit.... W!ip.\i.r]ttxoi, 44 ans. 

Nabau N£-/a<4, 6 ans. 

Psamusti YaiiliOÛOiç, ly ans. 

Auparis OCaçpiç, 25 ans. 

Amosios "Ajj.w(iiç, 44 ans. 
Icj cessa cet empire, quand Camhyse le Perse 
régna sur l'Egypte i. 

Après que l'empire d'Egypte eut été pendant 
412 ans sous le joug des Perses, les Égyptiens 
se révoltèrent et se donnèrent des rois : 

Amurtos 'A;i.upTato;, 6 ans, 

Lapritios NsçEpixT]?, 6 ans. 

Akoris "A/wpt;, 12 ans. 

Psmutis ^«nt'o'^S'-S, un an. 

Iqtiabis Nexiavlêiî, 18 ans. 
Puis ils furent de nouveau sous le joug des 
Perses, jusqu'à Alexandre fils de Philippe le 
Macédonien, 

ROIS DES SICYONIENS : 

1. Aiglus AiytaXeûî, 42 ans, 

2. Auropos EO'poi}', 45 ans, 

3. Talkin TeXxiv, 20 ans. 

4. Apios "Aiciç, 25 ans. 

5. Talkaion ©sXÇiiov, 52 ans. 

6. Agodis Aî'yjSpo;, 12 ans. 

7. ïaurima ©oupi(i.3c/oç, 48 ans. 

8. Luqipis Aeûxuntoi;, 18 ans. 

9. Maspos MIo-traicoç, 46 ans, 

10. Altos "EpaTOS, 40 ans. 

11. Pamaos IlXriixvatoc, 40 ans. 

12. Aurtoplis 'Op66iro>iç, 63 ans. 
i3. Martios MapaOtivto;, 3o ans. 
14. Martos MdtpaOoç, 20 ans. 

i5. Kurus 'E/upsûç, 35 ans. 

16. Qoraqos KôpaÇ, 3o ans. 

17. Apopus 'EnoTreûç, 4l ans. 



18. Lomadon AaojiISMV, 40 ans. 

19. Siquan Sixuiiv, 44 ans, 

20. Polukos noXû6o;, 4o ans. 
ai. Ikanos "Iva^o;, 42 ans, 

22. Postos $aî(TToç, 8 ans. 

23. Ardsts "ASpaffTo;, 4 ans. 

24. Polupilos Tlol\)ifliSrji, 3i ans. 

25. AgamamonS, 35 ans. 

26. Palsgos UAaafôç, vingt ans. 

27. Duksipos Zsû^imio;, 3i ans. 

Jci cessèrent les rois des Sicyoniens. Leur 
temps se prolongea 961 ans, sous 27 rois^. 

[ROIS DES ARGIENS] 
Ici, à cette époque*, commença l'em- 
pire des Argiens : 

1. Ainakos "Iva^oc^ 5o ans. 

2. Poros ^opwveûi;, 60 ans. 

3. Apis "Aitiç, 35 ans, 

4. Argos "Apyoç, 70 ans. 

5. Aqrisos Kpîaffoç, 14 ans, 

6. Porkos *op6a;, 35 ans. 

7. Tripos Tpwnaç, 47 ans, 

8. Qrotopos KpÔTOito;, 21 ans. 

9. Stnalos SOévsXo;, n ans, 

10. Daoaosg Aavaôc, 3o ans. 

11. Abas "A6aç, 23 ans. 

12. Protos IIpoîTOî, 3o ans. 
i3. Aqrisios 'Axpi'dioc, 3o ans. 

Ici 5 cessa cet empire des Argiens, et il 
passa aux 

iHYCÉNIENS : 

1. Aurostos Eùpuo-OeO;, 45 ans, 

2. Atros 'Arpsûî, 66 ans. 

3. Aurstos 'Op£ijTii]ç, 7 ans. 

4. Tisamiios Tcuaixevoç, 55 ans, 

5. Agammnon 'AYapiéiivuv, 35 ans 6. 
L'empire des Mycéniens cessa^ après avoir 

duré environ 200 ans, sous 5 rois. 



1. Cf. t. I, p. 229, n. 12, — 2, Ce nom est passé ici de la colonne voisine (Mycéniens) et n'ap- 
partient pas à la liste des rois Sicyoniens, qui ne devrait comprendre que 26 noms ; cf. t. I, p. 216. 
Même erreur dans la vers. ar. — 3. Cf. t. I, p, 56, Il faut sans douta lire : ^? i-^^», 

4. C.-à-d. du temps de Jacob; cf. t. I, p. 37 et 208, mais notre tableau n'est pas disposé correc- 
ment dans le ms. — 5, C.-à-d, du temps de Débora; cf, t. I, p. 50, 214. 

6. Devrait être le 3" dans la liste ; il est aussi déplacé dans la vers , ar, — 7. Cf. t. I, p. 58, et 217. 



APPENDICE I 



437 



[ROIS DES ATHÉNIENS] 
A cette époque ' commença cet empire 
des Athéniens : 

1. Miqropos Klxpo']/, 5o ans. 

2. Qrios Kpavaoç, g ans. 

3. Qliqton 'A\ifiKTjtùv, lo ans. 

4. Ariktonios 'Epr/Oôvtoç, 5o ans. 

5. Pndion IlavSi'wv, 40 ans. 

6. Ariktus 'Eps/eeuç, 5o ans. 

7. Qqropos Ké/.po4i, 4° ans. 

8. Pandion navBiuiVj i5 ans. 

9. Aguspr AIyeÙ? IlavSîOvo;, 48 ans. 

10. Aisus ©Kidsû;, trente ans. 

11. Mâisatus MevetrGîûCj 23 ans. 

12. Dimopon Aïjijioçwv, 33 ans. 
i3. Auksntis '05ijvti;, 44 ans. 

14. Pidos 'A(fe:5xî, un an. 

15. Amotis ®u(ji,ocTrî;, 8 ans. 

16. Malaitos MéXavOc?, 3o ans. 

17. Qodros KoSpoç, 27 ans. 

18. Mazog MéSoJv, 20 ans 2. 

19. Akoststos "AxaoToç, 36 ans. 

20. Arkipos "ApyiiTOo;, 19 ans. 

21. Tadasipos ©épsiuTto;, 4i ans. 

22. Po.rkas *ôp8aç, 3i ans. 

23. Amagalis ME^axiriç, 3o ans. 

24. Dioganitos AiiyvYjTOî, 28 ans. 

25. Paraqlos ^IpExXoj, 19 ans. 

26. Aripron 'Apsçpptov, 20 ans. 

27. Tasapis Qeamzii, 27 ans. 

28. Agamilor 'AyaiAiîuTwp, 2o ans. 

29. Aksulos At^x^'oç, 23 ans. 

30. Âlqmaon 'AXx|j.aîii)v, 2 ans. 
3i. Baropos Xàpoi}', 10 ans. 

32. Asmidos A(iii|i.t8ï]{, 10 ans. 

33. Qlidiqos KXeiStxo;, 10 ans, 

34. Aipomanis 'Iwtcoiiévïjc, 10 ans. 

35. Laoqrtos AswxpâTYi«, 10 ans. 

36. Apsndros "AiJ/av8poç, 10 ans. 

37. Aruksias 'Ep-jÇiac, lO ans. 
Ici cessa Vempire des Athéniens. 



[ROIS DES LATINS] 
Ici, à cette époque ', commença cet 
empire des Latins : 

1. Aiis Alvst'aç, 3 ans. 

2. Asoanis 'A<7xâvio{j 38 ans. 

3. SiJuanos EiXoJio;, 29 ans. 

4. Anias Aîvetaç, 3i ans. 

5. Latinos Aârivoç, 50 ans, 

6. Albas, 'AvayâXëaç, 39 ans. 

7. Apotos Aî'YuitTo;, 36 ans. 

8. Qapos KâitOî, 28 ans. 

9. Pantos, KapTiivTOî, i3 ans. 

10. Tibrios Tiêlpio;, 8 ans. 

11. Agripas, 'AypTOreas, 41 ans. 

12. Arabolos 'ApIjiouXoç, 19 ans. 
i3. Auantios, AÙsvtioç, Sg ans. 
14. Proqlos Ilpôxavoî, 28 ans. 
i5. Amulos 'AjioùXoi;, 23 ans. 

Ici ces Latins furent appelés Romains : ce 
sont les Francs •*. 

ROIS DES ROMAINS : 

1. Romalis 'P(0|ji.OXo{, 38 ans. 

2. Numas Nougjiâc, 4( '>ds. 

3. Tulos ToOXXoç, 32 ans. 

4. Anqios "Ayxtoç, 23 ans. 

5. Salautis OoriXio; (?), i5 ans. 

6. Trquainos Tapx\ivtoç, 37 ans. 

7. Salbios Sepoûîo;, 34 ans. 

8. Trquainos TapxOvio;, 35 ans. 

Jci cessèrent les rois des Romains 5. 

[ROIS DES CORINTHIENS] 6 

1. Alitis 'AX^TY);, 35 ans. 

2. Ibsion 'IÇi'uv, 37 ans. 

3. Labotis AaëcoTYjjj 37 ans'. 

4. Prumanis IIpûiJiviiîj 35 ans. 

5. Bapkis Bâx)(r]î, 35 ans. 

6. Agis 'Aysiai, 3o aas. 

7. Audimas EiîSritioç, 25 ans. 

8. Aristomidi 'Apt(jTO(iiiiSTi;, 35 ans. 



1. C.-à-d. à l'an 461 d'Abraham ; cf. t. I, p. 210, n. 11. — 2. Cf. t. I, p. 218, n. 3. 

3. Cf. t. I, p. 55. — 4. Cf. t. I, p. 81. — 5. Cf. t. I, p. 230, n. 4. — 6. Cf. t. I, p. 58. — 7. Ce 
nom appartient à la série des rois des Lacédémoniens, où il doit occuper le 4' rang, au lieu 
d'Agélas dont la place est ici. La même permutation existe dans la vers, arabe. 



438 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



9. Aigimon 'A^■rn>.u>^^, 16 ans. 

10. Alksndros 'AXlSavSpoç, 25 ans. 

11, Talastis Tslldtïiî, la ans. 
i2. Autmanis AÛto|j.évï);, un an. 

Ici cesser eut ces rois des Corinthiens, dont 
la durée se prolongea pendant 3^3 ans i, 

ROIS DES LACÉDÉMONIENSî 

I. Aurostos EùpuirBsij;, 44 ans. 
a. Agis "Ayt;, un an. 

3. Anstrtos E^sffTpaTÙç, 35 ans. 

4. Aglaos 'A^éXaç, 37 ans 3. 

5. Dodostos Aipuafioç, ag ans. 

6. Agisilaos ' A.yri<siXaai, 44 ans. 

7. Arklaos 'Ap^jéXaoç, 60 ans. 

8. Tllamos TtiXexto;, 40 ans, 

9. Alkmanos 'AXxafjiévïi?, 34 ans. 

Ici cessa cet empire des Lacédémoniens, qui 
avait duré 376 ans, pendant lesquels il y eut 
•9 rois * . 

[ROIS DES MACÉDONIENS] 

Ici ' commença l'empire des Macé- 
doniens : 

1. Qrmos Kâpavoç, aS ans. 

2. Qonos Koivôç, 12 ans. 

3. Turimas TOptuag, 38 ans. 

4. Prdlqas IlîpSîxa;, 57 ans. 

5. Argaos 'Apyiitoç, 38 ans. 

6. Pilipos «fiXijncoç, 38 ans. 

7. Aaropos 'AEpôitaç, 26 ans. 

8. Alutas 'AXxETÔc;, 29 ans. 

9. Amuntos 'Aij.uvTa;, 5o ans. 

10. Alksndros 'AXéÇavSpoî, 43 ans. 

II. Prdiqas IXspSixïç, 28 ans. 
12. Arklaos 'Ap/IXaoç, a4 ans 6. 

[ROIS DES LYDIENS] 

Le royaume des Lydiens commença 
à cette époque'; le premier roi des 
Lydiens fut : 

I. Adros "ApSuaoç, 36 ans. 



2 Aluatis 'AX'jdcTri;, i4 ans. 

3. Milis MîXïi;, 12 ans. 

4. Qndulis KavSajXrjî, 17 ans. 

5. Gugis rûyY);, 36 ans. 

6. Adros "ApSj!7o;, 38 ans. 

7. Salutis SaXuârr]C, 55 ans. 

8. Aluatis 'AXudtTïjc, 29 ans. 
g. Qrosos KpoïtTo;, i5 ans. 

Ici finit cet empire des Lydiens, quand ré- 
gna Cyrus le Persan. La durée des Lydiens est 
de 232 ans 8. 

ROIS DES MÉDES 9 : 

1. Arbaqios 'ApSâxï);, 28 ans, 

2. Sosrmos i3(û(iap}j.oç, 3o ans. 

3. Mamqs Mav5ayxYi<, i3 ans. 

4. Diaisis, Aioc'xï);, 14 ans. 

5. Qurkaos, 'ApTiixa;, i3 ans. 

6. Praortis ^potôpTU)?, 24 ans. 

7. Quakrisis Kualâpr);, 32 ans. 

8. Astuagis 'Adwayr];, 38 ans. 

Ici 10 cessa l'empire \des Mèdes, qui passa] 1 * 
aux 

PERSES : 

Quros K'jpoç, 3o ans. 

Qambusis Kan6'jiTr)«, 8 ans. 

fralres Magi Màyo: àSsXyoi, sept mois . 

Dariaus Aapsïo;, 36 ans. 

Ksrksis SépÇy;;, 21 ans. 

Rtabanos 'ApTà6avo{, 7 mois. 

Artksar 'ApTa^ÉpÇriç, 26 ans. 

Ksraksis Eép^r);, 2 mois. 

Sogdianos SoySiavô?, 7 mois. 

Dariaus AapEîo;, 19 ans. 

Artaksrksis 'ApTalspÇriç, quarante ans. 

Aubos "û^oÇj 24 ans. 

Arsios Apirric, 4 ans. 

Darius Aapsïoî , 6 ans. 
Ici 12 cessa Vempire des Perses, quand 
Alexandre tua Darius. L'empire des Perses 
dura 23r ans. 



1. Cf. t. I, p. 79. — 2. Cf. t. I, p. 58. — 3. Cf. p. 437, n. 7. — 4. Cf. t. I, p. 79. — 5. Cf. t. I, 
p. 223, n. 6. — 6. Ici s'arrête la liste, au bas de la p. 743. Elle aurait dû continuer à la page 744 
jusqu'à Alexandre (cf. t. I, p. 231), mais la col. est restée en blanc dans le ms., et de même dans 
la vers, arabe. — 7. Cf. t. I, p. 78. — 8. Cf. t. I, p. 229, n. 9. — 9. Cf. t. I, p. 77 et 223, n. 1. — 
10. Cf. t. I, p. 229, n. 7, — 11. A restituer d'après la vers, ar, — 12. Cf. t. I, p. 232, n. 3. 



APPENDICE I 



439 



A cette époque' régna Alexandre^ fils de Philippe le Macédonien, qui mit fin à tous 
ces empires, 6 ans. 

Après sa mort de nombreux princes s'élevèrent de nouveau, entre autres ceux qui 
sont mentionnés ci-dessous: 



Sur LE3 Hébreux : 

Judas Macchabée, 3 a. 
Jonathan, ig ans. 
Siméon, 8 ans, 
Hyrcanus, 26 ans. 
Aristobulus, un an. 
Jannaeus, 27 ans^. 
Âlexandra, 9 ans. 
Hyrcanus, 34 ans. 

[Rois :] 

1. Hérodes le Philis- 

tin 3, 37 ans. 

2. Archelaus, g ans. 

3. Hérodes, 24 ans. 

4. Agrippas, 26 ans. 

5. Agrippas, 7 ans. 

Ici cessa totalement 
la royauté des Hé- 
breux, et la succession, 
quand Jérusalem fut 
détruite par Yespa- 
sien *. 



Sur Babïl Et la Perse : 

Seleucus Nicator, 32 a. 
Antiochus, 19 ans. 
Antiochus II, i5 ans. 
Seleucus, 20 ans. 
Anlioch. Magnus, 36 a. 

Sur la Syrie, l'Asie 
ET Babel : 

Seleucus, 12 ans 
Antiochus, ri ans. 
Antiochus, 2 ans. 
Demetrius, 12 ans. 
Alexandre, 9 ans. 
Demelrius, 3 ans. 
Antiochus, 9 ans. 
Demetrius, 4 ans. 
Antiochus, 12 a. 
Antiochus, 18 ans. 
Philippus, 2 ans. 

Ici cessa l'empire 
des Grecs en Syrie, à 
Bahylone^ en Egypte et 
en l'erse^. Celte princi- 
pauté avait duré l'es- 
pace de 220 ans. — 
Que celui qui lit, prie. 



En Asie et en Sf rie : 

Antigonus, [1]8 aus. 
Demetrius, 17 ans. 

Alors vint Seleucus 
qui tua Demetrius en 
Cilicie, et régna aussi 
sur la Syrie, l'Asie, la 
Bahylonie et la Perse ". 

En Macédoinb : 

Philippus', 7 ans. 
Cassandro, 19 ans. 
Ses fils, 4 ans. 
Demetrius, 5 ans. 
Pyrrhus, 7 mois. 
Ptolémée, un an. 
Méléagre, 2 mois. 
Antipater, un mois. 
Sosthenes, 2 ans. 
Antigonus, i5 ans. 
Philippus, 42 ans. 
Persée, 5o ans. 

Ici finit l'empire des 
Macédoniens, qui dura 
i58 ans. 



A Alexakdbie : 

Ptolémée [..] ana. 
Ptolémée II, 38 ans. 
Ptolémée III, 26 ans. 
Ptolémée IV, 17 ans. 
Ptolémée V, 24 ans, 
Ptolémée VI, 36 ans. 
Ptolémée VII, 29 ans. 
Ptolémée VIII, 17 ans. 
Ptolémée IX, 8 ans. 
Ptolémée X, 10 ans. 
Ptolémée XI, ,. ans. 
Dionysius, 3o ans. 
Cléopâlre, 22 ans. 

Ici finit l'empire des 
Lagides en E gyp te , 
après qu'il eut duré 
296 ans^. 



RO.MAINS. 

[743] Ici, à cette épo- 
que', commença le der- 
nier empire des Romains, 
dans la ville capitale de 
Rome. 

I. Gaïus, 5 ans. 



2. Augustus, 56 ans. 

3. Tiberius, 23 ans. 

4. Gaïus, quatre ans. 

5. Claudius, [ i]3 ans. 

6. Nero, i3 ans. 

7. Espasinus, 9 ans et i m. 

8. Titus 11', 2 ans, 2 mois. 

9. Domitianus, i5 ans et 2 m. 



9. Nerva *', un an. 

10. Trajanus, 19 ans et 5 mois. 

11. Adrianus, 21 ans. 

i2. Titus Antoninus, 22 a. ,3m. 
i3. Marcus Aurelius, 19 ans, 
14. Commodus, i3 ans. 
i5. Pertinaxl2, 6 mois. 
16. Severus, 18 ans. 



1. Cette notice est placée dans le tableau à l'époque de Honias, grand-prêtre des Juifs; cf. t. I, 
p. 113, 232. — 2. Ms. : 57 ans. — 3. Lire : U^i^iS. — 4. Cf. t, I, p. 161, 168. — 5, Cf. p. 128, 
129. — 6. Cf. p. 232, n. 8. — 7. Ph. Aridaeus. — 8. Cf. t. I, p. 136. 

9. Cf. t. I, p. 134. — 10. Ms. et vers, ar : Trajanos. — 11. Sic ms., avec répétition du n° 9; cf. 
p. 440, n. 2. — 12. Ms. et vers, ar, ; Padatinakos. 



440 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



17. Antoninus, 7 ans. 

18. Macrinus, un an. 

19. Antoninus, 4 aïs. 

20. Alexandre f, de Marna, 1 3 a. 

21. Maximus, 3 ans. 

22. Gordianus, 6 ans, 

23. Philippus, 6 ans. 

24. Decius, un an. 

25. Gallus, a ans. 

26. Valerianus, i5 ans, 

27. Claudius', un an. 

28. Aurelianus, 5 ans. 
3o. Tacitus, 6 mois 2. 
3r. Probus, 6 ans. 

32. Carus, 2 ans. 

33. Diocletianus, 20 ans, 

34. ConstantinusMagnus, 34a. 

35. Constant., 32 ans. 

36. Constant. 3, 21 ans. 

37. Julianus, 2 ans. 

38. JoTÎnianus, 7 mois. 

Sg. Valenlinus et Valens avec 

40. Theodosius, 16 ans et 8 m. 

41. Arcadius a>'ec Honorius e< 

Gratianus*, i4 ans. 
43. Theodosius, 42 ans. 

43. Marcianus, 4 ans, 6 mois. 

44. Léon, 8 ans. 

45. Léon le jeune, lO mois. 

46. Zéiion, 16 ans. 

47 Anastasius, 27 ans. 

48. JustinianusS, 9 ans. 

49. Justinianns, 38 ans. 

50. Justinianuse, i3 ans. 

ROIS DES PERSES : 

En l'an 4 d'Alexandre 
fils de Marna, roi des Ro- 
mains, surgit Ardasir, et 
il vainquit de nombreux 
roisenOrient : iltriompha 
et régna seul. De là com- 



mença le dernier empire 
des Perses, qu'on appelle 
des Sassanides7. 

1. Ardasir, i5 ans. 

2. Sabôr, Si ans. 

3. Hormizd, 2 ans 8. 

4. Warahran, 11 jours. 

5. Warahran, fils de Wah- 

raran, 17 ans. 
Q. Warahran Sagansaho, 4 ™. 

7. Narsê, 7 ans et un mois. 

8. [Hormizd, 7 ans.] '(• 

9. Sabôr, 69 ans et 6 mois. 

10. Ardasir, 3 ans et 8 mois. 

11 . Sabôr, 4 ans. 

12. Warahran, 10 ans, n mois. 
i3. Yezdegerd, 21 ans. 

i4. Walirahran, 22 ans. 
i5. Yezdegerd, 19 ans. 

16. Pêroz, 27 ans. 

17. Balous, 4 ^o®. 

18. Qawad, ir ans. 

19. Damasp, 2 ans. 

20. Qawad, 3o ans. 

21. Kosrau, 48 ans. 
22 Hormizd, i2 ans. 

23. Kosrau, 38 ans. 

24. Siroi, 9 mois. 

aS. plusieurs persans, 2 ans. 
27. Yezdegerd, 12 ans. 

Ici cessa le dernier empire 
des Perses, qui dura 4i8 ans ; 
et Vempire d'Orient passa 
aux Arabes musulmans ". 

[ROIS DES GRECS ET DES 
RO.MAINS] 

Ici commencèrent les 
empereurs Grecs à Cple'^. 
(5i) i. Tiberius, 4 ans. 
{62) 2. Mauricianus, 20 ans. 



(53) 3. Phocas, 7 ans. 

(54) 4- Heraclius, 32 ans. 

(55) 5. Constantinus, 27 ans; 

(56) 6. Constantinus et ses 

frères, 16 ans. 

(57) 7. Justinianns, 10 ans. 

(58) 8. Leontius, 4 ans. 

(59) 9. Tiberius, 7 ans. 

(60) 10. Justinus, 6 ans. 

(61) II. Philippicus, 2 ans. 

(62) 12. Anastasius, 2a. et 5 m, 

(63) i3. Léon, 24 ans, 

(64) i4- Constantinus, 34 ans. 

(65) i5. Léon, 5 ans. 

(66) 16. Constantinus, 22 ans. 

(67) 17. Nicephorus, 8 ans. 

(68) 18. Stauricius, un an. 

(69) ig. Michel, un au. 

(70) 20. Theophilus, i3 ans. 

(71) ai. Michel, 25 ans. 

(72) 22. Basilius, 2 ans. 

(73) 23. Léon ,.. ans et 3 m. 

(74) 24- Alexandre, un an. 

(75) 25. Constantinus, 55 ans. 

(76) 26. Romanus, 6 [ans]. 

(77) 27. Constantinus, 4 ans, 

(78) 28. Romanus, 3 ans. 

(79) 29. Nicephorus, 11 mois. 

(80) 3o. Iwauè Soumiskê,3ans. 

(81) 3i. Basilius, i5 ans. 

(82) 32. Constantinus seul, 2 a. 

(83) 33. Romanus, 5 ans. 

(84) 34. Michel, 8 ans. 

(85) 35. Constantinus, 12 ans. 

(86) 36. Theodora, un an. 

(87) 37. Michel, un an. 

(88) 38. Isaacius, 2 ans. 

(89) 39. Const. Ducas, 

(90) 4o. Diogenès, 3 ans. 

(91) 4r. Michel, g ans. 

(92) 42. Nicephorus, 2 ans. 

(93) 43. Alexis, 38 ans. 



1. Ms. : Qlaurelianos ». — 2. Sic ms. et vers, ar., avec omission du n» 29. — 3. Sic ms., en 
abrégé ; la vers, ar. omet le n» 36. — 4. Sic ms. et vers. ar. ; le nom est écrit : Tratianos (TpaxiavSç 
pour rpaxiavôç). — 5. Sic; Justin I. — 6. Sic; Justin II, — 7. Cf. t. I, p. 256. — 8. Ms. : 10 aus. 
9. Ms. : SagHh-^ cf. t. I, p. 256. — 10. Omis dans le ms. et la vers. ar. ; cf. t. I, p. 255. — 11. Cf. 
t. II, p. -524. — 12. Cf. t. II, p. 316. 



APPENDICE I 



441 



(94) 44- Iwannê, 26 ans. 

(95) 45. Manuel, 38 ans. 
96) 46. Alexis, 3 ans. 

(97) 47- Andronicus, 3 ans, 

(98) 48' Isaacius. 

fROIS DES ARABES] 

Ici' commença l'empire 
des Arabes musulmans. 

1. Mohammed, 7 ans. 

2. Abou Bekr, 2 ans. 

3. 'Omar, 12 ans. 

4. 'Othman, i2 ans. 

5. anarchie, 5 ans. 

6. Mo'avia, 20 ans. 

7. Yézid, 3 ans et 6 mois. 

8. Marwan, un an. 

9. 'Abdalmélik ^, 20 ans, 

10. Walid, 9 ans. 

11. Soleiman, 2 ans, 8 mois. 

12. 'Omar, 2 ans, 5 mois. 
i3. Yézid, quatre ans. 
l4. Hisam 3j ig ans, 

i5. Walid, un an. 

16. Yézid, quelques jours. 

17. Ibrahim, 2 ans. 

18. 'Abdallah régna dans le 

Khorasan, t^ ans, et 

19. Marwan, à Damas, 5 ans. 

20. Abou Dja'far, 20 ans. 

21. Mahdi, 9 ans. 

22. Mousa, un an. 

23. Haroun Rasid, 23 ans. 

24. Ahmed Amin, 4 ans. 

25. Mamoun, 20 ans. 

26. Abou-Ishaq, 8 ans. 



27. Haroun Watiq, 6 ans. 

28. Dja'far, 4 ans. 

29. Moliammed, 6 mois. 

30. Ahmed, 3 ans. 

3i. Abou "Abdallah, 3 ans. 

32. Mouhtadhi, 11 ans, 

33. Ahmed, [i3 ans]. 

34. [Abou']l-'Abbas, 21 ans*. 

35. Abou Dja'far, un an, 

36. Moustadhi, 24 ans. 

37. Abou Mançour, un an. 

38. Abou '1-Abbas, 7 ans. 

39. Abou Ishaq, 4 ans. 

40. Abou '1-Qasim5, 6 ans. 
4i. Abou '1-Fadhl, 29 ans. 

42. Abou Bekr, 19 ans. 

43. Abou '1-Abbas QadirS, 

44 ans. 
A partir d'ici ces khalifes 
commencèrent à résider à 
Bagdad. 

Depuis le moment où les 
Turcs régnèrent dans le Kho- 
rasan, les Khalifes arabes ré- 
sidaient à Bagdad : 

44. Dja'far Qahir^, 44 ans. 

45. Abou '1-Qâsim 8, 20 ans. 

46. Moustadher, 11 ans. 

47. Râsîd, 4 ans. 

48. Mouqtafî^, i3 ans. 

TURCS 
qui régnèrent dans le Khora- 
san. 

1. Togril-bek, 25 ans. 

2. Alb-Arslan, n ans. 



TURCS DE BITHYNIE 

i. Soleiman, 10 ans. 

2. Kilidj-Arçlan, 25 ans. 

3. Mas'oud, 44 ans. 

4. Kilidj-ArslaalO^ 4^ ans. 

5. Ses fils. 

TURCS DE CAPPADOCE 

1. Tanousman, 19 ans. 

2. Ghâzî, 3i ans. 

3. Mohammed, 9 ans. 

4. Ya'qoub-[Ar]çlan't, 2i ans. 

5. Isma'il, 9 ans. 

6. Danoun, 2 ans. 

Ici cessa cette principauté, 
et le sultan Kilidj-Arçlan ré- 
gna 12. 

ROIS DES FRANCS 
A JÉRUSALEM 

1. Godefroy, 2 ans. 

2. Baudoin, 7 ans. 

3. Baudoin. 

4. Foulques, 7 ans. 

5. Baudoin, i3 ans. 

6. Amaury, 12 ans. 

7. Baudoin, n ans. 

8. Baudoin, un autre, 3 ans. 
Ici cessa [cet empire] et 

les Turcs occupèrent Jérusa- 
lem 13. 



I. C'est-à-dire à l'époque d'Héraclius; cf. t. II, p. 403, 408. —2. Sic vers, ar. correotenient; 
ms. ; ^Abdallah. — 3. Ms. : Haèim. — 4. Sic vers. ar. Notre copiste a réuni les deux noms des 
n" 33 et 34. — 5. Ms. et vers. ar. : Abulkus. — 6. Notre copiste a dédoublé ce personnage. — 
7. Sic ms. et vers, ar., au lieu de Qatm ; cf. p. 420, n. 6. — 8, L'ordre des Khalifes est, à partir 
d'ici, troublé et incomplet. Cf. ci-dessus, p. 422, n. 6 et 13. — 9. Ms. et version ar. : Moustaft. 

— 10. Ms. et vers. ar. : Migrsln. Cf. ci-dessus, p. 185, n. 10. — 11. Cf. ci-dessus, p, 253, n. 6. 

— 12. Cette notice se lit dans la vers. ar. Elle a été omise par notre copiste; elle était ainsi 
conçue : ^j».^ ^a*» yi^lo Itau,; hw ^V^a lajw. Cf. ci-dessus, p. 357. — 13. Même observa- 
tion. Texte original : xt^A^ol Usïot oj-lo [Uaiao l»w] ^^a Ww. 

III ' 56 



II 



[748] Avec l'aide de Dieu nous consignons le souvenir des empires qui ont été 

CONSTITUÉS DANS L'ANTIQUITÉ PAR NOTRE RACE DES ArAMÉENS, c'eST-A-DIRE DES DES- 
CENDANTS d'ArAM, [qui]' furent APPELÉS SYRIENS OU GENS DE SyRIE. NoUS AVONS 
RECUEILLI AVEC DILIGENCE, DES ÉCRITS AUTORISÉS, LES TÉMOIGNAGES QUI CON- 
CERNENT CES EMPIRES. 

Eusebius, très versé dans ces sortes de choses, établissant d'après les 
anciennes chroniques d'Alexandre Polyhistor, d'Abydenus et autres Ghaldéens, 
la succession depuis Adam jusqu'au déluge survenu du temps de Noé, place 
l'un après l'autre dix rois, dont les noms et les années sont notés en la manière 
que nous les avons rangés plus haut dans ce livre'. Ici, il les appelle encore 
« Chaldéens ». Il montre qu'après le Déluge régna Euvexius' le Chaldéen; et 
après lui Koniasbelos*, et que, depuis le temps de Xisouthros, où eut lieu le 
Déluge, jusqu'au temps où les rois tnèdes s'emparèrent de Babylone, il y eut 
86 rois, selon le témoignage des écrits de Polyhistor et d'Abydenus. Il dit que 
Polyhistor mentionne pour chacun son nom et le nombre de ses années; et 
ensuite il ajoute : « quand l'empire des Chaldéens cessa, 21 rois» mèdes 
régnèrent »; et il dit encore : « Les rois chaldéens régnèrent, au nombre de 
40' », et il rapporte aussi le nom et les années de ceux-ci'. Après cela, les Assy- 
riens mirent fin à l'empire des Chaldéens, du temps de Samiram, et cette période 
comprend un total de 46 rois'. Alors il y eut un roi chaldéen nommé Phoulos, 
que les livres hébreux appellent Phoul; c'est celui qui envahit le pays de Judée. 
Après celui-ci, d'après Polyhistor, vint Sennachérib, dont le prophète Isaïe parle 
en ces termes" : « En l'an 14 d'Ézéchias, roi de Juda, le roi Sennachérib monta 
contre les villes fortifiées, et s'en empara. » Poursuivant l'histoire, il parle de 
Rabsacès, qui fut envoyé par Sennachérib contre Jérusalem. Et Eliacim avec 
Sabna et loaha'* lui dirent : « Parle araméen avec tes serviteurs, car nous com- 



1. Lire : a.poLN, d'après le contexte et la version arabe. — 2. Comp. tome I, p. 6 et 12; ci- 
dessus, p, 433. Notre ms. répète ici, en marge, les noms de ces dix rois avec plusieurs fautes 
dans l'ordre et la durée des règnes : « 1. Aloros, 10 sares; 2. Alomparos, 3 sares ; 3. Almelon, 
13 sares; 4. Amegalaros, 8 sares; 5, Dounobos, 12 sares; 6. Euadonracos, 10 sares; 7. Amemon 
8 sares , 8. Amapasinos, 8 sares ; 9 Otartios, 10 sares ; 10. Xisouthros, 8 sares. » La version 
arabe a introduit ces noms dans le texte. — 3. Eùrjjfto;. — 4. 'S,o)^i(7Si)Xo(:. Ms. et vers. ar. : Komas- 
kelos. — 5. Sic. ms. et vers. ar. ; Eus, : 8. — 6. Sic ms. et vers. ar. ; Eus. : 49. — 7. Cf. Euseb. 
Chron., 1. I; éd. Schoene, p. 24. — 8. Sic ms. ; Eus. : 45. — 9. Is., xxxvi, 1. — 10. IV Reg., 
xviir, 26. Orthographe et vocalisation du texte biblique (vers. syr.). 



APPENDICE II 443 

prenons, et ne parle pas judéen. » On voit par ce témoignage du livre prophé- 
tique que les rois clialdéens et assyriens se servaient de la langue et de l'écri- 
ture araméenne. 

Pourquoi sont-ils nommés Chaldéens, et d'où furent-ils appelés Assyriens? 
Nous pouvons l'apprendre des écrits de Polyhistor et d'Abydenus, avec lesquels 
l'hébreu Josèphe est d'accord, et auxquels a puisé Eusebius Pamphylus', évêque 
de Césarée. Parlant des générations des trois fils de Noé, (Eusèbe') dit : « Sem, 
le troisième des fils de Noé, eut cinq fils qui habitèrent l'Asie, qui s'étend depuis 
le fleuve Euphrate jusqu'à l'Océan' indien. "Élam eut pour descendants les 
Élamites qui sont les ancêtres des Perses; Asour habita la ville de Ninive, et 
donna le nom d'Assyriens à ceux qui lui obéissaient; Arphaxad donna son nom 
aux Arphaxadiens'; et Aram gouverna les Araméens' que les Grecs appellent 
Syriens*. Parmi ceux-ci, 'Ouç'' bâtit Trachon et Damas, entre la Palestine' et la 
Gœlé-Syrie. Ils sont tous appelés, en général, Chaldéens, du nom antique, 
ou Assyriens, c'est-à-dire Athorayê, du nom d'Asour qui habita Ninive. » 

Josèphe, le chroniqueur hébreu, dit des choses qui sont d'accord avec celles 
d'Eusèbe, car il appelle Asùr « Assour », en langue grecque : « Assour, de qui 
proviennent les Assyriens, bâtit Ninive »; et il appelle aussi Chaldéens ceux de 
qui descendent les Assyriens et les Araméens qui sont les Syriens. Beaucoup 
plus loin Josèphe dit : « Les noms, pour l'élégance du langage, ont été grécisés 
par les Grecs, qui sont les Hellènes; il n'en est pas chez eux comme chez nous, 
Hébreux, et le type de leurs noms n'est pas le même que dans notre langue ; 
ils n'ont qu'une seule sorte de noms, dont la terminaison est unique; ainsi ils 
appellent le nom du juste Noah « Nôkos° », et la langue des Grecs observe cette 
manière de faire pouf toute espèce de noms ». 

Puisque nous trouvons de semblables témoignages dans des écrits autorisés, 
par là nous devons comprendre que tous les rois qui furent dans ce pays, et 
qu'on appelle Assyriens et Chaldéens, appartenaient à notre langue, et que 
leurs noms furent changés par les Grecs qui régnèrent plus tard en Asie. 
Pourquoi leurs noms ont-ils disparu et ont-ils été effacés des Livres saints? 
Nous le montrerons dans cette histoire, quand le discours nous en fournira 
l'opportunité. Pour le moment, revenons à l'époque de Sennachérib et voyons 
ce qui est écrit à son sujet. 

[749] Alexandre Polyhistor, parlant de Sennachérib et de Nabuchodonosor, 
dit : « Après Phoul, régna son frère Sennachérib. 11 vint avec une armée contre 

1. Lire : iooà^»abo3. Ms. et vers. ar. : Polyphilos. — 2, Selon notre auteur, le sujet du verbe doit 
être Eusèbe ; mais le texte reproduit plutôt Josèphe, Ant.^ \, vi. Cf. Eus. Ckron., I, p. 74. — 
3. ■«oûjUooI. — 4. Le texte de Josèphe ajoute « qui sont aujourd'hui appelés Chaldéens ». — 
5. Lire : U»»!. — 6. Le cinquième, qui n'est pas nommé ici, est Loud. — 7. Fils aîné d'Âram 
(Jos., loc. cit.). — 8, Lire : '-i..6^ài. ta . — 9. Lire : 'i»o3o) (vers, ar.) ; Nù)-/o;. 



444 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Babylone. Il fut victorieux, prit vivant Sarnelibos' et l'envoya à Athor. Après 
s'être emparé de la Babylonie, il établit son fils Asordanissos' comme roi, à 
Babylone, et repartit lui-même pour Athor. Ayant appris que les Grecs avaient 
envahi la Cilicie, il s'avança rapidement contre eux et en détruisit une grande 
partie. Il laissa un souvenir de victoire en érigeant, à l'endroit, sa statue, et y fit 
écrire les événements en lettres chaldéennes. Il bâtit la ville de Tarse, à l'instar 
de Babylone, et l'appela Tarais, et ensuite il partit pour retourner' dans son 
pays. Il vécut 18 ans, et fut tué par son fils. » Celui-ci* régna 8 ans, et, après lui, 
Hamougios °, 21 ans, et le frère de celui-ci aussi 21 ans ; après eux, Naboupalas- 
soros 20 ans; après celui-ci [Najbouchodonossoros', (pendant 43 ans) '. De sorte 
qu'on compte, depuis Sennachérib jusqu'à Nabuchodonosor, 88 ans. Josèphe 
dit : « Dans nos livres, à nous Juifs, lu trouveras [la même chose]' en les exami- 
nant, depuis Ezéchias jusqu'à Joachim contre lequel vint Nabuchodonosor. » 
A propos de Nabuchodonosor, Josèphe dit, en alléguant le témoignage d'un 
écrit antique^ : « Lorsque le père de Nabuchodonosor, [NJaboupalassar '", 
apprit que le satrape établi sur l'Egypte, la Syrie et la Phénicie, s'était çévolté, 
comme il ne pouvait aller en personne le combattre, il confia à son fils Nabu- 
chodonosor, qui était déjà d'âge viril, une petite partie de son armée, et l'en- 
voya. Nabuchodonosor s'empara du rebelle et soumit de nouveau ces pays à 
leur autorité. Pendant ce temps, son père tomba malade, et quitta la vie" après 
avoir régné 21 ans. Nabuchodonosor, ayant appris la nouvelle, arrangea les 
affaires en Syrie, en Egypte, en Judée, en Phénicie, et donna ordre de conduire 
les captifs à Babylone; lui-même avec un petit nombre d'hommes se hâta de 
rentrer à travers le désert. Il prit possession des affaires qui étaient administrées 
par les Ghaldéens, et commença à régner. Quand les captifs furent amenés, il 
commanda de leur désigner un lieu d'habitation, et avec le butin de la guerre il 
orna le temple de Bel. Il ajouta aussi à la décoration de la ville primitive et de 
l'autre ville extérieure, et pourvut à ce que les gens du pays ou d'autres enne- 
mis ne pussent détourner le fleuve contre elle. Il bâtit trois murs élevés autour 
de la ville intérieure et trois autour de la ville extérieure, en brique cuite et 
en chaux "; il la fortifia considérablement; il orna ses portes ; il ajouta aux palais 
royaux de ses ancêtres des édifices dont il serait trop long de narrer l'élévation 



1. Elibus dans la vers. arm. d'Eusèbe, Chron., I, p. 27. — 2. Âsordanes (ihid.). — 3. Lire : 
;-a-i.| (d'après l'ar.). — 4. Ardamouzanes. — 5. Sammuges {loc. cit.). — 6. Lire : uiooituiojjopaa^ liot; 
Nabucodrossorus {loc. cit.). — 7. Ibid. — 8. Le complément est omis aussi bien dans la vers, 
ar, que dans notre ms, ; « iisdem similia comperit » (vers. arm. d'Eusèbe, /. cit.). — 9. Bérose, 
cité par Josèphe Contra Ap., I, 19; cf. Eus. Chr., I, p. 46. — 10. Même orthographe fautive dans 
la vers. ar. — 11. Litt, ; « échangea la vie », netaVActÇai tôv pfov. — 12. Gr. : eÇ otci^ç ixXévOou xa'i 
àffçâXtO'j- 



APPENDICE II 445 

et l'ornementation'. Il détourna le fleuve Armakales', qui est une branche de 
l'Euphrate, [et] il creusa la fosse Akrokranos • ; son circuit était de 40 parasanges ' 
et sa profondeur de 20 brasses; il y établit des vannes qui arrosaient la plaine 
quand on les ouvrait. Le flot des eaux fut écarté de la mer Rouget II bâlit la 
yille de Térédon', à l'entrée de l'Arabie. Il décora le palais royal d'arbres et de 
jardins suspendus' qui passent pour l'une des sept merveilles. » Plus loin il dit : 
« Nabuchodonosor parut plus puissant qu'Hercule; il pilla et dévasta la Libye 
et ribérie et emmena en captivité (leurs habitants) au sud de la mer'. Il s'enor- 
gueillit et dit : « N'est-ce pas là cette grande Babylone que j'ai bâtie pour ma 
gloire? » comme il est dit dans le livre de Daniel'. Les Chaldéens rapportent 
que, comme il montait au palais royal, un des dieux s'empara de lui, et il 
s'écria : « Moi Nabuchodonosor, ô Babyloniens, je vous prédis la catastrophe 
qui doit vous atteindre! » Ils appellent « dieu » le démon qui s'empara de lui. 

Pour ne pas divaguer, ce peu de choses tiré des écrits de Polyhistor et de 
Josèphe suffit; notre but étant de montrer qu'un empire de notre langue et de 
notre écriture s'est prolongé jusqu'à l'époque de Cyrus le Perse. 

Denys de Tell Mahré expose cela quand il parle ainsi'" : « A l'époque où les 
Israélites étaient fixés en Egypte, deux frères, Syros" et Cilikos, se querellèrent. 
Cilikos s'en alla dans la région au-delà" de la montagne qu'on appelle aujour- 
d'hui Noire, et elle fut appelée de son nom Cilicie. Syros se fixa dans la région à 
l'ouest de l'Euphrate, et elle fut appelée de son nom Syrie. Celle-ci fut partagée 
entre plusieurs, et il y eut (dans cette région) beaucoup de rois qu'on appelle 
« des Syriens ». Les rois Iduméens" sont appelés « rois des Syriens », comme 
il est écrit dans la version des Septante : « Bar Hadad, roi des Syriens, assiégea 
Samarie'* », et : « Les officiers du roi des Syriens dirent à leur maître : Le Dieu 
d'Israël est le Dieu des montagnes*^ », et : « Le [roi] *^ d'Israël dit à ses officiers" : 
Ne savez-vouspasque [7S0]Galaad esta nous? Négligerons-nous de la reprendre 
des mains du roi des Syriens? » — Ainsi, on voit que la Syrie était à l'ouest de 
l'Euphrate; et qu'on appelle par métaphore « Syriens » ceux qui parlent notre 
langue à nous, Araméens, et dont les Syriens ne sont qu'une partie; tout le 



1, Ici s'arrête la citation de Josèphe ; ce qui suit est tiré d'Abydenus cité par Eusèbe, Chron. I 

p. 38. 2. 'AppiaxâXï];.... xéptx; Bùoppircéw. — 3, &'k; vers. ar. : i«aoi|;ûo;ûl o^ ;3^o. L'auteur prend 

ce mot pour un nom propre; « puteum clivi », xiv t£ 'Axpôxavov; pour év "Axpa xatvôv. Eus., I, p. 40. 

4. l.Wll«S. — 5. Sic ms. et vers. ar. (•o^^-^ao); le texte est manifestement fautif ; gr. : liteTetx'<Je 

tï xa'l Tîiî èp<(9pri; ^aXâ-aar^ç, triv ènixXudiv. — 6. Tep»)8ôva itiXiv. — 7. xpena<TToù; TcapaSscdou;. — 8. Dans 
le grec : eî; th SsÇià toO Ilôvrou. — 9. Dan., iv, 27. — 10. Le passage est déjà cité plus haut, p. 77. 

1^1. Lire : >«»o»<«». — 12. Littér. : « à l'intérieur ». — 13. Ms. et vers. ar. : « les rois des Romains » ; 

il faut lire : Uioojl.licf. texte, p. 523, 1. 26. — J14. IV Reg., vt, 24. — 15. III Reg., xi, 23. — 16, Sup- 
pléer : ta:i«. — 17. m Reg., xxn, 3. 



446 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

reste' habite à l'est de TEuphrate, c'est-à-dire depuis les rives de l'Euphrate 
jusqu'en Perse. Et depuis les rives de l'Euphrate jusqu'à l'Orient, il y eut de 
nombreux rois. En Assyrie : Bel et Ninus, et leurs nombreux successeurs; à 
Babylone : Nabuchodonosor, qui s'entretenait en langue araméenne avec les 
magiciens qui avaient été convoqués pour l'explication du songe; à Edesse : 
ceux de la famille d'Abgar; dans le "Araba : ceux de la famille de Sanatrouq. 
Nous avons dit cela pour montrer que les « Syriens » sont proprement ceux qui 
sont à l'ouest de l'Euphrate ; qu'Edesse est la racine et le fondement de la langue 
(syrienne); et que ceux-là ne sont pas dans le vrai qui pensent que jamais un 
roi ne s'éleva de ce peuple. Il a été démontré, au contraire, que les rois Ghal- 
déens et Assyriens, qui furent appelés Syriens, appartenaient à ce peuple. Leur 
nombre total est de 194 : 10 avant le Déluge, 76 après le Déluge; puis, après 
les Mèdes, 40 rois Chaldéens; les 45 descendants de Ninus; puis, après les 
Perses, 23 de la famille de Sennachérib et de Nabuchodonosor. 

Après avoir ainsi établi cela, avec autant de soin que possible, par le témoi- 
gnage de l'écriture, expliquons ce que nous avons promis auparavant, c'est-à- 
dire de montrer pour quelle raison leurs noms ont disparu de nos livres. 

La raison est la suivante : Ces royaumes primitifs furent anéantis par le 
royaume des Perses, qui commença avec Cyrus et finit avec ce Darius qui fut 
tué par Alexandre ; et, pendant l'espace' de 231 ans que dura l'empire des Perses, 
tout le peuple des régions de l'Asie fut réduit sous la domination des Perses. 
Après Alexandre, il faut y joindre l'époque des descendants de Seleucus et 
d'Antiochus, qu'on appelle rois des Syriens. Leur durée se prolongea 220 ans, 
jusqu'au commencement de l'empire des Romains avec Gaïus et Augustus, 
époque à laquelle parut le Sauveur de l'Univers, le Christ, Fils de Dieu. II y 
avait donc 550 ans', que notre peuple n'avaitplus de rois. Or, quand la doctrine 
vivifiante de l'Evangile parut, ce peuple y adhéra* et la professa avec empres- 
sement; et alors ils négligèrent et méprisèrent totalement les autres livres, 
dans lesquels étaient consignés les souvenirs de leurs anciens rois, et, dans un 
zèle ardent pour la religion, ils mirent au feu tous les livres dans lesquels était 
compilé le souvenir de ces rois; parce qu'au nom des rois et à la série de leurs 
règnes étaient aussi entremêlées les histoires diaboliques de leur paganisme; 
et, pour ce motif, ils détournèrent leur visage, comme d'une odeur fétide, de tous 
ces livres, et ils les mirent au feu pour que le souvenir n'en fût pas conservé à 
leurs enfants et aux générations à venir. C'est ce que rappelle le livre des Actes 
des saints Apôtres quand il dit' : « Ceux qui croyaient apportaient les livres de 



1. Il semble préférable de lire : Is;* ; toutefois l'arabe porte « tous les peuples » (X>ot^3 o.^»^ ), 
— 2. Lire : (^û", — 3. Le chiffre peut se lire 50, ou 500, ou 550. — 4. Lire : ■&»<. — 5. Act. 
Aposi., XIX, 19. 



APPENDICE II 447 

leurs pères et les brûlaient aux pieds des Apôtres, livres dont le prix était 
estimé à de grandes sommes d'argent ». En beaucoup d'endroits et pendant 
plusieurs générations, après l'apparition salutaire de l'Evangile, les saints Pères 
firent cela avec un zèle constant. Partout où se trouvait un papier contenant le 
souvenir d'histoires païennes, ou des récits concernant leurs' dieux, il était 
jeté au feu. C'est ainsi que le souvenir des rois païens 4isparut de notre écri- 
ture, parce que nos pères s'attachèrent complètement au Christ-Dieu et abju- 
rèrent toutes les erreurs du paganisme. Et, pour ce motif, ils proclament, 
après le Christ, le premier roi qui crut et fut baptisé au nom du Christ, Cons- 
tantin le Victorieux, et, après lui, successivement, tous les rois fidèles et ortho- 
doxes. Quant à ceux qui, par la suite, s'écartèrent de l'orthodoxie, ils les consi- 
dérèrent comme des étrangers. D'ailleurs nous ne devons pas nous glorifier 
dans la royauté temporelle, mais dans le Christ, dont le royaume n'est pas de 
ce monde*. 

Nous avons réuni' ces choses dans ce livre, contre les Grecs vaniteux, dont 
la vanité est leur propre confusion. Quand ils virent nos saints Pères se détour- 
ner d'eux, parce qu'eux-mêmes s'étaient éloignés du Christ, ils se plaignaient, 
et disaient pour tromper les simples c qu'il n'était jamais sorti de roi de notre 
peuple », nous supposant ainsi gratuitement* dans l'anarchie, (et ils ajoutaient) 
« nous nous séparons d'eux ». Aussi avons-nous tiré ces choses de leurs propres 
écrits; car eux-mêmes ne s'éloignèrent pas complètement du paganisme. Saint 
Grégoire le Théologien atteste que, dans les propres écrits des Grecs, on trouve 
l'histoire de leurs ancêtres païens; Eusebius explique pareillement nos écrits 
d'après les livres (des Grecs), et Abbas Mar Jacques d'Édesse démontre, d'après 
leurs livres, qu'il s'éleva de notre peuple [7S1] des empires plus puissants que 
tous les empires de leurs temps'. Et aujourd'hui, anathématisant leur erreur, 
nous sommes attachés au Christ roi de l'Univers. 

Qu'il soit propice, dans sa bonté, au saint' patriarche Mar Michel, qui a 
compilé ce livre; qu'il ait pitié de quiconque le lira ou le copiera et se souvien- 
dra de moi dans la prière. Que celui-là reçoive, conformément à sa prière, en 
tout temps, par la grâce de Notre-Seigneur, le pardon des péchés. Ainsi soit-il! 



1. Ms. fautivement ; « vos dieux ». — 2. Cf. Joh., xvtri, 36. — 3. C'est probablement encore 
Denys de Tell-MaljLrê qui parle, — 4. La phrase est embarrassée par cette incidente ; littér. : et 
sine principe reputant nos quasi ex semetipsis : « quidem ab eis recedimus ». — 5. C'est ainsi que 
la vers, ar. a compris ce passage dont le texte est légèrement altéré dans notre ms. — 6. Si la 
clausule est l'œuvre de Michel, les termes en ont certainement été modifiés par les copistes. Même 
teneur dans la vers, arabe. 



!I/ 



[7o2] Avec l'aide du Dieu tout puissant, nous écrivons les noms des 

PATRIARCHES QUI ONT EXISTÉ SUCCESSIVEMENT, DANS NOTRE ÉgLISE ORTHODOXE, 

depuis le bienhevreux Severus jusqu'aujourd'hui. 

I. — Severus, du monastère de Theodorus de Gaza. L'ordination eut lieu au 
mois de tésri ii, indiction X», en l'an 823*. Le bienheureux fut ordonné par un 
synode de douze évéques. Abraham, évêque d'Alep, lui imposa* les mains. Du 
temps de l'empereur Anastasius, il exerça ses fonctions dans son siège pendant 
six ans. Quand l'empereur orthodoxe fut mort, l'astuce des hérétiques s'exerça 
contre le patriarche, du temps de Justinianus', et le bienheureux quitta 
Antioche le 29 d'éloul de l'an 829*. 11 administra le patriarcat pendant la persé- 
cution, l'espace de vingt-neuf ans, (pour) tout le temps de sa vie. Il mourut le 
8 du mois de sébat% dans la ville de Xoïs*, en Egypte, et son saint corps fut 
enseveli dans son couvent. 

II. — Sehgius. Après la mort de Mar Severus\ les Orthodoxes ordonnèrent 
Sergius de Telia, du monastère de Hala. Iwannis, métropolitain d'Anazarbus, 
lui imposa les mains, et il fut proclamé pour le siège d' Antioche. Il exerça peu 
de temps*. 

m. — Paulus, de Beit Oukamê, du monastère de Goubba-barraya, dans 
lequel il fut ordonné. Thomas, métropolitain d'Édesse, lui imposa les mains. 
L'empereur Justinianus le trompa, et il communiqua avec les Chalcédoniens 
dans l'espoir que ceux-ci rejetteraient le concile de Ghalcédoine'. L'empereur 
ayant failli à ses serments, Paulùs se retira en anathématisant le concile. Mais 
les Orthodoxes ne l'acceptèrent point, et il fut ordonné dans le mépris '". 

IV. — Petrus de Callinice. Son ordination eut lieu du temps où Paulus vivait 
encore. Joseph, métropolitain d'Amid, lui imposa les mains". Il répara la chute 
de Damianus d'Alexandrie ". Quand il mourut, son corps fut enseveli dans le 
monastère de Goubba-barraya, en l'an 902". 



1. Nov. 511. — 2. Lire : <, ^«>. — 3. Justin I ; cf. t. II, p. 169, n. 1. — 4. 4 sept. 518. — 
5. 8 févr. 854 (542) selon Barhébr. (I, 211); les dates sont indiquées différemment dans la Chro- 
nique; cf. t. II, p. 170, 243. — 6, Ms., vers. ar. et BH : Ksouia ; corruption de llama, cf. t. II, 
p. 243, n. 8. — 7. Trois ans, selon Barhébr. (I, 234). — 8. Les patriarches orthodoxes qui sié- 
gèrent pendant l'exil de Severus sont mentionnés plus haut dans la liste, p. 432, col. 1. Cette liste 
a probablement été remaniée par son continuateur. — 9. Cf. t. II, p. 243, 299, 308. — 10. Lire : 
ItVio ; vers. ar. '. jO»^b. — 11. Cf. t. II, p. 345. — 12. Cf. t. II, p. 354. — 13. 22 avr. 591-, cf. 
t.II, p. 372. 



APPENDICE III 449 

V. — JuLiANUS [I], qui était le syncelle de Petrus, du monastère de Qennésrê, 
dans lequel il fut ordonné. lohannan, évêque de Telia, lui imposa les mains. Il 
exerça le patriarcat trois ans'. 

VI. — Athanasius [I], surnommé Gamala, de Samosate, qui avait fait profession 
dans le couvent de Qennésrê'. Il fut élu, etSeverus, métropolitain de Jérusalem, 
lui imposa les mains. Il fit l'union entre le siège d'Antioche et celui d'Alexan- 
drie'. Il exerça quarante-cinq ans*. Il mourut en l'an 946', et fut déposé dans le 
couvent des Garoumayé. 

VII. — IOHANISA.N [Jean I], qui était le syncelle d'Athanasius, du monastère de 
Goubba-barraya. Abraham, métropolitain de Nisibe, lui imposa les mains*. Ce 
patriarche, surnommé « des sédra », exerça pendant onze ans'. II mourut, et fut 
enseveli dans le couvent de Mar Ze'ôra, à Amid, le 14 de kanoun i" de l'an 960'. 

VIII. — Theodorus, du désert de Scété. Il fut appelé du monastère de 
Qennésrê. Abraham, métropolitain d'Émèse, lui imposa les mains. Il exerça le 
patriarcat pendant dix-huit ans '. 

IX. — Skverus [II], surnommé Bar Masqa, du monastère de Phaghimta 
autrement dit de Saphylos. lohannan bar 'Ebrayata, métropolitain de Tarse, 
lui imposa les mains. Il y eut une querelle entre lui et les évêques '°. II exerça 
douze ans". 

X. — Athanasius [II], du grand couvent de Beit Malké. Le synode était réuni 
dans le couvent de Saphylos, de Res'ayna. Hanania, évêque de Mardê et de 
Kephar Touta, lui imposa les mains. II exerça trois ans". 

XI. — JuLiANUs [II], du couvent de Qennésrê ; au mois de tésrî ii de l'an 999. 
Athanasius, de Saroug, lui imposa les mains, dans la ville d'Amid; il exerça 
vingt ans, et mourut en l'an 1019". 

XII. — Elias, du monastère de Goubba-barraya. Il était évêque d'Apamée. 
Après avoir exercé l'épiscopat pendant 8 ans'*, il fut élu et appelé au patriarcat 

1. Cf. t. II, p. 373, 374; — 2. Cf. t. II, p. 374, 375. — 3. Cf. t. II, p. 381 sqq. — 4. Sic ms. 
et vers. ar. — 5. Sic ms. et vers. ar. ; Barhébreus (I, 273) dit qu'il « gouverna 36 ans », ce qui 
est d'accord avec le texte de la Chronique (906-942) ; cf. t. II, p. 374, 419. Il ajoute : « dans un codex 
[désignant p.-ê. ainsi les présentes listes] nous trouvons qu'il siégea 44 ans et mourut en 942 ». 
— 6. Cf. t. II, p. 419. — 7. Sic ms. et vers, ar.; le texte primitif portait probabl. 17 (>• au lieu 
de \') ; BH : 18 ans. — 8. 14 déc. 648. Cf. t. II, p. 443. Lire ; •«, dans le texte, chiffre exacte- 
ment reproduit dans la vers, arabe. — 9. Cf. t. II, p. 443, 453 (mort en 978 = 667). — 10. Cf. 
t. II, p. 456. — 11. Selon Barhébreus de 979 à 991 ; mais il est en contradiction avec lui-même 
en plaçant l'élection de son successeur en 995, « l'année même de la mort du patr. » ; Michel place 
sa mort en 995 (684). Il faut supposer une vacance de plusieurs années après la mort de Théodore, 
ou une erreur dans le nombre des années. Cf. t. II, p. 453, 470. — 12. 995-998 (684-687). Cf. 
t. II, p. 474. — 13. Cf. t. II, p. 474, 475. — 14. Sic ms.; l'arabe paraît ici plus favorable à la 
lecture 18 ; cf. t. II, p. 491, n. 6. 

m. 5T 



450 CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

en Tan 1020; il exerça pendant quinze ans et mourut le 3 de tésrî i*"" [1035]', 
étant âgé de quatre-vingt-deux ans. Il fut déposé dans son monastère. 

Xin. — Athanasius [[II], du monastère de Goubba-barraya; au mois de nisan 
de l'an 1035^Il était supérieur de ce monastère. 11 fut ordonné dans le couvent 
de Qartamîn. Theodosius, évêque de Res'ayna, lui imposa les mains. Il fit l'union 
avec les Arméniens'. Il exerça quinze ans et mourut en l'an 1055*. [733] 

XIV. — IwANNis [Jean II], qui était évêque de Harran. Son élection se fit par 
le sort, par l'intermédiaire d'Athanasius Sandalaya, qui fit de la fraude, à ce 
que l'on dit°. Il exerça [seize] ° ans. Quand il mourut', il fut enseveli dans le 
village de Badaya, sur les rives de l'Euphrate'. 

XV. — Athanasius [IV], Sandalaya, métropolitain de Maipherqat. Il fut établi 
par l'ordre d'Abou Dja'far, roi des Arabes, et non par [la volonté] de Dieu; 
s'étant rendu à Harran, il y fut étranglé'. 

XVI. — Georgius. Quand ce bienheureux fut élu, il n'était encore que diacre. 
Son ordination eut lieu à Mabboug, dans un concile universel'". Ensuite, des 
hommes iniques : lohannan de Gallinice et David de Dara, s'élevèrent contre 
lui. Le bienheureux fut emprisonné à Bagdad, pendant neuf ans, et ces deux 
[hommes] prévalurent jusqu'à la mort d'Abou Dja'far, roi des Arabes. Alors le 
patriarche sortit de prison, et exerça sa charge jusqu'à sa mort. Depuis son 
ordination jusqu'à sa mort, il s'écoula trente ans". Son saint corps fut inhumé et 
déposé dans le couvent deMar Bar Çauma. 

XVI". — Joseph, de Goubba-barraya^* . 

A partir d'ici et désormais, nous écrivons sous chacun des patriarches les noms des 
évêques qui ont été ordonnés de son temps ". 

XVII. — Cyriacus. En Tan 1104, le 8 du mois de 'ab'*, l'ordination de Mar 

1. L'année est omise dans notre ms. et dans la vers. ar. — 2. Avril 724. — 3. Cf. t. Il, p. 492. 

— 4. Sic ms. et vers. ar. ; BH : 1051 ; ce qui peut se concilier avec le texte de la Chronique (t. II, 
p. 503, n. 9) en supposant qu'il faille lire \i\ (1051) au lieu de 111 (1031). — 5. Cf. t. II, p. 504. — 
6. La place du nombre est en blanc dans le ms. et dans la vers. ar. ; cf. t. II, p. 523. — 7. Oct. 754. 

— 8. Michel omet ici le nom du patr. illégitime Isaac de Harran. Cf. t, II, p. 523. — 9. Regardé 
aussi comme illégitime. Cf. t. II, p. 524 ; t. III, p. 432. — 10 . En oct. 758 ; cf. t. II, p. 525. — 11. Il 
mourut en 1101 (789-90); cf. ci-dessus, p. 10. — 12. Il est inexplicable que ce patriarche légitime 
ait été omis par Michel, Élu en juin 790, il mourut en janv. 792. Cf. ci-dessus, p. 10-11. — 
13. Voir dans l'Introduction ce qui concerne l'origine et la source de ces listes épiscopales. Bar- 
hébréus les avait sous les yeux, moins de cinquante ans après la mort de Michel, et peut-être dans 
le ms. autographe ; mais il se borne à indiquer le nombre des évêques ordonnés par chaque 
patriarche. D'après ses chiffres et ceux qui sont donnés plus haut dans la Chronique, l'inadvertance 
des copistes aurait laissé disparaître 20 noms dans l'ensemble. Nous pourrons en rétablir quel- 
ques-uns, que nous ajoutons en italique à la fin de la liste à laquelle ils nous semblent appartenir. 

— 14. Le 8 août 793. Ci-dessus, p. 11 : « le 15 août ». Barhébr. (I, 330) note la variante. 



APPENDICE III 



451 



Cyriacus, du monastère du Pilier, à Gallinice, eut lieu dans la ville de Harran. 
Theodosius, évêque de Ba'lbek, lui imposa les mains. 
Il ordonna évêques : 

1. Sarbîl, fut intronisé' à Tagrit. 

2. Philoxenus, évêque de Gourgan. 

3. Meikizedeq, évêque de Reçapha, dans le 

village de Haziou'. 

4. Constantinus, évêque de Dolik, dans le 

village de Tell 'Ada. 

5. Thomas, métropolitain de Dara ; il fut ap- 

pelé du monastère de Qoubbê. 

6. Hanania, du couvent de Gallinice, pour 

Mardin et Kephar Touta'. 

7. Thomas, du couvent de Qartamîn, pour le 

Tour 'Abdiu; [il fut ordonné] dans le 
couvent du Pilier. 

8. lohannan, év. de Maipherqat, dans le vil- 

lage de Saharta, dans la contrée de 
Harran*. 

9. lohannan, évêque de la ville des Tribus, 

dans le monastère du Pilier. 

10. Paulus, évêque d'Aphrah, ville du Khora- 

san, à Badaya', village de la région de 
Harran. 

11. Cyriacus, évêque pour le peuple des Qad- 

manayê^, dans la ville d'Édesse. 

12. David, du couvent de Qartamîn, évêque de 

Nisibe, à Édesse. 

13. Basilius, pour Edesse, dans le couvent 

de lohannan d'Aphtonia. 

14. Çabib, métropolitain d'Apamée, dans la 

ville de Damas. 

15. Anastasius, évêque de Telia de Mauzelat, 

à Dâra, dans la région de Sâm. 

16. Basilius, év. de Callinicej dans cette ville. 

17. Jacques, évêque de la ville de Gircesium, 

dans le monastère de Zakai. 

18. Athanasivis, métropolitain de Tarse, dans 

la ville de Harran. 



25. 



26 



27 



19. Theodosius, évêque de Gallinice, dans la 
ville de Harran. 

20. Gabriel, évêque de Res-Képha, à Mériba, 
village de Harran. 

21. lobannan, évêque pour la nation des Qad- 
manayê", à Kephar Hân, village de la 
région de Res-Kêpha. 

22. Athanasius, évêque de Qalinqala, ville 
d'Arménie. 

23. lohannan, évêque de Kélat, ville d'Armé- 
nie, à Gallinice , 

24. Saba, évêque de la ville d'Arzouu, dans le 
couvent du Pilier, au mois de liaziran. 

Lazarus, du couvent de Qartamîn, évêque 

de Nisibe, dans le monastère du Pilier. 
Siméon, du couvent de Mar Jacques de 

Cyrrhus', évêque de la ville de Tadmor. 
Job, évêque de la ville de Mopsueste,au mois 

de février; il fut aussi déposé au mois 

de février. 

28. Timotheus, métropolitain de Jérusalem, 
dans le couvent de Mar Jacques de Cyr- 
rhus. 

29. David, év. pour les Taglibites de Gazarta 
et de Mossoul, dans le village de 
Daqla', siège [épiscopal] des Taglibites. 

30. Mattai, évêque de Telia de Mauzelat, à Phî- 
mân de Saroug ". 

31. Damianus'", évêque de Saroug, au village 
de Masara", en cette région. 

32. Philoxenus, évêque de Nisibe. 

33. Daniel, évêque de la ville de Samosate, 
dans la ville de Harran. 

34. lohannan, du couvent de Bir Qoum, mé- 
tropolitain d'Emèse. 

35. Jacques, évêque du pays de Dîrîg. 



1. L'arabe semble avoir pris le mot pour un substantif, et traduit "^ûo »U « fut fait procureur, 
vicaire ». — 2. Version arabe : : oij-. — 3. Note marginale : « On croit que c'est ce Hanania qui 
bâtit le couvent »; l'arabe ajoute : de Zapharân. Cf. ci-dessus, p. 20. — 4. Sic vers. ar. (U-); 
ms, : td\ — 5, Le ms. et la vers. ar. portent en réalité : Kadaja. — 6. Sic ms,, ici et plus bas 
(n" 21); la vers, ar, porte : ^aum^ïSs, Qarmanayê, dans les deux endroits, — 7. Sic vers. ar. ; le 
nom est rejeté à la ligne suivante dans le ms. — 8. Vers. ar. : «n^a^. — 9. Vers. ar. : ^^^!«> y.U.>a9. 
— 10. Vers. ar. ; Uoo». — 11. Ar. : oiî^ûi». 



452 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



36. CyrilluSj évêque de la ville d'Arsamosate, 57. 

à Kaphara. 

37. Gabriel, du couvent de Mar Salomon, mé- 58. 

tropolitain de Tarse. 

38. Anastasius, du monastère de Mar Sila, év. 59. 

de ReJ-Kêpha. 

39. Elias, évêque de la ville de Hadet, dans le 60. 

couvent du Pilier, à Callinice. 

40. Eliseus,év. pourKarma|et les Haçiççanites, 61. 

à Tagrit. 

41. lohannan, évêque de Sarzoul, à Tagrit. 62. 

42. Siœéon, métropolitain de Tagrit. 

43. Georgius, du couvent des Taiyayê, évêque 63. 

de la ville d'Adra'at '. 

44. Sergius, du couvent de Qartamîn, évêque 64. 

du Tour 'AbdÎQ. 65. 

45. 'Othman, év. pour le peuple des Taglibites 

qui est à Gazarta. 66. 

46. Ignatius, du couvent de Natapha, évêque 

d'Anazarbus. 67. 

47. lohannan, métropolitain d'Émèse, du cou- 

vent de Bir Qoum'. 68. 

48. Arabi, du couvent de Séna', évêque de 

Theodosiopolis-Reà'ayna. 69. 

49. Salomon, métropolitain de Cyrrhus, du 

monastère de Mar Jacques. 70. 

50. Maqim, évêque de Circesium, du couvent 71. 

de Tellal*. 

51. Habib, évêque de la région de Djaulan^, 72. 

du monastère de Sarmîn. 

52. Dionysius, évêque de Telia, de Beit 73. 

Mar Thomas. 

53. Siméon, évêque d'Arabie, du couvent de 74. 

Mar Zakai. 

54. Theodosius, évêque de Samosale, du mo- 75. 

nastère des Orientaux. [754] 

55. Theodorus, évêque de Kaisoum, du cou- 76. 

vent de Mar Jacques de Kaisoum. 

56. Lazarus, évêque de Gisra, du monastère 77. 

de Mar Abhai». 



lo^iannan, du monastère de Mar Atounos, 
métropolitain J'Amid. 

Siméon, du couvent d'Abîn', métropoli- 
tain de Reçapha. 

Theodosius, du couvent de Qennésré, mé- 
tropolitain d'Edesse. 

Petrus, du couvent de Mar lohannan de 
Dara, évêque d'Arzoun. 

Sergius, du monastère de Pesilta, évêque 
de Ba'lbek. 

Daniel, du monastère des Arabes, évêque 
d'Alep. 

Jacques, du monastère de Mar Joseph, 
évêque du village d'Ourim. 

Georgius, évêque de la ville d'Arsamosate. 

Tiberius, du monastère de la Croix'^ 
évêque d'Aphrah dans le Khorasan. 

Basilius, du monastère de Phinehés, mé- 
tropolitain de Maipherqat. 

lohannan, du grand monastère de Hesmi ', 
évêque de la ville de Qardon , 

Gauri, évêque de la ville de Harran. — Il 
abdiqua ensuite. 

Gabriel, du monastère de Mar Sila, év. 
de la Grande Arménie. 

Habib, métropolitain de la ville de Tarse. 

Evagrius, étranger '", évêque d'Arde'at de 
Bithynie". 

Isaac, évêque de la ville de Tibériade et 

Adjoumia". 
lohannan, du monastère de Qarqaphta, 
évêque de la ville de Telia. 

Methodius, du monastère de Mar Atounos, 
évêque de Tell Besmê. 

Georgius, du monastère de Mar Phinehés, 
métropolitain de Maipherqat. 

Basilius, du monastère de Sergius, métro- 
politain de Tagrit. 

Adai, du monastère de Mar Ze'ôra de 
Saroug, évêque de Karma. 



1. Ar. : ^i.i» ; cf. n. 11 ; — 2. Répétition du n" 34 (?). — 3. Ar. : ,f»^ Ui. — 4. ^lii ; sic vers. ar. 



5. Sic vers. ar. 



J 



^? 



il=. 



6. Sic vers, ar, : u»»3|, — 7, Même leçon dans l'ar, — 8. Celiba 



pourrait aussi être un n. pr. de personne, — 9. Sic ms. et vers. ar. — 10. Ar. ; o»;.^; le mot 

signifie « religieux » eu syr. ; peut-être le n. pr. Xenaias . — 11. Sic ms.; vers. ar. : oU'ai.d&. oi^^ii_ 
Il s'agit probablement de Der'at (cf. n" 43) ; je ne vois pas comment rétablir le second nom; la lec- 
ture Satanée ne répond pas bien à la transcription. — 12. Sic. ms. et vers. ar. (or-xa^^lo). 



APPENDICE III 



453 



78. Ezechiel, du monastère de Qartamîn, év. 

du Tour "Abdin. 

79. Gabriel, du couvent de Qartamîn, évêque 

d'Arménie. 

80. Ignatius, du monastère de Mar Hananiai 

évèque de Mardê et de Kephar Touta. 

81. Georgius, du monastère de Qartamîn, év. 

de Harran. 

82. Tliomas, du couvent de Mar Jacques de 

Kaiëoum, évêque de Kes-Këpha. 

Mar Gyriacus exerça le patriarcat vingt-quatre ans, et il mourut à Mossoul, 
en l'an 1128 des Grecs'. — Que ses prières et celles de ceux qu'il a ordonnés 
soient avec nous. Amen. 



83. lohannan, évêque de Baies ', de Reçapha, 

du couvent de Hanania, qui est dans 
cette région. 

84. David, du couvent de Mar Joseph, év. de 

Garybos^. 

85. Theophilus, du monastère d'Elisée, évèque 

de Zoubtara'. 

86. Elias de Harran*. 



XVIII. — DioNYSius [I], patriarche, appelé de TellMahrê. II fut institué dans 
la ville de Gallinice, dans un synode de quarante-trois évêques ^ 11 ml appelé 
du monastère de Qennésrê. Theodosius, métropolitain de Gallinice, lui imposa 
les mains, le dimanche 1'"' du mois de 'ab de l'an 1129 '. 

II ordonna ces évêques : 



1. Thomas, évêque d'Arde'at», du Grand 

monastère de Tell "Ada. 

2. Habîb, évêque deBeitBaleé, du couvent de 

Goubba-barraya. 

3. Severus, évêque de la ville de Dara, du mo- 

nastère de Qoubbê. 

4. Joseph, évêque du Beit Parsayê, du mo- 

nastère de Souqîn". 

5. Basilius, év. '° de Samosate, de Qennésrîd. 

6. Habîb, évêque de Mar'as, du monastère de 

Mar Jacques. 

7. Constantinus, évêque du Khorasan, du 

monastère de Qennésrê. 

8. SergiuSj métropolitain de Mabboug, deMé- 

rîba. 



9. Siméon, évêque de Saroug, de Kephar 
Touta. 

10. loihannan, évêque d'Arabie, du couvent 

de Mar Zakai. 

11. lôuan, évèque de la ville d'Arzoun, du mo- 

nastère de Saçarani. 

12. lohannan, évêque de Tadmor, du monas- 

tère de Mar Hanania. 

13. Job, métropolitain de Jérusalem. 

14. Thomas, évèque de Zarang*', du couvent 

de Qartamîn. 

15. Domnus", évêque de Zeugma, du monas- 

tère de Mar Salomon. 

16. Daniel, évêque de Mélitène", du monastère 

de Mar Bar Çauma, 



1 . D'après l'arabe : '»i.l3. — 2. SiC vers. ar. tiaoaaokçj, ; ms. : Garjphos . — 3. Vers. ar. : |;è'=ol. — 
4. D'après Barhébréus, Gyriacus ordonna 86 évêques. Ci-dessus, p. 35, 1. 8, il faut lire 83 (au 
lieu de 93); ce qui donne le même nombre en ajoutant les trois maphriens de Tagrit. Nous 
croyons donc pouvoir ajouter ici le nom de Elias de Harran, mentionné dans la Chronique (ci-des- 
sus, p. 35), qui ne iîgure pas dans la liste, — 5. Le 19 août 817 ; cf, p. 35. 

6. Sic ms. et vers. ar. ; ci-dessus, p. 39 : « quarante-cinq ». — 7, Août 818, — 8. Probabl. 
Der'at; vers, ar, : Cvi?»; cf. XVII, 43, 71. — 9. Vers. ar. : »f>aoo. — 10. Vers. ar. : « métropo- 
litain ». — 11, Appelé év. du Ségestan, ci-dessus, p. 86. — 12, Ar. : l>>o», — 13. Ar. : w»^?^». 



454 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



17. Anastasius, métropolitain d'Anazarbus, du 

monastère do Qarqaphta. 

18. Hanania, évêque de Qennésrîn, du mo- 

nastère de Naphsata. 

19. Gabriel, évêque d'Irénopolis. 

20. Jacques, évêque de Dolik, du couvent de 

Tell "Ada*. 

21. Lazarus, évêque d'Arsamosate, du couvent 

de Qartamîn. 

22. Abraham, évêque de Gisra, du couvent de 

Mérîba , 

23. Sergius, métropolitain de Cyrrhus, du 

couvent de Goubba-barraya. 

24. Michel, métropolitain d'A[na]zarbus ', du 

couvent de Mar Jacques de Cyrrhus. 

25. Iwannis, métropolitain de Rcçapha, du 

couvent de Sarmin. 

26. Denha, évêque de Res-Kêpha, du monas- 

tère de Saphylos. 

27. Iwannis, métropolitain de la ville de Dara, 

du monastère de Mar Hanania. 

28. Hanania, évêque de Callisura, du monas- 

tère de Natapha. 

29. lollannan, évêque d'Arménie, du monas- 

tère de Sandalaya', qui est dans la ré- 
gion de Maipherqat. 

30. Constantinus, évêque de Laodicée, du 

monastère de Siagta-*, 

31. Theodorus, évêque de German[ic]ia ', du 

monastère de Bizôna. 

32. Athanasius, métropolitain d'Apamée, du 

couvent de Qennésrê. 

33. Ignatius, évêque d'Arsamosate, du cou- 

vent de Qartamîn. 

34. Cyriacus, évêque de Hanazit, du monastère 

de Qartamîn. 

35. lohannaa, évêque des Taglibites, du cou- 

vent de Qarqaphta. 

36. Siméon, évêque de Tell Besmê, du monas- 

tère de Sandalaya. 

37. Ignatius, évêque de Jérusalem, du monas- 

tère de Bizôna. 



38. Timotheus, métropolitain de Maipherqat, 

du monastère des Orientaux. 

39. Ignatius, métropolitain d'Amid, du mo- 

nastère de Qartamîn. 

40. Samuel, évêque des Qadmanayê^, du mo- 

nastère de Qartamîn. 

41. Timotheus, métropolitain de Damas, du 

monastère de Qarqaphta. 

42. Tioubil, évêque de Djounia, du couvent de 

Saphylos. 

43. Thomas, évêque de Helbôn, [du monas- 

tère]' de Mar Moïse. 

44. Thomas, évêque des Taglibites, du monas- 

tère de Bir Qoum. 

45. Abraham, évêque de Hérat', du monastère 

des Orientaux. [755] 

46. Iwannis, évêque de Telia, du couvent de 

Qennésrê. 

47. Abraham, métropolitain de Maipherqat, 

du monastère de Hanania. 

48. Daniel, évêque de Tagrit, du monastère 

de Bir Qoum. 

49. Elias, évêque de Dolik, du monastère dé 

Mar Salomon, 

50. Severus, évêque de Gisra, du monastère 

de Mar Bas». 

51. lohannan, évêque de Bagdad, du monas- 
tère d'Eusébona. 

52. Iwannis, métropolitain de Hérat", du 
monastère de Mar Séna. 

53. Abraham, évêque d'Arabie, du Grand 

monastère de Tell 'Ada. 

54. Severus, évêque de Tibériade, du monas- 

tère de Gasoum. 

55. Thomarîqa, évêque de Qennésrîn, du mo- 

nastère de Naphsata, d'Alep". 

56. lohannan, évêque de Dolik, du monas- 

tère de Mar Jacques de Kaisoum, 

57. Georgius, évêque de Bahrîn, de la Vallée 

d'Adam 12. 

58. Theophilus, évêque de Tell Besmê, du 

monastère de Sandalaya. 



1. Ar. : Itii-t, 2. Ar. : ls?ll-'l. — 3. Ar. : "^l-ii^ (même traduction partout ailleurs). — 

4. "Vers. ar. : <»<^;a:Ss, ;.^. — 5. Ms. et vers. ar. ; Germania. — 6. Sic ms. et vers, ar. — 7. Sic 
vers. ar. — 8. Ms. et vers. ar. : wîJot; cf. ci-dessous, n» 52, et plus bas, XXIX, 10. — 9. Même leçon 
dans la vers, ar, ; probabl. « Mar Bassus », Cf. ci-dessous, a" 85. — 10, Vers. ar. : oJjw; cf. ci- 
dessus, n° 45, — il. Vers. ar. : 'ai- '.3 ; cf. p. 464, n. 4. — 12. Ar. : :»jl ■^■t\c. 



APPENDICE III 



455 



59. Joseph, qui est Marzouq, évêque des Ta- 80. 

glibites. 

60. Bar-Hadbesabba, évêque de Gourgan', du 81. 

monastère des OrieatauK. 
60* Cyrillus, métropolitain d'Édesse, du mo- 82. 

nastère de Zouqenîa'. 

61. Thomas, évêque de Zoubtara, du monas- 83. 

tère des Orientaux. 

62. lohannan, qui est Gadouda', év. deKînîsa. 84. 

63. Thomarîqa, évêque de Saroug, du monas- 

tère de Qennésrê. 85. 

64. Abraham, évêque de Mar'as, du monas- 

tère de Mar Joseph. 86. 

65. Anastasius, évêque de Res'aynâ, du cou- 

vent de Qennésrê. 8'- 

66. Joseph ', évêque de Gourgan, du monastère 

des Orientaux, 88. 

67. Joseph, métropolitain de Jérusalem, du 

monastère de Bizôna. 89. 

68. Thomas, métropolitain de Mélitène, du 

couvent de Mar BarÇauma. 90. 

69. Thomas, métropolitain de Tagrit, de la 

montagne d'Edesse. 91. 

70. Isaac, évêque de Diboraita"". 

71. Gabriel, évêque de Mar'as, du monastère 92. 

de Mar Salomon. 

72. Abraham, métropolitain de Cyrrhus, du 93. 

monastère des Taiyayê. 

73. Bacchus, évêque d'Arménie, de la Vallée 94. 

d'Adam. 

74. Habib, évêque des Taglibites, du monas- 95. 

tère de Kanousia'. 

75. Georgius, métropolitain d'Anazarbus, du 96. 

monastère [de] Sandalaya. 

76. Elias Zaqna, évêque de Qardou. 97. 

77. Constantiaus, évêque de Circesium. 98. 

78. Gabriel, év. de Kînisa, du monastère de 

Raphîu'. 99. 

79. Sergius, évêque du Séges[tan]', du monas- 

tère de Tell 'Ada. 



lohannan, métropolitain de Maipherqat, 
qui est Mousiqaya, [de] Sandalaya. 

Abraham, métropolitain de Mabboug, du 
monastère de Bizôna, 

Abraham, évêque de Nisibe, du monastère 
de Qartamîn. 

Rabban Benjamin, métropolitain d'Édesse, 
du monastère de Mar Jacques. 

Theodorus, évêque de Gisra, du monas- 
tère de Mar Isaife]'. 

Domitius, évêque de Qardou, du monas- 
tère de Bous'". 

Sabra, évêque d'Arabie, du monastère 
d'Atou. 

Severus, métropolitain d'Anazarbus, du 
monastère de Mar Zakai. 

Elias, métropolitain d'Edesse, de la mon- 
tagne d'Édesse. 

Nonus", évêque du Tour 'Abdîn, du mo- 
nastère de Qartamîn. 

Gabriel, évêque de Samosate, du monas- 
tère de Mar Bar Çauma. 

David, évêque d'Aphrah, de la montagne 
d'Édesse. 

Thomas, évêque de Kaisoum, du monas- 
tère de Mar Jacques de Kaisoum. 

Basilius, évêque de Telia, du monastère 
de Mar Hanania. 

Georgius, évêque de fîadet, du monastère 
de Goubba-barraya. 

Gregorius, évêque de Kaisoum, du monas- 
tère de Bir Qoum, 

Zacharias, évêque de Callinice, du monas- 
tère de Mar Zakai. 

Georgius, évêque des Taglibites. 

lônan, évêque de Gourgau, du monastère 
de Mar Sîla. 

Constantinus, métropolitain d'Édesse, du 
monastère de Qennésrê ". 



1. Ar. : ^^-Jssj^. — 2. Cette notice, écrite en marge du ms., est placée sous le n» 68 dans la 
vers, ar., et par suite les autres reculent d'un rang. — 3. Vers. ar. : ot»V. — 4. Ar. : âoBa». 

— 5, Ar. : "^kAiiSi (les abeilles). — 6. Ar. : o»va,^!'. — 7. Ar. : ^» U^, — 8. Ar. : ^^oi^^. 

— 9. Ar. : u»v ;<« ^. — 10. Ar. : •^raas- cf. n° 10. — 11. Ar. : «oa^P. — 12. Selon Barhé- 
bréus ce patriarche ordonna cent évêques. Notre liste est dont complète (avec le u° 60 bis). 



456 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Ce Mar Denys de Tell Mahrê exerça le patriarcat pendant vingt-sept ans, et 
il institua ces évêques. Il mourut en Tan 1156, le 22 de 'ab. Son corps fut ense- 
veli dans le monastère de Qennésrê*. — Que Notre-Seigneur nous pardonne 
nos fautes par la prière du défunt et de tous les évêques qu'il a institués. 

XIX. — loHANNAN [Jean III], patriarche, du couvent de Mar Zakai, de Calli- 
nice. Son installation eut lieu dans le monastère de Mar Sîla, de Saroug, le 
21 de tésrî ii de l'an 1158'. Mar Habib, [métropolitain] de Tarse, lui imposa les 
mains. 

Il institua ces évêques : 

1. Gabriel, métropolitain de Reçapha, supé- 

rieur du monastère de Beit Mar Zakai. 

2. Arabî, métropolitain de Samosate. 

3. Bar-Hadbesabba, évêque de Hanazit, da 

monastère de Mar Sîla. 

4. lohannan Toubana ', év. de Circesium. 

5. Andréas, évêque du Ségestan, du monas- 

tère de Mar Zakai. 

6. Basilius, métropolitain de Tagrit, du mo- 

nastère de Mar Bar Çauma. 

7. Elias, métropolitain de CyrrhuR, du mo- 

nastère des Orientaux. 

8. Sergius, évêque d'Alep, du monastère de 

Siagta *. 

9. Aharon, évêque de Séleucie, du monas- 

tère de Mar Ab[rah]am ^. 

10. Iwaunis, évêque de Zeugma, du monastère 

de Qartamîn. 

11. Timotheus, métropolitain de Samosate, du 

monastère de Mar Sîla. 

12. Aharon, évêque^ de Maipherqat, du mo- 

nastère de [Mar] 'Atounos. 

13. David, évêque d'Arsamosate, du monas- 

tère de Mar Moîse, 

14. lônan, évêque d'Aphrah, du couvent de 

Mar Atounos. 

15. Jacques, métropolitain d'Emèse, du mo- 

nastère de Hala'. 

16. Aharon, évêque de Circesium, du monas- 

tère <fe Mac Hanaaia. 



17. Jacques, évêque des Taglibites, du monas- 
tère de Bir Qoum. 

18. Severus, évêque d'Akazqawan », du couvent 
de Qartamîn. ['756] 

19. Ahoudemma ', évêque des Ma'adayê, de la 
Vallée d'Adam. 

20. Stephanus, év. d'Irénopolis, de Tell 'Ada. 

21. Anastasius, métropolitain de Tarse, de 
Saphylos. 

22. Ignatlus, évêque de Cadet, du monastère 
de Mar Zakai. 

23. Aharon, métropolitain d'Anazarbus, du 
monastère de Mar Zakai. 

24. Joseph, évêque de Zeugma, du monastère 
de Mar Joseph. 

25. Aharon, métropolitain de Cyrrhus, du 
monastère de Mar Jacques. 

26. David, évêque de Harran, du couvent de 
Qartamîn. 

27. Iwannis, év. de Callisura, de Saphylos. 

28. Eliseus, évêque de Nisibe, du monastère 
de Salomon. 

29. lohannan, évêque de Kephar Touta et de 
Mardê, du monastère de Tell Çaphara. 

30. Severus, évêque de Telia, du monastère 
des Confesseurs. 

31. Jacques, évêque de Kaisoum, du monas- 
tère de Salomon, 

32. Theodosius, métropolitain d'Apamée, de 
Mar Jacques de Kai'soum, 



1. Août 845; cf. ci-dessus, p. 116. — 2. Nov. 846; cf. p. 116. — 3. Vers. ar. : ^^r^ <-a-. — 
4. Ar. : w>^«, — 5. Ms, et vers, ar. : Abam, — 6, Ar. : « métrop, », — 7. Ar. : '^i^ ;*?. — 
8. Même leçon daos la vers. ar. ; cf. Abadqawan (XX, 20, XXII, 25» XXIX, 5). — 9, Vers. ar. : 



APPENDICE III 



457 



33. Habîb, métropolitain d'Amid, du couvent 56, 

de Hanania, 

34. BasiliuSj évêque de Gisra, du monastère 57. 

des Orientaux. 

35. Cyriacus, métropolitain de Callinice, du 58, 

monastère de Zakai. 

36. Sergius, évêque de Qenaésrîn, du monas- 59. 

tère de Pesilta'. 

37. Jacques, métropolitain de Hérat', du mo- 60. 

nastère de Bir Qoum, 

38. Theodorus, évêque de Gisra, du monas- 61, 

tère de Bir Qoum. 

39. Isaias, métropolitain de Maipherqat, du 62. 

monastère de Bizôua. 

40. Severus, évêque de Samosate et Hanazit, 63. 

(du monastère) de Mar Çanania. 

41. lohannau, métropolitain de Jérusalem, du 64, 

Grand monastère de Tell 'Ada. 65. 

42. Dionysius, métropolitain de Reçapha, du 

monastère de Naphsata. 66. 

43. Hanania, évêque de Tibérîade, du monas- 

tère de Hala. g7. 

44. Daniel, évêque de Tell Besmê, du (monas- 

tère de) Mar Atounos. 68. 

45. Daniel, évêque de Kephar Bala', de la 

Vallée d'Adam. 69, 

46. Petrus de la Vallée d'Adam. 

47. Samuel, métropolitain du Ségestan, du 70. 

monastère de Mar Mattai. 

48. Melkizédeq, métropolitain de Tagrit, du 71. 

monastère de la Mère-de-Dieu. 

49. Abraham, métropolitain d'Amid, du mo- 72. 

nastère de Mar Siméon. 

50. Tiberius, évêque d'Arabie, de la montagne 73. 

d'Edesse. 

51. Habîb, évêque de Qardou, du couvent de 74, 

Hanania. 

52. Ignatius, évêque d'Arménie, de Harbâz. 75. 

53. Salomon*, évêque des Nédjrayê et des 

Ma'adayè, àa roonasihre de Kaaoasia. 76. 

54. Anthimus, évêque de Dolik, du monastère 

de Bar Hadbesabba. 77, 

55. Petrus, évêque d'Aphrah, des moines de 78, 

la montagne d'Edesse, 



Basilius, évêque de Circesium, du monaS' 
tère de Hanania. 

Bacchus, évêque desTaglibites, de la Val- 
lée d'Adam. 

Salomon, métropolitain de Damas, du mo- 
nastère de lôuan. 

Job, évêque d'Aphrah, du monastère de 
Tell Çaphara de Çarran. 

Noé, évêque d'Irénopolis, du monastère 
de Souqnîn". 

Iwannis, évêque d'Apamée, du monastère 
de Qennéérê. 

Theodorus, évêque de Rés'ayna, du mo- 
nastère de Saphylos. 

Timotheus, évêque d'Arzoun, du monas- 
tère de Mar Zakai. 

Athanasius Hakim, métropolitain de Dara. 

Philoxenus, métropolitain de Reçapha, 
du monastère de Mar Zakai. 

Cyrillus, qui est Noé, métropolitain de 
Jérusalem. 

Eliseus, métropolitain de Maipherqat, du 
monastère de Hanania. 

Isaac, métropolitain de Damas, du monas- 
tère de Pesilta, 

Siméon ", métropolitain de Mabboug, du 
monastère du village de Sébân, 

Siméon, évêque de Ba'lbek, de la montagne 
d'Edesse. 

Isaac, évêque de Saroug, de la montagne 
d'Edesse. 

Isaac, évêque de Cyrrhus,de la montagne 
d'Edesse. 

Abraham, métropolitain de Hérat', de la 
montagne d'Edesse. 

Athanasius, évêque de Qennésrîn, de Mar 
Phocas. 

Lazarus, métropolitain de Tarse, du mo- 
nastère des- Orientaux. 

Johaaaaa, évêque d'Arabie, da coaveat 
de Mar Zakai. 

Sergius, moine, métropolitain de Tagrit. 

lohannan, évêque des Taglibites qui sont 
à Gazarta de Mossoul'. 



1. Vers. ar. ; tcwi^i^ ;«». ^_ 2. Vers. ar. : w;)oi. — 3. Vers. ar. : Ib ;-a3, — 4. Ar. :v>a^i»i». — 
5. Même leçon dans l'ar. — 6. La vers. ar. place ici les évêques dans un ordre différent (68, 72, 
69, 70, 71, 74, 73, 75). — 7. Vers. ar. : o,»». — 8. Sic ms. et vers, ar.; cf. XVII, 29. 

m 58 



458 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



83. Ignatius, évêque de Mardê, [du monastère]' 

de Mar Hanania, 

84. Stephanus, évêque de Callisura, (du mo- 

nastère) de Mar lohannao. 

85. Thomas, métropolitain de Mélitène^ . 



79. lohaanan, évêque d'Irénopolis, du monas- 

tère de Qoubbê. 

80. Gabriel, évêque de Gisra, du monastère 

des Orientaux. 

81. Georgius, évêque de Zeugma, du monas- 

tère de Qennésrê. 

82. Mattai, évêque de Rés-Kêpha, de la mai- 

son des Confesseurs, d'Édesse. 

Ce Mar lohannan administra le patriarcat pendant vingt-sept ans, et il 
institua ces évêques. Il mourut le jeudi 3 de kanoun i" de l'an 1185», dans le 
couvent de Saphylos, et son corps fut conduit à son monastère de Mar Zakai. 

XX. — Ignatius, patriarche,du couvent de Harbâz; il fut ordonné en l'an 1189', 
par les mains de Mar Timotheus, de Samosate, dans l'admirable couvent" qui 
est sur le fleuve de l'Euphrate. 

Il institua ces [évêques] : 

1, Severus, évêque de Res-Kêpha, du monas- 

tère des Étrangers. 

2, Abraham, métropolitain d'Ânazarbus, du 

monastère de Hadbesabba. 

3. Sergius, métropolitain de Cyrrhus, (du 

monastère) de Mar Lazarus de Harran. 

4. Cyriacus, métropolitain d'Edesse, (du mo- 

nastère) de Mar lolbiannan de Dara. 

5, Abraham, évêque [d'Alep]", de la mon- 

tagne d'Édesse. 

6. lohannan, évêque de Germanicia, du mo- 

nastère de Zouqnîn. 

7. Michel, évêque de Samosate, du couvent 

de Mar Atounos. 

8, lol^annan, métropolitain d'Amid, du mo- 

nastère de Mar Sergius. 



9. Abraham, évêque de Circesium, du cou- 
vent de Hanania. 

10. Elias, évêque de Hadet, du monastère de 

Mar Severus. [767} 

11. Siméon, évêque de Zonbtara, du monas- 

tèi« de Mar Jacques de Kaisoum. 

12. Cyrillus, évêque de Maipherqat, [du mo- 

nastère]' de Qennésrê. 

13 . Gabriel, évêque de Saroug, du monastère de 

la Mère-de-Dieu, qui est dans le désert. 

14. Jacques, évêque de Ba'lbek, du monastère 

de Pesilta. 

15. Cyriacus, métropolitain d'Anazarbus, du 

monastère de Salomon. 

16. Constantinus, évêque de Çarran, du mo- 

nastère de Qartamîn. 



1. Sic vers. ar. — 2. Selon la Chronique (p. 116) et Barhébr., le patriarche ordonna 86 évê- 
ques. Nous pouvons suppléer un des deux noms manquants : Thomas de Mélitène, mentionné ci- 
dessus, p. 119, comme ayant été ordonné en 1180 (869). Cyriacus qui figure dans la série de» 
évêques de Jérusalem (ci-après Appendice IV) entre Cyrillus (ci-dessus, n° 66) et Severus (XX, 26), 
devrait avoir été ordonné par Jean III ; mais ce nom est probabl. inscrit par erreur dans la dite 
liste. Voir la note. Une inscription syriaque (Poonon, Inscriptions sémitiques, p. 44) mentionne 
un certain Ezéchiel de E[àh, év. du Toui" 'Abdîn, entre Nonus (XVIII, 89) et Ezéchiel (XXI, 14); il 
pourrait avoir été ordonné par Jean III. — 3. Dec. 873. Cf. ci-dessus, p. 116. 

4. En juin 878; cf. p. 119. — 5. Barhébr. (I, 390) : l;.o» «j»^ l-?oo; vers, ar, : ^\A yos u9 
;*=?î»^. Le texte primitif paraît avoir été lî-so» u,,^^ l^ioc, littér. : « la résidence nnique par les 
œuvres », — 6. Sic d'après l'ar. ; le nom du siège est omis dans le ms, — 7. Sic vers, ar. 



APPENDICE III 



459 



17. Aharon, métropolitaia de Maipherqat, du 

couvent de Hanania, 

18. Gabriel, évêque d'Arabie, du monastère 

de Sébâu*. 

19. Mattai, métropolitain de Dara, du couvent 

de Mar lohannan de Dara. 

Iwannis, évêque de Abadqawan ' du cou- 
vent de Mar Salomon de Dolik. 

Severus, métropolitain du Ségestan, du 
monastère de Tell Çaphara de Harran. 



20 



21 



22. Severus, métropolitain de Callinice, du 

monastère de Mar Zakai. 

23. Theodosius, évêque de la ville de Doula', 

du monastère de Qennésrê. 

24. lohannan, métropolitain de Mabboug, de 

la montagne d'Édesse. 

25. lohannan, évêque de Dolik, du couvent de 

Mar Jacques. 

26. Severus, métropolitain de Jérusalem, du 

monastère de Zouqnîn*. 



Ce Mar Ignatius administra le patriarcat pendant cinq ans. Il mourut le 
mardi de la Passion% à Mériba; son corps y fut enseveli dans la grande église. 

XXI. — Theodosius, patriarche, du couvent de Qartamîn. Son installation 
eut lieu en l'an 1198, le dimanche 5 de sébat'', dans la ville d'Amid. Mar Tirao- 
theus, [métropolitain] de Samosate, lui imposa les mains. 

Il institua ces évêques' : 



1. Athanasius, métropolitain de Tagrit, de 

la montagne d'Edesse. 

2. Job, métropolitain de Hérat, du couvent 

de Tell Çaphara, à Kaisoum. 

3. Dionysius, métropolitain d'Apamée, [du 

monastère]' de la Mère-de-Dieu. 

4. Cyrillus, métropolitain d'Anazarbus, du 

monastère de Zouqnîn. 

5. Dionysius, évêque de Telia, du couvent 

de Qartamîn. 

6. Ezéchiel, évêque de Mélitène, du monastère 

de Mar Atounos. 

7. Daniel, métropolitain de Damas. 

8. Denha, évêque de Callisura, du monastère 

de Mar éîla. 

9. Georgius; évêque de Circesium, du [mo- 

nastère] ' de Mar lohannan de Dara. 

10, Gabriel, métropolitain de Tibériade, du 

monastère de Tar'el. 

11, Michel, métropolitain de Mabboug, du 

monastère de Bizôna. 

12, Jacques, métropolitain de Samosate, de la 

montagne d'Edesse. 



13. Ignatius, métrop. d'Aphrah, qui est dans 

le Khorasan, de la montagne d'Edesse. 

14. Ezéchiel, évêque du four 'Abdin, du mo- 

nastère de Qartamîn. 

15. Silvanus, évêque d'Arzoun, du monastère 

de Bar Hadbeéabba. 

16. Basilius, évêque d'Arménie. 

17. lônan, évêque d'Irénopolis, du couvent 

de Qartamîn. 

18. Habîb, métropolitain d'Anazarbus, du mo- 

nastère de Mar Sergius. 

19. Siméon, évêque de Tell Besmê, du monas- 

tère de Mar Atounos. 

20. Habîb, métrop. de Reçapha, du monastère 

de Naphsata, de la montagne d'Édesse. 

21. lohannan, év. de Saroug, du monastère de 

Habisa, qui est dans le Tour 'Abdîn. 

22 . Lazarus, métropolitain de Tarse, du Grand 

monastère de Samosate. 

23. Elias, évêque de Gisra, de la Maison des 

moines, de la montagne d'Édesse. 

24. Habîb, évêque de Kaisoum, de la montagne 

d'Édesse. 



1. Même orthographe dans la vers. ar. — 2. Vers. ar. : sûû ^I, — 3. Ar, : ©ïi-oi. — 4. La 
liste est complète d'après Barhébr. et la Chronique (p. 119), — 5. Le 26 mars 1194(883) ; cf. p. 119. 

6. Févr. 887 ; cf. p. 120. — 7. D'après la Chronique (p. 120) et Barhébr., il ordonna 33 évoques. 
II manque donc un nom à notre liste. — 8, iSJc vers. ar. 



460 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



25, Basilius, évêque de Zeugma, du monastère 29. Severus, évêque de Dara*. 

de Siagta. 30. Jacques, évêque des Nédjrayê. 

26, Mattai, évêque de la ville de Telia, du 31. Habib, évêque d'Irénopolis. 

couvent de Hauania. 32. Sergius, évêque de Res['ayna]', du mo- 

27. Thomas, évêque de Circesium, du couvent nastère de Mar lohannan. 

de Hauania. 

28. Thomas, évêque d'Irénopolis, du monas- 

tère de Zouqnîni. 

Mar Theodosius administra le patriarcat pendant 9 ans et 4 mois. Il mourut 
le 4* de hazîran de l'an 1207", dans le couvent de Qartamîn. 

XXII. — DiONYsius [II], patriarche, du monastère de Beit Bôtîn de Harran. 
Son installation eut lieu en Tan 1208, le 23 de nisan'. Jacques d'Émèse lui 
imposa les mains. 

Par lui furent accomplies les ordinations suivantes' : 

1 . Theodosius, métropolitain d'Edesse, de la 

montagne d'Edesse. 

2. Iwannis, métropolitain de Samosate, de 



Saphylos. 

3. Timotheus, métropolitain de Damas, de 

Mar Atounos. 

4. lohaDuan, évêque des Tribus, du monas- 

tère de Jacques de Kaisoum. ' 

5. Jacques, évêque d'Irénopolis, du monas- 

tère de Tell 'Ada. 

6. Ignatius, évêque de Qennésrîn, du monas- 

tère d'Eusébona. 
1. lohannan, évêque de Zouptara», du mo- 
nastère de Mar Siméon. 

8, lohannan, évêque de Harran, du monas- 

tère de Mar Severus. 

9, Daniel, métropolitain de Samosate, du 

monastère de Habrâz. 

10. Cyriacus, évêque de Ba'lbek, de Mar 

lohannan de Dara. 

11. Gabriel, métropolitain de Cyrrhus, [du 

Grand Monastère. 

12. Isaac, métropolitain de Hérat] », du Grand 

Monastère qui est dans le territoire de 
la ville de Telia. 



13. Philoxenus, métropolitain de '", du 

monastère de Sêna. 

14. Dioscorus, métropolitain d'Edesse, de 

Harbâz. 

15. Habib, évêque d'Irénopolis. 

16. Samuel, métropolitain de Maipherqat. 

17. Abraham, métropolitain d'Aphrah, du mo- 

nastère de Saphylos. 

18. Isaac, évêque de Nisibe, du monastère de 

Qennésrê. 

19. lohannan, évêque du four "Abdin, du 

couvent de Qartamîn. 

20. Job, évêque de Callisura, du couvent de 

Qartamîn, 

21. Theodosius, évêque de Res'ayna. 

22. Cyrillus, métropolitain de Tarse, du mo- 

nastère de Bizôna, 

23. Theophilus, évêque de Zouptara", du mo- 

nastère de lohannan. 

24. Daniel, évêque d'Arménie. 

25. Gregorius, métropolitain de Callinice, de 

cette ville même. [758] 

25». Jacques, évêque d'Abadqawau, du mo- 
nastère de Beit Botîn. 

26. Abraham, évêque de la ville de Doula. 



1. Sic vers. ar. : ^.looi. — 2. Sic vers. ar. : oijN ; ms. : Dada. — 3. Sic vers. ar. : ^.a:^ ««l», — 
4. Sic ms. et vers. ar. ; mais dans le texte (cf. p. 120) : «le l*"' ». — 5. Juin 896. 

6. Sic ms. et vers. ar. Cf. ci-dessus, p. 120. — 7. Cinquante et un évêques selon Barhébréus 
(I, 395). La liste ne contient que 50 noms. — 8. Vers. ar. ; li^ô^ol. — 9. La vers. ar. omet ces 
mots. — 10. Le nom du siège est omis dans le ms. et dans la vers. ar. — 11. Vers, ar. : wt^oi. 



APPENDICE III 



461 



27. Cosmas, évêque de Hadet. 

28. Petrus, métropolitain de Reçapha, de la 

montagne d'Édesse. 

29. Jacques, évêque de Tibériade, de Mar 

Jacques de Batnan *. 

30. Moïse, évêque d'Amid, du monastère de 

Mar Âmalina, 

31. Georgius, évêque de Hadet, de la montagne 

d'Edesse. 

32. lohannan, évêque de Mardê, du monas- 

tère de Mar Hanania. 

33. Tîmothcus, évêque de Circesiura. 

34. Anastasius, évêque d'Abadqawan du Kho- 

rasau '. 

35. Athanasius, métropolitain de Damas. 

36. Athanasms, métropolitain de Tarse. 

37. Theodoretus, métropolitain de Maipher- 

qat, du monastère de Tellal. , 

38. Gabriel, métropolitain d'Apamée, du mo- 

nastère de Bizôna, 



39. Isaac, évêque d'Arménie, du couvent de 

Mar Mattai. 

40. Jacques, évêque de Dolik, du couvent de 

Mar Jacques. 

41. Elias, évêque de Mélitène, du monastère 

de Beit Bôlîn. 

42. Ignatius, évêque d'Irénopolis, (du couvent) 

de Mar lohannan. 

43. Iwannis, métrop. de Dara, de celte ville. 

44. Ignatius, métropolitain d'Amid, du monas- 

tère de I;Iarbâz, 

45. Isaac, évêque de Zeugma, du monastère 

d'Eliseus. 

46. Timotheus, évêque de Samosate, du mo- 

nastère de Siméon. 

47. Basilius, évêque de Bithynie', de la mon- 

tagne d'Edesse. 

48. Timotheus, évêque d'Edesse, du monas- 

tère de Res'ayna. 

49. Joseph, évêque de Saroug, de Mar Saba. 



Ce Mar Dionysius administra le patriarcat pendant treize ans. Il mourut en 
l'an 1220, le mardi de la semaine du Repos*, au mois de nisan', dans le mo- 
nastère de Beit Bôtîn, et son corps vénérable et saint y fut enseveli. 

XXllI. — loHANNAN [Jean IV], patriarche, de la Colonne du monastère de 
Qourzahiel •. Son ordination eut lieu dans le monastère de Tell Çaphara, de 
Harran, le samedi 21 de nisan de l'an 1221'. Le vénérable Mar lohannan, 
[évêque]» de Mar'as, lui imposa les mains. 

II ordonna évêques" : 



1. Thomas, métropolitain de Tagrit, de la 

Colonne de la montagne d'Edesse. 

2. Iwannis, métropolitain de Hérat. 

3. Denha, évêque de Kaiâoum, du monastère 

de Saphylos. 

4. Abraham, évêque de Dolik, du monastère 

de Noulaban. 

5. Joseph, évêque de Mar'as, du monastère 

de Tâbés. 

6. Theodosius, métropolitain de Maipherqat. 



7, Joseph, métropolitain de Jérusalem, de 

Damas. 

8, Severus, évêque de Callisura, du [monas- 

tère] de Mar Jacques de Kaisoum. 

9, Gabriel, évêque de Dolik, du couvent de 

Mar Jacques. 

10. Job, év. d'Alep, du monastère de Bizôna. 

11. Siméon, évêque de Gisra, du Pilier. 

12. Denha, métropolitain de Tagrit, de l'église 

de Mar Thomas'». 



1. Vers. ar. : Kcs^I'îa^. — 2. Ar. ; ^w^aas ^oopl, — 3. Ari ; ovoo^-3. Cf. ci-dessus, p. 452, n, 11. 
— 4. La semaine de Pâques. — 5. Le 18 avril 909 ; cf. ci-dessus, p. 120 ; Barhébr., I, 395. 

6. Cf. ci-dessus, p. 121. Même rédaction dans Barhébr. ; l'arabe intervertit ici : « du monastère 
de la Colonne de Q. ». — 7. Avril 910. — 8. Dans l'ar. : « métrop. ». — 9. La liste (41 év.) est 
complète. — 10. Voir la note suivante. 



462 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



13. Isaac, métropolitain d'Émèse, du monas- 

tère de Qourzahiel de ilarran*. 

14. Stephanus, évêque d'Irénopoiis. 

15. Jacques, évêque de la ville de Zeugma. 

16. Thomas, évêque de Qennésrin, de Siagta, 

17. Theodorus, évêque pour les Nédjrayê et 

les Taglibites, du Pilier. 

18. Sergius, métropolitain de Reçapha, du 

monastère de Mar Zakai. 

19. Aharon, évêque de Gisra, du couvent de 

Qennesrê. 

20. Samuel, évêque du Tour 'Abdin, de Qar- 

tamîn. 

21. Theodosius', métropolitain de Jérusalem, 

de Mar Atounos. 

22. Joseph, évêque d'Arzoun, supérieur du 

monastère de Qartamîn, 

23. Ignatius, év. de Mardê, de [Mar] Hanania, 

24. Moïse, métropolitain de Damas, du cou- 

vent de Sila. 

25. Anthimus, évêque de Reâ-Kêpha. 

26. Constantinus, évêque de la ville de Tella. 

27. Isaac, métropolitain de Cyrrhus, de 

Qourzahiel. 

28. Abraham, métropolitain de Nisibe, de Mar 

Siméon. 

Ce Mar lohannan exerça le patriarcat pendant douze ans. 11 mourut le samedi, 
dernier jour de tésrî ii (de l'an 1234) ^ dans le monastère de Saphylos, de 
Rés'ayna ; et son corps fut enseveli là, dans la grande église. 

XXIV. — [7S9] Basilius, patriarche, du couvent de Saphylos, dans le village 
de Mérîba, en Tan 1234, le vendredi 15 de 'ab^ en la fête de la Mère-de-Dieu. 
Mar Habib % [évêque] d'A[na]zarbus, lui imposa les mains. 

Il fit les ordinations de' : 



29. Lazarus, évêque d'Irénopoiis, de Mar 

Jacques. 

30. Dioscorus, évêque de Rés'ayna. 

31. Basilius, évêque de Circesium. 

32. lohannan, évêque de Mélitène, de Mar Bar 

Çauma. 

33. Paulus, évêque d'Aphrah, du monastère 

de Mar Bar Çauma. 

34. David, évêque de Zouptara, du monas- 

tère de Mar Salomon de Dolili. 

35. Ignatius, évêque de Harran, du monastère 

de Hesna Hamouça". 

36. Severus, évêque de Callinice, de Mar Ha- 

nania. 

37. Jacques, métropolitain de Callinice, de la 

montagne d'Édesse. 

38. Iwannis, évêque d'Irénopoiis, du monas- 

tère de Hesna Hamouça. 

Habib, évêque de Tella, du monastère de 
Qourzahiel, 

Cyriacus, évêque de Bithynie', de Mar Sa- 
lomon. 

Severus, évêque de Tell BeSmê, du cou- 
vent d' Atounos. 



39 



40 



41 



1, Cyriacus, métropolitain de Cyrrhus, du 
couvent même. 



2. Gregorius, métropolitain de Mélitène et 
Claudia. 



1. Sic ms. et vers. ar. (J;»^); mais Qourzahiel était dans la région d'Antioche, Je pense que 
le nom doit être joint à la ligne supérieure et qu'il faut lire « Mar Thomas de Harran ». — 2. Sic 
ms, et vers. ar. ; dans la liste des év, de Jérusalem, appendice IV (n° 71), ce prélat est appelé 
Theodorus, — 3. Ar, : v»^Ss. ovî^. — 4, Vers. ar. ; oiA)o^-a. — 5. Nov. 922. 

6. Août 923, — 7. Sic ms., vers. ar. et Barhébr. (cf. XXI, 18). Ci-dessus, p. 121, le texte porte 
« Jacques », vraisemblablement par une faute de copiste. — 8, Lire : <«oio.-«l=. La liste est com- 
plète. 



APPENDICE III 



463 



3. Ignatius, métropolitain d'Anazarbus, du 

village de Bala '. 

4. Theodosius, métropolitain de Mabboug, 

d'Arpânia *. 

5. Job, évêque d'Abadqawan, en Perse, 

d'Édesse. 

6. Theodosius, métropolitain de Samosate, 

de la montagne d'Edesse. 

7. Siméon, métropolitain de Cadet, de Mar 

Jacques de Kaisoam. 

8. lohannan, métropolitain de Saroug, du 

couvent de Hanania. 

9. Stephanus, évêque d'Arménie, de Mar 

Eliseus. 

10. Job, métropolitain de Tibériade, de Mar 

Zakai. 

11. Iwannis, évêque du Tour "Abdîn, de Qar- 

tamin, 

12. Gabriel, métropolitain de Dara, supérieur 

du couvent des Orientaux. 

13. loliannan, évêque des Nédjrayê et des 

Ma'adayê, du monastère de Qarqaphta, 

14. Athanasius, métropolitain d'Émèse, de 

Mar Hanania. 

15. Atbanasius, évêque des Tribus, du couvent 

de Harbâz. 

16. Cyrillus, métropolitain de Jérusalem, de 

la montagne d'Edesse, 
,17. Iwannis, évêque de Saroug, du monastère 



18. Philoxenus, métropolitain d'Édesse. 

19. David, métropolitain d'Emèse, du monas- 

tère de Mar Sila. 

20. Julius ', métropolitain de Maipherqat, du 

Pilier. 

21. Athanasius, évêque de Ba'lbek, supérieur 

du monastère d'Edesse. 

22. Iwannis, métropolitain d'Amid, de Mar 

Bar Çauma. 

23. Job, évêque de Zeugma, du monastère de 

Siagta. 

24. Dionysius, métropolitain de Samosate, du 

monastère de Mar Severus. 

25. Gregorius, évêque de Hadet, du couvent 

de Mar loliannan. 

26. Abraham, évêque d'Alep, du couvent de 

Mar lohannan. 

27. Petrus, métropolitain du Ségestan, de la 

montagne d'Edesse. 

28. Sergius, évêque de Saroug, de Mar Bar 

Çauma, 

29. Iwannis, évêque de Gisra, du couvent de 

Mar Zakai. 

30. Jérémie, évêque de Hâmâm', du couvent 

de Hesna Hamouça. 

31. Petrus, évêque de Mardê etKephar Touta, 

du monastère de Çanania. 

32. Paulns, métropolitain de Hérat, de la 

montagne d'Edesse. 



de Mar Bar Çauma. 

Ce Mar Basilius exerça le patriarcat pendant onze ans et sept mois, 11 mourut 
le mercredi de la Passion, 25 d'adar% dans le monastère Oriental, — Que sa 
prière nous accompagne! Amen. 

XXV. — loHANNAN [Jean V], patriarche, de la Maison des moines de la mon- 
tagne Noire, Son ordination eut lieu à Tell 'Ada, village de la région d'Antioche 
en l'an 1247", le dimanche 28 de 'ab \ Mar Athanasius, [métropolitain] s de Tarse, 
lui imposa les mains'. 

Il ordonna ceux-ci *" : 



1, Basilius, métrop. de Tagrit, de Qartamîn, 

2. Anastasius, év, d'Alep, de Mar Siméon ", 



3, Jacques, métropolitain de Tibériade, de 
Mar lônan de Damas. 



1. Vers. ar. : o»i.la. — 2, Ar. : ovJ^â»! (Raphanée?), — 3. Même leçon dans l'ar. — 4. Ar. : ^oI^om. 
— 5. En l'an 1246 (25 mars 935). 

6. Ms. et vers. ar. : 1227 (faute évidente). — 7, Août 936. — 8, Sic vers. ar. — 9, Cf. ci-dessus, 
p, 121, — 10, La liste (48 év.) est complète. — 11. Vers, ar, : yO»!^ « Salomou ». 



464 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



4. Gregorius, évêque de Res'ayna. 

5. Mattai, evêque d'Arzoun, de Mar Zakai, 

6. Iwannis, évêque de Doala. 

7. Abraham, évêque de Hadet •, de Mar Zakai. 

8. Iwannis, év. de Qâstau', de Mar Eliseus. 

9. Iwannis, év. de Dolik, de Mar Salomon. 

10. Habib, év. du four 'Abdîn, de Qartamîn, 

11. Basilius, év, de Samosate, de QâqôsînS. 

12. Âthauasius, métropolitain d'Aphrah, de 

Mar Daniel. 

13. Severus, évêque de Circesium, du couvent 

de Qartamîn. 

14. Jacques, métrop. de Maipherqat, de Bizôna. 

15. Timotheus, évêque de Wastan. 

16. Athanasius, évêque d'Aphrah, de Saphylos. 

17. Job, évêque de Hamâm et Kînîsa. 

18. Sergius, métrop. d'Apamée, de Bizôna. 

19. Basilius, évêque d'Arsamosate, du monas- 

tère de Salomon. 

20. Abraham, év, d'Arménie, de Mar Sergius. 

21. Siméon, évêque de Qennéèrin, du Grand 

Couvent. 

22. Theodosius, évêque de Zouptara, de Mar 

Atounos. 

23. loliannan, métropolitain de Damas, du cou- 

vent de Naphsata d'Alep'. 

24. Jacques, métropolitain de Mabboug, de 

Mar Zakai. 



25. Athauasius, métropolitain de Samosate, 

26. Severus, évêque de Res Kêpha, de Bizôna. 

27. lohannan, métropolitain d'Anazarbus. 

28. Job, métropolitain de Nisibe. 

29. Joseph, métropolitain d'Amid, du monas- 

tère de Mar Bar Çauma. 

30. Stephanus, évêque de Zouptara. 
3t. Petrus, évêque de Claudia. 

32. lohannan, évêque de Ségestan, 

33. Ignatius, évêque de la contrée du Halys", 

34. Philoxenus, évêque de Harran, du monas- 

tère de Naphsata. 

35. Abraham, métrop. d'Édesse, du Pilier. 

36. Athanasius, métropolitain de Tarse. 

37. Moïse, évêque de Germanicia. 

38. David, métropolitain d'Anazarbus. 

39. Habib, métrop. de Reçapha, de Mar Zakai. 

40. Jérémie, métropolitain de Tarse. 

41. Athanasius, [métropolitain]' d'Anazarbus. 

42. Ignatius, év. du "Tour 'Abdin. [760] 

43. Jacques, évêque deHamâm et Kînîsa. 

44. Iwannis, évêque de Wastan, d'Amid. 

45. Iwannis, métropolitain de Mélitène. 

46. Michel, métropolitain de la ville de Dara. 

47. Jérémie, métropolitain de Jérusalem, de 
la montagne d'Édesse. 

48. lohannan, évêque de Qarnah. 



Ce IVIar lohannan exerça le patriarcat pendant dix-sept ans, et il mourut le 
3 de tamouz', en la fête de Mar Thomas. Son corps l'ut enseveli dans le Grand 
couvent de Tell 'Ada, dans le caveau du vénérable Mar Jacques d'Édesse, — 
Que sa prière soit avec nous I 

XXVI. — Iwannis [Jean Yl], patriarche, [de la Colonne de Qouzahiel] '. Il fut 
institué en l'an 1265 ' dans le village de Tell 'Ada. Mar Jacques, métropolitain de 
Gallinice, lui imposa les mains. 

Il ordonna ces évêques*" : 



1. Vers, ar, : ^1»- « de Harran », — 2. Vers. ar. ; ^^a>Vo (cf. i^^o, n" 15 et 44). — 3. Ar. : 
<joQûlo. — 4. D'après le ms. et la vers. ar. le sens est bien « Naphsata à Alep » (comme ci-des- 
sus, XVIII, 55); mais la lecture inspire quelque doute, un couvent de ce nom étant sûrement 
dans la montagne d'Édesse. — 5. Vers. ar. : >a>^ »(!=. Peut-être « de la région maritime » (àXô;)? 
— 6. Sic vers. ar. — 7. Barbébr. ajoute que c'était un dimanche, ce qui correspond à l'année 1364 
(juillet 953). Cf. ci-dessus, p. 121. 

8. Sic vers, ar. ; cf. ci-dessus, p. 124, — 9, 16 juillet 954 (ibid.). — 10. La liste (10 év.) est 
complète. 



APPENDICE III 465 

1. Elias, métrop. do Mélitène, de Zouqnîn'. 6. Joseph, métropolitain de Nisibe. 

2. Joseph, métrop. de Damas. 7. Moïse, évêque d'Arabie. 

3. Moïse, métropolitain d'Emèse, de Mar 8. Siméon, évêque d'Aphrah du Khorasan. 

Abtiai. 9. Sergius, évêque de Ba'lbek. 

4. Basilius, évêque de Zouptara. 10. Jacques, métropolitain de Symnadou '. 

5. Lucas, évêque de Qarnah, 

Ce Mar Iwannis administra la patriarcat pendant deux ans. Il mourut le ven- 
dredi, dernier jour de kanoun ii', dans le couvent de Mar Salomon de Dolik. 

XXVII. — DioNYSius [III], patriarche, du couvent de Qartamîn. Il fut institué 
le 28 de tésrî ii de l'an 1269*. Mar Jacques, métropolitain de Callinice, lui 
imposa les mains. 

Il ordonna ces évêques^ : 

1. Eléazar, métropolitain d'Anazarbus '. 5. Theodosius, évêque d'Aphrah, de Mar 

2. lohannan, évêque de Zouptara, du mo- Hanania. 

nastère de Nahra de Qarîrê. 6. Dioscoius, métropolitain de Dara. ■ 

3. Athanasius, métropolitain de Damas. 7. Ezéchiel, métropolitain de Mélitène. 

4. Iwannis, évêque de Mardê, du couvent de 8. Timotheus, évêque de Circesium. 

Qartamîn. 

Ce Mar Denys administra le patriarcat pendant deux ans. Il mourut au mois 
de haziran^ de Tan 1272, dans le couvent de Qartamîn, et son corps fut enseveli 
dans le caveau du patriarche Mar Theodosius '. 

XXVIII. — Abraham, patriarche, du monastère de Tar'el, en l'an 1273', au 
village de Tell 'Ada. Mar Job, évêque de Zeugma, lui imposa les mains. 

II ordonna ces évéques'" : 

1. lohannan, métropolitain de Tibériade, 5. Timotheus, évêque de Harrau, dans le 

d'Antioche. monastère de Tar'el. 

2. Cyriacus, métropolitain de Tagrit, de la 6, Ignatius, évêque de Gisra, dans le monas- 

ville d'Alep'', tère de Tar'el. 

3. Gonstautinus, évêque de Germanicia. 7. lohannan, métropolitain de Callinice, dans 

4. Severus,év. du Tour 'Abdîn, de Tell 'Ada. le monastère de Tar'el. 



1. Gf p. 125, et supprimer la n. 1 ; Elias ayant été ordonné par Jean, et non par Denys, la date 
1269 doit être maintenue. — 2. Vers. ar. : « de Hesn Mançour ». La lecture « Symnadou » est confir- 
mée parle texte, ci-dessus, p. 131. — 3. Janv. 957 (1268); p. 124, n. 4. 

4. Sic ms. ; mais il faut corriger 1270 (28 nov. 958) ; cf. p. 124, n. 6. — 5. La liste (8 év.) est 
compile. — 6. Appelé Lazarus, ci-après, p. 467, 1. 20. — 7. Le 2 juin 961. Cf. p, 124. — 8. Cf. 
ci-dessus, p. 460. 

9. Le 25 mai 962 ; cf. p. 129. — 10. D'après Barhébr. et le texte cité (p. 130), il ordonna sept 
évêques. Mais il est dit expressément (p. 129) qu'il institua lui-même son maître Anastasius comme 
évêque d'Alep. Or cet évêque ne figure pas dans la liste. Le seul év. d'Alep mentionné dans nos 
listes sous le nom d'Anastasius est celui qui fut ordonné par Jean V, vers 936 (XXV, 2). — 11. Vers. 
ar, : « à Alep ». 

m 59 



466 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Il administra le patriarcat pendant dix mois et il mourut le 4 d'adar'. Il fut 
enseveli par son maître, Mar Anastasius, évêque d'AIep, dans cette ville. — 
Que sa prière nous accompagne! 

XXIX. -— loHANNAN [Jean VII], patriarche, surnommé de Sarigta, à cause de 
sa grande pauvreté, aussi du monastère de Tar'el; le dimanche 9 de tamouz de 
l'an 1276', il fut institué à KepharNébo, dans la région de Saroug. Mar Sergius., 
[évêque de Saroug]', lui imposa les mains. 

Il ordonna ceux-ci ' : 



1. lohannan, évêque de Res-'ayna, du Pilier. 

2. Ignatius, métropolitain d'Amid. 

3. Theodosius, métropolitain de Damas. 

4. lohannan, métropolitain de Hérat, 

5. Timotheus, métropolitain de Maipiierqat, 

de Qarîrê. 

6. Philoxenus, métropolitain d'Edesse, de la 

montagne. 

7. Ignatius, métropolitain de Mélitène». 

8. Iwannis, évêque du Tour 'Abdîn. 

9. Basilius, évêque de Mardê. 

10. Iwannis, évêque de Hérat du Khorasan'. 

11. Athanasius, évêque de Callisura. 

12. Dionysius, évêque de Hadet. 

13. Elias, métropolitain de Samosate. 

14. Sergius, év. d'AIep, de Ségara de Pésqîn', 

15. lohannan, métropolitain de Tibériade. 

16. Cyriacus, évêque de Saroug, du monastère 

de Sergisyeh. 

17. Iwannis, évêque de Germanicia, du monas- 

tère qui est dans le désert». 

18. Ignatius, métropolitain de Dara, du mo- 

nastère de Qartamîn. ['61] 

19. Sergius, évêque de Res'ayna, du monas- 

tère de Tell Patriq. 

20. Theophilus, métropolitain de Damas, du 

monastère de Mar lônan. 



21. Timotheus, métropolitain d'Amid, de 

Ségara de Mar Aharon ». 

22. Micliel, évêque de Claudia, du couvent de 

Mar Bar Çauma. 

23. Theodosius, évêque de Harran, du monas- 

tère de Beit Botîn. 

24. Basilius, métropolitain de Symnadou, du 

monastère de la Mère-de-Dieu. 

25. Sergius, métropolitain d'Apamée, de Mar 

Atounos, qui est à Qarîrê. 

26. Siméon, évêque de Zeugma et Goubbin'", 

à Nahra de Qarîrê. 

27. Thomas, métropolitain de Jérusalem, du 

monastère de Tar'el, à Mar'aè. 

28. lobauuan, métropolitain de Cyrrhus, de 

èégara de Pésqîn". 

29. Cosmas, métropolitain de Reçapha, de la 

Colonne qui est dans le mooastère de 
Mar Bar Çauma de Saroug". 

30. Petrus, évêque d'Arzoun, d'Amid, à 

Nahra de Qarîrê. 

31. Ezéchiel, métropolitain de Dara et de 

Habôra, du monastère de Qartamîn. 

32. Sergius, évêque de Qarnah, de Ségara" de 

Pésqîn, en ce lieu. 

33. Moïse, évêque du pays de Claudia, à 

Mar'as, 



1. Mars 963 (1274). Cf. p. 129. 

2. Juillet 965. Cf. p. 130. — 3. Ainsi d'après le texte (/. c). — 4. Au nombre de 48, d'après le 
texte et Barhébr. La liste paraît donc incomplète. Cf. en outre ci-après, n. 6. — 5. Ignatius le Cur- 
sor; cf. ci-dessus, p. 130. — 6. Même leçon dans la vers. ar. Paraît être une répétition du n" 4. — 
7. Vers. ar. : oilu&. i.,^ ^ ; cf. ci-après, n. 11. — 8, Restituer : l;3jsa3», d'après la vers. ar. — 
9. Vers. ar. : ^pioil «^.vj ;.» ^ ;.^i ^, — 10. Sic vers, ar. : ^a^; ms. : « de » Goubbîn. — 
11. Vers. ar. : oitui^ ^^. — 12. Vers. ar. : >.^r« îU» «»3 « qui est dans le pays de Saroug ». — 
13. Vers. ar. : ks^ ; cf. n. 7, 11. 



APPENDICE III 



467 



34. Basilius, métropolitain de ïibériade, dans 

le village d'Arnôs'. 

35. Cyriacus, évêque de Zouptara, de Nahra 

de Qarîrê, à Mar'as. 

36. Paulus, évêque d'Aplirjh, de Ségara* de 

PésqÎQ, en ce lieu. 

37. Denha, évêque d'/lrsamosate, [du monas- 

tère] de Tabès', qui est à Kaisoum. 

38. Zacharias, év. de Saroug^ du monastère de 

Nahra de Qarîrê, à Mar'as. 

39. Basilius, év, du Ségestan, du monastère 

de Sergisyeh, à Mar'as. 

40. loljannan, métropolitain de Nisibe, du 

monastère de Mar lohannan, à Mar'as. 

41. Michel, évêque de Callisura, du même 

couvent, en ce lieu. 

Il exerça le patriarcat pendant vingt ans; et il mourut ' dans le couvent de 
Barîd; son chaste corps y fut enseveli dans le temple qu'il y avait bâti. 

XXX. — Athanasius [V], patriarche, surnommé Çalhaya', du couvent de Mar 
Aharonde êégara'". II fut institué en l'année 1298, le jeudi 21" de tésrî i*'', dans le 
village de Qotainé", dans la région de Djihan. Lazarus ", métropolitain d'Ana- 
zarbus, lui imposa les mains. 

Il ordonna ceux-ci '* : 



42. Basilius, évêque de Saroug, de la monta- 

gne d'Edesse. 

43. Iwannis, évêque de Hâmâm, du [monastère 

de] Tabès de Kaisoum, [à Mar'as. 

44. Petrus, évêque de Harran, du Grand 

Monastère]', à Mar'as. 

45. Theodosius, évêque de Mar'as, du monas- 

tère de Sergius et Bacchus. 

46. Samuel, évêque de Hamâm, du monastère 

de Mar Phargisia, qui est dans le pays 
de Tâgra^. 

47. Cyriacus, évêque de Djihan'. 

48. lohannan, maphrien de Tagrit, à Mar^aP. 



1. Paulus, métropolitain de Tarse, du monas- 

tère de Mâdîq. 

2. Andréas, métropolitain de Cyrrhus,da mo- 

nastère de Bârîd. 

3. lohannan, évêque d'Arsamosate", du mo- 

nastère de la Mère. de-Dieu dans la ré- 
gion de Callisura. 

4. Isaac, évêque de Callisura, du monastère 

de Sergisyeh. 

5. Petrus, évêque de Saroug, du couvent de 

Mar Bar Çauma. 



6. Ivpanuis, évêque de Mardê, Res'ayna et 

Kephar Touta, de Sergisyeh. 

7. Philoxenus, métropolitain de Dara, du 

couvent de Qartamîn. 

8. Christodulus , évêque de Ba'lbek, du 

monastère de Mar lônan qui est à Da- 
mas. 

9. Cyrillus, évêque d'Arménie, du monastère 

de Mar Eliseus. 
10. Moïse, évêque de Samosate, du monastère 
de Nahra de Qarîrê. 



1. Même leçon dans la vers. ar. — 2. Vers. ar. : K^ ; cf. p. 466, n. 13. — 3. Vers. ar. : ■•sH. — 
4. L'ar, a omis les mots entre crochets. — 5. Vers, ar. : ^Jl^ ?(!= ^ M.r«».^il3. La leçon 
1;.^ s'est déjà rencontrée ; cf p. 20 1. 9 ; 21, 1. 5.-6. Cet évêque qui assistait à la consécration 
de Jean VIII (cf. p. 139) et qui n'a pas été ordonné par Athanase V, est sans doute un des deux 
ou trois dont les noms ont disparu de la présente liste. — 7. Ordonné par ce patriarche en 961 
(1292), d'après Barhébr., Chr. ecel., II, 253. — 8. En 1295 (985); cf. ci-dessus, p. 131. 

9, Vers. ar. : uiU^p*.. _ 10. Vers, ar. : ^^ÇiMa. — H. Oct. 986. Il faut lire 21 (date exacte), 
quoique le ms. semble porter 27. Cf. ci-dessus, p. 134. — 12. Vers. ar. ; ©»i»^o. — 13. Appelé 
« Éléazar », ci-dessus, XXVII, 1. — 14. Au nombre de 39, selon Barhébr. et la Chronique (p. 134). 
— 15. Vers. ar. : « de Samosate » (lecture moins probable). 



468 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



11. Basilius, métropolitain de Baies ', de la ré- 25. 

gioQ d'Antioche. 

12. Timotheus, métropolitain de Mabboug, du 26. 

monastère de Mauricius. 

13. Iwannis, métropolitain de Hérat, d'Amid, 27. 

dans ce couvent. 

14. Gregorius, évèque de Bîrta ^, du monas- 28. 

tère du Cursor de Mélitène. 

15. Moïse, métropolitain de Callin'ce, du mo- 29. 

nastère de Mar loljannan de Cyrrhus, 

à Mélitène. 30. 

16. Philoxenus, évêque de Telia Qastra, du 

couvent de Bar Gàgî, à Mélitène. 31. 

17. Ignatius', métrop. de Tagrit, du monas- 

tère des Quarante', de Bar Gàgî, à Mé- 32. 

litène. 

18. Basilius, év. de 'Arqa, du monastère de 33. 

Baitaya ", dans le monastère de Bârîd. 

19. lohannan, évêque de Zeugma, du couvent 34. 

de Bârîd. 

20. Iguatius, métropolitain d'Edesse, du mo- 35. 

nastère de Bar Gàgî, 

21. Dioscorus, métropolitain d'Emèse, du mo- 36. 

nastère de Mar Mâma. 

22. Joseph, évêque du Tour 'Abdîn, du monas- 37, 

tère de Qartamîn. 

23. Thomas, métropolitain d'Anazarbus, du 38. 

monastère de Masar'a, à Bârîd. 

24. Dionysius, qui est le syncelle', évêque de 39. 

Claudia. 



Timotheus, évêque d'Aphrah, du monas- 
tère de Masar'a. 

loliaunan, évêque du Tour 'Abdin, du cou- 
vent de Qartamîn '. 

Gabriel, évêque d'Alep, du couvent de 
Mar Salomon. 

Theodosius, métropolitain de Maipherqat, 
du monastère de Mar lohannan. 

Iwannis, évèque d'Arsamosate, de Bârîd, 
à Mar Domitius. 

Philoxenus, métr. de Mabboug et Gisra, 
du monastère de la Mère-de-Dieu. 

Jacques, évêque de Ba'lbek,du monastère 
de Mar lohannan. 

Daniel, évèque d'Arménie, du monastère 
de Kêpha des Arzanéniens, à Bârîd. 

Thomas, métropolitain de Tibériade, du 
monastère de Mar Mattai, 

Petrus, évêque de 'Arabissus, du couvent 
de Mar Bar Çauma. 

Abraham, év. de Zeugma, du monastère 
de la Mère-de-Dieu de Mar Bar Çauma. 

lohannan, évêque de Dolik, du couvent de 
Mar Séna. 

Elias, [évêque]' de Symnadou, du monas- 
tère de Petrus. 

Ignatius, évêque d'Arzoun, dans le couvent 
de Mar Bar Çauma. 

Iwannis, métropolitain de Mélitène, du cou- 
vent de Bârid '. 



Il administra le patriarcat pendant seize ans, et il mourut dans le couvent de 
Mar Bar Çauma'". Son saint corps fut enseveli dans la sacristie, qui est sur le 
côté nord de l'église ancienne. — Que sa prière soit avec nous ! Amen! 

XXXI. — [762] loHANNAN [Jean VIII], patriarche, qui est Bar 'Abdoun, de 
Mélitène, moine de la montagne Noire". Son ordination eut lieu le jeudi 6 de 
tamouz de l'an 1315", dans le monastère de la Mère-de-Dieu de Boundouqah, 



I . Vers. ar. : >»^U>. — 2. Ar. : w;«a — 3. Surnommé Bar Qîqî ; cf. p. 13 i. — 4. Des XL Martyrs 
de Sébaste; cf. p. 126. — 5. Vers. ar. : oUmPI ;.,. — 6. Vers. ar. : "^.Si^ owo. — 7. Cf. Bar 
Hebr., Chr. eccL, I, 417. — 8. Sic vers. ar. — 9. Ce nom devait figurer dans la liste avant 
le n" 17. Cf. ci-dessus, p. 134. Il se lit également dans la liste des évèques de Mélitène (u° 19), 
ci-après, App. IV. — 10. Cf. ci-dessus, p. 135. En 1314 (1002-03). 

II. Cf. ci-dessus, p. 137. — 12. 6 juillet 1004; cf. p. 139. 



APPENDICE III 



469 



dans le pays de Goudpai'. Petrus, évêque 
Il ordonna évêques ceux-ci' : 

1. Thomas, métropolitain de Saraosate, de la 

montagne Noire. 

2. lohannan, métropolitain d'Amid, de Mar 

Atounos ; son disciple. 

3. Severus, évêque d'Arzoun, du monastère 

de Qartamin. 

4. Athanasius, métropolitain de Tarse, [du 

couvent] de Sergius et Bacchus. - 

5. Ignatius, métropolitain de Mélitène, du 

monastère de Qainan* de Hadet. 

6. Athanasius, métropolitain de Callinice, du 

couvent de Mâdîq. 

7. lohannan, métrop. du diocèse de Hauran 

de Bithynie, de l'église de Çôr*. 

8. Basilius, métropolitain de Hérat, du cou- 

vent de Qartamîn. 

9. Ivrannis, évêque de Hadet et de Ra'bàn, 

du couvent de Mar Lazarus de 'Arqa. 

Abraham, évêque de Callisura, du monas- 
tère de Sergisyeh". 

Petrus, métropolitain de Callinice, du mo- 
nastère d'Abadhar. 

12. Marouta, métropolitain de Tibériade, de 

la ville de Baies. 

13. Siméoa, évêque de èaizar, du monastère 

de Masai'a. 

14. Basilius, métropolitain d'Anazarbus, du 

monastère d'Abou'l-hapurp]». 

15. Isaac, évêque de 'Arqa, du monastère de 

Bar Gâgî, secrétaire du patriarche, et 
qui par la suite se fit chalcédonien'. 

16. Elias, évêque de Zeugma, du monastère 

de Mar Julianus. 

Mattai, évêque du Ségestan, du monastère 
de Mar Hananîa. 

Andréas, évêque de Kaisoum, du monas- 
tère de Tabès, de cette ville. 



10 



11 



17 



18 



deHarran, lui imposa les mains. 

19. Basilius, métropolitain de Nisibe, du mo- 

nastère de Qartamîn. 

20. Sergius, évêque de Saroug, du monastère 

de Julianus de Kaisoum. 

21. lohannan, évêque de Reé'ayna, du cou- 

vent de Mar Hanania. 

22. lohannan, métropolitain de Dara et Ha- 

bôra, du couvent de Bârîd. 

23. Timotheus, évêque de Qarna et Telia d'Ar- 

sanias, du couvent de Mar Bar Çauma. 

24. Siméon, évêque de Telia et Lâqabîn, du 

couvent de Mar Domitius. 

25. Cyrillus, évêque de Hâmâm, du couvent 

de la Mère-de-Dieu qui est à Anazar- 
bus. 

26. lohannan, métropolitain de Dara, du mo- 

nastère de Mar Abai" de Qélat. 

27. Thomas, évêque de Claudia, du monastère 

de Nahra de Qarîrê. 

28. lohannan, métropolitain de Jérusalem, du 

monastère de §éna d'Antioche. 

29. Theodosius, métropolitain de Damas, du 

monastère de Soumaqa ' de Karséna. 

30. Athanasius, métropolitain de Tagrit, du 

monastère de la Mère-de-Dieu. 

31. Basilius, métropolitain d'Amid, du monas- 

tère de Bar Gâgî. 

32. Abraham, métropolitain de Tarse^ du mo- 

nastère de Nahra de Callinice. 

33. Athanasius, métropolitain de Goudpai et 

Karséna, du monastère de Séblata. 

34. Ignatius, évêque de Hâmâm, du monastère 

d'Abou'l-haourî. 

35. Gregorius, évêque de Bîrta, du monastère 

de Harçaphta. 

36. Cyrillus, métropolitain de Cyrrhus, du 

monastère de Mar Saba. 



1. Vers. ar. : uS,a.j^,lb u3 i^tiSsv ot^yoa u9; cf. ci-dessus, p. 136. — 2. Barhébr. (I, 424) dit : 
« 47 évêques » (sans compter le maphrien de Tagrit); notre ms. dit : « 49 » (ci-dessus, p 136). 
Il manque donc deux noms à notre liste. — 3. Même orthographe dans la vers. ar. — 4. Vers. ar. : 
w»o» WV.3 ^ ovJot>«^ vjiiii. û-i.po. — 6. Cf. ci-dessus, p. 147. — 6. Ar. aussi : »ooi!>.o3| ; cf. n" 34. 
— 7. Cf. ci-dessus, p. 143-145. — 8. Sic ms. et vers. ar. — 9. Vers. ar. : ; ■^ «■ 'V ;^». Il faut pro- 
bablement lire : |6j»oû«e l;«j « le monastère Rouge » (cf. XXXII, 31), et Kaisoum au lieu de Karséna. 



470 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



37.' Dionysius, métropolitain de Maipherqat, 
da monastère de Zarnouqa. 

38. Philotheus, métropolitain d'Apbrab, du 

monastère de Mar Mattai. 

39. Philoxenus, métropolitain de Jérusalem, 

de Bar Gàgî. 

40. Basllius, évêquede Harran, du couvent de 

Qartamîn. 

41. Moïse, évêque de Hesna de Ziad, du cou- 

vent de Mar Aharon. 

42. Athanasius, qui est Haiyê, évêque d'Ar- 

samosale, du couvent de Mar Aharon 
de Ségara. Celui-ci devint patriarche*. 



43. Ivfannis, évêque de Dolik, du monastère 

d'Abou'l-haourî. 

44. Abraham, métropolitain de Samosate', du 

monastère de Séblata, dans le monas- 
tère de Perrhîn,de Mar Christophorus. 

45. Dionysius, évêque de Telia d'Arsanias, dû 

monastère de Séblata, dans le couvent 
de Mar Bar Çauma. 

46. Basilius', évêque de Claudia, du couvent 

de Mar Bar Çauma. 

47. Iwannis, métropolitain d'Arzoun, du cou- 

vent de Qartamîn. 
48, Dionysius, évêque de Tell Patriq^. 



Ce bienheureux ordonna encore d'autres évèques, mais parce qu'il fut pris 
par les Grecs et emmené en exil, ainsi qu'il est raconté dans son histoire écrite 
plus haut dans ce livre^, les noms de tous n'ont pas élé consignés. 

Il exerça le patriarcat pendant vingt- six ans et il mourut en l'an 1341^, le 2 de 
sebat, en exil dans le pays des Bulgares, dans un vrai martyre. Que sa prière soit 
avec nous ! 

XXXII. — Dionysius [IV], patriarche, qui est Haiyé, supérieur [du couvent] 
de Lazarus, dans la région de Mélitène. Son ordination eut lieu le jeudi 14 de 
tésrî i«r de l'an 1343', dans le monastère de Mar Domitius de Claudia, dans le 
temps de la persécution (excitée) par les Chalcédoniens. Les évêques s'étaient 
réunis [à fcmanin, dans la région de Claudia]'. Mar Abraham de Callisura 
lui imposa les mains : 

II ordonna ces évèques' : 

1. Philoxenus, métropolitain de Symnadou, 

[du couvent] de Mar Bar Çauma. 

2. Ignatius, évêque de Bîrta, qui est Isaïe, 

de Harçaphta. 

3. lohannan, évêque de 'Arqa, du couvent de 

Tell Patrîq. 

Ensuite il s'en alla, à cause de la persécution des Grecs, et il résida à Amîd, dans 
l'empire des Arabes". 



4. Gregorius, évêque de Mar'as, qui est Mar 

Lazarus. 

5. Athanasius, évêque de Djihan, du monas- 

tère de Circesium'» (?) 

6. lohannan, métropolitain de Mélitène, du 
monastère de Mar Séna. 



1. Cf. ci après, n° XXXIV. — 2. Sic vers. ar. — 3. Vers. ar. : Philoxenus. — 4. Un des évêques 
qui accompagnèrent le patriarche en exil ; cf. p. 151-145. Comme les trois évêques nommés avant lui 
ont été ordonnés par Jean VIII, il y a lieu de croire qu'il en fut de même pour Dionysius. — 
5. Cf. ci- dessus, p. 141 et suiv. — 6. Même date dans la vers. ar. Cf. ci-dessus, p. 139, n. 1, 

7. 14 oct. 1031; cf. p. 139, n. 1. — 8. Ces mots, aussi omis dans la vers, ar., sont rétablis 
d'après le texte de la Chronique, ci-dessus, p. 147. — 9. Au nombre de "6, selon Barhébr. et la 
Chronique (p, 148). — 10. Vers. ar. : ^aea^io • ms. : Sérapion. — 11. Cf. p. 147. 



APPENDICE in 



471 



7. [763] Timotheus, métropolitain de Baleà, 

du monastère de Mar Atounos. 

8. Athanasius, métropolitain d'Edessn, qui 

est Josué, supérieur du couvent de Mar 
Abhai. 

9. Iwannis, évêque de Ba'lbek, du couvent 

même. 

10. Iwannis, métrop. d'Anazarbus, du monas- 

tère de Bouqâ», dans le couvent même. 

11. Basilius, évêque de Cadet, du couvent de 

Mar Aharon. 

12. Iwannis, évêque du Tour 'Abdîn, qui est 

Zakai, du monastère de 'Abid . 

13. Cyrillus, métropolitain d'Émèse, du mo- 

nastère de Qaleph. 

14. lohaaaan, évêque de Telia et Lâqabîn, de 

Bar Gâgî. 

15. Iwannis, évêque de Hesna de Ziad, qui est 

Bar Çauma, de Bar Gâgî. 

16. ïimotheus, évêque de Callisura, du mo- 

nastère de Mar Aharon. 

17. Philoxenus, évêque de Mabboug, de 'Ar- 

salis', qui est Matusalah. 

18. Athanasius, métropolitain 3, de Bârîd, 

à Âmid, 

19. Iwannis, métropolitain de Hérat, du mo- 

nastère de Pharîs. 

20. Marcus, métropolitain d'Aphrah, du mo- 

nastère de Nahra de Qarîrê. 

[Ce Mar Dionysius]' administra (le patriarcat) pendant dix ans et mourut le 
21 d'adar'. Son corps fut enseveli dans la grande église de la ville d'Amid. 

XXXIII. — loH.vNNAN [Jean IX], patriarche, du couvent de Bar Gâgî. Il était 
le fils du frère de Mar lohannan bar 'Abdoun '°. H fut ordonné en l'an 1353 ", le 
mardi..., à Pharzeman, sur les confins de Ra'bân. Mar Elias, présidant du 
synode'% lui imposa les mains. 

Il ordonna ceux-ci" : 



21. Iwannis, métropolitain de Hérat, du cou- 

vent de Bar Gâgî. 

22. Athanasius, métropolitain d'Émèse, du 

monastère de Qaleph. 

23. Basilius, évêque de 'Arqa, du monastère 

d'Abou'l-haonrî. 

24. Gregorius, métropolitain d'Arménie, du 

monastère de Mar Georgius. 

25. Timotheus, métropolitain de Tibériade, 

du monastère de Zarnouqa. 

26. Basilius, métropolitain de Tagrit, en l'an 

1349». 

27. Gregorius, métropolitain de Callinice, de 

Bar Gâgî. 

28. Abraham, évêque d'Arsamosate, du mo- 

nastère de Ségara, qui est à Gargar. 

29. Iwannis, évêque de Circesium, de Bârîd. 

30. Ignatius, évêque d'Arzoun, du monastère 

de Bar Bousîr. 

31. lo^iannan, évêque de Kaisoum, de Mar 

Julianus, le Couvent-Rouge •. 

32. Ignatius, métropolitain d'Amid, de cette 

ville •. 

33. Paulus, évêque de Mardé, du couvent de 

Qartamîn. 

34. Philoxenus^ évêque de Dolik''. 

35. Athanasius, évêque de Lâqabîn '. 



1. Vers. ar. ; U>aa. — 2. Même orthographe dans la vers. ar. — 3. Le nom du siège omis 
dans le ms. et dans la vers. ar. — 4. 1038. — 5, ^.aa-.^ ;.», — 6. Ou « de ce couvent ». — 7. Ces 
deux évèques sont mentionnés ci-dessus, p. 161, par ordre d'ancienneté, entre Basilius de Harran 
(XXXI, 40) et Iwannis d'Anazarbus (XXXII, 10). Il se pourrait qu'ils eussent été ordonnés par 
Jean VIII. — 8. Sic vers, ar, — 9. Probablement en 1353 (21 mars 1042) ; cf. p. I'i8, n. 1. Noter 
que la date 1368 indiquée là, est celle de la mort de son successeur; cf. ci-après, p. 472, 1. 4 a f . 

10. Jean VIII. — 11. CH ci-dessus, p. 160, et p. 139, n. 1. — 12. Évêque de Zeugma; cf. p. 161. 
— 13, Trente évèques, selon Barhébr, et la Chronique. 



472 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



19 



20 



1. lobannan, évêque de Zoubtara, qu'il or- 

donna de force en ces jours-là. 

2. Athanasius, évêque de Nisibe, du monas- 

tère de Qartamîn. 

3. Iwannis, évêque de Hadet ; secrétaire de Sa 

Paternité. 

4. Zacharias, métropolitain de Jérusalem, du 

couvent de Bârîd, 

5. Marcus, évêque d'Arzoun, du couvent 

d'Eliseus. 

6. Basilius, métropolitain de Tarse; son se- 

crétaire. 

7. Basilius, métropolitain d'Anazarbus, du 

monastère d'Abou'l-haourî. 

8. Petrus, évêque de Hâmâm et Bâlinag, du 

monastère de Sabê'. 

9. Timotheus, évêque de Hadet, de Bar Gâgî, 

à Hànî'. 

10. Sergius, évêque d'AIep, du monastère de 

Habib. 

11. Basilius, évêque du Tour 'Abdîn, de Qar- 

tamîn. 

12. Petrus, métropolitain de Nisibe, du cou- 

vent de Qartamîn. 

13. Thomas, métropolitain de Jérusalem, du 

couvent de Qartamîn. 

14. Athanasius, métropolitain de Samosate, de 

Mar Lazarus, 

15. Iwannis, évêque de Karséna, qui est 

'Abd[a]' le moine. 

16. Thomas, métropolitain du Ségestan, du 

monastère de Hânî, dans cette ville. 

[Ce Mar lohannan]' exerça (le patriarcat) pendant quatorze ans et dix mois, 
et il accomplit ces ordinations selon l'opération efficace de l'institution de 
Notre-Seigneur. II mourut le samedi 24 de 'iyar de l'an 1368', et fut enseveli 
dans l'église de la Mère-de-Dieu, à Amid, sur le côté nord. 

XXXIV. — Athanasius [VI], patriarche, qui est Haiyé, autrefois évêque 
d'Arsamosate'. Il fut ordonné deux fois, c ontrairement aux convenances, dans 



17. Elias, métropolitain de Baies, qui est 

Abou'l-Hassan, diacre, de Maitan*. 

18. Dionysius, évêque de Bîrta de Gargar, 

qui est David, du monastère de Mar 

Julianus de Kaisoum. 
Basilius, évêque de Hesn Mançour, à 

Qanqrat. 
Dioscorus, év. de Samosate, à Labitôr*. 

21. Basilius, métropolitain d'Aphrah, du mo- 

nastère de Çânî, dans cette ville. 

22. Iwannis, év. de Callisura, de Tell Patrîq. 

23. Basilius, évêque de 'Arqa, du couvent de 

Pharîs. 

24. Gregorius, évêque de Mardê, Tell Besmê 

et Rés'ayna. 

25. Athanasius, métropolitain d'Arzoun, du 

couvent de 'Abid 'Abdoun". 

26. Iwannis, évêque de Goubbos, du monas- 

tère de Mar Bar Çauma. 

27. Petrus, évêque de Claudia, du couvent de 

Hour 'Ebar. 

28. Philoxenus, évêque de Hâmâm, de Bâlinag 

et de la ville de Sanoudanou^, du monas- 
tère de la Mère-de-Dieu qui est dans 
la montagne Noire. 

29. Iwannis, évêque d'AIep, du monastère de 

Habib, dans la montagne Noire. 
80. Dionysius, métropolitain de Samosate, du 
monastère de Bar Gâgî, 



1, C.-à-d. « des Anciens ». Vers. ar. : ui^ttoJ^ ;«t ^ <^^o Jolsa^,,.. — 2. Même orthographe 
dans la vers. ar. — 3. Même orthographe dans la vers. ar. ; cf. ci-dessus, p. 273. — 4. Vers. ar. : 
MU^<^ oJ»Q^^i»o. — 5. Sic vers, ar, — 6. 24 mai 1057 ; cf. ci-dessus, 162. La vers. ar. porte ici, 
par erreur, le 24 mars. 

7. Cf, XXXI, 42. Ci-dessus, p. 162. 



APPENDICE III 



473 



13 
14 



15 



le pays de Pharîs ; Basilius, de Harran, lui imposa les mains. Il fut blâmé pour 
la seconde ordination. 

Il ordonna évêques ceux-ci' : 

1. Gregorius, évêque de Kaisoum. 

2. Ignatius, évêque de 'Arqa, du monastère 

d'Argoula '. 

3. Timolheus, évêque de Hesu Patrîq, du cou- 

vent de Mar Aharon de Ségara. 

4. Timotheus, év. de Tell Patrîq, du monas- 

tère de Beit Ba'out de Hesna de Ziad. 

5. Ignatius, métrop. de Syrauadou, de Bârîd. 

6. Athanasius, métropolitain d'Emèse, de 

cette ville. 

7. Philoxenus, évoque d'Arsamosate, de la 

maison patriarcale'. 

8. Mattai, métrop. de Samosate. [764] 

9. Iwannis, métropolitain de Maipherqat, du 

monastère de Hour 'Ebar. 

Il ordonna encore d'autres évêques; à cause du trouble qui survint par suite 
de l'incursion des Turcs, ils ne furent pas inscrits. Le patriarche lui-même, 
tandis que les Ghalcédoniens le conduisaient* à Gonstantinople, en vue d'une 
discussion, mourut en route, en l'an 1374''. Son corps fut enseveli dans le cou- 
vent de Mar Aharon de Ségara. 

XXXV. — loHANNAN [Jean X], patriarche, qui est Bar Sousan, de Mélitène. 
Il avait été ordonné à Ainid, à l'époque de Haiyê, et avait cessé ses fonctions 
jusqu'à la mort de celui-ci*. Ensuite, les évêques se réunirent et lui firent 
violence; il accepta, et exerça [le patriarcat]. 

Il ordonna ces évêques' : 



10. Timotheus, év. de Mar'as, de Mar èéna. 

11. Ignatius, métropolitain de Damas. 

12. Basilius, métropolitain de Helbôn, de la 

Montagne Noire. 

Theodosius, évêque de Ra'bàn. 

Petrus, évêque de 'Arqa. Celui-ci est Bar 
Arika', qui, après être revenu de l'exil, 
se fit chalcédonien, à cause d'une que- 
relle. 

Gregorius, [évêque de] Birta de Gargar. 

16. Athanasius, évêque de Rehabôt. 

17. Ignatius, métropolitain de Mélitène ; fils 

de la sœur du patriarche'. 



1. Ignatius, pour Qélat et Dara, de Qélat. 

2. Siméon, évêque de Kaisoum; syncelle de 

notre Père. 

3. Timolheus, pour Harran, de l'église, des 

Édesséniens, dans celle-ci. 

4. Timolheus, évêque de Claudia, du monas- 

tère de Harçaphta. 

5. Athanasius, métropolitain de Symnadou, 

de Bârîd, à Harran. 



6. 'Basilius, évêque de Lâqabin, du monas- 
tère de Lazarus de 'Arqa. 

7. Dionysius, évêque de Goubbos, de Bar 

Gâgi. 

8. Iwannis, évêque de 'Arqa, de Bar Gâgî. 

9. Mattai, évêque de Saroug, qui est l'im- 

monde" qui abandonna son diocèse. 
10. Philoxenus, pour le Ségestan ; et comme 
il n'y alla point, il fut déposé. 



1. Vingt évêques, selon la Chronique (p. 163) et Barhébréus. — 2. Vers. ar. •: lla^i ;ij ^. — 
3. Littér. : « de la cellule de notre Père ». — 4. Vers. ar. •.'^.aô^ ,=1. — 5. Cf. p. 164, 165. — 
6. ^>3aM. — 7. 1063; c(. p. 166. 

8. Cf. p. 163, 170. — 9. Dix-sept, selon Barhébréus, — 10. 1*^^,, aussi dans la vers, ar. ; Taphla 
pourrait être un nom propre. 

III 60 



474 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

11. Ignatius, évêque d'Arzoun, de la région 15. Athanasius, mélropolitain de Samosate, 

de Maipherqat, du monastère d'AJoud. 

12. Timotheus, métropolitain de Jérusalem, 16. Ignatius, évèque de Dolik, du monastère 

d'Amid, à Mar Abhai. d'Abou '1-haourî. 

13. Ignatius, métropolitain de Callinice, de 17. Iwannis, évêque de Mardîn, qui est Saùl, 

Harran, dans cette ville. de Qartamîn. 

14. Basilius, évêque de Mardê, de Qarlamîn. 

[Ce Mar lohannan]' exerça le patriarcat pendant neuf ans; et il mourut le 
mardi 27 de lésrî ii. en l'an 1384 ^ Son corps fut enseveli dans l'église de la 
Mère-de-Dieu à Amid, près du tombeau de Mar lohannan 'Abdoun, son maître». 

XXXVI. — Basilius [II], patriarche, du couvent de Mar Bar Çauma deSéna. 
En l'an 1385. Son ordination eut lieu à Hesna de Mançour; Athanasius, évêque 
d'Édesse, lui imposa les mains, le 6 de kanoun ii*. 

11 ordonna ces évéques' : 

1. Basilius, métropolitain d'Anazarbus, du 4. Athanasius, évoque de Hesna de Ziad, à 

monastère de Mar Abhai. Mar Bar Çauma. 

2. Gregorius, évêque d'Alep, du monastère 5. Athanasius, métropolitain d'Édesse, dans 

d'Asoud, [dans le couvent] • de Mar Bar le monastère de Mar Abhai. 

Çauma. 6. Athanasius, évêque de Karséna, dans la 

3. lohannan, métropolitain de Symnadou, de résidence du patriarche à Qanqrat. 

Bar Gâgî, dans le couvent de Mar Bar 7. lohannan, métropolitain et maphrien de 

Çauma. C'est 'Abdoun le patriarche'. Tagrit, de Qartamîn'. 

Il exerça le patriarcat un an et six mois. Il mourut, et fut enseveli dans 
l'église de Maipherqat, Ville des Martyrs ^ 

XXXVII. — loHANNAN, qui est 'Abdoun, qui avait été fait métropolitain de 
Symnadou, et ravit le patriarcat par la violence '". 

Il ordonna ceux-ci '» : 

1. Iwannis, pour Telia de Hamdôn ; 4. et Bouzîra", qui ensuite se fit musulman, 

2. Abdochus, pour "Arqa ; à Amid. 

3. Ignatius, pour Mardê; 

Ce 'Abdoun demeura envie sous quatre patriarches ". 



1. Sic vers. ar. — 2. Nov. 1072. — 3. Jean IX. Cf. ci-dessus, p. 171. 

4. Janv. 1074. Cf. ci-dessus, p. 174. — 5. Sept, selon Barhébréus. — 6. Sic vers. ar. ; restituer: 
..;.yi, \u,o. — 7. Cf. ci-après, a" XXXVII, et ci-dessus, p. 174. — 8, Cf. p. 175. — 9. Martyro- 
polis est le nom grec de cette ville. 

10, Cl. ci-dessus, p. 174 et suiv. — 11. Cf. p. 187. — 12. Vers. ar. : ■^Si-l -J^ j-»ll l>l"o « Et 
Bouzîra pour Amid, lequel apostasia ». Ci-dessus, p. 187, le texte porte Khôrîza. — 13. Cf. 
p. 189. Ce rebelle n'ayant jamais été reconnu, nous avons pensé qu'il ne devait pas recevoir 
de numéro d'ordre dans la série des patriarches du nom de Jean. 



APPExNDIGE III 475 

XXXVIII. — DioNïsius [V], patriarche, qui est Lazarus, supérieur' du cou- 
vent de Mar Bar Çauma. Il fut ordonné dans ce couvent. Mar lohannan, métro- 
politain de Tagrit, lui imposa les mains, en Tan 1388'. 

Il exerça le patriarcat pendant un an. Il n'ordonna aucun évéque. Il mourut 
à Hesn Mançour, 

XXXIX. — IwANNis, patriarche, qui est lohannan [Jean XI], moine du pays 
<ie Karséna. Il fut ordonné à Mélitène, en l'an 1391'. Ignatius, métropolitain de 
Mélitène, avec les évêques qui l'accompagnaient*, lui imposa les mains. 

Il ordonna ces évêques' : 

1. lohannan, métropolitain de Jérusalem, de 4. Basilius, métropolitain de Maipherqat, 

Bârîd, dans ce couvent même. aussi de Bârîd, en ce lieu. 

2. Timolheus, évêque de Callisura, de Mar 5. Çeliba, évêque de Bâlinag, du même cou- 

Bar Çauma, vent, et dans ce lieu. 

3. Athanasius, évêque de Oolik et Mabboug, 

de Bârid, en ce lieu. 

[Ce Mar Iwannis] ' exerça le patriarcat un an et six mois, et mourut dans le 
«ouvent de Bârîd; son saint corps y fut enseveli. 

XL. — DiONYsius [VI], patriarche, qui est Marcus, supérieur du couvent de 
Bârîd. Il y fut ordonné en présence d'un petit nombre d'évêques. C'est pourquoi 
il fut déposé et ne fut pas reçu; mais enfin il fut accepté, à cause de 'Abdoun 
■qui excitait du trouble \ 

Il ordonna ceux-ci ^ : [76S] 

1. Philoxenus, évéque de Mar'as, du monas- 5. Aharon, métrop. du Ségestan, de Mar 

tère de Mar Bar Çauma. Aharon, qui est dans la Montagne Bénie. 

2. Mattai, évêque de Ra'bân, du couvent de 7. Basilius, qui est Samli", évêque du Tour 

Samnoug». 'Abdîn. 

3. Basilius, év. de Harran, du môme couvent. 8. Gregorius, qui est Lazarus, pour le même 

4. Iwannis, évêque d'Arsamosate, du mo- diocèse qui fut divisé. 

nastère de Qaisa "Abia'°. 9. Josué, métropolitain d'Anazarbus, d'Abou 

o. Philoxenus, évêque de Hesn Mançour, du '1-haourî même. 

couvent. 10. Basilius, métrop. de KepharTâb et Emèse. 

[Ce Mar Dionysius] * exerça le patriarcat un an et demi, et il mourut dans le 
•couvent de Zarnouqa. 



1. !;«».» I;*» >»»»; littér. : « dixième supérieur »; mais l'ar. dit simplement : Imo!;^ ««^io ;»» i^a»?, 
îl faut peut-être corriger \iai\ en l>ss». (?). — 2, En 1077. Cf. ci-dessus, p. 177. 

3. En 1080; cf. ci-dessus, p. 177. — 4. Lire : oimx^ l— -m- ; vers ar. : ov»o ^_^ ^;|.^a(&o. — 
-5. Cinq évêques, selon Barhébréus et la Chronique. — 6. Sic vers. ar. 

7. Cf. ci-dessus, p. 186. — 8. Dix évêques, selon Barhébréus et la Chronique. — 9. Même ortho- 
,graphe dans la vers. ar. — 10, Vers. ar. : ol-.^ '^*3 »•» ^. — 11. Vers, ar. ; ^^vsos ooi '■•^, 



476 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



XLI. — Athanasius [VII], patriarche, qui est Abou 'I-faradj, d'Amid, moine et 
prêtre du couvent de Mar Bar Çauma. II fut ordonné [dans l'église du Cursor]' 
de Mélitène, le dimanche premier de kanoun i"' de l'an 1402'. Mar Timotheus, 
de Tell Patriq, lui imposa les mains. 



II ordonna ceux-ci» : 

1. Cyrillus, métropolitain de Jérusalem ; car 

il est écrit que le commencement vient 
de Jérusalem'. Il fut appelé du couvent 
de Mar Bar Çauma, C'est Sa'doun des 
sept oboles». 

2. Iv^annis, évêque de Bàlinag, de Bithynie', 

à Bàrîd. 

3. lohannan, métrop. de Mélitène, qui est 

Sa'id bar Çabouni, qui fut massacre^. 

4. Basilius, pour Bîrta de Gargar, de Mar 

Abhai. 

5. Ignatius, mélropolitain deTell Patrîq', de 

Mar Aliaron. 

6. Dionysius, métropolitain d'Arzoun, du 

monastère de Habib. 

7. Basilius, métropolitain d'Edesse, qui est 

Bar Çabouni ; il fut déposé ^. 

8. Dionysius, évêque de Kaisoum, du monas- 

tère de Mar Bar Çauma. 

9. Philoxcnus, métropolitain de Mabboug, du 

monastère de Kâslioud '". 

10. Basilius, métropolitain de Symnadou, 

de Bàrîd. 

11. Timotheus, évêque d'Arsamosate, de .Mar 

Abhai. 

12. Iwannis, évêque de Tell Patrîq, du monas- 

tère de Sarsaq ". 



13. Basilius, évêque de Saroug, de la mon- 

tagne d'Edesse. 

14. Gregorius, évêque de Claudia, de Mar Par 

Çauma, 

15. Timotheus, évêque de Karséna, (du cou- 

vent) de Bar Gâgî. 

16. lohannan. Bar Thomas, évêque pour 

Lâqabîn, de l'église de Mélitène, 

17. David, métropolitain de Jérusalem, de la 

Vallée d'Elias". Celui-ci est Sa'doun, 
qui fut noyé dans la mer. 

18. Basilius, évêque de Hesna de Ziad, de Beit 

Qenayâ. 

19. Gregorius, évêque de Ra'bân, du monas- 

tère de "Arnîs ". 

20. Timotheus, métropolitain de Tarse, du 

monastère de Habib. 

21. Iwannis, évêque de Saroug, de la mon- 

tagne d'Edesse. 

22. Timotheus, év. de Gargar, de Sergisyeh. 

Celui-ci est Bar Basilius. 

23. Iwannis, évêque de Baqah, de l'église 

de Baies. 

24. Iwannis, mélropolitain de Mélitène, qui est 

Eliseus, à Mar'as. 

25. Dionysius, qui est Mo'i'se, de Bàrîd, ma- 

phrien pour Tagrit, à Mar'as. 



1. Ces mots sont aussi omis dans la vers. ar. — 2. 1" déc. 1090; cf. ci-dessus, p. 181. — 
3. Soixante-cinq évêques, selon Barhébréus. Nous trouvons au début de son pontificat un certain 
Iwannis de Djihan (p. 197), mais nous hésitons à l'ajouter à la liste ; car il s'agit peut-être de 
Iwannis de "Arqa (cf. p. 180, 1. 11). De même Basilius de Césarée, mentionné ci-dessus, p, 331, 
devrait avoir été ordonné par ce patriarche, puisque les listes suivantes sont complètes; mais je 
soupçonne qu'il faut lire : U^à^o « Claudia », au lieu de UJaolij; cf. XLIII, 14. — 4. Cf. Luc, xxiv, 
47 (vers. syr.). — 5. Vers. ar. : ,m»^|;û ov^attî^ o< ^p,^» ooio. J'ignore à quoi ce surnom fait 
allusion. — 6. Sic ms. et vers. ar. ; il faut probablement lire : \-^o ù..s « Beit Qenayâ » ; cf. ci- 
après n? 18. — 7. Cf. oi-dessus, p. 186. — 8. Sic vers, a r. ; ms. ; Tell Paril. — 9. Cf. p. 190-191. 
— 10. De même vers, ar. ; peut-être faut-il lire : »(i.iiiii.tr ; cf. p. 314, n. 7. — 11. Même ortho- 
graphe dans la vers, ar. — 12. Vers. ar. ; \>«"Sn| ;.^^^ [sic). 



APPENDICE m 



477 



26. Basilius, pour Hesn Manrour. Au bout 

d'une année, il abdiqua ; il vécut encore 
un an et mourut. 

27. Ignatius, évêque de Hànî' du Tour "Abdîn, 

de cette ville. 

28. Timolheus, évêque de Mar'as, du couvent 

des Moines, à Dovaïr. 

29. Timotheus, évêque de Tell Palrîq, du mo- 

nastère de Qôqà*. 

30. Ignatius, évêque de Kephar Tàb, de notre 

couvent qui est à Jérusalem. 

31. Basilius, évêque pour le couvent de Qar- 

tamîn, de ce couvent. 

32. Ignatius, qui est HasnouD, métropolitain 

de Jérusalem, 

33. Cyrillus, métropolitain de Kephar Tâb, de 

ce lieu, à Dovaïr. 

34. Philoxenus, pour Bâlînag, du monastère 

de Mar Séna. 

35. Ignatius, métropolitain de Mabboug, delà 

Montagne Noire. 

36. Timolheus, métropolitain de Samosate et 

Hesn Mançour, qui est Fouraidj, édes- 
sénien. 

37. Ignatius, métropolitain d'Arsamosate, de 

Harçaphta. 

38. Iwannis, qui est Marcus, métropolitain de 

Maipherqat. 

39. Timotheus, évêque de Claudia, dans le 

couvent de Mar Bar Çauma. 

40. Iwannis, évêque du Ségestan, de Hesna 

de Ziad. 

41. Iwannis, mëiropolitain de Callinice, du 

monastère de 'Arnîs. 



42. Iwannis, évêque de Callisura,'du monastère 

de Mâdîq. 

43. Ignatius, métropolitain d'Édesse, de notre 

résidence. Celui-ci est Bar Gadina*. 

44. Basilius, évêque de DjUian, du monastère 

de Romanus. 

45. Basilius, qui est Bar 'Abbas, métrop. de 

Mardè, de la montagne d'Edesse *. 

46. Dionysius, évêque de Hesna, de Mar Abhai. 

47. Iwannis, évêque de Hesna de Ziad, de notre 

résidence, 

48. Ignatius, év. de Harran, de notre résidence. 

49. Gregorius, évêque de Karséna, de Bârîd. 

50. lohannan, métropolitain de Damas, de 

'Arnîs, à Mar Bar Çauma. 

51. lohannan, métropolitain de Res'ayna et 

Mardin, à Mar Bar Çauma. 

52. Basilius, métropolitain de Maipherqat, à 

Qanqrat. 

53. Dionysius, év. de Goubbos, de Sergisyeh. 

54. Io];iannan, métropolitain de Mabboug», de 

notre résidence, à Qanqrat. 

55. lohannan, métropolitain de Mardin, qui 

est Joseph; celui ci fut fort illustre en 
son temps '. 

56. Philoxenus, évêque de Karséna, àKaisoum. 

57. Timolheus, évêque de Hâza ', à Kaisoum. 

58. Siméon, métrop. d'Anazarbus, à Kaisoum. 

59. Basilius, évêque de Hesna de Ziad, dans 

le couvent de Mar Bar Çauma. 

60. Ignatius, évêque de 'Arqa, dans ce même 

couvent. 

61. lohannan, métropolitain du Ségestan, dans 

le même couvent. 



[Ce Mar Athanasius]' administra le patriarcat pendant trente-huit ans, et il 
mourut le 8 de hazîran, en l'an 1440'; son corps fut enseveli dans la sacristie de 
l'ancienne église dans le couvent de Mar Bar Çauma, où avait été déposé Atha- 
nasius de Çalah'". 



1. Sic ms. et vers, arabe. M. Pognon {Inscriptions sémitiques, p. 48, 120) montre qu'il faut 
lire, selon toute vraisemblance, -U Hâh, au lieu de -j1- Hâni. Il est même probable que cette 
faute a été commise par le copiste en d'autres passages de noire Chronique, où Hânt doit être 
corrigé en ffâh. Ci-dessus, p. 365, n. 3, il faut lire « résidence de cet évêque ». — 2. Vers. ar. : 
Ulo ;*,^. _ 3. Vers. ar. -. li^ll.^v''. — 4. Cf. p. 263. — 5. Jean bar Andréas, dont il est sou- 
vent question dans la Chronique; cf. p. 236, 252, 268, 282, 299, 313. — 6. Cf. p. 263. — 7. Même 
leçon dans la vers, arabe. — 8. Sic vers. ar. —9. Juin 1129. — 10. Cf. ci-dessus, p. 468. 



478 



CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



XLII. — [766] loHANNAN [Jean XII], patriarche, qui est Bar Maudiana, supé- 
rieur du monastère de Dovaïr. Il fut ordonné à Tell Baser, tandis que Josselin 
occupait le pouvoir, et ses grands étaient présents au synode. Dionysius, le 
maphrien, lui imposa les mains. L'ordination eut lieu le lundi 17' de sébat de 
l'an [1441] '. Il fut élu deux fois». 

Il ordonna ces évêques' : 

1. Athanasius, métropolitain de Maipherqat, 

du monastère d'Antioche. 

2. Athanasius, métropolitain d'Edesse, de 

cette ville'. 

3. Basilius, métropolitain de Kaisoum, qui 

est Abou '1-faradj bar èoumaua^. 

4. Basilius, évêque de Làqabîn, de 'Arnis. 

Il fut ensuite destitué', 

5. Iwannis, évèque d'Adana, de Dovaïr. 

6. Athanasius, évêque de Çadad, de Mar 

Mattai. 



7. Athanasius, qui est Zakai, de notre cou- 
vent de Mar Bar Çauma, pour Anazar- 
bus». 

8. Iwannis, évèque de Sibabérek, du même 
couvent, 

9. Basilius, métrop. d'Amid, du monastère 
de Jérusalem. 

10. Dionysius, métrop. de Damas, d'Edesse. 

11. Mattai, métropolitain de Symnadou, du mo- 
nastère de Beit Qenayâ. 

12. Basilius, métrop. d'Areoun, de cette région. 



11 exerça le patriarcat pendant huit ans. Il mourut dans le couvent de Dovaïr, 
et son saint corps y fut enseveli'. — Que sa prière soit avec nous ! 

XLIII. — Athanasius [VIII], patriarche, Bar Qatreh", qui est Josué, diacre 
de Mélitène. Il fut ordonné dans la ville d'Amid, le dimanche 4 de kanoun i«' de 
l'an 1450". Mar Dionysius, le maphrien, lui imposa les mains. 

Il ordonna ces évêques'* : 



1. Ignatius, métropolitain de Mélitène. Il était 

fils de la sœur du patriarche ". 

2. Ignatius, métropolitain de Jérusalem, qui 

est Romanus, moine de Mélitène, du 
couvent même". 

3. lohannan, métropolitain de Samosate ; il 



fut appelé de la montagne d'Edes- 
se. 

4. Ignatius, évêque d'AIep, aussi de la mon- 

tagne d'Edesse. 

5. Ignatius, maphrien, de Sergisyeh", à Mar 

Aharon de Ségara. 



1. Ms., à tort : « 27 ». — 2. Le chiffre est omis dans le ms.; l'arabe donne 14i2, mais c'est en 
1441 (1130) que le 17 févr. était un lundi. — 3. D'abord à Kaisoum, puis à Tell Baser; cf. ci-des- 
sus, p. 231. — i. Douze évêques, selon Barhébréus. La liste serait donc complète. Il n'y est point fait 
mention de l'évêque apostat, surnommé Sar Tourkaya, ordonné par Jean XII, comme évèque 
de Mabboug (p. 239) ou Tell Baser (p. 299); ces deux villes faisaient partie du même diocèse. — 
5. Cf. ci-dessus, p. 243. — 6. Cf. p. 242. — 7. Cf. p. 263. — 8. Cf. p. 332. — 9. En 1448 ; sept. 
1137. Cf. p. 247. 

10. Lire : oi;ilo ;-3. — 11. Dec.' 1138. Cf. ci-dessus, p. 251. — 12. Trente-quatre évêques, selon 
Barhébréus. La liste ne fait point mention expresse de Gabriel Gâmâklr, ordonné parce patriarche 
«omme évêque de Saroug (cf. p. 299, 300); il est possible que Gabriel soit le premier nom de 
Cyrilius (n" 6), mais il semble que, plusieurs fois, le nom des évêques rebelles ou apostats a été 
omis à dessein; cf. ci-dessus, note 4. — 13. Cf. p. 252. — 14. Cf. p. 255. 



APPENDICE III 



479 



25 



26 



6. Cyrillus, évèque de Saroug, du monastère 

d'Abou 'l-haour[î], à Mélitène, 
1. Philoxenus, érêque de Mar'as, de cette 

ville, à Mélitène. 

8. Iwannis, évoque de Kaisoum, de Mâdîq ; 

secrétaire du patriarche'. 

9. ïimolheus, évêque de Gargar, qui est Jo- 

seph ; il succomba'. 

10. Philoxenus, évèque de Kephar Tâb, de 

Dovaïr, à Kaiàoum. 

11. Iwannis, évèque de Callisura, de Mélitène, 

dans le courent de Mar Bar Çauma. 

12. Iwannis, évèque de Lâqabîn, de Sergisyeh. 

13. Iwannis, métropolitain de Raqah, dans la 

ville d'Amîd. 

14, Basilius, évèque de Claudia, de Mâdiq. 

15, Iwannis, évèque de Hcsna de Ziad, de 

Maqrôna; disciple du patriarche. 

16. Basilius, métrop. de Syninadou, de Mar 

Aharon qui est dans la Montagne Bénie, 
17. Timotheus, pour Arsamosate, du monas- 
tère de Mâdîq. 
18. lohannan, évèque du Tour 'Abdîn, du 
monastère de Qartamîn, 

19. Ignatius, évèque de ïella d'Arsanias, de 

Sergisyeh. 

20. Dionysius, pour Mar'aâ, et ensuite pour 

Amid, qui est Jacques le rhéteur, de 
Mélitène». 

21. Sirbéon, métropolitain d'Arzoun, du cou- 

vent de Mar Ilanania. 

II exerça le patriarcat pendant vingt-sept ans et sept mois, et il quitta [cette 
vie] le jeudi 14 de tamouz de l'an 1477". Le vendredi, fête de Mar Abhai, sou 
saint corps fut déposé dans le tombeau qui est dans la sacristie de l'église 
ancienne du couvent de Mar Bar Çauma, où sont Athanasius de Çalah, Athana- 
sius d'Amîd, et cet Athanasius de Mélitène, qui est Bar Qatreh. — Que sa 
prière soit avec nous! Amen ! 

XLIV. — [767] Michel, qui, je le dis envérilé et non par figure, ne suis digne 
ni du saint ministère du patriarcat, ni de ce titre"; mais parles jugements 



22. Ignatius, évèque de 'Arqa, du monastère 

de Lazarus, 

23. Iwannis, évèque de Hânî*, qui est Moïse, 

de Mar Hanania, à Mélitène. 

24. Timotheus, évèque de Harran, du monas- 

tère de 'Ezrôn «, à Sergisyeh. 

Iwannis, évèque de Djihan, fils du frère 
de l'ancien, du vivant même de l'an- 
cien *. 

lohannan, métropolitain de Hâmâm, dans 
le couvent de Mar Bar Çauma. Celui-ci 
parut comme un homme excellent. 

27. Ignatius, métrop. d'Amid, de Mâdiq ', dans 

le couvent. 

28. Iwannis, évèque d'Arsamosate, dans le 

même couvent. 

29. Ignatius, évèque du Tour 'Abdîn, qui est 

Gabriel, de cette région». 

Dionysius, évèque de Lâqabîn, de Méli- 
tène. Par la suite il abandonna cette 
ville». 

Timotheus, év. de Goubbos, fils du frère 
de l'ancien, qu'il ordonna tandis que 
celui-ci vivait encore '. 

32. Basilius, évèque de Mar'as, de Bârîd. 

33. lohannan, maphrien, supérieur du mo- 

nastère de Mar Jacques, dans la mon- 
tagne d'Edesse'". 

34. Timotlieus, évèque de Karsena, de ce pays. 



30 



31 



1. Cf. p, 256. —2. Cf. p. 318, — 3, Denys bar Çalîbî. — 4. Probabl. à lire : >-U Hâh; cf. 
p. 477, n. 1. — 5. Même orthographe dans la vers. ar. — 6. Cf. p. 319, 334. — 7. Le ms. et la 
vers. ar. ont ici : o»l» (Meddo?}, mais je pensé qu'il faut lire : -is»!» ; cf. n"' 8, 14, 17. — 8. Cf. 
p. 362. — 9. Cf. p. 319, — 10. Cf. p. 327. ~ 11. Juillet 1166. Cf. ci-dessus, p. 327. 

12. On voit par cette formule que Michel lui-même a rédigé ces listes. 



480 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

incompréhensibles de la providence divine, le saint synode s'étant réuni dans 
le couvent de notre seigneur Mar Bar Çauma^ [savoir' :] 

Mar lohannan, le maphrien'; Mar Ignatius, du Tour 'Abdîn"; 

Mar Basilius, d'Edesse', président du Mar Ignatius, de 'Arqa"; 

synode ; Mar Dionysius, de Làqabîn " ; 

Mar Basilius, de Djihan'; Mar Timotheus, de Harran"; 

Mar Dionysius, de Goubbos"; Mar Iwannis, le jeune, de Djihan '"; 

Mar Athanasius, d'Anazarbus"; Mar Iwannis, d'Arsamosate" ; 

Notre seigneur' Mar Ignatius, de Méli- Mar Timotheus, lejeune, deGoubbos"; 

tène'; Mar Timotheus, du Beit'Arabayê" ; 

Mar lohannan, de Samosate'; Mar Timotheus, d'Adherbaldjan ; 

Mar Iwannis, de Kaisoiim'"; Mar lohannan, de Beit Nouhadran; 

Mar Basilius, de Claudia"; Mar Iwannis, de BeitRouniana ; 

Mar lohannan, de Qartamîn"; Mar Iwannis, de Nisibe; 

Mar Ignatius, de Birta'^; Mar lohannan, de Callisura" ; 

Mar Dionysius, le docteur'*; Mar Iwannis, de Callinice"; 

Mar Siméon, d^\rzoun'^; Mar Basilius, de Mar 'as"'; 

l'ordination eut lieu le mardi 18 de tésri i", de l'an 1478". 
Ensuite furent ordonnés ces pontifes " : 

1. lohannan, métropolitain de Damas, à Je- 3. Athanasius, métropolitain d'Anazarbus. 

rusalem; de sorte que « le commence- Celui-ci était de Kaslioud". Il fut or- 

nient vienne aussi de Jérusalem "». Il fut donné à Antioche ". 

ordonné le grand dimanche de la Ré- 4. lohannan, év. d'Arsamosate, aussi à Antio- 

surreclion, en présence de quatre che ; syncelle du patriarche défunt, 

évêques '". 5. Ignatius, métropolitain de Maipherqat 

2. lohannan, métropolitain de Tarse. Celui- qui est Abou Ghaleb, du couvent de Mar 

ci était de Dovaïr. Bar Çauma ". 



1. Cette liste ne comprend que 28 noms. Selon Barhébréus {Chron. eccl., I, Sil), les évêques pré- 
sents à la consécration étaient au nombre de 32; il est possible que quelques-uns arrivèrent 
après l'élection, qui ne se fit pas sans difficulté (cf. ci-dessus, p. 330). — 2. Cf. ci-dessus, XLIII, 
33, — 3. XLII, 3. — 4. XLI, 44. — 5. XLI, 53. — 6. XLII, 7. — 7. Michel dépendait de cet 
évêque, tant par son origine qu'en sa qualité d'archimandrite du couvent de Mar Bar Çauma. — 
8. XLIII, 1. — 9. XLIII, 3. — 10. XLIII, 8. — 11. XLIII, 14. — 12. XLIII, 18. - 13. XLIII, 19. 
(Il s'agit de Bîrta de Gargar [cf. p. 331], où cet év. avait sans doute été transféré). — 11. XLIII, 
20. — 15. XLin, 21. — 16. XLIII, 29. — 17. XLIII, 22. — 18. XLIII, 30. — 19. XLIII, 24. 
— 20. XLIII, 25. — 21. XLIII, 28. — 22. XLIII, 31. — 23. Cet évêque et les quatre suivants 
accompagnaient le maphrien et avaient été ordonnés par celui-ci ou par ses prédécesseurs. — 
24. XLIII, 11. — 25. XLIII, 13 — 26. XLIII, 32. — 27. Oct. 116S. — 28. Selon Barhébréus (Ckr. 
eccl., I, 605), Michel ordonna 55 évêques; ce qui est conforme à notre liste. — 29. Cf. p. 476, 
n. 4. — 30. Cf. p. 332. — 31. Cf. p. 476, n. 10, — 32. Cf. p. 332 . — 33. Cf. p. 334. 



APPENDICE IIF 



481 



7 
8 

9. 

10. 

11. 
12. 
13. 

14. 

15. 
16. 

17. 

18. 

19. 

20. 
21. 

22. 



Philoxenus, métropolitain de Mabboug, de 23 

Kaslioud. Il fut ordonné dans le cou- 
vent. 24 
Iwannis, métrop. de Samosate, qui estïheo- 

dorus, fils du frère de Bar Andréas. 
. ïimotheus, évêque de Lâqabîn, qui est 25, 

Constanl[inus], supérieur du monas- 
tère de Ségara de Mar Aharon. 
Ignatius, évêque de Telia d'Arsanias, qui 26. 

est Bar Çauma, supérieur du couvent 
de Sergisyeh '. 27. 

Iwannis, évêque de Sibabérek, du couvent 

d'Aharoo, qui est dans la Montagne Bé- 28. 

nie. Il fut ordonné dans le couvent de 
Mar Hanania '. 29 

Athanasius, évêque de Djihan *, qui est 

Abou Ghaleb le moine, l'ancien'. 30 

Athanasius, métropolitain d'Édesse, qui 

est Rabban Denha, de cette ville t. 
Basilius, évêque de Ra'bân, qui est lo- 31. 

hannan, moine*. 
Gregorius, évêque de Kaisoum, de la mon- 32. 

tagne d'Edesse'. 
Abraham, métrop. d'Amid, de cette ville*. 33. 

ïimotheus, évêque de Claudia, supérieur 

du couvent de Mâdîq. - 34 

Ivfannis, év. de Kaisoum, du monastère 

de Çeliba qui est dans le Tour 'Abdîn^ 35. 

lohanuan, métropolitain de Callinice, du 
monastère des Samîtê ", qui est dans la 
région de Mardîn. 
lohannan, évêque d'Arsamosate, qui est 3fi. 

Sem'ân', du monastère de Mar Aharon, 
qui est dans la Montagne Bénie". 37 

Basilius, métropolitain de Symnadou, du 

même monastère. 3;^ 

Iwannis, évêque du Tour 'Abdîn, qui est 
Isaac, du couvent de .Mar Bar Çauma'. 
Basilius, métropolitain du Ségestau, de 39. 

cette contrée; mais il avait été élevé 
dans notre résidence. 



. Dionysius, métropolitain d'Émèse," de Mar 
Hanania'". 
lohannan, évêque de Salabdîn", du même 
monastère, dans le couvent de Mar Bar 
Çauma. 
Abraham, métropolitain d'Amîd, du cou- 
vent de Sa'ba. Il tomba dans l'erreur 
de Bar Wahboun ". 
Athanasius, métropolitain de Jérusalem, 

qui est mon frère charnel ". 
Dionysius, pour Berrhoë (Alsp), qui est 

Môbarak, moine édessénien ". 
lohannan, évêque de Hesna de Ziad, qui 
est Josué, le scribe, du Tour 'Abdîn". 
Ignatius, métropolitain de Maipherqat, du 

couvent de Mar Bar Çauma. 
Dionysius, métropolitain de Mélitène, qui 
est Grîpas bar Samka '", qui fut élevé 
dans notre résidence ". 
Basilius, évêque de Hesna de Ziad, du 

monastère de cet endroit 
Iwannis, pour Amid, du monastère de Mar 

Aharon; il fut ordonné à Mélitène. 
Iwannis, évêque de Ra'bàn, de Telia d'Ar- 
sanias, du monastère de Mâdîq. 
Ignatius, pour Lâqabîn, de cet endroit ; il 

fut appelé de notre résidence, 
Ignatius, pour Harran. Celui-ci passa à 
Damas, et là se fit musulman dans le 
temps de la persécution de Jérusalem, 
et il s'enfuit en Egypte. 
Stephanus, métropolitain du Ségestan, qui 

est Etienne, supérieur du couvent ". 
Basilius, évêque de Bîrta de Gargar, de 

notre résidence ". 
Basilius, métropolitain de Callinice, qui 
est Benjamin, moine de la région d'An- 
tioche". [768] 

Gregorius, métropolitain, archevêque pour 
le siège de Tagrit, c'est-à-dire ma- 
phrien, qui est Jacques, fils de mon frère 



1. Cl. p 341. — 2. Cf. p. 334. - 3. Vers. ar. : yi^, — 4. Cf p. 354. — 5. Cf. p. 355. — 6. Vers, 
ar. : v'-Ê-»^. — 7. Vers. ar. : >«a». _ 8. Cf. p, 374. — 9 Cf. p. 382. — 10. Cf. p. 372. — 
11. Vers, ar. : ^,^.. — 12. Cf. p. 383-84, — 13. Cf. p. 374, 394. — 14, Cf. p. 376. — 15. Cf. p. 382, 
383. — 16. Vers. ar. : \^^c>, ^] «la.;^. _ 17. Cf. p. 412. — 18. Cf. p. 397. 

III. 61 



482 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



charnel et [mon] fils' spirituel, honjme 
éloquent, qui fut appelé de notre rési- 
dence. Il fut ordonné en l'an 1500, en 
présence de cinq évêques *. 

40. Ignatius, évêque de Mar'as, du monastère 

de Kaslioud, 

41. Iwannis, évêque de Callisura, qui est Bar 

Qanoun, qui passa ensuite à Mélitène'. 

42. lohannan, pour Mardîn, qui est Maudiana, 

qui ensuite succomba [totalement, renia 
la foi orthodoxe, passa] ■* à Constauti- 
nople et se fit chalcédonien '. 

43. Timotheus, évêque de Claudia, du monas- 

tère de Mâdîq. 
4'i. Iwannis, évêque de Césaréede Cappadoce, 
qui est Damianus, moine du monastère 
de Roumanah. 

45. Iwannis, métropolitain d'.\.mid, qui est 

Mika' ; il fut appelé du couvent de Mar 
Bar Çauma. 

46. lohannan, métropolitain de Damas, qui 

est Gregorius, moine antiochénien. 



47. Ignatius, évêque de Goubbos, du couvent 

de Maqrôna. 

48. Basilius, métropolitain d'Édesse, qui est 
Pharas, supérieur de la Montagne. 

49. Basilius, évêque d'AIep, qui est Const[an- 

tinus], supérieur du monastère d'Abou 
Ghaleb. 

50. Philoxenus, évêque de Roumanah, de ce 

lieu, qui est Bar Çauma, supérieur du 
couvent de Roumanah, 

51. Gregorius, évêque de Claudia, du monas- 

tère de Màdîq. 

52. Ignatius, métropolitain de Jérusalem, qui 

est Sahda, supérieur du couvent même ', 

53. Basilius, évêque de Callisura, du couvent 

qui est dans la Montagne Bénie. 

54. Dionysius, évêque de Djihan et ' du couvent 

de Bârîd, de ce même couvent. 

55. Iwannis, évêque d'Emèse, du monastère 

d'Abou Ghaleb, qui est Joseph d'Amid. 



tel finissent ces listes qui font connaître pour chacun des patriarches, combien 
(T évêques il a ordonnés , quels sont ceux qui ont été ordonnés et pour quels pays \ 
— Que celui qui lit, prie pour le pécheur Michel! 



1. Lire : 'A-y^o. — 2. Cf, ci-dessus, p. 403, — 3. Cf. p. 412. — 4. Suppléer ainsi la lacune 
du ms., d'après la vers, ar. : ...«^ "jmo >Quû£srûs<^ ,^^>a.ll^3 ;a2o t^^ '^oflo |;^| w.^, — 5. Cl. 
p. 409. — 6. Vers, ar, : U'^. — 7. Cf. p. 412. — 8. Sic ms. et vers. ar. ; il faut probablement 
lire « dans le couvent ». 

9. Nous croyons devoir ajouter ici une table alphabétique des noms des évêques mentionnés 
dans ces listes; la multiplicité des homonymes exige qu'on les distingue par des indications qu'il 
serait difficile d'introduire commodément dans la Table générale. Pour la même raison, on trou- 
vera à la suite de l'Appendice IV, la liste alphabétique des sièges épiscopaux contenus dans les 
mêmes listes. 



APPENDICE m 



483 



Liste alphabétique des évèques mentionnés dans l'Appendice III. 



'Ahda (Iwannis), de Karèéna, 
xxxiii, i5. 

Abdochus, de 'Arqa, xxxvu, 2. 

'Ahdoun (loljannan), de Sym- 
nadou, xxxvi, 3. 

Abou 'l-faradj (Basilius), de 
Kaisoum, xlu, 3. 

Abou Ghaleb (Athanasius), de 
Djihan, xuv, ii. 

Abou Ghaleb (Ignatiua), de 
Maipherqat, xliv, 5. 

Abou 'l-hassan (Elias), de Ba- 
ies, xxxiu, 17. 

Abraham, d'Alep, 1, 

— d'Alep, XX, 5. 

— d'Alep, XXIV, 26. 

— d'Amid, XIX, 49. 

— d'Amid, xliv, i5. 

— d'Amid, xliv, 25. 

— d'Aoazarbus, xx, 2. 

— d'Aphrah, xxii, 17. 

— d'Arabie, xvni, 53. 

— d'Arménie, xxv, 20. 

— d'Arsamosate, xxxii, 28. 

— de Callisura, xxxi, 10; 
xxxii. 

— de Circesium, xx, 9. 

— de Cyrrhus, xvni, 72. 

— de Dolik, xxiii, 4. 

— de Doula, xxii, 26. 

— d'Edesse, xxv, 35. 

— d'Emèse, vui. 

— de Gisra, xvili, 22. 

— de Hadet, xxv, 7. 

— de Héx-at, xviu, 45. 

— de Hérat, xix, 73. 

— de Mabboug, xviii, 81. 

— de Maipherqat, xvill, 47- 

— de Mar'as, xviii, 64. 

— de Nisibe, vu. 

de Nisibe, xxiu, 28. 

— de Nisibe, xviii, 82. 

— de Samosate, xxxi, 44- 

— de Tarse, xxxi, 32. 

— de Zeugma, xxx, 35. 
Addaf, de Karma, xvii, 77. 



Aharo.n, d'Anazarbus, xix, 23. 

— de Circesium, xix, 16. 
— ■ de Cyrrhus, xix, 25. 

— de Gisra, xxiii, 19. 

— de Maipherqat, xix, i2. 

— de Maipherqat, xx, 17. 

— du Ségestan, xj,, 6. 

— de Séleucie, xix, 9. 
Ahoudemma, des Ma'adayè, 

XIX, 19, 
ANASTAsius,d'Abadqawaii,xxii, 

34. 

— d'Alep, xxv, 2. 

— d'Alep, xxvin. 

— d'Anazarbus, xviii, 17. 

— de Rés'ayna, xvni, 65. 

— de Rés-Képha, xvii, 38. 

— de Tarse, xix, 21 . 

— • de Telia de Mauzelat, 
xvii, i5. 
Andréas, de Cyrrhus, xxx, 2. 

— de Kaisoum, xxxi, 18. 

— du Ségestau, xix, 5. 
Anthimus, de Dolik, xix, 54- 

— de Res-Kêpha, xxiii, 25. 
Arabî, de Rés'ayua, xvn, 48. 

— de Samosate, xix, 2. 
Athanastus, de ..... .,xxxii, 18. 

— d'Anazarbus, xxv, 41. 

— [Zakai) , d'Anazarbus , 

XLU, 7 ; XLIV. 

— d'Anazarbus, xliv, 3. 

— d'Apamée, xvui, 32. 

— d'Aphrah, xxv, i2. 

— [Haiyê] , d'Arsamosate , 
XXXI, 42 ; xxxiv. 

— d'Aphrah, xxv, 16. 

— d'Arzoun, xxxiii, 25. 

— de Ba'lbek, xxiv, 21. 

— de Çadad, xm, 6. 

— de Callinice, xxxi, 6. 

— de Callisura, xxix, 11. 

— de Damas, xxii, 35. 

— de Damas, xxvu, 3. 

— [Hakim], de Dara, xix, 64. 

— de Djihan, xxxu, 5, 



Athanasius {Abou Ghaleb), de 
Djihan, xuv, n. 

— de Dolik et Mabboug, 
xxxix, 3. 

— [Josué), d'Edesse, xxxii, 
8 ; xxxvi^ 

— d'Edesse, xxxvi, 5. 

— d'Edesse, xlu, 2. 

— (Denha), d'Edesse, xliv, 
12. 

— d'Emèse, xxiv, ll^, 

— d'Emèse, xxxii, 22. 

— d'Emèse, xxxiv, 6. 

— de Goudpai et Karséna, 
XXXI, 33. 

— de Hesna de Ziad, xxxvr,4. 

— de Jérusalem, xliv, 26. 

— de Karséna, xxxvi, 6. 

— de Lâqabin, xxxii, 35. 

— {Sandalaya) de Maipher- 
qat, XV. 

— de Maipherqat, xlii, i. 

— de Nisibe, xxxin, 2. 

— de Qalinqala, xvii, 22. 

— de Qennésrîn, xix, 74. 

— de Rehabot, xxxiv, 16. 

— de Samosate, xxv, 25. 

— de Samosate, xxxiii, 14. 

— de Samosate, xxxv, i5. 

— de Saroug, xi. 

— de Symnadou, xxxv, 5. 

— de Tagrit, xxl, i. 

— de Tagrit, xxxi, 3o. 

— de Tarse, xvu, 18. 

— de Tarse, xxii, 36 ; xxv. 

— de Tarse, xxv, 36. 

— de Tarse, xxxi, 4- 

— des Tribus, xxiv, i5. 
Bacchus, d'Arménie, xvin, 73, 

— des Taglibites, xix, 57. 
Bar'^Abbas (Basilius), de 

Mardè, xli, 45- 

Bar Arika (Petrus), de 'Ar- 
qa, xxxiv, 14. 

Bar Çabouni (Basilius), d'E- 
desse, xli, 7. 



484 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Bu.r Çabouni (lohannan) , de 

Mélitène, xli, 3. 
Bar Çauma ( IwaDnis ) , de 

Hesna de Ziad, xxxu, i5. 
Bar Çauma (Philoxenus) , de 

Roumanah, xliv, 5o. 
Bar Çauma ( Ignatius ) , de 

Telia d'Arsanias, xliv, g. 
Bar 'Ebrajata (lohannan), de 

Tarse, ix. 
Bar Gadina (Ignatius) , d'E- 

desse, xli, 43. 
Bar Hadbesabba, de Gourgan, 

xviii, 6o. 

— de Hanazit, xix, 3. 

Bar Qanoun ( Iwaanls ) , de 

Callisura, xliv, 4i- 
Bar Samka (Uenys), de Méli - 

tène, xnv, 3o. 
Bar Soumana (Basilius), de 

Kaisoum, xlii, 3. 
Bar Thomas (lohannan), de 

Lâqabin, xli, i6. 
Basilius [Constantinus), d'A- 

lep, XLIV, 49. 

— d'Amid, xxxi, 3i. 

— d'Amid, xLii, g. 

— d'Auazarbus, xxxi, i4. 

— d'Anazarbus, xxxui, 7. 

— d'Anazarbus, xxxvi, 1. 

— d'Aphrah, xxxiii, 21. 

— d'Arménie, xxi, 16. 

— de 'Arqa, xxx, 18. 

— de 'Arqa, xxxu, 23. 

— de 'Arqa, xxxiu, 23. 

— d'Arsamosate, xxv, 19. 

— d'Arzoun, xlii, 12. 

— de Baies, xxx, n. 

— de Bîrta de Gargar, xli, !\. 

— de Bîrta de Gargar, xliv, 

37. 

— de Bithynie (?), xxu, 4?. 

— de Gallinice, xvil, 16. 

— (Benjamin), de Gallinice, 
XLIV, 38. 

— de Callisura, xliv, 53. 

— de Césarée de Cappadoce, 
p. 476, n. 3. 

— de Circesium, xix, 56. 



Basilius, de Circesium, xxlii, 
3i. 

— de Claudia, xxxi, 4". 

— de Claudia, xLili, i4 ; xLiv. 

— d'Édesse, xvu, i3. 

— [Bar Çabouni), d'Édesse, 
XLI, 7. 

— (Bar Soumana), d'Edes- 
se, XLIV. 

— (Pharas), d'Edesse, xliv, 
48. 

— de Djihan, xli, 44 j xliv. 

— de Gisra, xix, 34. 

— de Hadet, xxxu, u. 

— de Harran, xxxi, 4° > 

XX XIV. 

— de Harran, xl, 3 

— de Helbon, xxxiv, 12. 

— de Hérat, xxxi, 8. 

— de Hesn-Mançour, xxxin, 

'9- 

— de Hesn-Mançour, xli, 26. 

— de Hesna de Ziad, xli, 18. 

— de Hesna de Ziad, xli, 59. 

— de Hesna de Ziad, xnv, 
3i. 

— (Abou 'l-faradj har Sou- 
mana), de Kaisoum, xlu, 
3. 

— de Kcpliar fàb et Emèse, 
XL, 10. 

— de Lâqabîn, xxxv, 6. 

— de Lâqabîn, xlu, 4- 

— de Maipherqat, xvu,66. 

— de Maipherqat, xxxix, 4. 

— de Maipherqat, xi.i, 52. 

— de Mar'as , xlui, 32 ; 

XLIV. 

— de Mardê, xxix, g. 

— de Mardè, xxxv, 14. 

— (Bar 'Abhas), de Mardê, 
XLI, 45. 

— de Nisibe, xxxi, 19. 

— de Qartamîn, xli, 3i. 

— (lohannan) de Ra'bân , 
xliv, i3. 

— de Samosate, xvui, 5. 

— de Samosate, xxv, n. 

— de Saroug, xxix, 42- 



Basilius, de Saroug, xli, i3. 

— du Ségestan, xxix, Sg. 

— du Ségestan, xi.iv, 22. 

— de Symnadon, xxix, 24. 

— de Symnadou, xli, 10. 

— de Symnadou, XLiii, 16. 

— de Symnadou, xliv, 20. 

— de Tagrit, xvu, 76. 

— de Tagrit, xix, fi. 

— de Tagrit, xxv, i. 

- de Tagrit, xxxu, 26. 

— de Tarse, xxxiu, 6. 

— de Telia, xviii, 93. 

— de Tibériade, xxix, 34. 

— du four 'Abdîn, xxxin, 
ir. 

— (Samli), du four 'Abdîn, 
XL, 7. 

— de Zeugma, xxi, 2â. 

— de Zouptara, xxvi, 4. 
Benjamin, d'Edesse, xviii, 83. 
Benjamin (Basilius), de Calli- 

nice, XLIV, 38. 
BoDziRA, d'Amid, xxxvii, 4. 
Çeliba, de Bâlînag, xxxlx, 5. 
Christodulus, de Ba'lbek, 

xxx, 8. 
CoNSTANTiNus, de Circesium, 

xviu, 77. 

— de Dolik, xvu, 4. 

— d'Edesse, xviu, 99. 

— de Germanicia, xxvui, 3. 

— de Harran, xx, 16. 

— du Khorasan, xviii, 7. 

— de Laodicée, xviii, 3o. 

— de Telia, xxiil, 26. 
Constantinus (Basilius), d'A- 

lep, XLIV, 49. 
Constantinus (Timotheus), de 

Lâqabîn, xliv, 8. 
CosMAs, de Hadet, xxu, 27. 

— de Reçapha, xxix, 29. 
Cyriacus, d'Anazarbus, xx, i5. 

— de Ba'lbek, xxu, 10. 

— de Bithynie (.'), xxiii, 40. 

- de Callinice, xix, 35. 

— de Cyrrhus, xxiv, i. 

— de Djihan, xxix, 47. 

— d'Edesse, xx, 4. 



APPENDICE III 



485 



Cyriacus, de Hanazit, xviiJ, 

34. 

— desQadmanayê, xvlljii. 

— de Saroug, xxix, i6. 

— de Tagrit, xxvui, 2, 

— de Zouptara, xxix, 35. 
Ctrillus, d'Anazarbus, xxi, 4- 

— d'Arménie, xxx, g. 

— d'Arsamosate, xvii, 36. 

— de Cyrrhus, xxxi, 36. 

— d'Edesse, xviii, 6o^. 

— d'Emèse, xxxu, i3. 

— de Hâmâm, xxxi, 25. 

— (A^oe), de Jérusalem, 
XIX, 66. 

— de Jérusalem, xxiv, i6. 

— {Sa'doun), de Jérusa- 
lem, XLI, I. 

— de Kephar Tàb, XLI, 33. 

— de Maipherqat, xx, la. 

— de Saroug, xuii, 6. 

— de Tarse, xxu, aa. 
Damianus, de Saroug, xvii, 3i. 
Damianus (Iwannis), de Césa- 

rée de Cappad., xuv, 44. 
DANtEi., d'Alep, xvii, 6a. 

— d'Arménie, xxu, 24. 

— d'Arménie, xxx, 3a. 

— de Damas, xxi, 7. 

— de Kephar Bàla, XIX, 4.''. 

— de Mclitène, xviii, i6. 

— de Samosate, xvil, 33. 

— de Samosate, xxu, 9. 

— de Tagrit, xviii, 4S- 

— de Tell Besmê, xix, 44- 
David, d'Anazarbus, xxv, 38. 

— d'Aphrah, xvm, qi. 

— d'Arsamosate, xix, i3, 

— de Dara, xvi, 

— d'Emèse, xxlv, ig, 

— de Garybos, xvii, 84. 

— de Harran, xix, 26. 

— {Sa'doun), de Jérusalem, 

XLI, 17. 

— de Nisibc, xvii, 12. 

— des ïaglibites, xvii, 29. 

— de Zouptara, xxni, 34. 
David (Dionysius), de Bîrta 

de Gargar, xxxiii, 18. 

m. 



Denha, d'Arsamosate, XXIX, 37. 

— de Callisura, xxi, 8. 

— de Kaisoum, xxiii, 3. 

— de Rés-Kêpha, xviu, 26. 

— de Tagrit, xxiu, la. 
Denha (Athauasius), d'Edesse, 

XLlV, i2. 
DioNYsrus, d'Amid, xlui, 20; 

XLlV. 

— d'Apamée, xxi, 3, 
— • d'Arzoun, xlî, 6. 

— [Môharak) , de Ber - 
rhoë (Alep), xLiv, 27. 

— [David)^ de Birta de 
Gargar, xxxiii, 18. 

— de Claudia, xxx, 24. 

— de Damas, xlu, ro. 

— de Djihan, xliv, 54. 

— d'Emèse, xliv, a3. 

— de Goubbos, xxxv, 7. 

— de Goubbos, xlî, 53 ; 
xliv. 

— de Hadet, xxix, i2. 

— de Hesna, xlî, 46. 

— de Kaisoum, xlî, 8. 

— de Lâqabîn, xlui, 3o ; 
xliv. 

— de Maipherqat, XXXI, 37. 

— [Jacques), de Mar'as, 

XLUI, 20 ; XLIV. 

— [Gripas bar Samf;a), de 
Mélitènc, xliv, 3o. 

— de Reçapha, xix, 42. 

— de Samosate, xxiv, 24. 

— de Samosate, xxxiu, 3o. 

— [Moïse), de Tagrit, xlî, 

25 ; XLU; XLlU. 

— de Tell Patriq, xxxi, 48. 

— de Telia, xvii, 62. 

— de Telia, xxi, 5. 

— de Telia d'Arsanias, 
xxxi, 45. 

DioscORUs, de Dara, xxvii, 6, 

— d'Edesse, xxii, i4. 

— d'Emèse, xxx, 2i. 

— de Res'ayna, xxiu, 3o. 

— de Samosate, xxxiii, 20. 
DoMiTius, de Qardou, xvm, 

85. 



DoMNus, de Zeugma, xvm, i5. 
Eleazar [Lazarus), d'Anazar- 
bus, xxvu, I ; xxx. 
Elias, d'Apamée, xu. 

— [Ahou 'l-hassan), de Ba- 
ies, xxxm, 17. 

— de Cyrrhus, xix, 7. 
^ de Dolik, xvm, 49. 

— d'Edesse, xvm, 88. 

— de Gisra, xxi, 23. 

— de Hadet, xvii, 39. 

— de Hadet, xx, 10. 

— de Harran, xvu, 86. 

— de Mélitène, xxu, 41. 

— de Mélitènc, xxvi, i. 

— [Zaqna) , de Qardou, 
xvm, 76. 

-- de Samosate, xxix, i3. 

— de Syranadou, xxx, 37. 

— dr: Zeugma, xxxi, i6 ; 
xxxm. 

Eliseus, de Karma et des Ha- 
çiççanites, xvu, 4o. 

— de Maipherqat, xix, 67. 

— de Nisibe, xix, 28. 
Eliseus (Iwannis), de Méli- 
tène, XLI, 24. 

Etienne (Stephanus), du Sé- 

gestan, xliv, 36. 
EvAGRius, d'Arde'at de Bithy- 

nic (?), xvu, 71. 
EzECHiEL, de Dara et Habôra, 

XXIX, 3i. 

— de Mélitène, xxi, 6. 

— de Mélitène, xxvu, 7. 

— du'rour'Abdîn,xvu, 78. 

— du four 'Abdin, p. 458, 
n. 2. 

— du Tour 'Abdîn, xxi, i4. 
Pourâidj (Timotheus), de 

Samosate et Hesn Mau- 
çour, XLI, 36. 
Gabriel, d'Alep, xxx, 27. 

— d'Apamée, xxu, 38. 

— d'Arabie, xx, 18. 

— d'Arménie, xvu, 79. 

— de la Grande-Arménie, 
xvu, 69. 

— de Cyrrhus, xxu, 11. 

61* 



486 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Gabriel, de Dara, xxiv, 12. 

— de Dolik, xxin, 9. 

— de Gisra, xix, 80. 

— d'Irénopolis, xvui, 19. 

— de Kînisa, xvui, 78. 

— de Mar'as, xviii, 71. 

— de Reçapha, xix, i. 

— de Rés-Kêpha, xvii, 20. 

— de Samosate, xviii, 90. 

— de Saroug, xx, i3. 

— de Tarse, xvu, Sy. 

— de ïibériade, xxi, 10. 
Gabriel (Ignatius), du Tour 

'Abdîn, xLiu, 29. 

Gadouda (lohannan), de Kî- 
nisa, xviii, 62. 

Gaukf, de Harran, xvii, 68. 

GEORGrus, d'Adra'at, xvii, 43. 

— d'Anazarbus, xviii, 75. 

— d'Arsamosate, xvii, 64. 

— de Bahrîa, xviu, 67. 
— ■ de Circesium, xxi, 9, 

— de Hadet, xviii, 94. 

— de Hadet, xxu, 3i. 

— de Harran, xvu, 81. 

— de Maipherqat, xvu, 75. 

— des Taglibites, xviu, 97. 

— de Zeugma, xix, 81. 
Gregorius, d'Alep, xxxvi, 2. 

— d'Arménie, xxxii, o■.!^. 

— de Bîrta, xxx, 14. 

— de Bîrta, xxxi, 35. 

— de Bîrta de Gargar, 
xxxiv, i5. 

— de Callinice, xxu, 25. 

— de Callinice, xxxu, 27. 

— de Claudia, xli, 14. 

— de Claudia, xliv, 5r. 

— de Hadet, xxiv, 25. 

— de Kaisoum, xviu, g5. 

— de Kaisoum, xxxiv, i. 

— de Kaisoum, xnv, 14. 

— de Karséna, xli, 49. 

— [Lazarus) de Mar'as, 
xxxu, 4 • 

— de Mardè, Tell Besmê 
et Rés'ayna, xxxiu, 24. 

— ■ de Mélitène et Claudia, 
xxiv, 2. 



Gkegorius, de Ra'bân, xli, 19. 

— de Rés'ayna, xxv, 4. 

— {Jacques), de Tagrit, 

XLIV, 89. 

— • (Lazarus) , du Tour 
'Abdîn, XL, 8. 

Gregorius (lohannan), de Da- 
mas, xLiv, 46. 

Gripas bar Samka (Diony- 
sius), de Mélitène, xliv, 
3o. 

Habib, d'Amid, xix, 33. 

— d'Anazarbus, xxi, 18; 
xxiv. 

— d'Apamée, xvu, i4< 

— de Beit Baies, xvui, 2. 

— de Djaulan, xvu, 5i. 

— d'Irénopolis, xxi, 3t. 

— d'Irénopolis, xxu, i5. 

— de Kaisoum, xxi, 24. 

— de Mar'as, xvui, 6. 

— de Qardou, xix, 5i. 

— de Reçapha, xxi, 20. 

— de Reçapha, xxv, 3g. 

— des Taglibites, xvui, 74. 

— de Tarse, xvu, 70; xix. 

— de Telia, xxui, 39. 

— du Tour 'Abdîa, xxv, 10. 
Haiyê (Athanasius), d'Arsa- 
mosate, XXXI, 42. 

Hakim (Athanasius), de Dara, 

XIX, 64. 
Hanania, de Callisura, xviii, 
28. 

— de Mardè et Kephar 
Touta, X. 

— de Mardîn et Kephar 
Touta, XVII, 6. 

— de Qennésrîn, xviii, 18. 

— de Tibériade, xix, 43- 
Hasnoun (Ignatius), de Jéru- 
salem, XLI, 32. 

Ignatius, d'Alep, xlui, 4- 

— d'Amid, xviii, 39. 

— d'Amid, xxu, 44- 

— d'Amid, xxix, 2. 

— d'Amid, xxxu, 32. 

— d'Amid, xlui, 27. 

— d'Anazarbus, xvii, 46. 



Ignatius, d'Anazarbus, xxiv, 
3. 

— d'Aphrah, xxi, i3. 

— d'Arménie, xix, 52. 

— de 'Arqa, xxxiv, 2. 

— de 'Arqa, xli, 60. 

— de 'Arqa, xlui, 22 ; xliv. 

— d'Arsamosate, xvui, 33 _ 

— d'Arsamosate, xli, 37. 

— d'Arzoun, xxx, 38. 

— d'Arzoun, xxxu, 3o. 

— d'Arzoun, xxxv, 11. 

— de Bîrta, xxxu, 2. 

— de Bîrta, xliv. 

— de Callinice, xxxv, i3. 

— de Damas, xxxiv, 11. 

— de Dara, xxix, 18. 
— ■ de Dolik, xxxv, 16, 

— d'Edesse, xxx, 2.0. 

— (Bar Gadina), d'Edes- 
se, XLl, 43. 

— du pays du Halys, xxv, 
33. 

— de Gisra, xxviu, 6. 

— de Goubbos, xliv, 47. 

— de Hadet, xix, 22. 

— de Hâmâm, xxxi, 34. 

— de Hànî, xli, 27. 

— de Harran, xxui, 35. 

— de Harran, xli, 48. 

— de Harran, xliv, 35. 

— d'Irénopolis, xxu, 42. 

— de Jérusalem, xviii, 87. 

— (Hasnoun), de Jérusa- 
lem, xli, 32. 

— (Romanus), de Jérusa- 
lem, xLin, 2. 

— (Sahda), de Jérusalem, 

XLIV, 52. 

— de Kephar Tàb, xli, 3o. 

— de Lâqabîn, xliv, 34- 

— de Mabboug, xli, 35. 

— (Abou Ghaleb), de Mai- 
pherqat, xnv, 5. 

— de Maipherqat, xliv, 29. 

— de Mar'as, xliv, l\o. 

— de Mardè, xix, 83. 

— de Mardè, xxiii, 23. 

— de Mardè, xxxvii, 3. 



APPENDICE 111 



487 



Ignatics de Mardê et Kephar 
ïouta, xvii, 80. 

— de Mélitèae, xxix, 7. 

— de Mélitène, xxxi, 5. 

— de Mélitène, xxxiv, 17 ; 
xxxix. 

— de Mélitène, xliu, i ; 

XLIV. 

— deQélatetDara,xxxv, I. 

— de Qennésrîn, xxu, 6. 

— de Symnadou, xxxiv, 5. 

— de Tagrit, xxx, 17. 

— de Tagrit, xlui, 5. 

— de Tell Patrîq, xli, 5. 

— de Telia d'Arsanias, 
xLin, 19. 

— (Bar Çauma), de Telia 
d'Arsanias, xliv, g. 

— ■ du Tour 'Abdîn, xxv, 
42. 

— (Gabiiel), du Tour 'Ab- 
dîn, xLiii, 29 ; xLiv. 

loHANNAN, d'Amid, xvii, 67. 

— d'Amid, xx, 8. 

— d'Amid, xxxi, 2. 

— d'Anazarbus, xxv, 27. 

— d'Arabie, xvui, 10. 

— d'Arabie, xix, 76. 

— d'Arménie, xvm, 29. 

— de 'Arqa, xxxu, 3. 

— d'Arsamosate, xxx, 3. 

— d'Arsamosate, xliv, 4. 

— [Sem''an) , d'Arsamo - 
sate, XLiv, 19. 

— de Bagdad, xviii, 5i. 

— de Baies, xvii, 83. 

— de Beit Nouhadraa , 
xi.iv. 

— de Callinice, xvi. 

— de Callinice, xxviu, 7. 

— do Callinice, xuv, 18. 

— (Toubana), de Circe- 
sium, XIX, 4. 

— de Cyrrhus, xxix, 28. 

— de Damas, xxv, 23. 

— de Damas, xxi, 5o. 

— de Damas, xuv, i. 

— {Gregorius), de Damas, 
xLiv, 46. 



loHANNAN, de Dara, xxxi, 26. 

— de Dara et Habôra, 
xxxi, 22. 

— de Dolik, xvm, 56. 

— de Dolik, xx, 25. 

— de Dolik, xxx, 36. 

— d'Émèse, xvii, 34. 

— d'Émèse, xvii, 47- 

— de Germanicia, xx, 6 ; 

XXlll. 

— de Hâmàm, xlui, 26. 

— de Harran, xxu, 8. 

— de Hauran de Bithy- 
nie (.'), XXXI, 7. 

— de Hérat, xxix, 4. 

— [Josué], de Hesna de 
Ziad, xLiv, 28. 

— d'Irénopolis, xix, 79. 

— de Jérusalem, xix, 4i. 

— de Jérusalem, xxxi, 28. 

— de Jérusalem, xxxix, i. 

— de Kaisoum, xxxu, 3i. 

— de Kélat, xvu, 23. 

— de Kephar Touta et 
Mardê, xix, 29. 

— [Gadouda), de Kînîsa, 
xvui, 62. 

— {Bar Thomas), de Lâqa- 
bîn, xxi, i6. 

— de Mabboug, xx, 24. 

— de Mabboug, xli, 54. 

— de Maipherqat, xvu, 8. 

— [Mousiqayà), de Mai- 
pherqat, xvm, 80. 

— de Mardê, xxu, 32. 

— {Joseph), de Mardîn, 
XLI, 55. 

— (Maudiana), de Mar- 
dîn, xLiv, 42. 

— de Mélitène, xxiii, 32. 

— de Mélitène, xxxu, 6. 

— (Sa'id bar Çaboani),de 
Mélitène, xu, 3. 

— des Nédjrayè et de 
Ma'adayê, xxiv, i3. 

— de Nisibe, xxix, 4o. 

— des Qadmanayè, xvu, 
21. 

— de Qardou, xvu, 67. 



loHANNAN, de Qarnah, xxv, 48. 

— de Res'ayna, xxix, i, 

— de Res'ayna, xxxi, 21. 

— de Res'ayna et Mardîn, 
xu, 5i . 

— de Samosate, xlui, 3 ; 
xuv. 

— de Saroug, xxi, 21. 

— de Saroug, xxiv, 8. 

— du Ségestan, xxv, 32. 

— du Ségestan, xli, 61. 

— de èalabdin, xliv, 24. 

— de Sarzoul, xvu, 4i. 

— {'Abdoun), de Symna- 
dou, xxxvi, 3 ; xxxvu. 

— de Tadmor, xviu, 12. 

— desTaglibites, xvm, 35. 

— des Taglibites, xix, 78. 

— de Tagrit, xxix, 48. 

— de Tagrit, xxxvi, 7 ; 
xxxviu. 

— de Tagrit, xlui, 33 ; 
xuv. 

— de Tarse, ix. 

— de Tarse, xliv, 2. 

— de Telia, v. 

— de Telia, xvu, 73. 

— de Telia et Lâqabin, 
xxxu, i4. 

— de Tibériade, xxvlii, r. 

— de Tibériade, xxix, i5. 

— dufour'AbdîniXxii, 19. 

— du T. 'Abdîn, xxx, 26. 

— du Tour 'Abdîn, xlui, 

18; XLlV. 

— des Tribus, xvu, 9. 

— des Tribus, xxu, 4- 

— de Zeugma, xxx, 19. 

— de Zoubtara, xxxiu, i. 

— de Zouptara, xxu, 7. 

— de Zouptara, xxvii, 2. 
lohannan (Iwannis), de Hesna 

de Ziad, xuii, i5. 
lohannan (Basilius), de Ra- 

'bân, XLIV, i3. 
lÔNAN, d'Aplirah, xix, i4. 

— d'Arzoun, xvm, 11. 

— de Gourgan, xvui, 98. 

— d'Irénopolis, xxi, 17. 



488 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



IsAAC, d'Arménie, xxii, 89. 

— de 'Arqa, xxxi, i5. 

— de Callisura, xxx, 4. 

— de Cyrrhus, xix, 72. 

— de Cyrrhus, xxui, 27. 

— de Damas, xix, 68. 

— de Diboraita, xvm, 70. 

— d'Emèse, xxiii, i3. 

— de Hérat, xxu, 12. 

— de Nisibe, xxii, i8. 

— de Saroug, xix, 71. 

— de Tibériade et Adjou- 
miah, xvii, 72. 

— de Zeugma, xxu, /(•''• 
Isaac (Iwannis), du Tour 'Ab- 

dîn, XElv, 2:. 
IsAïAS, de Maiphérqat, xix, 3g. 
Isaias (Ignatius), de Bîrta, 

xxxii, 2. 
Iwannis, d'Abadqawan, xx, 20. 

— d'Adana, XLll, 5. 

— d'Alep, xxxui, 29. 

— d'Amid, XXIV, 22. 

— d'Amid, xtiv, 32. 

— {Mika), d'Amid, xliv, 
45. 

— d'Anazarbus, II. 

— d'Anazarbus, xxxii, 10. 

— d'Apamée, xix, 61. 

— de "Arqa, xxxv, 8. 

— d'Arsamosate, xxx, 29. 

— d'Arsamosate, xl, !^. 

— d'Arsamosate, xmi, 28; 

XLlV. 

— d'Arzoun, xxxi, 47. 

— de Ba'lbek, xxxii, 9. 

— de Bàlinag, xti, 2. 

— de Beit Roumanah , 

XLlV. 

— de Callinice, xti, 4i. 

— de Callisura, xix, 27. 

— de Callisura, xxxiii, aa. 

— de Callisura, xli, 42. 

— de Callisura, xLiii, n; 

XLlV. 

— (Bar Qanoun), de Calli- 
sura, XLlV, 4i. 

— (/Janiianus), de Césarée 
de Cappadoce, xliv, 44- 



Iwannis, de Gircesium, xxxu, 
29. 

— de Dara, xviii, 27. 

— de Dara, xxii, 43. 

— de Djihan, p. 476, n. 3. 

— de Djihan, xlui, 25 ; 

XLIV. 

' — de Dolik, xxv, 9. 

— de Dolik, xxxi, 43. 

— de Doula, xxv, 6. 

— {Joseph), d'Emèse, xliv, 
55. 

— deGermanicia,xxix, 17. 

— de Gisra, xxiv, 29. 

— de Goubbos, xxxiil, 26. 

— de Hadet, xxxui, 3. 

— de Hadet et Ra'ban, 

XXXI, 9. 

— de Hâmâm, xxix, 43. 

— {Moïse), de Hàni, xliii, 
23. 

— de Harran, xiv. 

— de Hérat, xviii, 52. 

— de Hérat, xxiii, 2. 

— de Hérat, xxix, 10, 

— de Hérat, xxx, i3. 

— de Hérat, xxxn, 19. 
■ — de Hérat, xxxu, 21. 

— {Bar Çauina), de Hesna 
de Ziad, xxxu, i5. 

— de Hesna de Ziad, xli, 

47- 

— {Iohannan.),de Hesna de 

Ziad, xlui, i5. 

— d'Irénopolis, xxiii, 38 . 

— de Kaisoum, xlui, 8 ; 

XLIV. 

— de Kaisoum, xliv, 17. 

— {'^Abda), de Karséna, 
xxxiii, i5. 

— de Lâqabîn, xLlli, i2. 

— de Maiphérqat, xxxiv, 9. 

— {Marcus), de Maiphér- 
qat, XLI, 38. 

— de Mardè, xxvil, 4- 

— de Mardè, Reâ'ayna et 
Kephar Touta, xxx, 6. 

— (Saiil), de Mardè, xxxv, 
>7- 



IWANNNis, de Mélitènc, xxv, 
45. 

— de Mélitèae, xxx, Sg. 

— [Eliseus), de Mélitène, 
XLI, 24. 

— {Bar Qanoun), de Mé- 
litène, XLIV, 4i . 

— de Nisibe, xliv, 

— de Qastan (?), xxv, 8. 

— de Ra'ban, xliv, 33. 

— de Raqah, xli, 23. 

— de Raqah (Callinice), 

XLIU, l3 ; XLIV. 

— de Reçapha, xviii, 25. 

— de Samosate, xxii, 2. 

— [Theodorus), de Samo- 
sate, xMv, 7. 

— de Sarougj xxiv, 17. 

— de Saroug, xli, 21. 

— du Ségestan, xli, 4°. 

— de Sibabérek, xm, 8. 

— de Sibabérek, xliv, 10. 

— de ïell Patriq, xli, 12. 

— de Telia, xviii, 46. 

— de Telia de Homdôn, 

XXXVll, I, 

— du Tour 'Abdîn, xxiv, 
II. 

— duTour 'Abdîn, xxix, 8. 

— {Zakai), du four 'Ab- 
dîn, xxxu, 12. 

— [Isaac), du Tour "Ab- 
dîn, XLIV, ai. 

— de Zeugma, xix, 10. 

— de Wastan (?), xxv, 8. 

— de Wastan, xxv, 44. 
Jacques, d'Abadqawan, xxu, 

25". 

— de Ba'lbek, xx, 14. 

— de Ba'lbek, xxx, 3i. 

— de Callinice, xxiu, 37 ; 
xxvi; xxvii. 

— de Circesium, xvii, 17. 

— de Dîrîg, xvii, 35. 

— de Dolik, xviii, 20. 

— de Dolik, xxu, 4o- 

— d'Emèse, XIX, i5; xxu. 

— de Hàmâm et Kînîsa, 
xxv, 43. 



APPENDICE III 



489 



Jacques, de Hérat, xix, 87. 

— d'Irénopolis, xxu, 5. 

— de Kaisoum, xix, 3i. 

— de Mabboug, xxv, 24. 

— de Maipherqal, xxv, i4. 

— des Nédjrayê, xxi, 3o, 

— d'Ourim, xvii, 63. 

— de Samosate, xxi, i2. 

— de Symnadou, xxvi, 10, 

— des Taglibites, xix, [7, 

— de Tibériade, xxii, 29. 
-~ de Tibériade, xxv, 3. 

— de Zeugma, xxiii, i5. 
Jacques (Dionysius), de 

Mai-'as, xLMi, 20. 
Jacques (Gregorius), de Ta- 

grit, xnv, 39, 
JÉRKMiE, de Hàmâm, xxiv , 

3o. 

— de Jérusalem, xxv, 47- 

— de Tarse, xxv, 4o. 
Job, d'Abadqavran, xxiv, 5. 

— d'Alep, xxiu, 10. 

— d'Aphrah, xix, Sg. 

— de Callisura, xxii, 20. 

— de Çâmâm et Kînîsa , 
xxv, 17. 

— de Hérat, xxi, 2. 

— de Jérusalem, xvm, i3. 

— de Mopsueste, xvii, 27. 

— de Nisibe, xxv, 28. 

— de Tibériade, xxir, 10. 

— de Zeugma, xxiv, 23 ; 

XXVlll. 

Joseph, d'Amid, rv. 

— d'Amid, XXV, 29. 

— d'Arzoun, xxni, 22. 

— du Beit Parsayê, xvm, 4- 

— de Damas, xxvi, 2. 

— de Gourgan, xvm, 66. 

— de Jérusalem, xvm, 67. 

— de Jérusalem, xxm, 7. 

— de Mar'as, xxm, 5. 

— de Nisibe, xxvi, 6. 

— de Saroug, xxii, 49. 

— [Marzouq) , des Tagli - 
bites, xvm, 59. 

— du Tour 'Abdîn, xxx, 22. 

— de Zeugma, xix, 24 

m. 



Joseph (Iwannis), d'Émèse, 

XLiv, 55. 
Joseph (Timotheus), de Gar- 

gar, XLiii, 9. 
Joseph (lohannan), de Mar- 

din, xLi, 55. 
JosuÉ, d'Anazarbus, xl, 9. 
Josué (Athanasius), d'Edesse, 

xxxn, 8. 
Josué (lohannan), de Hesna 

de Ziad, xliv, 28. 
JuLius, de Maipherqat, xxiv, 

20. 
Laza-Kus [Éléazar), d'Anazar- 
bus, xxvn, I ; xxx. 

— d'Arsamosate, xvui, 21. 

— de Gisra, xvii, 56. 

— d'Irénopolis, xxm, 29. 

— de Nisibe, xvii, a5. 

— de Tarse, xix, 76. 

— de Tarse, xxi, 22, 
Lazarus (Gregorius), de Ma- 
r'as, xxxii, 4. 

Lazarus (Gregorius), du four 

'Abdîn, XL, 8. 
Lucas, de Qarnah, xxvi, 5. 
Maqim, de Circesium, xvn, 5o. 
Marcus, d'Aphrah, xxxn, 20. 

— d'Arzoun, xxxm, 5. 
Marcus (Iwannis), de Mai- 
pherqat, XLi, 38. 

M AROUTA, de Tibériade, xxxiji 2. 
Marzouq (Joseph), des Tagli- 
bites, xvm, 59. 
Mattai, d'Arzoun, xxv, 5 

— de Dara, xx, 19. 

— de Ra'bân, xl, 2. 

— de Res Kêpha, xix, 82. 

— de Samosate, xxxiv, 8. 

— de Saroug, xxxv, 9. 

— du Ségestan, xxxi, 17. 

— de Symnadou, xlu, ii. 

— de Telia, xxi, 26. 

— de Telia de Mauzelat, 
xvn, 3o. 

Matuialah (Philoxenus), de 
Mabboug, xxxii, 17. 

TkTaMrfia^a (lohannan), deMar- 
dîn, xi.iv, 42. 



Meichizedeq, de Reçapha, 
xvii, 3. 

— de Tagrit, xlx, 48. 
Methodius, de Tell Besmê, 

xvn, 74. 
Michel, d'Anazarbus, xvm, 24. 

— de Callisura, xxix, 4i' 

— de Claudia, xxix, 22. 

— de Dara, xxv, 46. 

— de Mabboug, xxi, 11. 

— de Samosate, XX, 7. (Cf. 
ci-après, p. 5o2, n. 1.) 

Mika (Iwannis), d'Amid, xnv, 

Màharak (Dionysi-os), deBer- 

rhoë, xLiv, 27. 
Moïse, d'Amid, xxll, 3o. 

— d'Arabie, xxvl, 7. 

— de Callinice, xxx, i5. 

— de Claudia, xxix, 33. 

— de Damas, xxiii, 24. 

— d'Émèse, xxvi, 3. 

— de Germanicia, xxv, 37. 

— de Hesna deZiad, XXXI, 41. 

— de Samosate, xxx, 10, 
Moïse (Iwannis), de Hânî, 

XLUl, 23. 

Moïse (Dionysius), de Tagrit, 

XLl, 25. 
Mousiqaya (loljannan) , de 

Maipherqat, xvm, 80. 
NoÉ, d'Irénopolis, xix, 60. 
Noé (Cyrillus), de Jérusalem, 

XIX, 66. 
NoNus, du Tour 'Abdîn, xvm, 

89. 
"Othman, des Taglibites, xvil, 

45. 
Paulus, d'Aphrah, xvn, 10. 

— d'Aphrah, xxm, 33. 

— d'Aphrah, xxix, 36. 

— de Hérat, xxiv, 32. 

— de Mardê, xxxn, 33. 

— de Tarse, xxx, i. 
Pethus, de , XIX, 46. 

— d'Aphrah, XIX, 55. 

— d'Arabissus, xxx, 34- 

— [Bar Arika), de 'Arqa, 
xxxiv, i4. 

62 



490 



CHRONIQUE DE MICFIEL LE SYRIEN 



Petrus, d'Arzoun, xvii, 60. 

— d'Arzoun, xxix, 3o. 

— de Callinice, xxxi, 11. 

— de Claudia, xxv, 3i. 

— de Claudia, xxxiu, 27. 

— de Hâmâm et Bâlînag, 
xxxiu, 8. 

— de Harran, xxix, 44; 

XXXI, 

— de Mardê et Kephar 
Touta, XXIV, 3i. 

— de Nisibe, xxxui, 12. 

— de Reçapha, xxu, 28. 

— de Saroug, xxx, 5. 

— du Ségestan, xxiv, 27. 
Pharas (Basilius), d'Édesse, 

xnv, 48. 
PurLOTHEUs, d'Aphrah, xxxi, 

38. 
Philoxenus de...., xxu, i3. 

— d'Arsamosate, xxxiv, 7. 

— de Bâlînag, xi.i, 34- 

— de Dara, xxx, 7. 

— de Dolik, xxxu, 34. 

— d'Édesse, xxiv, 18. 

— d'Edesse, xxix, 6. 

— de Gourgan, xvii, 2. 

— de Hâmâm, Bâlinag, et 
Sanoudanou, xxxiu, 28. 

— de Harran, xxv, 34- 

— de Hesn-Mançour, XL, 5. 

— de Jérusalem, xxxi, 39. 

— de Karséna, xli, 56. 

— de Kephar Tâb, xtiii, 10. 

— (Matuialah) , de Mab- 
boug, xxxii, 17. 

— de Mabboug, xu, 9. 

— de Mabboug, xliv, 6. 

— de Mabboug et Gisra , 
xxx, 3o. 

— de Mar'as, xl, i. 

— de Mar'as, xliu, 7. 

— de Nisibe, xvii, 32. 

— de Reçapha, xix, 65. 

— [Bar Çauma) , de Rou- 
manah, iliv, 5o. 

— du Ségestan, xxxv, 10. 

— de Sypinadou, xxxu, i. 

— de Telia Qas^ra, xxx, i6. 



Romanus (Ignatius), de Jéru- 
salem, xEiu, 2. 

RouBii,, de Djounia, xviii, 42. 

Saba, d'Arzoun, xvu, 24. 

Sabra, d'Arabie, xviu, 86. 

Sa'doun TfCyrillus), de Jéru- 
salem, XEl, I. 

So'doura (David), de Jérusa- 
lem, XLl, 17. 

Sahda (Ignatius), de Jérusa- 
lem, XLIV, 52. 

SaHd bar Çaboimi (loliannan), 

de Mélitène, xii, 3. 
SAr.oMON, de Cyrrhus, xvu, 49. 

— de Damas, xix, 58. 

— des Nedjrayê et des 
Ma'adayê, xix, 53. 

àamli (Basilius), du Tour 

'Abdîn, XL, 7. 
Samuel, de Hâmân, xxix, 46. 

— de Maiphferqat, xxu, 16. 

— desOadmanayê(ou Qar- 
manayê), xvni, 40. 

— du Ségestan, xix, 47- 

— du Tour 'Abdin, xxui, 
20. 

Sarbil, de Tagrit, xvu, i. 

SaiXl (Iwannis), de Mardîn, 
xxxv, 17. 

Se'^mân (lohannan), d'Arsa- 
mosate, XLIV, 19. 

Sergius, d'Alep, xix, 8. 

— d'Alep, XXIX, 14. 

— d'Alep, xxxiii, 10. 

— d'Apamée, xxv, 18. 

— d'Apamée, xxix, aS. 

— de Ba'lbek, xvU, 61. 

— de Ba'lbek, xxvi, 9. 

— de Cyrrhus, xviu, 23. 

— de Cyrrhus, xx, 3. 

— de Mabboug, xviii, 8, 

— de Qarnah, xxix, 32, 

— de Qennésrîn, xix, 36. 

— de Reçapha, xxui, 18. 

— de Res'ayna, xxi, 32. 

— de Res'ayna, xxix, ig. 

— de Saroug, xxiv, 28; 

XXIX. 

— de Saroug, xxxi, 20. 



SEKOtus, du Ségestan, xviii, 79. 

— de Tagrit, xix, 77. 

— du Tour 'Abdîn, XVII, 4^. 
Severus, d'Akazqâwân (?), 

XIX, i8. 

— d'Anazarbus, xviu, 87. 

— d'Arzoun, xxxi, 3. 

— de Callinice, xx, 22. 

— de Callinice, xxin, 36. 

— de Callisura, xxiii, 8. 

— de Circesium, xxv, i3. 

— de Dara, xvui, 3. 

— de Dara, xxi, 29. 

— de Gisra, xvui, 5o, 

— de Jérusalem, vi, 

— de Jérusalem, xx, 26. 

— de Res-Kêpha, xx, i. 

— de ResKêpha, xxv, 26. 

— de Samosate et Hana- 
zit, xix, 4o. 

— du Ségestan, xx, 21. 

— deTell Besmê, xxui,4i. 

— de Telia, xix, 3o. 

— de Tibériade, xviii, 54. 

— du T. "Abdîn, xxvui, 4. 
SiLVANos, d'Arzoun, xxi, i5. 
SiMÉoN, d'Anazarbus, xli, 58. 

— d'Aphrah, xxvi, 8. 

— d'Arabie, xvu, 53. 

— d'Arzoun, xliu, 21; 

XLIV. 

— de Ba'lbek, xix, 70. 

— de Gisra, xxul, ii. 

— de Hadet, xxiv, 7. 

— de Kaisoum, xxxv, 2. 

— de Mabboug, xix, 69. 

— de Qennésrîn, xxv, 21. 

— de Reçapha, xvu, 58. 

— de Saizar, xxxi, i3. 

— de Saroug, xviii, 9. 

— de Tadmor, xvu, 26 

— de Tagrit, xvii, !\1. 

— de Tell Besmê, xviii, 36. 

— de Tell Besmê, xxi, 19. 

— de Telia et Lâqabîn. 
XXXI, 24. 

— de Zeugma et Goubbîn, 
XXIX, 26. 

— de Zoubtara, xx, 11. 



APPENDICE III 



491 



Stepbahus, d'Arménie, xxiv, g. 

— de Callisura, xix, 84. 

— d'Irénopolis, xix, ao. 

— d'Irénopolis, xxiii, 14. 

— (Etienne), du Ségestan, 
XLiv, 36. 

— de Zouptara, xxv, 3o. 
Theodoretus, de Maipherqat, 

xxii, 87. 
Theodords , de Germanicia , 
xvm, 3i. 

— de Gisra, xviii, 84. 

— de Giàra, xix, 38. 

— de Kaisoum, xvn, 55. 

— des Nedjrayè et des 
Taglibites, xxm, 17. 

— de Res'ayna, xix, 62. 
Theodorus (Iwannis), de Sa- 

mosate, xliv, 7. 
Theodosius, d'Apamée, xix, 3a. 

— d'Aphrah, xxvii, 5. 

— de Ba'lbek, xvii. 

— de Callinice, xvii, 19; 
xvm. 

— de Damas, xxix, 3. 

— de Damas, xxxi, ag, 

— de Doula, xx, a3. 

— d'Edesse, xvii, 5g. 

— d'Edesse, xxii, i. 

— de Haran, xxtx, 23. 

— de Jérusalem, xxiii, 2t. 

— de Mabboug, xxiv, 4. 

— de Maipherqat, xxiii, 6. 

— de Maipherqat, xxx, aS. 

— de Mar'as, xxix, 45. 

— de Ra'bân, xxxiv, i3. 

— de Resayna, xm. 

— de Resayna, xxii, 21. 

— de Samosate, xvii, 54- 

— de Samosate, xxiv, 6. 

— de Zouptara, xxv, 22. 
Theophilus, de Damas, xxix, 

20. 

— de Tell Besmê, xvui, 58. 

— de Zoubtara, xvii, 85. 

— de Zouptara, xxn, aS. 
Tuomariqa, de Qenneârîn, 

xvm, 55. 
— ■ de Saroug, xvm, 63. 



Thomas, d'Anazarbua, xxx, 23. 

— d'Arde'at, xvm, i. 

— de Circesium, xxi, 27. 

— de Claudia, xxxi, 27. 

— de Dara, xvii, 5. 

— d'Edesse, 111. 

— de Helbôn, xvm, 43. 

— d'Irénopolis, xxi, 28. 

— de Jérusalem, xxix, 27. 

— de Jérusalem, xxxiii, i3. 

— de KaiJoum, xvm, 92. 

— de Mélitèae, xvm, 68. 

— de Mélitène, xix, 85. 

— de Qennésrîn, xxui, 16. 

— de Rès-Kêpha, xvn, 82. 

— de Samosate, xxxi, i. 

— du Ségestan, xxxiii, 16. 

— des Taglibites, xvm, 44- 

— de Tagrit, xvm, 69. 

— de Tagrit, xxiii, i. 

• — de Tibériade, xxx, 33. 

— du Tour 'Abdin, xvn, 7. 

— de Zarang, xvm, i!\. 

— de Zoubtara, xvm, 61. 
TiBERius, d'Aphrah, xvii, 65. 

— d'Arabie, xix, 5o. 
TiMOTuEus , d"Adherbaidjan , 

XLlV. 

— d'Amid, xxix, 21. 

— d'Aphrah, xxx, 25. 

— d'Arsamosate, xli, ii. 

— d'Arsamosate, xLHi, 17. 

— d'Areoun, xix, 63. 
^ de Baies, xxxi:, 7. 

— du Beit 'Arabayê, xuv. 

— de Callisura, xxxil, 16. 

— de Callisura, xxxix, 2. 

— de Circesium, xxii, 33. 

— de Circesium, xxvii, 8. 

— de Claudia, xxxv, 4. 

— de Claudia, xli, 39. 

— de Claudia, xliv, 16. 

— de Claudia, xliv, 43. 

— de Damas, xvm, l\i. 

— de Damas, xxii, 3. 

— d'Edesse, xxii, 48. 

— de Gargar, xli, 22. 

— (Joseph), de Gargar, 

XLlll, 9. 



TiMOTHEUs, de Goubbos, xLui, 
3i ; XLIV. 

— de Hadet, xxxm, 9. 

— de Harran, xxvm, 5. 

— de Harran, xxxv, 3. 

— de Harran, xxm, 24 ; 

XLlV. 

— de Hâza, xli, 67. 

— de Hesn-Patrîq, xxxiv, 
3. 

— de Jérusalem, xvn, 28. 

— de Jérusalem, xxxVj 12. 

— de Karséna, xli, i5. 

— de Karséna, xLiii, 34. 

— (Constantinus), de Lâ- 
qabîn, xliv, 8. 

— de Mabboug, xxx, 12. 

— de Maipherqat, xviii, 38. 

— de Maipherqat, xxix, 5. 

— de Mar'as, xxxiv, 10. 

— de Mar'as, xli, 28, 

— de QarnahetTellad'Ar- 
sanias, xxx:, 23. 

— de Samosate, xix, n; 
XX; XXI (cf. p. 5o2, n. i). 

— de Samosate, xxn, 46. 

— (^''ouraiVy), de Samosate 
et Hesn-Mançour, xxi, 36. 

— de Tarse, xli, 20. 

— de Tell Patrîq, xxxiv, 
4; x'-i. 

— de Tell Patrîq, xtt, 2g. 

— de Tibériade, xxxii, 25. 

— de Wastan, xxv, i5. 
Toubana (loliannan), de Cir- 
cesium, XIX, 4. 

Zachaeias, de Callinice, xvm, 
96. 
• — de Jérusalem, xxxiii, 4. 

— de Saroug, xxix, 38. 
Zakai (Athanasius), d'Ana- 

zarbus, XLli, 7. 
Zakai (Iwannis), du four 'Ab- 

dîn, xxxii, i2. 
Zaqna (Elias), de Qardou, 

xvm, 76. 



IV 



[Noms des Évêques des divers sièges] 



(N.-B. — Le texte du ms, donne ici la liste chronologique des évêques de Jérusalem, Édesse, 
Mélitène, Araid et Tagrit. Nous croyons devoir compléter ces listes : — 1», en ajoutant aux noms 
des évêques une référence à l'Appendice 111 ; — 2°, en dressant, à la suite, des listes analogues 
pour tous les autres sièges mentionnés dans r Appendice 111, avec cette différence, toutefois, que 
nous ne faisons pas précéder les séries, généralement complètes, des noms d'évêques antérieurs 
au ix° siècle, qui se trouvent mentionnés incidemment dans le cours de la Chronique, et qu'on trou- 
vera à leur place respective dans la Table générale. 

Le chiffre romain désigne un paragraphe de l'Appendice 111, et le chiffre arabe le ra» de la liste 
des évêques placée dans ce même paragraphe.) 



1. — Évêques de Jérosalem 



I 


Jacques, frère de 
Seigneur, 3 ans • 


Notre- 




2 


Joseph, fils de Cléophas, 


i6. 




cinq ans. 






3 


Justus', 5 ans. 




17' 


4- 


Zacchai, deux ans. 




i8. 


5. 


Tobias, 3 ans. 




19- 


6, 


Benjamin, un an. 




20. 


7 


lo^annan, 3 ans. 




21. 


8. 


Matathias, 2 ans 




22. 


9- 


Philippus, 4 ans. 




23. 


10. 


Senecas, 2 ans. 




24. 


II. 


Justus, un an. 




25. 


12. 


Levi, 4 ans. 




26. 


i3. 


Ephraim, qui est 


Afrês, 


27- 




3 ans. 




28. 


i4- 


Joseph, 2 ans. 




29. 


i5. 


Judas, un an. 




3o. 



Gea 15 évêques étaient de la cir- 
concision ; (ils siégèrent) pen- 
dant 40 ans, jusqu'à la destruc- 
tion de Jérusalem. 

. Marcus, (le premier) des 

Gentils». 
. Cassiauus, 3 ans». 
. Poplius, 4 ans. 
. Maximus, 5 ans. 

Julianus, 6 ans. 
, Gaïus, 2 ans. 
, Symmachus, 4 ans. 
, Gaïus, 24 ans. 

Julianus, un autre, 2 ans. 

Capiton, i8 ans. 

Maximianus, 8 ans. 

Autoniuus, ro ans. 

Valens. 

Dolicbianus*. 

NarcissusS. 



3i. Dios. 

32. Germanion. 

33. Gordianus. 

34. Narcissus, le même. 

35. Antoninus '. 

36. Valens. 

37. Mysius •. 

38. Alexandre '. 

39. Mezabannes "■. 

40. Hymenœus ". 
4i. Abados ". 

42. Hermon. 

43. Judas". 

Il était au synode des 318, du 
temps de Constantin. 

44. Macarius. 

45 Maximianus", 

qui eut un œil arraché dans la 
persécution des païens. 



1. Cf. t. I, p. 167, pour les n" 1-15. — 2. Ce nom est écrit en marge; nous le rétablissons à sa 
place. —3. lhid.,p. 176. — 4. Cf. ibid., p. 177-178, pour les n»" 17-25. — 5. Lire ainsi ; cf. p. 184. 

— 6, Cf. p. 184, pour les n" 26-34. — 7. Les n»' 35, 36 sont une répétition des n"» 27, 28; cf. t. I, 
p. 185. — 8. Même leçon dans la vers. ar. — 9. Cf. ibid., p. 190. — 10. Ibid., p. 194. — 11. Ibid. 

— 12. Vers. ar. : uioo»kol ; lire : Zabdas ; cf. t. I, p. 204, — 13. Ce nom paraît légendaire. La 
mention suivante se rapporte à Macarius; cf. t. I, p. 248. — 14. Ibid., p. 264. 



APPENDICE IV 



493 



46. 



48. 
49. 

5o. 
5i. 



52. 



53. 

54. 

55, 



56, 



57. 
58. 
59. 
60. 
61. 
62. 
63. 
64. 
65. 



Cyrillus *, 

qui fui chassé par les Ariens. 
Arseuius, arien*. 
Hilariauus ', arien. 
Cyrillus*. 

Celui qui était au synode des 150. 
Praïlus '. 
Juvenalis ». 

Celui-ci tomba dans l'erreur des 
ChalcédonieDs. 

Theodosius ', 

qui fut étouffé par I«s Chalcé- 
doniens. 

Anastas[iuS] ■. 
Martyrius. 
Sallustianus. 

Celui de Borne se sépara de 
celui-ci. 

Elias, qui fut chassé". 

Après celui-ci, les Orthodoxes de 
celle Tille n'eurent plus d'évê- 
que jusqu'au temps où les 
Arubes régnèrent. 

Cyrillus. 
Jérémie. 
Thomas, 
lohannau. 
Philoxenus. 
Timotheus (xvii, 28). 
Job (xviii, i3). 
Ignatius (xviii, 37). 
Joseph (xviu, 67). 



66. lohannan (xix, 4i)- 

67. Cyrillus (xix, 66}. 

68. Cyriacus'». 

69. Severus (xx, 26). 

70. Joseph (xxin, 7). 

71. Theodorus" (xxiii, 21). 

72. Cyrillus (xxiv, 16). 

73. Jérémie (xxv, 47). 

74. Thomas (xxix, 27). 

75. loliannan (xxxi, 28). 

76. Philoxenus (xxxl, 39). 

77. Zacharias (xxxiil, 4). 

78. Thomas (xxxiii, i3). 

79. Timotheus (xxxv, 12). 

80. lohannan (xxxix, i). 

81. Cyrillus (xLi, i). 

82. David (xLi, 17). 

83. Ignatius (xi-i, 32). 

84. Ignatius". 

85. Ignatius (xuii, 2). 

86. Athanasius (xliv, 26). 

87. Ignatius (xi.iv, Sa). 

II. — ÉVÉQUES d'ÉûESSE. 

1. Addai. 

2. Aggai. 

3. Palout. 

4. Abselama. 

5. Barsamia". 

6. Tir[idate]". 



7. Barnai". 

8. Saloula. 

9. 'Abda. 

10. Gouria. 

11. 'Abda. 

12. Yazni". 
i3. Hystaspe". 
14. 'Aqai". 
i5. Qona". 

i6. àa'out. 

17. Aitallaha ". 

18. Abraham". 

19. Eulogius»». 

20. Rabboula". 

21. Aitallaha". 

22. Habsai. 

23. Barnai". 

24. Abraham. 

25. Barsê ". 

26. Eulogius ". 

27. Qoura. 

28. Sîlvanus. 

29. Paqida.. 

30. Diogenes. 
3r. Rabboula. 

32. Hibas, hérétique •'. 

33. Nonus". 

34. Cyrus". 

35. Petrus". 

36. Paulus. 

37. Aslip". 



1. Cf. t. I, p. 270. — 2. Cf. p. 274, n. 2. — 3. Cf. p. 289. — 4. Cf. p. 309. — 5. Cf. t. II, 
p. 11. — 6. Cf. t. II, p. 15. — 7. Ibid., p. 123. — 8. Ibid., p. 153, 168. — 9. Cf. t. II, p. 168, 189. 
La notice suivante n'est pas d'accord avec le texte de la Chronique; cf. ibid., p. 189, 267, 309, 352. 
— 10. Ce nom n'existe pas dans nos listes; par contre, il manque dans la série des év. d'Édesse 
(cf. p. 494, n. 16); il est probable qu'il y a eu transposition. — 11. Sic ms. et vers, ar.; dans 
l'App. III : Theodosius. — 12. Ce nom aussi donné par la vers. ar. n'existe pas l'App. III. 

13. Pour les n-» 1-5, of. t. I, p. 175. —14. Cf. p. 184. —15. T. I, p. 184 : Bouznai. — i6. Vers, 
ar. : wj»|, comme plus haut, t. I, p. 184. — 17. Cf. ibid. — 18. Bonne leçon, au lieu de Yôna; cf. t. I, 
p. 203, n. 7. — 19. Cf. t. I, p. 203. — 20. P. 204. — 21. La vers. ar. traduit ce nom oC^"^ ?"-%?» 
« amené par Dieu ». T. I, p. 246, cet évêque est dit le 19«; la Chronique, il est vrai, compte 
Aggai comme le premier; mais tous les autres y sont nommés dans le même ordre qu'ici. — 
22. Cf. ihid., p. 264. —23. Cf. p. 270, 277. — 24. Cf. p. 309, et pour les quatre suivants, p. 321. — 
25. Cf. t. II, p. 23. — 26. Ibid., p. 36. — 27. Ibid., p. 142. — 28. Ibid., p. 161. — 29. Sic ms. et 
vers. ar. ; Asclépiades ; cf. t. II, p. 180. 



62. 



494 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



38. Amazonius '. 


68. Athanasius (xxxii, 8). 


21. 


39. Jacques ', 


6). Athanasius (xxxvi, 5), 


22. 


4o. Epiphanius ». 
4i. Severus '. 


70. Basilius (xli, 7). 
Ignatius (xli, 43). 


23. 


42. Sergius '. 


7;. Athanasius (xlu, 2). 


a/,. 


43. Theodorus •. 


72. Basilius ", 


25. 


44. Paulus, 


73. Athanasius (xLiv, 12). 


26. 


45. lônan '. 


74. Basilius (xLiv, 48). 


27. 


46. Isaïe». 




28. 


47. Siméon'. 


m. — ÉvftgUES DB MÉLITKNK ". 




48. Gabriel'». 

49. Tiberius. 

50. Jacques le Rhéteur". 
5i. Habîb". 

52. Constantinus". 
55. Zacharias". 
54. Zacharias". 


1. Leontius. 

2. Otreius". 

3. Acac[i]us, 

4. Marna. 

5. Domitianus. 

Et longtemps après : 

6. Thomas. 


I. 
2. 
3. 

4. 
5. 
6. 


55. Basilius (xvii, i3). 

56. Theodosius (xvii, 69). 

57. Cyrillus (xvui, 6o«). 

58. Rabban Benjamin (xviii, 


7. Ezéchiel. 

8. Gregorius. 

9. Aharon. 

10. Daniel (xviii, 16). 


7- 
8. 

9. 
10. 


83). 

59. Elias (xvin, 88). 

60. Constantinus (xviu, 99). 


Thomas (xvin, 68)«'. 

11. Ezéchiel (xxi, 6). 

12. Elias (xxii, 4i). 


II. 

12. 

i3. 


Cyriacus (xx, 4)". 

61. Theodosius (xxli, i). 

62. Dioscorus (xxii, i4). 


i3. lollannan (xxiii, 82). 
14. Gregorius (xxiv, 2). 
i5. Iwannis (xxv, 45). 


i4. 
i5. 
16. 


63. Timotheus (xxu, 48). 


16. Elias (xxvi, i). 


17- 


64. Philoxenus (xxiv, 18). 


17. Ezéchiel (xxvii, 7). 


18. 


65. Abraham (xxv, 35). 


18. Ignatius Cursor {xxix, 7). 


19- 


66. Philoxenus (xxix, 6) ". 


19. Iwannis (xxx, 39). 




67. Ignatius (xxx, 20). 


20. Ignatius (xxxi, 5). 


20 



lohannan (xxxn, 6). 
Ignatius le Rhéteur 

(xxxiv, 17). 
lohannan (xli, 3). 
Dionysiue ". 
Iwannis (xli, 24). 
Ignatius (xLiil, i). 
Dionysius (xliv, 3o). 
Iwannis (xliv, 41). 

IV. — ÉvÉQUES d'Auid". 

Iwannis (xvii, 67). 

Ignatius (xviu, 39). 

^abib (xix, 33). 

Abraham (xix, 49). 

lohannan (xx, 8). 

Moïse (xxii, 3o). 

Ignatius (xxu, 44)- 

Iwannis (xxiv, 22). 

Ignatius". 

Joseph (xxv, 29). 

Ignatius (xxix, 2). 

Timotheus (xxix, 21). 

lolttannan (xxxi, 2). 

Basilius (xxxi, 3i). 

Ignatius (xxxu, Sa)". 

Basilius (xlu, 9). 
, Athanasius". 
. Ignatius (xLUl, 27). 
.Dionysius le Rhéteur 

(xLiii, 20). 
3. Abrah[am] (xliv, i5). 



1. Même orthographe dans la vers. ar. ; lire <^|lxj|; cf. t. II, p. 246. — 2. Ibid., p. 245. — 
3. Ibid., p. 268, 352. — 4. P. 855. — 5. P. 374. — 6. Sic, ms. et vers, ar, ; lire : Theodosius; cf.- 
t. II, p. 374, n. 2. — l.lbid., p. 379. — 8. P. 401. — 9. Le texte, t. II, p. 427, insère ici, avaa^ 
Siméon, un certain Constantinus. — 10. Cf. ibid., p. 454. — 11. P. 471. — 12. P. 472. — 13. Cf. t. II, 
p. 480. — 14. Cf. ci-dessus, p. 4. — 15. Ci-dessus, p. 5. —16. Cf. ci-dessus, p. 493, n. 10. — 
17. La vers. ar. arrête ici la liste. — 18. Transféré de Kaisoum (xlu, 3), 

19. Le nom de Mélitène est omis dans le titre ; mais il se lit dans la version ar., et il ne peut y 
avoir aucun doute sur ce point. Par suite de cette omission, notre copiste a cru que la liste devait 
être jointe à celle des évèques d'Amid, de sorte qu'il a continué la série des numéros 29-51 dans 
la colonne suivante. -- 20. Cf. t. I, p. 312. — 21. Aussi omis dans la vers. ar. — 22. Transféré de 
Goubbos (xxxv, 7). 

23. Cf. ci-dessus, note 19. — 24. Ce nom, omis dans la vers, arabe, figure à tort dans celte liste. 
— 25. Ici serait la place de l'intrus Bouzira (xxxvu, 4). — 26. Transféré de Maipherqat (xlu, 11). 



APPENDICE IV 



495 



2i. Abraham (xliv, 25). 


7 


aa. Iwannis, qui 


fut déposé 


8 


(xLiv, 32). 




9 


23. Iwannis (xliv, 


45). 


lO 


V. — ÉVÊQDBS 


)K Tagkit. 


II 


Après Babai le 


Martyr! : 


12 


I. Garmai. 




i3 


3. Marouta, 




i4 


3. Christodulus, 




i5 


4. loljianaan. 




i6 


5. Dentia. 




17 


6. Bacchus. 




i8 



lo^annan Zakonnaya. 

Sarbil (xvii, i). 
, Siméon (xvii, 42). 

Basilius (xvii, 76). 

Daniel (xviii, 48) ". 

Thomas (xvui, 69). 

Basilius (xix, 6). 

Melchisedec (xix, 48). 
. SergiuB (xix, 77). 
. Athanasius (xxi, i). 
. Thomas (xxiii, i). 

Denha (xxiii, 12). 
, Basilius (xxv, i). 



19. Cyriacus (xxvlii, 2). 
lohannan (xxix, 48)'. 

20. Ignatius, qui se fit musul- 

man (xxx, 17). 

21. Athanasius (xxxi, 3o), 

22. Basilius (xxxii, a6). 

23. Iol;iannaa (xxxvi, 7). 

24. Dionysius (xli, 25). 
25' Ignatius (xliu, 5). 

26. lohannan (xlui, 33). 

27. Gregorius le Rhéteur' 

(xliv, 39). 
Fin. 



Abadqawan. 

Iwannis, xx, 20. 
Jacques, xxii, 25». 
Anastasius, xxti, 34- 
Job, XXIV, 5. 

Voir : Akazqawan. 

Akazqawan (?) 

Severus, xix, 18. 
Voir : Abadqawan. 

Adama. 
Iwannis, xlii, 5. 

Adhersaidjan. 
Timotheus, xliv. 

Adjoduiab. 
Voir : Tihériade. 

Adba'at. 

Georgius, xvii, 43. 
Voir : Arde'at. 



Alkp (ou BbebboÉ). 

Abraham, 1. 
Daniel, xvu, 6a. 
Sergius, xix, 8. 
Abraham, xx, 5. 
Job, xxiu, 10. 
Abraham, xxiv, 26. 
Anastasius, xxv, 2. 
Anastasius, xxvui (p. 465, 

n. 10). 
Sergius, xxix, i4. 
Gabriel, xxx, 27. 
Sergius, xxxiii, 10. 
Iwannis, xxxlii, 29. 
Gregorius, xxxvi, 2. 
Ignatius, xlui, 4. 
Dionysius {Môbara/t), xliv, 27. 
Basilius (^Constant.), xliv, 49. 
AuiD. 

Voir ci-dessus, p. 494. 
Anazakbgs. 
Iwannis, 11. 
Ignatius, xvii, 46. 



Anastasius, xviii, 17. 

Michel, xviii, 24- 

Georgius, xviii, 76. 

Severus, xviii, 87. 

Aharon, xix, 23. 

Abraham, xx, 2. 

Cyriacus, xx, i5. 

Cyrillus, xxi, 4. 

Habib, xxi, 18; xxw. 

IgAatius, xxlv, 3. 

lohannan, xxv, 27. 

David, xxv, 38. 

Athanasius, xxv, 41 • 

Eléazar (Lazarus), xxvii, i ; 

xxx. 
Thomas, xxx, 23. 
Basilius, xxxi, i4. 
Iwannis, xxxil, 10. 
Basilius, xxxiii, 7. 
Basilius, xxxvi, i. 
Josué, XL, 9. 
Siméon, xli, 58. 
Athanasius, xlu, 7; xliv. 
Athanasius, xtiv, 3. 



1. Cf. t. II, p. 414, 417; t. III, p. 29. La liste des évêques antérieurs à Sarbîl est incomplète, 
et elle doit être corrigée d'après Barhébréus, Chron. eccL, t. II. — 2. Ce nom est aussi omis 
dans la vers, ar. (Cf. Bar Heb., Chr, eccl., II, 191). — 3. Aussi omis dans la vers. ar. — 4. En 
marge de la vers, ar,, une main plus moderne a ajouté stupidement : u;-=v ^1 « Bar Hebraius ». 



496 



CHRONIQUE DE xMIGHEL LE SYRIEN 



APAHéE. 

Elias, xu. 
Habîb, xvil, 14. 
Athan^sius, xviu, 32. 
Theodosius, xix, 32. 
Iwannis; xix, 61. 
Dionysius, xxi, 3. 
Gabriel, xxii, 38. 
Sergius, xxv, 18. 
Sergius, xxix, 26, 

Aphrah. 

Paulus, xvu, 10. 
ïiberius, xvu, 65. 
David, xvjii, 91. 
lônan, xix, i4. 
Petrus, XIX, 55. 
Job, XIX, 59, 
Ignatius, xxi, i3. 
Abraham, xxii, 17. 
Paulus, xxm, 33. 
Athanasius, xxv, 12. 
Athanasius, xxv, i6> 
Siméon, xxvl, 8. 
Theodosius, xxvn, 5, 
Paulus, XXIX, 36. 
Timotheus, xxx, 25. 
Philotheus, xxxi, 38. 
Marcus, xxxi, ao. 
Basilius, xxxiii, 21. 

JArabie. 

Siméon, xvil, 53. 
lo^annan, xviii, 10. 
Abraham, xvm, 53. 
Sabra, xvm, 86. 
Tiberius, xix, 5o. 
lohanoan, xlx, 76. 
Gabriel, xx, 18. 
Moïse, XXVI, 7. 

'Arabissus. 
Petrus, xxx, 34. 

Arde'at de Bithynie (?). 

Evagrius, xvii, 71. 
Thomas, xvm, i. 

y oir Adra'at; et Bithynie. 



Arménie. 

Gabriel xvil, 29. 
lohannan, xvm, 29. 
Bacchus, xvm, 73. 
Ignatius, xix, 52. 
Basilius, xxi, 16. 
Daniel, xxu, 24. 
Isaac, xxii, 39. 
Stephanns, xxiv, 9. 
Abraham, xxv, 20. 
Cyrillus, xxx, 9. 
Daniel, xxx, 32. 
Gregorius, xxxii, 24. 
Voir Grande Arménie. 

Arménie (Grande-). 

Gabriel, xvu, 69. 

Voir aussi : Arménie. 

'Arqa. 

Basilius, xxx, 18. 

Isaac, XXXI, i5. 

lohannan, xxxu, 3. 

Basilius, xxxu, 23. 

Basilius, xxxm, 23. 

Ignatius, xxxiv, 2. 

Petrus {Bar Arika), xxxlv, 14. 

Iwannis, xxxv, 8. 

Abdochus, xxxvU, 2. 

Ignatius, xi.1, 60. 

Ignatius, xLiil, 22 ; xliv. 

Arsahosate. 

Cyrillus, xvu, 36, 

Georgius, xvu, 64- 

Lazarus, xvm, 21. 

Ignatius, xvm, 33. 

David, XIX, i3. 

Michel (?) (cf. p. 5o2, n, i). 

Basilius, xxv, 19. 

Denha, xxix, 37. 

lohannan, xxx, 3. 

Ivpannis, xxx, 29. 

Athanasius (Haiyê), xxxi, 42; 

xxxiv. 
Abraham, xxxu, 28. 
Philoxenus, xxxiv, 7. 
Iwannis, xl, 4. 
Timotheus, xu, 11. 



Ignatius, xli, 37. 
Timotheus, xlui, 17. 
Iwannis, xliu, 28; xliv. 
lohannan, xliv, 4. 
lohannan (Sem'ân), xliv, 19. 

Abzoun. 

Saba, xvu, 24. 
Petrus, xvu, 60. 
lonân, xvm, 11. 
Timotheus, xix, 63. 
Silvanus, xxi, i5. 
Joseph, xxui, 22. 
Mattai, xxv, 5. 
Petrus, xxix, 3o. 
Ignatius, xxx, 38. 
Severus, xxxi, 3. 
Iwannis, xxxl, 47. 
Ignatius, xxxu, 3o. 
Marcus, xxxiii, 5. 
Athanasius, xxxm, 25. 
Ignatius, xxxv, 11. 
Dionysius, xu, 6. 
Basilius, xui, 12, 
Siméon, xi,in, 21 ; xaiv. 

Baodad 
lohannan, xvm, 5i. 

Bahrîn. 
Georgius, xvm, 57. 

Ba'lhek. 

Sergius, xvii, 61. 
Siméon, xix, 70. 
Jacques, xx, i4 
Cyriacus, xxu, 10. 
Athanasius, xxiv, 21. 
Sergius, xxvi, 9. 
Christodulus, xxx, 8. 
Jacques, xxx, 3i. 
Iwannis, xxxi, 9 . 

Bales ou Beit Bales. 
lohannan, xvu, 83. 
Habîb, xvui, 2. 
Basilius, xxx, 11. 
Timotheus, xxxu, 7. 
Elias [Ahou'l-hassan], xxxiu, 

17- 



APPENDICE m 



497 



BaUiVag. 

Çeliba, xxxix, 5. 
Iwannis, xli, 2. 
Philoxenus, xli, 34- 

Voir : Jlûmâm et Balinag, 

B^«lo. 
Voir : Djihan et Barîd. 

Beit 'Arabayê. 
Timotheus, xliv. 

Beit BaleS, 
Voir : Baies. 

Beit Nouhadran. 
Iol,laDnaD, xliv. 

Beit Parsayè. 
Joseph, xvui, 4. 

Beit Roumana. 
Iwanuis, xliv. 

Berrhob. 
Voir : Alep. 

BîliTA. 

Gregoiias, xxx, ili. 
Gregorius, xxxi, 35. 
Ignatius (Isaias), xxxu, 2. 
Voir ; Gargar. 

BiiirA DK Gaugar. 
Voir : Blrta, et Gargar. 

BiTHYNIK (?). 

Basilius, xxu, 47. 
Cyriacus, xxui, 4o. 
Voir : Arde'^at. 

Çadad. 
Atlianasius, xi.u, (i. 

Cai.linice (ou Raqah . 

lohannan, xvi. 
Basilius, xvii, ifi. 
ïlieodosius, xvii, ly; xvui. 
Zacharias, xvui, 96. 



Cyriacus, xix, 35. 
Severus, xx, 22. 
Gregorius, xxii, 25. 
Severus, xxui, 36. 
Jacques, xxiii, 37 ; xxvi ; xxvii. 
lohannan, xxviii, 7. 
Moi'se, XXX, i5. 
Atlianasius, xxxi, 6. 
Petrus, XXXI, 1 i. 
Gregorius, xxxii, 27. 
Ignatius, xxxv, i3. 
Iwannis, xli, 23. 
Iwannis, xli, 41 • 
Iwannis, XLiii, i3 ; xliv. 
lohannan, xliv, j8. 
Basilius (Benjamin), xliv, 38. 

CALLlStlllA, 

Hanania, xviii, 28. 

Iwannis, xix, 27. 

Stephanus^ xix, 84- 

Job, xxii, 20. 

Denlia, xxi, 8. 

Severus, xxiu, 8. 

Athanasius, xxix, ii. 

Michel, XXIX, 4i . 

Isaac, XXX, 4. 

Abraham, xxxi, id. 

TimotheHS, xxxii, iC. 
Iwannis, xxxiii, 22. 
Tiraotheus, xxxix, 2. 
Iwannis, xi.i, 42. 
Iwannis, xliu, ii, xliv. 
Iwannis [Bar Qanouu), xliv, 

4'. 
Basilius, xliv, 53. 

Césarée de Cappaboce. 
Basilius (?), p. 476, n. 2. 
Iwannis (Damianus), xliv, 44. 

ClRCRèlUM. 

Jacques, xvir, ly, 
Maqîm, xvii, 5o. 
Conslantinus, xviii, 77. 
lohannan [Touhana), xix, 4 
Aharon, xix, 16, 
Basilius, XIX, 56. 
Abraham, xx, g. 



Georgius, xxi, 9. 
Thomas, xxi, 27. 
Timotheus, xxu, 33. 
Basilius, xxiii, 3[. 
Severus, xxv, i3. 
Timotheus, xxvii, 8. 
Iwanuis, xxxii, 29. 

Claudia. 

Petrus, xxv, 3i. 
Michel, XXIX, 22. 
Moïse, XXIX, 33. 
Dionysius, xxx, 2'\. 
Thomas, xxxi, 27. 
Basilius, xxxi, 46. 
Petrus, xxxiu, 27. 
Timotheus, xxxv, 4- 
Gregorius, xli, i4' 
Timotheus, xli, 39. 
Basilius, xliu, 14. 
Timotheus, xi.iv, iG. 
Timotheus, xliv, 43. 
Gregorius, xliv, 5i. 

Voir : Mélitène et Claudia. 

Cykhhus. 

Salomoc, xvii, 4y- 
Sergius, xviii, 23. 
Abraham, xvui, 72. 
Elias, XIX, 7. 
Aharon, xix, 25. 
Isaac, xix, 72. 
Sergius, xx, 3. 
Gabriel, xxu, i i. 
Isaac, xxiu, 27. 
Cyriacus, xxiv, i. 
loliannan, xxix, 28. 
Andréas, xxx, 2. 
Cyrillus, xxxi, 36. 

Damas. 

Timotheus, xviii, l\i. 
Salomou, xix, 58. 
Isaac, xix, 68. 
Daniel, xxi, 7. 
Timotheus, xxu, 3. 
Atlianasius, xxu, 35. 
Moïse, XXIII, 24. 
lohannan, xxv, 23. 



III. 



63 



498 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Joseph, XXVI, a. 
Athanasius, xxvii, 3. 
ïheodosius, xxix, 3. 
Theophilus, xxix, 20. 
Theodosius, xxxi, 29 
Igaatlus, xxxiv, 1 1. 
lohanuan, xli, 5o. 
Dioiiysius, xlii, 10. 
lohannan, xliv, i. 
lohaanan (Gregorius), xliv, 
46. 

Daqla. 
David, xvu, 29. 

Daba. 
David, XVI. 
Tliomas, xvii, 5. 
Severus, xvm, 3. 
Iwaanis, xviii, 27. 
Athanasius (iî«/f^m), xix, 64. 
Mattai, xx, 19. 
Severus, xxi, 29. 
Iwannis, xxii, 43. 
Gabriel, xxiv, 12. 
Michel, XXV, 46. 
Dioscorus, xxvii, 6. 
Ignalius, xxix, i8. 
Philoxenus, xxx, 7. 
lohaanan, xxxi, 26. 
Voir Qélat et Dara. 

Daha et Habora. 

Ezechiel, xxix, 3i. 
lohannan, xxxi, 22. 

DlBOHAlTA. 

Isaac, xviii, 70. 

DîkIg. 
Jacques, xvii, 35. 

DJADLA^. 

Habib, xvii, 5i. 

DjruAN. 

Cyriaeus, xxix, 47. 
Athanasius, xxxu, 5. 
Iwannis, p. 47'), n. 2. 



Basilius, xli, 4'i- 
Iwannis, xLiii, 25; xliv. 
Athanasius [ktiou Gkaleb), 

xliv, II. 

DjiHAN et Bakid. 
Dionysius, xliv, 54. 

DjOUiSIA. 

Roubil, xviii, 42. 

DOLIK. 

Constantinus, xvu, 4. 
Jacques, xviu, 20. 
Elias, xviii, 49- 
lohannan, xviii, 56. 
Anthimus, xix, 54- 
lohannan, xx, 25. 
Jacques, xxii, 4o. 
Abraham, xxui, 4- 
Gabriel, xxiii, 9. 
Iwannis, xxv, 9. 
lohannan, xxx, 36. 
Iwannis, xxxi, 4^. 
Philoxenus, xxxu, 34. 
Ignatius, xxxv, 16. 

DoLiK et Mabboug. 

Athanasius, xxxix, 3, 

Voir : Dolik, et Mahboug. 

DOULA. 

Theodosius, xx, 23. 
Abraham, xxu, 26. 
Iwannis, xxv, 6. 

ÉUESSE. 

Voir ci-dessus, p. 49^. 
Halys (région Ju). 
Ignatius, xxv, 33. 

ÉUÉ!^E. 

Abraham, viii. 
lohannan, xvu, 34. 
lohannan, xvu, 47- 
Jacques, xix, i5. 
Isaac, xxui, i3. 
Athanasius, xxiv, 14. 



David, XXIV, 19. 
Moïse, XXVI, 3 
Dioscorus, xxx, ai. 
Cyrillus, xxxu, i3. 
Athanasius, xxxu, 22. 
Athanasius, xxxiv, 6. 
Dionysius, xliv, 23. 
Iwannis (Joseph), xliv, 55 
V, : Kephar Tab et Èmèse. 

Gakgar ou (Birta nE Gariab). 

Dionysius (David), xxxui, 18. 
Gregorius, xxxiv, i5. 
Basilius, xi.i, 4. 
Timotheus, xli, 22. 
Timotheus (Joseph), xliu, g. 
Basilius, XLIV, 37. 
Voir aussi : Blrta. 

Gabybos. 

David, xvu, 84. 

Gbkmanicia. 

Voir : Mar'as. 

GlnBA. 
I.azarus, xvu, 56. 
Abraham, xviii, 22. 
Severus, xviu, 5o. 
Theodoriis, xviii, 84- 
Basilius, xix, 34. 
ïheodorus, xix, 38. 
Gabriel, xix, 80. 
Elias, XXI, 23. 
Siméon, xxiii, 1 1. 
Aharon, xxiii, 19. 
Iwannis, xxiv, 29. 
Ignatius, xxvui, 6. 

Voir : Mabboug et Gièia. 

G0UBB03. 

Iwannis, xxxui, 26. 
Dionysius, xxxv, 7. 
Dionysius, xli, 53 ; xnv. 
Timotheus, xliu, 3i; xliv. 
Ignatius, xliv, 47- 

GoL'DPAi et Kaiiséna. 
Athanasius, xxxi, 33. 
Voir : Karséna. 



APPENDICE m 



499 



GOLRGVN. 

Philoxeaus, xviii, 2. 
Bar Hadbesabba, xviii, 60. 
Joseph, xviii, 65. 
lônan, xviii, gS. 

Habora. 
Voir : Dara et Ilahôra. 

Haçiççanites (év. des). 
Voir : Karma. 

Hadet. 

Elias, XVII, 39. 
Georgius, xviii, 94. 
Ignatius, xix, 22. 
Elias, XX, 10. 
Cosmas, xxii, 27. 
Georgius, xxii, 3i. 
SiméoQ, XXIV, 7. 
Gregorius, xxiv, a5. 
Abraham, xxv, 7. 
Dionysius, xxix, 12. 
Basilius, xxxii, i t. 
Iwannis, xxxiii, 3. 
Timotheus, xxxui, 9. 

Hadet et Ra'ban. 

Iwannis, xxxi, 9. ' 
Voir : Hadet; et Ra'han. 

Hamam. 
Jérémie, xxiv, 3o. 
Iwannis, xxix, 43. 
Samuel, xxix, 46. 
Cyrillus, XXXI, 25. 
Ignatius, xxxi, 34. 
lohannan, xlui, 26. 

Hauau et Balîivag. 
Petrus, xxxiii, 8. 

Hamau, Balînag et Sanoddanou. 
Philoxenus, xxxm, 28. 

Hauam et KînîsA. 
Job, xxv, 17. 
Jacques, xxv, 43. 



IIanazit. 
Cyriacus, xviii, 34' 
Bar Hadbesabba, xix, 3. 
Voir Samosate et IIanazit. 

Hani (?). 
(Cf. ci-dessus, p. 477, n. i.) 

Ignatius, xli, 27. 
Iwannis {Moïse), xliii, 23. 

Hahban. 

Iwannis, xiv. 
Elias, xvii, 86. 
Gauri. xvii, 68. 
Georgius, xvu, 81. 
David, XIX, 26. 
Constantinus, xx rfi. 
lohannan, xxu, 8. 
Ignatius, xxni, 35. 
Philoxenus, xx7, 3/) 
Timotheus, xxvin, 5. 
Theodosius, xxix, 23. 
Petrus, XXIX, 4'l- 
Basilius, xxxi, l^o, 
Timotheus, xxxv, 3. 
Basilius, xl, 3 
Ignatius, XLi, 48- 
Timotheus, xi.ni, 24 ; lxiv. 
Ignatius, xnv, 35. 

Hauban de Bithynik. 
lohannan, xxxi, 7. 

fÎAZ*. 

Timotheus, xli, ïi-j. 

Helbon. 

Thomas, xviu, 43. 
Basilius, xxxiv, 12. 

Hébat. 

Abraham, xvlil, 45. 
Iwannis, xviii, 52 
Jacques, xix, 37. 
Abraham, xix, 73. 
Job, XXI, 2. 
Isaac, xxii, 12. 
Iwannis, xxiii, 2. 
Paulus, xxiv, 3:j. 



lohannan. xxix, 4- 
Iwannis, xxix, 10. 
Iwannis, xxx, i3. 
Basilius, xxxi, 8. 
Iwannis, xxxn, ig. 
Iwannis, xxxii, 21. 

Hksn Mançouk. 

Basilius, xxxiii, ig. 
Philoxenus, xl, 5. 
Basilius, xli, 26. 

Voir ; Samosate et Hesn 
Mançour. 

Hbsn Patkiq. 

Timotheus, xxxiv, 3. 
Voir : Tell Patriq. 

Hesna. 
Dionysius, xli, 46. 

Hesna de Ziad. 

Moïse, XXXI, 4i. 

Iwannis (Bar Çaama), xxxii, 

i5. 
Atbanasius, xxxvi, 4. 
Basilius, xli, 18. 
Iwannis, xli, 47- 
Basilius, xli, Sg. 
Iwannis, xliii, t5. 
lohannan (Josué), xliv, 28. 
Basilius, xliv, 3i . 

IRÉ^0P0LIS. 

Gabriel, xviii, 19. 
Stephanus, xix, 20. 
Noé, XIX, 60. 
lohannan. xix, 7g. 
lônan, xxi, 17. 
Thomas, xxi, 28. 
Habib, XXI, 3i . 
Jacques, xxii, 5. 
Habib, xxu, i5 
Ignatius, xxu, 42. 
Stephanus, xxui, i4. 
Lazarus, xxiii, 29. 
Iwannis, xxiii, 38. 



500 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



JÂKUSALEU. 

Voir ci-dessus, p. 492. 

KaiSodm. 
Theodorus, xvii, 55. 
Thomas, xvili, gî. 
Gregorius, xvlll, gS; 
Jacques, xix, 3i. 
Habîb, XXI, 24. 
Denha, xxiH, 3. 
Andréas, xxxi, 18. 
lohanaan, xxxii, 3i. 
Gregorius, xxxiv, i. 
Siméon, xxxv, 2. 
Dionysius, xli, 8. 
Basilius, xlii, 2. 
Iwanuis, XLiii, 8 ; xliv. 
Gregorius, xi.iv, i4. 
Iwannis, xliv, 17. 

Karua. 
Addai, x%ii, 77. 

Karma et IIaçiççanites. 
Eliseus, xvii, 40. 

KarSéna. 

Iwannis ["-Aiida], xxxiu, i5. 
Athanasius, xxxvi, 6, 
Timotheus, xli, i5. 
Gregorius, xm, 49. 
Pliiloxenus, xli, 56. 
Timotheus, xliu, 34. 

Voir : Goadpai et KarUna. 

Kélat. 
lohannan, xvii, 23. 

Kephar Bbla. 
Daniel, xix, 45. 

Kbi'Har Tab. 

Ignalius, xli, 3o. 
Cyrillus, XLi, 33. 
Philoxeuus, xlui, 10. 

Kephar Tab et Émrsk. 
Basilius, xl, 10. 



Kbphar Touta et Mardé. 

lohannan, xix, 29. 

Voir : Mardé et Kephar 
Toula ; et Mardé, Bes'ayna 
et Kephar Touta. 

Khorasan. 

Constantinus, xviii, 7. 
Voir : Aphrah ; et Hérat. 

KîtiîSA. 

lol.lannan, xvili, 62. 
Gabriel, xvm, 78. 
Voir : Hâmâm et Ktnisa. 

Laodicée. 
Constantinus, xviii, 3o. 

Laqabîn. 

Athanasius, xxxii, 35. 
Basilius, xxxv, 6. 
lohannan, xli, 16. 
Basilius, xlii, 4' 
Iwannis, xliu, 12. 
Dionysius, xliu, 3o ; xliv. 
Timotheus {Constantinus), 

XLIV, 8. 

Ignatius, xliv, 34. 

Voir : Te/la et Lât/abin. 

Ma'ada\ê (éy. des). 

Al.loudemma, xix, 19. 

Voir : Nédjrayê et Ma'^a- 
dayê. 

Mabbouo. 

Sergius, xvui, 8. 
Abraham, xviii. Si. 
Siméon, xix, 69. 
lohannan, xx, 24 
Michel, XXI, ri . 
Tlieodosius, xxiv, rj. 
Jacques, xxv, 24. 
Timotheus, xxx, 12, 
Philoxenus [Matusalah), xxxu, 

17' 
Pliiloxenus, XLt, <). 

Ignalius, XLI, 35. 



lohannan, xli, 54- 
Philoxenus, xliv, 6. 

Mabbol'q et GiSra. 
Philoxenus, xxx, 3o. 

Voir : Mahhoug, et Giira ; 
et Dolik et Mahbuug. 

Maipherqat, 

Athanasius, xv. 
lohaunan, xvu, 8. 
Basilius, xvu, 66, 
Georgius, xvu, 76. 
Timotheus, xvui, 38. 
Abraham, xviu, 47. 
lohannan [Mousiqaya], xvui, 

80. 
Aharon, xix, 12. 
Isaïas, XIX, 39. 
Eliseus, XIX, 67. 
Cyrillus, xx. 12. 
Aharon, xx, 17 
Samuel, xxu, ili. 
Theodorelus, xxu, 37. 
Theodosius, xxiu, 6. 
Julius, xxiv, 20. 
Jacques, xxv, 14. 
Timotheus, xxix, 5. 
Theodosius, xxx, 28. 
Dionysius, xxxi, 37. 
Iwannis, xxxiv, 9. 
Basilius, xxxix, 4. 
Iwannis [Marcus)^ xli, 38. 
Basilius, xli, 52. 
Athanasius, xlu, i. 
Ignatius [Ahou Ghaleb), xliv, 

5. 
Ignatius, xliv, 29. 

Ma'BAS (ou GERMANrCIA). 

Habib, xvni, (5. 
Theodorus, xvui, 3i. 
.\hraham. xviu, 64 
Gabriel, Xvui, 71, 
lohannan, xx, 6; xxui. 
Joseph, xxui, 5. 
Moïse, xxv, 37. 
Constantinus, xxviu, 3. 
Iwannis, xxix, 17. 
Theodosius, xxix, /^â. 



APPENDICE IV 



501 



Gregorius (Lazarus), xxxir, 4- 
Timotheus, xxxiv, lo. 
Philoxenus, xi,, i. 
Timotheus, xli, 28. 
Philoxenus, xLiii, 7. 
Dionysius {Jacques), xlih, 20. 
Basilîus, xLiii, 3'2 ; xliv. 
Ignatius, xi,iv, 4°. 

Mardê ou Mardin. 

Ignatius, xix, 83. 
lohannan, xxii, 32. 
Ignatius, xxiu, 23. 
Iwannis, xxvli, 4- 
Basilius, xxrx, 9. 
Paulus, xxxu, 33. 
Basilius, xxxv, i4. 
Iwannis [Saill), xxxv, ij. 
Ignatius, xxxvii, 3 
Basilius {Bar 'Abbas), xli, 45- 
Ichannan (Joseph), xli, 55. 
ïohsianan(Maudiana), xliv, 42. 
Voir : Reê'ayna et Mardîn. 

Mardê et Kephar Touta. 

Hanania, x. 
Hanania, xvil, 6. 
Ignatius, xvii, 80. 
lohannan, xlx, 29 
Petrus, XXIV, 3r. 

Mardê, ReS'ayna et Kephak 

TotlTA. 

Iwannis, xxx, 6. 

Mardê, Tell BeSmê et RE§'AY^A. 
Gregorius, xxxiii, 24 . 

Mélitèke. 
Voir ci-dessus, p, 494- 

MéLiiÊNE et Claudia. 

Gregorius, xxiv, 2. 

Voir : Mélitène ; et Claudia, 

MOPSUESTE. 
Job, XYU, 27. 



Nédjraïê (év. des). 

Jacques, xxi, 3o, 

Nedjbayê et Ma'adayê. 

Salomon, xix, 53. 
Johannan, xxiv, i3, 

Nédjrayé etTAQLiBiTKs (év. des). 
Theodorus, xxiii, 17. 

NlSIRE. 

Abraham, vu. 
David, xvil, 12. 
Lazarus, xvu, 25. 
Philoxenus, xvu, 32. 
Abraham, xviu, 82. 
Eliseus, XIX, 28. 
Isaac, xxii, 18. 
Abraham, xxiu, 28. 
Job, XXV, 2. 
Joseph, XXVI, 6. 
lohannan, xxlx, 4o. 
Basilius, xxxi, 19. 
Athanasius, xxxm, 2. 
Petrus, xxxlli, 12. 
Iwannis, XLtv. 

OURIM. 
Jacques, xvu, 63. 

Qadïanayê (ou Qahmanayê?) 

Cyriacus, xvu, 11. 
lohannan, xvu, 2i. 
Samuel, xvui, 4°. 

Qalinqala. 

Athanasius, xvu, 22 

Voir : Arménie ; et Grande 
Arménie. 

Qardou. 

lohannan, xvu, 67. 
Elias [Zaqna), xvui, 76. 
Domitius, xvui, 85. 
Habib, xix, 5i. 

Q ARMANAYÊ . 

Voir : Qadmanayé. 



Qarna et Tella d'Arsanias. 

Timotheus, xxxi, 23. 

Voir Qarnah ; et Tella d'Ar- 
sanias. 

Qarnah. 

lohannan, xxv, 48. 
Lucas, xxvi, 5. 
Sergius, xxix, 32. 

QartamIn (év. du couv. de). 

Basilius, xli, 3i . 
loljannan, xLUi, 18; xliv. 

Qastan (?). 

Iwannis, xxv, 8. 
Voir ; Wastan. 

Qèlat et Dara. 
Ignatius, xxxv, i. 

QENNÊâsÉ ou QENSÉSRin. 

Hanania, xvui, 18. 
Thomariqa, xvui, 55. 
Sergius, xix, 36. 
Athanasius, xix, 74. 
Ignatius, xxu, 6. 
Thomas, xxin, ifi. 
Siméon, xxv, 2r. 

Ra'ban. 

Theodosius, xxxiv, i3. 
Mattai, xl, 2. 
Gregorius, xli, 19. 
Basilius {lohannan), xliv, i3. 
Iwannis, xliv, 33. 

Voir : Hadet et Ra'^ban, 

Raqah. 
Voir : Callinice. 

Beçapha. 
Melkizédeq, xvu, 3. 
Siméon, xvu, 58. 
Iwannis, xvui, 25. 
Gabriel, xix, i. 
Dionysius, xix, 42. 
Philoxenus, xix, 65. 
Habib, xxi, 20. 

64 



502 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Petrus, xxu, 28. 
Sergius, xxiii, 18. 
Habîb, XXV, Sg, 
Cosmas, XXIX, 29. 

Rkhabôt. 
Athanasius, xxxiv, 16. 

RrS'ayna (ou Theodosiopolis). 

Theodosius, xiii. 
Arabî, xvii, 48. 
Anastasius, xvlil, 65. 
Theodorus, xix, 62. 
Sergius, xxi, 32. 
Theodosius, xxii, 21. 
Dioscoras, xxiii, 3o. 
Gregorius, xxv, l^. 
lohannan, xxix, i. 
Sergius, xxix, 19. 
lohannan, xxxi, 2i. 

ReS'ayna et Makdin. 
lohannan, xli, 5i. 

Voir : Mardé, Reè'ayna, et 
Kephar Toula ; et Mardé, 
Tell Beèmê et Rei'ayna. 

ReS-Kêpeia. 
Gabriel, xvii, 20. 
Anastasius, xvu, 38. 
Thomas, xvii, 82 
Denha. xviii, 26. 
Mattai, xix, 82. 
Severus, xx, i. 
Anthimus, xxiii, 25. 
Severus, xxv, 26. 

ROUMANAH. 

Philoxenus [Bar Çauma), xliv, 
5o. 

Saizar. 
Siméon, xxxi, i3. 

Salabadin. 
lohannan, xliv, i'\. 

Sahzoul. 
lohannan, xvu, 41. 



Samosatk. 

Daniel, xvii, 33. 
Theodosius, xvii, 54. 
Basilius, xvm, 5. 
Gabriel, xvm, 90. 
Arabî, xix, 2. 

Timotheus, xix, 11; xx; xxi. 
Michel', XX, 7, 
Jacques, xxi, 12. 
Iwannis, xxii, 2. 
Daniel, xxu, 9. 
Timotheus, xxu, 4*5- 
Theodosius, xxiv, 6. 
Dionysius, xxiv, l'\. 
Basilius. xxv, ir. 
Athanasius, xxv, 25 
Elias, XXIX. i3. 
Moïse, XXX, 10. 
Thomas, xxxi, i. 
Abraham, xxxi. 44- 
Athanasius, xxxiii, i4- 
Dioscorus, xxxiu, 20 
Dionysius, xxxiu, 3o. 
Mattai, xxxiv, 8. 
Athanasius, xxxv, i5. 
lohannan, xlui, 3; xi.iv. 
Iwannis [Theodorus], xliv, 7. 

Samosate et Hanazit. 
Severus, xix, 4o. 

Sauosate et Hesn .Mançoiir. 
Timotheus, xt.i, 36 

Saroug. 

Athanasius, xi. 
Damianus, xvii, 3i. 
Siméon, xvm, 9. 



1, Sic ms. et vers. ar. ; mais comme 
Timothée, son ppédéce.sseur, figure rn- 
core au n» xxi, il se pourrait que le 
texte primitif ait porté : w Michel 
d'Arsamosnte » {au lieu de Saoïo- 
sate) ; conjecture d'autant plus vrai- 
semblable qn'il s'est écoulé au moins 
fi.H ans depuis la mort ^le David d'Ar^a- 
mosate (xix, 13) jusqu'à l'ordioation de 
Basile (xxv. 19) entre lesquels ce Mi- 
chel serait à placer. Cf. ci-dessus, p. 496. 



Thomariqa, xviii, 63, 
Isaac, xix, yi. 
Gabriel, xx, t3. 
lohannan, xxi, 21. 
Joseph, xxii, 49. 
lohannan, xxiv, 8. 
Iwannis, xxiv, 17. 
Sergius, xxiv, 28; xxix. 
Cyriacus, xxix, 16. 
Zacharias, xxix, 38. 
Basilius, XXIX, 42. 
Petrus, XXX, 5. 
Sergijus, xxxi, 20. 
Mattai, xxxv, 9. 
Basilius, xli, i3, 
Iwannis, xli, 21. 
Cyrillus, xliii, 6, 

Ségest.an. 

Sergius, xvm, 7g. 
Andréas, xix, 5. 
Samuel, xix, 47- 
Severus, xx, 21. 
Petrus, XXIV, 27. 
lohannan, xxv, 32. 
Basilius, XXIX, 39. 
Mattai, XXXI, 17. 
Thomas, xxxiii, 16. 
Philoxenus. xxxv, 10. 
Aharon, xl, 6. 
Iwannis, xli, 40. 
lohannan, xii, 61. 
Basilius, xliv, 22. 
Stephanus, xliv, 36. 
Voir : Zarang. 

SÉLEUCtB. 

Aharon, xix, 9. 

SiBABÉREK. 

Iwannis, xlu, 8. 
Iwannis, xliv, 10. 

Symnadou. 

Jacques, xxvi, 10, 
Basilius, xxix, 24. 
Elias, XXX, 37 . 
Philoxenus, xxxii, i. 



APPEiNDICE IV 



503 



Ignatius, xxxiv, 5. 
Athanasius. xxxv, 5. 
lohannan, xxxvi, 3; xxxvii. 
Basilius, xli, io, 
Mattai, xi.ii. II. 
Basilius, XLUi, i6. 
Basilius, xliv, 2o. 

Taglibites. 

David. XVII, 29 
'Othman, xvn, 45. 
lohannan, xviii, 35. 
Thomas, xviii, 44- 
3 oseph (Marzouq), xviii, ,59. 
Habib, xviii, 74. 
Georgius. xviu, 97. 
Jacques, xix, 17. 
Bacohus, XIX, 57. 
lohannan. xix, 78. 

Voir : Nédjrayê et Tagli- 
bites. 

Taqhit. 

Voir ci-dessus, p. 495- 

Tadmor (Palmyre). 

Siméon, xvil, 26. 
lohannan, xvui, 12. 

Tarse. 

lohannan Bar "Ebrayta, ix. 
Athanasius, xvu, 18 
Gabriel, xvn, 37. 
Habib, xvu, 70 ; xix. 
Anastasius, xix, 21. 
Lazarus, xix. 76 
Lazarus, xxi, 22. 
Cyrillus, xxii, 22. 
Athanasius, xxii, 36; xxv. 
Athanasius, xxv, 36. 
Jérémie, xxv, 40. 
Paulus, XXX, I. 
Athanasius, xxxi, 4- 
Abraham, xxxi, 32. 
Basilius, xxxiii, 6. 
Timotheus, xli, 20. 
lohannan, xnv, 2. 



Tell BeSmê. 

Methodius, xvu, 74. 
Siméon, xvui, 36. 
Theophilus, xviii, .'S8. 
Daniel, xix, 44' 
Siméon, xxi, 19. 
Severus, xxiii, 4i' 

Voir ; Mardif, Tell Beimê 
et Res'ayna, 

Tell Patriq. 

Dîonysins, xxxi, 4S 
Timotheus. xxxiv, 4 ! '^i-i. 
Tgnatius, xli, 5. 
Iwannis, xli, 12. 
Timotheus. xli, 29. 
Voir ; Resn Patriq. 

Tell* ou Tella de Maijzelat. 

Sergius, 11. 
lohannan, v. 
Anastasius, xvii, i5. 
Mattai, xvn, 3o. 
Dionysius, xvu, 52. 
lohannan, xvu, 73. 
Iwannis, xvui, '|6. 
Basilius, xvui, 93. 
Severus, xix, 3o. 
Dionysius, xxi, 5, 
Mattai, xxi, 26. 
Constantinus, xxui, 26. 
Habib, xxiu, 39. 

Tella u'Arsanfas. 

Dionysius, xxxi, 45. 
Ignatius, xLiii, 19. 
Ignatius (Sar-Çiîama). xliv, 9. 
Voir ; Qarna et Tella d'Ar- 
sanias, et Tella et Laqnbtn 

Tella de Hamdôn. 
Iwannis, xxxvu, i. 

Tella Qastra. 
Philoxenus, xxx, 16. 

Tella et Laqabin. 
Siméon, xxxi, 24. 



lohannan, xxxu, 14. 

Theodosiopolis. 
Voir : Re^'^ayna. 

TlBÉR[ADE. 

Severus, xviu, 54. 
Hanania, xix, 43. 
Gabriel, xxi, 10. 
Jacruea, xxu, 2g. 
Job, XXIV, 10. 
Jacques, xxv, 3. 
lohannan, xxviu, r 
lohannan, xxix, i5. 
Basilius, XXIX, 34. 
Thomis, XXX, 33. 
Marouta, xxxi, 12. 
Timotheus, xxxu, 23. 

TiRÉRiADB et Adjoumiah. 
Isaao, xvu, 72. 

ToDB 'Abdîn. 
Thomas, xvu, 7. 
Sergius, xvu, 44- 
Ezechiel, xvu, 78. 
Nonus, xviu, 89. 
Ezechiel (?). (p. 458, n. 2). 
Ezechiel, xxi, 14. 
lohannan, xxu, 19. 
Samuel, xxui, 20. 
Iwannis, xxiv, 11. 
Habib, xxv, 10. 
Ignatius, xxv, 42. 
Severus, xxviu, 4. 
Iwannis, xxix, 8. 
Joseph, xxx, 22. 
lohannan, xxx, 26. 
Iwannis {Zakai), xxxu, 12. 
Basilius, xxxm, 11. 
Basilius [SainW), xl, 7. 
Gregorius [Lazarus], xl, 8. 
lohannan, xlui, 18. 
Ignatius (Gabriel), xliu, 29; 

XLlV. 

Iwannis {Isaac), xliv, 21. 

Tribus (év. des). 
lohannan, xvu, 9. 



504 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



lohanuan, xxu, 4. 
Âthanasius, xxiv, i5. 

Wastan. 
Timotheus, xxv, i5. 
Iwannis, xxv, 44- 
Voir ; Qastan. 

Zarang. 

Thomas, xviii, i4- 
Voir : Sêgestan. 

ZwamA . 
Domnus, xvni, i5. 



Iwaunis, xlx, 10. 
Joseph, XIX, 24. 
Georgius, xix, 81. 
Basilius, xxi, 25. 
Isaac, xxu, 45. 
Jacques, xxiii, i5. 
Job, XXIV, 23 ; xxviii. 
lohannan, xxx, 19. 
Abraham, xxx, 35. 
Elias, xxxi, 16. 

ZeUOMA et GOUBBIN 

Siméon, xxix, 2G. 



ZOUBATHA OU ZOUPATHA. 

Theophilus, xvii, 85. 
Thomas, xviii, 6r. 
Siméon, xx, 11. 
lohannan, xxii, 7. 
Theophilus. xxu, 23. 
David, xxm, 34. 
Theodosius, xxv, 22 
Stephanus, xxv, 3o, 
Basilius, xxvi, 4. 
lohannan, xxvil, 2. 
Cyriacus, xxix, 35. 
lollannan, xxxiu, i . 



[Abrégé de l'histoire d'Arménie]', 

[770] Nous disposons les noms des Rois et des Pontifes des Arméniens, comme 
ils sont consignés * chez eux dans leurs livres. 

(1)« Ils disent qu'en la première année du roi Abgar, fils d'Arsam, qui est 
l'année 43* d'Auguste César, et l'année 33° d'Hérode, Notfe-Seigneur naquit à 
Bethléem. Quand il fut âgé de trente ans, il fut baptisé, et à l'âge de trente - 
trois ans il souffrit la Passion. 

Quand Abgar connut le mystère de sa Passion ', il envoya près de lui Hanania < 
Apahouni, avec dix autres envoyés. Celui-ci, s'étant rendu à Jérusalem, vit l'un 
<les disciples, nommé Philippe, et il lui exposa le motif de sa venue. Philippe 
le dit à André et tous les deux le dirent à Jésus, ainsi qu'écrit Jean" : « II s'en 
trouva quelques-uns qui montèrent à Jérusalem, et qui disaient : Nous vou- 
lons voir Jésus. Et André et Philippe le dirent à Jésus. Or, Jésus leur répondit : 
l'heure est venue que le Fils de l'homme soit glorifié — appelant « glorifica- 
tion >) la Passion et la Croix qui devait procurer le salut à tous les hommes, — 
et non pas d'aller en Arménie. » Il reçut avec honneur Hanania Apahouni», 
envoyé d' Abgar, et ordonna à l'apôtre Thomas d'écrire une réponse à Abgar, 
lui promettant d'envoyer, après sa résurrection, un de ses disciples qui guéri- 
rait le roi. — Ce mystère avait été vu d'avance par l'œil prophétique de Zacha- 
rie, qui indiqua manifestement l'ambassade et le nombre des dix hommes 
.envoyés par Abgar près de Notre-Seigneur : « En ces jours-là, dix hommes 
s'empareront d'un juif, et lui diront, etc. » ^ 

Abgar vécut encore cinq ans après la Passion de Notre-Seigneur. La durée 
totale de son règne est de trente-huit ans. 



1, Cette compilation parait avoir quelque importance pour le contrôle des anciennes listes royales 
■et patriarcales. Je dois l'identification de la plupart des noms qui y sont contenus à l'obligeance 
et à la sagacité de M. J. Marquart. Le commentaire détaillé de ce document ne saurait trou- 
ver place dans ces notes ; il fera ultérieurement l'objet d'un travail spécial. Il a semblé 
utile de conserver ici aux noms arméniens la physionomie que leur a donnée le traducteur syriaque 
dans sa transcription. — 2. Lire : t^oA*), — 3. Pour faciliter la comparaison entre les différentes 
listes, nous ajoutons ces numéros d'ordre entre parenthèses : ceux des rois en chiffres arabes, et 
ceux des patriarches en chiffres romains; nous imprimons les noms des rois et princes en petites 
capitales, et ceux des patriarches en italique. — 4, Sic. ms. et vers, ar. — 5. Joh., xu, 20-23. — 
6. Vers. ar. : uJooiiaiSs Ji-tti>.. — 7. Zaoh., vni, 23. 

III 65 



506 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

(2). Après Abgar, régna Sanatroug, fils de son oncle maternel'. 

Celui-ci bâtit Nisibe, à côté de l'Euphrate, ville de la Mésopotamie. Après 
son achèvement, il ordonna de fabriquer une statue à sa ressemblance, pour 
être placée sur le mur de la ville, tenant dans sa main un zouza, pour signifier 
qu'un seul zouza lui était resté de la construction de la ville. 

Celui-ci fit mettre à mort l'apôtre Tatios', en un lieu appelé Adra'. 

(3). Après Sanatroug, régna Erband', de sa famille, fils d'une femme Arsa- 
gouni', d'un mariage illégitime. Il régna vingt ans." 

Il fit massacrer les enfants de Sanatroug; carie Seigneurie poussa à venger 
le sang de l'apôtre. — Un homme, appelé Sembad Pakradouni% sauva le plus 
jeune des fils de Sanatroug, nommé Arsoug^, et il s'enfuit près de Tares ', roi 
des Perses. Il lui fit connaître que l'enfant était fils de Sanatroug, que ses frères 
avaient été tués, et qu'il était seul survivant. Et quand le roi des Perses apprit 
cela, il couronna le jeune homme ; et il donna à Sembad soixante-dix mille 
hommes armés et l'envoya contre Erband. Sembad battit celui-ci, le tua, s'em- 
para de la couronne de Sanatroug et la mit (sur la tête) de [son] " fils Arsoug. Et 
ils appelèrent cet endroit Erband-aband '". 

En l'an 10 de cet Erband, Jérusalem fut dévastée par Espisianos. 

(4). Après Erband, régna Arsoug", pendant 40 ans. 

Celui-ci prit pour femme la fille du roi des Alains; et avec elle vinrent les 
saints Soubia et Qinos'*. Le roi lui-même crut et fut baptisé par les saints 
appelés Vosgianès", disciples de Tatios l'apôtre. 

Du temps de celui-ci, parurent'* les saints «herbivores », qu'on appelle 
Bazak'% qui méritèrent la couronne du martyre. 

(5). Après Arsoug, régna Ardabasd'", son fils, 2 ans. 

A ce propos, les Arméniens racontent longuement qu'il fut emmené par les 
géants qu'on appelle Khasîr", dans la montagne appelée Masis, et y fut attaché 
par une chaîne. Il fait des efforts pour se délivrer et dévaster la terre; mais, 
au bruit des coups de marteau des forgerons, ses chaînes se renouvellent 
et il ne peut se délivrer. D'autres racontent de lui qu'en passant sur le pont du 
fleuve Arask '^, il s'embarrassa et tomba, et son corps ne fut pas retrouvé; c'est 
pourquoi ils prétendent qu'il vit encore aujourd'hui. 

1. Sic ms. et vers. ar. ; lire : oiû». ;= « fils de sa sœur », d'après Moïse de Khorène. — 2. Vers, 
ar. : ««olii- (Thaddée). — . 3. Vers. ar. : wmI ; lire ; n»l (Ardaz). — 4. Erouant, — 5. Arsacide. 
— 6. Vers. ar. ; i.jo,n3 pxaao; restituer: taxu». — 7. Moïse de Khor., II, xxxvil : Ardasès. — 
8. Darius. — 9. Ms. et vers. ar. ; « du fils d' Arsoug ». — 10. Sic ms. et vers. ar. — 11. Sic ms. et 
vers. ar. ; plus bas (p. 515) : Ardasès. — 12. Sic vers. ar. ; i«ai.i3o Usaao ; en réalité il faut lire 

au singulier : Soukiasinos. Cf. Jean Catholicos, trad. Saint-Martin, p. 29-30 [Souk'hianoues). 

13. Oueski (n. pr. singulier) chez Jean Catholicos (p. 29). — 14. Lire: a«j».l.l (vers. ar.). 

15. K'ho^hk'h, chez Jean Cath. (p. 30). — 16. Ms. et vers. ar. : Ardasbad. — 17. Sic ms. et vers, 
ar. : ;«At3 ; on s'attendrait à lire : y*l-3, Khasakh; cf. Moïse de Kh., II, lxi. — 18. Araxe. 



APPENDICE V 507 

(6). Après [771] celui-ci régna Tirad', son frère, 17 ans. 

(7). Puis DiKRAN% son autre frère, 45 ans. 

(8). Et après celui-ci, Bagars', son fils, 18 ans; puis il mourut. 

(9). Et après lui, Khosrov*, son fils, 44 ans. — Celui-ci fut tué par Ardasir, 
roi des Perses, 

(10) et Ardasîr, le persan, régna lui-même sur les Arméniens, 26 ans. 

(11). Et après les Perses, régna Tertat% fils de Khosrob, 56 ans. 

(I). Et en l'année 16" de Dertât% qui est l'an 20 de l'empereur Diocletianus% 
et l'an 260 de la Passion de notre Sauveur, saint Grigorios sortit de Birab', et 
évangélisa les Arméniens pendant 30 ans, puis il émigra vers Notre-Seigneur. 

(II). Et après lui Resdakès, son plus jeune fils, sept ans. — Celui-ci bâtit une 
grande église de sainte Sophie», dans le hameau' de Rozan'^Etensuite, il fut tué 
par un prince nommé Arkegabos", parce qu'il le blâmait des méfaits qu'il com- 
mettait. 

(III). Après lui vint le fils aîné de Grigorios, qui s'appelait Bartanès, pendant 
17 ans. Celui-ci aussi fut chassé par une femme nommée « satal dignas digin'^ » , 
qu'il réprimandait. 

(12). Après Dertad, régna Khosrob, son jeune fils, pendant 20 ans. 

Celui-ci bâtit une ville au pied de la montagne appelée Khégam, sur le 
fleuve appelé Azad, et il l'appela en langue persane Tebin, ce qui signifie 
« plâr » '^ 

(IV). Enl'an 16 du règne de ce voi, Ausig^^ , fils de Bartanès, fut ordonné catho- 
licos pour les Arméniens ; il exerça 6 ans. 

(13). Après Khosrob régna Diran, son fils, 15 ans. 

Comme le catholicos le blâmait, il ordonnade frapper le catholicos de verges'* 
flexibles (?) jusqu'à ce qu'il en mourût. En apprenant cela, le vieillard Daniel, 
chorévêque, qui était un des disciples de Grigorios, maudit le roi et tout ce 
qu'il avait. A cause de cela, ce roi maudit fit étrangler Daniel '". 

(V). Et Pharnerseh" , homme pacifique" et humble, fut ordonné catholicos, et 
occupa le siège 4 ans. Il fut aussi tué par le roi. Après cela, le roi des Perses 



1. Diran. — 2. Tigrane, — 3. Vagharsch (Vologèse). — 4. Vers. ar. : oi^aas. — 5. Tiridate. 
-— 6. Même orthographe dans l'arabe; lire ; >aoojU^2^ûB*ï, — 7. Sic ms. et vers. ar. L'auteur 
paraît avoir pris ce mot pour un nom propre. Il faut entendre ! sortit « de la fosse » (arménien : 
virah); comp. Coll. des Bist. de V Arménie (Langlois), t. I, p. 133. — 8. Vers. ar. : USaaocA^ta ; 
l'auteur semble avoir lu : ôtyia (joçîa; mais il faut lire : « dans la province de Dzop (Sophene) ». Cf. 
Etienne Asolik, trad. Dulaurier, p. 98. — 9. Transposer : 't^sj}'- — 10. ylias. — 11, Archélaûs. — 
12. Les mots arméniens, que l'auteur semble avoir pris pour un nom propre, signifient ; « à l'ins- 
tigation de la reine des reines »; cf. Etienne Asolik, p. iOO. — 13. Armén. : plour « colline ». 

— 14. lousig (Hesychius). — 15. De nerfs de bœuf (?). Vers. ar. : ot^H, •^^■f^ mî^.^ i-■»^^. 

— 16. Moïse de Kh., III, xiv]; Cf. Faustus de Brz., III, xlv. — 17. Lire ; ovo>P^. — 18. !»»•). 



508 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEiN 

s'empara de Diran et lui fit crever les yeux; car Dieu le livra aux mains de se& 
ennemis, parce qu'il avait commis l'impiété et tué deux catholicos, et avait 
privé les Arméniens de la lumière* (spirituelle). 
(14). Après Diran, régna Arsag, son fils, 30 ans. 

Celui-ci fit tuer son neveu», Knél, à propos d'une femme nommée Pharan- 
dzem^ 

(VI). En l'an 4 de celui-ci, fut ordonné catholicos des Arméniens [Nersès]' fils 
d'Athanakinê, fils d'Ausig, fils de Bartanès, fils de Grigorios.il occupa le siège 
30 ans. Il maudit le roi Arsag, parce qu'il avait tué son neveu et pris la femme 
de celui-ci. Il maudit tout le peuple des Arméniens, pour qu'il ne surgît plus de 
roi d'entre eux. Il abandonna lui-même le siège et se retira dans le pays des 
Grecs. 

Or, le roi de Perse appela alors Arsag, roi des Arméniens, qui se rendit 
près de lui j il le fit enchaîner et jeter en prison, et là Arsag se suicida", selon la 
prophétie du catholicos Nersès; et le roi de Perse établit en Arménie un 
chef persan nommé Mehroudjan". Alors le catholicos Nersès persuada à l'em- 
pereur des Romains, Theodosius le Grand, de donner des troupes [au fils]' 
d'Arsag, qui était retenu comme otage; et Bab, fils d'Arsag, s'avança et vain- 
quit Mehroudjan '. 

(15). Et Bab régna sept ans. 

A cette époque, Theodosius bâtit une ville en Arménie, par les soins d'Anato- 
lius, général des troupes romaines venues avec Bab. Le nom de la ville est 
Garno-kagak'; mais il l'appela, du nom de l'empereur, Theodosiopolis. 

Or, Bab marchait dans les voies mauvaises de son père, et, pour cela, le catho- 
licos Nersès ne cessait'" de le réprimander; craignant qu'il ne le maudît, comme 
il avait maudit son père, et ne se retirât chez les Grecs, il fit périr le catholicos 
par un poison mortel. Alors Basilius le Grand anathématisa Bab, et statua que 
désormais le siège de Gésarée n'ordonnerait plus de catholicos pour les Armé- 
niens; car jusqu'à cette époque les catholicos des Arméniens étaient institués 
par l'Église de Gésarée. Et la malédiction de S. Basilius transperça Bab comme 
un trait. Anatolius s'empara de lui et le conduisit près de l'empereur Theodo- 
sius, et, sur l'ordre de celui-ci, il fut jeté à la mer, comme le rapporte Mobsès 
Kertogahair, c'est-à-dire « polisseur des mots»". 

(16). Après Bab, régna Baraztan'^ Arsagouni, 10 ans, — Celui-ci régna aussi 

1. Cf. Faustus, III, XX, s. f. — 2. Le iils de son frère. — 3. Cf. Faustus, IV, xv. — 4. Suppléer : 
icciaii. Le nom propre est omis, aussi daus la vers. ar. — 5. Cf. Faustus, V, vu. — 6. Vers, ar.: 
Jnsj^^w». — 7. Suppléer : w;^ , vers. ar. : VxJ*') ^H. — 8. Cf. Moïse de Kh., III, xxxvi; Amm. 
Marcell., 1. XXXVII. — 9. Cf. ci-dessus, t. II, p. 521, n. 8. — 10. .*wl»S| H; vers. ar. : •'joi'. — 
il. Vers. ar. : ;ollS^ 'S»!». Moïse de Khorène; les mots arméniens signifient littéralement : « père- 
des philologues « ou « des grammairiens ». Cf. Moïse de Kh., III, xxxix. — 12. Varaztad. 



APPENDICE V 509 

par l'autorité' de l'empereur Theodosius; car lui-même avait été otage chez 
les Romains. 

(VII). A cette époque, Sahag fut ordonné catholicos des Arméniens, sans le 
consentement du métropolitain de Gésarée; il exerça 6 ans. 

(VIII). Ensuite, son frère Zaben* fut ordonné; il exerça" 6 ans. 

(IX). Et après lui Asipourag', 5 ans. 

(17). Et après Barazdad, [772] régnèrent les deux fils de Bab, Arsag et 
Bagarsag*, 20 ans. 

(18). Et après ceux-ci régna Khosrob Arsagouni, par l'autorité du roi des 
Perses, car les Arméniens s'étaient aussi révoltés contre les Romains. Il régna 
10 ans. 

(X). En la 2» année de celui-ci, fut ordonné catholicos des Arméniens Sahag, 
fils de Nersès le Grand, qui exerça 41 ans. 

(19). Après Khosrob régna Bramsabouh, par l'autorité du roi des Perses, pen- 
dant 22 ans. 

Du temps de celui-ci, les Arméniens purent posséder l'écriture" grâce au 
bienheureux Mesrob*, du pays deTaron', du village de Haségas. 

(20). Après Bramsabouh, régna Ardasès', son fils, 10 ans. 

Et, comme il commettait beaucoup de méfaits, les princes des Arméniens 
s'assemblèrent près du catholicos Sahag, et lui demandèrent de se rendre avec 
eux' près du roi de Perse^ pour faire destituer leur roi et en établir un autre. 

Le catholicos n'y consentit pas, mais il dit'" : « A Dieu ne plaise que je livre 
la brebis" du Christ entre les mains du loup et de l'athée ». A cause de celai 
les princes furent aussi irrités contre le catholicos; ils se rendirent près du 
roi de Perse, qui est Bramsapouh'% et ils accusèrent leur roi et leur catho- 
licos. Le roi s'empara d'Ardasir, le fit enchaîner et l'envoya dans le Khou- 
gaç|an" ; il déposa Sahag du catholicat, et, selon la demande des princes armé- 
niens, ils eurent (pour catholicos) un syrien jacobite nommé Apti'a^'^ (X^») ; 
homme astucieux et méchant. Il gouverna un anet mourut. Après lui vint Swowe^ 
(X**), de la même race'°. Il gouverna 2 ans et mourut. 

(XI). Après ceux-ci, il y eut un arménien, nommé Sourmag^^, qui, conjointe- 
ment avec les princes, avait calomnié le bienheureux Sahag. Celui-là fut aussi 



1. Ij,ûaa3. — 2. Zaven. — 3. Même leçon dans la vers. ar. (Asbourag). — 4. Arsag IV et Vaghar- 
sag n. — 5. Lire : l;SUio ; vers. ar. ; JOovfrs. — 6. Vers. ar. : oot^»o. — 7. Ms. et vers. ar. : Tadon; 
lire : sofl-i, Taron (Daron). — 8. Vers. ar. : ;.»»»l. — 9. ,.oov»i.. — 10. ^^ol. — 11. Je corrige : 
lapi»; mais la vers. ar. a lu comme porte le texte; l=;i-^ « le rejeton, le rameau » l-j^Y Cf. 
Moïse de Kh., III, lxiii. — 12, oia31«»;=. — 13. Khouzistan. — 14. Même orthographe dans la 
vers. ar. ; I^aèoI ('Abdisô'), forme employée par Etienne Asolik, au lieu de Brikisô' {M.a»»3p), vrai 
nom de ce patriarche. — 15, Ils sont regardés^comme illégitimes. — 16. Jean Catholicos (p. 48) 
place Sourmag avant les deux syriens; l'auteur suit ici Etienne Asolik (cf. trad. Dulaurier, p. 109). 



510 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

institué catholicospar l'autorité du roi de Perse, et il mourut après avoir gou- 
verné sept ans, — Sahag mourut lui-même dans le pays de Taron, dans le village 
d'Asdisa[d]», et le roi Khosrob' mourut aussi. 

(21). Après ceux-ci, les Arméniens mirent à leur tète un homme nommé Sba- 
rabed'; en qualité de préfet*, son nom était Barta.n% de la famille appelée 
Mamigon[i], petit-fils de saint Sahag. 

Tantôt les Arméniens étaient soumis aux Perses, tantôt ils se révoltaient 
contre les Perses, comme ils s'étaient jadis révoltés maintes fois contre les 
Romains, ainsi que le rapporte» l'histoire du docteur Elisée \ 

Ce Bartan maintint les princes arméniens dans l'amour de la concorda 
pendant 30 ans. Il mourut pour l'Eglise, tué par les armées des Perses. 

(XII). Pendant la préfecture de Bartan, fut ordonné comme catholicos pour 
les Arméniens, un homme appelé louseph, un des disciples du célèbre Mesrob. 
11 fut catholicos pendant 8 ans. 

(XIll). Après lui vintiT^fi*, pendant 10 ans. 

Du temps de celui-ci, il y avait comme docteurs, parmi les Arméniens, 
Mobsès Kertogahair', et Mambrê Be[r]zanog"', son frère; Tabit" le philosophe. 

(XIV). Après celui-ci vint Ohan "Man[da]gouni", pendant 6 ans. 

Celui-ci établit beaucoup de constitutions dans l'Église des Arméniens, 
savoir : les récitations de la nuit et du jour; les rites du baptême, de l'ordina- 
tion des évêques, prêtres et diacres, de la consécration de l'église, et de la pré- 
paration à la. messe. 

De son temps eut lieu le synode de Chalcédoine, auquel il n'acquiesça pas. 

(XV). Après celui-ci vint Papken, 6 ans. 

(22). Et après Bartan le préfet, vint Mankanos '*, son fils, pendant 20 ans. 

(23). Après celui-ci, Bahan", son fils, 15 ans. 

(24). Après lui, BART'^ son frère, 12 ans. 

(25). Après lui, Mégég Knouni ", 30 ans. 

En l'année 10 de ce dernier, qui est l'an 310 des Grecs [à partir de] l'an 7 de 

1. Même orthographe dans la vers. ar. — 2. Ms. et vers. ar. : Mesrob. — 3. L'auteur semble 
prendre ce titre pour un nom propre. La ponctuation que nous adoptons paraît indiquée par la 
phrase syriaque; mais il est plus naturel de lire : « mirent à leur tête, avec le titre de Sbarahed 
(connétable, généralissime), en qualité de préfet, un homme... » Cf. Etienne Asolik, trad. Dulau- 
rier, p. 111. — 4. Littér. : «juge »; vers. ar. : '«.U». — 5. Vartan. — 6. Uv», — 7. Hist. de Vartan 
(^Coll. des Hist, de l'Arm., II, 183 et suiv.). — 8. La vocalisation est donnée dans le ms. ; arménien : 
Kiitd. — 9. Restituer : ;.(«l,5j^tp; cf. ci-dessus, p. 508, n. 11. Le ms. porte ici : « Mobses bar (fils 
de) Togahair », leçon qui se trouve aussi dans la vers. ar. : f'wlxs^t ,^1. — 10. Lire : >.^)i;3 ; le 
mot arm. correspond au grec âvayvtidx-Yiç. — 11. Vers. ar. : ^^\L (David). — 12. Jean. — 13. Resti- 
tuer: uj(v^,iîo. — 14. Sic ms. et vers. ar. ; armén. : Manknos. — 15. Vahan. — 16. L'arabe a 
traduit « la fille de son frère » («a3| û>i=); armén, : Vart. — 17. Lire : <aioi1^1s^1m (vers, ar.) ; arm. : 
Mezez Knuni. 



APPENDICE V 511 

Philippe César S l'an 14 de Justinianus, qui bâtit la grande église de Sainte - 
Sophie, et l'an 258 de Grégoire, l'illuminateur des Arméniens, fut établi le 
comput des Arméniens'''. 

(XVI). Ensuite Samuel' devint catholicos, 10 ans. 

(XVII). Et après lui^ Mousê*, 8 ans. 

(XVIII). Et après lui, Sahag, 5 ans. 

(XIX). Et après lui, Kristophor, le philosophe, 6 ans. 

(XX). Et après lui, Lebon ', 3 ans. 

(XXI). Et après lui, Nersès, 9 ans. 

Celui-ci, la 4» année de son pontificat, tint un concile dans lé lieu appelé 
Tebin*. Les chefs de ce synode étaient Petr[us]' de Siounik', Nersabouh' de 
Daron '", Aptisô " de Sanasoun. 

En ce temps, les Syriens tinrent aussi un synode en Mésopotamie, et ils 
envoyèrent en leur nom sept hommes notables au synode des Arméniens avec 
des lettres qui exposaient le symbole de la foi orthodoxe, et (faisant connaître) 
qu'ils disaient dans le trisagion " « qui as été crucifié pour nous ». Et quand les 
Arméniens virent cela, ils firent l'union avec les Syriens, et furent unis" par la 
foi. Les noms des hommes envoyés par les Syriens sont : Aharon, archiman- 
drite'*; Tabit, archimandrite"; Mardayahb, sapouris (?) ; Agop '^ prêtre de 
Sareba", Tabit, prêtre ; Sarkis", prêtre. Ils envoyèrent f'^^'^] aussi avec eux le 
saint élude Dieu, 'Abdis", afin qu'ils l'ordonnassent prêtre, pour la charité^"; et 
le chef du synode, Mar Nersès, l'ordonna, et ils le renvoyèrent avec honneur et 
avec des présents, porteur du symbole de la foi exposé dans une lettre. Quand 
les Syriens virent ces choses, ils se réjouirent et, d'un commun accord, ils ana- 
thématisèrent le Synode de Ghalcédoine et le Tome de Léon. 

Après Mégéga Knouni", Gabad" fils de Béroz*% domina sur les Perses. 



1. L*an 304 des Grecs à partir de l'an 7 de l'empereur Philippe et l'an 252 de S. Grégoire, 
selon Etienne Asolik (trad. Dulaurier, p. 115). Cf. t. I, p. 192. — 2. Cf. Dulaurier, Recherches sur 
la chronol. armén. (Paris, 1859). Le point de départ de l'ère armén. est fixé au 11 juillet 552. — 
3. Vers. ar. : ^^a»!.. — 4. Vers. ar. : uxoiio. — 5. Armén. : Levond (Léon). — 6. Vers. ar. : ^aU. 
C'est dans ce synode de Tevin, que fut fixé le comput mentionné plus haut. — 7. Vers. ar. : "^hÔ'S ; 
(correctement). — 8. Lire ; ûa.ja.i!tt*l (?). — 9, Lire r-oioakilj (vers, ar,, correct.). — 10. Vers. ar. 
ojIsI;»!. Lire : ai3|j_K.|; arm. : Daravnoi . — 11. Vers. ar. : a»«IS3t ; lire : o«.ûv3| (ou û»^&3|). — 
12. Littér. : « après la sanctification de Dieu ». — 13. Littér, : « furent un dans la foi ». — 14. Litt. : 
« prêtre du couvent i>. — 15. Les deux noms paraissent défigurés. (Même orthographe dans la 
vers, arabe.) — 16. Jacques. — 17. Le mot syriaque traduit probablement l'arménien : erets sare- 
pouni. — 18. Vers, ar, : lai.^;^». — 19. Vers. ar. : ««««fal (syr. : 'Abdisâ'). — 20. En signe de 
mutuelle communion, — 21, C'est-à-dire après l'époque où Mezez Knouni gouvernait en Arménie. 
— 22, Cawad. — 23, Ainsi d'après la vers, ar, : (lil-s <=l >=J«^) ; qui suppose la leçon ''!•= »=, au lieu 
de èarbaraz que porte notre ms. 



512 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

(26). Et à cette époque ', il envoya comme « marzban », c'est-à-dire « duc » des 
Perses sur les Arméniens, un homme nommé Artensabouh', qui les obligeait 
à adorer le feu; et ceux qui n'y consentaient pas étaient mis à mort. Il gouverna 
8 ans. 
(27). Après lui, Baraztad% pareillement persan, 7 ans. 
Or, Gabad, roi des Perses, mourut, et son fils, Khosrob, régna. 
(28). Ce dernier envoya aussi un homme nommé Souren, pareillement per- 
san, son parent; il gouverna 7 ans. 

Cet homme très impie [outrageait les femmes des princes arméniens en pré- 
sence de leurs maris. C'est pourquoi l'Arménien Bartan petésk', se souleva]^ 
tua le Persan, et s'enfuit près de Justinus, empereur des Grecs, qui le reçut 
avec honneur. Et comme à cette époque on bâtissait « Aghia Sophia », l'empe- 
reur désigna une de ses portes sous le nom des Arméniens, et jusqu'à ce jour 
on l'appelle «Porte des Arméniens ». 

(29). Alors les Perses choisirent parmi les Arméniens Dabit' Sa[ha]rouin, et 
l'établirent prince des Arméniens. 

Et en l'an 12 de ce prince, sortit Mohammed fils de 'Abdallah, et fut le 
commencement de l'empire des Arabes, en l'an 72 de la chronologie des 
Arméniens. Ce Tabit' vécut 30 années dans le principat des Arméniens. 
(30). Après celui-ci, Theodoros Resdouni^,13 ans. 

(XXII). A cette époque 'Ohannès" fut ordonné catholicos; il gouverna 27 ans. 
(XXIII). Après celui-ci, Mouéê, 30 ans. 
(XXIV). Après celui-ci, Abraham" ^ 23 ans. 

Du temps de celui-ci, Qioron'", catholicos des Ibères", accepta le Synode de 
Chalcédoine, et le fit proclamer; et les Ibères se séparèrent des Arméniens. 

A cette époque, les Grecs furent vaincus par les Perses, et les villes de Gar- 
noi-kagak" et Gédrasi" furent prises. 

(XXV). Alors 'OAan'* fut ordonné catholicos; mais on ne le compte pas dans 
la série, parce qu'il tourna à l'hérésie des Ghalcédoniens et fut déposé '\ 

(XXVI). Après celui-ci vint Gomidas, 8 ans. Celui-ci bâtit la maison de repos'" 
des martyres Hripsimè, et restaura celle qu'avait édifiée Grigorios. 



1. La Chronologie de l'auteur est fort confuse et souvent fautive — 2. Vers. ar. : oio=ov»jU>I. 
armén. : Tenàabuh). — 3. Vers. ar. : »Ui;3 ; lire : y\Ltj[s, (arm. : Varaztad). — 4. Armén. ptSa&kh, 
commandant militaire. — 5. Les mots placés entre crochets sont omis dans la vers. ar. — 
6. Sic ms. et vers. ar. — 7. Le ms. porte : >U3 ,^i (vers. ar. : «jI-s ,«j.i) au lieu de ujo.»»». — 8. Vers,-, 
ar. : lavuwol. — 9. Vers. ar. : xJuoilia), — 10. Arm. : Kiurion ou Kiuriun. — 11. Vers, ar, : ylUU). 
— 12, Lire : yW^ ""'Us» (vers. ar. : yl,j5^Vaaj»t^ ). — 13. Vers. ar. : «^»|»k^. Armén. : Ctrig. — 
14. Même orthographe dans la vers. ar. — 15. Il est néanmoins compris dans les listes, ci-des- 
sous, p. 517, 518, où il a son numéro d'ordre. — 16. L'église bâtie sur leur tombeau. 



APPENDICE V 513 

(XXVII). Après celui-ci vint Kristophor, 3 ans ; il fut déposé parce qu'il exci- 
tait du trouble parmi les princes. 

(XXVIII). Après celui-ci, Ezr^, 10 ans. 

Du temps de celui-ci, en l'an 100 du comput des Arméniens, la domination 
des Perses prit fin en Arménie, et les Arabes régnèrent sur l'Arménie et [le 
pays]' des Ibères, par 'Omar fils de Mo^iammed'. 

(XXIX). Après lui, Nersès, 20 ans. 

Celui-ci bâtit la grande église de Grigprios, dans la ville de Taédi*, et il 
invita à sa consécration Constantius, empereur des Grecs, petit-fils d'Héra- 
clius. Mais, y étant venu, l'empereur ne traita point avec honneur les princes 
des Arméniens, selon leur attente. Après qu'il fut parti, les princes déposèrent 
le catholicos Nersès « pour avoir introduit un chalcédonien dans l'église et 
l'avoir souillée ». Nersès maudit les princes des Arméniens, et s'enfuit dans le 
pays des Romains, où il mourut. 

(XXX). Après celui-ci v\n\.Anastas, 6 ans. — Au temps de celui-ci, (vivaient) 
Anania' Siragasi, le docteur, qui fit un calendrier" aux Arméniens, car jusqu'à 
son époque, ils se servaient de celui des Grecs; et aussi Philon Diragasi, qui 
traduisit le livre de Socrate de la langue grecque en arménienne. 

(XXXI). Après lui, 'Ail\ 10 ans. 

(XXXII). Et après lui, Sahag, 27 ans. — Celui-ci mourut à IJarran. 

(XXXIII). Et après celui-ci, 'Élia, 13 ans. 

(XXXIV). Et après celui-ci, 'OAawnès, 11 ans. — Celui-ci tint un synode à 
Man[az]gerd'. 

Les princes qui existèrent après Theodoros' Resdouni'", sont : 

(31). Hamazazp, gurabagad", Mamigon[iJ; il gouverna sous l'autorité des 
Arabes, 26 ans. 

(32). Après celui-ci, Krikor, badrig'% 20 ans. 

(33), Après celui-ci, Asod, Pakradouni, 17 ans. 

(34). Après celui-ci, Narsès, Gamsaragan, 20 ans. 

(35). Après celui-ci, Sembad, Pakradouni, 20 ans. 

(36). Après celui-ci, Asod, Pakradouni, fils de Basag", 18 ans. 

(37). Après celui-ci, Sembad, son fils, 12 ans. 

Les pontifes qui existèrent après Ohannès** le Philosophe, sont : 

1. Ms. et vers. ar. : Azad. — 2. .Sic vers, arabe. — 3. « 'Omar le second après Mahomet » (Et. 
As., p. 127). — 4. Valarsapat, — 5, Vers. ar. : wtil. — 6. chronicon- vers. ar. : i^oi^^as (xûxXoc?). 
— 7. Même orthographe dans la vers. ar. (Israël ou Elias). — 8. Même orthographe dans la 
vers, ar.; lire : »;»^^5o. — 9, Lire : >«oo»o»oU (vers, ar.) ms, : Theodosios . — 10. Ici correcte- 
ment; cf. p. 512, n, 6. — 11. Transcription da titre curopalate. — 12. Lire : "^'p {palrice) ; le ms. 
portait sans doute v^'P ; la vers. ar. a traduit : i.^» v* « fils de Rig ». — 13. Vasag. — 14. Même 
orthographe dans la vers. ar. • lire: >£ai>ate'. 

III 66 



514 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

(XXXV). Tablt, 13 ans. 

(XXXVI). Dertad, 23 ans. 

(XXXVH). Un autre Dertad, [3]' ans. 

(XXXVI II). 5io«, Sans. 

(XXXIX). Esaya, 13 ans. 

(XL). Sdéphanos, 2 ans. 

(XLI). Keork\ 3 ans. 

[Xhll). loseph, 10 ans. 

(XLIII). 'Ohap\Q mois. 

(XLIV). Selimon. 2 ans. 

(XLV). David, 25 ans. 

(XL VI) 'Obhannès\ 22 ans. — Du temps de celui-ci, Mamounig' vint [774] 
comme émir en Arménie, en l'an 4* du comput des Arméniens. 

(XLVII). Zakaria, homme aimable, 22 ans. 

(XLVIII). Keork, 21 ans. 

(XLIX). Maédoz, homme adonné à l'ascétisme depuis son enfance, qui vécut 
seulement 8 mois dans le catholicat. 

(L). 'Obannès\ 29 ans. 

De son temps régna en Arménie, un Arménien, Sembad fils d'Asod'. 

(38). Ensuite régna son fils, AâOD, qui est surnommé Msager, c'est-à-dire « Car- 
nivore », pendant 25 ans. 

Celui-ci acheta à prix d'argent le lieu appelé Arsarounis', de la famille de 
Gamsaraganas'", et y transporta la capitale. 

(39). Après lui régna Sembad, son fils, qui est surnommé Ablabas ", 30 ans. 

Celui-ci, dans son enfance, avait été comme otage à Ôamarin", du temps de 
[Haroun al-Rasid]", et après avoir été relâché, il vint régner en Arménie. 

(40). Après lui, son fils Asod, 40 ans ; par l'autorité de 'Isa bar Hasak", et du 
consentement de Basilius, empereur des Grecs, 



1. Ainsi d'après les auteurs arméniens ; le chiffre est omis dans le ms. et dans la vers. ar. — 
2. Vers. ar. : yio-a. — 3. Arm. : {H)ovap (Joab). — 4. Même orthographe dans la vers. ar. — 

5. Ms. et vers. ar. : Mamouig ; restituer : .^a»»o. (Étiknnb As., p. 134). 11 s'agit de al-Hasan ben 
'Ali al-Badgisi, al-Mamûnt ; cf. J. Marquart, Osteuropàische und ostasiat, Streifziige, p. 460. — 

6. Sic ms. et vers. ar. (erreur évidente). — 7. Vers. ar. : >«»aitaot. — 8. Cf. ci-dessus, n* 37. Il 
y a ici de nouveau confusion dans la chronologie des princes et des patriarches. — 9. Ms. et vers, 
ar. : Ariagounis. — 10. De même dans la vers. ar. ; ici , comme dans beaucoup d'autres noms 
propres cités plus haut, le syriaque a conservé les désinences de la déclinaison arménienne. — 
11. Arm. : Ablapas. — 12. La vers. ar. a bien compris : oi^Jolai^U « à Samara ». — 13. La trans- 
cription du ms. (la même dans la vers, ar.) est ici presque inintelligible'. « du temps de Daèdîn et 

c 

Hamara ». Lire ; ^Jo^lo1o f»*U; Cf. Et, As., p. 134. — 14. Vers. ar. : yU- ^ «««ft^ {'^^ O L*~i*)' 



APPENDICE V 515 

(41). Et après celui-ci, Sembad, son fils, en l'an 339 du comput des Armé- 
niens; par l'intermédiaire de l'émir Ahmed, (fils)' de 'Isa, fils de Hasak, sous 
l'autorité de Léon, empereur des Grecs. Il vécut dans la royauté pendant 
22 ans. 

Du temps de ce Sembad et de son père Asod, la contrée des Arméniens 
demeurait en paix. — En l'an 22 de celui-ci', qui est l'an 360 'du comput des Armé- 
niens, l'émir louseph, fils de Bousig', arabe, vint en Arménie avec de nom- 
breuses troupes. Avec lui se mirent d'accord, Ad[r]onerseh', empereur des 
Grecs, et Kakig', prince du Basbouragan, et Asod, fils de Sabouh, et il assiégea 
Sembad, dans l'endroit appelé Gabvid. S'étant emparé de l'endroit, il fit cru- 
cifier Sembad, ravagea et dépeupla l'Arménie, et la malédiction adressée par le 
prophète aux enfants d'Israël s'accomplit aussi sur les Arméniens. 

Nous avons trouvé ces choses dans un écrit arménien qui traite de leur his- 
toire, depuis l'époque de la naissance selon la chair de notre Sauveur, jusqu'à 
Tannée 360 de la chronologie des Arméniens, en laquelle Sembad fut tué et les 
Arabes régnèrent : ce qui fait 910 ans'. — A partir de cette époque, ils n'eurent 
jamais plus de roi. 



Noms des rois des Arméniens, el nombre des années de chacun d'eux". 

V. Abgar, 38 ans. 10. Les Perses", 26 ans, 

2. Sanadroug, 30 ans. 11. Pokr Khosrob", 20 ans '*. 

3. Erband, 20 ans. 12. Dertad, 56 ans. 

4. Ardaâès"',40 ans. 13. Diran, 15 ans. 

5. Artabast, 2 ans. 14. Arsag, 30 ans. 

6. Diran, 17 ans. 15. Bab ", un an. 

7. Dikran", 45 ans. 16. Barastad, 10 ans. 

8. Bagars, 18 ans. 17. Arsag (et) Bagarsag, 20 ans, 

9. Khosrov, 44 ans. 18. Khosrob, 10 ans. 



1. Suppléer : oi;=, et intervertir ainsi les noms ; ms. « Ahmed fils de Haèak » — 2. Sembad. — 
3. Ms. et vers. ar. : S68. — 4. Sic ms. et vers. ar. ; lire : Aboustg, Abou-Sâdj, (_LJ| ^^| J tjuiji). 
— 5. Vers. ar. : o>JoP»ol. Il faut supposer une lacune dans le texte, ou lire : roi « des Ibères », au 
lieu des « Grecs ». Cf. Jhan Cathoucos, trad. Saint-Martin, p, 197. — 6. -v;^. — 7. D'après 
Samuel, d'Ani, l'an 22 du Sempad, 360 des Armén., répond à l'an 26 de l'empereur Léon VI. 

8. Nous transcrivons la liste et les chiffres du ms. Ces chiffres ne concordent pas toujours avec 
ceui qui ont été donnés plus haut; mais les divergences proviennent de la confusion de plusieurs 
lettres numérales. — 9. Les n»« d'ordre sont dans le ms. — 10. Ci-dessus Arioug. : — 11. Ms. el 
vers. ar. : Dibran. — 12. Barsigs. — 13. C.-à-d. : Khosrov le Petit ; successeur de Tiridate (Der- 
tad) ; l'ordre des n" 11 et 12 est interverti. — 14. Sic vers. ar. ; ms. : 7 ans. — 15. ^\^. 



516 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



19. Bramsabouh, 22 ans. 

20. Ardasès^ 10 ans. 

Quand les rois cessèrent, ils eurent 
des gouverneurs, savoir : 

21. Bartan, 30 ans. 
J22. Manknos, 20 ans. 

23. Bahan, 15 ans. 

24. Bart, U ans. 

25. Mégég Knouni, 30 ans. 

Ici cessèrent* également les princes 
arméniens, et leurs gouverneurs furent 
des chefs persans, qui étaient appelés 
marzbans, c'est-à-dire quelque chose 
comme « douqasê' )) : 

26. Artensabouh, 8 ans. 

27. Barazbad, un an. 

28. Sourên, un an. 

Alors existèrent de nouveau des 
princes arméniens : 

29. Tabit S^harouni, 30 ans. 

30. Theodoros Resdouni, 24 ans». 



31. Hamazazp, gurabagad, 25 ans. 

32. Krikor, badrig, 20 ans. 

33. Asod Pakradouni, 17 ans. 

34. Nersès Gamsaragan, 20 ans. 

35. Sembad Pakradouni, 20 ans. 

36. Asod Pakradouni, 18 ans. 

37. Sembad, son Sis, 12 ans. 

Alors existèrent ai nouveau des rois, 
arméniens d'origine : 

38. Asod msager, 20 ans. 

39. Sembad Aplapas, 30 ans. 

40. Asod, son fils, 40 ans. 

41. Sembad, son fils, 22 ans. 

Celui-ci ayant été tué, il n'y eut plus 
en Arménie ni roi ni gouverneur 
pris parmi les Arméniens; mais les 
rois des Arabes et les émirs régnèrent 
sur eux dans toute la Grande-Arménie. 
Et après' cette époque, quand les Turcs 
firent invasion, des émirs turcs s'éta- 
blirent et régnèrent en Arménie, jus- 
qu'à ce jour. 



[Extrait de l'histoire des catholicos des Arméniens]^. 

[XV. Papken, 6 ans]'. — Du temps de celui-ci, les Grecs et tout l'empire des 

Arméniens et du Beit [Parsayê]^ s'assemblèrent en commun et réprouvèrent le Con- 
cile de Ghalcédoine, du temps de Zenon et d'Anastasius, empereurs des Romains. 

XVP. Semouelde Peznoun», du village d'Arzouhê '", 10 ans. 

XVII. Mar Mousê, du village d'Alapériz, 5 ans. 

XVIII. Mar Ishaq, du village d'Egékigé ", 5 ans. 

XIX. Mar Kristophor, [du canton]" de Pakraban^, 6 ans. 



l.Lire : cis^. _ 2. duces. — 3. Vers. ar. : 27 ans. — 4. ^» i^^o. 

5. Le début mimque ; voir la clausule, ci-dessous, p. 517, 1. 22-23. — 6. D'après les autres 
notices. — 7. Restituer : l^^i^â ^.a, de préférence à ^ïtyvi ^.=. — 8. Ces numéros d'ordre sont 
dans le texte. — 9. Lire : .^Û^ ; ms. et vers. ar. : Peziun, — 10. Arzghê. — 11. Lire : ^-^l.».! ; 
m«. et vers. ar. : agahig, — 12. Vers. ar. : w-.» .». 



APPENDICE V 517 

XX. Mar Léon', du village d'Aresd-le-petit», 3 ans. 

XXI. Mar Nersès, du village deMegdala, 7 ans'. 

XXII. Mar 'Ohannès*, du village de [Slnjsegban^, 17 ans. 

XXIII. Mousès*, du village d'Elebart', 30 ans. — Et en la 3'' année' de son pon- 
tificat, sur son ordre, fut composée la chronologie' de Torgonia, à la manière des 
calendriers, d'après les Arméniens, du temps de Mégég Knoun[i]"'. 

XXIV. Abraham Eregdouni", du village d'Agab", 23 ans. — Du temps de celui- 
ci, les associations" (?) cessèrent et disparurent de l'empire des Arméniens; et ils 
adoptèrent les usages des Romains, pour recevoir le synode de Chalcédoine. Le 
catholicos des Ibères était Qiourion ", qui causa lui-môme la division. 

XXV. Mar 'Ohan", de Goqobita", 26 ans. — Moriq" César établit ainsi ce 'Oha- 
nès'' catholicos en Arménie du temps du catholicos Abraham, et il assigna une rési- 
dence pastorale à 'Ohanès, à Qodas", dans le village de I-aban^". 

XXVI. Mar Gomidas", du village d'Agsi[s", quirebâlit]^M'églîsedesHropsimê,8ans. 

XXVII. Mar Kristophoros, de la famille noble de Mar Abraham, 3 ans. 

XXVIII. Mar Ezr, (du canton) de Neg", du village de Paraznagerd, qui fut élevé 
dans la résidence du catholicos, pendant 9 ans. — Celui-ci traita avec l'empereur 
des Romains, et fit unanimement^^ recevoir le synode de Chalcédoine par tous les 
évêques d'Arménie. 

XXIX. Mar Nersès 

Et il y avait bien encore d'autres choses qui appartenaient à ce chapitre; mais je 
n'ai pu les écrire, parce qu elles étaient déchirées en tête et à la fin. 

[Noms des Patriarches et durée de leur pontificat], 

[770]. Après Bartolomai et Addai, les ii. Restakès, un an. 

évangélisateurs : m. Bartanès, son fils, 17 ans. 

i". Krikor, 30 ans. iv. Ausig, 6 ans. 



1 . Sic. Dans la présente liste plusieurs des noms propres revêtent la forme syriaque. — 2. Armén. : 
Pokr Aresd. — 3. 'Sic ms. et vers. ar. — 'i. Vers, ar., correctement : uuuwol. — 5, Lire : ^la^ai^. 
Armén. : Snçeghvan. — 6. Lire : imaoo»; ms. et vers. ar. ; Qlusuq. — 7. Transposer : liU>HI. — 
8. Ms. et vers, arabe : .^m ; lire '-^c — 9. Cf. Jeam Cathol., Hist., trad. Saint-Martin, p. 55. 

— 10. s^ '-5s^^■«s}»• — 11. Transposer : ••Jo^^i'. — 12. Vers. àr. : '31^; lire : '-=ls4; armén. : Agpa- 
tani. — 13. Vers. : ar. 1. 1û3| î-sàSs.. — 14, Ms. et vers. : Qouzion; lire : s?-'»'^''. ^ 15. Vers. ar. : ^wol. 

— 16. Ar. : l^MiJOs^ ; lire : (^aaoa.^ , — 17. Ms. et vers. ar. : Mar César; lire : a»*;..» (Mau- 
ricius). — 18. Vers. ar. : imuwol. — 19. Ar. : .=ol»aû3 (armén. : Godais). — 20. Armén.; Y-avan. 

— 21. Lire: ^If.»©^ ; ms. et vers. ar. : Gomrados. — 22. Armén. : Jghçiç. — 23. Lacune de 
quelques mots; même leçon dans la vers. ar. ; cf. ci-dessus, p, 512. — 24. Ms. et vers. ar. : 
Ezraineg. — 25, Peut-être faut-il lire : £!>iUo» « misérablement )> (?). 

26. Ces n"' d'ordre ne sont pas dans le texte; nous les ajoutons pour faciliter la comparaison. 



518 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



V. Parnerseh', 10 ans. 

VI. Nersès, 34 ans', 
vu. Sahag, 5 ans*, 
vin. Zaben, 6 ans. 

IX, Aspouragès, [5]' ans. 

x. Sahag Balhab, 5 ans'. 

xt. Sourmag, un' an. 
xu. louseph, 8 ans. 

XIII. Kît, 10 ans. 

XIV. 'Ohan° Mandagouni, 6 ans. 

XV. Papken', 6 ans. 

XVI. Samuel, 10 ans. 

XVII. Mousê, 8 ans. 

XVIII. Sahag, 5 ans. 

XIX. Krist[o]phor', 6 ans. 
XX. Lebon, 3 ans. 
XXI. Nersès, 9 ans. 



XXII. 'Ohannès, 17 ans. 

xxiii. Mobsès', 30 ans. 

XXIV. Apraham, 23 ans. 

XXV. 'Ohan, 26 ans. 

XXVI. Gomidas, 8 ans. 
xxvii. Kristophor, 3 ans. 

xxviii. Ezr '", 10 ans. 

XXIX. Nersès", 20 ans. 

XXX. Anastas, 6 ans. 

XXXI. Israïl", 10 ans. 
XXXII. Sahag, 27 ans. 
xxxni. 'Egia, 13 ans. 

xxxiv. lohannès" imastasêr", 11 ans. 

XXXV. Tablt, 13 ans. 

xxxvi. Dertad, 23 ans ". 
xxxviii. Sion, 8 ans. 



[778] Jacques d'Edesse^^ montre que neuf rois s'élevèrent du peuple des Arméniens , 
avant le commencement du dernier empire des Perses, c'est-à-dire avant l'époque 
de la venue de Notre-Seigneur ; ce sont ceux-ci" : 

Khosrov, Tertat, Kosrov, Tîrân, Aéaq, Bab", avec 'Orast", Asaq et Balasaq". Et 
ceux-ci prolongèrent leur durée jusqu'à l'époque des rois chrétiens. Et quand les 
Arméniens crurent dans le Christ, leurs rois étaient portés à s'unir avec les empe- 
reurs fidèles. Alors les rois perses s'élevèrent et prévalurent contre eux, au point 
qu'ils ne permettaient pas même que des soldats s'élevassent parmi eux. 

Voilà ce que dit le docteur Mar Jacques. Mais les Arméniens disent, eux, à pro- 
pos de Asâq ou Asâg, roi sorti d'entre eux : 



1. Le nom est défiguré dans les transcriptions ; vers. ar. : ot-fiajS^, — 2. Vers. ar. : 37 ans. — 
3. Vers. ar. : 6 ans. — 4. Chiffre omis dans le ms. et la vers. ar. ; cf. p. 509, 1. 6. — 5. Sic ms. 
et vers ar. — 6. Vers, ar. : vjwol. — 7. Vers. ar. : sja3V3 ; lire : 4^913. — 8, Même orthographe 
dans la vers. ar. — 9. -Sic ms. et vers. ar. — 10. Vers, ar, ilil. — 11. >m«p (vers, ar.) : ms. : Nsrq. 
— 12. Ms. et vers, ar. : Anatl ; (Israël ou Elias). — 13. Même orthographe dans la vers. ar. — 
14. Vers. ar. : ;<»1j1mI ; on s'attendrait à lire : ;»fio|,«olM| (le Philosophe). — 15. Le ms. et la vers, 
ar. omettent ici le second Dertad (n" xxxvii da la première liste; p. 514), 

16. Cf. t. I, p. 119 ; et Jacob. Edess,, Chronicon, éd. Brooks (^Corpus Script. Christ. Or.; Script, 
syrijser. III, t. IV, p. 211, 258, trad.). — 17, Cf. les listes données plus haut, a" 9-17, — 
18. Vers, ar., correctement : o^s | ms. : Pdq, — 19. Sic ms. et vers. ar. ; lire : ig^gj»|»ol (Varaz- 
tad). — 20. Vagharsag. 



APPENDICE V 519 

Cet Asâg' tua le roi Antiochus et régna sur la Syrie et sur Jérusalem, sur toute 
la Palestine, sur Atôr et Babylone. Il remplit l'Océan de navires, passa en Occident, 
dévasta les pays d'Italie et régna sur Rome; et il érigea deux stèles entre' deux 
montagnes d'où l'on tire de l'or. Quand il revint de là dans le pays des Grecs, il 
frappa de sa lance une grande colonne de marbre et y fit un trou de part en part. 
En le voyant, les sages d'Athènes» dirent : « Cette pointe de lance* a été trempée 
dans le sang de dragons qui répandent le venin, et c'est pourquoi elle a perforé 
cette pierre dure. » Cet Asâg dépeupla l'île des Ibères, et en amena la population 
qu'il fit habiter dans les montagnes du Nord pour être les esclaves des Arméniens, 
Ce sont ceux qu'on appelle aujourd'hui Ibères. Quant à lui, après avoir régné 
30 ans, il mourut à Nisibe. 

Ces choses sont écrites en langue arménienne ^ ; quoiqu'ils les considèrent comme la 
vérité, elles ont l'apparence d'une histoire fabuleuse. 



1. Vers, ar, ; 'v^U'. (Arsace). — 2. ^i»». — 3. Lire : 'noli^th (vers. ar.). — 4. Lire: 
5. Cf. MoïsB DE Kborène, II, IX et suiv, ; Étiennh Asolik, trad, Dulaurier, p. 32. 



VI 

Nous ÉCRIVONS LES NOMS DES CA.THOLIGOS NESTOniKNS, 

I. Aqaq'. Celui-ci fut élevé dans l'École d'Édesse, avec Bar Çauma et Narsai, qui 
s'instruisirent dans les livres de Diodorus et de Theodorus (traduits) dans cette 
langue araméenne. Et,s'étant rendus dans les pays des Grecs, ils eurent pour précep- 
teur Aohalos* (?), disciple de Theodorus. Après qu'ils furent revenus en Orient, cet 
Aqaq fut élu, et il fut institué dans un lieu appelé al-Madaïnah, c'est-à-dire les 
Villes'. II rassembla les évoques qui professaient son opinion, parmi lesquels étaient 
Bar Çauma le Rhéteur et lohannan de Garmai^ et ils définirent qu'on devait con- 
fesser le Christ en deux hypostases, deux natures et deux essences dans l'unique 
T^pis-wTTov du Fils. 

II. Ianai (Babai)*. Après Aqaq, fut institué lanai (Babai), son disciple' (?), 
aussi à Madaïn. Il gouverna 6 ans. Celui-ci statua que les prêtres pourraient épouser 
plusieurs femmes et que même le calholicos devait être marié. 

III. SÎLA. Après lanai (Babai) vint Sîla, c'est-à-dire : Demandé. Il était prêtre et 
avait une femme et un fils. Il fut institué à Madaïn. Il exerça 8 ans. 11 mourut et y 
fut enseveli. 

IV. [Nahsai] ^. Après Sila fut institué Narsai. Comme il ne fut pas institué du con- 
sentement de tous les évêques, il ne fut pas accepté par tout le peuple. 

V. Eliseus. Eliseus fut institué en dehors de l'endroit précité. Il y eut deux par- 
tis en lutte, qui s'anathématisèrent mutuellement; et, quand Narsai mourut, Eliseus 
fut déposé. 

VI. Paulus. Celui-ci fut choisi pour être catholicos lorsqu'il était évêque de Gon- 
disabour. On lui imposa de destituer les évêques qui avaient été établis par Narsai 
et par Eliseus. Après les avoir déposés l'un après l'autre, et avant d'avoir accompli une 
[annéej ', il mourut. 

VII. Mar'Aba, 16 ans. Celui-ci était mage d'origine, et était instruit dans les doc- 
trines profanes. En l'an 6 de Khosrau Anosirvan', il fut institué; et, à cette époque, 
il y eut une persécution contre les Chrétiens. Et celui-ci disposa pour les Nestoriens 

1. Acacius. Les noms et le numéro d'ordre sont écrits en marge du ms, — 2. Même orthographe 
dans la version arabe. II faut très probablement lire : uioi^o»oU, Theodulus ; cf. Maris, éd. 
Gismondi, trad., p. 38. — 3. ^UU. Séleucie et Clésiphon. — 4. La vers. ar. porte aussi lanai, 
au lieu de Babai, Cette confusion, impossible en syriaque, montre que la notice a été composée sur 
des documents arabes. L'auleur a ponctué Jli, au lieu de j\j. — 5. Le texte est altéré ; vers. ar. : 
ova;-» ;3 oV». — 6. Sic vers. ar. — 7. Suppléer: I^1J. (vers, ar.). — 8. Même orthographe défec- 
tueuse dans la vers, arabe. 



APPENDICE VI 521 

des canons et des règles; il définit que le catholicos ne pouvait avoir une femme; et 
il interpréta les livres de Theodorus et propagea sa doctrine. 

VIII. Joseph, 12 ans. Celui-ci était médecin et excellait dans cet art. Il disposa de 
nouveau des règles pour les Nestoriens; [776] et quand il eut exercé son office avec 
rectitude pendant 12 ans, il fut atteint de la passion mauvaise de l'avarice, et, sans 
pitié, il rassemblait de l'or pour prix des jugements et des ordinations. C'est pour- 
quoi les évêques se réunirent et le déposèrent'. Il resta trois ans déposé et mourut. 
■Cependant, ses canons sont admis chez eux. 

IX. EzÉCHiEL, 11 ans. Celui-ci avait été disciple de Mar Aba % et était évêque de 
Nou'manyah'; et ayant été élu et institué, il gouverna avec rectitude pendant 11 ans. 

X. Isô'yahb {!)', 1,5 ans. Celui-ci est appelé Arzounaya. Il fut illustre, et leur établit 
des règles. Il fut envoyé comme ambassadeur par Khosrau, roi des Perses, à Mauri- 
cius, empereur des Grecs. De son temps, la verge de colère" se fit sentir dans le Beit 
■Garmai; alors il ordonna et institua le jeûne des Ninivites, pendant trois jours, et le 
fléau cessa. De son temps Nou'man bar Mondar devint chrétieji. 

XI. SabrÎsô', 8 ans. Celui-ci était du Beit Garmai; il fut institué par la contrainte 
du prince °, car les évêques furent frappés à coups de bâton jusqu'à ce qu'ils l'ordon- 
nassent. Il était vieux, et, après avoir gouverné pendant 8 ans, il mourut. 

XII. Gregorius, 4 ans. Celui-ci est surnommé Bar lanai '' (?), (originaire) de 
Kaskar*. Il fut institué à Madaïn. Il y fut 4 ans et mourut. 

XIII. Isô'yahb (H)', Bans. Celui-ci dans sa jeunesse avait pris femme, et il fut élu 
par la contrainte du prince, à Madaïnah'", en l'an 4 des Arabes. Peu de temps après, il 
<nourut, et les Nestoriens restèrent sans catholicos pendant 18 ans"; car leurs affaires 
furent troublées. 

XIV. Maremmeh, 3 ans. Celui-ci était d'Arzoun. Il avait été évêque de Gondisabour, 
puis il fut élu et devint catholicos, et il gouverna pendant trois ans". 

[XV. Isô'yahb (III), 10 ans] ..., et quand tous les évêques furent réunis, ils 
consentirent h accepter celui qu'il aurait lui-même choisi, et à ce que celui qui 
ne l'accepterait pas fût déposé. Or, après avoir obtenu leur signature, il dit : 
« Je n'en choisis pas d'autre que moi-même, qui serai votre chef ». Ainsi ils 
l'acceptèrent involontairement. Mais, à la vérité, il gouverna" très bien. II disposa la 
liturgie'* de Nestorius en abrégé, car elle était fort longue. Au moment de sa mort, 
il fit ordonner Georgius son disciple. 

. ;, 

1. Lire : '.«oiaflBj^û. — 2. Ms. et vers. ar. : Marana ; (IJIjU au lieu de liljU). - 3. ÂJUjuJI =^ 
il.-JI jifâ,,.! (Maris). — 4. Lire : i3{n..va». . — 5. La peste. — 6. Liltér. : « par le glaive du 
prince ». — 7, Sic ms. et vers. ar. ; le texte paraît altéré. — 8. : : 'A'^'^. — 9. \. de Gedala. — 
10. Lire : wu.via i.ov=. — 11. Cette longue vacance suivit la mort de Gregorius. — 12. Une note 
marginale avertit qu'il y a ici une lacune. Elle est fort peu étendue, puisqu'il s'agit aussitôt de 
l'élection de Jésusyahb d'Adiabène, successeur immédiat de Maremmeh. — 13. Lire : ;=» i-a*. 
/vers. ar,). — 14. Sic ms. et vers. ar. ; 'Amr parle seulement du Bréviaire des Nestoriens. 

m 61 



522 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

XVI'. Georgius. Celui-ci gouverna peu de temps et mourut. 

XVII. loHANNAN bar Marta*. Celui-ci eut une vive querelle avec les évoques. C'est 
pourquoi il abandonna volontairement le siège. 

XVIII. Henanisô' (I). Celui-ci est surnommé chez eux « le Grand ». Sept ans après 
qu'il eût été institué, lohannan' revint et donna beaucoup d'or au prince; le prince 
commanda à Henanisô', en disant : « Celui-ci a été élu avant toi ; donne-lui la crosse et 
la mitre, si tu ne veux pas mourir ». Il eut peur et les donna. lohannan, avec 
l'appui des glaives et des armes, se rendit à Madaïnah, et contraignit les évêques à 
le recevoir*. Peu après, il mourut. Henanisô' mourut aussi après lui, et ils restèrent 
sans catholicos pendant 25 ans. 

XIX. Çeliba[zeka]^, 14 ans. Celui-ci effaça le nom de [lohannan, et fit proclamer 
le nom de Ilenanîsô'. II gouverna 14 ans et mourut. 

XX. Pethion, 12 ans. Celui-ci était]' du Beit Garmai. Il fut évoque et gouverna le 
diocèse de firhân; il devint catholicos, pendant 12 ans, et mourut en l'an 123 des 
Arabes. 

XXI. Mar-Aba (II), 10 ans. Celui-ci est surnommé Bar Brikzebianè'. Il était de 
Kaskar*. Il fut évêque de cette ville et devint ensuite catholicos pendant 10 ans; et 
il mourut. 

XXII. SoURÎN, Celui-ci était métropolitain de Nisibe ; il donna de l'or au gouver- 
neur de la ville, ni celui-ci contraignit les évêques de l'ordonner. Ensuite, les chefs 
nestoriens [allèrent trouver] ' le khalife SafTah '", qui destitua le gouverneur, et Sourîn 
fut chassé et déposé. 

XXIII. Jacques, 19 ans. Quand celui-ci devint catholicos, il renvoya Sourîn à sa 
métropole. Il gouverna 19 ans et mourut. 

XXIV. Henanisô' (II), 7 ans. Celui-ci était évêque de Daqouqah", et il devint catho- 
licos en l'année où Mahdi devint khalife. Il gouverna 7 ans et mourut. 

XXV. TiMOTHEDs, 43 ans. Celui-ci trompa les gens de la ville (en promettant) de 
leur donner de l'or ; mais quand il eût été ordonné, il ne donna rien. Il gouverna pen- 
dant 43 ans, et mourut du temps de Mâmoun. 

XXVI. Isô' (bar Noun), 4 ans. Celui-ci était du pays de Ninive; il fut ordonné en 
l'an 205 des Arabes ; il mourut dans le couvent de Kalilîsô'. 



1. Par suite de l'omission du titre précédent le ms. met ici le n° 15, et la divergence continue 
jusqu'à la fin. — 2. Vers. ar. (à tort) : Uo^.^. — 3. L'auteur confond Jean bar Marta (mort peu 
de temps après son abdication) avec Jean le Lépreux, métrop. de Nisibe. — 4, o^^^clzal, — 
5. Lire : Pi l=»^i (vers. ar.). — 6. Les mots entre crochets ont été omis par le copiste. Restituer,, 
d'après l'arabe : . ^a^^a ■> '^* — •:• ^.vso j» U'^t. ps» »li.3o . \i.a».ii>., ov^àv iplo ^-o.»] om^ 1.»;^, |jo, 

....«•«■•.çv'^'^ [<° 'o* t'®* •> "^^ I-—"-. — 7. « Bénie sa volonté. » — 8. i-aaas. — 9. Lacune d'un mot.. 
— 10. Lire : a^SUo (vers, ar.); Abou'l-'Abbas as-Saffàti. — 11. Ainsi Barhébréus (II, 163). 



APPENDICE VI 523 

XXVII. Georgius (II), 4 ans. Celui-ci est surnommé Bar Çabah'; il éVait de Marga % 
-et s'était marié. Ensuite il se fit moine; il fut ordonné métropolitain de Gondisa- 
bour% et y exerça son office pendant 20 ans; alors il devint catholicos, pendant 
•4 ans, et mourut. 

[777] XXVIII. Sabrîsô' (II), 4 ans. Celui-ci était évêque à Harran, ayant été ordonné 
par* Iwannis, métropolitain de MossouI\ Il fut transféré par Timotheus et devint 
■métropolitain de Damas. Quand Mâmoun se rendit en ce lieu, avec les chefs nes- 
toriens, l'évêque leur distribua de grands présents; il fut élu par eux et devint catho- 
licos en l'an 217 ; il gouverna 4 ans et mourut. 

XXIX. Abraham, 13 ans. Celui-ci était de Marga ; il fut institué par ordre du 
khalife Mo'taçem*, et gouverna pendant 13 ans. 

XXX. Theodosius, 5 ans et un mois. Celui-ci était évêque du Beit Garmai. Le 
-catholicos Sabrîsô' le transféra et il devint métropolitain de 'Anbar. Puis il y eut du 
trouble excité contre lui, et il s'en retourna demeurer en paix dans sa maison, sans 
diocèse, pendant 5 ans ; et après cela, il fut choisi et devint catholicos. 

XXXI. Sergius, 12 ans. Celui-ci était métropolitain de Nlsibe. Il fut institué par 
l'ordre do khalife Moutawakkil, en l'an 1171 de l'ère des Syriens. Il gouverna 
pendant 12 ans. Après lui, le siège resta vacant pendant 4 ans. 

XXXII. Ends, sept ans. Celui ci était métropolitain de Mossoul; il gouverna pen- 
dant 7 ans, et mourut en Tan 270 des Arabes, 

XXXIII. loHANNAN, [8] ans. Celui-ci est appelé Bar Narsai. Il était évêque [de 
'Anbar]''. Il devint catholicos en l'an 271 des Arabes, Il gouverna 8 ans et mourut. 

XXXIV. Iwannis, 6 ans. Celui-ci était le fils du frère de Theodosius, Comme les 
évoques étaient réunis, il monta h l'ambon, à la fête de la Pentecôte, et commenta 
l'homélie du Théologien' sur le Saint-Esprit. Il plut aux évêques et à tout le peuple, 
parce qu'il était très versé dans les livres de l'Église. C'est pourquoi il fut ordonné, 
en l'an 280° des Arabes. Il gouverna 6 ans et mourut. 

XXXV. loHANNAN, 4 ans. Alors, les évêques nestoriens se divisèrent en deux par- 
tis; les uns voulaient Theodosius, évêque de Gondisabour", et les autres lohannan 
bar 'Isa, le boiteux. Après de grands préjudices, ils convinrent de tirer au sort entre 
les deux. Le sort désigna lohannan; il fut institué; il gouverna quatre ans et 
mourut. 

XXXVI. Abraham, 32 ans. Celui-ci était évêque du Beit Garmai, et fut ins- 
titué catholicos du temps de khalife Mouqtafî; il gouverna 32 ans et mourut. 

1. AMR.(ed. Gismondi), p. 67 : ^L«_^'l \\. — 2. De même Barhébr. (II, 187); Maris et 'Amr : 
« de Karkha » t-j50I JaI -j». — 3. Même orthographe fautive dans la vers. ar. ; lire : iaaooi^. 
— 4. Lire ; l)»| ^.«13. — 5. Sic ms. et vers. ar. ; lire : « de Nisibe », d'après Maris et 'Amr. — 
6. ;>o.^i.a». — 7. Rédactioa identique dans la vers. ar. ; lire : ;-=j!i. — 8. Grégoire de 
Nazianze. — 9. Ainsi tous les auteurs; ms. et vers, ar. : « 288 ». — 10. iaaoo^^. 



524 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

XXXVII. Emmanuel, 22 ans. Celui-ci fut institué catholicos en l'an 326 des Arabes; 
il exerça 22 ans et mourut. 

XXXVIII. Israël, 26 ans. Celui-ci était évêque de Kaskar, et fut institué catho- 
licos. Il exerça 26 ans et mourut'. 

XXXIX. Mari, 14 ans. Celui-ci était de Mossoul. Il devint évêque et ensuite métro- 
politain en Perse; enfin il fut institué catholicos; il gouverna pendant 14 ans et 
mourut. 

XL. [IwANNis]*, 9 ans. Celui-ci était évêque en un lieu appelé Séna, et devint 
métropolitain en Perse. Il fut ensuite élu par les gens de Bagdad, et fut institué 
catholicos en l'an 391 des Arabes. 11 fut familier avec Ignatius, le maphrien, c'est-à- 
dire catholicos, des Jacobites, surnommé Bar Qîqî', à Tagrit. Il gouverna pendant 
9 ans et mourut. 

Fin. de ces choses comme nous les avons trouvées dans le livre''. 



1. Après Israël vint 'Ébedjesus, passé sous silence dans le texte et dans la vers, arabe. — 
2. Nom omis dans le ms. et dans la vers, arabe. — 3. Cf. ci-dessus, p. 134-137. 

4. Notre ms. ajoute : « par le diacre Gouria, en l'an 2199 des Grecs » (1898 de l'ère chrétienne). 
Gouria est très probablement un pseudonyme. Le manuscrit de la version arabe se termine ainsi : 
«,jo| •..^S», oi^o l'.^ 1^3 How ti..) |à^vi3 « comme nous avons trouvé, et gloire à Dieu! Amen. B 



TABLEAUX GENEALOGIQUES 



pour l'intellig^ence du texJe de la Chronique de Michel le Syrien. 



(N. B. — Les généalogies ne sont point complètes et ne comprennent habitueUemeat que les personnages dont il est fait mention dans la Chronique. > 



I. Abou'l-'Abbas Saffah 



I. Khalifes Abbassides'. 

Mohammed, fils de 'Ali, fds de 'Abdallah, fils de 'Abbas oncle du Prophète. 



I 
II. Abou Dja'far (Manijour; 
I 
III. Mahoi 



IV. MoL'SA iHadi) 



VI. Amis 



V. Haboun ab-Rasid 
I 



Ibrahim 



Vil. Mamoun 
I 
Abbas 



Mançour 



VIII. Abou Ishaq (Mou'taçim) 



Mohammed IX. H,«ouN (Watiq) 



X. Moutawakkil 
I 



XII. AnuED 

(Mousta'în) 



XIV. MOUHTADI XI. MoUNTACIIi 



I I I I 

XIII. Mou'taz Mouayad XV. Mouhtabid Mouwaff'ak 



XVI. Mou'thadi 



XVII. MOL'QTAFI 
XXII. MOUSTAQFI 



XXIX. MOCSTAKSIO 

I. 

XXX. Rasid 



XVIll. MOUQTADIB 

I 



XIX. Qahib 



I I I 

XX. Radht XXI. Abou Ish.vq Mouqtafi (Mouttaqi) XXIII. Al-Fauhl (Mouti') 

I I 

XXV. Abou 'l-'Abbas Qadir 



XXIV. Aboo BiKH (Tayi") 



XXVI. Qaiem 
I 
Mohammed (Dhasirat ed-Dîn) 

I 

XXVII. MOLQTADI 
XXVlll. MOUSTAbHIR 



I 

XXXI. MouTTAQr (Mouqtafi) 

XXXII. MOCSTANDJID 



XXXIII. MousrADHi 

I 

XXXIV. Naçir 
1. Nous donnons les noms tels qu'ils se rencontrent chez Micbel. et nous ajoutons entre parenthèses les noms plus usuels donnés par les auteurs arabes. 



526 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 
II. Seldjoukides du Khorasan. 



Michael, fils de Seldjouq 
I 



Daoud 



I 

I. Togril-bek I"' 



Qarwad 
{Seldjonkides du fiirman) 



m. Maliksah 1" 
I 



II. Alp-Àrslan* 

I 



(à Damas) 



1. Toutous Tadj ed-Daula ' 



V. Rokn ed-Dtn VU. Mohammed' VIII. Sindjar» IV. Mahmoud I" 2. Rodwan* 
(Barkyaroq) (Ghyated-Dîu) | 

VI. Maliksah II 

3. Alp-Arslàn'al-Akhras 



I 
Douqaq* 



4. Sultansah» 



IX. Mahmoud II* ^Moghyt ed-Dîn) 

I 



XII. Togril II XI. Mas'oud'" (Ghyat ed-Dîn) XIV. Soleimaiisah 



X. Daoud" XIII. Malikrah m" Mohammed" Alp-Arslan" Arslansah 



Mohammedsah ' 



Togrilsah 

1. Cf. ci-dessus, p. 159. — î. P. 168, 170. — 3. P. 178. — i. P. i9î. —5. P. 216. — 6. P. 417. —7. P. 192, 2U, 225. — 8. P. 175,225, 315. — 9. P. 
J06, 225, 248. — 10. P. Î04, 2)6, 241, 246, 248, 310. — 11. P. 241. — 12. P. 315. — 13. P. 310. — 14. P. 265. — 15. P. 312. 



III. Seldjoukides de l'Asie-Mineure. 



Israël ou Arslan, fils de Seldjouk 

I - 
Qotloumis 



Soleiman I"' 
Kilidj- Arslan I" Daoud • 



I 
al-Faridj • 



Malik "Arab» , 




§ah nsah " 




Mas'oud* 

1 




Togril-Arslan ' 


X..' 




§ahinsah 




1 
Kilidj-Arslan II» 

1 




1 
plusieurs filles'" 


Qotb ed-Dîn" 
(Malik-!,ah) 


Kaï-Khosrau" 
(Ghyat ed-Dîn) 


Nour ed-Dîn " 
(Sultansah) 


1 

Soleiman II 

(Rokn ed-Dîn) 

1 
Kilidj Arslan III 


Mo'izz ed-Dîn" 

(Qaiçarsah) 


plusieurs filles" 



1. Cf. ci-dessus, p. 179. — 2. P. 172, 179. — 3. P. 187, 194. — 4. P. 194, 223. — 5. P. 194. — 6. P. 194, 219, 223, 245, 258, 310, 312. — 7. P. 19(, 225. 
— 8. P. 346. — 9. P. 275, 290, 305, 312, 319, 326, 332, 346, 357, 373. — 10. Parmi elles : 1» une qui épouse o) Malik Mohammed, Danismenide, puis : 
6) Ta'qoub-Arslan, frère du précédent (p 255); 2» une autre qui épouse Nout ed-Din d'Alep (p. 297); l' une autre qui épouse a) Ya'qoub-Arslan 
(p. 310); et ensuite : b) Ismaël, petit-neveu de ce dernier (p. 3241. — 11. P. 407, 4i0. — 12. P. 410. — 13. P. 411. — Jt. P. 407. — 15. Parmi el!«s : 
1« une qui épouse Nour ed-Din, lOrtokide, de Hesn-Képha (p. 388); 2' une autre qui épouse Bahramsab, seigneur d'Erzanga (p. 405). 



NOTES GOMPLExMENTAIRES 



527 



IV 
Famille du Danismend. 



Mohammed I, on Ismaïl, fils d» Tilou le Danismend, surnommé Goumistikin, et appelé par Michel 

Tanousman '. 



I 
Emir Ghâzi ' 



Aghousian ' 



dix autres fils 



plusieurs filles • 



Malik Mohammed II' 
ou Malik Mahmoud 

I 



Yagan ' 



Daulah ' 



I 
Ya'qoub-Arslan' 

fille" 



I I I I 

Danoun" Yaunas " Alipas" Ibrahim" Dhou'l-Qarnaïn" 



Ismall " 



Mohammed" 
ou Mahmoud 



I 
Abou "1-Qasim " 



Baldoukh', plusieurs filles" 



Féridoun '• 



1. P. 173, 187. —2. P. 194, 205, 218, 219, 233. — 3. P. 192. — 4. L'une d'elles possède Syœnada (p. 230). — 5. P. 223, 237, 248, 253. — 6. P. 224, 
238. — 7. P. 238, 253, 304. — 8. P. 253, 297, 305, 310, 319, 324. — 9. Emir de Samosate — 10. Parmi elles, une qui épouse Ibn Mangoug (p. 205); une 
»ulre épouse Mas'oud de Cappadoce (p. 219, 230). — 11, P. 233, 346, 349, 369. — 12. P. 223, 253. — 13. D'après Dulaurièr, Hist, Arméniens des Croisades, 
t. I, p. Lxxii. Le tableau donné en cet endroit doit être corrigé d'après le nôtre sur plusieurs points. — 14. P. 304, 319. — 15. Epouse Qara-Arslau Fakr 
ed-Dîn (p. 320). — 16. P. 3)9, 337, 362, 373. — 1 7. P. 337, 343. — 18. P. 343, 362. — 19. Nous savons «enlement qu'il est petit-61s de Mohammed, et 
fils d'un frère de Danoun ; le nom de son père ne se rencontre pas dans la Chronique (p, 324, 346, 349). 



I 
llghazi Nedjm ed-DIn ' 



V 

Omokides. 

Ortoq ibn Aqsis (f k Jim, 1091). 



Ubarmis* 



Soqman 
Mo'in ed-Daulah 



I 
Behram 



AyazS Timourtas* ^ Soleiman" 

Hossam ed-Dlii Sems ed-Daulah 



Ibrahim 



Daoud » 

Roka ed-Dîn 

I 



I I . I I „ I 

Alby' Djemal ed-Dîn' Sems ed-Dîn' Arslan Dogmis '" Soleiman' 

Nedjm ed-Dîn (Çamçam) 



*Abd el-Djahbar 



Soleiman 



Qara-Arslan Fakr ed-Dîn " 
I 



llghazi 11 Qotb ed-Dîn ' 
I 
I 



Youlouq-Arslan 
Hossam ed-Dîn ' 



Orjoq-Arslan 



Mahmoud ou Mohammed " 
Nour ed-Dîn 



Soqman II, Qotb ed-Dîn'* Mahmoud Naçer ed-Dîn 



I I 

"Imad ed-Dîn" fille" 



1. P. 193. — 5. P. 215. — 3. P. 216. — i. P. 218. — 5. P. 218, 220. — 6. P. 314. — 7. P. 368. — 8. P. 396. — 9. P. 216. — iO. P. 237, 258. — 1 1. P. 250. 
— 12. P. 258. — 13. P. 329. — 14. P. 8:16. — 15. Epouse Abou '1-Qasim, pais son frère Féridoun, le Danismenide (p. 3*3). 



328 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



VI. 'Oqa.ii,iy)ES {à M ossoiil). 

D'après S. Lane-Poolb, The Mohammadan Dynasties, p. 116. 
Mousayyib, fils de Râfî", fils de Mouqallad 



Abou Dhauwad "Ali 

Mohammed [{ 386) (f 390) 



I 
1. Hossam ed-Daulah 
Mouqallad (t 391) 
I 



2. Qirwas 
(+ M) 



3. Abou Khamil 
Baraka (f 443) 



Abou'l-Fadhl 
Badraa (+ 42S) 



Malik 

I 

Sems ed-Daulah 
Salim (f 519) 

•Alt (+ 302) 



Abou '1-Hassaa 
Mouqallad (f 446) 



4. Qoreis (f 458 
I 



5. Mouslim ((• 418) 6. Ibrahim (1- 486) 



Sihàb ed-Dîn Malik 7. 'AU (+ ' 



I I I 

Mohammed Qirwas Mouayad 

(+ i89] (t 493) 



VIL MiRDASiDES (à Alep). 

D'après S. Lane-Poole, op. cit., p. 115; et Weil, Gesch. der 
Chaliphen, III, p. 109. 

Mirdas 

I 

1. Salih 



- I 

2. Sibl ed-Daulah 
Abou Kamil Naçr 

- I 

4. Rasid ed-Daulah 
Mahmoud 



3. Mou'izz ed-Daulah 5. Abou Douaba 
Abou Oulwân Tamal 'Atiya 



6. Djalal ed-Daulah 

Samsam ed-Daoulah 

Naçr 



Watthab 
(Sabib?) 



1. Abou 'IFadha'il 
Sabiq 



(Les chiffres indiquent l'ordre de succession au pouvoir.) 



VIII. Atabecs de Mossoul et de Mésopotamie 



Aqsonkor Qaçim ed-Daulah 

I 

Zangui 'Imad ed-Dîn 



Ghazi Seif ed-Dîn 



I 
Ghazi 11 Seif ed-Dîa 

i 
Sindjarsah Mo'izz ed-Din 



I 
Maadoud Qotb ed-Dtn 



I 
Mahmoud, Nour ed-D!a 



Mas'oud el-M. Qahir 'Jzz ed-Dîn 

I 
Arslansah Nour ed-Dîn 



I 
'Imad ed-Dîn Zangui II Ismaïl el-Malik eç-Çalih 

Mohammed Qotb ed-Dîn 



IX. Ayoubides. 



Sadi 

I 



'Ayoub Nedjm ed-Dîn 



Sirkouh Assad ed-Dîn 



_ I „ I ^ 

Sems ed-Daulah Sahinsah 
(Touransah) | 



Seïf el-Islam Çalah ed-Dîn 
(Toghlekin) 



MaUk el Modhaffer 
(Taki ed-Dîn 'Omar) 



Malik el-Mançour 
Mohammed 



Izz ed-Dîn 
(Faroukhsah) 



I I I 

Malik el-Adel Tadj el-Molouk Mohammed 

(Abou Bekr) (Bouri) (Naçr ed-Dîn) 

I I 

I I Sirkouh II 

Malik el-Aouad 8 autres fils (Malik Modjahed) 
Nedjm ed-Dtn Ayoub 



Malik el-Afdhal 
(à Damas) 



Malik el-'Aziz 
(en Egypte) 



Malik edh-Dhaher 
(à Alep) 



NOTES COMPLÉMENTAIRES 



529 



Souverains de la Petite-Arménie 

I. RouPKN le Grand (rers 1080) 



II. Constantin 1 (-J-llOO) 



III. Thobos I" 
(U00-U29) 



Roupen 
mort àCple (H40) 



IV. Léon 1»' (1129) prisonnier 
à Cple (1136-39) (fH39) 



N épouse de 

Josselin de Courtenay 



Tafroc ou Taphnuz 



Arda, épouse de 
Baudoin I d'Edesse 



V. Thobos U (+ H67) 

I 

VI. RoupBN II (-1- 1170) 



VII. Mleh (i 1115) 



VIII. Roupen m (1175-81) 



IX. Léon II (1187-1219) 



XI 



Premiers rois francs de Jérusalem. 



Eustache, comte de Boulogne, épouse 
Ida, fille de Godefroy, duc de Lorraine 

I 



I. GODBFROT 

duc de Bouillon 
roi de Jim (1099-1100) 



II. Baudoin I" 
comte d'Edesse (1099-1100) 
roi de Jim (1100-1108) 



Hugues de Rethel, épouse 
Mélissende 



III. Baudoin II du Bourg, 

comte d'Edesse (HOO-1108) 

roi de Jim (1118-1131) 



Mélissende, épouse Alix, épouse Hodierne, épouse 

IV. FoiLQUES, comte d'Anjou Boémond II, prince d'Anlioche Raymond II, comte de Tripoli 

roi de Jim (1131-1144) 

I 



I 
V. Bacdoin III (1144-1162) 



I 
VI. AUAUHY l" (1162-73) 



VII. Baodoin IV 
roi de Jim (1173-8S) 



Sibylle, épouse : 



1" Guillaume, fils du 
marquis de Montferrat 
I 
VIII. Baudoin V 
roi de Jim (1185 86) 



2» Guy de Lusignan [IX] 
roi de Jim (1186-87); 
roi de Chypre (1192 94) 



Isabelle, épouse : 
1° Humfroy de Thoron; 
2° Conrad de Montferrat [X] 

roi de Jim (U90-1192); 
3° Henri I^r, comte de Champagne [XIj 

roi de Jim (1192-1197); 
4° Ahaury II de Lusignan [XII] 

roi de Jim (1197-1205). 



68 



TABLE DES MATIÈRES 



LIVRE DOUZIEME 



Pages. 
CHAPITRE I". — De l'époque du commencement du règne de Léon, empereur desHomains, 

et de Mahdî, roi des Taiyayê, à laquelle le saint patriarche et martyr Mar Georgius 

sortit de prison i 

CHAPITRE II. — Quand et comment surgit dans l'Eglise la querelle au sujet de l'expres- 
sion V. panem cœlestem frangimus » 5 

CHAPITRE III. — De l'époque du commencement du règne du Haroun, roi des Taiyayê, 
et de Constantinus, empereur des Romains. De la mort du patriarche Georgius. De 
ceux qui lui succédèrent dans l'Église des Orthodoxes, et des autres événements qui 

survinrent à cette époque et sont consignés par écrit 8 

CHAPITRE IV. — De l'époque à laquelle Constantinus tomba, avec sa mère, et à laquelle 
Nicephorus commença à régner. De ce que fit à cette époque Haroun, roi des Taiyayê. 
Du trésor qui fut découvert àEdesse. Du trouble causé au patriarche Cyriacus par les 

moines; de l'union qu'il fit avec les Julianistes, et qui fut ensuite rompue i2 

CHAPITRE V. — De l'époque du commencement du règne de Nicephorus, empereur des 
Romains, et de Haroun Rasid, roi des Taiyayê. Commencement du schisme des Goub- 
bayê contre le patriarche Cyriacus. Prodige qui eut lieu à Mabboug, et antres évé- 
nements qui se passèrent à cette époque i5 

CHAPITRE VI. — De la division qui eut lieu dans le royaume des Taiyayê après la mort 
de Haroun, et de la division qui eut lieu à la même époque dans l'empire des Romains, 
après la mort de Kicephorus. De la division qui s'éleva au sujet du patriarche 

Cyriacus , 2i 

CHAPITRE VII. — Sur l'époque des guerres civiles des Taiyayê, et des rebelles. Du 
meurtre de deux empereurs des Romains. De la reconstruction des murs d'Édesse, 
de Kaigoum et de Samosate, De la lutte et de la résistance contre le patriarche 

Cyriacus, qui furent continuées par les rebelles excommuniés 25 

CHAPITRE YIII. — De l'époque des rebelles qui se multiplièrent dans l'empire des Tai- 
yayê ; du meurtre du roi Mohammed; du meurtre de Léon, empereur des Romains. 
De la résistance contre le patriarche Cyriacus, et de la mort de celui-ci, qui survint 
à cette époque. De la secte qui prit naissance, à Harran, d'un chalcédonien nommé 
Theodoricus Pygla, et qui fut anéantie après avoir été dévoilée par Nonnus, archi- 
diacre de Nisibe, homme éloquent de cette époque 2g 

CHAPITRE IX. — De l'époque de Màmoun, roi des Taiyayê. Du meurtre de Léon, empe- 
reur des Romains, sur lesquels régna Michel. A celte époque, un nouveau synode 
d'évêques s'assembla à Callinice, à propos de l'expression « panem cxlestem », et 

dans ce synode le patriarche Denys, le chroniqueur, fut ordonné 35 

CHAPITRE X. — Exposé des choses qui ont encore été définies dans ce synode de Cal- 
linice 4i 



532 CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Pages. 



CHAPITRE XI. — Des choses qui arrivèrent encore du temqs de Mâmoun, dans l'empire 
des Taiyayê, et pareillement dans celui des Romains, du temps de l'empereur Michel. 
Des choses qui se passèrent dans l'Eglise au commencement du pontiCcat de Mar 
Dionysius l^^ 

CHAPITRE XII. — De l'époque du commencement du règne de Theophilus, empereur 
des Romains ; du succès du roi des Taiyayê, Mâmoun, qui est 'Abdallah. De la rébel- 
lion d'Abîram et de la victoire de Mar Dionysius 5o 

CHAPITRE XIII. — De la ruine que causèrent aussi les rebelles dans le pays d'Egypte, 
du temps de Mâmoun, roi des Taiyayê. De ce qui arriva à Baçra, à cette époque. Du 
décret porté contre l'Eglise, à props duquel Mar Dionysius descendit en Egypte. . 59. 

CHAPITRE XIV. — Il est tout entier consacré aux événements ecclésiatiques. Rébellion 
de Philoxenus de Nisibe et de Lazarus de Bagdad, à propos desquels le patriarche 
Mar Dionysius descendit à Bagdad, et rencontra Mâmoun, roi des faiyayé, comme 
il l'écrit lui-même très exactement 64 

CHAPITRE XV. — Sur divers événements qui eurent lieu du temps des trois empereurs 
Romains dont les noms sont consignés dans les précédents chapitres; et sur la suite 
des événements ecclésiastiques, que le patriarche Dionysius a disposés très exacte- 
ment dans son livre 70 

CHAPITRE XVI. — De l'époque à laquelle l'empereur des Romains, Theophilus, envahit 
la Petite Arménie et engagea la guerre avec les IÇaiyayè. Des événements ecclésias- 
tiques qui eurent lieu à cette époque. Du faux Antéchrist représenté par un insensé 
qui eut quelque célébrité et fut ensuite démasqué 73 

CHAPITRE XVII. — Récit sur le pays d'Egypte, écrit par le patriarche Dionysius, rela- 
tivement aux choses qu'il y vit, lorsqu'il s'y rendit avec le roi Mâmoun ■jty 

CHAPITRE XVIII. — Sur l'époque de la mort de Mâmoun et du commencement d'Abou 
Ishaq, qui fut un soulagement pour Theophilus, empereur des Romains. Sur la des- 
cente du patriarche Dionysius en Orient ; et sur différentes choses 85 

CHAPITRE XIX. — De l'époque de la seconde invasion de Theophilus, empereur des 
Romains, dans le pays des Taiyayê. De la venue de Georgius, roi des Nubiens, près 
d'Abou Ishaq, roi des Taiyayê. Des villes nouvelles que voulut hàtir le roi des Tai- 
yayê. Du troisième voyage à Bagdad du patriarche Mar Dionysius. De la ruine qui 
survint à cette époque parmi les Ncstoriens de Bagdad et parmi les Ch.ilcédoniens 
d'Antioche 8S 

CHAPITRE XX. — De l'entrée d'Abou Istiaq roi des faiyayé, dans le Beît Roumayê ; de 
la défaite de Theophilus, empereur des Romains; de la destruction cruelle de la ville 
d'Amorium ; des phénomènes aériens; et récit des événements ecclésiastiques qui 
eurent lieu à cette époque g4 

CHAPITRE XXI. — De l'époque de la fin des deux rois ; Abou Ishaq des faiyayé et 
Theophilus des Romains, qui firent la paix et moururent tous les deux peu de temps 
après. Sur les terribles accidents qui survinrent à cette époque. Sur les rebelles qui 
se montrèrent de nouveau dans l'empire des Taiyayê. Discours apologétiqae et per- 
suasif placé par le bienheureux Mar Dionysius à la fin de son ouvrage. Sur son pieux 
décès, qui eut lieu à cette époque loi 



LIVRE TREIZIEME 

CHAPITRE I". — De l'époque du commencement de Haroun II, roi des faiyayé, de 

Michel III, empereur des Romains, et de Mar Jean III, patriarche 112 



TABLE DES MATIERES 533 

Pa^es, 
CHAPITRE II. — De l'époque à laquelle régnaient, dans l'empire des Romains, Basilius 

et Léon, et dans celui des Arabes Mouhtadi et ensuite Ahmed Mou^tamid ; avec men- 
tion des pontifes qui se succédèrent dans notre Église ii6 

CHAPITRE III. — De l'époque du commencement du règne de Romanus, empereur des 
Romains, à laquelle des rois relâchés gouvernèrent l'empire des Taiyayè : C'est pour- 
quoi les Romains prévalurent et enlevèrent des villes à l'empire des faiyayê. En 
outre, histoire de deux couvents qui furent fondés à cette époque i3i 

CHAPITRE IV. — De l'époque du règne de Constautinus et de ses successeurs : Roma- 
nus II et ensuite Nicephorus ; auquel temps régnaient sur les Taiyayè Abou Is^aq, et 
ensuite Abou 'I-Qaçimjct ensuite Mouti', A cette époque le patriarche fut Mar Jean de 
Sarigta; et il bâtit le couvent de Bârîd 127 

CHAPITRE V. — De l'époque à laquelle Symyékai régna sur les Romains, et ensuito 
Basilius et Constantinus, les fils de Romanus. A celte époque régnaient sur les fai- 
yayê al-Fadhl, Abou Bekr, et leurs successeurs. A cette époque le peuple des Armé- 
niens émigra d'Arménie en Cappadoce i32 

CHAPITRE VI. — Sur l'époque de Romanus, fils de Basilius, empereur des Romains, 
et de Abou 'l-'Abbas Qadir, roi des faiyayê. Sur Mar Jean bar 'Abdoun, le saint 
patriarche que les Chalcédoniens emmenèrent à cette époque à Conslantinople, et qui 
finit sa vie en exil • i36 

CHAPITRE VII. — De l'époque de la fin de la vie de Romanus; et fin du Livre XIII . . i4G 



LIVRE QUATORZIEME 

CHAPITRE le'. — Quel peuple sont les Tourqayê, qui sont les mêmes que les Tourkayé, 

et en quelle contrée ils habitaient ,4g 

CHAPITRE II. — Sur les mœurs de ces Turcs i5i 

CHAPITRE III. — Comment ils commencèrent à émigrer de la région où ils habitaient. i52 

CHAPITRE IV. — De la dernière invasion des Turcs, par laquelle ils régnèrent sur la 
Perse, l'Assyrie, la Mésopotamie, l'Arménie, la Palestine, la Cilicie, jusqu'à ce jour; 

et même sur l'Egypte i54 

CHAPITRE V. — De l'union dans la religion du peuple des Turcs avec les Arabes ... i56 



LIVRE QUINZIÈME 

CHAPITRE 1". — Règne de Constantinus Monomachus, sur les Romains, de Abou '1- 
'Abbas Qadir, sur les Arabes, de Togril-bek, premier roi des Turcs, dans le Khora- 
sau. Élection du patriarche Mar Jean, neveu de Mar Jean bar 'Abdoun i58 

CHAPITRE II. — De l'époque à laquelle les Turcs montèrent dans la région de Cappa- 
doce ; à laquelle fut rebâti le mur de Mélitène ; à laquelle s'aggrava la lutte des Grecs 
contre les Orthodoxes et entre eux lôS 

CHAPITRE m, — De l'époque du commencement du règne de Romanus Diogenes, 
empereur des Romains, qui fut vaincu et pris parles Turcs. Des affaires ecclésias- 
tiques à cette époque 168 

CHAPITRE IV. — De l'époque du commencement du règne de Michel, fils de Constan- 
tinus, empereur des Romains. Commencement du second sultanat des Turcs dans la 
contrée du Pont. Sur la perturbation des affaires ecclésiastiques à cette époque. Sur 
Philaretus, arménien de celte époque 172: 



534 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYIEN 



Pagts. 



CHAPITRE V. — De l'époque de Nicephorus et d'Alexandre, empereurs des Romains, à 
laquelle les émirs des Turcs régnèrent. Des patriarches et des évêques qui résistèrent, 
dans l'Église, à 'Abdoun lyS 

CHAPITRE VI. — De l'époque du commencement du règne d'Alexis, empereur des Romains, 
à laquelle le royaume des Turcs s'affermit davantage. Mauvais état des affaires ecclé- 
siastiques 178 

CHAPITRE VII. — De l'époque de l'exode des Francs qui régnèrent à Jérusalem. De la 

descente du patriarche Athanasius à Bagdad, près du khalife 182 

CHAPITRE VIII. — De l'époque à laquelle les Turcs s'emparèrent de Mélitène pour la 
première fois ; du massacre de Gabriel et de Bar Hetom, et commencement du règne 
de Kilidj-Arçlan ; construction du mur de Kaisoum. Des événements ecclésiastiques 
de cette époque 187 

CHAPITRE IX. — De l'époque du second siège de Mélitène ; époque à laquelle il y eut 
du trouble dans l'empire des Turcs dans le Khorasan, et en Egypte, et en Syrie, et 
parmi les Arméniens, et dans les affaire» ecclésiastiques igi 

CHAPITRE X. — De l'époque à laquelle les calamités se multiplièrent sur Mélitène, 
après la mort du sultan ; à cette époque les Francs prévalurent, puis la discorde 
tomba parmi eux, et ils devinrent misérables; à cette époque le nouveau chef des 
Turcs sortit du Khorasan et vint assiéger Edesse. Des affaires ecclésiastiques qui 
allaient mal 194 

CHAPITRE XI. — De l'époque à laquelle Mar'as fut renversée par un tremblement de 
terre. Sur le Turc Balaq ; sur les Arméniens Basil-le-Voleur, Theodoros, Lebon et 
Constantin, qui vécurent à cette époque. Sur les autres affaires séculières et ecclé- 
siastiques 198 

CHAPITKE XII. — De l'époque du commencement du règne de Jean, fils d'Alexis, em- 
pereur des Romains, à laquelle les combats se multiplièrent entre les Turcs et les 
Francs. A cette époque, la place de Bîrta fut pillée, et les Comaus furent soumis par 
les Grecs. Sur les autres affaires civiles et ecclésiastiques 2o3 

CHAPITRE XIII. — De l'époque à laquelle le roi de Jérusalem et Josselin d'Édesse 
furent pris par Balaq. Sur la révolte qui eut lieu à Hesna de Ziad; sur la mort de 
Balaq, et sur les autres affaires civiles et ecclésiastiques de cette époque 210 

CHAPITRE XIV. — Nous avons copié entièrement ce chapitre, qui est placé à la fin de 
ce Livre, dans un ouvrage écrit en arabe. On y trouve donc des histoires qui se sont 
passées auparavant 2i3 

LIVRE SEIZIÈME 

CHAPITRE I". — Sur l'époque du siège de Mélitène, et sur les autres affaires civiles et 

ecclésiastiques , 21g 

CHAPITRE II. — De l'époque à laquelle les Francs prirent Tyr, ville du littoral, aux 
Arabes égyptiens ; et sur les autres événements qui se passèrent à cette époque dans 
tout l'Univers 222 

CHAPITRE III. — De l'époque à laquelle fut tué Boémond, seigneur d'Antioche, et à 
laquelle mourut Athanasius, patriarche d'Antioche. Des autres événements civils et 
ecclésiastiques qui eurent lieu à cette époque 226 

CHAPITRE IV. — De l'époque à laquelle Zangui sortit de Bagdad et régna sur Mossoul; 
à laquelle Josselin régna sur Antioche; et à laquelle le patriarche Mar Jean fut 
ordonné 229 



TABLE DES MATIERES 535 



CHAPITRE V. — De l'époque à laquelle Josselin I" mourut et son fils, Josseliu II, 
commença à régner. Sur les divers événements q^ui se passèrent à cette époque dans 
l'Église et entre les rois 232 

CHAPITRE VI. — De l'époque à laquelle Bedawi régna à Antioche, et à laquelle mourut 
Baudoin, roi de Jérusalem, et régna Foulques, son gendre. A cette époque mourut le 
Turc Malik Ghâzi, et son fils Mohammed régna après lui; à cette époque Zangui 
régna sur Alep; etc 236 

CHAPITRE YIl. — De l'époque à laquelle il y eut un massacre à Damas, à laquelle il 
y eut un complot contre le sultan arabe d'Egypte, et une guerre entre les sultans 
Turcs du Khorasan ; et le reste , 239 

CHAPITRE VIII. — Des événemeats qui se passèrent pendant l'espace de trois ans 

parmi les rois de la terre et dans l'Eglise 244 

CHAPITRE IX. — De l'époque de la mort du sultan du Khorasan, et de l'expédition de 
son fils en Mésopotamie; époque à laquelle eut lieu l'ordination du patriarche Mar 
Athanasius. Autres événements civils et ecclésiastiques qui eurent lieu à cette 
époque 248 

CHAPITRE X. — De l'époque de la mort de Malik Mohammed ; à cette époque mourut 
aussi l'empereur des Grecs, Jean; à cette époque mourut le roi des Francs, à Jéru- 
salem, qui est Sire Foulques ; à cette époque mourut Daoud, émir de Hesna de Ziad. 
Autres événements civils et ecclésiastiques de cette époque 253 



LIVRE DIX-SEPTIEME 

CHAPITRE I*'. — De l'époque à laquelle Manuel régna sur les Grecs, Baudoin sur les 
Fr.-mcs, et Ya'qoub-Arçlan sur les Turcs, à Sébaste. Autres événements qui eurent 
lieu à celte époque 258 

CHAPITRE II. — De l'époque à laquelle eut lieu la lamentable prise d'Édesse de Méso- 
potamie, ville illustre des Chrétiens, que le glaive des Turcs ravagea, parce qu'à 
cause de nos péchés, nous fûmes justement abandonnés de Dieu 260 

CHAPITRE III. — De l'époque de la prise d'Edesse, à laquelle beaucoup d'événements 

se passèrent parmi les rois de la terre et dans l'Eglise des Orthodoxes, etc. . . . 264 

CHAPITRE IV. — De l'époque à laquelle Zangui fut tué. Autres événements qui eurent 

lieu à cette époque 267 

CHAPITRE V. — De l'époque de la seconde dévastation d'Edesse, et autres événements. 270 

CHAPITRE VI. — De l'époque à laquelle un peuple nombreux s'ébranla et sortit de 
rOccideat, à la suite des nouvelles déplorables d'Édesse. Du culte démoniaque qui 
qui prit naissance à cette époque chez les Grecs ; et autres événements qui survinrent 
dans l'Église 276 

CHAPITRE VII. — Histoire d'Édesse. Chronique de Basilius, métropolitain de cette 

ville "... 278 

CHAPITRE VIII. — De l'époque à laquelle l'arménien Thopos régna en Cilicie ; des divers 

événements survenus à cette époque dans le monde et dans l'Église de Dieu ... 281 

CHAPITRE IX. — De la dévastation qu'eut à subir le couvent de notre seigneur Mar Bar 

Çauma, en l'an i459, par le fait de Josselin 288 

CHAPITRE X. — De l'époque à laquelle fut tué Bedawi, seigneur d' Antioche, ainsi que 
Baudoin, et Baynald, seigneur de Kaiâoum. A cette époque les Turcs pillèrent les 
bœufs et les moutons du couvent 288 



536 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Pages. 



CHAPITRE XI. — De l'époque à laquelle les Turcs s'emparèrent des pays que les Francs 
possédaient. De la chute de Josselin; et comment la main droite de notre seigneur Mar 
Bar Çauma revint au couvent SgS 

CHAPITRE XII, — De l'époque qui suivit la chute de Josselin, à laquelle les Turcs 

s'emparèrent des pays 296 

CHAPITRE XIII, — Il est consacré à deux choses : premièrement, au prodige qui 

eut lieu à Antioche et à l'église qui y fut bâtie; secondement, à une exhortation. 3oo 

CHAPITRE XIV. — De l'époque à laquelle mourut Daulah, seigneur de Mélitène; et des 
choses qui concernent cette ville et son territoire. Des autres événements qui arri- 
vèrent à cette époque parmi les rois. De la discorde qui survint entre le maphrien 
Ignatius et son diocèse 3o4 

LIVRE DIX-HUITIÈME 

CHAPITRE I". — De l'époque à laquelle les Francs enlevèrent aux Egyptiens Aéqalon, 

qui est 'Asqalân. Autres événements de cette époque Sog 

CHAPITRE II 3ii 

CHAPITRE III 3i2 

CHAPITRE IV 3i4 

CHAPITRE V 3i5 

CHAPITRE VI. 3i6 

CHAPITRE VII 3j7 

CHAPITRE VIII 319 

CHAPITRE IX. — De l'époque à laquelle Qara-Arslan assiégea Amid. A cette époque on ■ 

amena les eaux au couvent de Mar Bar Çauma. 320 

CHAPITRE X. — De l'époque à laquelle Boémond, fils de Bedavri, régna à Antioche, et 
Amaury, roi de Jérusalem, entra pour la seconde fois en Egypte, A cette époque 
Ya'qoub-Arçlan mourut, et aussi le maphrien Ignatius. A cette époque les Francs 

furent battus près de Harîm et le seigneur d'Antioche et celui de Tripoli furent pris. 324 

CHAPITRE XI 326 

LIVRE DIX-NEUVIÈME 

CHAPITRE I" 328 

CHAPITRE II 329 

CHAPITRE III 33i 

CHAPITRE IV 332 

CHAPITRE V 334 

CHAPITRE VI • 336 

CHAPITRE VII. — De l'époque à laquelle moururent le prince de Mossoul et le khalife de 
Bagdad ; à laquelle Nour ed-Dîn descendit à Mossoul ; à laquelle le couvent de Mar 

Mattai fut pillé, et à laquelle nous réunîmes un synode à Mar Hanania 339 

CHAPITRE VIII. — De l'époque des attaques de Nour ed-Dîn contre Mossoul; et des 

autres événements qui arrivèrent à cette époque 342 

CHAPITRE IX. — De l'époque à laquelle le sultan Kilidj-A[r]çlan entra à Mélitène et les 
émirs se réunirent de nouveau pour l'attaquer, à l'instigation de Nour ed-Dîn; à cette 
époque, la fausse nouvelle de la mort de Nour ed-Dîn se répandit et la division tomba 
entre les Turcs et les Arabes de ses étals 345 



TABLE DES MATIERES 537 

Pajei. 
CHAPITRE X. — De l'époque à laquelle fut tué limaïl, prince de Cappadoce, auquel 

succéda sou onole paternel Danoun ; à cette époque Nour ed-Din se montra guéri, et 

la famine s'aggrava, par suite de la multitude des calamités violentes 349 

CHAPITRE XI, — De l'époque à laquelle moururent Nour ed-Dîn et le roi Amaury. A 

cette époque nous allâmes à Amid, et le catholicos Narsès mourut 352 

LIVRE VINGTIÈME 

CHAPITRE I*'. — De l'époque à laquelle cessa la principauté des Benê Tanousman, en 
Cappadoce, quand le sultan d'Iconium y régna. A cette époque commença le règne 
d'un autre Baudoin à Jérusalem; et notre église fut agitée par les nôtres 3S6 

CHAPITRE II. — De l'époque à laquelle furent tués l'émir de Mélitène, et Mlelj, 
prince de Cilicie, et Emîn ed-Dîn, gouverneur de Mardîn, et aussi le vizir du kha- 
life de Bagdad, qui furent tués tous les quatre à la même époque. Des autres événe- 
ments qui survinrent à cette époque : meurtre de l'évêque du Tour Abdîn ; Çalah cd- 
Dîn l'Égyptien, qui s'empara de l'Arabie; le prince de Mossoul, qui reprit les pays 
qui lui avaient été enlevés; les Turcs qui s'emparèrent des montagnes de Sassoun. . 36o 

CHAPITRE III. — De l'époque à laquelle Çalah ed-Din sortit d'Egypte, s'empara de 
Damas, et vainquit le seigneur de Mossoul. A cette époque, les Francs qui étaient 
depuis longtemps emprisonnés à Alep furent délivrés. . 364 

CHAPITRE IV. — De l'époque à laquelle mourut Nedjm ed-Dîu de Mardîn, et à laquelle 
commença la guerre entre le sultan Kilidj-Arslan et l'empereur des Grecs, Manuel. 
Autres événements qui arrivèrent alors , 368 

CHAPITRE V. — De l'époque à laquelle Manuel, empereur des Grecs, fut vaincu par le 

sultan Kilidj-Arçlan Î70 

CHAPITRE VI. — De l'époque à laquelle le Sultan Kilidj-Arçlan s'empara de Mélitène ; . 

et des antres événements qui se passèrent à cette époque en divers lieux 373 

CHAPITRE VII. — De l'époque à laquelle Çalah ed-Dîn sortit d'Egypte en Palestine, fut 
vaincu par les Francs et s'enfuit en Egypte. Des autres événements survenus à cette 
époque 374 

CHAPITRE VIII, — De l'époque à laquelle nous montâmes à Jérusalem pour la troisième 

fois; et sur diverses autres choses 378 

LIVRE VINGT-ET-UNIÈME 

CHAPITRE I", — De l'époque à laquelle mourut Manuel, empereur des Grecs. A cette 
époque Bar Wahboun osa tenter de ruiner les lois ecclésiastiques et tomba, comme 
la foudre du ciel 38t 

CHAPITRE II. — De l'époque à laquelle moururent subitement les émirs turcs, princes de 
Mésopotamie. A cette époque le sultan vint à Mélitène et y convoqua ma Bassesse : et 
je l'y rencontrai ; à cette époque aussi arriva un déplorable accident, c'est-à-dire l'in- 
cendie du couvent de Mar Bar Çauma 38S 

CHAPITRE III. — De l'époque à laquelle Isaacus, c'est-à-dire Ishaq, régna sur les Grecs; 

et des autres faits et événements profanes qui eurent lieu à cette époque 393 

CHAPITRE IV. — De l'époque à laquelle devait arriver, selon les prédictions des astro- 
nomes, un ouragan, qui détruirait toute la terre habitée, comme autrefois le déluge 
du temps de Noé. Autres événements qui eurent lieu à cette époque 3^6 

III. 69 



538 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Pagei. 



CHAPITRE V. — De l'époque à laquelle les Curdes et les Turcomans massacrèrent, 
pendant leurs guerres réciproques, les Chrétiens qui habitaient dans l'empire des 
Taiyayê, ainsi que les autres nations ...,,... 4oo 

CHAPITRE VI. — De l'époque à laquelle Jérusalem fut enlevée aux Francs par Çalah 
ed-Dîn, sultan d'Egypte, et tomba au pouvoir des faiyayê. Des autres événements qui 
eurent lieu à cette époque l^o'i 

CHAPITRE VII. — De l'époque à laquelle les rois et les peuples francs partirent des 
pays d'Italie, animés de zèle pour Jérusalem, Des autres événements qui se pas- 
sèrent à cette époque f^o■J 

CHAPITRE VIII. — De l'époque à laquelle moururent les deux rois Turcs : Kilidj- 
Arçlan, sultan de Bithynie, Cappadoce et Petite-Arménie, et Çalah ed-Dîn, sultan 
d'Egypte, Arabie, Palestine et Syrie. Des autres événements qui se passèrent à cette 
époque 4io 

Tableaux cbkonologiqves des livres XII-XXI 4i4 



APPENDICES 

î. — Noms des pontifes et des rois, écrits l'un après l'autre, comme ils sont rangés dans 

ce livre '. 427 

II. — Souvenir des empires qui ont été constitués dans l'antiquité par notre race des 
Araméens, c'est-à-dire des descendants d'Aram, qui furent appelés Syriens ou gens 
de Syrie. . '. 442 

II. — Noms des patriarches qui ont existé successivement dans notre Église orthodoxe, 

depuis le bienheureux Severus jusqu'aujourd'hui 448 

IV. — Noms des évoques des divers sièges 49* 

V. — Abrégé de l'histoire d'Arménie 5o5 

VI. — Noms des Catholicos nestoriens. ' 52o 

Tableaux oÉNÉALOGiQUEs des Khalifes abbassides, des Seldjoukides, de la famille du Daniâ- 
mend, des Ortokides, des Mirdasides, des Oqailldes, des Atabecs de Mossoul, des 
Ayoubides, des Princes de la Petite Arménie, et des Rois Francs de Jérusalem, . . 525 



ANaiHS. — laPRIMKRIE ORIENTALI DB A. BDRDIN ET c'*i 




CHRONIQUE 



DE 



MICHEL LE SYRIEN 

PATRIARCHE JACOBITE D'ANTIOCHE 

(1166-1199) 
Éditée pour la première fois et traduite en français 



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J.-B. CHABOT 



Ouvrage publié avec l'encouragement et sous le patronage de 
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 



TOME III 
Fasoioule I 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1905 



4 



PUBLICATION DE 11 GHROIQIIE DB HIGHEL LE SYRIEN 



La Chronique de Michel le Syrien formera 4 volumes in-4*. 

Pour répondre aux vœux des Orientalistes, chaque volume paraîtra en 
deux ou trois fascicules. 

Chaque fascicule comprendra environ 100 pages de texte syriaque avec 
la traduction correspondante. 

Le texte aura une pagination continue, répondant aux 777 pages du 
manuscrit, de manière à pouvoir être relié à part en un volume ; et la 
traduction sera paginée de manière à former trois volumes. 

L'Introduction, qui fait partie du premier volume, ne pourra être livrée 
qu'à la fia de la publication, à cause des nombreux renvois qu'elle com- 
porte aux difiérentes parties de l'ouvrage. 

Des Tables très complètes, en syriaque et en français, seront jointes au 
dernier fascicule. 

Prix de chaque fascicule : 12 fr. 50. 



CORPUS 
SCRIPTORUM CHRISTIANORUM ORÎENTÂLIUM 

CORANTIBCS 

J.-B. CHABOT, I. GUIDI, H. HYVERNAT, B. CARRA DE VAUX 



Ont déjà paru dans cette Collection : 
Syriaca. 

Ser. II, t. 64. ISôyahb III patriarcha, Liber Epistulai'um, éd. Rubens Duval. 

— t. 93. DioNYSius Bar Salibi. Expositio liturgiae, éd. et interpr. 

H. Labourt. 
Ser. m, t. 4. Ghroniga minora, fasc. i, éd. et interpr. Ign. GoiDi. 

— — Fasc. II, éd. E.-W. Brooks, interpr, J.-B. Chabot. 

Aethiopica. 

Ser. I, t. 31. Philosophi Abessini, éd. et interpr. E. LiTTMANN. 

Ser. II, t. 5, fasc. i. Annales régis Iohannis, éd. et interpr. Ign. Guidi. 

— 1. 17, fasc. i. Acta S. Ydréd et S. Pantdlêwon, ei. et interpr. 

K. CONTI RossiNi. 

— t. 22, fasc. I. Acta S. Mercurii, éd. et interpr. K. Conti Rossini , 

Arabica. 

Ser. III. t. 1. Petros Ibn Rahib, Chronicon orientale, éd. et interpr. L. 
Gheikho. 

— t. 9. Severus Ben el Moqaffa'. Historia patriarcharum Alexan- 

drinorum, éd. G. F. Seybold; fasc. i. 

Huit autres volumes sont sous presse. — On peut se procurer séparément 
la traduction de chaque volume. 



PUBLICATIONS DE M. J.-B. CH4B0T 



Histoire de Mar Jabalaha III, patriarche nestorien, et du moine Rabban 

Çauma; 1895, in-S», pp. 278 (avec carte et planche). 
Quatrième partie de la Chronique de Deays de Tell-Mahré. Texte syriaque 

et traductioa française; 1895, in-S», pp. xx-247, et xlii-206. 

jCes deux ouvrages oal été couronaés par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (prit Bordin). 

De Santi Isaaci Niaivitsa vita, scriptis et doctrina; 1892, in-8°, pp. xiv-i48. 

La Légende de Mar Bassus, martyr persan. Texte syriaque et traduction fran- 
çaise; 1893, in-8°, pp. xvi-72. 

Notice sur les Manuscrits syriae[u9S conservés dans la Bibliothèque du Patriar- 
cat grec-orthodoxe de Jérusalem ; 189i, in-8i', pp. 47 . 

Éloge du patriarche nestoriea Mar Oenha I". Texte syriaque et traduction 
française; 1895, in-8'', pp, 32. 

Pierre libérien, évèque raonophysite de Mayouina (Gaza) à la fin du v* siècle; 
1895, in-8°, pp. 32. 

Notice sur les Yézidis. Texte syriaque et trad. française; 1893, in-S", pp. 37, 

Trois homélies de Proolus, év. deConstaatinople. Texte syr,; 1896, in-8», pp. 22. 

L'École de Nisibe, ses statuts, son histoire; 1896, in-8°, pp. 55. 

Notice sur les Manuscrits syriaques de la Bibliothèque Nationale acquis 
depuis la publication du Catalogue; 1896, in-4'', pp, 19. 

Le Livre de la Chasteté, cotnposé par Jésus-denah, év. de Baçrah. Texte sy- 
riaque et traduction française; 1896, in-S", pp. 84-67. 

Vie de Mar Youssef I", patriarche des Ghaldéens (1681-1695); in-8», pp. 29. 

Vie de Jésus-Sabran, écrite par Jésus-yahb d'Adiabène. Texte syriaque avec 
une Introduction; 1897, in-8", pp. 108, 

Index analytique du Recueil des Insariptions grecques et latines de la Syrie de 
Waddington; 1897, in-folio, pp. 23. 

Lettre de Bar-Hâbreus au catholicos Denha I". Texte syriaque et traduction 
Irançaise; 1889, in-8o, pp, 56, 

Notes d'Épigraphie et d'Archéologie orientales, fasc. I-IV; 1897-1901, in-8», 
pp. 172 (avec 7 pi.). 

Notice sur une Mappemonde syrienne duXIII° siôole; 1393, in-8<>, pp. 19; 
— Notes compléinontaires; pp. 15 (avec 2 pi.). 

Lettre du catholicos Mar-A.ba II aux membres de l'École patriarcale. Texte 
syriaque et traduction française; 1899, in-8», pp. 42, 

Régulas monasticae, saec. vi ab Abrahamo et Dadjesu conditee. Texte syr, et trad. 
latine; 1898, in-8o, pp. 49. 

Theodori Mopsuesteni Comtnentarius in Evangelium U, Johannis, tom. I, 
(textus syriacus) ; 1897, in-8», pp. viii-412. 

Les évoques Jacobites du viii* au xni» siècle; 1901, in-S», pp. 88. 

Vie du moine Yousef Bousnaya, traduite du syriaque; 1900, in-8, pp, 248. 

Synodicon Orientale ou Recueil de Syuoles Nestorieas. Texte syriaque 
et traduct. française; 1902, in-4°, pp. 687 (Tome XXXVH des Notices et Ex- 
traits des manuscrits publiés par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), 



Angers. — Imp. orientale A. Burdid et C", 



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DE 



MICHEL LE SYRIEN 



PATRIARCHE JACOBITE D'AINTIOCHE 

(IIG6-II99) 



Éditée pour la première fois et traduite en français 



PAR 



J.-B. CHABOT 



Ouvrage publié avec l'encouragement et sous le patronage de 
f Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 



TOME III 

Fascicule II 



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PARIS 
ERNEST LEROUX, EDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 



1906 



V 



PDBLIGITION DE i\ GHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



La Chronique de Michel le Syrien formera 4 volumes in-4', en 8 fascicules. 

Chaque fascicule comprendra environ 100 pages de texte syriaque avec 
la traduction correspondante. 

Le texte aura une pagination continue, répondant aux 777 pages du 
manuscrit, de manière à pouvoir être relié à part en un volume ; et la 
traduction sera paginée de manière à former trois volumes. 

L'Introduction, qui fait partie du premier volume, et des Tables très 
complètes, seront jointes au prochain et dernier fascicule. 

Prix de chaque fascicule : 12 fr. 50. 



J.-B. CHiBOT 




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CHRONIUIIB 



CORPUS 
SCRIPTORUM CHRISTIANORUM ORIENTALIUM 

CURANTIBDS 

J.-B. CHABOT, I. GUFDI. H. HYVERNAT, B. CARRA DE VAUX 



Ont déjà paru dans cette Collection : 

Syriaca. 

Ser. II, t. 64. lâôYAHB III patriarcha, Liber Epistularum, éd. et interpr. 
Rubens Duval. 

— t. 93. DioNYsius Bar Salibi. Expositio liturgiae, éd. et interpr. 

H. Labourt. 

— t. 98. fasc. DioNYsius Bar Salibi Commentarii in Evangelia, éd. et 

interpr. I. SEOLACEKet J.-B. Chabot, 
Ser. III, t. 4. CnRONicA umoax, éd. et interpr. I^n. GuiDi, E.-W. Brooks, 
J.-B. Chabot. 

Aethiopica . 

Ser. I, t. 31. Philosophi Abessini, éd. E. Littmann. 

Ser. II, t. 5, Annales regum Iohannis I, Iyasu I et Bakaffa, éd. et 
interpr. Ign. Guidi. 

— t. 17, fasc. I. Acta S. Ydréd, et S. Pantâléwon, éd. et interpr. 

K. GONTI RossiNi, 

— t. 20, fasc. I. Acta SS. Basalota Mikd'êl et Anoréiuôs, éd. et interpr. 

K. CONTI ROSSINI. 

— t; 21, fasc. 1. Acta S. Eustathii, interpr. B. Toraiev. 

— t. 22, fasc. I. Acta S. Mercurii, éd. et interpr. K. Gonti Rossini. 

— t. 23, fasc. 1. Acta S. Ferê Mikâ'êl et S. Zar'a Abrehàm, éd. et 

interpr. B. Turaiev. 

Coptica. 

Ser. II, t. 2, fasc. i. Sinuthii Viia et opéra omnia, éd. 1. Leipoldt, adju- 
vante E. W. Crum. 
Arabica. 
Ser. m. t, 1. Petros Ibn Rahib. Chronicon orientale, éd. et interpr. L. 
Gheikho. 

— t. 6. EuTYCmi PATR. Alexandr. Annato(parsprior)ed. L. CiiEiKHO. 

— t. 9. Severus Ben el Moqaffa'. Historia patriarcharum Alexan- 

drinorum, éd. G. F. Seybold ; fasc. i. 

— t. 18. Synaxarium alexandrinum (pars prior), éd. I. Forget. 

Six autres volumes sont sous presse. 



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MICHEL 

lE SYRIEH 



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TOME ih 
Faseloule 11 



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_ PARIS 
E. LEROUX 
£ditbbh 



1916 



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PUBLICATIONS DE M. J.-B. CHABOT 



Histoire de Mar Jabalaha III, patriarcbe nestorien, et da moine Rabban 

Çauma; 1893, in-S», pp. 278 (avec carte et planche). 
Quatrième partie de la Chronique de Denys de Tell-Mahré. Texte syriaque 

et traduction française; 1895, in-S», pp. xx-247, et xlii-206. 

Ces deux ouvrages ont été couronoés par l'Académie dos ïnscrrptions et Belles-Lettres (prit Bordin). 

De Sanoti Isaaci Ninivitse vita, scriptis et doctrina; 1832, in-8», pp. xiv-148. 

La Légende de Mar Bassus, martyr persan. Texte syriaque et traduction fran- 
çaise; 1893, in-S», pp. xvi-72. 

Notice sur les Manuscrits syriaques conservés dans la Bibliottièque du Patriar- 
cat grec-orthodoxe de Jérusalem; 1894, in-8», pp. 47. 

Éloge du patriarche nestorien Mar Denha I". Texte syriaque et traduction 
française; 1895, in-S», pp. 3i. 

Pierre l'Ibérien, évèque monophysite de Mayounia (Gaza) à la fin du v siècle ; 
1895, in-S", pp. 32. 

Notice sur les Yézidis. Texte syriaque et trad. française; 189o, in-S», pp, 37. 

Trois homélies de Proclus, év. de Gonslantinople. Texte syr. ; 1896, in-8'', pp. 22. 

L'École de Nisibe, ses statuts, son histoire; 1896, in-8», pp. 55. 

Notice sur les Manuscrits syriaques de la Bibliothèque Nationale acquis 
depuis la publication du Catalogue; 1896, in-4», pp. 19. 

Le Livre de la Chasteté, composé par Jésus-denah, év. de Baçrah. Texte sy- 
riaque et traduction française; 1898, in-8», pp. 84-67. 

Vie de Mar Youssaf I", patriarche des Chaldéens (1681-1695); in-8°, pp. 29. 

Vie de Jésus-Sabran, écrite par Jésus-yahb d'Adiabène. Texte syriaque avec 
une Introduction; 1897, in-8», pp. 108. 

Index analytique du Recueil des Inscriptions grecques et latines de la Syrie de 
Waddinglon; 1897, in-folio, pp. 23. 

Lettre de Bar-Hébreus au catholicos Denha I". Texte syriaque et traduction 
française; 1889, in-8», pp. 56. 

Notes d'Épigraphie et d'Archéologie orientales, fasc. I-IV; 1897-1901, in-8», 
pp. 172 (avec 7 pi.). 

Notice sur une Mappemonde syrienne duXIIt» siècle; 1893, in-8», pp. 19} 
— Notes complémentaires; pp. 15 (avec 2 pi.). 

Lettre du catholicos Mar-Aba II aux membres de l'École patriarcale. Texte 
syriaque et traduction française; 1899, in-8", pp. 42. 

Regulaa monasticse, ssec. vi ab Abrahamo et Dadjesu conditae. Texte syr. et trad. 
latine; 1898, in-8o, pp. 49. 

Theodori Mopsuesteni Gommentarius in Evangelium D. Johannis, lomus I, 
(textus syriacus) ; 1897, in-8», pp. viii-412. 

Vie du moine Yousef Bousnaya, traduite du syriaque; 1900, in-8, pp. 248. 

Les évoques Jacobites du viii» au xjii» siècle; 1901, in-8», pp. 88. 

Synodicon Orientale ou Recueil de Synodes Nestoriens. Texte syriaque 
et traduct. française; 1902, in-4", pp. 687, tome XXXVII des Notices et Ex- 
traits des manuscrits publiés par l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres). 

La prétendue Chronique de Maribas le Chaldéen; 1905, in-8», pp. 16. 

Narsai le Docteur et les origines de l'Ecole de Nisibe; 1905,in-8°, pp. 23. 

Notes sur quelques monuments épigraphiques araméens; 1906, in-8°, 
pp. 35. 

Éclaircissements sur la Littérature syriaque; 1906, in-8», pp. 35. 



Angers. — Imp. orientale A. Burdia et C", 



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MICHEL LE SYRIEN 

PATRIARCHE JACOBITE D'ANTIOCHE 

(II66-II99) 
Éditée pour la première fois et traduite en français 



PAR 



J.-B. CHABOT 



Ouvrage publié avec l'encouragement et sous le patronage de 
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 



TOME III 

Fascicule III 



■ •> • 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 
1910 



PGBIIGATION DE LA CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Le texte et la traductioa de la Chronique de Michel le Syrien forment 
4 volumes iQ-4'. 

Prix de l'ouvragée complet ; 100 francs. 

Huit fascicules,, contenant le texte entier et sa traduction, ont été publiés. 

Un fascicule supplémentaire renfermant V Introduction et les Tables sera 

délivré gratuitement aux souscripteurs vers la fin de l'année 1911. 



Avis pour la Reliure. 

Les tomes II, 111, l'V peuvent être reliés dès maintenant. 

Le tome IV doit être formé du texte syriaque retiré de chacun des huit 
fascicules. Ce texte ainsi réuni comprend 94 feuilles paginées de 1 à 777. 
On y ajoutera le Titre et l'Index qui sont encartés dans le présent fasci- 
cule. 

Le tome 111 et le tome 11, se composent de trois fascicules chacun. Ils 
sont complets. 

Le tome 1" n'est pas complet. Le fascicule supplémentaire renfermant 
l'Introduction et les Tables devra être placé en tète du tome 1". 



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J.-B. CHABOT 



SI 

MICHEL 
LE SYRIEN 



CORPUS 
SCRIPTORUM CHRISTIANORUM ORIENTALIUM 

CURANTIBUS 

J.-B. CHABOT, IGN. GUIDI, H. HYYERNAT 



TOUE m 

Fasc/oule III 



Cette collection, analogue à celle des Pères grecs publiée par l'Acadé- 
mie de Berlin et à celle des Pères latins publiée par l'Académie de Vienne, 
doit comprendre tous les textes syriaques, éthiopiens, coptes et arabes 
d'origine chrétienne, à l'exception des textes bibliques et des ouvrages 
lexicographiques. 

Les textes sont accompagnés d'une traduction latine, qui se vend sépa- 
rément. 

Grâce au concours désintéressé d'un grand nombre d'Orientalistes fran- 
çais et étrangers, la collection commencée en 1903 compte au 31 décembre 
1910, soixante et un fascicules, savoir : 

20 fascicules des Scriptores syri; 

iii^ Ï-Asciciiles des S Clip tores aethiopici; » 

4 fascicules des Scriptores coptici; * 

fascicules des Scriptores arabici; 



PARIS 
E. LEROUX 

19i0 



Bemanier la liste détaillée aux librairies POUSSIELGUE, 15, raa Cassette, à Paris, et Ouo 
HARRASSOWITZ, à Leipzig- 



PUBLICATIONS DE M. J.-B. CHABOT 



(Ea 1910, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres a attribué le pri): Jean Reynaud " 
à IVI. J.-B. Chabot, pour l'ensemble de ses travaux.) 

Histoire de Mar Jabalaha III. patriarche nestorlen, et du moine Rabban 
Çauma; 1893, ia-S», pp. 278 (avec carte et planctie). [Épuisé.] 

Quatrième partie de la Chronique de Deays de Tell-Mahré. Texte syriaque 
et traduction française; 1895, in-8», pp. xx-247,et xt,ii-206. 

Ces deux ouvrages OQt été couromés par l'Académie des Inscriptions et BeUes-Lcttres (prix Bordin), 

De Sancti Isaaci Ninivitae vita, scriptis et dootrina; 1832, in-8», pp. xiv-148, 

La Légende de Mar Bassus, martyr persan. Texte syriaque et traduction fran- 
çaise; 1893, in-8», pp. xvi-72. 

Notice sur les Manuscrits syriaques conservés dans !a Bibliothèque du Patriar- 
cat grec-orthodoxe de Jérusalem; 1894, in-8», pp. 47, 

Éloge du patriarche nestorien Mar Denha I". Texte syriaque et traduction 
française; 1895, in-8», pp. 32. 

Pierre l'Ibérien, évoque monophysite de Mayouina (Gaza) à la fin du v* siècle ; 
1893, in-8", pp. 32. 

Notice sur les Yézidis. Texte syriaque et trad. française; 189û, in-8'', pp. 37. 

Trois homélies de Proolus, év. de Gonslanlinople. Texte syr. ; 1896, in-8°, pp. 22. 

L'École de Nisibe, ses statuts, son histoire; 1896, in-8», pp. 55. [Épuisé.] 

Notice sur les Manuscrits syriaques de la Bibliothèque Nationale acquis 
depuis la publication du Catalogue; 1896, in-4°, pp. 19. 

Le Livre de la Chasteté, composé par Jésus-denah, év. de Baçrah. Texte sy- 
riaque et traduction française; 189G, in-8», pp. 8i-67. 

Vie de Mar Youssef I*', patriarche des Gtialdéens (1681-1695); in-8°, pp. 29. 

Vie de Jésus-Sabran, écrite par Jésus-yahb d'Adiabène. Texte syriaque avec 
une Introduction; 1897, in-8», pp. 108. 

Index analytique du Recueil des Inscriptions grecques et latines de la Syrie de 
Waddington; 1897, in-folio, pp. 23. 

Lettre de Bar-Hébreus au catholicos Denha I". Texte syriaque et traduction 
française; 1889, in-8«, pp. 56. 

Notes d'Épigraphie et d'Archéologie orientales, fasc. I-IV; 1897-1901, in-8», 
pp. 172 (avec 7 pi.). 

Notice sur une Mappemonde syrienne duXIH» siècle; 1898, in-8o, pp. 19 ; 
— Notes complémentaires; pp. 15 (avec 2 pi.). 

Lettre du catholicos Mar-Aba II aux membres de l'École patriarcale. Texte 
syriaque et traduction française; 1899, in-8», pp. 42, 

Regulae monasticœ, saec vi ab Abrahamoet Dadjesu conditae. Texte syr. et trad. 
latine; 1898, in-S», pp. 49. 

Theodori Mopsuesteui Gommcutarius in Evangelium D. Johannis, tomus I, 
(textus syriacus); 1897, in-8», pp. viii-412. 

Vie du moine Yousef Bousnaya, traduite du syriaque; 1900, in-8, pp. 248. 

Les évéques Jacobites du viii* au xiii" siècle; 1901, in-8», pp. 88, 

Synodicon Orientale ou Recueil de Synodes Nestoriens. Texte syriaque 
et traduct. française; 1902, in-4°, pp. 687, tome XXXVII des Notices et Ex- 
traits des manuscrits publiés par l'Académie desinscriptions et Relies- Lettres). 

La prétendue Chronique de Maribas le Chaldéen; 1905, in-8o, pp. 16. 

Narsai le Docteur et les origines de l'École de Nisibe; 1905, in-8'', pp. 23. 

Notes sur quelques monuments épigraphiques araméens; 1906, in-8», 
pp. 35. 

Éclaircissements sur la Littérature syriaque; 1906, in-8», pp. 35. 

Les langues et les littératures araméennes ; 1910, in-8°, pp. 43. 

Angers. — Imp. orientale A. Burdiu et G", 



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